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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 16:56

Pas rentables (Éditorial du vendredi 8/02/2013)

 

Les amateurs n’ont pas manqué d’être surpris en constatant toutes ces tribunes vides ou bien peu garnies lors des premiers matchs de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui a débuté au mois de janvier, en Afrique du Sud.

 

Se pose alors la question de l’utilisation de ces grands ensembles voués au sport et au spectacle et construits pour la Coupe du Monde 2010. Dans cet immense pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 50 € par mois, il est facile de comprendre les difficultés rencontrées par les gens pour acquérir des places au stade.

 

L’exemple le plus surprenant vient du Cap qui a refusé d’accueillir le moindre match parce que cela lui aurait coûté 5,2 millions d’euros. Là-bas, on n’a pas oublié que ce bel écrin est revenu à 440 millions d’euros dont 60 à la charge de la ville et que son entretien, en 2012, s’est monté à 3,4 millions d’euros. À Polokwane, dans le nord du pays, ce même entretien demande une dépense de 2 millions d’euros chaque année et c’est ainsi pour chaque infrastructure sportive. Dans le stade de Mpuwalanga (ex-Nelspruit), près du Mozambique, où quatre matchs de la Coupe du monde avaient été joués, 45 rencontres de foot ou de rugby se sont disputées depuis avec 15 000 spectateurs de moyenne pour 45 000 places.

 

Finalement, le seul grand stade rentable est Soccer City à Johannesburg, avec ses 90 000 places. S’y sont déroulés deux matchs de poule avant d’abriter la finale de la CAN mais aussi un concert des Red Hot Chili Peppers. Tout au long de l’année, ce stade accueille les matchs des Springbocks, l’équipe de rugby d’Afrique du Sud, et différentes finales nationales mais aussi des séminaires.

 

Revenons au Cap et à Durban où les grands clubs de rugby (Sharks, Western Province) n’ont pas été consultés avant la mise en place de ces nouvelles infrastructures sportives et refusent de déménager. Malgré tout, l’enceinte Moses-Mabhida de Durban coûte deux millions d’euros par an mais elle a un bon impact économique sur la région pour les commerçants, les jours de rencontres et de concerts. De plus, au bord de l’Océan Indien, la construction de Moses-Mabhida avait permis la réhabilitation du front de mer et l’élimination de l’insécurité.

 

Enfin, même si c’est désagréable, il faut rappeler Knysna et la visite d’une demi-heure, par les bleus, au township de Dam Se Bos. Nos représentants avaient promis, ce jour-là, de financer la réfection du terrain avec installation d’une pelouse synthétique là où, chaque semaine, jouent huit équipes. Tous les financements n’étaient pas trouvés mais la Fédération Française de Football (FFF) devait verser 100 000 € en deux fois, pour un coût total de 500 000 €, la ville, l’État et le privé devant compléter. En septembre 2010, la FFF a versé 50 000 €, somme qui a permis de rénover sanitaires et vestiaires. La suite du projet ayant été abandonnée, le solde ne sera pas versé mais le gouvernement français a envoyé trois entraîneurs qui ont formé trente cadres locaux pour un coût total de 200 000 €.

 

Une note positive en entraînant une autre, nous conclurons en soulignant que l’impact d’une belle enceinte sportive, dans tous les pays, ne se mesure pas qu’en rentabilité. Cela peut être source de fierté pour la population et permettre d’organiser de grandes célébrations ou manifestations culturelles…

Jean-Paul

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 08:15

Le sermon sur la chute de Rome par Jérôme Ferrari  Éditions Actes Sud, 2012, 208 pages

 

le-sermon-sur-la-chute-de-rome-jerome-ferrari-9782330012595.gif« Le monde est comme un homme : il naît, il grandit, il meurt… Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités. »Saint-Augustin écrivait cela en l’an 410… Jérôme Ferrari, ce professeur de philosophie qui enseigne aujourd’hui au lycée français d’Abou Dabi, note cet extrait du sermon de ce grand homme avant de nous présenter d’abord Marcel Antonetti observant une photo de sa famille prise en 1918, dans la cour de l’école de son village. Il est là, avec sa mère et ses cinq frères et sœurs, pendant que son père est prisonnier en Allemagne dont il ne rentrera qu’en février 1919. Marcel revoit son enfance, ses maladies, l’école qu’il adore et son frère Jean-Baptiste, parti sur les océans. Avec de longues phrases, sans paragraphe, l’auteur emmène le lecteur au rythme de son style fluide et prenant.

 

Dans ce village de moyenne montagne, pas très loin de Propriano, comme celui dont est originaire Jérôme Ferrari, le bar n’a pas ouvert ce matin-là. La gérante est partie au milieu de la nuit et la propriétaire décide de le mettre en gérance. Libero, fils d’immigrés sardes, a grandi ici et rêve du continent. Mathieu, petit-fils de marcel Antonetti, est né à Paris mais rêve de revenir en Corse. Ils ont fait tous les deux des études de philosophie et ont partagé ensemble toutes leurs vacances.ils décident de tout plaquer pour diriger ce bar où ils espèrent créer un monde idéal.

 

Rapidement, ils mettent tout en place, grâce à Marcel qui accepte de payer les deux premières années de gérance. Annie, serveuse expérimentée, fidélise la clientèle masculine et quatre étudiantes en vacances sont recrutées pour le service. Un bachelier tout frais émoulu de terminale se charge de l’animation musicale, à la guitare, et Annie sait bien le récompenser… Malgré l’arrivée brutale de l’hiver, le bar poursuit son activité et ne désemplit pas. Hélas, Mathieu boit de plus en plus et passe ses nuits avec les serveuses. Sa sœur, Aurélie, voit juste lorsqu’elle revient du chantier de fouilles qu’elle mène en Algérie…

 

Ainsi, se développe toute une histoire qui est émaillée de retours en arrière pour découvrir la vie de Marcel au Mont-Cassin, en Afrique et à Paris, ainsi que l’histoire d’amour des parents de Mathieu. Au final, Jérôme Ferrari délaisse un peu la Corse pour nous ramener à Hippone, à l’époque où Saint-Augustin pense que « ce monde est mauvais et ne mérite pas que l’on verse des larmes sur sa fin » mais que « les mondes passent l’un après l’autre, des ténèbres aux ténèbres et que leur succession ne signifie peut-être rien. »

 

Finalement, ce Sermon sur la chute de Rome, livre peu impressionnant par sa taille, foisonne d’évènements et d’épisodes toujours décrits avec justesse et humour, une histoire empreinte d’une juste philosophie de la vie.

Bonne lecture !

Jean-Paul

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 00:01

L’incertitude malienne (Éditorial du vendredi 1/02/2013)

 

Le continent africain monopolise l’attention depuis le début de cette année. L’intervention militaire de la France, à la demande du gouvernement malien, risque de durer tant que la menace des rebelles islamistes pèsera sur le pays. Rendue nécessaire par l’avancée d’une coalition constituée autour d’Al-Qaida au Magreb islamique (Aqmi), c’est une véritable guerre qui se déroule sur le terrain.

 

Le Mali faisait partie de l’Afrique occidentale française (Aof), une fédération de huit colonies françaises qui dura de 1895 jusqu’en 1958. C’est en 1960 que le Mali est devenu indépendant, semblant installer une démocratie stable, surtout depuis 1992, année des premières élections libres et ceci malgré les coups d’état ou renversements du pouvoir. En mars 2012, peu avant l’élection présidentielle, le capitaine Amadou Haya Sanogo a pris le contrôle de la présidence, dissous les institutions et suspendu la Constitution. Le président en place depuis 2003, Amadou Toumani Touré, a dû s’en aller et c’est Dioncounda Traoré qui assure l’intérim.

 

Dans le nord du pays, depuis longtemps, les Touaregs, un peuple berbère constitué principalement de pasteurs nomades, revendique l’indépendance de l’Azawad, un territoire couvrant les régions de Tombouctou, Kidal et Gao.

À ce mouvement de libération, se sont joints plusieurs mouvements islamistes pour le jihad en Afrique regroupant les combattants venus d’autres pays que le Mali. Leur avancée vers le sud commençait à menacer la capitale, Bamako, et s’accompagnait de l’application de la charia en lieu et place des institutions maliennes.

 

La France a déployé 2 500 hommes pour soutenir l’armée malienne et, plus important encore, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), commandée par le général nigérian, Sheghu Abdulkadir, est active sur place avec des hommes venus du Nigéria, du Togo, du Niger, du Burkina Faso, du Bénin, du Ghana, de Guinée et du Sénégal, soit environ 3 000 soldats auxquels s’ajoutent 2 000 Tchadiens. L’assistante technique des pays occidentaux facilite le déploiement de ces forces africaines dont la présence est importante tant au niveau politique que symbolique.

 

Liée directement ou non à cette opération de reconquête, la tragique prise d’otages sur le site gazier de In Amenas, en Algérie, à 1 300 km au sud-est d’Alger, est venue montrer, si besoin en était, toute la gravité de la situation au Sahel.

 

Guerres et batailles s’enchaînent sans cesse sur notre planète mais il y a quelques jours, la France et l’Allemagne fêtaient solennellement 50 ans d’amitié et de coopération. Bien qu’imparfaite, cette réussite, après les guerres parmi les plus meurtrières que notre monde ait  connues, mérite d’être soulignée. Il faut écouter les chansons de Barbara (À Göttingen) et Jean-Jacques Goldman (Né en 17 à Leidenstadt) et sans cesse réactiver les liens tissés entre deux pays qui constituent la base de l’Union européenne. L’Office franco-allemand pour la jeunesse (Ofaj) s’y emploie avec constance et efficacité depuis longtemps et son action mériterait d’être plus souvent valorisée.

 

Jean-Paul

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:52

OMBLINE  de Stéphane Cazes (2012)

 

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Le Festival International du 1er film d’Annonay (07) programme un film passé relativement inaperçu lors de sa sortie en septembre 2012, à cause d’une programmation limitée à 38 salles dans l’hexagone, tout en triomphant dans tous les festivals où il est projeté.

 

Pourtant, pour son premier film, Stéphane Cazes signe une œuvre forte, avec une description du milieu carcéral particulièrement réaliste.

 

Ombline Morin, incarnée avec brio par Mélanie Thierry, condamnée à 3 ans de prison, accouche en Maison d’Arrêt de son fils Lucas. Comme le prévoit la loi, elle décide de le garder jusqu’à ses 18 mois, au bout desquels elle souhaite que sa meilleure amie, Rita, s’en occupe. Elle va passer ainsi dans le quartier de la nurserie, où  elle côtoie d’autres jeunes mères,  elles aussi détenues.

 

 

S. Cazes a collaboré avec l’administration pénitentiaire pour monter ce film dans lequel on retrouve sa prédilection pour le documentaire, tout en tenant le spectateur en haleine quant au devenir d’Ombline et de Lucas. Il a tourné dans la prison désaffectée de Saint-Michel, à Toulouse, mais a aussi réalisé durant deux semaines, un atelier théâtre, avec Mélanie Thierry, à la prison de Fleury-Mérogis. Depuis 2002, il s’est imprégné du milieu carcéral à travers ses rencontres, ses lectures, la participation à plusieurs colloques, et chaque plan, chaque séquence sonne juste. Le milieu de la prison est décrit avec justesse, entre résignation et espoirs. De la vie en cellule au trop court moment du parloir, Ombline permet ce que le documentaire peut difficilement donner : appréhender la prison avec le regard du détenu.

 

Corinne Masiero (qui s’était révélée au grand public dans Louise Wimmer), qui interprète Sonia, détenue violente et au vocabulaire fleuri, vient marquer de son talent la 2ème partie du métrage.

Sans jamais sombrer dans le pathos, ni dans les grandes envolées larmoyantes, Ombline prend aux tripes, tout en gardant présent l’espoir de la sortie, et le retour à une vie loin des barreaux et des souffrances.

 

Le film est programmé au cinéma Les Nacelles, à Annonay, aux dates et horaires suivants :

 

Dimanche 10 février, à 10H00

Lundi 11 février, à 18H30

 

Le nombre de places dans la salle étant relativement restreint, il est conseillé d’arriver tôt !

 

                   

 
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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:48

La tête en friche par Marie-Sabine Roger,

Éditions du Rouergue-Collection La brune, 2008, 217 pages

 

Quelle bonne surprise de découvrir le livre qui a inspiré le film de Jean Becker où Gérard Depardieu joue le rôle principal !

 

Ici, Germain Chazes nous raconte son histoire qui est à la fois simple et extraordinaire. Ce quadragénaire d’1,89m pour 110 kg de muscles adopte Margueritte qui aura bientôt 86 ans : « Valait mieux ne pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir. » Il est heureux de ces liens qui se tissent, pour avoir des obligations familiales… Bien sûr, il a une mère mais mieux vaut laisser au lecteur le soin de découvrir ce qu’il en dit. Quant à son père, il ne l’a jamais connu : « il a fait son affaire à ma mère et basta ! »

 

Avec Margueritte, il découvre la tendresse et l’affection, sentiments qu’il ignorait auparavant. Il y avait bien Annette mais il lui restait encore beaucoup de chemin à faire… Marie-Sabine Roger, comme à son habitude, distille les réflexions savoureuses. C’est émouvant et pathétique parfois. Elle sait aussi être sensuelle, drôle et triste à l’occasion.

 

Germain étant fâché avec l’école, il est analphabète, et voilà que Margueritte commence à lui lire des extraits de livres, des citations sélectionnées pour lui. Elle commence par La Peste  d’Albert Camus. Elle lit et il est piégé, un véritable cinéma se déroule dans sa tête. Quand elle lui offre le livre, c’est la première fois que ça lui arrive et il le lit par morceaux, privilégiant les passages soulignés en rouge par Margueritte.

 

C’est le début d’une formidable aventure qui va déboucher sur l’utilisation du dictionnaire, un livre qui fait voyager parce que chaque mot renvoie à d’autres et que cela peut être sans fin. Voilà que Germain découvre la bibliothèque municipale où, pour la première fois, il va emprunter un livre, un épisode qui vaut le détour. Ainsi, au fil des découvertes, Germain se révèle à lui-même et aux autres. Certaines séances, au bar « Chez Francine », ne manquent pas de piquant. De rencontre en rencontre, l’amitié entre Germain et Margueritte grandit : « Et je me dis que tenir à une grand-mère, ce n’est pas plus reposant que tomber amoureux. »

 

Ce n’est qu’une des nombreuses réflexions dont Marie-Sabine Roger régale le lecteur. Il faut alors, sans délai, lire La tête en friche !

Jean-Paul

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 21:18

Jean-Paul a reçu, il y a une dizaine de jours, sa 3000ème lettre depuis mars 2010. Leurs auteurs, Damien et Sonia, ont accepté la diffusion de plusieurs extraits de ce courrier et nous les en remercions sincèrement. Merci également à vous tous qui utilisez votre plume pour soutenir Jean-Paul.

 

22 janvier 2013

"Bonjour Jean-Paul,

Tout d’abord, nous te souhaitons avec Sonia tous nos vœux de santé, de bonheur et d’espérance. La santé car comme tout le monde le dit : quand la santé va tout va, et quand on a connu quelques pépins, on comprend mieux tout le sens de cette expression ! Le bonheur, car j’espère que malgré la situation, tu ne te prives pas de connaître quelques moments de bonheur, quels qu’ils soient. Que ce soit avec tes proches lors des visites ou les amitiés que tu as pu nouer, tous ces bons moments sont importants. Et enfin l’espérance, celle qui nous fait continuer le combat pour qu’un jour, le plus rapidement possible, tu retrouves ta liberté. […]

 

D’ailleurs cela nous fait penser qu’on ne t’a pas félicité pour ta nouvelle prise de grade, celle d’être papi pour la 3ème fois ! J’ai vu Albin pendant les fêtes et les parents ont bien travaillé. Je ne  sais pas si tu as déjà pu le voir, mais tu dois avoir hâte de pouvoir le serrer dans tes bras.

 

Le soutien est toujours inépuisable et le combat permanent. On prend toujours de tes nouvelles et on espère toujours que le temps passe plus vite ou que la peine soit réduite. Tout le monde a hâte de te voir libre !"

Damien et Sonia

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:32

Benzos, qu’es acò ? (Éditorial du vendredi 25/01/2013)

 

Un peu avant la fin de l’année dernière, nous avons vu fleurir des affiches très intrigantes avec un mot barbare, Benzos, bien en évidence. Cette campagne d’affichage est destinée à attirer notre attention sur les dangers d’une mauvaise utilisation de ces psychotropes dont le nom complet est benzodiazépines.

 

Jusque-là, cela reste encore trop vague, trop technique mais si l’on cite les noms des médicaments contenant ces molécules, cela s’éclaire aussitôt : Temesta, Lexomil, Xanax… mais aussi Rohypnol, Tranxène, Rinotril, ces trois derniers n’étant délivrés que sur ordonnance sécurisée.

 

Les Français, c’est bien connu, sont les champions d’Europe pour la consommation de tranquillisants et de somnifères. 22 psychotropes sont en vente dans notre pays pour traiter l’anxiété, les troubles du sommeil, l’épilepsie ou encore les contractures musculaires douloureuses. En 2010, 1 Français sur 5 en consommait. Or, deux études récentes laissent apparaître des risques de démence en cas de consommation prolongée. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’envoyer un courrier de mise en garde à 75 000 généralistes, 2 500 neurologues et 12 000 psychiatres pour leur rappeler les règles de prescription et de bon usage des benzodiazépines. Pourtant le Vidal, véritable bible du médicament, met bien en garde les médecins à propos des interactions médicamenteuses, de la dépendance, des risques de chute, de perte de mémoire et de troubles cognitifs et du comportement pouvant être causés par ces benzos qui représentent 50,2% des anxiolytiques, 37,8% des hypnotiques et 4,8% des antiépileptiques.

 

Quand les benzos sont arrivés sur le marché, au cours des années 1960, ils ont été accueillis comme des produits miracles en comparaison avec les barbituriques utilisés à l’époque, des médicaments très toxiques. Hélas, le piège, c’est la dépendance car la plupart des gens qui y ont recours en redemandent toujours plus. Les durées ne sont pas respectées et les médecins ont du mal à refuser ou à limiter les prescriptions. Tout sevrage brutal peut avoir des conséquences désastreuses. Il faut donc en parler, informer sur les risques potentiels de démence et faciliter l’accès aux psychothérapies. En France, la consommation de benzodiazépines augmente doucement mais régulièrement et l’assurance maladie a remboursé 21,6 millions d’euros en 2011 pour ce type de médicament.

 

Altération de la mémoire et diminution des capacités cognitives, somnolence diurne, perte de motivation et d’intérêt menant à l’inactivité, les conséquences d’une accoutumance aux benzos et leur abus sont connues maintenant et peuvent aller jusqu’à un comportement destructeur, dangereux pour autrui. Pour éviter de telles dérives, il faudrait que chaque médecin puisse passer plus de temps avec chaque patient afin de remplacer les médicaments par l’écoute. Un accès plus facile aux psychologues permettrait aussi d’éviter une utilisation systématique et dangereuse de ces molécules chimiques qui mettent en péril des gens qui souffrent.

Jean-Paul

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:10

En Inde, une œuvre titanesque (Éditorial du vendredi 18/01/2013)

 

Pour sortir un peu des débats franco-français sur le mariage pour tous ou sur les émigrés fiscaux célèbres ou non, élargissons un peu notre horizon en nous tournant un moment vers l’Inde qui compte 1,2 milliard d’habitants et qui se lance dans une œuvre titanesque afin de tenter d’éliminer la corruption dans le versement des aides publiques.

 

Ravij Gandhi, alors qu’il était premier ministre, en 1985, estimait que, sur 100 roupies dépensées par le gouvernement, 85 étaient détournées par la corruption. Jusqu’à présent, les allocations et aides sociales étaient distribuées en espèces, le plus souvent par les chefs de village, de la main à la main. Pour casser cette logique, dès le début de l’année 2013, l’État indien a décidé de commencer à verser ces prestations sur un compte bancaire. Avec une telle population, dans un pays où les traditions ont la vie dure et où plusieurs dizaines de millions de personnes n’ont pas de domicile fixe, 210 millions d’Indiens ont déjà obtenu un numéro d’identité sécurisé par un relevé d’empreintes digitales. Ce nombre devrait tripler d’ici 2014.

 

Les plus démunis étant illettrés et vivant le plus souvent dans des villages isolés, sans électricité, le chantier est immense pour ouvrir tous ces comptes en banque. Ne pouvant ouvrir des agences partout, les banques ont fait preuve d’imagination, lançant dans les campagnes des correspondants circulant à bicyclette avec une machine portative pour enregistrer les transactions bancaires et distribuer l’argent. Commençant par verser les bourses scolaires et les pensions de retraite avec ce système, le gouvernement voudrait pousser jusqu’à l’aide à l’achat de denrées alimentaires. C’est là que les premières protestations se font jour parce que cela risque de mettre à mal le système de distribution publique de nourriture à prix subventionné déjà en place.

 

L’autre bémol concerne l’absence de conditions demandées pour le paiement de ces aides. À titre de comparaison, l’exemple du Brésil mérite d’être examiné car, là-bas, les primes ne sont versées que si l’enfant va à l’école et que si les vaccinations sont effectuées. Hélas, l’Inde ne possède pas encore les infrastructures suffisantes pour soigner et scolariser toute sa population.

 

L’enjeu d’une telle transformation, bouleversant les habitudes est immense. Elle devra toucher la bagatelle de 720 millions de personnes d’ici à 2014, pour un montant de 45 milliards d’euros à distribuer sur les comptes bancaires des plus démunis. C’est un beau défi pour un pays qui pèse de plus en plus lourd dans l’économie mondiale.

Jean-Paul

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 17:52

Mardi 22 janvier, France 2 propose en deuxième partie de soirée (22h15), un documentaire traitant des parloirs en prison : Parloirs (63 minutes) Ce reportage est signé Didier Cros, réalisateur autorisé à circuler dans le centre de détention de Châteaudun en Eure-et-Loir.  Vous pourrez lire son interview dans lequel il apporte sa vision. A partir de cette expérience, deux documentaires ont été produits : Sous-surveillance  diffusé en juin 2012 et Parloirs.

 

Pas besoin d'insister sur le côté vital des parloirs. D'ailleurs, depuis l'incarcération de Jean-Paul, sa famille et ses proches n'ont pas raté un seul parloir... que ce soit à Privas, puis Nîmes et enfin Villeneuve-lès-Maguelone. Parfois dans une grande salle, sans aucune intimité ; actuellement c'est dans un petit box très étroit, mais à l'abri des regards, que l'on passe 1h15 aux côtés de Jean-Paul. Ce "rituel" hebdomadaire est évidemment capital pour tenir et ce, des 2 côtés. 

 

Vous pouvez dès à présent retrouver un extrait sur le site de France2 et nous ne pouvons que vous pousser à réagir après avoir visionné l'intégralité demain. Il sera rediffusé samedi 26 janvier mais à 1h55...

 

Merci à l'internaute qui nous a fait part de ce programme.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 17:31

Home par Toni Morrison, traduit de l’anglais (USA) par Catherine Laferrière, Éditions Christian Bourgois, 2012, 151 pages

 

c0e72852-f04f-11e1-bc73-007d86cb0b70-240x350.jpgRoman d’apparence modeste, «Home» ramène petit à petit le lecteur à la maison, dans cette Amérique du nord, ces Etats-Unis se relevant à peine de la guerre de Corée, au début des années 1950.

 

Madame Toni Morrison nous met sur les traces de Franck Money, un homme sérieusement perturbé, en fuite et qui est recueilli par le révérend John Locke et son épouse. Après être resté deux jours attaché et endormi, Franck n’a plus rien, sauf sa médaille militaire car il revient de la guerre de Corée. On apprend de la bouche du Révérend, à qui nous avons affaire : « Vous n’êtes pas le premier, loin de là. Une armée où les Noirs ont été intégrés, c’est le malheur intégré. Vous allez tous au combat, vous rentrez, on vous traite comme des chiens. Enfin presque. Les chiens, on les traite mieux. »

 

Franck ne peut chasser ce cauchemar qui le hante et lui rappelle les moments atroces vécus là-bas. Sa vie avec Lily a déraillé et il est incapable de garder un travail. Au fil des pages, la violence exercée contre les Noirs est sans cesse sous-jacente. Nous faisons aussi connaissance avec sa famille et surtout sa sœur, Yeidra, qu’il appelle Cee. Ils sont très liés et son histoire tragique elle aussi fait partie de la trame du livre.

 

Après tant de souffrances, le retour au village, à Lotus, permet à Franck et à Cee de retrouver un certain apaisement. C’est Ethel Fordham, une amie dont le fils a été assassiné à Détroit, qui demande à Cee de ne plus laisser personne décider pour elle : « C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde. »

 

Formidable écrivaine étasunienne, Toni Morrison a toujours lutté et écrit afin de permettre aux femmes et aux Noirs d’affirmer leur dignité et leur indépendance. Rien n’est encore définitivement acquis mais de gros progrès ont été accomplis depuis les années 1950…

Bonne lecture.

Jean-Paul

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