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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:32

Benzos, qu’es acò ? (Éditorial du vendredi 25/01/2013)

 

Un peu avant la fin de l’année dernière, nous avons vu fleurir des affiches très intrigantes avec un mot barbare, Benzos, bien en évidence. Cette campagne d’affichage est destinée à attirer notre attention sur les dangers d’une mauvaise utilisation de ces psychotropes dont le nom complet est benzodiazépines.

 

Jusque-là, cela reste encore trop vague, trop technique mais si l’on cite les noms des médicaments contenant ces molécules, cela s’éclaire aussitôt : Temesta, Lexomil, Xanax… mais aussi Rohypnol, Tranxène, Rinotril, ces trois derniers n’étant délivrés que sur ordonnance sécurisée.

 

Les Français, c’est bien connu, sont les champions d’Europe pour la consommation de tranquillisants et de somnifères. 22 psychotropes sont en vente dans notre pays pour traiter l’anxiété, les troubles du sommeil, l’épilepsie ou encore les contractures musculaires douloureuses. En 2010, 1 Français sur 5 en consommait. Or, deux études récentes laissent apparaître des risques de démence en cas de consommation prolongée. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’envoyer un courrier de mise en garde à 75 000 généralistes, 2 500 neurologues et 12 000 psychiatres pour leur rappeler les règles de prescription et de bon usage des benzodiazépines. Pourtant le Vidal, véritable bible du médicament, met bien en garde les médecins à propos des interactions médicamenteuses, de la dépendance, des risques de chute, de perte de mémoire et de troubles cognitifs et du comportement pouvant être causés par ces benzos qui représentent 50,2% des anxiolytiques, 37,8% des hypnotiques et 4,8% des antiépileptiques.

 

Quand les benzos sont arrivés sur le marché, au cours des années 1960, ils ont été accueillis comme des produits miracles en comparaison avec les barbituriques utilisés à l’époque, des médicaments très toxiques. Hélas, le piège, c’est la dépendance car la plupart des gens qui y ont recours en redemandent toujours plus. Les durées ne sont pas respectées et les médecins ont du mal à refuser ou à limiter les prescriptions. Tout sevrage brutal peut avoir des conséquences désastreuses. Il faut donc en parler, informer sur les risques potentiels de démence et faciliter l’accès aux psychothérapies. En France, la consommation de benzodiazépines augmente doucement mais régulièrement et l’assurance maladie a remboursé 21,6 millions d’euros en 2011 pour ce type de médicament.

 

Altération de la mémoire et diminution des capacités cognitives, somnolence diurne, perte de motivation et d’intérêt menant à l’inactivité, les conséquences d’une accoutumance aux benzos et leur abus sont connues maintenant et peuvent aller jusqu’à un comportement destructeur, dangereux pour autrui. Pour éviter de telles dérives, il faudrait que chaque médecin puisse passer plus de temps avec chaque patient afin de remplacer les médicaments par l’écoute. Un accès plus facile aux psychologues permettrait aussi d’éviter une utilisation systématique et dangereuse de ces molécules chimiques qui mettent en péril des gens qui souffrent.

Jean-Paul

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:10

En Inde, une œuvre titanesque (Éditorial du vendredi 18/01/2013)

 

Pour sortir un peu des débats franco-français sur le mariage pour tous ou sur les émigrés fiscaux célèbres ou non, élargissons un peu notre horizon en nous tournant un moment vers l’Inde qui compte 1,2 milliard d’habitants et qui se lance dans une œuvre titanesque afin de tenter d’éliminer la corruption dans le versement des aides publiques.

 

Ravij Gandhi, alors qu’il était premier ministre, en 1985, estimait que, sur 100 roupies dépensées par le gouvernement, 85 étaient détournées par la corruption. Jusqu’à présent, les allocations et aides sociales étaient distribuées en espèces, le plus souvent par les chefs de village, de la main à la main. Pour casser cette logique, dès le début de l’année 2013, l’État indien a décidé de commencer à verser ces prestations sur un compte bancaire. Avec une telle population, dans un pays où les traditions ont la vie dure et où plusieurs dizaines de millions de personnes n’ont pas de domicile fixe, 210 millions d’Indiens ont déjà obtenu un numéro d’identité sécurisé par un relevé d’empreintes digitales. Ce nombre devrait tripler d’ici 2014.

 

Les plus démunis étant illettrés et vivant le plus souvent dans des villages isolés, sans électricité, le chantier est immense pour ouvrir tous ces comptes en banque. Ne pouvant ouvrir des agences partout, les banques ont fait preuve d’imagination, lançant dans les campagnes des correspondants circulant à bicyclette avec une machine portative pour enregistrer les transactions bancaires et distribuer l’argent. Commençant par verser les bourses scolaires et les pensions de retraite avec ce système, le gouvernement voudrait pousser jusqu’à l’aide à l’achat de denrées alimentaires. C’est là que les premières protestations se font jour parce que cela risque de mettre à mal le système de distribution publique de nourriture à prix subventionné déjà en place.

 

L’autre bémol concerne l’absence de conditions demandées pour le paiement de ces aides. À titre de comparaison, l’exemple du Brésil mérite d’être examiné car, là-bas, les primes ne sont versées que si l’enfant va à l’école et que si les vaccinations sont effectuées. Hélas, l’Inde ne possède pas encore les infrastructures suffisantes pour soigner et scolariser toute sa population.

 

L’enjeu d’une telle transformation, bouleversant les habitudes est immense. Elle devra toucher la bagatelle de 720 millions de personnes d’ici à 2014, pour un montant de 45 milliards d’euros à distribuer sur les comptes bancaires des plus démunis. C’est un beau défi pour un pays qui pèse de plus en plus lourd dans l’économie mondiale.

Jean-Paul

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 17:52

Mardi 22 janvier, France 2 propose en deuxième partie de soirée (22h15), un documentaire traitant des parloirs en prison : Parloirs (63 minutes) Ce reportage est signé Didier Cros, réalisateur autorisé à circuler dans le centre de détention de Châteaudun en Eure-et-Loir.  Vous pourrez lire son interview dans lequel il apporte sa vision. A partir de cette expérience, deux documentaires ont été produits : Sous-surveillance  diffusé en juin 2012 et Parloirs.

 

Pas besoin d'insister sur le côté vital des parloirs. D'ailleurs, depuis l'incarcération de Jean-Paul, sa famille et ses proches n'ont pas raté un seul parloir... que ce soit à Privas, puis Nîmes et enfin Villeneuve-lès-Maguelone. Parfois dans une grande salle, sans aucune intimité ; actuellement c'est dans un petit box très étroit, mais à l'abri des regards, que l'on passe 1h15 aux côtés de Jean-Paul. Ce "rituel" hebdomadaire est évidemment capital pour tenir et ce, des 2 côtés. 

 

Vous pouvez dès à présent retrouver un extrait sur le site de France2 et nous ne pouvons que vous pousser à réagir après avoir visionné l'intégralité demain. Il sera rediffusé samedi 26 janvier mais à 1h55...

 

Merci à l'internaute qui nous a fait part de ce programme.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 17:31

Home par Toni Morrison, traduit de l’anglais (USA) par Catherine Laferrière, Éditions Christian Bourgois, 2012, 151 pages

 

c0e72852-f04f-11e1-bc73-007d86cb0b70-240x350.jpgRoman d’apparence modeste, «Home» ramène petit à petit le lecteur à la maison, dans cette Amérique du nord, ces Etats-Unis se relevant à peine de la guerre de Corée, au début des années 1950.

 

Madame Toni Morrison nous met sur les traces de Franck Money, un homme sérieusement perturbé, en fuite et qui est recueilli par le révérend John Locke et son épouse. Après être resté deux jours attaché et endormi, Franck n’a plus rien, sauf sa médaille militaire car il revient de la guerre de Corée. On apprend de la bouche du Révérend, à qui nous avons affaire : « Vous n’êtes pas le premier, loin de là. Une armée où les Noirs ont été intégrés, c’est le malheur intégré. Vous allez tous au combat, vous rentrez, on vous traite comme des chiens. Enfin presque. Les chiens, on les traite mieux. »

 

Franck ne peut chasser ce cauchemar qui le hante et lui rappelle les moments atroces vécus là-bas. Sa vie avec Lily a déraillé et il est incapable de garder un travail. Au fil des pages, la violence exercée contre les Noirs est sans cesse sous-jacente. Nous faisons aussi connaissance avec sa famille et surtout sa sœur, Yeidra, qu’il appelle Cee. Ils sont très liés et son histoire tragique elle aussi fait partie de la trame du livre.

 

Après tant de souffrances, le retour au village, à Lotus, permet à Franck et à Cee de retrouver un certain apaisement. C’est Ethel Fordham, une amie dont le fils a été assassiné à Détroit, qui demande à Cee de ne plus laisser personne décider pour elle : « C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde. »

 

Formidable écrivaine étasunienne, Toni Morrison a toujours lutté et écrit afin de permettre aux femmes et aux Noirs d’affirmer leur dignité et leur indépendance. Rien n’est encore définitivement acquis mais de gros progrès ont été accomplis depuis les années 1950…

Bonne lecture.

Jean-Paul

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 22:20

 

Une année en roue libre ? (Éditorial du vendredi 11/01/2013)

 

Tout au long de l’année 2012, les temps forts n’ont pas manqué. Cela a même frisé l’indigestion avec les élections présidentielles en France mais aussi aux Etats-Unis puis les législatives, chez nous, qui ont confirmé le changement de majorité gouvernementale. La Feuille d’Hector, au fil des semaines a apporté son éclairage sur ces évènements et tenté d’envisager quelles en seraient les conséquences.

 

L’avenir de notre planète a aussi alimenté les débats, les inquiétudes ne manquant pas. La situation économique ne s’est guère améliorée, ce serait même plutôt l’inverse. Enfin l’actualité sportive a été riche avec un Euro de football consacrant la supériorité espagnole et des Jeux Olympiques remarquablement organisés à Londres, permettant à de nombreux téléspectateurs de se passionner pour des sports disparaissant du petit écran aussitôt l’évènement terminé. La France a fêté ses médaillés, mais le plus important serait que leur exemple suscite toujours plus de vocations sportives à condition que les structures soient présentes pour accueillir les volontaires. Là, nous rejoignons les problèmes économiques évoqués plus haut car l’accès au sport pour tous n’est pas évident lorsque chômage, problèmes de logement, de nourriture et d’accès aux soins s’accumulent.

 

Comme chaque année, le Tour de France a permis de mêler exploits sportifs et découverte du pays pendant trois semaines. Quelques jeunes Français ont commencé à laisser espérer l’avènement d’une nouvelle époque. Il sera pourtant difficile d’oublier les années Armstrong qui vont laisser un palmarès vierge. Malgré tout, il ne faudrait pas faire payer à un seul homme la faillite de tout un système qu’il est impératif de transformer afin de pouvoir enfin changer d’époque.

 

2013 pourrait paraître bien fade en comparaison avec l’année qui vient de se terminer mais gageons que l’actualité se chargera d’épicer notre quotidien. L’emploi pour tous sera toujours un objectif aussi nécessaire qu’idéaliste. La défense et la restauration de l’environnement  seront d’actualité avec les débats sur les sources d’énergie et l’utilisation de celle-ci afin d’optimiser son utilisation et d’éliminer les gaspillages. Les batailles déjà engagées en 2012 à propos des gaz de schiste ou de la construction du nouvel aéroport de Nantes se poursuivront en 2013.

 

Les sports collectifs passionneront toujours autant leurs aficionados jusqu’à l’attribution des titres tant convoités. La pause estivale, après Roland Garros, laissera la place à la 100ème édition du Tour de France qui innovera avec, pour la première fois, un départ et trois premières étapes en Corse. Ensuite, il sera temps de basculer vers l’automne et une nouvelle rentrée au centre socio-pédagogique où l’action éducative se poursuit. Ainsi, chaque personne détenue qui en a la volonté peut étudier, se former, se cultiver. Le programme culturel s’annonce à nouveau très intéressant avec des sorties sur le chantier de la cathédrale de Montpellier, au Musée Fabre au printemps et à l’automne, une journée de l’eau en mai, une exposition de l’Institut du Monde arabe, la fête de la musique, les ateliers théâtre et le spectacle du Théâtre des 13 Vents.

 

La feuille d’Hector ne manquera pas de vous informer de la mise en place de ces activités et souhaite à tous la meilleure année 2013 possible.

Jean-Paul

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 11:35

Oldelaf,  Le monde est beau, Roy Music, distribué par Universal, 2011

 

Le Monde est beau, titre de l’album, donne le ton d’emblée : une voix très agréable, facilement enjouée, et un humour très juste à propos de ce que l’on nomme les réseaux sociaux, dès la première chanson.

 

Oldelaf, raccourci de Olivier Delafosse, n’est pas un débutant dans le monde de la chanson puisqu’il a débuté en 2000 avec Monsieur D (Frédéric Draps). Il lui est arrivé aussi de chanter avec d’autres groupes comme les Fatals Picards. Un premier album sort en 2003. À partir de 2005, le groupe évolue puis sort un second album en 2006 et démarre une tournée qui durera trois ans. En 2008, Oldelaf et Monsieur D crée un album pour enfants (Bête et Méchant), album récompensé par l’Académie Charles Cros. En 2009, sort un troisième et dernier album et le 30 janvier 2010, c’est le dernier concert à l’Olympia. Olivier Delafosse, dit Oldelaf choisit ce moment pour repartir en solo, bien entouré par Julien Breton, Alexandre Zapata, Victor paillet et Fabrice Lemoine.

 

Il faut vraiment écouter encore Le Monde est beau, triste réalité d’aujourd’hui : « Ils font partie du même réseau… Chaque jour on est plus nombreux à être seul dans le bateau. » Aujourd’hui, certains n’ont jamais eu autant d’amis « qui souvent ne se connaissent pas. »

  Suivent onze autres chansons aigres-douces comme cette petite amie qu’il appelle gentiment Sparadrap, mais c’est un jeu à deux. Vous avez peut-être entendu, au hasard d’une émission télé ou radio, quelques mots de La Tristitude, chanson dans laquelle Oldelaf rappelle quelques moments désagréables de la vie ordinaire : « La Tristitude, c’est franchir le tunnel de Fourvière le 15 août… ».

Le malaise est complet avec Courseules-sur-mer, épisode tragi-comique d’un couple d’amoureux en week-end au mois de novembre sur une plage de Normandie…Danse nous emmène sur la piste au cours d’une soirée un peu arrosée où chacun se décomplexe : « Quelle chance de te voir danser comme ça. » Quant aux filles qui s’appellent Valérie, cette chanson fait penser à ce qu’écrivait Vincent Delerm. Oldelaf rythme davantage et sur une ligne mélodique enlevée, retrace toute une vie des « héritières de 68 ». Dans Vendredi, toujours avec le même humour, l’artiste décrit bien tout l’ennui d’une vie sans relief : « J’m’ennuie…Mais j’ai la clim dans la Mégane. J’m’ennuie… »  et pourtant il a tout ce dont il a rêvé.

 

Les Mains froides est un autre instantané d’une vie amoureuse, chanson pleine de retenue et de tendresse. Savoureuse Jardinière de légumes ? Enfin, pas pour Oldelaf qui prend sa petite voix pour se venger de tous ceux qui lui ont servi cette jardinière de légumes qu’il n’aime décidément pas mais qui lui a inspiré une jolie chanson : « Et avouons-le, ça va plus vite de faire de vrais légumes comme des frites, des pâtes ou des frites »…

 

J’ai chaud, tellement chaud : « J’suis un lapin dans un four à micro-ondes ». Capable de se mettre à la place du lapin en train de cuire, Oldelaf a bien du talent et se déchaîne avec ses musiciens. S’il nous emmène ensuite à Nancy, ce n’est guère réjouissant, plutôt démoralisant. Je ne crois pas que les Nancéens auront vraiment apprécié même si « Pour que passent, les heures lasses, on s’entasse sur la place Stanislas. »

Pour finir, Oldelaf rédige son Testament et ce n’est pas si triste que ça avec un refrain très chantant. Heureusement, « Tu verras que je n’pars pas vraiment » et nous devons être nombreux à attendre un nouvel album signé Oldelaf.

 

Un grand merci à Claire T. qui m’a offert ce CD ! Même si j’ai tardé pour en parler, je l’ai écouté souvent et je me régale toujours autant avec les chansons d’Oldelaf.

Jean-Paul

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:43

L'Equipe du blog de soutien à Jean-Paul Degache vous souhaite une heureuse année 2013. Au cours de cette nouvelle année, nous allons évidemment continuer de produire régulièrement des articles comprenant des nouvelles de la détention de Jean-Paul et bien évidemment tous les écrits qu'il nous fait parvenir par courrier.

 

L'année 2013 sera jonchée de moments cruciaux que nous vous détaillerons au fur et à mesure.

 

Comme nous l'avons toujours clamé sur ce blog, nous ne lâcherons pas dans ce combat si injuste et vous remercions du fond du coeur pour votre venue plus ou moins régulière sur le site.

 

Meilleurs voeux à tous

L'Equipe du blog

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 14:39

Clap de fin ? (Éditorial du vendredi 21/12/2012)

 

Vous tenez peut-être entre vos mains le dernier numéro de La Feuille d’Hector… si les prédictions alarmistes qui affolent certains, se confirment.

 

Tout cela se propage parce que quelques spécialistes de la civilisation maya ont annoncé que nous arriverions à la fin d’un cycle, ce 21 décembre 2012. Or, avant de se lancer dans des calculs ésotériques, il faut savoir que, pour les Mayas, la notion de début ou de fin de cycle n’a aucune connotation apocalyptique. Ce sont les traditions judéo-chrétiennes qui ont greffé cette notion sur ces prédictions. Pour les Mayas qui ont inventé le calendrier le plus complexe jamais mis au point, un cycle s’achève au bout de 13 périodes de 400 fois 360 jours, ce qui fait environ 5 125 années et tomberait ce 21 décembre, ce cycle ayant débuté en 3 114 avant Jésus-Christ.

 

Il se trouve que dans le département de l’Aude, un petit village des Corbières, nommé Bugarach, monopolise l’attention. Ce bourg charmant de 200 habitants est surmonté d’un pic rocheux à la forme un peu curieuse. Comme il se raconte que des extra-terrestres auraient fait  de ce lieu tranquille une base pour leurs soucoupes volantes, les curieux affluent et certains pensent échapper à l’apocalypse annoncée en restant là-bas. C’est pourquoi le Préfet de l’Aude a interdit l’accès au pic et aux galeries souterraines de Bugarach, du 19 au 23 décembre. Au village, les tarifs de location des terrains et des maisons ont flambé. Même s’il est un peu inquiet, le maire compte bien sur les retombées touristiques de cette effervescence extraordinaire pour dynamiser sa commune durablement.

 

Voilà donc la 183e fin du monde annoncée depuis la chute de l’Empire romain, il y a environ 1 600 ans. Ce qui est certain, c’est que, depuis l’apparition de la Terre, 4,55 milliards d’années en arrière, la vie a mis 750 000 ans pour s’installer. Depuis, de multiples espèces ont disparu à cause de bombardements d’astéroïdes, de volcanisme intense et de changements climatiques. Si les dinosaures ont régné durant des centaines de millions d’années, nous savons qu’une espèce animale ne résiste que deux millions d’années environ. L’homme est donc en sursis car le Soleil n’émet pas toujours la même chaleur. Les scientifiques estiment que, dans un milliard d’années, la température sera si élevée que la vie sur Terre sera impossible. D’ici là, nos successeurs auront sûrement trouvé les moyens de déménager !

 

En attendant, il importe de ne pas céder à la panique. Observons tout simplement qu’une crise profonde est en train de bouleverser notre société. Des changements sont inévitables et c’est excitant de voir une société se transformer, être obligée d’inventer des solutions nouvelles. Si fin de cycle il y a, c’est bien dans cette évolution décisive qu’il faut la voir.

 

Jean-Paul

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 11:17

Les Onze par Pierre Michon (Éditions Folio – Gallimard), 2011, 144 pages

Grand Prix du roman de l’Académie française 2009.


Pierre-Michon-Les-onze.gifÉcartons tout de suite tout risque de confusion ou de mauvaise piste. Pierre Michon, reconnu comme un de nos meilleurs auteurs contemporains, ne traite pas ici d’un sport collectif bien connu mais d’un fameux tableau signé François-Élie Corentin et représentant le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II, ce qui entraîna la Terreur.

 

D’emblée, le lecteur est saisi par la qualité de l’écriture et par le style de l’auteur. Avec des phrases riches, denses, longues, Pierre Michon nous emmène à Combleux, en 1730, près d’Orléans pour que nous fassions connaissance avec la famille de François-Élie Corentin qu’il nomme à plusieurs reprises comme le Tiepolo de la Terreur(1). Il parle beaucoup de ces maçons limousins qui ont construit les levées de chaque côté de la Loire. Arrive enfin Anacréon, ce poète lyrique grec du Vème siècle avant J.C. et qui semble avoir beaucoup marqué l’auteur. En effet, Pierre Michon use et abuse de l’adjectif anacréontique décrivant une poésie célébrant l’amour et la bonne chère.

 

Régulièrement, l’auteur revient à cet impressionnant tableau de 4,30 mètres sur 3, exposé au Louvre, où figurent entre autres, Carnot, Robespierre, Saint-Just, Collot. Revient aussi l’enfance passée entre deux femmes, sa mère et sa sœur à l’amour dévorant. Il décrit bien la situation politique du moment, parle du récit que fait Jules Michelet de ces Onze. Le grand historien a vu dans ce tableau une cène laïque. Quant à Pierre Michon, il offre au lecteur une description détaillée, pleine de sensibilité de la période révolutionnaire.

 

Ce livre est écrit avec un style puissant, étonnant, unique, original, au vocabulaire riche et souvent très recherché, une véritable œuvre littéraire.

Jean-Paul

 

(1)    Tiepolo (1696-1770) : peintre et graveur, dernier des grands décorateurs baroques italiens.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 09:32

Notre terre servira à la vie… (Éditorial du vendredi 14/12/2012)

 

« Des moutons, pas des canons, jamais nous ne partirons… », ce chant repris en chœur par des dizaines de milliers de manifestants ne s’éteindra pas malgré l’usure du temps. Pour celles et ceux qui ont connu cette lutte qui a duré plus de dix ans et surtout pour ceux qui n’en entendent que des échos assourdis et déformés par le temps, le film-documentaire réalisé par Christian Rouaud est venu à point.

 

"Tous au Larzac", en sélection officielle au dernier festival de Cannes et récompensé par le César du meilleur documentaire, a été projeté à une quarantaine de personnes très attentives et même enthousiasmées par cette lutte menée avec succès contre un projet d’agrandissement du camp militaire qui devait passer de 3 000 à 17 000 hectares. Le Conseil Général de l’Hérault, avec sa Médiathèque départementale de Pierrevives, dans le cadre du mois du documentaire, a eu la très bonne idée de s’associer au Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) pour que ce film soit projeté ici, dans la salle polyvalente de la zone socio-pédagogique de la maison d’arrêt, en présence du réalisateur.

 

Avec une maîtrise remarquable, Christian Rouaud qui a déjà à son actif une trentaine de documentaires dont « Les Lip, l’imagination au pouvoir », en 2007, a su faire revivre toutes les étapes du combat mené par quelques paysans ayant su mobiliser autour d’eux un soutien incroyable. Mai 1968 était déjà passé avec l’affirmation d’un pouvoir contestataire mais ici, sur ce plateau oublié où 103 familles de paysans étaient considérées comme quantité négligeable par le pouvoir politique de l’époque, la lutte commençait, soutenue par Lanza del Vasto, et prenait d’emblée l’option de la non violence.

 

Sur l’écran, comme l’a voulu Christian Rouaud, le plateau du Larzac vit, respire, inquiète, enchante. Bref, c’est le principal personnage du film. Avec lui, témoignent plusieurs personnes qui ont vécu cette interminable bataille : Léon Maillé, Pierre et Christine Burguière, Marizette Tarlier, Pierre Bonnefous, Michel Courtin, José Bové, Christian Roqueirol et Michèle Vincent. Ce qui pourrait paraître fastidieux devient vite passionnant car le temps passe, la lutte évolue, les obstacles s’accumulent et les images d’archives rythment les manifestations à Millau, à Rodez, à Paris, les brebis sous la Tour Eiffel, les tracteurs montant à Paris, la longue marche Larzac – Paris (710 km), la liste serait trop longue tellement les actions ont été nombreuses et, finalement efficaces.

                        

L’occupation du terrain et la construction d’une superbe bergerie à La Blaquière marquent un peu plus la volonté des paysans du Larzac de ne rien céder. Pourtant, le long processus juridique, conduisant à l’extension du camp militaire suit son cours. Les provocations visant à discréditer ou à diviser le mouvement n’obtiennent aucun résultat mais il faut une détermination et un courage immense pour résister. Une mini extension est même évoquée. Une intrusion dans les locaux du camp militaire, pour récupérer des documents, se termine par des condamnations et ils sont plusieurs à connaître la prison.

              
Malgré une mobilisation toujours forte et des actions sans cesse renouvelées, l’usure commence à faire son effet. Les organisations agricoles lâchent le mouvement, début 1981, mais un vote à bulletins secrets voit 99% des membres, tous agriculteurs, décidés à continuer. C’est enfin l’élection de François Mitterand, en mai 1981, qui scelle la victoire des paysans du Larzac, car le nouveau président tient la promesse faite lors d’une visite sur le plateau : le projet d’extension est abandonné. Depuis, le plateau du Larzac compte 120 fermes au lieu de 103 en 1970 et sa population n’a cessé d’augmenter. Les élevages ne fournissent pas seulement Roquefort en lait de brebis mais produisent de la viande et divers autres fromages. Enfin, l’actualité remet à l’honneur cette lutte avec ce qui se passe à Notre-Dame des Landes, près de Nantes.

 

Après plusieurs salves d’applaudissements nourris et mérités, Christian Roaud et son épouse se faisaient un plaisir de répondre à de nombreuses questions très pertinentes montrant tout l’intérêt et toute l’attention portés par les participants à ce film. L’on apprenait même que le journal « Gardarem lo Larzac », créé en 1975, avait gagné 500 abonnés supplémentaires grâce au film et apporte aujourd’hui son soutien à d’autres luttes.

 

« Notre terre servira à la vie… », ces paroles ne sont pas seulement des mots en l’air mais une formidable leçon de vie que ce film a l’immense mérite de faire partager au plus grand nombre et que toutes les personnes présentes à la projection ont particulièrement apprécié.

Jean-Paul

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