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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 00:01

Jean-Paul évoquait dans une de ses précédentes lettres les probèmes concernant l'accessibilité du téléphone. Aujourd'hui, nous vous proposons d'autres extraits de sa correspondance avec Ghislaine sur ce quotidien traumatisant... La lettre a été écrite cette semaine.

 

Extraits:

« Hier matin, j’ai senti combien l’affluence, à l’assemblée générale de la veille, t’avait apporté de réconfort. Pour moi, c’est moins direct mais te sentir revigorée non seulement par la présence de tous ces vrais amis mais aussi par ce que tu as entendu, me fait beaucoup de bien. Cela m’aide beaucoup à tenir, à RÉSISTER.

[...]

Juste avant j’avais mis la lumière comme un détenu me l’avait conseillé, pour demander d’aller prendre une douche. Seulement, c’était un jeune surveillant n’ayant pas trop l’habitude de notre étage et j’ai dû plaider ma cause en lui expliquant que, depuis vendredi, ça commençait à faire long…et il a accepté. Je peux te dire que ça fait vraiment du bien. Ça  a été un peu long pour faire venir l’eau chaude mais, au bout d’un moment, ça a été bon. Tu vois que même pour l’hygiène de base, ce n’est pas très évident. Auparavant, dans l’après-midi, au cours de la promenade où j’aurais pu être, il y a eu une ambiance détestable. Les quatre mineurs, encouragés par des cris et des insultes venant du deuxième étage, s’en sont pris à un gars du premier, un gars que je n’avais jamais vu. Apparemment, il était la cible de beaucoup de monde. Plutôt jeune, il répliquait, lançant lui aussi des cailloux. Dans ces cas-là, je suis bien content de n’être pas en bas, dans la cour. Comme tu le sais, en prison, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Après le drame de samedi matin dont nous avons du mal à nous remettre, la vie a repris mais, hier soir, lorsque j’entendais certains jeunes hurler, faire les andouilles comme d’habitude, je trouvais ça plutôt indécent. Un jeune de 23 ans qui se supprime1, c’est toujours très difficile à comprendre surtout que j’ai appris qu’il devait être libéré dans dix jours…»

Jean-Paul

1Pour information, il s'agit du 88ème détenu à mourir en prison cette année...

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:01

Ce vendredi, lors de l'Assemblée Générale du comité de soutien, le premier point abordé concerna les nouvelles de Jean-Paul. Malgré le fait qu'il soit toujours aussi fort mentalement, il est indéniable que ses conditions de détention se sont dégradées depuis quelques semaines pour plusieurs raisons. Il nous décrit ce changement au sein de la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone lors du parloir hebdomadaire mais aussi dans ces lettres.

 

Aujourd'hui, nous vous proposons ainsi un extrait de la lettre du 26 novembre destinée à Ghislaine, dans laquellle il nous raconte l'une de ses difficultés : l'accès au téléphone. Pour rappel, celui-ci n'est possible que lors des promenades en journée puisque les "cabines" sont à l'extérieur. Jean-Paul travaillant toute la semaine, il ne peut y accéder que le week-end... Mais depuis peu des travaux ont débuté et les horaires des promenades décalées. Les téléphones étant réglés sur l'horaire habituel, la modification technique n'a pas été faite par l'administration pénitentiaire. La suite nous est racontée par Jean-Paul :

 

Extrait :

« Comme je te l’avais laissé entendre, il m’a été impossible de te rappeler ensuite, ce matin. C’est quand même dingue que le temps pour téléphoner ne soit pas adapté au temps de promenade ! Je l’avais signalé par courrier il y a quinze jours, lors du premier changement d’horaire mais ma lettre a dû passer au panier. Ce matin, non seulement notre temps de promenade est amputé de près d’une demi-heure mais le téléphone n’a fonctionné qu’un quart d’heure au début et un quart d’heure à la fin. Quand je t’ai laissée, j’ai continué à surveiller les deux postes tout en marchant au soleil. Tout à coup, je les ai vus disponibles tous les deux. Il y avait bien trois gars en discussion devant mais j’y suis allé quand même, plein d’espoir… Hélas, c’était trop beau pour être vrai. Il y avait « sleep » d’affiché sur le cadran. Quand ça a remarché, ceux qui n’avaient pas pu téléphoner dans le premier quart d’heure, ont squatté les appareils et je n’ai pas pu t’appeler à nouveau, hélas. Le plus râlant, c’est qu’en quittant la cour, lorsque je suis passé devant les téléphones, ils étaient actifs… Enfin, je regrettais encore moins d’avoir assuré tout de suite, sans attendre, en arrivant dans la cour. J’avais pu te rassurer et te dire combien je t’aime et que, demain, je penserai très fort à vous, réunis autour de notre grande Jeanne adorée, le jour de ses 3 ans. Cela me renvoie immédiatement à sa naissance, lorsque nous étions à la maternité, aux côtés de ce petit bout de chou et de Pauline et Simon. J’avais été scandaleusement privé de la naissance d’Emma en 2007 mais, cette fois, j’espérais bien voir grandir notre seconde petite-fille sans interruption. Hélas…je n’ose même pas espérer être avec vous l’an prochain.»

Jean-Paul

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 14:50

Les marchés financiers ont la peau du Cavaliere  (Éditorial du vendredi 25/11/2011)

 

Cédant à la pression des marchés financiers, huit de ses anciens fidèles ont abandonné Silvio Berlusconi, 75 ans, à la Chambre des députés, l’obligeant à quitter la présidence du Conseil italien, l’équivalent du poste de Premier ministre. Cet homme qui est toujours à la tête d’un empire économique a été au pouvoir pendant seize années réparties sur trois périodes : 1994 – 1995, 2001 – 2006 et 2008 – 2011. Bien qu’attaqué par vingt-quatre tentatives de procès, toutes repoussées grâce à des lois taillées sur mesure par sa majorité, celui que l’on surnommait Il Cavaliere, a toujours mis en valeur la liberté et le travail, le plaisir et la réussite mais aussi la xénophobie et le mépris des pauvres et des faibles.

Homme le plus riche de son pays, Berlusconi était, au départ, un petit bourgeois milanais vivant dans 50 m². Il a fait fortune dans l’immobilier avant de se payer trois chaînes de télévision sans négliger une influence certaine sur la RAI, la télé publique italienne. Possédant aussi plusieurs titres de presse, il est le patron du premier groupe de médias du pays, ce qui ne semblait pas trop choquer nos voisins transalpins. Représentant l’électorat modéré, il a été battu deux fois aux élections par Romano Prodi mais c’est lui qui a balayé les socialistes et surtout la Démocratie chrétienne, pilier de tous les gouvernements depuis la Libération.

De ses seize années de pouvoir, l’opinion publique internationale retiendra surtout son goût pour la télé-paillettes, son avidité pour l’argent sans oublier ses fêtes  et ses folles nuits. L’affaire du Rubygate, du nom de Ruby, cette jeune prostituée d’origine marocaine, l’avait bien déstabilisé mais pas abattu. Cela ne l’empêchait pas de lancer en politique des jeunes femmes recrutées d’abord pour leur physique. Le contraste n’en sera que plus grand avec son successeur, Mario Monti, ex-commissaire européen et partisan de la rigueur.

Il est finalement un homme dont on ne parle pas, Giorgio Napolitano, le Président de la République. Agé de 86 ans, il vit dans l’ancienne demeure des papes sur la colline du Quirinal, à Rome. Plusieurs fois ministre, ancien Président de la Chambre des députés, élu pour la première fois en 1953 pour le le Parti communiste italien, cet ancien résistant est président depuis 2006.c’est lui qui nomme le Premier ministre, comme en France, après chaque élection législative. Cet homme du sud, surnommé le prince rouge, bénéficie de plus de 80% de bonnes opinions de la part des Italiens. Il est le garant de la stabilité de son pays.

 

Les chiffres de la semaine

 

Au 15 novembre, il restait 5 otages français dans le monde (1 en Somalie et 4 au Niger).

 

70% de l’énergie consommée par un foyer français passe dans le chauffage.

 

Kodak n’a plus que 18 800 salariés alors qu’en 2002, l’entreprise dont le siège est à Rochester (USA), en comptait 70 000.

 

17 000 soldats ont déserté pour rejoindre l’Armée syrienne libre.

 

Kim Jin-Suk, après 309 jours de grève de la faim, est descendue de sa grue. Elle protestait contre le licenciement de 400 employés de sa société, en Corée du sud. 94 ont été réembauchés et 306 sont partis à la retraite.

 

Depuis 10 ans, ¼ des exploitations agricoles a disparu en France.

 

En Espagne, le nombre de chômeurs est de 4 360 000.

Jean-Paul

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:07

Nous vous rappelons donc que ce soir se tiendra l’Assemblée Générale du Comité de Soutien :

 

à SARRAS (07370)

au centre René Cassin (salle n°3)

Avenue des Cévennes

 

à partir de 20h30

 

A cette occasion, il sera donné des nouvelles récentes de Jean-Paul tant au niveau de son moral que de ses conditions de détention. Il vous sera présenté ensuite un rapport des activités réalisées au cours de cette année ainsi que le bilan financier 2010-2011. On envisagera également les prochaines manifestations pour l’année à venir et le Bureau répondra à vos questions. Pour terminer aura lieu le renouvellement et l’élection du Conseil d’Administration, le tout suivi d’une petite collation.

 

A ce soir.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:01

Vendredi soir aura lieu l'Assemblée Générale du Comité de soutien. Pour souligner le rôle primordial de l'association, nous avons demandé à Marisette, soeur de Jean-Paul Degache, de revenir sur un moment qui l'avait particulièrement marqué. Voici sa réponse : 

 

Le Comité de Soutien... comment aurions-nous vécu ces terribles épreuves sans lui ; je pense notamment aux procès, deux terribles et douloureux cauchemars durant lesquels nous espérions naïvement qu'il se termine par un acquittement alors que maintenant nous savons à  quel point tout était "joué" dès le premier jour. Jean-Paul était ainsi condamné quoiqu'il arrive malgré les différents témoignages et autres preuves qui l'innocentaient.

 

Lors du procès en appel à Nîmes, de très nombreux membres du Comité n'ont pas hésité à  rester toute la semaine alors que le huis clos leur interdisait l'entrée de la salle d'audience ; quand nous sortions ils étaient tous là pour nous soutenir et leur présence était d'un grand réconfort.


Merci  encore à eux et notamment merci à Jacqueline, la présidente du Comité, toujours battante, toujours présente. Merci également à tous les membres du bureau pour ces chaleureuses journées où nous nous retrouvons tous réunis "Pour Jean-Paul".

Jean-Paul, ne l'oublions pas... les fêtes de fin d'année approchent, un Noël de plus où il sera séparé de sa famille. Ce sera encore tellement difficile pour lui, pour Ghislaine et tous ses  proches. C'est bien de penser à lui, mais il faut  le lui manifester en lui écrivant ; le courrier, c'est un élément tellement important dans son quotidien !

L'Assemblée Générale du Comité a lieu ce vendredi ; nous serons par notre présence,  nombreux à manifester notre soutien à Jean-Paul et au Comité.

A vendredi
Marisette , soeur de Jean-Paul.
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 00:01

Le 10 novembre dernier, Jean-Paul a pu avoir le « plaisir » d’ouvrir sa 2000ème lettre. Ce courrier symbolique a été rédigé par Alain et Liz, couple d’amis de longue date. Nous les avons contactés pour avoir leur accord afin de publier une partie de leur correspondance. On en a profité pour demander à Alain ce qui les avait lié d’amitié avec Jean-Paul, ainsi que son ressenti, en tant que Directeur d’école à la retraite, sur cette affaire hors-norme. Nous les remercions d'avoir bien voulu accepter nos demandes.

 

« Salut mon Jean-Paul,

 

Ce qui est bien avec l’ordinateur, c’est que l’on peut reprendre des documents que l’on avait laissé traîner et que l’on peut continuer à l’endroit où l’on veut.

Ce qui suit a été écrit au cours des mois de septembre et d’octobre ! Puis le temps a passé ; je me disais souvent  «il faut que je termine cette lettre à Jean-Paul», mais soit je n’ai pas eu le temps, soit je l’avoue, j’ai oublié.

Ce soir, promis, je la termine et la poste demain !

Je vais maintenant continuer quelques lignes plus bas, histoire que la chronologie soit respectée.

 

Je commence une nouvelle lettre mais je ne la posterai pas comme indiqué sur le blog pour tes « 600 jours » mais un peu plus tard, car je me dis que peut-être ce sera la seule lettre de la journée que tu auras et qu’elle t’apportera un peu de « distraction ».

Donc quoi de neuf depuis notre dernière lettre postée d’Angleterre ?

[…]

Samedi dernier (1er octobre) fut une belle journée, le Comité de Soutien avait bien fait les choses et tes amis ont répondu présents. Nous aurions aimé rester un peu plus longtemps mais le soir j’avais une manifestation avec le club d’Astronomie à Privas, donc j’ai dû abandonner mes partenaires de la pétanque après 2 parties (une gagnée et une perdue à 11) ! Ce fut un vrai plaisir de revoir toute ta famille (notamment tes petites-filles qui ont bien grandi) et certaines personnes que nous avions rencontrées à Nîmes ou à St Rambert.

[…]

Ce fut une journée très particulière pour moi car après avoir passé cette journée à Arras (où tu étais présent dans nos pensées), je suis allé à Privas. La manifestation « le jour de la nuit » (pour faire prendre conscience aux gens de la nuisance de la pollution lumineuse) avait lieu… au cloître des Récollets juste à côté de ..… la prison. Quand je suis arrivé sur cette place face à la prison, j’ai pensé à toi tout de suite ! Et en partant  (à plus de 1h du matin), j’avais du mal à quitter des yeux les petites fenêtres encore éclairées et je t’imaginais tout seul dans ta cellule. Mais comment fais-tu ? Je ne sais pas si je pourrais tenir le coup …

 

Quelle ne fut pas ma surprise mercredi en relevant le courrier, de trouver ta carte d’anniversaire ! MERCI Jean-Paul, ça m’a fait tellement plaisir que j’ai appelé Ghislaine le soir même. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui y ont pensé !

Tu parles de la défaite à Paris ; j’espérais un résultat nul mais avec cette équipe jeune et nos blessés, c’était difficile ; dommage que Bafé n’ait pas réussi à en mettre un cela aurait changé le match. On prendra notre revanche à Gerland en février !

[…]

Je vais terminer cette lettre ; je t’y joins un dépliant intitulé « les chemins de la liberté », que j’ai trouvé dans le Vercors. C’est quelque chose d’assez récent, je ne connaissais pas tous ces lieux et je pense que cela t’intéressera.

 

Je t’embrasse ; courage à toi !

Alain »

 

→ La rencontre avec Jean-¨Paul

Pour ce qui est de notre rencontre, elle remonte à septembre 1974 quand nous nous sommes retrouvés à l’Ecole Normale pour un stage de remplaçant. On a sympathisé tout de suite ; il est vrai que le fait d’être les 2 seuls garçons d’un groupe de 8, avait favorisé certainement les choses ; mais comment ne pas devenir ami avec Jean-Paul !?

Que de similitudes dans notre vie professionnelle et familiale ! Nous avons débuté dans le métier en 1969 comme suppléants éventuels, puis remplaçants, avec ce stage d’un an. Plusieurs années de galère, puis un retour rapide dans notre ville ou village natal et ensuite un poste de directeur !

Mariés le même jour (3 août 74), le premier enfant en 77 (avec quelques jours d’écart) et même le premier petit-enfant à 8 jours de décalage !

Et bien sûr …. Grands supporters de l’OL ! et c’est Jean-Paul qui m’a (nous, Maxime et moi) fait connaître Gerland, il y a plus de 15 ans !

 

Ce que je pense de cette affaire :

C’est pour moi une grande incompréhension devant toutes ces invraisemblances et le fait que les 2 jugements n’en aient pas tenu compte !

En effet,  il est IMPOSSIBLE que cela ce soit passé : IMPOSSIBLE qu’une fille d’une dizaine d’années ne réagisse pas devant l’ensemble de ses camarades mais également IMPOSSIBLE qu’aucun autre élève n’ait jamais signalé quoi que ce soit ! De plus, si des parents avaient « des doutes », ils auraient enlevé leurs enfants de l’école. J’ai connu plusieurs cas d’élèves que les parents changeaient d’école car quelque chose ne leur convenait pas avec l’instit’ (travail, comportement ou autre).

 

Cette histoire m’a fait changer mon comportement avec mes élèves pendant les dernières années de ma carrière. De rares « bisous », une distance mise entre eux et moi, grande prudence dans les toilettes, et surveillance des douches confiée aux collègues femmes pendant les classes vertes, par exemple. Quand je pense au nombre de fois que j’ai pris des élèves sur mes genoux !! Si j’étais tombé sur des parents accusateurs je serais moi aussi en prison en ce moment !!

Ce qui est sûr c’est qu’il est devenu très difficile de s’occuper d’enfants pour un homme.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 00:01

De Cannes à Mayotte (Éditorial du vendredi 18/11/2011)

 

L’actualité de ces dernières semaines est dense et difficile à suivre. Pourtant, un mot se dégage de toutes ces rencontres, de tous ces sommets, de toutes annonces et contre-annonces : aus-té-ri-té. Chacun peut constater que ce mot s’applique d’abord à l’ensemble de la population. Est-il possible de se poser la question du coût d’un sommet tel que le récent G 20, à Cannes ? Rien n’est fait dans la simplicité. Tous ces grands dirigeants des pays les plus riches du monde et ceux qui les accompagnent, ne savent pas discuter sans s’offrir, par exemple, un plantureux repas. Qu’en ressort-il ? Est-ce que ce sont ceux qui apparaissent régulièrement à la télévision qui dirigent vraiment ? Rien n’est moins sûr. Ces fameuses agences de notation dont nous ignorions encore l’existence il y a peu, font trembler de puissants dirigeants parce que l’argent gouverne le monde. Nous n’entendons parler que de spéculation, de dettes, de remboursement  de prêts et, pour finir, de faillite…

L’Europe qui aurait dû être une force, devient une faiblesse parce que la solidarité n’est pas la vertu première  de cette union si peu efficace  et que, il faut bien le reconnaître, le laxisme prévaut dans certains pays. Même au sommet de l’Union européenne, la rigueur ne semble pas s’imposer. Ne vient-on pas d’apprendre que Bruxelles veut augmenter les salaires de ses fonctionnaires ?

L’embellie ne semble pas pour tout de suite. Le Bureau international du travail annonce un taux de chômage de 10,2% au mois de septembre dans l’union monétaire. La Grèce est  au bord de l’abîme. L’Italie n’en est pas loin, comme l’Espagne. La France, malgré son triple A, ne bénéficie pas des mêmes taux que l’Allemagne lorsqu’elle sollicite un prêt. Ne serait-il pas possible de sortir de cette stupide logique alors que l’Europe s’est laissé dépouiller de son industrie et se voit obligée de faire appel à des fonds chinois,

Comment, dans un tel contexte, s’étonner que Mayotte soit oubliée ? Le 31 mars dernier, cette île de l’océan Indien, peuplée de 200 000 habitants, fêtait dans la liesse son statut de 101e département, après un référendum approuvé par 92,5% des voix. Depuis plus de six semaines, ce sont des manifestations, des barrages routiers, des violences et des pillages. Les sérieux problèmes financiers de la métropole ne facilitent pas une départementalisation qui doit s’étaler sur 25 ans. Les Mahorais ne comprennent pas qu’ils n’aient pas les mêmes avantages qu’en Guyane, qu’aux Antilles ou qu’à la Réunion. S’il est urgent de développer, là-bas, les productions locales, la métropole, déjà mal en point, ne peut pas délaisser toute une population qui lui a fait confiance.

 

Les chiffres de la semaine

 

Il existe 25 000 points de vente de livres en France.

 

Sur la vente d’un livre, l’auteur touche entre 8 et 12%.

 

11,50 €, c’est le prix de vente moyen d’un livre.

 

En 35 ans, le nombre de livres nouveaux a augmenté de 203 %.

 

1 650 personnes sont mises au chômage par la liquidation judiciaire de la Comareg (Groupe Hersant Média), société éditrice de l’hebdomadaire Paru Vendu.

 

36 millions d’Espagnols voteront le 20 novembre pour élire 350 députés et 208 sénateurs.

 

Jean-Paul

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:01

Hier soir, en compagnie de Vincent et de Damien, nous avons assisté au concert d'Hubert-Félix Thiéfaine. Quel plaisir d'entendre la quasi totalité des chansons de son dernier album, chroniqué par Jean-Paul il y a quelques semaines, mais aussi de nombreux autres titres ayant ponctué la carrière ce ce chanteur hors-norme. Nous ne fûmes pas déçus car sa voix reste intacte tout comme son énergie. Un grand moment... arrosé bien sûr à grands coups de kéfir avec d'énormes pensées pour notre Jean-Paul que "l'on aime et que l'on attend" comme le chante si bien Thiéfaine dans "Fièvre résurrectionnelle".

 

 

Hubert-Félix Thiéfaine, Suppléments de mensonge, Label Lilith, février 2011 


hubert-felix-thiefaine-supplements-de-mensonge-110531444.jpg

 

Un nouvel album de Thiéfaine est toujours un événement. Voilà un artiste, auteur-compositeur et interprète à la voix unique et inimitable dont le talent ne se dément pas.

 

 

« Suppléments de mensonge »,  titre générique extrait du Gai Savoir  de Nietzsche, se déguste et s’apprécie sans modération. Tout est tellement bien écrit, dans un style unique au vocabulaire riche et très varié, que les chansons d’Hubert-Félix Thiéfaine sont à chaque fois une véritable orgie de mots et de musique.

 

 

- « La ruelle des morts » nous met d’emblée dans l’univers de Thiéfaine qui nous charme depuis si longtemps. 

« On arrosait nos victoires
  à grands coups de verres de kéfir »
                  

 

Comment être insensible à cette allusion très réaliste à cette boisson fermentée, excellente pour la santé, soit à base de lait, soit à base de fruits, que m’avaient recommandée Guy, Danielle et Jean-Pierre S., des amis très chers ?


- « Je t’aime et je t’attends à l’ombre de mes rêves » revient dans cette « Fièvre résurrectionnelle », le second titre qui nous fait visiter 6 milliards de pantins, de fantômes, de lépreux, de paumés et de groupies… Quel parcours!

 

- « Trois poèmes pour Annabel Lee » est une chanson très poétique

«  Annabel Lee
    pas un seul cheveu blanc
    n’a poussé sur mes rêves… »

 

- J.P.Nataf a composé la musique de « Garbo XW machine ». Il a bien su mettre en valeur le texte  déjanté, psychédélique de cette chanson, comme la suivante, que Hubert-Félix Thiéfaine a extrait d’un album fantôme inédit de 2008. Une très bonne idée.

 «  Prends mon pion dans ton circuit

     Garbo XW machine

     Prends mon pion dans ton circuit

     J’aime tant ta froidure féminine ».

 

-  Ce « Petit matin 4.10 heure d’été » est à la fois un hymne à la vie et…à la mort.

«  Le silence des morts est violent

     Quand il m’arrache à mes pensées… »  Puis, un peu plus loin :

«  Je rêve tellement d’avoir été

    Que je vais finir par tomber. »

 

- Dans « Compartiment C. Voiture 293.Edward Hopper 1938 » chanson pleine de mélancolie, Thiéfaine observe une femme voyageant seule.

«  Voyageuse solitaire

    Entourée de mystère…

    …Est-ce que tu fuis ? » Et il échafaude plusieurs hypothèses.

 

- Les « Infinitives voiles » réalisent un voyage dans des rêves où se mêlent à la fois ses souvenirs  d’une enfance bâclée, son espoir d’un futur désiré et cette nécessité d’arracher son masque, son armure et ses scarifications de guerrier de l’absurde.

«  Quand les infos se vrillent au fond de (sa) ma pensée… »

 

- « C’est une brise-burnes

     Une casse-burettes

     Un cauchemar diurne

Une trouble-fête… »  Voilà une partie de la description de «  Ta vamp orchidoclaste » [du grec orchis, testicules, et clan, casser-briser… (à vous de traduire)], cette femme peu ordinaire avec ses clopes et sa barrette… Conclusion :

 « Elle t’entraîne dans un gouffre aux multiples rancoeurs

    D’où je préfère m’enfuir… »

Quel tableau !

 

- Très optimiste, Hubert-Félix Thiéfaine décrit notre monde dans « Lobotomie sporting club :

« Lobotomie média /propaganda fliquée » pour terminer sur un constat accablant :

« …Fin programmée. »

Chaque texte est l’occasion d’apprécier un peu plus tout le talent d’écriture d’Hubert-Félix Thiéfaine et son vocabulaire infiniment riche.

 

- « Les ombres du soir » en est un autre bel exemple. Comme pour deux autres chansons, il en a écrit aussi la musique, une ballade envoûtante mettant remarquablement en valeur le texte.

 

- « Québec november hôtel » permet d’apprécier encore toute la culture nord-américaine de l’artiste qui survole le Québec et en utilise le langage :

«  Je gèle ben raide dans mon dornier… »

Il se permet même un clin d’œil à Al Capone et au bar que celui-ci fréquentait pendant la prohibition, à Saint-Pierre et Miquelon : « La Morue Joyeuse ».

 

A force de patience et de talent, Hubert-Félix Thiéfaine s’est fait une place de choix dans le paysage artistique. Avec Ghislaine, nous l’avions découvert, il y a bien longtemps, lors des fêtes de l’été, à Valence. Puis nous l’avons revu dans une salle des fêtes d’Annonay archicomble  et nous chantions avec lui « on s’est aimé dans les maïs… ». C’est avec un immense plaisir que je peux écouter encore et encore cet album offert par Eric et Cathy que je remercie.

 

Jean-Paul

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 00:01

 Partie 1

 

- Revenons au Comité de soutien en rappelant que son assemblée générale se tiendra le vendredi 2 décembre ; quel bilan portes-tu sur la journée champêtre du 1er octobre et quelles sont les futures manifestations envisagées ?

 

Déjà je tenais à signaler que lors de cette assemblée générale, nous avons décidé d’offrir aux adhérents un pot de l’amitié, l’amitié étant une des valeurs essentielles de notre association. Je reviendrai sur cette somptueuse journée du 1er octobre où beaucoup de personnes ont répondu présentes. Les échanges furent nombreux tout comme les sourires… mais on ressentait aussi de l’amertume de ne pas avoir Jean-Paul à nos côtés. Il était présent dans nos cœurs et à travers Ghislaine qui a été très courageuse. Nous réitérerons cela en améliorant un point notamment : réunir pour le repas toutes les personnes à une seule et même table !

Pour les projets à venir, je demande à ceux qui se rendront à Sarras le 2 décembre de préparer des idées et de les soumettre à cette occasion. Nous avons déjà prévu une manifestation, mais ce sera une surprise…

J’espère que vous serez nombreux à participer à l'assemblée générale car Jean-Paul a besoin de nous, de nos lettres et nous, nous avons besoin qu’il nous revienne au plus vite ! 

 

 Merci beaucoup Jacqueline.

 

Nous vous rappelons donc que l’Assemblée Générale du Comité de Soutien se tiendra :

 

vendredi 2 décembre 2011

salle n°3 du centre René Cassin à SARRAS

à partir de 20h30

 

A cette occasion, il sera donné des nouvelles récentes de Jean-Paul tant au niveau de son moral que de ses conditions de détention. Il vous sera présenté ensuite un rapport des activités réalisées au cours de cette année ainsi que le bilan financier 2010-2011. On envisagera également les prochaines manifestations pour l’année à venir et le Bureau répondra à vos questions. Pour terminer aura lieu le renouvellement et l’élection du Conseil d’Administration, le tout suivi d’une petite collation.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 00:01

Nous vous proposons ce lundi la suite de l'interview que la Présidente du comité de soutien nous a accordée.

 

Partie 1

 

- Une de tes filles a eu Jean-Paul comme instituteur entre 1980 et 1982. On sait que plusieurs des accusatrices, venues témoigner aux deux procès, se trouvaient dans cette classe. As-tu eu écho de quoi que ce soit durant ces années de la part de ta fille ou par le biais d’autres personnes ?

 

Effectivement ma fille a été élève de Jean-Paul durant ces années. C’est pourquoi elle a demandé à témoigner lors des procès. Dans son témoignage, elle a voulu dépeindre l’ambiance de la classe, son instituteur qu’elle aimait tant. Cependant ses propos se sont retournés contre Jean-Paul puisque l’on a voulu interpréter ses paroles… C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à de nombreuses reprises puisque tout ce qui pouvait le disculper tournait en sa défaveur !

En tant que commerçante, j’étais au cœur des conversations qui pouvaient se tenir dans le village de Sarras. J’ai été choquée d’entendre au tribunal des personnes venir témoigner contre Jean-Paul alors que je les avais entendues dire auparavant qu’elles n’avaient absolument rien à lui reprocher. De plus, l’une des plaignantes a osé mentir devant l’institution judiciaire en affirmant que je « manipulais » ma fille ! C’est absolument faux. A ce moment-là, la colère et la rage me gagnèrent ; j’étais assise au 1er rang mais dans l’impossibilité de lui répondre. Etant donné qu'elle a menti sur ce point, je ne doute absolument pas qu’elle mente sur le reste ! 

 

- Que penses-tu des accusations portées contre Jean-Paul ?

 

Ce que j’en pense ? C’est vraiment prendre les élèves de la classe pour des imbéciles !!! Car vu la disposition des bureaux et le nombre de fenêtres donnant sur l’extérieur, il est impossible qu’il ait pu se passer quoi que ce soit d'anormal au bureau de l'instituteur sans que quelqu'un s’en rende compte. De plus, les enfants étaient heureux avec Jean-Paul.

Personnellement, je ne peux me faire à l’idée qu’il ait été jeté en prison tel un véritable malfrat. Je le respecterai toujours en tant qu’instituteur et je n’oublierai jamais le travail effectué à l’école de Sarras.

 

Partie 3

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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