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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:53

Nous vous proposons le dernier éditorial que Jean-Paul a rédigé depuis la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelone. Vous remarquerez que son titre est en parfaite adéquation avec sa nouvelle situation. De plus, "l'aventure" liant l'hebdomadaire de la Feuille d'Hector et Jean-Paul n'est pas terminée. Nous vous en dirons davantage dans les prochains jours... 

 

Et encore merci de nous être aussi fidèles... Hier vous avez été 138 à venir sur le blog !

 

Sérénité et apaisement (Éditorial du vendredi 7 juin 2013)

 

« De là où je suis, je peux laisser vagabonder mon regard sur les plaines et les collines qui défilent au travers de la vitre bordant ma table. » Ainsi, Bernard nous emmène dans un voyage en train comme d’autres l’ont fait à pied ou à cheval au cours de ces Ateliers d’écritures 2013 animés par Karin Espinosa, auteure, et Céline Payet-Gaspard, professeure de lettres.

 

Comme Jean-Paul Michallet, chaque mardi après-midi, elles ont obtenu de remarquables résultats. Elles n’ont jamais été déçues, toujours étonnées, émerveillées. Écrire c’est bien, partager cela avec les autres est encore mieux. L’édition d’un petit recueil de textes permet déjà de transmettre ce qui a été produit mais leur restitution, en public, par deux artistes, est un moment vraiment magique apprécié par une cinquantaine de personnes. Il s’en est dégagé une véritable sérénité et une sensation d’apaisement, selon les mots de M. Faye, Directeur adjoint, qui s’était joint à M. Dalmasso, Proviseur de l’Unité pédagogique régionale, Dominique Ferron, Directeur retraité de l’Unité locale d’enseignement, et François Kempf, son successeur.

 

Il a suffit d’un accordéon et de beaucoup de talent, à Chloé Desfaschele et Mama Prassinos, pour illuminer cette demi-journée. Grâce au Théâtre des 13 Vents et à Sandrine Morel, ces deux artistes se sont emparées des textes pour les magnifier et ravir tous les auditeurs. Si, pour Frantz, « L’image s’évanouit à la lueur du temps », elle restera gravée dans la mémoire de tous les participants à cette activité révélatrice de talents, au plus haut point. Jonathan nous emmène en Italie, Alexandre en rando pédestre, un autre Bernard prend le train le long de la Mer Noire tandis qu’Antoine rêve du Brésil où « il fait beau y vivre »,« le climat est chaud, les gens sont chaleureux, la ville est fleurie. »

 

Quelques notes d’accordéon, des mots, des phrases, du rêve, « les mots sont justement devenus le moyen de transport privilégié de l’imaginaire », comme l’écrit l’une des deux animatrices de l’atelier d’écriture et le régal a été complet.

 

Autre formidable ouverture proposée à la Maison d’arrêt, les sorties au Musée Fabre de Montpellier viennent de débuter grâce au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et à son secteur culturel. Cinq personnes détenues, pour la sixième année consécutive, ont entamé un nouveau cycle de cinq sorties au musée. Là-bas, Michel, artiste-platicien, et Audrey, guide-conférencière, les accueillent. Sur le thème du mythe, plusieurs tableaux ont été choisis et déjà étudiés. L’action entreprise ne se limite pas là mais se bonifie grâce au travail en atelier permettant à chacun de révéler des talents insoupçonnés. Mme Doutremepuich a assuré le lien depuis l’initiative du projet, bien relayée par Mme Girona, parfaitement assistée par Mmes Tourné et Guiet. Chacun ne peut ressortir que bonifié après un pareil travail tellement épanouissant.

Jean-Paul

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 20:32

Depuis cet après-midi, Jean-Paul a enfin regagné son véritable domicile. Ainsi, une nouvelle étape a été franchie dans ce combat. Avec Ghislaine, nous avons effectué une dernière fois ce trajet aller-retour de 500 kilomètres, trajet ayant ponctué nos semaines depuis plus de 3 ans... Après d'interminables minutes d'attente devant la Maison d'arrêt, Jean-Paul est reparti avec nous, très ému mais aussi fatigué par ces derniers jours qui furent très longs.

 

Après 1223 jours d'incarcération en maison d'arrêt, une nouvelle période s'ouvre avec le placement sous surveillance électronique. C'est un immense soulagement, pour nous sa famille, mais pour vous aussi amis plus ou moins proches. Vos messages de soutien et d'amitiés envoyés ces derniers jours nous ont inévitablement ému.

 

Alors MERCI, merci pour votre engagement aux côtés du Comité de soutien et de la famille ;

MERCI pour tous les courriers envoyés (3240 !!!) à Jean-Paul.Vous êtes 580 à lui avoir fait part de votre soutien par écrit.

Enfin MERCI à tous de continuer à lire ce blog et d'apporter vos réactions aux publications. C'est ce qui nous donne la force de continuer.

 

Amitiés à tous. Ce soir, nous allons enfin dormir plus sereinement.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:46

Les petits soldats du journalisme par François Ruffin, Édition Les Arènes, 2003, 271 pages

 

Diplômé de la promotion 2002 du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), François Ruffin livre ici un document très instructif sur cette école réputée, dénonçant sans complaisance tout ce qui l’a choqué pendant ses deux années d’études.

 

D’emblée, il est tombé dans un monde où la dépêche  est reine aussi bien pour la presse écrite, pour la radio que pour la télé. C’est la logique économique qui prime dans ce qu’on leur enseigne ; la vérité s’efface devant l’efficacité. Voilà donc l’audimat placé en tête des critères de réussite dans le métier, ce qui explique pourquoi le fait divers est roi. Au 35, rue du Louvre, dans le CFJ fondé en 1946 et qui accueille chaque année une promotion de 54 élèves sur plus de 600 candidats au concours, on forme « des ouvriers spécialisés au style neutre et précis. »

 

François Ruffin, comme la plupart de ses congénères, rêvait « d’une école où l’enquête serait reine »,« le journaliste s’informe avant d’informer ». En tout et pour tout, il mènera deux enquêtes en deux ans ! Vite, on confond information avec communication. Tout est fait dans l’urgence comme au cours de son stage dans la presse quotidienne régionale (PQR) où l’on fait creux au lieu de creuser. Le ridicule des éternels micro-trottoirs est dénoncé car les résultats sont dérisoires, n’apportant rien de neuf au lecteur : « C’est vraiment le degré zéro du journalisme ». Puisqu’il faut suivre l’actualité, les fausses informations, les rumeurs font les gros titres. Lorsque le démenti arrive, sa publication est bâclée, n’ayant plus du tout la même mise en page parce que d’autres sujets ont pris la place. Il faudrait comprendre et donner à comprendre au lieu d’alimenter les bavardages.

 

 Tout au long du livre, l’auteur est sévère à propos de cette pédagogie de la soumission car il faut plaire d’abord aux patrons des entreprises de presse, quitte à former des esprits soumis. Il constate aussi que les étudiants en journalisme ne lisent plus, que deux ans après son déménagement, le CFJ livre « des techniciens fonctionnels, efficaces, rapides et surtout pas pensants car la pensée ralentit ».

 

Depuis le début des années 2000, les choses ont-elles évolué ? Il faut en douter sérieusement car le traitement de l’information semble présenter les mêmes travers dénoncés par François Ruffin même si, avec Fakir, le journal bimestriel alternatif qu’il avait lancé à Amiens, il tentait de démontrer le contraire. D’autres exemples récents prouvent que le journalisme d’investigation reste toujours vivace et permet de garder espoir mais il faudrait que les grandes écoles de journalistes s’en inspirent.

Bonne réflexion !

Jean-Paul

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 14:14

Un édito qui a une saveur particulière... Bonne lecture ! 

Ping-pong (Éditorial du vendredi 31/05/2013)

 

Ces jours derniers, Paris a accueilli les championnats du monde de tennis de table, pardon de ping-pong, comme il est bien de dire maintenant. Alors que, pendant des années, la fédération française et ses pratiquants se sont acharnés à chasser ces deux onomatopées rappelant le bruit que fait la balle sur la raquette, voilà que la tendance se renverse puisque la grande compétition organisée au Palais omnisport de Bercy a été baptisée Mondial Ping !

 

Si les chinois n’ont pas inventé le ping-pong lancé en Grande-Bretagne à la fin du XIXe  siècle, c’est un sport qui fait partie de leur culture au point que l’Empire du Milieu domine outrageusement au niveau mondial. Là-bas, on fabrique un champion en dix ans et dix mille heures d’entraînement. Sport olympique adopté aux Jeux de Séoul, en 1988, ses principaux titres sont raflés par les sportifs chinois.

 

Cette domination s’explique sportivement certes mais d’abord culturellement. Avec 17 millions de licenciés raquette en main, le ping-pong se pratique partout, presque à chaque coin de rue. Facile à jouer, nécessitant peu d’investissement, on trouve des tables même sur les lieux de travail. En Chine, ce Mondial Ping est le troisième évènement sportif  le plus important après  les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot.

 

De plus, le ping-pong a l’avantage de mêler toutes les générations. Là-bas, personne n’a oublié que c’est grâce à ce sport que les relations avec les USA ont été renouées. Aux Mondiaux de 1971, à Nagoya (Japon), Zhang Zedong (décédé en février dernier), triple champion du monde, avait offert une image sur soie du mont Huangshan à son adversaire étatsunien, Glenn Cowan. Ce geste symbolique rapprocha les deux pays au point que Richard Nixon se rendit à Pékin l’année suivante.

 

C’est Mao qui encouragea le développement du ping-pong dans son pays au début des années 1960. Aujourd’hui, le champion de ping-pong est une star et Dubaï sponsorise même l’équipe nationale !

Cette domination outrancière au niveau mondial n’a pas que des avantages et inquiète les dirigeants de ce sport car elle décourage les efforts déployés dans d’autres pays. Les résultats étant pratiquement connus à l’avance, l’intérêt diminue vite comme nous avons pu le constater en France, nos pongistes étant trop vite éliminés.

 

Conscients du danger que représente cette suprématie sans partage, les Chinois ouvrent leurs formations aux sportifs étrangers, les accueillant même pour des stages de quatre ans dans l’Académie de Shangaï. De plus, de nombreux pongistes chinois s’expatrient et se retrouvent dans les équipes d’Espagne, d’Allemagne, de France, etc… Ainsi, Yi Fang Xian, naturalisée française en 2005, est à 35 ans, numéro un chez nous. Elle qui n’est que 51e au rang mondial, reconnaît qu’elle aurait arrêté sa carrière depuis longtemps si elle était restée en Chine, poussée vers la sortie par les jeunes. Pour lutter contre les abus de ces naturalisations, la fédération internationale, depuis 2008, interdit de compétition un athlète naturalisé après l’âge de 21 ans.

 

Yi Fang Xian vit en France depuis l’âge de 19 ans mais reconnaît qu’elle doit ses solides bases techniques à l’école primaire où elle a débuté ce sport. Aujourd’hui, elle voudrait devenir entraîneur national mais la bureaucratie à la française l’oblige à passer des concours dont elle n’a que faire alors qu’elle a déjà un diplôme d’entraîneur et un beau palmarès. La France a encore du chemin à faire mais développer ce sport simple et spectaculaire serait un beau challenge.

Jean-Paul

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:50

Une certaine Madame Park (Éditorial du vendredi 24/05/2013)

 

Qui connaît Madame Park Geun-hye ? En France, sûrement peu de monde.

 

Pourtant, elle dirige un pays qui compte près de 50 millions d’habitants, un pays souvent à la une de l’actualité à cause de son turbulent voisin du nord, un pays bien connu aujourd’hui avec des marques comme Samsung et Hyundai.

 

En février, Mme Park (61 ans), a été élue Présidente de la Corée du Sud avec 52 % des voix. À 22 ans, en 1974, après un diplôme d’ingénieur, elle était étudiante à Grenoble pour perfectionner son français. Un drame l’a obligée à rentrer précipitamment à Séoul, sa mère venant d’être tuée par un agent de la Corée du Nord. À ce moment-là, le général Park Chung-hee, dirigeait le pays depuis 1961. Avec des méthodes à la fois populaires et contestées, il a tenté de relever le pays de la misère, instaurant une sorte de capitalisme d’État en s’appuyant sur les grands conglomérats, les chaebol, comme Samsung et Hyundai.

 

Le développement économique spectaculaire qu’il a impulsé jusqu’en 1979, a permis au pays de multiplier par dix son produit intérieur brut (PIB). Hélas, cet homme se comportait comme un dictateur, piétinant les libertés, niant les droits civiques et faisant torturer de nombreux opposants.

 

Bien que sa fille ait succédé à Lee Myung-bak, partisan de la fermeté et refusant les négociations, on se méfie d’elle parce qu’elle privilégie l’exercice solitaire du pouvoir, prend des décisions sans consultation préalable, est entourée de gens serviles et de conseillers qui sont des militaires proches de sa famille. Pourtant, elle affirme en même temps vouloir rester fidèle à son père et être désireuse de tourner la page anti-démocratique. Coincée entre les libéraux et les conservateurs, elle aura besoin de beaucoup de courage pour assumer sa tâche.

 

Face à la Corée du Nord (25 millions d’habitants) et à ses menaces d’attaque nucléaire, elle n’a pas cédé à l’intimidation et rien ne s’est passé. Mme Park se dit favorable au dialogue mais inflexible en cas d’attaque, son meilleur allié étant le géant étatsunien. On comprend que cette femme, jamais mariée, sans enfant, qui a eu sa mère puis son père assassinés, fasse preuve d’une certaine autorité. Elle aime à affirmer : « Ma vie, ma famille, c’est vous, mes concitoyens. »  et c’est pourquoi on la surnomme « la Vierge de la république ». En 2006, elle avait été agressée, gardant une cicatrice visible sur le visage.

 

Face aux chaebol qu’elle veut réguler, elle cherche à aider les petites et moyennes entreprises (PME) et à réduire les inégalités pour sortir les plus pauvres de la misère. Dans ce pays qui compte moitié moins de militaires que son remuant voisin, Mme Park veut doter son pays de l’arme nucléaire. Pourtant, c’est la Chine qui détient la clé de cette partie du monde si sensible. En effet, Pékin exerce une grande influence sur Pyongyang, la capitale nord-coréenne, tout en étant un partenaire économique essentiel de la Corée du Sud.

Jean-Paul

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 17:21

Arras-sur-Rhône et son histoire

(Réflexions sur le passé et le présent de notre village)

Par Paul Jamet – Édité par l’ASPECT (Association de Sauvegarde du Patrimoine et de l’Environnement Culturel et Touristique d’Arras-sur-Rhône)

 

Témoigner de l’histoire de son village est une tâche noble, un travail difficile auquel Paul Jamet a toujours consacré beaucoup d’énergie et de passion. Le résultat de ses recherches et de ses expériences est contenu dans ce recueil édité par l’Aspect, une association créée en 1984 par Roland Lévêque à laquelle on doit la restauration et la mise en valeur de la Tour qui surplombe le village et lui donne un caractère unique.

 

Au fil des pages, le lecteur découvre les transformations d’un village passant d’une structure héritée d’une France essentiellement rurale à une modernité que l’aménagement du barrage  par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a définitivement marquée de son empreinte.

 

Lieu de passage le long du Rhône, le site d’Arras tirerait son nom du latin aerarium (trésor public), aeris signifiant monnaie. La découverte de pièces de monnaie à l’effigie de Vespasien et de Titus, la présence de bornes milliaires romaines prouvent que le lieu était assez sûr pour y entreposer l’argent destiné à payer les légionnaires romains. Son vieux moulin dont la roue à aubes est bien conservée, tout près du Vieux Pont permettant à la Voie Royale d’enjamber l’Ozon, sont, avec la Tour, de précieux témoignages du passé.

 

Paul Jamet nous raconte la Viguerie d’Arras, l’histoire des trois ponts, la légende du Cavalier noir, l’évolution de l’école, l’entretien de l’église et le « feuilleton » du presbytère, le développement du Foyer municipal, les transformations de la mairie, etc… Tout est parfaitement daté, bien présenté et parfaitement détaillé. L’auteur qui fut Secrétaire de mairie, de 1953 à 1987, n’oublie pas la création des places publiques, l’évolution de la voirie communale et le cadastre. Les transformations dans la vie agricole de la commune permettent de constater qu’en 50 ans, l’accélération de cette évolution a été plus rapide que pendant les dix siècles précédents. Le calendrier des travaux agricoles permet de voir passer toute la vie des habitants, loisirs compris. L’arrivée de la voie ferrée coupe la plaine en deux. Très demandée, la gare est inaugurée en 1897 alors qu’un demi-siècle auparavant, la construction de la RN 86 avait déjà facilité les déplacements. L'élevage a laissé la place aux arbres fruitiers puis la vigne, avec la zone d’appellation Saint-Joseph, retrouve toute sa place et donne leur chance à de jeunes agriculteurs.

 

Paul Jamet n’oublie pas le sport et cette première équipe de basket dont il fit partie. Sous l’impulsion de Paul Chancrin qui fut, plus tard, maire de 1959 à 1989, le tennis de table démarre en 1948 et prend un bel essor. Jeannette Chancrin, son épouse lancera, en 1977, un groupe de théâtre au sein de l’Amicale Laïque, groupe qui deviendra les Baladins de la Tour, une troupe de danses traditionnelles très appréciée partout où elle se produit. L’on constate ainsi le dynamisme de la vie culturelle locale dans un village qui a su réagir face au déclin démographique, n’oubliant pas de développer une bibliothèque municipale ouverte au public depuis le 12 avril 1988.

 

Il serait trop long de citer tous les détails qui ont attiré notre attention au cours de la lecture de cet ouvrage offert par le Comité de soutien et que Paul Jamet a dédicacé avec beaucoup de sensibilité et toute l’humanité qui le caractérise. Je tiens à remercier le C.S. et l’auteur pour leur délicate attention mais je n’oublie pas de souligner que le personnage principal de cet ouvrage est, peut-être, le Rhône… car de nombreuses pages lui sont justement consacrées.

 

Pour tout savoir, il faut absolument se lancer dans la lecture de « Arras-sur-Rhône et son histoire », de Paul Jamet.

Jean-Paul

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 13:01

Orange royal (Éditorial du vendredi 17/05/2013)

 

Vue depuis notre République française, la monarchie dans un pays européen voisin, est toujours une curiosité. Récemment, notre attention a été attirée par l’abdication de Beatrix d’Orange-Nassau, reine des Pays-Bas, après 33 ans de règne. À 75 ans, cette reine, peu connue chez nous, a abandonné la couronne au profit de son fils, Willem-Alexander, âgé de 46 ans. Depuis le 30 avril, celui-ci est roi des Pays-Bas, après son couronnement à Amsterdam.

 

Dans un pays où l’on constate aussi la montée du populisme, la monarchie joue un rôle fédérateur pour ce peuple réputé paisible mais qui souffre aussi d’une crise identitaire et où l’on sent monter une désaffection pour l’Europe. Bientôt, cette dynastie des Orange-Nassau fêtera ses 200 ans de règne « par la grâce de Dieu » mais elle ne se considère pas d’essence divine. Avant Beatrix, sa mère, Juliana, et sa grand-mère, Wilhelmine, avaient déjà renoncé au trône, un signe de sagesse, assurément. Toutefois, le renoncement de Beatrix a pu surprendre car elle est réputée comme une femme énergique, cassante, perfectionniste, interventionniste et au caractère inflexible. Malgré tout, elle a décidé de laisser les responsabilités « entre les mains d’une nouvelle génération », elle qui réalisait chaque semaine, un tour d’horizon de l’actualité du royaume avec le Premier ministre, Mark Rutte, comme le faisait Juliana.

 

Pourtant, cette monarchie ne fait pas l’unanimité puisque des élus de gauche ont refusé de prêter serment au nouveau roi pour ne pas cautionner cette « République avec à sa tête un monarque héréditaire », suivant la définition du Prince Claus.

Ainsi, les Pays-Bas entretiennent la monarchie peut-être la plus forte d’Europe. La magie du conte fonctionne toujours avec sa théâtralité, ses palais, ses princes et ses princesses. Le mystère qui l’entoure entretient une sorte de miracle que la couleur orange, adoptée sur les maillots des sportifs néerlandais, se charge de promouvoir. Pourtant, il faut savoir que, si les deux tiers des élus des 1ère et 2e chambres votaient la fin de la monarchie, celle-ci cesserait. Beatrix a réussi à écarter cette menace et les Orange-Nassau sont tranquilles pour un moment. Chaque année, l’État néerlandais réserve 40 millions d’euros pour sa monarchie alors que Béatrix, en bon chef d’entreprise, est à la tête d’une fortune avoisinant les 190 millions d’euros. Quant à Willem-Alexander, le nouveau roi, s’il a été bien préparé par sa mère, il n’oriente plus la formation du gouvernement. Son point faible aurait pu être son épouse, Maxima Zorreguita, fille d’un ancien ministre du dictateur argentin Videla mais Beatrix veillait. Le beau-père n’a été invité ni au mariage en 2002, ni au couronnement.

 

Ainsi va la vie d’une monarchie européenne qui maîtrise complètement tout ce qui est médiatisation ou peopolisation et qui semble en place pour longtemps encore…

Jean-Paul

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:42

Tristes tropiques par Claude Lévi-Strauss, Éditions Terre humaine Poche, 2001, 502 pages

 

647CD20B-5E8B-420D-87FB-194B70B0523E.image.JPGQuand Claude Lévi-Strauss embarque à Marseille, en 1941, avec, entre autres, André Breton, il sait ce qui l'attend s’il reste en France parce qu’il est Juif. Il part pour le Brésil où il était déjà allé avant guerre, mais ce n’est que 15 ans après, en 1954 et 1955 qu’il écrira ce qui restera un chef d’œuvre de l’ethnologie contemporaine.

Aller au Brésil, à cette époque, n’a rien de simple car il faut faire escale aux Antilles, embarquer sur un bananier suédois, débarquer à Porto Rico, y rester bloqué, être inspecté par le FBI, être enfin accepté aux USA avant de repartir de New York et arriver enfin à Rio de Janeiro. Après avoir tenté d’expliquer sa vocation d’ethnographe, il réalise une description extraordinaire d’un coucher de soleil. Il repense à Christophe Colomb et à ses successeurs qui se demandaient si les Indiens étaient des hommes : « Il vaut mieux pour les Indiens devenir des hommes esclaves que de rester des animaux libres… »

Bien sûr, c’est avec un esprit tout autre que Claude Lévi-Strauss aborde ce pays et ses habitants. À plusieurs reprises, il compare ce qu’il observe avec ce qu’il a vu en Asie du Sud, tropicale, pauvre et surpeuplée, un continent sacrifié. L’Amérique du nord possède de vastes ressources avec une population restreinte, l’Europe a des ressources restreintes et une population élevée. En Amérique amazonienne, la pauvreté est partout et les hommes peu nombreux.


Commence alors son voyage à l’intérieur du pays à la rencontre des Indiens du Tibagy puis de plusieurs autres tribus. Consciencieusement, il observe et note tous les détails de la vie quotidienne de ces gens car il sait se faire accepter. Il ne néglige rien, relève le plan de chaque village, détaille le système social et religieux de chaque groupe avec lequel il partage la vie pendant plusieurs semaines. Il dessine aussi les objets usuels, les parures, les armes, les statuettes. Comme ces groupes sont nomades, il est amené à les suivre dans leurs pérégrinations. Il n’oublie pas de décrire la nature, souvent hostile mais à laquelle il faut bien s’adapter. La forêt primaire « semble vous immerger dans un milieu plus dense que l’air : la lumière ne perce que verdie et affaiblie et la voix ne porte pas. »

 

Pour finir, au retour de son séjour brésilien, il se lance dans une comparaison entre les principales religions. Si l’ethnologue doit toujours remonter aux sources, Claude Lévi-Strauss affirme que « le monde a commencé sans l’homme et s’achèvera sans lui. »

 

Merci à Jean-Pierre et à Mireille de m’avoir donné l’occasion de découvrir ce chef-d’œuvre pas toujours facile à lire mais souvent passionnant et très instructif.

Jean-Paul

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:54

De l’énergie (Éditorial du vendredi 10/05/2013)

 

Les apparences sont trompeuses. La progression des énergies renouvelables n’est pas en panne. Bien au contraire.

 

Prenons d’abord le vent pour constater la hausse de l’éolien de 19 %, soit 45 gigawatts (GW) au cours de l’année 2012. Pour l’instant, cette source d’énergie permet de fournir 280 GW, soit l’équivalent de ce que produiraient 85 réacteurs nucléaires ou bien encore la consommation électrique de 450 millions d’Européens. Les spécialistes pensent que la part de l’éolien devrait doubler d’ici 2020. Au cours de l’année écoulée, on a installé plus d’éolien dans l’Union Européenne (UE) que d’autres sources d’énergie comme le charbon, le nucléaire ou le gaz.

 

Hélas, il faut vite modérer l’enthousiasme car nous partons de tellement loin qu’il est facile de progresser. Aujourd’hui, le réalisme nous oblige de constater que l’éolien ne représente que 2,5 % de la consommation mondiale d’électricité. En 1999, cette part était proche de zéro et les espérances visent 8 % en 2020. En Europe qui concentre 37 % du parc mondial d’éoliennes, les pays ne sont pas à égalité, loin de là. Les meilleurs élèves sont l’Allemagne (11 %), l’Espagne (16 %), le Portugal (16 %) et le Danemark (30 %). Quant à la France, elle dépasse à peine les 3 % avec 4 500 éoliennes. Largement en tête, le Danemark ne souhaite pas en rester là puisque ce pays vise 50 % d’électricité d’origine éolienne en 2020 !

 

Un autre pays mérite notre attention par sa taille et son impact sur l’ensemble du monde : la Chine. Cet immense pays s’est mis à l’éolien et a installé 13 GW en 2012. Son parc de 75 GW en éolien représente 27 % du parc mondial contre 21 % pour les USA. Il reste beaucoup à faire puisque le charbon fournit encore 80 % du total d’électricité au pays. Malgré tout, avec une progression aussi rapide, la Chine pourrait bientôt disposer du tiers de la capacité mondiale en éolien. La dégradation de ses écosystèmes, la pollution galopante de l’air, de l’eau et des sols, l’exploitation toujours accrue de ses ressources naturelles, la contamination des aliments et l’explosion de la circulation routière poussent les autorités chinoises à adopter un programme ambitieux. Sachant que la pollution des villes est vingt fois supérieure à ce que nous connaissons en Europe, l’urgence est absolue.

 

Enfin, au niveau mondial, le solaire s’est fait une place avec plus de 100 GW, l’équivalent de 15 réacteurs nucléaires. Sa croissance est même plus forte que l’éolien : 30 GW ont été installés en 2012. Hélas, le recul des investissements dans les énergies renouvelables est déjà sensible. Les soutiens publics sont réduits ou suspendus ; la crise économique n’arrange rien. L’engouement dangereux pour les gaz de schiste aux USA s’ajoute au marasme des marchés dans le photovoltaïque à cause des fabricants chinois aux pratiques déloyales sur le plan commercial.

 

Rien n’est donc acquis dans le domaine des énergies renouvelables même si, au Japon, après Fukushima, la hausse des investissements a été de 75 %. Les dangers sont toujours là avec les gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources fossiles et la tentation du gaz de schiste offrant des facilités à court terme mais causant des dégradations irréversibles et mettant en danger les populations vivant près des gisements.

Jean-Paul

         

                           

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:50

Un repas en hiver par Hubert Mingarelli, Éditions stock, 2012, 144 pages

 

un_repas_en_hiver_mingarell1.jpgHubert Mingarelli, déjà auteur d’une dizaine de romans, réussit l’exploit de nous transporter en pleine occupation allemande de la Pologne, sans utiliser le mot guerre. Par touches successives, il nous emmène avec Emmerich, Bauer et un autre soldat servant de narrateur. Le froid et la neige sont omniprésents.

 

Afin de ne pas participer aux fusillades – nous comprendrons plus tard qu’il s’agit de la shoah par balles, étape trop longtemps ignorée de l’extermination des Juifs par les Nazis dans l’Europe de l’est – ils demandent au commandant de partir à la recherche… de qui, de quoi ? Peu à peu, nous comprenons que ce qu’ils recherchent, ce sont les Juifs ayant échappé aux rafles.

 

Leurs pensées, leurs états d’âme, leurs discussions, leurs projets sont détaillés tout au long de leur progression. Ayant débusqué un fuyard, ils occupent une maison abandonnée, tentent de se réchauffer et de préparer de quoi manger. C’est alors que surgit un Polonais décidé à se joindre à eux mais sa haine envers leur prisonnier fait réfléchir ces soldats déjà écoeurés par les massacres systématiques. Malgré cela, avec le peu qu’ils ont, quel repas ! « C’était bon, chaud et nourrissant… Tout fondait dans la bouche, les oignons, le saucisson, la semoule. » 


Hélas, les meilleurs moments ont une fin, même après avoir réuni autour d’une table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais antisémite…

 

Ce court roman se déguste assez vite et c’est un plaisir dont il ne faut pas se priver.

Bonne lecture !

Jean-Paul

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