Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 13:50

La vérité sur l’affaire Harry Quebert  par Joël Dicker,

Éditions de Fallois, 2012, 670 pages.

 

Joel-Dicker-La-Verite-sur-lAffaire-Harry-Quebert.pngTenir le lecteur en haleine pendant près de 700 pages, le mener de rebondissement en rebondissement jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, voilà l’exploit réalisé par Joël Dicker, jeune écrivain Genevois, pour son deuxième roman.

 

Tout commence le jour de la disparition de Nola Kellergan (15 ans), le samedi 30 août 1975, à Aurora, New Hampshire (USA). À partir de cette fin tragique, l’auteur mène son lecteur à la fois sur les traces  d’une enquête criminelle et, en même temps, dans les méandres du monde de l’édition. Sur les pas de Marcus Goldman, jeune écrivain qui vient de remporter un immense succès dès son premier roman, nous plongeons immédiatement dans les affres de la production littéraire car, malgré les relances incessantes de son éditeur, il n’arrive pas à démarrer son second livre. Commence alors un jeu étrange avec son ancien professeur de lettres, Harry Quebert, chez qui on vient de découvrir, trente ans après, un squelette, enterré dans le jardin. Celui-ci est aussitôt accusé de meurtre mais Marcus n’y croit pas et va entamer un combat extraordinaire pour faire éclater la vérité.

 


Juste avant la disparition de Nola, Harry Quebert a connu la gloire littéraire avec « Les origines du mal », un fameux roman dont nous ne connaîtrons l’explication que bien plus tard. Dans un compte à rebours passionnant, l’auteur distille trente conseils du professeur de littérature, Harry Quebert, à son élève, Marcus Goldman, les clés du succès en quelque sorte ; ces clés, Joël Dicker sait parfaitement les utiliser.

 

Ainsi, d’un coup de théâtre à l’autre, avec un sens du suspense incroyable, l’auteur nous conduit au bout d’une histoire révélatrice des lâchetés ordinaires des habitants d’une petite ville, lâchetés pouvant mener au drame. Il serait vain de tenter de présenter tous les personnages intervenant tout au long du récit. Mieux vaut vous conseiller de vous précipiter, toutes affaires cessantes, sur « La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert », livre que le jury du Prix Goncourt des Lycéens a eu la bonne idée de distinguer.

 

Bonne lecture et bon suspense !

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 23:00

Le terroriste noir par Tierno Monénembo, Éditions du Seuil, 2012, 224 pages

 

le-terroriste-noir.jpeg

 

Voilà une histoire qui méritait d’être racontée, celle d’Addi Bâ, jeune Guinéen qui réussit à mettre en place la Résistance dans les Vosges. Son compatriote, l’écrivain Tierno Monénembo surprend par la façon employée pour nous faire vivre une épopée rendant hommage aux Africains venus défendre notre pays et si injustement méprisés ou ignorés.

 

Dans le village de Romaincourt, au cœur des Vosges, on n’avait jamais vu un « Nègre » avant ce jour de 1940 où un homme blessé, en uniforme de l’armée française, est découvert près d’un bois. Les gens se disputent, hésitent mais lui portent secours et le nourrissent malgré les risques, la peur des Boches. On l’appelait « le nègre » quand il n’était pas là et on disait « Monsieur » en face de lui. C’est Germaine, une fille qui avait 17 ans à l’époque, qui raconte cette histoire tellement humaine et dramatique à la fois. 

 

 

Addi Bâ était-il un héros ? Non. Il était « l’ami ou le père que tout le monde ou presque aurait voulu avoir. » Rapidement, le lecteur est surpris de rencontrer des mots inconnus qui fleurissent tout au long du récit. L’auteur semble bien maîtriser le patois vosgien et nous régale de cheûlards, de pâquis, de Mâmiche et Pâpiche, nonon, bâbette, affûtiaux, etc… Il y a aussi des expressions comme « une aouatte de chicorée », « la chaouée du matin », « il faisait le nâreux », etc… rendant bien l’ambiance du pays où les rivalités familiales sont tellement vivaces qu’elles peuvent conduire à la catastrophe.

 

Dans ces Vosges qui l’ont adopté, Addi Bâ recrute, organise, transmet les messages, s’appuyant sur les jeunes des Chantiers de jeunesse et surtout du STO, ce travail obligatoire au profit de l’occupant. Au fil des pages, nous découvrons aussi le rôle méconnu joué par la mosquée de Paris dans la Résistance et pour sauver de nombreux juifs. Hélas, tout n’est pas parfait car il y a les lettres de dénonciation et les jalousies inévitables. Addi Bâ bouge beaucoup et se fait une réputation de Don Juan. Les Allemands qui le recherchent activement, l’ont baptisé « Der Schwarzee Terrorist ! », le Terroriste noir.

 

Une phrase résume bien toute la valeur de cet homme : « Quand les Allemands l’ont fusillé, nous n’avions pas perdu un nègre des colonies tombé ici en s’échappant des bois mais un frère, un cousin, un élément essentiel du clan, un même sang que nous. »

 

Nous apprenons enfin comment Addi Bâ est venu en France et une phrase de cet auteur guinéen nous a bien fait sourire. À propos du destin et des hasards de la vie, il écrit : « Une pomme tombe en Ardèche et c’est le tsunami au Pérou ! »

 

Le terroriste noir est un livre étonnant, bien écrit par un auteur qui n’hésite pas à sortir des modes conventionnels du récit, n’oubliant pas de détailler les recherches longues et difficiles pour retrouver la famille d’Addi Bâ.

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 23:00

Venir au livre (Éditorial du vendredi 12/04/2013)

 

Depuis plusieurs mois, il se disait qu’une inauguration officielle de la bibliothèque se préparait. Certains se sont demandés pourquoi une telle manifestation alors que la bibliothèque ne vient pas d’ouvrir, existant depuis bien longtemps.

 

Il se trouve que, récemment, le local qui propose plus de 6 500 ouvrages, a subi d’importantes transformations. Après la cure de jouvence réservée aux murs tout en préservant la superbe fresque réalisée en 2005, le sol a été bien carrelé par une équipe en formation au métier. Le mobilier a suivi grâce au Conseil Général de l’Hérault : chauffeuses colorées, bacs à BD, tables de travail et chaises. Tout cela a été réalisé pour offrir un cadre agréable et accueillant pour ceux qui font l’effort de venir jusqu’au livre afin d’élargir leurs horizons.

 

Grâce à des partenariats avec le Conseil Général, l’Agglo de Montpellier, le Musée Fabre, la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), l’Opéra de Montpellier…, le Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), avec l’aide du surveillant et des auxiliaires, avait bien préparé cet après-midi. Cela a permis à une trentaine de personnes venues de l’extérieur de découvrir tout ce qui est mis en œuvre pour amener au livre des personnes privées de liberté.

 

Comme pour toute inauguration qui se respecte, un ruban tricolore a été coupé par Nicole Bigas, Vice-présidente de l’Agglo, et André Vézinhet, Président du Conseil Général. Après le mot d’accueil de la Directrice, plusieurs allocutions ont ensuite permis à chacun de préciser le rôle de leur institution. C’est Charles Forfert, Directeur départemental du Spip, qui rappelait que, jusqu’en 2009, les livres étaient portés jusqu’aux cellules alors que, maintenant, tout est fait pour permettre à chacun de venir faire son choix. S’il n’y a pas tout, l’éventail est très large, régulièrement complété et renouvelé. La fréquentation de la bibliothèque ne cesse d’augmenter mais le travail est immense, encore, pour favoriser la lecture. Les activités scolaires de formation et de remise à niveau sont là pour permettre à chacun de progresser et de pouvoir accéder toujours davantage au plaisir de lire.

 

D’ailleurs, les invités ne quittaient pas la zone socio-pédagogique sans rendre visite à l’équipe d’Hector, hebdomadaire et magazine, aux ateliers d’écriture et d’arts plastiques. Après que Guylaine Hervy-Perrau, directrice adjointe interrégionale de l’administration pénitentiaire, ait mentionné sa volonté de transformer peu à peu la bibliothèque en médiathèque, volonté freinée par des budgets à la baisse, André Vézinhet se faisait un plaisir d’offrir un lot de superbes livres au nom de la Médiathèque départementale Pierresvives.

 

À la fin de sa dédicace, une phrase a attiré particulièrement notre attention : « À ceux qui sont privés de la liberté d’aller et de venir dans notre territoire, je souhaite qu’ils puissent trouver une forme d’évasion qu’ils méritent comme tant d’autres. »

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 23:00

Promenons-nous dans les bois par Bill Bryson – Éditions Payot

Traduit de l’anglais (USA) par Karine Chaunac, 2012, 346 pages

 

promenons-nous-dans-les-bois-bill-bryson-9782228907507.gifSi la randonnée pédestre est en vogue dans notre pays, nous ne sommes pas les seuls à marcher… Il existe aux Etats-Unis un sentier mythique qui longe la côte est sur 3 500 km, de la Géorgie au Maine, à travers 14 états : le sentier des Appalaches, l’Appalachian Trail (A.T.).

 

L’AT permet de traverser l’une des plus grandes forêts de feuillus du monde, une forêt en grand danger à cause du réchauffement climatique. Le décor présenté, venons-en à notre homme, l’auteur, qui n’a pas son pareil pour décrire, raconter avec beaucoup d’humour tout l’environnement qui l’attend au cours de son périple. Bill Bryson n’hésite pas à utiliser l’humour noir, imaginant tout ce qui peut lui arriver, les animaux dangereux mais aussi les maladies et les assassinats.

 

Les achats dans un magasin spécialisé ne sont pas tristes. Avant de partir, il cherche un accompagnateur et c’est un ami d’école, Stephen Katz, qui se propose. Cela fait 25 ans qu’ils ne se sont pas vus. Il découvre un homme très gros qui s’essouffle pour rien et… qui a besoin de manger toutes les heures pour ne pas avoir de convulsions !

 

Bill Bryson profite des préparatifs de sa randonnée pour détailler l’histoire de ce sentier, nous permettant de faire connaissance avec les pionniers comme Benton Mac Kaye à qui on attribue la paternité du sentier, et Myron Avery, le premier à le cartographier. Enfin, un 9 mars, par – 11°, les voilà partis. Mais que c’est dur !  Que c’est lourd ! Katz est à la traîne mais ils avancent. Au fil du récit toujours truffé d’anecdotes savoureuses, l’auteur nous parle de l’écrivain étatsunien Henry-David Thoreau qu’il qualifie « d’inestimable et pénible moralisateur » et détaille l’état des forêts nord-américaines.

 

Il y a aussi la rencontre avec Mary Ellen que Katz appelle un « vrai boulet ». Après des jours de privation, la première boutique rencontrée est un véritable bonheur. Ils sont « à la limite de l’orgasme avec un morceau de pain de mie ». Après avoir réussi à semer Mary Ellen, ils font de l’auto-stop pour se rendre jusqu’à un motel. Ils sont dans la région où James Dickey situe son fameux roman, Délivrance, et où a été tourné le film encore plus célèbre avec cette fameuse descente de rivière et ces notes de banjo inoubliables.

 

La neige, la tempête, les refuges à partager, le dortoir parfois, nos deux marcheurs progressent quand même, arrivant dans leur troisième état, le Tenessee. Ils sont maintenant dans les Great Smocky Mountains où la flore et la faune sont très riches et où vivent jusqu’à 25 variétés de salamandres. C’est l’occasion pour Bryson de faire le point sur l’évolution des espèces naturelles aux USA…évolution pas très encourageante.

 

Il n’oublie pas de rendre  hommage à  Earl V. Shaffer, le premier à avoir effectué l’AT de bout en bout en 1948, après 123 jours de marche. C’est Stewart Udall, ministre de l’Intérieur, amateur de marche, qui, en 1968, fit voter le National Trail System Act sauvant l’AT.

 

Ainsi, tout au long du livre, les informations foisonnent, permettant de connaître un peu plus l’histoire de ce continent et le mode de vie de ses habitants. Malgré une volonté immense, nos deux marcheurs doivent interrompre leur randonnée mais cela n’empêche pas Bill Bryson de partir seul à la découverte du Mont Lafayette (1 597 m), dans les White Mountains, et du Mont Washington (1 916 m) où l’on peut même monter en voiture ! Finalement, ils se retrouvent tous les deux pour mettre un point final à ce qui demeure un exploit et qui permet au lecteur une escapade extraordinaire dans des lieux qui attirent et effraient à la fois.

 

Merci à Damien qui, grâce à Aurélie, m’a motivé pour partir à la découverte de l’Appalachian Trail. Comme le sujet traité, Bill Bryson, l’auteur, vaut vraiment le détour. Promenons-nous dans les bois est un régal. Bonne rando !

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 09:34

Histoire d’Uzès et de son arrondissementpar Gaston Téraube

Éditions Lacour, 2007 (nouvelle édition), 168 pages

 

2605.jpg

Réimprimé plus d’un siècle après sa première édition, en 1879, cet ouvrage détaille toute l’histoire d’une petite ville du Gard qui eut beaucoup d’importance sous l’ancien régime.

 

Nommée Uccetia avant l’ère chrétienne, elle s’est appelée Castrum Ucetiense à l’époque romaine. On trouve à proximité, des vestiges de l’aqueduc menant l’eau à Nîmes par le fameux Pont du Gard. Vandales, Wisigoths, Sarrazins sont passés par là avant que la ville dépende du Comté de Toulouse. Puis Simon de Montfort est venu assujettir un peu plus les lieux à la couronne royale. C’est ainsi que les seigneurs d’Uzès sont devenus barons puis vicomtes et enfin ducs. Sous Louis XIV, le duc d’Uzès était le premier pair de France.

 

Gustave Téraube qui, ne l’oublions pas, réalise ce travail d’historien aux trois quarts du XIXe siècle, suit l’évolution de la ville et de ses environs. Guerre de 100 ans, épidémies de peste, famines, pillage des Routiers – soldats se transformant en brigands – la vie n’a rien de facile.

 

En 1516, Uzès fait partie de la Sénéchaussée de Beaucaire puis apparaît Charles de Crussol, vicomte d’Uzès. La Réforme s’installe et les guerres de religion ne tardent pas à ravager le pays. Antoine de Crussol est même chevalier d’honneur de Catherine de Médicis.

 

Après bien des malheurs, en 1628, Uzès se soumet à Louis XIII qui punit la ville en faisant raser les fortifications l’année suivante puis y réside même durant cinq jours. Sous Louis XIV, la ville prospère, s’agrandit et s’embellit. Quelques faits importants sont à noter : en 1721, le duc d’Uzès obtient le droit de juger à la place du roi ; la cathédrale est consacrée par Mgr de Grignan, oncle de Mme de Sévigné ; Jean Cavalier, chef des Camisards, résiste aux troupes de Louis XIV ; en 1735, la ville se spécialise dans la fabrication des bas ; l’Hôtel de Ville « superbe », est inauguré en 1767.

 

Au fil des pages, l’auteur ne cache pas ses opinions, se révélant fervent catholique et royaliste convaincu. Peu avant que ne débute la Révolution, une grande assemblée diocésaine se tient à Uzès, le 23 décembre 1788, et pas à Nîmes ! La ville vit une nouvelle période très troublée avec des combats, des massacres. Suit, de 1816 à 1848, une période heureuse mais, le 30 septembre 1852, le maire d’Uzès est assassiné. La ville se dote enfin de fontaines publiques et de l’éclairage au gaz.

 

L’auteur propose ensuite une promenade dans Uzès et se révèle très nostalgique à propos des mœurs, des jeux et du langage. Qu’écrirait-il aujourd’hui ?

 

Il souligne la disparition totale de la vigne à cause du phylloxéra, détaille la production de la soie, déjà concurrencée par la Chine et le Japon. Après 1848, on ne fabrique plus de bas à Uzès. Gustave Téraube aborde la géologie de la région, le climat qu’il définit comme sain et pur puis se lance dans un tour complet du canton.

 

Un grand merci aux familles de Danielle, Alain et Roger, qui m’ont donné envie d’aller découvrir sur place, cette ville d’Uzès chargée d’histoire.

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 23:00

Réfugiés, un drame permanent (Éditorial du vendredi 5/04/2013)

 

À mesure que le temps passe, pour des raisons très diverses, le nombre de personnes à la recherche d’un lieu hospitalier pour vivre ne cesse de croître.

 

Le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), seul organisme international habilité à organiser l’aide aux civils fuyant les combats, recense officiellement 42,5 millions de réfugiés, déplacés et apatrides, dans le monde. Ces derniers mois, c’est au Mali que l’exode massif de certaines populations a été constaté. Que ce soit pour fuir les groupes jihadistes puis les bombardements et les combats, suite à l’intervention conjointe de la France et de quelques pays africains, ils sont 64 000 Maliens en Mauritanie, 52 000 au Niger, 43 000 au Burkina Faso, plus quelques milliers en Algérie et dans d’autres pays voisins. Malgré les efforts déployés par les Nations unies (Onu), ces gens qui ont tout abandonné pour vivre sous des toiles précaires, ne veulent pas rentrer. Même à l’intérieur du Mali, des populations fuient le nord pour le sud du pays.

 

Le HCR, agence de l’Onu qui agit depuis 1951, ne doit s’occuper, en principe, que des gens qui passent les frontières. Malgré tout, même à l’intérieur d’un pays, le HCR apporte aide médicale et alimentaire…à condition que ce pays accepte. Pour ceux qui ont choisi l’exil, des camps de toile sont dressés sous la responsabilité de l’Onu qui peut s’opposer à toute tentative d’expulsion.

 

Hélas, ces camps qui ne devraient être que provisoires, durent des années, même lorsque le conflit a cessé. Il faut savoir que ceux qui ont fui, ne sont pas toujours les bienvenus lorsqu’ils reviennent au pays. Il arrive aussi qu’un nouvel exil soit nécessaire comme pour ces réfugiés palestiniens vivant en Syrie depuis longtemps et qui doivent à nouveau fuir des combats pour la Turquie, le Liban ou la Jordanie.

 

Le budget du HCR, pour 2012, s’élevait à 3,6 milliards de dollars dont une faible partie sert à payer 7 600 salariés travaillant dans 126 pays. Au total, cette organisation gère des personnes originaires de 64 pays différents. Ce sont les pays du Sud qui abritent 80% des réfugiés du monde. Pour tous ces gens, la vie est des plus difficiles avec des problèmes alimentaires, sanitaires et médicaux, sachant que près de la moitié de ces gens a moins de 18 ans et qu’il faut leur assurer un minimum d’éducation scolaire. Enfin, pour se chauffer et cuisiner, il faut du combustible et, autour des camps, arbres et buissons sont coupés, contribuant à l’avancée du désert et à l’assèchement des oueds.

 

Augmentant sans cesse un peu partout dans le monde, le nombre de réfugiés cause de plus en plus de problèmes insurmontables. Une situation qui devient de plus en plus critique…

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 23:00

L’Intranquille Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou

par Gérard Garouste avec Judith Perrignon,

Éditions l’Iconoclaste/Le Livre de Poche

 

9782253156741-T.jpg

 

Que ce livre est dérangeant ! Voilà un fils, devenu peintre célèbre, qui parle de son père ainsi : « Il n’avait pas pu faire héros. Alors, il avait fait salaud. » Cet homme qui avait menacé de tuer sa mère devant ses enfants, s’était servi des biens des Juifs pendant la guerre, notamment des biens de la famille Lévitan.

 

Né en 1946, Gérard Garouste part à la recherche des secrets de famille, s’apercevant, au fur et à mesure de ses recherches, que les tableaux qu’il peindra plus tard, sont fortement reliés à cette histoire mouvementée.

 

Il nous emmène aussi en Bourgogne, chez Éléonore, la sœur de sa mère, où il a connu ses plus beaux souvenirs d’enfance : « Là-bas, l’inquiétant était drôle et le secret un jeu. » Il passe aussi dix ans en pension au collège du Montal de Jouy-en-Josas où il se fait un ami, Patrick Modiano, qui est deux classes au-dessus. Viré alors qu’il est en classe de première, après un chahut monstre, avec quelques camarades dont Jean-Michel Ribes, il va dans une boîte privée où il rencontre Elisabeth qui deviendra sa femme. Ses parents sont juifs.

 

À 20 ans, il écoutait Sartre mais ne savait que dessiner. Plus tard, se tournant vers le monde juif, il apprend l’hébreu et lit la Torah. C’est à ce moment-là, qu’il se définit comme « un Intranquille ». Arrivent alors les premiers coups de folie. « Vivre était tout simplement au-delà de mes forces.» Après la naissance de Guillaume, son fils, commencent dix ans de dépression…

 

Gérard Garouste peint des décors pour le théâtre et ses premiers tableaux ont du succès. Petit à petit, sa réputation grandit, surtout à l’étranger car il expose à New York, à Düsseldorf, à Berlin…Hélas, les crises de folie reviennent et le lecteur partage la douleur, la souffrance de cet homme qui, choqué par la misère, fonde La Source, une association destinée à donner accès à l’art aux enfants. Cette association dure toujours.

 

Merci à Agnès D. pour m’avoir permis de découvrir la vie tourmentée de Gérard Garouste, grâce à la lecture dérangeante mais toujours enrichissante de « L’Intranquille ».

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:05

Voici un troisième article paru cette fois-ci dans l'hebdomadaire héraultais La Gazette de Montpellier qui fait écho une nouvelle fois à la bibliothèque de la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone :

 

la-gazette.jpg

Voici le lien qui permet de lire ou relire les deux autres articles parus sur ce sujet.

 

Nous tenons au passage à remercier toutes les personnes qui prennent le temps de laisser un petit commentaire sur le blog. Comme cet article est associé au domaine de la lecture, un grand merci à Charlotte, fidèle lectrice et soutien,  qui envoie régulièrement ses publications à Jean-Paul.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 23:00

Producteurs de café en danger (Éditorial du vendredi 29/03/2013)

 

Loin de nous l’idée de faire de la provocation ou de faire saliver pour rien alors que, derrière les barreaux, le café est interdit, si ce n’est additionné de beaucoup de ricoré mais une maladie ronge les plantations donnant le précieux grain.

 

En effet, depuis plusieurs années, le réchauffement climatique est en train de favoriser l’expansion de la rouille (la roya en espagnol) du café, un champignon destructeur qui touche déjà 60 % des caféiers d’Amérique centrale. Dans cette région du monde qui fournit 14 % de la production mondiale, un désastre est en train de se produire.

 

Cette maladie du café n’est pas nouvelle puisqu’elle a été découverte en 1861, dans l’est de l’Afrique, près du lac Victoria. Elle est arrivée au Brésil en 1970 et, dix ans plus tard, au Mexique. Alors qu’avant, elle ne touchait pas les plantations au-dessus de 800 m, elle cause maintenant des dégâts à plus de 1000 m d’altitude. Les producteurs les plus touchés sont de petits exploitants, dans l’État mexicain du Chiapas où ils se sont spécialisés dans la production de café biologique pour lequel le Mexique est le premier producteur mondial.

 

Or, un traitement à base de fongicides chimiques ferait aussitôt perdre le label Bio à ce café arabica à la saveur si appréciée.

 

Cette rouille du café parasite, décolore et asphyxie les feuilles du caféier. Les spores de ce champignon se déplacent au gré du vent mais voyagent aussi sur les vêtements des journaliers qui vont de ferme en ferme. Les cultures se faisant de plus en plus en plein soleil alors que, traditionnellement, les caféiers s’épanouissaient à l’ombre d’autres arbres, cela facilite l’extension de la maladie. Une solution consisterait à arracher et à replanter une variété d’arabica plus résistante à la roya mais c’est impensable pour tous ces petits producteurs qui n’ont pas les moyens pour un tel investissement.

 

Pour la période 2011 – 2012, la production mondiale de café s’est élevée à 134 millions de sacs de 60 kg dont 81 millions de sacs pour l’arabica et 53 millions pour le robusta. Alors qu’elle était de 128 millions pour 2008 – 2009, cette production devrait atteindre 145 millions de sacs en 2012 – 2013. Le plus gros producteur de café est le Brésil avec 43 millions de sacs, devant le Vietnam. Mexique et Amérique centrale forment la troisième région productrice avec 20 millions de sacs. Honduras, Mexique, Guatemala et Costa Rica se classent dans l’ordre pour la production de café mais l’État mexicain du Chiapas est à lui seul au septième rang mondial avec 2,3 millions de sacs en 2011 – 2012 dont 790 000 de café biologique. C’est pourquoi ses productions sont d’autant plus en danger face à la rouille du café…

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 23:00

Ma visite à Jean-Paul

 

Samedi 16 Mars, je me suis rendu, accompagné de Ghislaine, à la prison de Villeneuve les Maguelone pour ma première visite au parloir. Ce désir de rencontrer mon ex-collègue et ami Jean-Paul, je l'avais eu dès son incarcération. Mais au départ, seule la famille était autorisée, avant que soit déclarée la condamnation définitive ; ensuite, je ne voulais pas non plus prendre une place qui aurait pu manquer à la famille de Jean-Paul qui est nombreuse, en sachant qu’il n’y a qu’un parloir hebdomadaire.

 

N'ayant jamais été amené auparavant à connaître l'univers carcéral, c'était pour moi une aventure personnelle inattendue. Tout au long du voyage aller, de nombreuses interrogations se bousculaient en moi :

- quelles formalités contraignantes allais-je devoir affronter avant le parloir ?

- dans quel état de vétusté ou de délabrement allais-je trouver les locaux pénitentiaires ? Les images de reportages télévisés me revenaient…

- et surtout dans quel état physique et moral allais-je trouver Jean-Paul au parloir ?

 

Je dois reconnaître que malgré leur côté déplaisant, les deux premières craintes se sont révélées moins pires que je les avais imaginées… Toutefois, j’ai pu mesurer les côtés très stricts au niveau des mesures de précaution : se démunir de tout objet comme montre, ceinture, chaussures, etc… Et puis il y a le temps d’attente : avant de franchir le sas, dans les pièces avant notre entrée au parloir, avant la venue des prisonniers, avant de ressortir…

Mais au final, j’ai trouvé que tout cela avait été accompli avec fermeté mais aussi humanité… Les locaux, sans être magnifiques, étaient corrects et notre parloir fut assez intime pour une conversation détendue….

 

Mais revenons au principal : comment allais-je trouver Jean-Paul quand je serais face à lui ?  Parviendrais-je à lui dire tout ce que j'avais pensé ? Comment ces trois longues années d'incarcération, déjà, avaient agi sur son physique et son moral ?

 

Le serrant très fort dans mes bras dès son entrée, j'ai retrouvé le Jean-Paul que je connaissais : bien physiquement, toujours lucide par rapport à sa situation, déterminé à résister à toutes ces contraintes.

 

Je ne rentrerai pas plus dans les détails de notre conversation, mais je peux affirmer que notre aide, membres du comité et autres, est un soutien essentiel pour lui. Et il ne tarit pas  de remerciements à ce sujet. Etant présent avec son épouse Ghislaine (dont il n'a guère lâché la main pendant tout le temps de parloir), j'ai pu apprécier aussi le soutien fondamental qu’elle et sa famille entière lui apportent (visite de ses petits enfants dernièrement dont le dernier de quelques mois s'est endormi dans ses bras…).

 

Je ne sais combien de temps encore durera ce supplice infligé à Jean-Paul ? Comment les autorités pénitentiaires apprécieront un jour son comportement exemplaire ? Mais je peux affirmer que nous continuerons à apporter notre soutien indéfectible à Jean-Paul, innocent injustement condamné.

 

Enfin, merci à vous tous qui soutenez Jean-Paul, membre ou non du Comité de soutien, vous qui êtes là, année après année, pour soutenir Jean-Paul. Nous avons toujours besoin d’être unis pour surmonter cette épreuve injuste.

 

Plus que jamais, notre mot d'ordre est : NE JAMAIS LÂCHER

           Gilbert Risson, le 20 mars 2013

 

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
commenter cet article