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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 23:01

Nous publions régulièrement des extraits de courriers afin de vous donner des nouvelles de l'état psychologique et physique de Jean-Paul. Nous vous proposons aujourd'hui deux extraits recueillis dans des lettres destinées à Ghislaine, son épouse, qui permettent d'insister sur la réalité de sa vie quotienne et les difficultés de l'univers dans lequel il a été plongé injustement.

 

 

Lettre du 5/06/2011 :

 

…« J’espère que vous êtes bien rentrés hier après-midi sans être trop gênés par la pluie. Ici, je ne sais pas si c’est le temps orageux mais la nuit a été très pénible, peut-être une des plus pénibles depuis que je suis ici. Ça a commencé assez tard, après 23 h et ça a été infernal jusqu’à environ 2 h du matin. Ils criaient presque tous, hurlaient, tapaient : une vraie maison de fous ! j’ai réussi à faire tenir mes bouchons d’oreilles mais pas complètement enfoncés. Ça assourdissait mais j’entendais tout. »…

 

Lettre du 12/06/2011 :


…« Lundi 13 : la journée se termine. Il y a eu un orage assez lointain et ça s’est traduit, ici, par quelques gouttes. Maintenant (19h30), le ciel s’est dégagé. Ce matin, je suis sorti en promenade et ça s’est bien passé. A partir de 9h30, il a commencé à faire chaud, le soleil ayant chassé les nuages. Tout à coup, alors que je marchais avec J., j’ai remarqué des traînées noires au-dessus de la fenêtre de la cellule où était Y.. Celui-ci n’était pas dehors, bien sûr. C’est alors que j’ai appris que ce détenu avait mis le feu à sa cellule et avait été brûlé au second degré aux mains et au visage, sûrement ailleurs…il est à l’hôpital. Il y a longtemps que je ne l’avais pas croisé. On m’a expliqué qu’il allait mal depuis quelque temps et qu’il était très fâché contre la société gestionnaire de la télé et du frigo. Il aurait jeté sa télé par terre parce qu’après réception d’un mandat peu important, il ne lui restait que 3 € après prélèvement TV + frigo (23 €). Je prends tout ça avec précaution parce que ce sont des choses qui se racontent. Je suis très triste pour lui parce que, un acte de désespoir comme ça, ça ne sert à rien et que c’est seulement lui qui en subit les conséquences…et les souffrances. …

…j’ai oublié de te dire que, tout à l’heure, j’ai eu la bonne surprise de voir le surveillant me proposer la douche. J’ai apprécié parce que cela n’arrive jamais un jour férié… »

 

Jean-Paul

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:01

Comment ne pas être sensible et extrêmement attentif à ce qui se passe cette semaine du côté de la Cour d’assises de Paris : la révision du procès, fait rarissime en France, qui avait vu la condamnation en 2004 de Loïc Sécher, ouvrier agricole injustement accusé de viol et d’agressions sexuelles sur une mineure, à 16 années de réclusion. Cela permet ainsi de confirmer notre opinion quant à la faillibilité pour l’institution judiciaire de traiter certaines affaires de mœurs, celles notamment où les preuves demeurent absentes. Loïc Sécher le clame d’ailleurs haut et fort : « c’est l’institution judiciaire qui est responsable » et n’en veut pas spécialement à l’accusatrice ! On note même l’obstination de certains magistrats tel l’Avocat général de la Cour de révision qui ne souhaitait pas de 3ème procès malgré les propos de l’accusatrice qui innocentaient Loïc Sécher. Heureusement, la Cour de révision en a décidé autrement.

 

Alors, qu’a-t-il bien pu se passer pour que tout déraille ? Sans aucun doute, le déroulement de l’instruction. Et lorsque la machine judiciaire s’emballe, il est déjà trop tard. On constate dans le dossier que deux expertises psychologiques viennent même confirmer qu’il est impossible que la jeune fille affabule ! Ainsi rien ne pouvait mettre en cause la crédibilité de ses dires. Alors que dire de ses experts ? si ce n’est qu’ils sont experts dans la fabrication du grotesque. Et que dire de ces magistrats qui prennent pour argent comptant ces paroles alors qu’ils savent pertinemment que ces expertises sont trop souvent réalisées rapidement avec des techniques de plus en plus décriées. Quand est-ce que cela va réellement changer en France ?

 

Enfin comment ne pas être ému lorsque l’on entend cet homme s’exprimer sur les années qui lui ont été volées, qu'il a passées privé de liberté. On ne peut que faire le rapprochement avec Jean-Paul qui, lorsqu’il s’exprime sur ce temps volé, le fait en jours… 2 645 au total pour Loïc Sécher. On souhaite en tout cas beaucoup de courage à cet homme qui doit affronter pour une troisième et dernière fois, on l’espère, l’institution judiciaire française.

 

Merci à tous les lecteurs qui nous contactent afin de nous faire partager des articles lus sur le net et nous suggérer de traiter certaines informations.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 23:01

Nous retrouvons ce lundi les propos tenus par Maître Rault concernant la remise en question de l'institution judiciaire après l'affaire d'Outreau.

 

1ère Partie

 

"Aucun des verrous de sûreté n’a joué son rôle. On pourra toujours dire qu’il ne faut pas laisser un juge tout seul, qu’il ne doit pas être trop jeune, ni trop inexpérimenté, mais que dire d’une chaîne d’environ quatre vingt magistrats qui ne bouge pas ?

 

On peut se poser la question aussi de savoir si la justice dysfonctionne toujours et à tout propos. Et à ça, je crois pouvoir répondre que la justice fonctionne la plupart du temps très bien. Cela peut vous surprendre, mais dans les autres matières que les moeurs la justice fonctionne plutôt bien. Prenez un vol à main armée par exemple qu’on retrouve souvent aux assises. Les juges savent dire qu’il faut des preuves, et respectent plutôt la présomption d’innocence. Ce que déclare la victime n’est pas forcément pris pour acquis. La procédure est respectée et le psy ne constitue pas le maître à penser. Mais dès lors que l’on investit cet autre champ, tabou, tellement compliqué à débattre, auquel il est si compliqué de faire face, les juges sont comme paralysés.

Revenons à cette comparaison entre le crime « ordinaire », et le crime extraordinaire qu’est devenu l’acte sexuel, ou ce que l’on suppose être un acte sexuel. Hors champ sexuel, la justice fonctionne, et elle est capable de s’opposer, y compris aux victimes, sans état d’âme. Face à des allégations d’abus sexuels la justice est désarmée. Elle se croit obligée de « réparer » les victimes.

 

Comme si elle avait quelque chose à se reprocher et qu’elle devait compenser. Mais compenser quoi ?

 

L’affaire d’Outreau, et sa formidable médiatisation, a quelque chose d’exceptionnel. Car les accusés sont en nombre. C’est sans doute aussi pour cette raison qu’ils ont suscité l’intérêt des médias puis de la France entière. Le nombre a fait leur force. Mais dans bien des cas les accusations ne concernent qu’une seule personne. Pour une seule personne mise en cause on accepte tous les jours l’inacceptable. Combien d’enseignants mis en cause ont crié leur innocence et combien n’ont pas été entendus ! Combien ont été victimes d’experts en tous genres ? Des Outreau, il y en a des dizaines, aux quatre coins de la France, encore maintenant. L’affaire d’Outreau, a montré que ça ne pouvait plus durer. L’opinion publique a dit stop. A sa suite les politiques ont voulu aussi dire stop. Qu’ont-ils fait précisément ? Des déclarations de bonnes intentions, ça n’a pas manqué. Il fallait changer la loi, ce n’est pas nouveau, elle change tous les deux ans à peu près. Mais qu’est ce que ça va changer pour l’avenir ? Je vous disais tout à l’heure que je n’étais pas si optimiste que cela. Lorsque la commission parlementaire s’est réunie pour entendre des tas de gens pendant quatre mois, on s’est pris à rêver que les choses allaient enfin changer et certaines résolutions se sont dessinées. Des projets de loi ont même vu le jour. Et puis finalement la commission a terminé ses travaux. Elle a rendu un rapport qui est très bien. Mais qui est enterré. Et puis toutes les belles promesses qui avaient été faites, et tout ce que l’on avait découvert et qui ne se reproduirait plus, qu’en reste t-il ?

 

S’agit-il vraiment de dysfonctionnement à OUTREAU ? J’ai tendance à penser, à la lumière de nombreuses affaires, qu’il s’agit plutôt d’un fonctionnement habituel de la justice dès lors qu’elle est confrontée à la question sexuelle. Tout de suite après les juges ont semblé se ressaisir, certains ont même crié au scandale. Peu être sincèrement. Mais dans la pratique rien ne change vraiment. Il reste qu’on fait peut-être plus attention pour que les manquements soient moins criants. Mais les mentalités devront encore évoluer pour déboucher sur un vrai changement, une autre façon de traiter ces affaires si dérangeantes."

 

A suivre

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 23:01

Nous vous proposons deux nouvelles chroniques d'ouvrages concernant le Mexique.

 

Des châteaux en enfer de Vilma Fuentes,

publié en 2008 chez Actes Sud, 336 pages.

 

9782742775293-g.jpgVilma Fuentes, née à Mexico, est écrivain et journaliste et vit à Paris depuis 1975. Dans ce livre, elle réussit à nous faire vivre au cœur de la féroce bataille opposant promoteurs et gens du cru pour créer ce que l’on fait passer depuis pour un paradis : Acapulco.

Dans un aller-retour incessant entre ce qui s’est passé trente années en arrière et ce que l’on peut voir aujourd’hui, nous pouvons partager l’intimité de plusieurs personnages-clés comme ce Rey Lopitos qui paiera de sa vie son opposition au projet, cette señora Hinojos Casanova mais encore don Simón, le Révérend et beaucoup d’autres personnages pas toujours facilement identifiables à cause des différentes dénominations qui peuvent leur être attribuées.

Ce roman, traduit par Jean-Marie Saint-Lu, devient beaucoup plus passionnant lorsque l’on fait connaissance avec don Justo C., ex-Président de la république qui vit les premières heures d’après mandat et va rendre visite à son prédécesseur. Toutes les turpitudes et les compromissions ressortent alors. L’auteur nous fait comprendre une différence importante entre l’esprit d’un Gringo, celui qui vient des USA, le pays voisin, et un Mexicain. Quand le premier parle d’un projet, pour le second, ce n’est qu’un rêve. Cette nuance est d’importance ensuite pour l’efficacité et le rapport à l’argent dans ce qui aura transformé plusieurs hectares perdus dans le désert, face à la mer, en un empire touristique, enfonçant encore un peu plus les humbles dans la précarité et la pauvreté.

 

 Le Llano en flammes de Juan Rulfo (1954)

publié en 2003 chez Gallimard, 232 pages.

 

Ce recueil de dix-sept nouvelles écrites par Juan Rulfo (1918-1986), un auteur majeur de la littérature mexicaine contemporaine, permet de vivre au quotidien avec les habitants de cette campagne mexicaine où la pauvreté est extrême.

Ainsi, dans La Cuesta de la Comadres, on découvre que la mort d’une vache peut amener une fille à se prostituer. La nouvelle suivante, C’est qu’on est très pauvre, montre bien la simplicité, la rusticité de la vie sur ce Llano, une région située à l’est de la capitale, Mexico. Dans Talpa, c’est la mort qui rôde encore. Puis, Maccario est un récit à la limite de la folie, ne laissant pas le temps de respirer mais délicieux comme le lait de Felipa…

Enfin, il ne faut pas passer à côté du Llano en flammes, la nouvelle qui a donné le titre à ce recueil. Ici, le style est un peu monotone, au début. Il faut du temps pour s’en imprégner mais, plus on lit, plus on apprécie. Nous sommes en 1925, pendant la révolte des Cristeros, cette terrible guerre qui opposa la population rurale insurgée contre l’État décidé à contrôler la religion et à fermer des églises. Juan Rulfo n’a pas son pareil pour décrire au plus juste les atermoiements et les doutes qui assaillent sans cesse l’être humain. Il fait souvent dialoguer les gens, rendant ainsi le récit toujours plus vivant même si…la mort rôde partout.

 

Jean-Paul

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 23:01

Seize ans après, la chute du « guerrier serbe » (Éditorial du 10/06/2011)

 

Le responsable d’un des plus graves crimes commis depuis la fin de la seconde guerre mondiale ne terminera pas tranquillement sa vie quelque part dans une campagne de Serbie. Le 26 mai dernier, Ratko Mladic a été arrêté à Lazarevo, un village proche de Belgrade et doit être présenté devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie afin de répondre du massacre de 8 000 hommes et adolescents bosniaques, à Srebrenica, en juillet 1995.

Comment expliquer que cet homme, né le 12 mars 1945, à Bozinovici, dans les monts Treskavica, au sud de Sarajevo, en soit arrivé à mener un tel massacre ? Prénommé Ratko (Martial en serbe), il a reçu une éducation yougoslave mais son père avait été tué par les oustachis croates pro-nazis…Pupille de la nation, il est pour l’union des peuples slaves du sud. Élève de l’Académie militaire dès 15 ans, il poursuit une carrière sans vagues, jusqu’à l’âge de 48 ans.

Lorsqu’il est confronté aux check-points des nationalistes croates, à Krajina, en 1992, il change d’idéologie. Au même moment, Milosevic expulse les non-Serbes de l’armée yougoslave et regroupe armée, police et paramilitaires pour réaliser son objectif : la Grande Serbie. C’est alors que la fameuse étoile rouge yougoslave est remplacée par les emblèmes tchetniks, nationalistes serbes de la seconde guerre mondiale. Ratko Mladic devient alors général et prend la tête de l’armée bosno-serbe. Revenu sur ses terres natales, dans les montagnes proches de Sarajevo, il devient un chef de guerre. C’est à cette époque qu’il déclare : « Les frontières ont toujours été tracées dans le sang et les États bornés par des tombes. »

Lancé à l’assaut de la Bosnie à la tête de ses hommes, Mladic utilise l’épuration ethnique, l’assassinat et la déportation. Lors du siège de Sarajevo, l’artillerie serbe coupe cette ville multiethnique du reste du monde et Mladic déclare : « Tirez ! Tirez sans arrêt ! Tirez sur Bascarsija (la vieille ville ottomane)… Il faut les rendre fous ! » À coups de canon et de tueries, Mladic trace les frontières de la Grande Serbie. Il méprise les résolutions de l’ONU et les ultimatums de l’OTAN. Washington, Londres, Paris, l’ONU et l’OTAN ferment les yeux sur les préparatifs autour de Srebrenica mais ignorent la tuerie que prépare Mladic.

Après seize années de cavale, Ratko Mladic devra répondre de « génocide, crime contre l’humanité et crime de guerre » devant le TPIY. Il était temps !

 

Les chiffres de la semaine

 

62 % des Français sont pour une sortie progressive du nucléaire (15 % pour une sortie rapide).

 

+ 2,6 °, c’est la hausse de la température moyenne enregistrée en France en mars-avril-mai.

 

19 % des enfants ne sont jamais allés chez le dentiste.

 

180 000 jeunes de 16 à 18 ans ont quitté leur formation sans diplôme.

 

Jean-Paul

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:01

Avant de vous proposer dans les semaines à venir, une interview de Maïtre Rault, avocate de Jean-Paul, voici un extrait d'une table ronde organisée par le collectif JAMAC à laquelle elle participait en décembre 2006 c'est à dire peu de temps après l'affaire d'Outreau.

Maître Rault donnait son point de vue sur ces affaires de pédophilie et sur leurs dérives...

Extrait :


"Trois ans avant le procès de Saint Omer, Paul Bensussan et moi même dénoncions les dérives de la protection de l’enfance, et ce que nous avons appelé la dictature de l’émotion. Il serait bon de se poser la question de savoir si cette dictature de l’émotion est toujours ou n’est pas toujours présente, et si ce n’est pas l’émotion précisément qui la plupart du temps gouverne ce type d’affaire. Depuis 1997, on peut se demander si le traitement des allégations d’abus sexuels a réellement évolué. Je ne voudrais pas me montrer trop pessimiste, mais, en prise directe avec la réalité judiciaire quotidienne, je regrette de devoir constater que nous ne progressons pas. Il est vrai que les choses ont évolué depuis 1997, et la fameuse circulaire Royal qui faisait d’à peu près chaque enseignant un pédophile en puissance. Cela a évolué parce que on a peu à peu délaissé le champ de l’enseignement. Je m’explique. A partir de la découverte de ces cadavres dans le jardin d’un certain Marc Dutroux, et puis cet emballement médiatique et politique de 1997 en France, pour ne pas être en reste avec la Belgique, on a assisté à un nombre considérable de mises en cause d’enseignants. Et puis comme tous les phénomènes de mode, il s’est essoufflé, et on peut dire qu’aujourd’hui il y a sans doute beaucoup moins de mises en cause d’enseignants. Mais il n’y a pas moins de mises en cause globalement et les statistiques le démontrent.

 

Le champ de l’enseignement a été délaissé au profit du couple, puisque nous avons eu après ces années 97-98-99 une série de mises en cause dans les divorces. Il devenait habituel d’accuser le père d’abuser des enfants dès lors que la mère ne souhaitait pas qu’il bénéficie de la garde ou d’un droit de visite. Un divorce pour faute sur quatre était parasité par des fausses allégations d’abus sexuels, ce qui est considérable. Ça s’est un peu calmé de ce côté-là aussi. Aujourd’hui il faut croire que les pédophiles sont légion et équitablement répandus car on les voit partout et le phénomène semble s’être étendu à toute la gente masculine. A l’heure actuelle c’est vrai que tout homme est supposé pouvoir agresser des enfants.

 

Cela revient quand même à dire que ces affaires ont pris une proportion incroyable. On en prend la mesure quand on sait qu’un quart des détenus le sont pour des motifs d’ordre sexuel ! On a beaucoup parlé des dysfonctionnements de la justice et on a eu raison d’en parler. Je crois qu’en cela l’affaire d’Outreau aura été exemplaire. Elle a montré à quel point la justice pouvait se tromper, à quel point la justice pouvait ne pas fonctionner. Mais mal fonctionner ou ne pas fonctionner du tout ? J’aurais plutôt tendance à dire en ce qui concerne l’affaire d’Outreau que la justice n’a pas fonctionné du tout. Et qu’elle est partie dans des errements tout à fait invraisemblables. Pas fonctionné du tout parce que le juge n’a pas fonctionné, la chambre de l’instruction n’a pas fonctionné, la cour de cassation n’a pas fonctionné, rien n’a fonctionné."

 

A suivre... 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 23:01

Aujourd'hui, jour symbolique, puisque Jean-Paul a passé 500 jours dans différentes prisons, nous vous proposons une modification dans la page d'accueil du blog. Ainsi, vous trouverez à la place du sommaire, les pièces majeures que nous avons accumulées concernant l'affaire et qui démontrent que Jean-Paul Degache est innocent. Chaque personne pourra alors en quelques clics faire son propre jugement. Vous retrouverez les différentes catégories d'articles en bas de chacun d'entre-eux. 

 

Le combat continue et nous ne pouvons que vous remercier pour votre engagement aux côtés de Jean-Paul. 


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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 23:01

Quand commence le mois de juin, je ne peux m'empêcher de penser à l'immense fête qui se prépare, à Saint-Félicien et dans tout le département de l'Ardèche. Pour y avoir participé et m'y être régalé à douze reprises avec Ghislaine, je connais l'épreuve de l'intérieur, non seulement comme cycliste ayant varié les parcours et le type de pratique, du cyclosportif luttant contre le chronomètre au cyclotouriste privilégiant la découverte des gens et des paysages sans cesse renouvelés, mais aussi en écrivant quantité d'articles pour la presse.

 

Je me suis consacré pendant plus de dix ans à ce travail de journalisme, l'Ardéchoise étant une des facettes de mon activité. J'ai écrit de nombreux articles pour l'hebdomadaire Le Réveil puis pour le magasine Cyclo Passion. C'est ainsi que j'ai été amené à faire connaissance avec ces passionnés qui remettaient chaque année l'ouvrage en place et, finalement, n'arrêtaient jamais de peaufiner leur chef-d'oeuvre. Au cours de plusieurs saisons successives, j'ai rendu compte de tout le travail effectué par les permanents comme par les très nombreux bénévoles, depuis l'envoi des brochures, un samedi froid de la fin du mois d'octobre, jusqu'à la publication des résultats, très tard, alors que la nuit tombait sur Saint-Félicien, un samedi soir au mois de juin... Avec 17 parcours différents, l'Ardéchoise offre maintenant un festival cycliste s'étalant sur quatre jours. L'engouement que certains esprits chagrins avaient prédit en déclin, ne se dément pas et l'on se prépare même à battre des records pour cet anniversaire. Enfin, il y a l'Ardéchoise des jeunes du mercredi 15 juin à Saint-Félicien et du vendredi 17 juin à Chassiers, près de Largentière. J'avais consacré plusieurs journées de travail au titre de Président de l'Usep-Ardèche pour préparer la première édition parce qu'il n'était pas facile de franchir tous les obstacles qui auraient pu empêcher que vive cette organisation réservée aux enfants et aux adolescents.

 

Enfin, il faut noter que, pour ce vingtième anniversaire, la mythique montée du Pont du Doux à Lalouvesc (9 km) reprend sa place, rallongeant un peu tous les parcours mais permettant à tous les cyclistes de découvrir une des plus belles routes du département, serpentant en balcon au-dessus de la vallée du Doux, offrant de superbes panoramas au-dessus du beau village de Lafarre puis du hameau de Molière.

 

Bonne route à tous !

 

Jean-Paul  

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 23:01

Les semaines passent, les week-end également et nous sommes plus que jamais mobilisés pour soutenir Jean-Paul. Ainsi, entre aujourd'hui et demain, nous proposons qu'un maximum de personnes lui envoient une carte postale de leur choix.

 

500 jours de prison pour un homme innocent et injustement condamné est inacceptable ! C'est pour cela que l'on ne lâchera pas et que l'on continuera d'alimenter ce blog.

 

Nous comptons sur votre soutien et votre amitié pour que cette opération soit un succès.

 

Bonne semaine à tous.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 23:00

Jean-Paul avait consacré, il y a quelques semaines, une chronique littéraire sur un recueil de poèmes d'auteurs de Chiapas. Quelle belle surprise d'avoir reçu quelques jours après un message de la poète mexicaine Marisa Trejo Sirvent qui nous a proposé ainsi un autre de ses poèmes que nous vous offrons aujourd'hui. La poète a également envoyé un message à Jean-Paul qui sera certainement très touché par ce geste. L'équipe du blog tenait à nouveau à la remercier.

 

Banlieue de Paris 

"Du Sud nous sommes Venus parmi les grains de café et des bananiers verts et des orangiers acides”.   

Rosario Castellanos 

 

Un jour, ça fait 75 ans,

ils ont dit : ʺvenez tousʺ

et ils ont commencé à venir

de tous les endroits,

main d´œuvre pas chère

pour édifier le développement d´autres.      

Pendant ce temps ils restaient marginés

dans les quartiers insalubres,

cachette de rats et de la tendresse.

Des enfants noirs qui ne voient

que la fumée des usines,

des fenêtres où il n´entre que le froid,

des garçons arabes et martiniquais

en jouant en escaliers,

des jeunes de l´Espagne ou du Portugal,

dès porteries regardent la pluie.

des terrasses du gens de l´Amérique Latine,

du linge de la couleur du tropique,

récemment lavé.

des petites rues, des ghettos.

Terre de blancs,

amour, racisme et périphérie.

 

Marisa Trejo Sirvent, Paris, 1981.

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