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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 10:44

Un drame interminable (Éditorial du vendredi 30/11/2012)

 

Reverra-t-on un jour une paix durable s’installer au Moyen-Orient ? Tant d’espoirs ont été déçus après de longues négociations et des conférences agitées… Puis revient toujours la violence, la parole étant sans cesse donnée aux armes avec ses conséquences qui se nomment destruction, souffrance, mort, désolation. Comment concilier deux peuples qui revendiquent les mêmes terres ? Jusqu’à présent, personne n’y est parvenu.

 

En 2012, il faut revivre une nouvelle opération comme celle nommée « Plomb durci ». Pendant 22 jours de l’hiver 2008-2009, combats et bombardements ont causé la mort de 1 389 Palestiniens, de 13 Israéliens et laissé près de 5 000 blessés dans la bande de Gaza. Au cours de cet automne 2012, tout recommence, Israël se sentant à nouveau menacé par l’armement du Hamas au pouvoir à Gaza, des roquettes pouvant être tirées jusqu’à 40 km en territoire israëlien et même jusqu’à 70 km pour les roquettes de fabrication iranienne.

 

En pleine campagne électorale, le premier ministre israélien, M Netanyahou, cherche-t-il à montrer qu’Israël est toujours aussi intransigeant vis-à-vis de ses voisins menaçants ? Pour des raisons en partie politiques, les Gazaouis voient leurs maisons détruites, leur pays déjà en grande difficulté, obligé de reconstruire sans cesse mais aussi de compter ses morts.

 

Dans ce quotidien tragique, il faut savoir aussi qu’une autre bataille, diplomatique cette fois, se joue à New York, à l’ONU. Ce jeudi 29 novembre, l’assemblée générale de l’Organisation des nations unies doit dire si elle accepte la candidature palestinienne comme État non membre des Nations unies, ceci 65 ans après le vote actant le partage de la Palestine en deux états. Les Etats-Unis ne sont pas favorables à ce changement de statut alors que 120 pays sur 193 soutiennent la demande palestinienne. Sur ce sujet encore, l’Union européenne ne parle pas d’une seule voix puisque seulement 12 pays membres sur 27 sont pour ce statut d’état non membre qui n’accorde pas le droit de vote mais permettrait aux Palestiniens de saisir des instances comme la Cour pénale internationale, ce que redoutent Israëliens et Étatsuniens.

 

Pour compléter ce bilan d’une situation peu encourageante et sans cesse en évolution, il faut parler de l’attitude de l’Égypte. Son nouveau président, Mohamed Moursi est issu du mouvement islamiste des Frères musulmans dont fait partie le Hamas. Son premier ministre, Hicham Qandil, s’est rendu à Gaza. Pendant sa visite, l’offensive israélienne a été suspendue. Le président Morsi se voit forcé de composer avec une opinion publique en majorité hostile à Israël et avec les Etats-Unis choqués par la  dégradation de l’ambassade américaine au Caire.

 

Pendant que l’on discute beaucoup en coulisses, des êtres humains subissent une violence inouïe sans avoir la moindre idée du temps qu’il faudra pour pouvoir vivre enfin en paix.

Jean-Paul

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:35

Initialement prévue le vendredi 7 décembre, l'Assemblée Générale annuelle du Comité de soutien à Jean-Paul Degache aura lieu le vendredi 18 janvier 2013 à 20h30 au centre René Cassin à Sarras.

 

Au programme, le bilan moral et financier de l'année écoulée, la préparation des évènements pour 2013 et bien entendu les dernières nouvelles concernant Jean-Paul.

 

Au plaisir de vous voir nombreux. Ce sera également l'occasion de renouveler le conseil d'administration mais aussi de se retrouver autour de la traditionnelle galette des rois.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 11:55

Et sur cette pierre… (Éditorial du vendredi 23/11/2012)

 

Transmettre un patrimoine aux générations futures, nous avions relevé, il y a quelques semaines (voir Hector n° 777) toute la difficulté que représente cette conservation indispensable, touchant tous les domaines.

 

Invités par le Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), Jackie Estimbre, chargée de la valorisation des patrimoines et du suivi des dossiers Unesco, ainsi que Thierry Dubessy, ingénieur du patrimoine, travaillant tous les deux à la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) sont venus faire découvrir le patrimoine et sa restauration à une assemblée très attentive de bout en bout. Cette conférence documentée et vivante permettait de préparer la sortie prévue début 2013, sortie présentée par Mme Doutremepuich, directrice-adjointe du Spip de l’Hérault, elle-même accompagnée de Nathalie, assistante culturelle au Spip.

 

Après une présentation assez générale, l’attention se focalisait sur la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier où se déroule actuellement un chantier de rénovation. Cet édifice religieux représente plusieurs époques. En 1300, c’était l’église du monastère faisant partie de la faculté. En 1356, cette église devenait une cathédrale, le siège de l’évêque. Enfin, entre 1860 et 1870, cet édifice était bien agrandi. La différence entre les époques de construction se remarque et la visite prévue sur le chantier en cours permettra de constater cela. Cet édifice étant classé monument historique, la France, état laïque, se charge de sa restauration. Si les tailleurs de pierre sont à l’ouvrage, ce n’est qu’après un nettoyage par micro-gommage avec des billes de verre.

 

Un architecte spécialisé a ensuite étudié pierre par pierre ce qu’il faut faire. Parfois, il faut dégarnir les joints avant de les refaire et s’il le faut, remplacer les pierres abîmées. Le plus grand ennemi de la pierre étant l’eau, il faut évaluer le degré d’humidité de chaque partie de l’édifice puis traiter le problème de l’évacuation des eaux de pluie afin d’éliminer toute remontée d’eau.

 

Pour ne pas se tromper et effectuer une restauration réussie respectant le monument, la pierre est analysée scientifiquement jusqu’à obtenir une fiche d’identification très précise. Ainsi les équipes de recherche, en lien avec les géologues, ont pu retrouver les différentes carrières d’où ces pierres avaient été extraites plusieurs siècles auparavant. Ces carrières se situent à Saint-Geniès-des-Mourges et à Vendargues (Hérault) ou encore à Saint-Jean de Védas pour d’autres monuments.

Tous ces chantiers et les métiers qu’ils impliquent ont beaucoup intéressé les personnes présentes à la conférence, ouvrant même des pistes très intéressantes et motivantes pour l’avenir de chacun.

Jean-Paul

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je ne souhaite cela à personne par Saïd André Remli, Éditions du Seuil, 2010, 307 p.

 

Livre-témoignage poignant et bouleversant, Je ne souhaite cela à personne débute à la centrale de Saint-Maur, le 1er juin 2004. Saïd André Remli est incarcéré depuis le 18 juin 1984. Condamné à perpétuité après le décès d’un surveillant lors d’une de ses tentatives d’évasion, Saïd André Remli n’a pas eu une heure de sortie en 20 ans.

 

Durant les 48 premières années de sa vie, il en a passé cinq dans des familles dites d’accueil, et huit en maison de correction. Enfin, s’il a dû subir l’isolement durant neuf ans, tout cela demande des explications et c’est ce que fait l’auteur, secondé par Sylvette Desmeuzes-Balland, dans ce livre.

 

Né à Lyon, en 1957, d’un père algérien et d’une mère française, ce qui explique ses deux prénoms, il connaît une enfance et une jeunesse très chaotiques : « son père boit, sa mère gueule ». Dès 3 ans, il est pris en charge par la DDASS qui le place en famille d’accueil.

 

Privé de ceux qu’il aime, il se ferme et se bloque, valsant de famille en famille comme il valsera plus tard de prison en prison. Très vite, il se frotte à « l’école de la délinquance », subit le racisme primaire, les humiliations, les coups, la perversité, l’injustice, la loi du plus fort, la faim et les punitions physiques qui lui apprennent à supporter la douleur. Les premiers braquages lui font connaître sa première incarcération au milieu des cafards et des rats… Au cours d’une escapade en Algérie, il découvre la misère du bled mais lorsqu’il revient en France, il se retrouve accusé de casses qui se sont déroulés quand il était de l’autre côté de la Méditerranée ! Petit à petit, il se met à vivre « comme un truand » parce que son casier judiciaire fait barrage à toute tentative de travail solide.

 

L’histoire de Saïd André Remli foisonne d’épisodes tous plus chaotiques les uns que les autres. Les bons moments se font de plus en plus rares, sa vie se passant presque exclusivement derrière les barreaux. Ainsi, il se met à observer le monde carcéral d’un œil de plus en plus critique, se lançant dans le droit international pour faire avancer les choses. Son combat pour le respect des principes de l’État de droit et de la démocratie donne aussi de bons résultats pour la réinsertion. Son combat est incessant même si sa vie familiale doit en souffrir. Liberté conditionnelle, lutte contre la récidive pour enfin sortir complètement d’un si long tunnel, l’action se poursuit mais ce livre est plus qu’un témoignage. C’est un véritable acte de foi en la vie qui donne à chaque être humain l’espoir de sortir vainqueur des plus terribles épreuves.

Jean-Paul

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:38

La Zonzon par Alain Guyard, Éditions Le Dilettante, 2011, 288 pages

 

978-2-84263-675-3.jpgSe basant sur son vécu mais en y ajoutant beaucoup de fiction, Alain Guyard a réussi un récit haletant, intriguant et passionnant- jusqu’au bout.

 

Pour bien mettre le lecteur dans l’ambiance, il offre, en guise d’introduction , « L’Épitaphe de Villon en forme de Ballade », plus connue sous le nom de « Ballade des pendus ».

 

La Zonzon nous entraîne sur les traces de Lazare Vilain qui va être amené à enseigner la philosophie à la maison d’arrêt de Nîmes puis jusqu’aux Baumettes, à Marseille. L’auteur se sert de sa propre expérience pour décrire le milieu carcéral. C’est cru et direct. D’emblée, il reconnaît que ses copains d’enfance sont devenus gendarmes ou militaires pour échapper à la misère  ou au chômage. Quant à ceux qui sont rétifs au képi, ils sont …  taulards !

 

Une bonne partie de l’histoire se passe derrière les murs où Lazare Vilain rencontre des gens, souffre du bruit et des odeurs tout en supportant la tchatche… Pour respirer un peu mais aussi pour commencer à nouer l’intrigue, l’auteur nous emmène dans un club de boxe nîmois. Les expressions fleuries agrémentent le récit qui voit notre prof de philo pris dans une histoire bien  périlleuse. « Il y avait du mou dans la boîte à gamberge » et l’enseignant n’arrivait plus «  à supporter l’entrouducutage très glandilleux des corps d’inspection ». Il faudrait citer beaucoup de pages, morceaux choisis ne rendant compte, finalement, que de la triste réalité d’administrations qui se sclérosent toutes seules.

 

Avec talent, Alain Guyard rend bien compte des tourments qui agitent les personnes détenues sans se départir d’un humour salvateur. C’est alors qu’arrive Leïla qui intervient aussi en prison et qu’il n’a de cesse de vouloir retrouver. Au fur et à mesure que se déroule l’histoire, l’auteur nous raconte Socrate qui inventa la philosophie en prison. Il note aussi cette réflexion si vraie : « Ici, en zonzon, y a plus que l’amitié qui tient. » Plus loin, lucide, Lazare Vilain constate : « J’étais le Facteur Cheval du crime… » Les discussions en cours de philo sont passionnantes et peuvent entraîner loin avec Redouane qui parle des bordels d’Alger. Une bonne séquence décrit aussi la fameuse corrida annuelle, sans mise à mort, organisée sur le stade de la maison d’arrêt de Nîmes. L’histoire s’emballe et se révèle être un vrai polar que Marie-Claire et Bertrand m’ont permis de lire et je les remercie.

 

Jean-Paul

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 11:37

Inadmissible gâchis (Éditorial du vendredi 16/11/2012)

 

Sentiment diffus jusque-là, cri d’alarme poussé parfois sans rencontrer d’écho véritable, le gaspillage des ressources alimentaires de notre planète est en train de se révéler au plus grand nombre. La réaction sera-t-elle efficace ? Cela dépend de chacun de nous mais aussi de tous les acteurs d’une chaîne rendue de plus en plus complexe au fil du temps.

 

Nous savons qu’un milliard d’êtres humains souffre de malnutrition et qu’à côté de ce drame paraissant insoluble, le tiers de la nourriture est jeté, perdu. Chez nous, chaque Français gaspille entre 90 et 155 kg de nourriture par an, en moyenne. Impressionnant. Chaque supermarché ou hypermarché en jette environ 197 tonnes. Une telle situation est inacceptable.

 

De l’autre côté de la Manche, Tristan Stuart, un Britannique de 35 ans, mène déjà une lutte acharnée contre ce gaspillage éhonté. Uniquement avec de la nourriture récupérée, il a organisé des festins gratuits réunissant jusqu’à 5 000 convives !

 

Comment cela est-il possible ? En glanant des fruits et des légumes refusés par les supermarchés, en récupérant tout ce que ces mêmes grandes surfaces rejettent de légèrement abîmé, à l’emballage à peine déchiré ou à la date de péremption imminente. Pour un détail, c’est impropre à la vente et certaines grandes surfaces aspergent même l’intérieur des bennes avec de l’ammoniaque pour tout rendre inutilisable ! Pourtant, la solution est simple pour éviter tout problème : les associations autorisées à récupérer ce que les commerçants ne peuvent plus vendre pourraient signer un contrat déchargeant ceux-ci de toute responsabilité.

 

Pour tenter de réduire au maximum ce gaspillage honteux, il existe d’autres solutions : moins produire, mieux gérer les stocks, mettre en place des rayons à prix cassés la veille de la date de péremption ainsi que des bacs discounts de fruits et légumes imparfaits et mobiliser tous les acteurs de la chaîne, du producteur au consommateur en passant par les supermarchés, les associations de solidarité et les collectivités locales. Il est possible encore de mieux organiser les stocks, d’optimiser les circuits de dons et de lutter contre les dérives de la surconsommation.

 

Dernier point qu’il est nécessaire d’évoquer : la nourriture des animaux. Ceux-ci sont de moins en moins nourris avec des déchets, contrairement à autrefois, à cause de certaines épidémies comme la fièvre aphteuse, en 2001. Au lieu d’interdire cela, la loi ferait mieux d’obliger à faire cuire la nourriture destinée aux bêtes au lieu de les gaver avec du soja cultivé en Amérique du sud, ce qui cause des dégâts irréversibles à l’environnement et accentue la déforestation de la planète. Tristan Stuart projette même d’installer des cochons en plein centre de Londres, de les nourrir avec des déchets et de les faire rôtir ensuite sur place.

Jean-Paul

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:17

Vendredi 16 novembre, à 20h30, le Comité de soutien à Jean-Paul Degache organise la dernière soirée de l’année 2012 à la salle des fêtes d’Ozon. Il s’agit d’une soirée festive avec participation et animation du groupe folklorique "Les Pas Perdus". L'entrée est gratuite.

 

Cet évènement s’inscrit dans la lignée des dernières manifestations proposées puisqu’il s’agit de réunir ponctuellement les amis et soutiens de Jean-Paul afin de donner les dernières nouvelles le concernant et lui témoigner encore et toujours notre plus grand soutien après plus de 1000 jours passés loin de nous.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 15:25

Nous avons demandé à Jean-Paul son ressenti suite aux courriers reçus pour les 1000 jours de détention. Il nous l'a fait parvenir par écrit :

 

Se voir remettre un paquet de 41 lettres et cartes postales le lundi 29 octobre, vers 17 heures, c’est un véritable coup de chaud au cœur et aussi… une excellente occupation pour la soirée. Le vendredi précédent, le 26 octobre, j’avais, déjà, 27 lettres et cartes postales à découvrir et apprécier. Avec ce qui était déjà la veille et ce qui m’avait été remis les 30 et 31 octobre, le bilan de cette opération s’élève à 97 courriers.

 

C’est un merci énorme et chaleureux que je veux adresser à toutes et à tous, sachant que je répondrai mais qu’il faudra être patient.

 

Enfin, je tiens à préciser que ce triste anniversaire a donné l’occasion à 16 nouveaux correspondants de m’apporter leur soutien si précieux.

 

Merci, merci, merci à tous !!!

Vous m’aidez à ne jamais lâcher.

Jean-Paul

 

Jean-Paul nous a également fait parvenir un extrait de ces nombreux courriers ; il a été écrit par ses amis Mireille et Serge.

 

« Bien chers Jean-Paul et Ghislaine,

C’est à vous deux que, ce jour, nous voulons vous dire notre amitié, notre solidarité, notre volonté de ne pas subir.

Comment subir une justice aussi sélective sans crier notre désaccord !

1000 jours de séparation, d’injustice, de chagrin, de peine.

1000 jours pris sur une vie de couple, de famille, d’amitié. C’est dur, très dur, trop dur !

Mais ce seront 1000 jours qui conforteront notre amitié, notre solidarité et notre volonté de renforcer votre couple, votre famille, votre entourage…

Ta dernière lettre me montre que pour toi, Jean-Paul, les choses vont mieux. Tu es occupé, respecté, compris. Bien sûr que l’isolement des tiens te pèse et que tu rêves de rire avec eux… mais il pèse aussi sur Ghislaine, tes enfants, petits-enfants et toute ta famille. Il pèse aussi sur tes amis.

Le moment venu, tu sauras transmettre à Albin (né en octobre 2012) et à tes autres petits-enfants tout ce qui leur a manqué … »

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 09:25

325 000 francs par Roger Vailland, Éditions Buchet/Chastel, 2003,208 pages.

 

Il faut absolument lire ce roman, chef-d’œuvre de Roger Vailland, paru en 1955, et que les Éditions Buchet/Chastel ont eu la très bonne idée de rééditer.

 

Le récit est direct, percutant, efficace et émouvant, de bout en bout. Tout commence par le Circuit cycliste de Bionnas (Jura) qui attire chaque année les meilleurs coureurs de six départements : l’Ain, le Rhône, l’Isère, le Jura et les deux Savoie. Roger Vailland fait vivre la course de façon superbe et met en place, en même temps, tous les protagonistes du drame qui se prépare.

 

Le narrateur et sa femme, Cordélia, rencontrent Marie-Jeanne (25 ans), lingère, petite amie de Bernard Busard (22 ans) qui court sous les couleurs de l’Étoile Cycliste de Bionnas. Dès le départ, la course est palpitante. Le Bressan, un coureur inconnu localement, va se mettre en évidence. Nous le retrouverons tout au long de l’histoire qui permet de prendre conscience des conditions de travail dans les usines de plastique où la presse à injecter permet de mouler des jouets et toutes sortes d’objets.

Busard ne veut pas passer sa vie à l’usine et Marie-jeanne pense comme lui. Un projet de snack-bar, entre Châlon et Mâcon, mobilise toute la détermination de notre homme à qui il manque 325 000 francs pour boucler son budget. Bravant les consignes syndicales, Busard entraîne le Bressan dans son projet fou : se relayer devant une presse, 24h/24, pendant 187 jours, 4 488 heures, afin de mouler  201 960 pièces et gagner chacun 325 000 francs, soit 49 546 euros.

 

L’histoire est haletante, inquiétante, oppressante souvent. Une modification technique sur les presses, visant à réduire le temps de refroidissement entre chaque pièce, impose deux jours de repos à tout le monde. Le Bressan et Busard en profitent pour refaire du vélo ensemble. C’est l’occasion pour ce dernier d’expliquer à son compagnon les subtilités de l’usage du dérailleur…

 

« Lever, détacher, baisser, trancher, séparer, jeter,  » les opérations se répètent à l’infini jusqu’à l’épuisement.

Bonne lecture !

Jean-Paul

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:48

L’éternel débat (Éditorial du vendredi 26/10/2012)

 

Faut-il compter sur l’État pour redistribuer les richesses et l’impôt ou laisser cela à l’initiative individuelle et aux œuvres caritatives ?

 

La question commence à se poser de plus en plus sur notre vieux continent mais c’est aux Etats-Unis d’Amérique qu’elle fait le plus débat. La bataille qui se joue outre-atlantique concerne la redistribution de l’impôt et des richesses à la population. C’est un véritable « procès en socialisme » qui est fait à Barack Obama depuis son arrivée à la Maison Blanche. Ainsi, les libertariens défendent même l’idée qu’il faut taxer les pauvres parce qu’ils prennent trop vite goût aux bienfaits gouvernementaux. Pour ces conservateurs, redistribution signifie usurpation, c’est-à-dire détournement d’un patrimoine chèrement acquis. Ils n’hésitent pas à parler de « moochers », c’est-à-dire de tire-au-flanc, d’assistés, de parasites vivant de l’aide sociale. Eux, bien sûr, ce sont des « makers », ceux qui font, qui produisent et créent des emplois. Rassemblés autour de Mitt Romney, ils trouvent Barack Obama bien trop européen… C’est là qu’apparaît le fossé qui sépare les deux continents. Aux USA, les dépenses publiques représentent 30% du produit intérieur brut alors qu’en Europe, nous en sommes à 45% du PIB.

 

 En fait, les « Étatsuniens » sont quand même philanthropes mais ils veulent choisir à qui ils donnent. Ils préfèrent  «donner à des gens de leur propre race, religion ou ethnie », comme le soulignent deux professeurs d’économie d’Harvard, MM. Alesina et Glaeser.

 

Voilà pourquoi l’élection du 6 novembre sera placée sous le signe de la redistribution, la majorité des républicains mettant en cause le contrat social qui permet de regrouper les ressources pour créer des infrastructures. Tout entre en jeu, comme le contrôle de la qualité de l’eau et des aliments, les autoroutes inter-états, etc… Il ne faut pas oublier que 49 millions d’Étatsuniens bénéficient de Medicare, l’assurance-maladie des plus de 65 ans. Pour les transports, les communications, la police, les pompiers, l’éducation publique, la plupart des habitants des USA comptent sur le gouvernement. C’est tout simplement ce que l’on appelle une civilisation.

 

En fait, cet égoïsme viscéral repose d’abord sur l’ignorance et peut-être aussi sur la volonté de ne pas regarder la réalité en face. Nous dire que cette façon de penser est particulière aux USA serait une grossière erreur parce qu’en Europe, de plus en plus de signes alarmants témoignent d’un égoïsme galopant, d’un repli sur soi, sur un petit cercle de proches, ne pouvant mener qu’à la catastrophe.

Jean-Paul

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