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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 23:00

L’Intranquille Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou

par Gérard Garouste avec Judith Perrignon,

Éditions l’Iconoclaste/Le Livre de Poche

 

9782253156741-T.jpg

 

Que ce livre est dérangeant ! Voilà un fils, devenu peintre célèbre, qui parle de son père ainsi : « Il n’avait pas pu faire héros. Alors, il avait fait salaud. » Cet homme qui avait menacé de tuer sa mère devant ses enfants, s’était servi des biens des Juifs pendant la guerre, notamment des biens de la famille Lévitan.

 

Né en 1946, Gérard Garouste part à la recherche des secrets de famille, s’apercevant, au fur et à mesure de ses recherches, que les tableaux qu’il peindra plus tard, sont fortement reliés à cette histoire mouvementée.

 

Il nous emmène aussi en Bourgogne, chez Éléonore, la sœur de sa mère, où il a connu ses plus beaux souvenirs d’enfance : « Là-bas, l’inquiétant était drôle et le secret un jeu. » Il passe aussi dix ans en pension au collège du Montal de Jouy-en-Josas où il se fait un ami, Patrick Modiano, qui est deux classes au-dessus. Viré alors qu’il est en classe de première, après un chahut monstre, avec quelques camarades dont Jean-Michel Ribes, il va dans une boîte privée où il rencontre Elisabeth qui deviendra sa femme. Ses parents sont juifs.

 

À 20 ans, il écoutait Sartre mais ne savait que dessiner. Plus tard, se tournant vers le monde juif, il apprend l’hébreu et lit la Torah. C’est à ce moment-là, qu’il se définit comme « un Intranquille ». Arrivent alors les premiers coups de folie. « Vivre était tout simplement au-delà de mes forces.» Après la naissance de Guillaume, son fils, commencent dix ans de dépression…

 

Gérard Garouste peint des décors pour le théâtre et ses premiers tableaux ont du succès. Petit à petit, sa réputation grandit, surtout à l’étranger car il expose à New York, à Düsseldorf, à Berlin…Hélas, les crises de folie reviennent et le lecteur partage la douleur, la souffrance de cet homme qui, choqué par la misère, fonde La Source, une association destinée à donner accès à l’art aux enfants. Cette association dure toujours.

 

Merci à Agnès D. pour m’avoir permis de découvrir la vie tourmentée de Gérard Garouste, grâce à la lecture dérangeante mais toujours enrichissante de « L’Intranquille ».

Jean-Paul

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:05

Voici un troisième article paru cette fois-ci dans l'hebdomadaire héraultais La Gazette de Montpellier qui fait écho une nouvelle fois à la bibliothèque de la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone :

 

la-gazette.jpg

Voici le lien qui permet de lire ou relire les deux autres articles parus sur ce sujet.

 

Nous tenons au passage à remercier toutes les personnes qui prennent le temps de laisser un petit commentaire sur le blog. Comme cet article est associé au domaine de la lecture, un grand merci à Charlotte, fidèle lectrice et soutien,  qui envoie régulièrement ses publications à Jean-Paul.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 23:00

Producteurs de café en danger (Éditorial du vendredi 29/03/2013)

 

Loin de nous l’idée de faire de la provocation ou de faire saliver pour rien alors que, derrière les barreaux, le café est interdit, si ce n’est additionné de beaucoup de ricoré mais une maladie ronge les plantations donnant le précieux grain.

 

En effet, depuis plusieurs années, le réchauffement climatique est en train de favoriser l’expansion de la rouille (la roya en espagnol) du café, un champignon destructeur qui touche déjà 60 % des caféiers d’Amérique centrale. Dans cette région du monde qui fournit 14 % de la production mondiale, un désastre est en train de se produire.

 

Cette maladie du café n’est pas nouvelle puisqu’elle a été découverte en 1861, dans l’est de l’Afrique, près du lac Victoria. Elle est arrivée au Brésil en 1970 et, dix ans plus tard, au Mexique. Alors qu’avant, elle ne touchait pas les plantations au-dessus de 800 m, elle cause maintenant des dégâts à plus de 1000 m d’altitude. Les producteurs les plus touchés sont de petits exploitants, dans l’État mexicain du Chiapas où ils se sont spécialisés dans la production de café biologique pour lequel le Mexique est le premier producteur mondial.

 

Or, un traitement à base de fongicides chimiques ferait aussitôt perdre le label Bio à ce café arabica à la saveur si appréciée.

 

Cette rouille du café parasite, décolore et asphyxie les feuilles du caféier. Les spores de ce champignon se déplacent au gré du vent mais voyagent aussi sur les vêtements des journaliers qui vont de ferme en ferme. Les cultures se faisant de plus en plus en plein soleil alors que, traditionnellement, les caféiers s’épanouissaient à l’ombre d’autres arbres, cela facilite l’extension de la maladie. Une solution consisterait à arracher et à replanter une variété d’arabica plus résistante à la roya mais c’est impensable pour tous ces petits producteurs qui n’ont pas les moyens pour un tel investissement.

 

Pour la période 2011 – 2012, la production mondiale de café s’est élevée à 134 millions de sacs de 60 kg dont 81 millions de sacs pour l’arabica et 53 millions pour le robusta. Alors qu’elle était de 128 millions pour 2008 – 2009, cette production devrait atteindre 145 millions de sacs en 2012 – 2013. Le plus gros producteur de café est le Brésil avec 43 millions de sacs, devant le Vietnam. Mexique et Amérique centrale forment la troisième région productrice avec 20 millions de sacs. Honduras, Mexique, Guatemala et Costa Rica se classent dans l’ordre pour la production de café mais l’État mexicain du Chiapas est à lui seul au septième rang mondial avec 2,3 millions de sacs en 2011 – 2012 dont 790 000 de café biologique. C’est pourquoi ses productions sont d’autant plus en danger face à la rouille du café…

 

Jean-Paul

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 23:00

Ma visite à Jean-Paul

 

Samedi 16 Mars, je me suis rendu, accompagné de Ghislaine, à la prison de Villeneuve les Maguelone pour ma première visite au parloir. Ce désir de rencontrer mon ex-collègue et ami Jean-Paul, je l'avais eu dès son incarcération. Mais au départ, seule la famille était autorisée, avant que soit déclarée la condamnation définitive ; ensuite, je ne voulais pas non plus prendre une place qui aurait pu manquer à la famille de Jean-Paul qui est nombreuse, en sachant qu’il n’y a qu’un parloir hebdomadaire.

 

N'ayant jamais été amené auparavant à connaître l'univers carcéral, c'était pour moi une aventure personnelle inattendue. Tout au long du voyage aller, de nombreuses interrogations se bousculaient en moi :

- quelles formalités contraignantes allais-je devoir affronter avant le parloir ?

- dans quel état de vétusté ou de délabrement allais-je trouver les locaux pénitentiaires ? Les images de reportages télévisés me revenaient…

- et surtout dans quel état physique et moral allais-je trouver Jean-Paul au parloir ?

 

Je dois reconnaître que malgré leur côté déplaisant, les deux premières craintes se sont révélées moins pires que je les avais imaginées… Toutefois, j’ai pu mesurer les côtés très stricts au niveau des mesures de précaution : se démunir de tout objet comme montre, ceinture, chaussures, etc… Et puis il y a le temps d’attente : avant de franchir le sas, dans les pièces avant notre entrée au parloir, avant la venue des prisonniers, avant de ressortir…

Mais au final, j’ai trouvé que tout cela avait été accompli avec fermeté mais aussi humanité… Les locaux, sans être magnifiques, étaient corrects et notre parloir fut assez intime pour une conversation détendue….

 

Mais revenons au principal : comment allais-je trouver Jean-Paul quand je serais face à lui ?  Parviendrais-je à lui dire tout ce que j'avais pensé ? Comment ces trois longues années d'incarcération, déjà, avaient agi sur son physique et son moral ?

 

Le serrant très fort dans mes bras dès son entrée, j'ai retrouvé le Jean-Paul que je connaissais : bien physiquement, toujours lucide par rapport à sa situation, déterminé à résister à toutes ces contraintes.

 

Je ne rentrerai pas plus dans les détails de notre conversation, mais je peux affirmer que notre aide, membres du comité et autres, est un soutien essentiel pour lui. Et il ne tarit pas  de remerciements à ce sujet. Etant présent avec son épouse Ghislaine (dont il n'a guère lâché la main pendant tout le temps de parloir), j'ai pu apprécier aussi le soutien fondamental qu’elle et sa famille entière lui apportent (visite de ses petits enfants dernièrement dont le dernier de quelques mois s'est endormi dans ses bras…).

 

Je ne sais combien de temps encore durera ce supplice infligé à Jean-Paul ? Comment les autorités pénitentiaires apprécieront un jour son comportement exemplaire ? Mais je peux affirmer que nous continuerons à apporter notre soutien indéfectible à Jean-Paul, innocent injustement condamné.

 

Enfin, merci à vous tous qui soutenez Jean-Paul, membre ou non du Comité de soutien, vous qui êtes là, année après année, pour soutenir Jean-Paul. Nous avons toujours besoin d’être unis pour surmonter cette épreuve injuste.

 

Plus que jamais, notre mot d'ordre est : NE JAMAIS LÂCHER

           Gilbert Risson, le 20 mars 2013

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:00

Voici deux articles, issus de la presse régionale, vantant le développement de la bibliothèque de la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelone.  Nous vous les proposons ci-dessous (cliquer dessus pour les agrandir), bonne lecture !


     Article du Midi Libre du 26 mars 2013article bibliothèque 2 

 

 

Article de L'Hérault du jour du 27 mars 2013article bibliothèque        

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:06

Rouge Brésil par Jean-Christophe Rufin, Éditions nrf, Gallimard, 2001, 601 pages

 

49428.jpg1555. alors que les Portugais, à la suite de Cabral, commençaient à s’installer au Brésil, quelques sujets du roi Henri II tentent d’aller fonder, là-bas, une nouvelle France pour pouvoir continuer à exploiter ce bois rouge qui donne la couleur aux tapisseries des frères Gobelins.

 

Le chevalier de Villegagnon (ordre de Malte) prend la tête de l’expédition mais a besoin d’enfants qui pourront apprendre très vite la langue des Indiens. Just et Colombe sont de ceux-là, tous orphelins. En pleine Renaissance, ils ont été élevés en Italie, avec leur père, disparu depuis. Leur domaine de Clamorgan est à l’abandon et la tante à qui ils ont été confiés est toute heureuse de se débarrasser des deux ados de 15 et 13 ans, leur faisant croire qu’ils pourraient retrouver leur père de l’autre côté de l’Atlantique. Pour qu’ils soient acceptés dans l’expédition, ils sont rajeunis de deux années chacun et Colombe devient Colin après avoir coupé ses cheveux car les filles ne sont pas admises.

 

La traversée n’est pas sans risque entre ceux qui complotent, avec les tempêtes, les maladies, les disputes et le rationnement d’eau comme de nourriture. Comme il le fait tout au long du livre, Jean-Christophe Rufin décrit tout ce qui se passe avec talent et la lecture n’est jamais lassante, toujours passionnante.

 

Enfin, la terre est en vue après trois mois et demi de navigation depuis Le Havre. Cinquante ans plus tôt, les Portugais qui sont arrivés dans la baie de Ganabara, au mois de janvier, ont cru voir l’estuaire d’une rivière. C’est pourquoi ils ont appelé ces lieux Rio de Janeiro.

 

Pour plus de sécurité, Villegagnon décide de débarquer sur une île déserte afin de pouvoir se mettre à l’abri de tous les dangers que recèle la forêt dense. Dès que les Français rencontrent des Indiens, leur premier souci est de les habiller…

 

Pendant ce temps, on complote contre la France, à Venise et la cour du roi du Portugal. L’histoire de cette tentative de colonisation est dense, truffée d’anecdotes. L’auteur s’attache à bien décrire la vie de ces Indiens que les Européens ne considèrent pas vraiment comme des êtres humains, ne se gênant pas pour les exploiter et les asservir. Colombe est la plus curieuse. Elle nous emmène à la découverte de quelques tribus, se fait des amis et adopte le mode de vie de ceux qui l’accueillent. Pendant ce temps, un bateau a amené des renforts sur l’île, des Calvinistes qui ont fui les persécutions dont sont victimes les Protestants en France . leur présence va créer de plus en plus de conflits et les choses vont se gâter. La France antarctique, comme il avait été décidé de l’appeler à l’époque, est un échec.

 

Jean-Christophe Rufin, basant son récit sur une histoire vraie dont il n’oublie pas de citer les sources à la fin du livre, a réussi un passionnant roman. L’adaptation télévisée diffusée par France 2 en janvier 2013, a eu le mérite de remettre en avant cette histoire mais, comme c’est souvent le cas, l’a bien trop résumée et parfois transformée. Que vous ayez vu Rouge Brésil à la télévision ou pas, la lecture du roman de Jean-Christophe Rufin s’impose.

 

Un grand merci à Gwen qui m’a permis de lire ce livre.

Jean-Paul

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 11:28

Coopérer pour l’eau (Éditorial du vendredi 22/03/2013)

 

22 mars, « journée mondiale de l’eau ».

 

Chaque année, sous l’impulsion de l’Organisation des nations Unies (ONU), tous les États membres sont invités à agir pour sensibiliser les populations à un problème de plus en plus critique : l’eau sur notre planète.

 

Cette année, l’ONU axe cette journée mondiale sur la coopération dans le domaine de l’eau. Vaste programme, ambition louable mais bien difficile. Comme cela a été affirmé à de nombreuses reprises, le partage de l’eau sur cette Terre est une condition essentielle à la paix. Le besoin de chaque être humain en eau est quelque chose de tellement vital qu’il faudrait bien plus d’une journée pour s’en préoccuper. Bien entendu, cette coopération conditionne le développement durable de tous les pays en difficulté.

 

S’il est difficile aujourd’hui de parler de pays riches, l’ONU peut s’adresser aux pays développés qui doivent œuvrer en faveur de la réduction de la pauvreté partout où cela est possible. Hélas, cette première partie du XXIe siècle est plutôt placée sous le signe de la crise, crise qui réveille tous les égoïsmes, jusqu’aux plus vils.

 

Cette journée de l’eau devrait être l’occasion pour chacun de se sentir un peu plus, chaque jour, citoyen du monde, pour toujours plus d’équité sur notre planète.

 

Quand tout semble s’effondrer dans nos pays développés, il n’est pas facile de penser en termes de retombées économiques alors que nous sommes capables d’élargir considérablement notre horizon en apportant nos compétences à ceux qui souffrent du manque d’eau. Préserver les ressources en eau, protéger l’environnement, ces valeurs deviennent de plus en plus indispensables et pourtant une grande majorité des êtres humains vivant sur cette terre n’a pas encore pris conscience de cette évidence, condition essentielle à la construction de la paix.

 

L’eau seule est éternelle (Yun SON-DO)

 

La tâche est tellement immense qu’une seule journée est insuffisante, c’est pourquoi l’ONU demande à ce que l’action pour la coopération dans le domaine de l’eau dure toute l’année. Le but des célébrations programmées pour ce 22 mars 2013 est de sensibiliser chaque citoyen au niveau local de la nécessité de cette coopération avec les plus démunis. Cette prise de conscience n’est pas la chose la plus aisée à obtenir au moment où tant de gens se débattent dans des problèmes semblant s’accumuler avec un malin plaisir, les riches devenant de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres.

 

Pourtant, il est certain qu’un peu partout dans le monde, des solutions innovantes existent et qu’elles ne sont pas connues. La coopération dans le domaine de l’eau devrait commencer par cette mise en commun des compétences et des savoirs en bannissant la notion de profit. Le rôle de l’ONU serait de collecter tout cela et de faciliter l’accès à la connaissance pour que ces solutions déjà trouvées et mises en œuvre profitent au plus grand nombre.

 

La tâche est immense mais elle a le mérite d’être mise en chantier alors que,  pendant trop longtemps, le problème de l’accès à l’eau a été négligé et le gaspillage de cette ressource vitale développé. La prise de conscience s’est concrétisée au sommet de Rio de Janeiro (Brésil), en 1992, et cette journée du 22 mars 2013 n’est qu’une étape dans une action qui devra continuer à s’amplifier tout au long du siècle en cours.

 

Jean-Paul

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 12:28

Nous vous proposons un nouvel extrait de courrier écrit par Jean-Paul à des amis. Merci à eux de nous l'avoir transmis et bonne lecture.

 

Vilanova da Magalona, lo 19 de mars 2013,

 

Mes chers amis,

 

Je m'étais régalé, D., en lisant ta lettre ferroviaire et je viens de la relire avec beaucoup d'intérêt. Ce n'était pas décousu et tu as bien fait de profiter de ce voyage aller-retour pour me détailler autant de choses.

 

Mon train à moi fait trop de sur place...

Quand je dis que l'on se plaint de la surpopulation des prisons et qu'on ne fait rien pour y remédier, on me répond que ce sont les petites peines auxquelles il faut s'attaquer. Pourtant, je vois régulièrement des gars qui reviennent et qui repartent pour quelques mois...Des habitués en quelque sorte.

Je me sens complètement démuni... Je pense très fort à Ghislaine qui n'en peut plus de tout ce temps...

Samedi dernier, j'ai pu la revoir après une interruption d'un mois parce qu'elle s'est effacée pour que nos petits-enfants viennent me voir. C'est ainsi que j'ai pu enfin faire connaissance d'Albin, mon petit-fils, né le 8 octobre dernier. Quand il m'a vu arriver, derrière la porte vitrée du box, il m'a offert un immense sourire, comme s'il me reconnaissait ! Pour moi cela a été un moment de bonheur intense qui s'est prolongé durant l'heure et quart que nous avons passée ensemble. En effet, j'ai pu le tenir dans mes bras durant tout ce temps et il s'est même endormi... Quand le moment toujours douloureux de se séparer est arrivé, il était bien réveillé et me souriait à nouveau. Ensuite, j'ai pu revoir Jeanne (4 ans), ma petite Grenobloise, avec Simon. Puis, c'est la grande soeur d'Albin, Emma (5 ans) qui est venue avec ses parents. Nous détaillons ensemble fiches et cahiers de l'école maternelle puis nous jouons un peu mais ce serait tellement mieux à la maison !

Ce matin, il y avait une conférence sur l'eau mais je n'ai pas pu la suivre parce que j'étais bloqué à la bibliothèque. Pour l'écriture tu peux m'envoyer tes chroniques que je lirai avec plaisir.

Je n'oublie pas de te remercier pour la belle carte du lac d'Annecy reçue deux jours avant mais depuis, plus rien. Comment allez-vous ? J'espère que vous avez bien surmonté les rigueurs de l'hiver et que ta maman se porte bien. Quant à A. et M., je n'ai toujours pas de leurs nouvelles mais je suppose qu'ils sont bien occupés. Donnez-leur mon bonjour dès que vous les verrez.

...

Après ces quelques nouvelles, je vous embrasse bien fort.

Jean-Paul

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:42

Certaines n’avaient jamais vu la mer par Julie Otsuka

(traduit de l’anglais par Carine Chichereau)  Éditions Phébus, 2012, 144 pages

9782752906700

 

Julie Otsuka, pour son deuxième roman, nous livre un formidable concert polyphonique où se mêlent des visages, des voix, bref, les vies de toutes ces Japonaises qui ont quitté le pays avec l’espoir d’une vie meilleure.

 

Cela s’est passé au début du siècle dernier. Ces filles étaient presque toutes vierges. La plus jeune avait à peine 12 ans et la plus âgée, 37, mais elles ne voulaient pas retourner travailler dans les rizières. Leurs sœurs aînées, plus belles avaient été vendues comme geishas. Elles rêvaient d’un fiancé vivant là-bas, aux Etats-Unis, un homme qu’elles ne connaissaient qu’en photo et grâce à quelques lettres. Pour elles, « mieux valait épouser un inconnu en Amérique que de vieillir auprès d’un fermier du village. » Leur mère marchait trois pas derrière leur père, chargée de paquets alors que lui ne portait rien. Il y en a même qui ont laissé sur place un enfant…

 


La traversée jusqu’au port de San Francisco, est longue mais l’arrivée, « La première nuit », est un chapitre impressionnant. Tout y est. Comme tout au long du livre, l’auteure révèle une maîtrise extraordinaire pour nous faire suivre cette terrible expérience : « Ils nous ont prises… », pour conclure : « Ils nous ont prises en vitesse, de façon répétée, toute la nuit durant, et au matin, quand nous nous sommes réveillées, nous leur appartenions. »

 

Elles espéraient épouser des banquiers et les voilà mariées à des ouvriers agricoles qui les emmènent travailler dur dans les champs. Elles apprennent leur premier mot d’anglais : « water », pour ne pas mourir de soif. Surtout, elles appartiennent à la catégorie des invisibles. Si elles avaient su… Pour rassurer leur mère, elles écrivent que tout va bien mais elles triment, exploitées jusqu’à l’épuisement. Elles ont des enfants qui vont à l’école, apprennent l’anglais, oublient le japonais, changent leur prénom et deviennent Américains.

 

Tout cela n’est rien encore à côté de ce qui va survenir avec la seconde guerre mondiale et après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Déjà mal vus, les Asiatiques d’origine japonaise sont considérés comme des traîtres. Ils commencent à effacer leurs noms des boîtes aux lettres, des hommes disparaissent, leurs comptes sont gelés par les banques, les laitiers ne livrent plus. Tout ce qui rappelle le Japon doit disparaître. En ville, leurs fils portent un badge où il est inscrit : « Je suis Chinois. » Tous se préparent à un départ précipité. Pourtant, ils participent à l’effort de guerre en fournissant fruits et légumes pour les soldats.

 

Dès qu’ils quittent leurs maisons, celles-ci sont aussitôt pillées et dévastées. On dit qu’ils sont dans les montagnes, dans les déserts du Nevada, de l’Utah, de l’Idaho, du Wyoming… Ainsi s’achève cette histoire incroyable remarquablement racontée, comme un chant choral, permettant de rappeler le souvenir de toutes ces femmes dont la vie a été bouleversée.

 

Jean-Paul

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:57

Barack Obama, les armes en priorité (Éditorial du vendredi 15/03/2013)

 

Quatre ans après la première élection d’un président noir à la tête des Etats-Unis, l’enthousiasme n’est plus le même. S’il y avait 2 millions de personnes à Washington pour la première investiture de Barack Obama, elles n’étaient plus que 800 000 le 21 janvier dernier pour fêter sa seconde prestation de serment. Malgré tout, cette baisse d’attractivité n’a rien d’inquiétant car il en est de même pour chaque début de nouveau mandat.

 

Que va bien pouvoir faire ce président réélu ? S’il a pu entreprendre la réforme de la santé et celle des services financiers entre 2009 et 2013, le voilà confronté au problème du contrôle des armes à feu après les dramatiques événements de newton, dans le Connecticut. 27 personnes dont 20 enfants, ont été abattues par un homme armé. Une tuerie de plus qui oblige Barack Obama à traiter un problème qui ne faisait pas partie de ses priorités. Son Vice-président, Joe Biden, tente de traiter avec le lobby pro-armes à feu, la NRA (National Rifle Association), et l’on parle d’interdire les chargeurs de grande capacité ainsi que les armes d’assaut, comme cela avait déjà été fait entre 1994 et 2004. Aussi, Joe Biden a rencontré les responsables des forces de l’ordre et des partisans du contrôle des armes.

 

Avec une majorité républicaine à la Chambre des Représentants, rien ne sera facile pour le Président réélu qui devrait annoncer la réduction automatique des dépenses publiques et faire voter l’augmentation du plafond de la dette. L’autre grande réforme attendue  porte sur la loi concernant l’immigration. En effet, si une nouvelle loi facilitant l’immigration n’est pas adoptée par le Congrès (Sénat + Chambre des Représentants) avant le mois d’août, ce sera trop tard puisque le scrutin de mi-mandat prévu en novembre 2014 fera redouter aux élus un engagement sur un sujet ne faisant pas l’unanimité. Malgré le fait que Obama a rappelé en décembre que cette réforme faisait toujours partie de son projet.

 

Aussi, il est important de s’attarder sur la nouvelle équipe entourant le Président pour savoir quelle est la tendance. Et il s’avère que la rupture avec l’époque Bush s’accentue de plus en plus : Chuck Hagel, 66 ans, vétéran du Vietnam, en charge de la Défense, s’était opposé à la guerre en Irak et a pris position contre le lobby juif. John Kerry, 69 ans, ex-candidat malheureux face à George W Bush en 2004, s’occupe pour sa part des Affaires étrangères et s’avère être un bon diplomate, porté sur le dialogue. Le responsable de la CIA, John Brennan, 57 ans, est un fervent partisan de l’utilisation de drones militaires et compte à son passif, l’approbation de l’usage de la torture sous G.W Bush… Enfin, Jack Lew, 57 ans, ex-directeur du budget, s’occupe des finances et a la réputation d’être un négociateur hors-pair. Ainsi, le Président n’a placé que des hommes blancs aux postes clés. Écartées de ceux-ci, les femmes sont cantonnées à des fonctions subalternes et cela ne manque pas d’inquiéter tous ceux qui prônent une répartition plus égalitaire des responsabilités.

Jean-Paul

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