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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:01

Turbulences (Éditorial du vendredi 13/01/2012)

 

L’actualité de ce début d’année 2012 ne manque pas de turbulences dans bien des domaines. Il en est pourtant certaines qui mettent en lumière des solutions déjà connues, souvent méprisées et qui ont malgré tout permis à de nombreuses entreprises d’être sauvées ainsi que de nombreux emplois.


Seafrance, une entreprise de transport maritime entre Calais et Douvres employant 880 personnes en CDI occupe le devant de l’actualité. Il faut savoir que SeaFrance a, en 2010, transporté 3 millions de passagers et 551 000 camions, avec une flotte de six navires dont deux ne sont pas exploités. Un revirement subit impulsé par le Chef de l’État, contre l’avis de son propre gouvernement, a remis en lumière la possibilité de créer une Scop (Société coopérative ouvrière participative). Cela permet aux salariés de détenir la majorité des parts de leur entreprise ainsi que 65% des voix au conseil d’administration. Logiquement, ce sont donc ceux qui travaillent qui gèrent leur outil de production. Pour réussir cela, il faut des fonds et c’est bien sûr le problème le plus délicat à régler. En France, la Confédération générale des Scop, comptait, à la fin 2010, 1959 adhérents pour un total de 39 100 salariés.


Une autre turbulence difficile à comprendre touche les raffineries de pétrole, à Berre-l’Étang (Bouches-du-Rhône) et à Petit-Couronne (Seine-Maritime). Apparemment, là aussi, le financement fait défaut pour faire fonctionner l’entreprise. Il serait peut-être plus juste de dire que des profits plus juteux doivent pouvoir se faire ailleurs… En attendant, des centaines d’emplois sont encore en péril et la vie de nombreuses familles se prépare à être bouleversée.


Dans un autre domaine, la mort du dictateur à la tête de la Corée du Nord nous a permis d’assister à des scènes collectives incroyables. En Syrie, le bain de sang se poursuit. D’un côté, une population entière se résigne à aduler un dirigeant qui affame les gens pour pouvoir se payer une armée surdimensionnée et dotée de l’arme nucléaire, de l’autre, des Syriens admirables qui refusent d’abdiquer malgré les massacres et le peu de soutien extérieur. Décidément, les êtres humains sont bien difficiles à comprendre…


L’année qui vient de commencer promet encore bien des turbulences et des soucis pour un monde de plus en plus en équilibre instable.

Les chiffres de la semaine

Le Languedoc-Roussillon compte 2 610 890 habitants.

Cela représente une progression de 14% en dix ans, soit la plus forte croissance de tout l’Hexagone.

C’est le département de l’Hérault qui progresse le plus en dix ans (1999 – 2009), avec 135 500 habitants de plus, une hausse de 15%.

Depuis le recensement de 1999, la population de la France a augmenté de 4,2 millions d’habitants.

Le plan national pour l’agriculture biologique prévoyait 6% des surfaces agricoles réservées à cette production, en 2012.

En fait, cette année, la France n’en sera qu’à 4%  consacrés au bio.

Avec 17% de surface consacrés au bio, les lycées agricoles donnent l’exemple.

Jean-Paul

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 10:00

Charly 9 de Jean Teulé, Editions Julliard, 2011, 200 pages.

jean-teule-charly-9.jpg

 

L’amiral de Coligny vient d’être blessé par un coup d’arquebuse et c’est Ambroise Paré qui le soigne. La tentative d’assassinat a été commanditée par la reine-mère, Catherine de Médicis, et le frère du roi, Henri, duc d’Anjou. Dès le début du livre, nous plongeons dans l’ambiance d’une époque qui fut sûrement la plus sanglante de notre histoire. En pleine chaleur de l’été 1572, le Conseil du Roi, sous l’influence de la reine-mère, décide d’assassiner les grands chefs protestants présents à Paris pour le mariage de Marguerite, sœur du roi, avec Henri de Navarre, un protestant qui sera, quelques années plus tard, Henri IV.

 


Charles IX que l’auteur appelle familièrement, tout au long du livre, Charly 9, est roi de France et c’est lui qui est censé prendre les grandes décisions. Avec un style qui décoiffe, Jean Teulé nous plonge dans l’ambiance de la Cour, au plus près des turpitudes des puissants, loin de l’histoire officielle, trop guindée pour être vraie. Les palabres durent. Charly 9 résiste, ne peut accepter de décider l’assassinat de personnes qu’il apprécie et qui lui rendent de grands services comme ce Coligny qu’il appelle « mon père ». Alors, pressé par sa mère, il commence à céder, accepte la mort de six puis de dix personnes mais…pas plus de 100. la Saint-Barthélémy se prépare et l’on passe à 1 000 morts, bientôt 20 000 et le roi s’écrie : « C’est impossible d’être aussi cruel ! » Pourtant, il lâche et implore que l’on épargne le chirurgien Ambroise Paré et sa maîtresse, Marie Touchet, Navarre et Condé, s’ils abjurent. C’est sa mère qui décide et Charly 9 n’a qu’à dire : « Je le veux. » Finalement, il craque et s’écrie : « Tuez-les tous ! » Il est minuit, le dimanche 24 août 1572 et le massacre de la Saint-Barthélémy commence…


Marqué au plus profond de lui-même, Charly 9 sombre peu à peu dans la folie. L’auteur le suit dans ses errements, jusqu’à sa mort avec au moins 100 000 morts sur la conscience. A chaque page, on côtoie le tragi-comique mais c’est une bonne leçon d’histoire, passionnante jusqu’au bout.

Jean-Paul

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 00:01

Tri Yann : Rummadoù (Générations). Label Avelouest, février 2011

On aimerait pouvoir écouter encore et encore ce groupe nantais qui a tant régalé de monde tout au long de plusieurs décennies. Hélas, le temps passe et il est difficile d’oublier tous ces morceaux cultes qui ont permis à plusieurs générations de découvrir et d’adorer la musique bretonne et les chants traditionnels celtiques, à la suite de l’emblématique Alan Stivell, de Dan ar Braz ou encore Gabriel Yared… Ce type de musique correspond tellement à une attente du public qu’une chanteuse que l’on n’attendait pas forcément sur ce terrain-là, vient de se tailler un beau succès avec un disque de reprises de chansons bretonnes.
Pour revenir à Tri Yann, il faut quand même dire que les trois Jean de Nantes du début (Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun), « Tri Yann an Naoned » rejoints par d’autres chanteurs et musiciens de grand talent comme Gérard Chocun, Jean-Luc Chevalier, Konan Mevel, Freddy Bourgeois et Christophe Peloil, ont su faire leur chemin, de concert en spectacle et d’album vinyle en CD. Pourtant, ils n’ont jamais bénéficié de la promotion radio-télé qui établit la célébrité. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années que les médias ont enfin fait écho à leur superbe carrière.
Se refusant à empiler les chansons, Tri Yann, à plusieurs reprises, a écrit, composé, repris, travaillé autour d’un thème, d’une histoire. C’est le cas de rummadoù (Générations), ce CD réalisé en 2009 – 2010 qui propose 15 titres plus un bonus très disco qu’il faut avoir la patience d’attendre.

L’histoire commence en 463, lorsque six jeunes Écossais quittent leurs îles natales Na i ri o. le plus jeune,  Lochian Mor, séduit par Morenwyn, traverse la Manche avec sa belle. Ils s’installent à Plonéour-Ménez, dans les Monts d’Arrée, où ils fondent une famille… La saga rummadoù est lancée…

Les siècles passent et l’on vit au rythme des événements avec les descendants de Lochian et Morenwyn qui vivent le siège de Nantes par les Normands, en 843, Ar Vikinged.

En 1096, Patern part pour la première croisade et raconte à son retour. Puis, en 1348, une épidémie de peste ravage la Bretagne et nous arrivons à la fin du XVe  pour faire connaissance avec Naïk ar Bihan, une fille follette. Bientôt, la Bretagne est rattachée à la France et…deux générations plus tard, Rozenn ar Bihan, nous apprend à faire de bonnes crêpes !

Arrive 1735. Marie Tromet est appelée la Mandrin en jupons et un des descendants de cette grande famille devient son amant. Elle est marquée au fer rouge en place publique à Rennes, en 1746, puis pendue à Quimper, le 17 mai 1755. Cette Complainte de Marie du Faouët est un véritable déchirement tellement la voix sensible de Jean-Paul Corbineau est émouvante.

Après un titre en anglais, l’histoire continue à se dérouler. Chanson du baleinier François Le Billant permet d’apprécier un vrai chant de marins et l’on écoute Le prisonnier de 39-45 qui est le petit-fils de François Le Billant, le cap-hornier. Il dit tout son espoir car  «le bruit court que l’on va rentrer à la maison », une belle chanson emplie de toute la tristesse de ceux qui sont privés de Liberté.

Ensuite, c’est un cousin parti faire fortune à travers le monde et qui dit son mal du Pays dans L’exilé des sixties. Son frère a fait comme beaucoup d’autres bretons. Il est parti vivre dans la région parisienne. Adieu Kerblouze, c’est la chanson que l’on voudrait pouvoir se repasser en boucle parce qu’elle a toutes les qualités. Entraînante, pleine d’humour et au langage fleuri, on prend aussitôt plaisir à la fredonner. De plus, c’est un tableau réaliste de notre époque : « soit chomiste à Kerblouze, soit à Cradovilliers. » On finit bien sûr en breton avec Glen glas, une chanson pleine de poésie.

Un grand merci à Ghislaine qui m’avait offert ce CD pour mon 61e anniversaire, en souvenir des trois concerts de Tri Yann vécus avec Vincent et Simon, nos deux garçons. Rummadoù  (Générations) porte bien son nom puisque Jeanne et Emma, nos petites-filles, adorent l’écouter.

Jean-Paul

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 00:01

Au mois de mai 2011, nous vous avions proposé un article concernant Christian Iacono, personne accusée de viol par son petit-fils et condamnée injustement à deux reprises par l’institution judiciaire française. Depuis mai 2011, son petit-fils a avoué qu’il avait menti et a ainsi remis en cause la « sacro-sainte vérité judiciaire ». Si nous avons décidé de consacrer un nouvel article à cette affaire, c’est parce que depuis une semaine, Christian Iacono a dû regagner la prison de Grasse. Pourquoi cette décision ?

Peu après les aveux de Gabriel, au mois de juin 2011, Christian Iacono a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Celui-ci prévoyait une présentation bimensuelle à la gendarmerie de Vence, commune des Alpes-Maritimes dans laquelle il était obligé de résider et une interdiction de rencontrer son petit fils. En parallèle, Christian Iacono s’est pourvu en cassation afin d’user tous les recours possibles pour rétablir son honneur.  Inexplicablement, le refus a été prononcé au mois de novembre 2011 ! Incohérent, grotesque, absurde, inimaginable… voilà les mots qui nous viennent à l’esprit pour qualifier cette décision.
 
Reste maintenant à attendre que se prononce la Commission de révision des affaires pénales. Celle-ci examinera la demande de suspension de peine cet après-midi à 14 heures. Comme le dit Fabrice Amedeo du Figaro, « sa situation illustre les difficultés de la justice coincée entre les différents délais des recours légaux, la pression des médias et l'émotion du grand public. » Ce journaliste établit également des liens avec les affaires Dany Leprince et Loïc Sécher dont le premier est toujours enfermé malgré de multiples incohérences !

Mercredi 11 janvier, Ondine Millot signait un portrait de Gabriel Iacono dans Libération dans un article intitulé « Le jouet vivant ». Cela peut nous donner des clés pour comprendre comment un enfant a pu mentir et surtout se construire autour de ce mensonge. Une histoire familiale hors-norme qui a vu un père et un fils se détester et se déchirer notamment au sujet du petit-enfant nommé… Gabriel. Cette mésentente empêche le grand-père de voir son petit-fils jusqu’à ce que Christian Iacono fasse une demande pour avoir un droit de garde de l’enfant.

Lorsque l’affaire démarre en juin 2000, la journaliste nous apprend que les parents de Gabriel sont en instance de divorce. Gabriel confia même : « Je voulais que mes parents restent ensemble. Dès que j’avais un problème, on était à nouveau tous les trois. Avec cette histoire, je me suis dit qu’ils resteraient toujours avec moi. »  Cet enfant devenu adulte s’est ainsi construit dans ce climat dans lequel une fois  les accusations sont portées, il paraît si difficile de revenir en arrière. Surtout lorsque l'instituion judiciaire vient sacraliser la parole de l’enfant en faisant abstraction de tous les éléments environnants. Enfin, comment ne pas faire le lien avec l’affaire de Jean-Paul ? Une institution judiciaire qui reconnait comme « victime » des personnes qui clament haut et fort que leur témoignage lorsqu’ils avaient 10 ans ne correspond pas à la réalité ! Une institution judiciaire qui occulte complètement le fait de l'impossibilité des accusations portées !

En attendant, souhaitons qu’une décision cohérente nous provienne de la Commission de révision.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:01

Après deux semaines d'interruption liée aux vacances scolaires, nous retrouvons avec plaisir le journal de la Maison d'arrêt, La Feuille d'Hector, dont l'éditorial est réalisé par Jean-Paul.

 

2012, olympiades électorales (Éditorial du vendredi 6/01/2012)

 

Les calendriers 2011 au panier, une nouvelle année commence. Est-il nécessaire de rappeler que nous allons vivre, au cours des semaines à venir, une campagne électorale nous amenant à voter pour désigner un nouveau Président de la République ? Cette présidentialisation extrême, fruit de l’évolution de la cinquième république, ne doit pas faire oublier que ce sont, normalement, les élections législatives qui suivront, les plus importantes. En effet, elles permettront d’élire les députés de l’Assemblée nationale. Ce n’est qu’à partir de la majorité qui se dégagera alors, que le président élu désignera son Premier ministre chargé de former un nouveau gouvernement pour la France. Président et députés seront en responsabilité pour cinq ans mais il n’est pas certain que la majorité de l’Assemblée nationale soit du même bord politique que le locataire de l’Élysée. Dans ce cas, ce serait la cohabitation. Nous aurons assurément l’occasion de reparler de tout cela au cours des mois à venir.

Pendant les récentes fêtes de fin d’année, ont été désignés les meilleurs sportifs et exploits sportifs de l’année 2011. A l’heure du bilan, les performances des premiers mois paraissent bien loin et sont parfois oubliées. Aussi, lorsqu’une nouvelle année commence, il est important d’avoir une vue d’ensemble de ce qui attend les amateurs de sport. Comme sur le plan politique, 2012 s’annonce dense.

Les handballeurs ouvriront le programme avec le championnat d’Europe, en Serbie, du 15 au 29 janvier. Les footballeurs les imiteront quelques mois plus tard, entre le 8 juin et le 1er juillet, en Ukraine et en Pologne. Si nous pouvons être confiants pour les coéquipiers de Nikola Karabatic, avec une équipe de France championne du monde en titre, les hommes de Laurent Blanc n’inspirent pas grand optimisme. Pourquoi ne pas espérer le même genre de surprise qu’avec les rugbymen en Nouvelle-Zélande ?

Le Tour de France occupera bien les trois premières semaines de juillet avant que le 27, ne commencent les 30e Jeux Olympiques, à Londres. Véritable vitrine du sport moderne, mélange formidable d’athlètes de tous les pays, cet événement planétaire mobilisera tous les médias et envahira nos écrans pour la traditionnelle course aux médailles.

Enfin, lorsqu’une nouvelle année commence, il nous semble important de souhaiter à toutes et à tous de vivre douze mois de bonheur personnel et familial tout en souhaitant à tous ceux qui le pourront de retrouver de nouveaux horizons pour une vie meilleure.

Les chiffres de la semaine

Sultan Kösen, citoyen turc de 27 ans, est l’homme le plus grand du monde. Il mesure 2,47 m.

Il chausse du 56 et dort dans un lit de 3 m de long pour 1,60 m de large.

La France compte 28,2 millions de personnes actives. C’est la troisième population active d’Europe, derrière l’Allemagne (41 millions) et le Royaume-Uni (30 millions), mais devant l’Italie (24 millions).

On désigne comme population active, les personnes âgées de 15 à 64 ans ayant un emploi rémunéré.

10 000 contrôles antidopage ont été effectués sur des sportifs, en France, en 2010.

L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a consacré 9 millions d’euros à son action en 2010.

Le Haut Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme estime qu’au moins 5000 personnes sont mortes à cause de la répression, depuis le mois de mars, en Syrie.

Jean-Paul

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:20

L’art français de la guerre  d’Alexis Jenni aux Éditions Gallimard, 2011, 633 pages

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Se lancer dans L’art français de la guerre est une véritable aventure. Dans ce livre de plus de six cents pages, Alexis Jenni réalise une fresque incroyable qui débute en 1991 avec le départ des Spahis de Valence (Drôme) pour la guerre du Golfe, la fameuse opération Daguet. La ville de Lyon sera le lieu choisi par le narrateur pour ancrer son récit avec, parfois, des descriptions peu flatteuses pour la capitale des Gaules.

Alexis Jenni décrit bien la guerre et s’appuie sur le film montrant l’intervention de l’armée américaine à Mogadiscio, en Somalie, pour nous faire toucher du doigt la dissymétrie constante dans le dénombrement des morts. Là, on avait 19 soldats américains tués pour 1000 somaliens…Le rapport habituel est de 1 pour 10, la proportion du massacre colonial.
Arrive enfin la rencontre avec Victorien Salagnon, dans un bistrot lyonnais. C’est un ancien d’Indochine et c’est son histoire qui sert de trame à ce livre qui a décroché le Prix Goncourt 2011. S’il l’avait voulu, l’auteur aurait très bien pu servir son œuvre en plusieurs volumes mais le résultat étant couronné de succès, c’est ce professeur de biologie qui a eu raison, dès sa première publication.


Alexis Jenni réussit à nous montrer comment un homme, sans s’en rendre compte, commet à son tour les atrocités qu’il a vues faire par les allemands…Pour lui, c’est le système de la colonie et de la gestion des troupes de cette colonie qui a généré la torture. Là, nous sommes dans les « Commentaires II », l’auteur décrit une scène fantastique avec la réception des invités par un couple. A lire absolument.


Petit à petit, l’histoire progresse et nous mène des chantiers de jeunesse à la guerre d’Algérie, en passant par le maquis et l’Indochine et cet amour du dessin qui sauvera Victorien Salagnon, devenu lui-même professeur pour le narrateur. Les commentaires permettent de retrouver notre homme aujourd’hui avec son compère Mariani et la dérive vers une extrême-droite jusqu’au-boutiste. Ainsi est menée en parallèle l’épopée guerrière d’une France qui essaie de conserver ses colonies et l’escalade de la violence urbaine avec la course à l’armement à laquelle nous assistons. Pour un même échec final ? Enfin, il ne faut pas oublier que ce sont toujours les survivants qui racontent les guerres, un détail qui a son importance.

 

Jean-Paul

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 00:01

Retrouvons la suite de la lettre écrite par Jean-Paul le soir du réveillon de Noël.

 

Second extrait de la lettre écrite le 23 décembre 2011,


Extrait 1


"La journée s’est bien passée. Je suis sorti en « promenade » de 7h45 à 9h15 afin de pouvoir téléphoner à Ghislaine. D’habitude, elle vient le samedi matin avec un de mes fils. A cause de Noël, ils ont préféré venir jeudi et ils ont bien fait. J’ai même pu entendre Jeanne, ma petite grenobloise qui vient d’avoir 3 ans. Après avoir laissé le téléphone à d’autres, j’ai repris l’appareil pour appeler ma mère afin de lui parler un peu en cette veille de Noël. Durant le reste de la journée, j’ai pu passer un moment avec deux autres camarades grâce à la compréhension d’un surveillant. La soirée est nettement moins agréable parce que les jeunes de l’étage font un tapage pas possible. Heureusement qu’il n’y a rien d’intéressant, ce soir, à la télé, parce que ce serait impossible à suivre. Je crois que le plus pénible à supporter, ici, c’est le bruit qui peut surgir à tout moment. Respecter les autres en étant discret est quelque chose d’impossible pour beaucoup. Ce qui est très pénible, c’est lorsqu’ils s’appellent d’une cellule à l’autre, d’un étage à l’autre et même d’un bâtiment à l’autre. Je ne sais pas ce qu’ils racontent parce que je ne comprends pas un mot. Quelques uns ont une mini chaîne hi-fi (en vente ici) et ne se gênent pas pour imposer leur bruit (difficile d’écrire musique !) à tous les autres.

Voilà quelques échos de la vie d’un pauvre vieil instit’ à la retraite qui n’a jamais mérité de vivre pareille épreuve. Depuis la mi-octobre, j’attends d’être transféré à Salon-de-Provence. Le changement sera un peu délicat à gérer mais après l’incontournable période d’adaptation, j’espère que ça ira.

Ce soir, je pense très fort à ma famille réunie à la maison comme à tous ceux qui fêtent Noël de la même manière. Garde-toi en bonne santé et sois assuré de ma plus sincère amitié."

Jean-Paul

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:01

Nous vous proposons aujourd'hui un premier extrait de courrier écrit par Jean-Paul qui revient sur cette période de fêtes de fin d'année qu'il a dû passer loin de ses proches. Merci à André et Arlette qui nous ont spontanément envoyé leur courrier.

 

Premier extrait de la lettre écrite le 23 décembre 2011,

"Mon cher André,

Voilà que je m’apprête à passer mon second Noël en prison, moi qui n’aurais jamais dû connaître pareille épreuve aussi injuste. C’est un passage toujours délicat même si les quelques délices apportés par Ghislaine dans mon « colis de Noël », permettent de régaler les papilles. Les gourmandises les plus fameuses ne peuvent pas remplacer la chaleur familiale, les enfants et petits-enfants… J’espère que pour vous les fêtes se passent bien…. En tout cas, ta « baraque », comme tu l’appelles, est superbe. J’aime bien les maisons en pierre. Ouvrir ou fermer les volets chez soi, voilà un bonheur simple que l’on ne savoure jamais assez et que j’ai hâte de retrouver. Merci aussi pour la photo très sympa de la journée champêtre d’Arras. Son succès, comme celui de la récente assemblée générale, m’a beaucoup réconforté. Cette présence, cette mobilisation qui ne se dément pas, malgré le temps qui passe, sont des signes importants. Tous, vous m’aidez beaucoup à tenir le coup."

 

Jean-Paul

Extrait 2

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:01

Jean-Paul nous présente un livre dont il a eu le plaisir de rencontrer l'auteur, Jean-Christophe Parisot.

 

Préfet des autres de Jean-Christophe Parisot, Editions Desclée de Brouwer, 2011, 190 pages.

9782220063447FS.gifCertains, ici, se souviennent de sa venue, à deux reprises, dans le cadre de La caravane des 10 mots de l’atelier d’écriture, à l’invitation de Jean-Paul Michalet. Tous ceux qui ont participé à ces rencontres ont été très impressionnés par l’écoute de cet homme, Sous-Préfet chargé de mission à la Cohésion sociale et à l’Égalité des chances pour le Languedoc-Roussillon. Pourtant, malgré un passage récent dans l’émission de Thierry Ardisson,  Salut les Terriens, il était indispensable d’en savoir plus sur le combat admirable d’un homme obligé de vivre dans un fauteuil roulant, sous trachéotomie.

Dans Préfet des autres, Jean-Christophe Parisot fait partager sa vie et les différentes étapes d’une maladie qu’il a espéré, en vain, voir guérie. Il a 10 ans lorsque ses jambes l’abandonnent et qu’il doit regarder jouer ses camarades dans la cour de récréation. Peu à peu, la maladie gagne. Elle touche aussi ses deux sœurs. Voilà qu’on les déclare incapables d’apprendre une table de multiplication… Même en lisant attentivement ce livre, il est impossible de réaliser ce que représente sa vie au quotidien mais ce que le lecteur comprend, c’est la volonté extraordinaire qui l’anime, une volonté qui le pousse vers les autres.

Rapidement, le tri se fait entre les vrais et les faux-amis. Jean-Christophe Parisot l’écrit, il s’agit de "vivre libre ou mourir". Tout au long du livre, des exemples pris sur le vif, permettent de partager un peu toutes les vexations, toutes ces réflexions de ceux qui se disent valides mais considèrent le handicapé comme un être dégradé alors qu’il s’agit d’un état. Refus d’entrée au cinéma, remarques indélicates, les exemples ne manquent pas mais notre homme s’appuie sur son modèle : Jean Parisot, son grand-père mort en déportation en 1944. Les opérations successives et un traitement inhumain à l’hôpital ne l’empêchent pas de décrocher son Bac littéraire puis de réussir le concours d’entrée à Sciences- po Paris. Sans aucun moyen technique et humain pour l’aider, il est contraint de suivre les cours dans le hall puisqu’il ne peut pas accéder à l’amphi.

Marié à Katia, rencontrée à 16 ans, ils ont "quatre enfants merveilleux". Sa carrière débute à la mairie d’Amiens puis, peu à peu, il grimpe les échelons ne se contentant pas de sa vie de représentant de l’État. Il crée des associations de défense des malades mais ça ne suffit pas. Il se présente à deux reprises à l’élection présidentielle pour faire respecter les droits des personnes handicapées. Nommé Sous-Préfet du Lot, il n’hésite pas à visiter une prison pour aller à la rencontre des personnes détenues.

Il faut lire Préfet des autres, un livre que j’ai essayé de présenter bien trop imparfaitement, un livre qui tente de libérer notre pays des tentations de rejet et de mépris, prouvant, s’il en était besoin, que Jean-Christophe Parisot est un pionnier de la générosité et de la liberté.

Jean-Paul

Pour ceux que cela intéresse, voici un entretien accordé par l'auteur à TVsud en novembre 2011 :

                         
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:01

Elle fut bien longue, cette année 2011 et tant de choses se sont passées pour chacun d’entre nous. Dans plusieurs endroits dans le monde, il s’est passé des choses qui doivent nous faire réfléchir : constatant l’injustice et les humiliations qu’ils devaient subir, des femmes et des hommes se sont révoltés dans le monde entier : de Tunis à Rangoon en passant par Moscou et Homs, des gens sont morts pour leur liberté. Certains ont gagné, d’autres non. Mais partout, l’année 2011 restera comme celle des combats, celle où la vérité fut faite en de nombreux lieux dans ce monde.

 

L’actualité nous a montré que les combats, même perdus d’avance, valent toujours la peine d’être menés. Jean-Paul Degache a passé l’année 2011 en détention à Villeneuve lès Maguelonne où il n’a cessé de clamer son innocence. Son comité de soutien et le blog de ses amis et de ses proches ont rabâché, répété, ressassé sans relâche tous les éléments qui montrent qu’il est innocent, qu’une injustice a été commise. Se battre pour ses idées n’est jamais un combat perdu. Toute personne qui lit ce blog, qui écoute nos arguments, qui se prend à se dire que la vérité judiciaire n’est peut-être pas la vérité des faits est une petite victoire. La bataille judiciaire est terminée, mais le marathon de la communication durant la détention ne fait que commencer.

 

Alors s’il est l’heure de formuler des vœux pour cette année 2012, c’est que d’autres gens, de par le monde se battent contre l’injustice et fassent triompher la vérité. C’est que les amis et proches de Jean-Paul Degache soient toujours plus nombreux, toujours plus soudés, toujours plus persuasifs. C’est que là, quelque part, une personne connaisse le remord et admette qu’elle s’est emportée, qu’elle ne pensait pas que tout irait si loin…

 

Formulons également le vœu que Jean-Paul ne soit jamais vraiment seul, qu’il sache qu’il est soutenu, qu’i l y a du monde, dehors, qui l’attend.

 

Enfin, pour cette année 2012, formulons un vœu que se produise quelque chose d’impensable : que l'institution judiciaire de notre pays sache se remettre en cause, que l’on cesse la chasse aux sorcières, que l’on respecte la présomption d’innocence… et tellement d’autres choses.

 

Bonne année à toi Jean-Paul, bonne année à vous tous, nos lecteurs.

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