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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 23:01

Lors du premier procès en 2007, il avait été réalisé une maquette de l’école de Sarras ainsi que de la classe de Jean-Paul Degache afin de montrer l’incohérence des propos avancés par les plaignantes.

 

N’ayant pas eu le rôle escompté et devant le désintérêt des magistrats, Maître Vesson, l’un des deux avocats de Jean-Paul, a proposé qu’un spécialiste réalise un film 3D reconstituant le groupe scolaire de Sarras. C’est ainsi qu’a été déposée en 2010, comme nouvelle pièce au procès, une vidéo certifiée conforme par un huissier sur laquelle on peut visualiser les angles de vue des enfants au sein de la classe mais également de ce que voyaient, tant les adultes que les enfants, de part et d’autre de la salle de classe.

 

Celle-ci aurait donc pu être vue par les jurés ne connaissant pas du tout l’école mais à l’étonnement général, les magistrats nîmois n’ont pas accepté qu’elle soit diffusée … si ce n’est lors de la plaidoirie finale de Maître Vesson.

 

Comment ne pas être révoltés face à cela, lorsque des professionnels se privent d’éléments capitaux pour comprendre ce qui a pu réellement se passer. Encore aujourd’hui, ceci apparait comme une violation des droits de la défense et surtout comme l'impossibilité donnée à un accusé de prouver son innocence !

 

A présent place aux différents extraits et n’hésitez pas à réagir ! On a privé Jean-Paul Degache d'un élément de sa défense dont il pensait qu'il allait être déterminant et prouver son innocence. A vous d'en juger...

 

Présentation générale du groupe scolaire de Sarras

 


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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 23:01

Rosa blanca de B. Traven, Editions La Découverte, 2010, 261 pages

 

9782707165794FS.gifApparemment, Rosa blanca commence comme La révolte des pendus ou La charrette, deux autres superbes romans de B. Traven. Nous sommes dans l’état de Veracruz, au Mexique et l’auteur, avec son habituel talent, nous plonge dans le quotidien d’une hacienda tenue par l’indien Hacinto Yañez. Sur 800 hectares plusieurs familles, en parfaite harmonie, produisent maïs, haricots, chile (piments), canne à sucre, oranges, citrons, papayes, tomates, ananas mais aussi élèvent des chevaux, des bœufs, des porcs… La vie est paisible. Enfin, chacun vit et la solidarité n’est pas un vain mot grâce au système du parrain (compadre) et de la marraine (comadre) permettant aux familles de s’entraider en permanence, d’une génération à l’autre.

Cette tradition, héritée des Indiens, était forte au Mexique jusqu’à l’arrivée de Christophe Colomb… Petit à petit, les colonisateurs espagnols ont imposé leur logique d’exploitation, oubliant que la terre est d’abord nourricière.

Hélas, le patron de l’hacienda doit affronter la voracité de la Condor Oil Company (COC) qui veut à tout prix acquérir ses terres pour agrandir ses champs de pétrole. Cela se passe peu après 1920 et tout ce qu’écrit B. Traven est terriblement d’actualité, encore aujourd’hui. Nous partons alors dans le pays voisin, les USA où nous faisons connaissance avec Mr Collins, Président de la COC. Tous les détails de sa vie et de son irrésistible ascension nous permettent de comprendre les ressorts du capitalisme, de l’exploitation honteuse des mineurs à l’empire du tout pétrole. Pour conclure, l’auteur écrit cette phrase terrible : «  Que nous importe l’homme, seul le pétrole est important. » Aujourd’hui, le mot pétrole serait-il interchangeable avec le mot nucléaire ?

 

Jean-Paul

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 23:01

Lors des vacances scolaires, la publication du journal hebdomadaire "La feuille d'Hector" est interrompue pour laisser place à un numéro spécial intitulé "Hector magazine".  Ainsi, celui-ci a pour thème principal l'agriculture : Jean-Paul a  décidé de consacrer un article à son enseignement. Bonne lecture.

 

Un système d’enseignement très complet : L’enseignement agricole (Hors-série - avril 2011)

 

Trop mal connu, l’enseignement agricole est pourtant un système d’enseignement très complet permettant de former jeunes et moins jeunes depuis le CAP jusqu’au diplôme d’ingénieur, dans des domaines comme l’agronomie, l’horticulture, l’environnement et la médecine vétérinaire.

Déjà sous l’Ancien Régime, plusieurs établissements d’enseignement agricole existaient. Ils ont disparu sauf les écoles vétérinaires. Au cours du XIXème  siècle, se sont créées des écoles techniques, professionnelles et supérieures mais il a fallu attendre 1962, pour qu’une loi de modernisation instaure la parité avec l’Éducation nationale. Par contre, c’est le ministère de l’Agriculture qui conserve la mainmise sur cet enseignement. C’est pourquoi une Direction générale de l’enseignement et de la recherche existe au sein de ce ministère.

 

L’enseignement secondaire


À partir de la classe de 4ème, qu’ils soient publics ou privés, les centres de formation d’apprentis (CFA), les maisons familiales rurales (MFR) et les lycées d’enseignement général, technologique et professionnel agricole, appelés plus simplement lycées agricoles, accueillent les jeunes attirés par tout ce qui touche, de près ou de loin à l’agriculture. Certains lycées sont même spécialisés dans l’horticulture (fleurs, fruits) et se nomment lycées agricoles.

Les diplômes suivants peuvent être préparés :

. Certificat d’aptitude professionnelle agricole (CAPA) : 2 ans après la 3ème ou en apprentissage en CFA agricole.

. Brevet d’études professionnelles agricole (BEPA) : après la 3ème ou la classe de seconde générale ou encore après un CAP de préférence agricole. Le BEPA comporte plusieurs spécialités.

. Baccalauréat professionnel agricole : après un BEPA dans la même ou proche spécialité. On peut aussi le préparer en venant d’une 1ère agricole.

. Baccalauréat sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) : en 2 ans, il mène vers un BTS agricole, certains DUT et BTS en biologie et même vers une école d’ingénieur après une classe prépa.

. Baccalauréat scientifique, spécialité Biologie-Écologie : en 2 ans après une classe de seconde générale ou technologique.

 

Pour les adultes ou en suivant la filière de l’apprentissage, il est possible d’obtenir les qualifications suivantes :

. Brevet professionnel agricole (BPA), diplôme de niveau V

. Brevet professionnel Responsable d’exploitation agricole (BPREA), diplôme de niveau IV

. Certificat de spécialisation (CS)

 

L’enseignement supérieur

 

Comme dans l’enseignement supérieur court, il est possible, dans les lycées agricoles, de préparer des brevets de technicien supérieur agricole (BTSA). Ces diplômes peuvent être aussi acquis en alternance dans un CFA agricole ou en formation pour adulte (Centre de formation professionnelle pour adultes).

Pour ceux qui voudraient suivre un cycle d’enseignement supérieur long, il faut entrer dans une école supérieure publique ou privée, soit après le bac, soit sur concours après deux ans de classes préparatoires Biologie, chimie, physique et sciences de la terre (BCPST) ou Technologie et biologie (TB).

Ces grandes écoles sont les écoles nationales vétérinaires, à Toulouse et Alfort, auxquelles il faut ajouter six grands établissements :

. l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement ou Agro Paris Tech,

. le Centre international d’études supérieures en sciences agronomiques ou Montpellier Sup Agro,

. l’Institut supérieur des sciences agronomiques, agroalimentaires, horticoles et du paysage ou Agrocampus Ouest,

. l’Institut national supérieur des sciences agronomiques, de l’alimentation et de l’environnement ou Agrosup Dijon,

. l’Institut d’enseignement supérieur et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et de l’environnement ou Vet Agro Sup,

. l’École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation, Nantes-Atlantique.

 

La formation des enseignants des lycées agricoles publics est dispensée an sein de l’École nationale de formation agronomique, à Toulouse.

 

Pourquoi choisir l’enseignement agricole ?

 

Tout ce qui touche à la culture du sol, les céréales, les fleurs, la forêt, l’élevage des animaux, la pêche, la vigne et le vin peut intéresser beaucoup de monde. L’enseignement dispensé vise à former les élèves pour un métier précis. C’est donc une formation concrète qui est proposée, ce qui implique immédiatement une forte motivation pour ceux qui entament ces études-là parce qu’ils savent qu’ils pourront trouver rapidement du travail.

Malgré tout, la formation générale n’est pas délaissée puisque les élèves reçoivent un enseignement général en lettres modernes, mathématiques, sciences physiques, histoire-géo, etc…

Matière spécifique de l’enseignement agricole, l’éducation socioculturelle, est très intéressante pour les élèves parce qu’elle leur permet de comprendre les règles, les us et les coutumes de la société dans laquelle ils vont évoluer. C’est un véritable apprentissage de la citoyenneté qui est dispensé pour « apprendre à regarder par-dessus la haie », avec la vision la plus large possible afin de contribuer à accompagner les changements sociaux et culturels. Ainsi, les jeunes se forment à l’environnement social et culturel sans oublier une éducation artistique complétée par une formation à la communication humaine, à l’autonomie et à la coopération.

Les établissements étant de taille modeste avec souvent un internat et une exploitation à demeure, élèves et enseignants travaillent en étroite collaboration ce qui développe la sociabilité et les aptitudes à la communication.

Il n’est pas obligatoire de vouloir devenir agriculteur pour entrer dans l’enseignement agricole parce qu’une multitude de débouchés existe dans l’alimentation, pour la production, le contrôle de qualité ou encore l’encadrement. Du côté des animaux, de nombreux métiers permettent de leur apporter des soins et de s’occuper de la reproduction… Il faut ajouter encore tout ce qui touche à la forêt, l’environnement, le paysage, l’horticulture, les services, la commercialisation, la recherche, le développement… On dénombre plus de 120 métiers différents à la sortie de toutes ces formations.

 

Jean-Paul

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 23:01

Depuis l’ouverture de ce blog, de nombreuses personnes sont venues apporter leur témoignage sur cette affaire puisqu’elles avaient, soit travaillé avec Jean-Paul, soit été élève dans sa classe ou soit parce qu’elles ont un lien de parenté.


Aujourd’hui, nous avons décidé d’interviewer une personne, Charlotte B., qui n’a jamais rencontré Jean-Paul et qui a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions et nous l’en remercions vivement.

Bonjour,

- Tout d’abord connaissez-vous Jean-Paul Degache, un de ses amis ou un membre de sa famille ?

 

Non, je ne connais ni Jean Paul Degache ni aucune de ses connaissances, amis ou famille.

- Alors de quelle manière avez-vous été mise au courant de l’affaire ?


En regardant le reportage de M6 dans l'émission 66minutes.
1

- Quelle a été votre réaction suite au visionnage de ce reportage sur M6 ?

 

J'ai d'abord été bouleversée. Au fur et à mesure que la soirée avançait, cette histoire tournait dans ma tête. Je n'arrivais pas à penser à autre chose. J'étais triste et révoltée.

- Quels sont les moments qui vous ont fortement marquée durant ce reportage ?

Le moment où Jean Paul et sa femme préparent la valise au cas où il irait en prison et bien sûr, le moment du verdict et le malaise de Jean Paul.

- Qu’avez-vous décidé de faire suite à l’émission « 66 minutes » ?

 

J'ai d'abord tapé le nom de « Jean Paul Degache » sur Google. Moi qui suis beaucoup les informations, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire. J'ai eu le sentiment d'une histoire étouffée. J'ai ensuite trouvé son site de soutien et j'ai tout de suite voulu soutenir Jean Paul et sa famille. Je ne savais pas comment faire mais dans une telle tragédie, la simplicité est ce qui fait le plus de bien : écrire à Jean-Paul, dire à sa famille qu’on le sait innocent au plus profond de nous.

 

 - Quels sont les éléments qui ont pu vous mettre un doute quant à la décision rendue par la justice?

 

Le discours des femmes qui se disent victimes était tout d'abord confus. Je ne les ai pas trouvées convaincantes. Bien sûr, qui suis-je pour les juger ? Leurs accusations sont extrêmement graves mais leurs comportements, leurs gestes et paroles ne sont justement pas en accord avec la gravité de la situation. Et puis, surtout, quand on apprend que la scène des classes de Jean Paul qui a été refaite afin de prouver de manière criante que les accusations étaient fausses n'a pas été prise en compte2, on a envie d'hurler au scandale !  

Pour finir, une élève n'a pas été entendue car elle était dans la classe de Jean Paul au moment où un membre de sa famille était également élève. La jeune fille voulait dire qu'il était innocent et son avis n'a pas été pris en compte. Pour des accusations aussi graves, je trouve qu’il y a énormément de flou et un manque d’équité flagrant.


- Au final, quel message voudriez-vous faire passer à Jean-Paul Degache et ses proches ?

J'aimerais leur dire que nous sommes nombreux à les soutenir. Que, pour ma part, je ferai de mon mieux pour garder le contact avec Jean Paul, d'essayer de le divertir quelques instants avec mes lettres. A sa famille, qu'elle n'est pas seule. Restez soudés et je souhaite que nous soyons tous réunis à la sortie de Jean Paul car oui, il sortira. Cela ne réparera pas les années volées, mais savoir que l'on est aimé et soutenu est un bonheur immense. Je vous trouve tous extrêmement courageux. Je repense à cette affaire lors des moments difficiles de ma vie. Je perçois mieux le bon côté des choses. Par sa force, Jean Paul nous donne du courage. Par notre force, nous lui donnons du courage. Le chanteur Renaud disait « L’innocent qu’on enchaîne sera toujours mon frère » !

 

1 : Le dimanche 28 mars, lors de la première diffusion du reportage, M6 a enregistré près de 3 millions de téléspectateurs ! 

2 : Mme le Président n’avait pas jugé nécessaire de visionner cette vidéo durant les débats. Elle fut utilisée par Maître Vesson lors de la plaidoirie. L’autre élément qui n’a pas été accepté est le bureau d'élèves de l'époque.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 10:40

De nombreux lecteurs nous ont envoyé un mail pour nous signaler cette interview de Maître Dupond-Moretti interrogé sur France Inter.


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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 23:01

Témoin à décharge pour Jean Paul DEGACHE lors des procès en Assises de PRIVAS et de NÎMES je me suis bien sûr toujours posé la question de la certitude de son innocence ou de sa culpabilité. Et ma conclusion est sans appel : pour moi, comme pour de très nombreuses autres personnes, il est IMPOSSIBLE que Jean Paul ait commis des viols répétés devant tant de témoins !

 

J’ai en effet été Conseiller Pédagogique en Education Physique et Sportive pour la Circonscription de TOURNON – dont faisaient partie les Ecoles Primaire et Maternelle de SARRAS – de septembre 1982 à juin 1993. Et, à ce titre, je me suis rendu à l’Ecole Publique Primaire des centaines, voire plus d’un millier de fois, très souvent sans annoncer ma visite. J’ai également, au titre de Responsable USEP, œuvré avec de nombreux enseignants et élèves du Primaire et de la Maternelle. J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer de très nombreux parents, le Maire et des Conseillers Municipaux, le Garde Champêtre et tout le personnel travaillant dans les deux Ecoles. Ces Ecoles, je les avais choisies d’une part parce qu’elles étaient sur mon passage entre mon domicile (Annonay) et les bureaux de l’Inspection (Tournon), d’autre part parce que les enseignants en général étaient volontaires pour que je puisse considérer ces deux Etablissements ruraux comme « pilotes » et « témoins » de mes recherches et applications pédagogiques, tant dans mes activités professionnelles qu’associatives.

Bien évidemment, Jean Paul DEGACHE faisait partie de ces enseignants, lui qui a toujours accepté que sa classe soit comme une sorte de « laboratoire » où l’on pouvait tester des expériences pédagogiques, à condition qu’elles aillent dans l’intérêt des enfants qui lui étaient confiés, lui qui n’a jamais refusé d’ouvrir cette classe à tout intervenant adulte - dans des activités comme le Sport et la Musique entre autres - ce qui montre bien qu’il n’avait rien à cacher. Et que penser des réunions de Coopérative Scolaire et de l’USEP auxquelles - avec des parents délégués - j’ai souvent assisté et où les enfants n’hésitaient pas à s’exprimer sur tous sujets concernant la vie de la classe ! D’ailleurs, n’existe-t-il pas encore quelque part des comptes-rendus écrits de ces réunions ? Je peux affirmer - pour en avoir souvent parlé avec eux - que la plupart des parents ont toujours manifesté une adhésion totale en ces méthodes, notamment pour la pédagogie basée sur l’éveil, l’écoute et la confiance réciproque.

Mon action avec les élèves de Jean Paul DEGACHE, je l’ai exercée dans la classe, dans des gymnases, sur des terrains de sport, sur des pistes de ski, dans des piscines … et je peux dire que, pour les enfants, les enseignants, voire certains parents de Sarras, j’étais devenu l’animateur et même une sorte de « confident », dans la mesure où l’on (enfants et adultes) n’hésitait pas à me parler sans retenue de nombreux petits « potins », de certaines rumeurs concernant aussi bien la vie des Ecoles que celle du village.

Aussi, depuis que j’ai appris, en 1997, les accusations portées contre Jean Paul DEGACHE, deux remarques me viennent invariablement à l’esprit :

 

            -1- Ai-je été suffisamment aveugle et sourd pour n’avoir jamais rien vu ou entendu concernant « l’affaire » en question ?

           

            -2- Ou alors ne dois-je pas être considéré, comme l’a suggéré l’Avocat Général dans           son réquisitoire à PRIVAS, comme complice des crimes reprochés à Jean Paul           DEGACHE ? Surtout lorsque, arrivant à l’improviste, j’écartais les lamelles des stores        protégeant du soleil et je m’assurais que je n’interrompais pas le cours d’une             activité avant de frapper à la vitre. Mais étais-je le seul visiteur à agir ainsi ?

 

Par contre, celles et ceux (parents, enseignants, autres adultes …) qui affirment avoir été au courant des « pratiques » de Jean-Paul DEGACHE, ne devraient-ils pas être accusés de non dénonciation de crime ou de non assistance à personne en danger pour avoir attendu de nombreuses années avant de témoigner et d’accuser ?

 

Si j’ai pris mes responsabilités en venant témoigner pour Jean Paul je suis prêt à les prendre encore si, d’aventure, j’étais amené à le refaire pour que son INNOCENCE soit enfin reconnue.

 

Roland M.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 23:01

Je tiens à vous faire part de mon témoignage à double titre : en tant que nièce de Jean-Paul, tout d'abord, mais aussi parce que je suis l'une de ses anciennes élèves.

 

C'est d'ailleurs au simple titre d'ancienne élève que j'ai été interrogée par la gendarmerie d’un village ardéchois voisin à celui de Sarras. Cet interrogatoire, je m'en rappellerai longtemps puisque c’est un officier de permanence qui l’a mené ! Tout a commencé par un message sur le répondeur téléphonique à la maison à Avignon un soir en rentrant du travail. La gendarmerie me demandait de rappeler très vite une certaine personne. Pas d'indication sur le pourquoi de l'appel. A l'écoute de ce message, un grand frisson me monte dans le dos : il est arrivé quelque chose de grave à quelqu'un de la famille ? Je saisis mon téléphone pour rappeler. On me répond qu'il n'y a qu’une personne qui peut me dire pourquoi il a appelé et qu'il ne sera pas là avant le lendemain après-midi. Malgré mon insistance et ma voix paniquée en pleurs, on ne veut rien me dire. J'ai de suite appelé mes proches à Sarras pour savoir ce qu'il se passait. Tout le monde allait bien et au bout d'un moment, nous avons fini par comprendre qu'ils avaient certainement appelé dans le cadre de l'enquête sur Jean-Paul, dont j'avais été informée par la famille.

 

Effectivement, le lendemain, j'ai enfin cette personne au téléphone qui m'a confirmé que les gendarmes devaient m'entendre en tant qu'ancien élève sur l'enquête qui était menée. Comme je résidais et travaillais à Avignon à l'époque, j'ai profité d'un week-end à Sarras pour me rendre à la gendarmerie le samedi matin qui a suivi. Le premier contact avec la gendarmerie au téléphone m'avait déjà donné un aperçu de la délicatesse et du tact de ses officiers.

 

Ainsi le samedi matin, je me rends à la gendarmerie qui est alors occupée par un seul officier, de "permanence" apparemment. C'est lui qui va m'interroger, parce qu'il est là, et non pas parce que c'est lui qui est en charge de l'enquête. Il commence à me poser les questions, en m'indiquant bien que je suis entendue en tant « qu'ancien élève ». Pourtant, et je lui fais remarquer, il commence ses questions par « votre oncle » ! A plusieurs reprises, il s'absente du bureau pour répondre au téléphone. Quand il revient, il s'est passé plusieurs minutes à chaque fois, et il reprend la frappe de la déposition. Je vous laisse imaginer la fidélité de la déposition quand on est dérangé sans cesse. Lorsqu'à la fin de l'interrogatoire il m'a demandé de relire et de signer, j'ai fait modifier plusieurs phrases : des propos avaient été amalgamés alors que je n'avais dans mes paroles, jamais fait de lien entre deux idées qui se retrouvait dans la déposition de cause à effet.

 

Je me suis même fait la réflexion, à l'époque, que j'avais été très attentive lors de la relecture de cette déposition mais que ce ne serait peut-être pas le cas de tous ceux qui avaient été ou seraient interrogés ... et que ces interrogatoires devraient être réalisés par deux personnes, toujours les mêmes, et être enregistrés ou filmés pour ne pas déformer les propos. Je ne blâme pas l'officier qui m'a interrogé ce jour-là. Il a fait son boulot, dans les conditions dans lesquelles on lui impose de le faire ... Cependant, il est regrettable que cela puisse aujourd'hui avoir les conséquences que l'on connaît...

 

Pour en revenir à Jean-Paul, je l'ai côtoyé quasi quotidiennement pendant 8 ans puisqu'il était déjà instituteur quand je suis rentrée en maternelle à l'école à Sarras en 1978.

 

Son fils aîné  avait alors un peu plus d'un an et notre mamie le gardait le matin, je ne sais plus si c'était tous les jours ou pas. J'ai eu la chance de déjeuner tous les midis chez ma grand-mère pendant l'école primaire. Ainsi Jean-Paul me récupérait à la maternelle le midi et me ramenait chez elle en allant chercher son fils avant de rentrer chez lui. Puis, quand son fils est rentré à l'école, Mamie a décidé de nous avoir tous les deux à déjeuner le jeudi midi. Comme mon cousin et moi avions deux ans d'écart, ces jeudi midi chez Mamie étaient des moments où l'on s'amusait bien. Jean-Paul nous emmenait alors chez elle à 11h30. Tout cela pour dire que pendant toutes ces années, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu ou entendu quoi que ce soit de ce dont on accuse Jean-Paul.

De plus, et ce qui est étonnant, c'est que l'on ne m'ait jamais interrogé en tant que nièce de Jean-Paul, alors que, souvent, les pédophiles s'attaquent d'abord à leur entourage proche, et comme j’étais  la première de ses nièces, j’aurais pu être sa première victime si vraiment il avait été un dangereux pervers …

 

A l'école, dès le CP, on souhaitait tous grandir très vite et arriver en CM1 pour être dans la classe de Jean-Paul. Comme il faisait CM1 et CM2, il fallait "tomber" la bonne année pour être dans sa classe. Les parents d'élèves eux-mêmes souhaitaient que leur enfant soit dans la classe de Jean-Paul. Je me souviens en avoir entendu certains qui disaient à Mamie, quand elle venait me chercher à la sortie de l'école "Qu'est-ce qu'on a de la chance que notre fils/fille soit dans la classe de Jean-Paul !".

Pourquoi ? Certainement parce qu'il était (et sera toujours) un très bon instituteur.

Avec lui, chaque élève avait sa place et sa chance. Il n'enseignait certes pas de la même façon que ses collègues de l'école. Sans vouloir critiquer les autres instituteurs de l'école à l'époque, Jean-Paul n'enseignait pas à "l'ancienne méthode", derrière un bureau, de façon autoritaire. Il permettait à chacun de s'exprimer et de développer sa propre personnalité alors que d'autres enseignants souhaitaient nous rendre "uniformes", nous faire rentrer dans le moule. Pendant les deux années dans sa classe, je crois que nous avons tous gagné en confiance en soi et en autonomie. Non seulement sa façon d'enseigner nous permettait d'enrichir notre savoir mais surtout de grandir et d'être fin prêt à affronter le collège et l'adolescence.

 

D'ailleurs, lorsque je suis rentrée en 6ème à Saint-Vallier, je me souviens que plusieurs profs ont fait remarquer que les élèves arrivant de la classe de Jean-Paul Degache à Sarras étaient les mieux préparés du coin à l'entrée en 6ème et que cette année serait pour eux très cool et plus une année de révision qu'autre chose.

 

Pendant ces deux ans, je n'ai rien remarqué d'anormal dans le comportement de Jean-Paul. Il avait comme toujours, 10 000 projets pour l'école et pour la classe, des tas d'idées d'activités et de sorties qui rendaient envieux les élèves des autres classes. Nous avons fait de nombreuses sorties pendant ces deux ans : ski de fond, sorties à vélo  à la Tour d'Albon et au barrage d'Arras, nous sommes partis également à Beauchastel faire de la voile et du tennis (je m'en souviens très bien, Coluche est mort pendant cette classe verte). Nous avons certainement été une des premières écoles équipées en informatique (de magnifique MO5 avec crayon optique) et l'une des premières classes de découverte à faire de la photo, de la vidéo et de l'informatique !

 

Par ailleurs, s'il avait fait quelque chose dans la classe, on l'aurait remarqué. La classe était entièrement vitrée côté cour de récréation. Tous les élèves et instituteurs passaient sous les fenêtres au minimum 4 fois par jour pour rentrer et sortir de l'école, aller à la cantine, en salle informatique, ... L'entrée à l'école maternelle se faisait également en passant devant les fenêtres et pour la maternelle, c'était non seulement les enfants mais les parents qui passaient devant. Sans compter que de la cour de récréation des maternelles on avait une vue d'ensemble de la classe de Jean-Paul. Cela s'est passé en classe devant toute la classe ? Où sont les témoins ?

 

Que dire de plus si ce n'est que ces deux années resteront pour moi les meilleures de l'école primaire, voire de ma scolarité.  Peu d'instituteurs ou de professeurs restent en effet, dans nos mémoires lorsque l'on est adulte. Aujourd'hui, je ne comprends pas, comme beaucoup de personnes, comment on a pu arriver à le condamner à 8 ans de prison sans qu’il n’y ait un seul témoin !!!

 

Toujours est-il que Jean-Paul est en prison pour 8 ans ... Comme toute la famille et ses proches, je garde espoir de pouvoir le voir bientôt prendre ses petites-filles dans ses bras, remonter sur un vélo, dévorer un plat de quenelles préparé par Mamie ... Ces choses simples dont on l'a privé le vendredi 26 mars 2010 ...

 

Florence

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 23:01

Dès mars 1997, une des premières choses que Jean-Paul a entendues, a été : « Pourquoi ne partez-vous pas de ce village ? » Voici sa réponse :

 

            Invariablement, je répondais que je ne voulais pas le quitter car j’étais INNOCENT et qu’un départ serait un aveu de culpabilité.


            La première solution qui s’offrait à moi, solution conseillée par l’Inspectrice de l’Education Nationale, aurait été de demander un poste proche ou éloigné de Sarras. Ceci était tout à fait possible parce qu’avec mon ancienneté, j’aurais trouvé sans problème une direction d’école dans une ville voisine avec des conditions de travail qui n’auraient pas eu de mal à être meilleures.

 

            Il ne faut jamais perdre à l’esprit que je n’ai jamais contesté mon attitude paternaliste avec mes élèves. A l’instant même où j’ai compris que cela pouvait créer le moindre problème, j’ai aussitôt cessé tout contact amical, tout geste d’encouragement puisque cela pouvait être mal interprété. C’est pourquoi la réunion des parents de mes élèves du CM1 1996-97 était essentielle pour moi. Je voulais les informer et avoir leurs avis. Comme ils ne m’ont rien reproché et qu’ils ont TOUS laissé leur enfant dans ma classe, les inscrivant même au CM2 pour l’année suivante, je n’avais aucune raison objective de me défiler.


            La seconde solution qui aurait pu être envisagée plutôt en 2002, aurait été de déménager et de quitter la région. Pourquoi l’aurions-nous fait ? Cela aurait été aussi une fuite alors que, fort de mon INNOCENCE, je voulais affronter l’adversité, persuadé que la Vérité l’emporterait rapidement, ce qui ne fut pas le cas hélas.


            Enfin, il faut dire que Sarras est le village où j’ai grandi, à partir de l’âge de 7 ans. J’ai joué dans les rues de ce village, j’y ai été écolier et mon plus grand bonheur était d’y revenir lors des vacances scolaires pendant les années où j’étais en internat ou lorsque j’étais suppléant. Fortement impliqué dans la vie locale à partir de 1970, Conseiller municipal de 1989 à 2001 (deux mandats), militant associatif d’abord à Sarras Sports Cyclisme puis au sein de l’Amicale Laïque, correspondant de presse pour le Dauphiné libéré et le Réveil pendant plus de trente années, je vivais au rythme de cette commune et je ne voyais pas pourquoi je devrais la quitter alors que je pouvais toujours regarder chacun de ses habitants droit dans les yeux.

 

Jean-Paul

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:01

Cette semaine, nous profitons de la dernière semaine de vacances scolaires pour publier à nouveau quelques articles qui nous paraissent fondamentaux pour comprendre pourquoi nous sommes persuadés de l'innocence de Jean-Paul.

 

Pour beaucoup de personnes, dont de nombreux jurés des deux procès, Jean-Paul était un instituteur ayant exercé exclusivement dans le village ardéchois de Sarras. Il est donc important pour nous de revenir en arrière, entre 1969 et l’année 1976, date qui marqua sa prise de fonction à Sarras. Si Jean-Paul fut un terrible « prédateur » comme certains avocats ont pu le dire, on pourrait imaginer que les plaintes proviennent des élèves de ces nombreuses écoles…

 

            Jean-Paul a su très tôt qu’il voulait devenir instituteur. Ses expériences en tant que moniteur de colonie lui avaient donné cette envie d’encadrer les jeunes. Ainsi, après avoir eu son baccalauréat en 1969, il saisit sa chance en tant qu’instituteur suppléant. Il dut attendre la fin du mois de septembre pour être appelé, à une quinzaine de kilomètres de Sarras, à l’école d’Etables. N’étant pas sorti de l’Ecole Normale d’Instituteur, Jean-Paul attaque sans avoir reçu de formation spécifique. Il reçoit quand même l’aide d’un titulaire âgé d’une vingtaine d’années qui travaille dans cette école : 

                « C’est donc cet après-midi là, que j’ai eu ma première formation pédagogique…bénévole,  assurée par M. Ce jeune enseignant qui avait peut-être deux ou trois ans de plus que moi, m’a beaucoup marqué. Il était très enthousiaste, très attentif à développer les capacités de chaque élève et adepte convaincu de la méthode Freinet. Je n’en avais bien sûr jamais entendu parler et j’étais séduit par ce que cela apportait à la vie de la classe, donnant à chaque enfant la possibilité d’exprimer et de développer sa propre personnalité. L’idée du texte libre m’a séduit d’emblée et je l’ai appliquée durant toute ma carrière. Chaque enfant pouvait quand il l’entendait, écrire ce qu’il voulait sur le sujet qu’il avait envie de traiter. Ces textes étaient ensuite valorisés en classe et corrigés pour stimuler ceux qui ne se décidaient pas à écrire. Une simple phrase était acceptée comme texte libre… Enfin M. m’a conforté dans mon envie d’enseigner en me présentant ce métier d’une manière fort différente de mes souvenirs d’enfance. Il faut dire que mai 1968 était passé par là et que les relations entre maîtres et élèves avaient bien été remises en question. Nous devions être plus proches de nos élèves, moins autoritaires afin qu’ils soient d’abord et avant tout contents de venir à l’école et heureux en classe. Ainsi leurs résultats scolaires s’en trouvaient bonifiés. »

 

            Cette première année d’enseignement fut agrémentée par un autre remplacement dans une des écoles de Tournon : après une classe rurale, une école de centre-ville ! La deuxième partie de l’année scolaire est marquée par des remplacements dans les écoles d’Annonay, Albon d’Ardèche, Saint-Julien Labrousse l’Albouret, Saint-Péray, Saint-Agrève. Lors de ce dernier remplacement sur le plateau ardéchois, Jean-Paul passa l’intégralité du trimestre. Il revient avec nous sur cette expérience :

            « La classe ne me pose pas trop de problèmes grâce aux précédentes expériences déjà vécues au cours de cette première année d'enseignement. Si j'ai un souci ou besoin de quelque renseignement que ce soit, je m'adresse aussitôt à l'un de mes collègues qui se fait un plaisir de m'aider. Dans la classe, il y a un élève assez difficile mais ça se passe bien parce que je n'hésite pas à emmener mes élèves faire du sport. Les élèves turbulents acceptent de travailler assis à leur bureau s'ils savent que, dans la journée, ils pourront évacuer leur trop-plein d'énergie physique. »


Cette façon d’enseigner, Jean-Paul l’a évidemment pratiquée durant toute sa carrière. Chaque ancien élève pourrait nous l’affirmer. En aucun cas, il ne laissait un élève de côté parce qu’il était turbulent ou en échec scolaire !

 

L’année scolaire suivante (1970-1971), Jean-Paul attaqua par un remplacement annuel dans le Collège d’Enseignement Secondaire du Cheylard. Le principal lui confie les classes où les élèves demeurent en échec scolaire : 6ème et 5ème de transition et 4ème et 3ème pratiques. Comme le dit Jean-Paul, normalement ces postes étaient réservés à un personnel spécialisé et qualifié mais dans certains cas, l’Inspection appelait des remplaçants. Il rajoute : « J'apprends que je vais enseigner dans les deux niveaux et que je dois assurer le Français, la musique et...3 heures d'atelier par semaine. En fait, je me rends compte que certains, filles ou garçons, sont plus grands que moi. Il est même arrivé que certains élèves arrêtent leur scolarité en cours d'année, le jour de leurs 16 ans. Je me souviens de deux filles ayant quitté le collège parce qu'elles étaient enceintes et devaient fonder une famille... »

 

            Par la suite Jean-Paul fit encore moniteur en colonie de vacances à côté d’Agde. Il effectua un remplacement, de septembre à décembre 1971, à l’école de Ripaille à Annonay avant de rejoindre l’armée française afin d’effectuer son service militaire. Vers la fin de l’année 1972, il donna même des cours de français au personnel militaire ! Son retour au sein de l’enseignement le conduisit, toujours en tant que remplaçant, à l’école ardéchoise de Saint-Jeure d’Ay. Les remplacements se succédèrent durant l’année scolaire 1973-1974  puisqu’il dut aller enseigner à Boucieu-le-Roi, à Saint-Gineys en Coiron, au Lycée Marcel Gimond à Aubenas à deux reprises, à Tournon, au collège du Pouzin, à Annonay, l’I.M.E. de Soubeyrand Saint-Barthélémy le Pin, à Saint-Sernin, à Etables, à Viviers, à Tournon, au collège de La Voulte, à Sarras, à Labastide de Juvinas et à Saint-Andéol de Vals.

                                                                                                                                                                                                                   

                Après un stage de formation d’un an à l’Ecole Normale de Privas, Jean-Paul devint en 1975 Titulaire de l’Education Nationale. Cela ne l’empêcha pas de continuer à effectuer des remplacements du côté de Guilherand-Granges, de Saint-Laurent du Pape et à Annonay. Ce n’est que courant 1976, qu’il est nommé à l’école publique mixte de Sarras sur le poste de M. Valla qui fut son instituteur.

          

           Au final, entre 1969 et 1976, Jean-Paul enseigna dans près de 28 établissements situés dans un rayon de moins de 80 km autour du village de Sarras et fut à plusieurs reprises moniteur de colonies de vacances. A ce jour,  AUCUN ENFANT de cette période n’a émis la moindre critique sur son attitude.

 

          Cela signifie que Jean-Paul Degache aurait agi uniquement dans l’école de Sarras, lors d’années bien précises et devant tous les élèves.

 

          Il est toujours curieux de constater le fonctionnement de l'institution judiciaire et des enquêteurs lors d’affaires de ce type. La théorie voudrait que l’enquête s’oriente à la fois vers la recherche de témoins et de victimes visant à favoriser l’accusation, mais également vers la recherche d’éléments qui pourraient montrer qu’il n’y a pas de fondements aux accusations.

 

          C’est ce qu’on appelle une enquête à charge et à décharge.

On se demande donc pourquoi aucun des anciens élèves ni aucun des anciens instituteurs que Jean-Paul a côtoyés avant d’enseigner à Sarras n’a été interrogé et qu’il a fallu que certains d’entre eux, apprenant ce qui était arrivé à leur ancien instituteur, prennent contact avec nous pour nous donner ces éléments.

 

            A aucun moment au cours des deux procès aux assises, la première partie de la carrière de Jean-Paul Degache, qui a duré 8 années, ne fut évoquée. Le fait qu’il ne se soit rien passé alors que Jean-Paul Degache était loin de chez lui, souvent pour de courtes périodes face à des enfants aurait sans doute permis aux jurés de se faire une idée plus précise sur la nature des accusations portées contre cet homme. Cela aurait sans doute donné du crédit aux cris d’innocence de Jean-Paul Degache et ça, visiblement, tout a été fait pour l’éviter.

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 23:01

Deux frères : flic et truand  de Michel et Bruno Papet

Flammarion, 1999

réédité en 2008 sous le titre Les Liens du sang, Deux frères flic et truand, 312 pages.

 

Après avoir vu le film dans lequel François Cluzet et Guillaume Canet prouvent une fois de plus tout leur talent, j’étais très curieux de découvrir l’original, c’est-à-dire le livre écrit par ces deux frères hors du commun.

Lors d’un salon du livre policier à Vienne, Vincent a rencontré Bruno Papet qui a dédicacé cet ouvrage commun après avoir été mis au courant de ce qui m’arrive : « à Jean-Paul, toute la sympathie des deux frangins, »  ajoutant « Il ne faut faire que les choses qui nous plaisent… » a dit Michel. J’ajoute : « Un amour à suivre, une violence à oublier… »

 

C’est Michel qui assure la première partie du livre, racontant son enfance lyonnaise. Les deux frères ont trois ans d’écart mais leur mère les a abandonnés. Michel a 18 ans et a une voiture et un physique qui plaît mais il a aussi le coup de poing facile. Son désir de puissance et sa terrible envie d’exister vont prendre un mauvais chemin avec une première expédition menée par un ami de bien mauvais conseil. Michel Papet décrit bien l’engrenage dans lequel il est pris et les incarcérations qui se suivent, de la prison Saint-Paul à la révolte de Clairvaux en passant par tant d’autres lieux où l’on enferme les gens en espérant les rendre meilleurs… Michel est en révolte contre ces QHS (quartiers de haute sécurité), cette terrible prison de Mende et son isolement maximum durant lequel il perd sa voix… une chose que j’ai pu vérifier moi-même à Nîmes, hélas.

Bruno prend ensuite le relais, parlant beaucoup de son frère et de leur vie familiale. Il décrit bien comment il a vu la plongée de Michel vers la délinquance. Lyon et sa proche banlieue sont très présents tout au long du livre. Le plus jeune des deux frères se lance dans la préparation militaire parachutiste puis entre dans la gendarmerie en 1968 avant de devenir gardien de la Paix puis motocycliste dans la Police nationale et inspecteur en 1975. Bien sûr, il n’échappe pas aux interférences de la vie de son frère dans son parcours professionnel, lui qui terminera sa carrière comme formateur de formateurs à l’INF de Clermont-Ferrand en 1991. Ses réflexions sur la vie, l’amour, la mort, la famille, l’homme, la femme, le Bien et le Mal sont très intéressantes.

En conclusion, une de leurs sœurs, Colette, rend un vibrant hommage à la Tatan, cette femme qui a remplacé leur mère et qui a tant fait pour eux.

Jean-Paul

 

Merci beaucoup à Vincent qui m’a permis de comprendre un peu mieux la vie extraordinaire de deux frères que tout semble opposer mais, quoiqu’il arrive, réunis par Les Liens du sang.

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