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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 23:00

Le Montespan par Jean Teulé, Éditions Julliard, 2008, 352 pages

 

le-montespan-2.jpgCharly 9 nous ayant procuré de très bons moments, il était tentant de lire le roman précédent de Jean Teulé, un livre consacré à un personnage trop négligé de l’Histoire de France, le mari de Madame de Montespan.

 

Un peu confuse au début, l’histoire débute le samedi 20 janvier 1663 par un duel entre plusieurs nobles et l’on s’y perd avec tous ces noms mais la verve de l’auteur est déjà en action. Il plonge le lecteur dans l’ambiance de la rue, à l’époque, avec ses odeurs et ses outrances. Il nous fait remarquer aussi ces privilégiés qui se déplacent avec un bouquet de violettes sous le nez…

 

Arrive enfin le mariage entre Françoise de Rochechouart  de Mortemart, dite Mademoiselle de Tonnay-Charente, et Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan… ouf !  Voilà notre couple en place, suite à cette rencontre due aux hasards d’une issue malheureuse des précédents duels. Louis-Henri est subjugué par la beauté de Françoise : « L’orgueil de ses beaux seins cambrés diffuse le seul vrai parfum : son corps. » Elle porte trois jupes : la modeste, la friponne et la secrète, pas de sous-vêtements, comme toutes les femmes de son temps. Ces deux coquins, très polissons, font l’amour sans cesse.

 

Pendant ce temps, la cour est à Saint-Germain-en-Laye où le roi Louis XIV honore sa maîtresse, Louise de la Vallière. Françoise qui se fait appeler maintenant Athénaïs, est étonnée de cela mais voilà que son mari accumule les dettes et se lance dans d’improbables conquêtes militaires qui permettent de voir le Roi-Soleil dans toute sa splendeur. Après la naissance de leur première fille, Marie-Christine, Louis-Henri s’en va guerroyer en Méditerranée. De passage chez lui, il est déçu car la marquise a ses règles et le lui fait savoir fort joliment : « Le Cardinal loge à la motte… »

 

Contre les Barbaresques, lors d’une autre expédition, c’est le désastre mais quel récit ! Il rentre, ruiné. Athénaïs met au monde un garçon : Louis-Antoine. Elle attire tous les regards du cercle de jeu où son homme se sent mal à l’aise. Sur proposition de la duchesse de Montausier, elle devient la dame d’honneur de la reine avec une pension à la clé. Lorsqu’elle est de passage chez le perruquier, son voisin, les apprentis sont tout excités par ses appâts généreux et Jean Teulé se régale en les décrivant.

 

Finalement, Athénaïs est enceinte alors que son mari revient après onze mois d’absence. Elle lui avoue que c’est le roi, le père : « Aux désirs du roi, nul ne se dérobe. » S’ensuit la descente aux enfers d’un homme qui refuse de se laisser corrompre mais reste follement amoureux de sa femme. En équipant son carrosse de gigantesques cornes de cerf, les ajoutant même à son blason, il provoque la colère du roi.

 

« Versailles ignore la misère du pays » et Athénaïs enchaîne neuf grossesses. La vérole fait des ravages chez les courtisans qui pullulent à Versailles, un chantier permanent où travaillent 36 000 hommes. L’Histoire nous l’a appris, la Montespan sera évincée par la Maintenon mais Jean Teulé a bien fait de nous faire vivre avec réalisme et humour une époque bien trop idéalisée dans sa version officielle.

Jean-Paul

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 23:00

Bonsoir à Jean-Paul et à sa famille,

Nous sommes ravis du fond du coeur de savoir que Jean-Paul revient au bercail, quel soulagement pour lui et pour ceux qui l’aiment.

Bravo à vous tous, à votre Amour, votre courage, votre persévérance, votre fidélité.

Nos Amitiés.

Mireille et Jean-Pierre.

 

 

Bonsoir,

Infiniment heureuse de cette bonne nouvelle !

Jean-Paul va pouvoir retrouver les siens.

Je ne trouve pas les mots mais je voulais lui exprimer tout mon bonheur de le savoir enfin dehors.

Je vous souhaite beaucoup de joie et d'amour pour ces retrouvailles à l'air libre, en plus que ça y est le printemps est enfin parmi nous aussi !

 Cordialement et encore bravo pour vos actions, pour votre Comité de soutien.

Pour Jean-Paul qui, même s'il doit porter le bracelet avec certainement des contraintes, il est libre et peu enfin profiter de tout l'Amour que vous avez su lui témoigner.

Rose

 

 

Merci pour cette excellente nouvelle ; trop de choses à dire ou plutôt à écrire ; je vais envoyer une lettre à Jean-Paul. En attendant je vous embrasse bien fort.

Nicole

 

 

Bonsoir Simon,

On ne se connait pas, mais j’ai suivi votre démarche en faveur de Jean Paul, bravo pour cette ténacité et cette belle victoire.

Jean Paul va pouvoir enfin vivre, bon courage à lui.

Très cordialement

Christian

 

 

Bonjour,

C’est une merveilleuse nouvelle !!!! Que de bonheur, enfin !!!

Un courrier va bien entendu suivre mon mail.

Très bonne soirée à vous tous.

Nathalie

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 23:00

Lorsque Jean-Paul annonça à l'enseignant responsable de la Feuille d'Hector, Damien, du départ de la maison d'arrêt et donc de l'équipe du journal, celui-ci lui proposa de continuer de rédiger l'édito de la Feuille d'Hector depuis son domicile jusqu'à ce qu'un remplaçant prenne la suite. Jean-Paul fut ainsi très surpris par cette demande mais aussi ému et inquiet. Il avait besoin d'un temps de réflexion afin d'en parler à Ghislaine. Trouvant tous les deux que cela pourrait être un moyen pour faciliter un retour "à une vie normale", Jean-Paul  donna son accord et c'est ainsi qu'aujourd'hui nous vous proposons à nouveau l'édito d'Hector. Bonne lecture.

 

Le leurre du gaz de schiste (Éditorial du vendredi 14/06/2013)

 

En Europe aujourd’hui, seuls deux pays ont interdit l’utilisation de la fracturation hydraulique afin d’extraire le gaz de schiste : la Bulgarie et la France.

 

Depuis la loi interdisant ce mode d’extraction très dangereux pour l’environnement, loi votée en juillet 2011, les industriels font pression sur le gouvernement français. Le Président de la République, François Hollande, n’a pas complètement fermé la porte , laissant la possibilité d’utiliser d’autres techniques  au cas où elles se révèleraient fiables. Partout, en Europe, l’évolution de la politique énergétique est palpable. Voilà maintenant que l’on parle de « sources indigènes non conventionnelles » pour désigner tout simplement les gaz de schiste. Le besoin en énergie pourrait faire négliger le développement des filières renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, etc…). Les huit grandes entreprises européennes de l’énergie, comme EON, Iberdrola, GDF Suez, poussent les politiques à reconsidérer leur position concernant l’exploitation des gaz de schiste. Pour l’instant, chaque pays de l’Union Européenne (UE) reste libre de choisir son « bouquet énergétique ». ceci ouvre une brèche dans laquelle risquent de s’engouffrer certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne. La Pologne l’a déjà fait. Avec la France, ce pays possèderait les plus grosses réserves estimées à plus de 5 milliards de m 3 . Avant de laisser commettre des dégâts irréversibles, il faut savoir qu’en Pologne, le potentiel exploitable estimé a été divisé par dix. Trois compagnies nord-américaines ont déjà plié bagage mais ce pays ne renonce pas car cette ressource lui permettrait de s’affranchir de la dépendance à son voisin, le géant russe.

 

Ainsi, de reculade en promesse mirobolante, certains pays hésitent. D’autres sont même attaqués sur le plan juridique pour entrave à la liberté d’exploitation… chaque jour qui passe confirme une impression de plus en plus prégnante, la menace des forages n’a jamais été aussi réelle. L’UE ne joue pas unie devant cette exploitation dont la population ne veut pas chez elle…à la rigueur chez les autres. Beaucoup trop de pays hésitent et les firmes d’envergure mondiale mais d’origine nord-américaine (Chevron), anglo-néerlandaise (Shell) mais aussi française (Total), attendent les permis d’exploitation.

 

Si le profit immédiat paraît très tentant, il faut sans cesse réaffirmer que l’extraction des gaz de schiste est un leurre et une énorme perte de temps. L’exploitation dévastatrice pour l’environnement de cette source d’énergie ravage les paysages, pollue les nappes d’eau souterraines et cause bien d’autres préjudices directs ou indirects pour un bénéfice éphémère.

 

Le choix de cette source d’énergie retarderait encore la recherche dans le domaine du renouvelable…si l’espèce humaine est encore désireuse de préserver la planète où elle vit.

Jean-Paul

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 23:00

super ! génial ! un grand réconfort pour vous tous et pour toute sa famille. Je partage votre joie

Valérie

 


Quelle merveilleuse nouvelle !!!!!!!!!!!!

Quelle émotion et quel soulagement ce doit être pour vous, sa famille !!! J'en ai les larmes aux yeux, alors vous, ça doit être qqch !!! Et pour ta mère, quelle ivresse elle doit ressentir !!!

C'est une première, grande et décisive étape !

Bravo à vous tous pour avoir tenu bon malgré la peine et l'injustice, et à toi en particulier pour avoir su rassembler et continuer de faire vivre ce formidable Comité de Soutien !!

Je m'empresse d'écrire à ton père à SON adresse et penserai bien à vous dans une semaine !!

Agnès

 


Je suis très contente pour Jean-paul et toute sa famille d'apprendre cette très bonne nouvelle. Je n'ai jamais été active au sein du comité de soutien mais je me tenais informée. Bravo à tous ceux qui l'ont si bien soutenu pendant ces années. Vous avez été formidables.
Bon retour à Jean-Paul.
Myriam

 


Je n'ose y croire ! quel bonheur !

Jean-Paul, je ne te connais pas, je connais certaines personnes de ta famille rencontrées lors de la fête de Christian, cet hiver

je suis si heureuse ! et je vous serre tous dans mes bras,

continuons à nous battre contre cette justice injuste

Marielle

 


Enfin une bonne nouvelle. Jean-Paul va enfin profiter a nouveau de la vie de famille qui lui a tant manqué durant ces longs mois de captivité. Je répondrai a sa lettre d'ici qq jours.
Amitiés.  Roger

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 21:34

Pourquoi j’ai mangé mon père par Roy Lewis (Pocket), 2006, 182 pages

Roman traduit de l’anglais par Vercors (auteur de la préface) et Rita Barisse ; postface de Annie Collognat

 

 

Dans cette fiction complètement folle et tellement juste, Roy Lewis nous plonge au cœur de l’Afrique, au pied du Kilimandjaro et du Ruwenzi, deux volcans en pleine activité.

 

C’est Ernest, jeune pithécanthrope, qui raconte, nous présentant petit à petit, toute sa famille. Il y a l’oncle Vania qui veut continuer à vivre dans les arbres et Edouard, son père, qui ne cesse de chercher à évoluer, à perfectionner tout ce qu’il trouve. À force de courage, il réussit à rapporter le feu depuis le volcan. Avec beaucoup de talent et un humour omniprésent, Roy Lewis fait comprendre tout ce que le feu a apporté, fascinant les premières tribus tentant de le domestiquer. Le feu permet de se chauffer, sa fumée chasse les mouches et les moustiques mais il brûle aussi : « Le feu l’a mordu ! » Très réaliste, le père reconnaît : « Enfant brûlé craint la flamme. »

 

Au fil des pages, nous partageons la vie quotidienne de ces hommes qui ont du mal à passer du stade de végétariens, avec des dents d’herbivores, au régime omnivore. Se pose aussi la question du logement, problème toujours très actuel : « Toute femme-singe désire une caverne »…

 

 

Chacun des frères d’Ernest révèle des qualités différentes comme Alexandre qui passe son temps à observer les animaux. Il y a aussi ses sœurs dont Elsa, sa meilleure copine, alors que Anne, Alice et Dorine sont promises à ses frères…

 

Grâce au feu, ils sont plus efficaces à la chasse, le père ayant découvert par hasard qu’une pointe de pieu passée dans la flamme devient très dure. Ils mangent maintenant à leur faim. Alexandre dessine et il est fort adroit pour « capter les ombres d’animaux de toutes sortes, pour les fixer sur les roches. » William, de son côté, tente d’apprivoiser un chien. Le retour de l’oncle Ian, un grand voyageur, permet de faire le point sur tout ce qui se passe à la même période, ailleurs, jusqu’en Chine !

 

Mais voilà que le père décide d’emmener ses quatre aînés à la recherche d’une épouse, dans une autre horde… pour mélanger les gènes. Après une longue observation et un débat sur la méthode à employer, Ernest porte son choix sur une certaine Griselda qu’il va poursuivre pendant onze jours : « Mais je ne perdais pas de vue cet arrière-train tout frétillant. » Pourtant, c’est elle qui décide du moment de la rencontre, ce qui vexe notre soupirant. Il reconnaît chez Griselda : « Ce mélange de ruse, de coquinerie, de cynisme, de cruauté !... Et puis ces larmes féminines pour obtenir par la pitié ce que son stratagème de lionne en chaleur n’avait pu s’arroger. » Évidemment, « une des plus grandes découvertes de ce temps, ce fut l’amour. » Roy Lewis gratifie le lecteur de descriptions fabuleuses avec un style éblouissant. Nos amoureux ne touchent plus terre : « Amour, amour, quand tu nous tiens ! »

 

Au retour, la mère, grâce au feu, a inventé la cuisine et nous voilà partis pour une chasse gigantesque. S’ensuit un barbecue géant mais voilà que les sœurs sont enlevées à leur tour par les frères de Griselda. Soudain, la catastrophe arrive alors que le père et Tobie, un de ses frères, viennent de réussir à faire du feu… sans réussir à le maîtriser. Il faut déménager, trouver des lieux plus accueillants, négocier avec les premiers occupants déjà installés. Alors que le père vient d’inventer l’arc, un accident bien préparé met fin à l’histoire qui se termine donc en parricide et en patriphagie, comme le titre le laisse présager.

 

Écrit en 1960 mais seulement traduit en français en 1990, ce roman est un véritable régal ne se contentant pas d’être drôle mais aussi très bien documenté.

 

Merci beaucoup à Yvette de m’avoir offert ce livre ramenant en des temps bien lointains mais avec un narrateur s’exprimant de façon actuelle et désopilante.

Jean-Paul

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 20:12

Voici un florilège des messages reçus ces derniers jours. Quel courage vous nous avez donné depuis maintenant des années. Merci.

 

 

 

C'est super ! Enfin !  

Quelle leçon de courage il nous donne. Parfois je lui écris pensant lui apporter quelque chose et finalement quand je reçois sa réponse, c'est lui qui me remonte le moral sans le savoir.

Cordialement

Robin

 

Grand bravo, cette nouvelle est un immense victoire.

Avec tout mon soutien.

Alexis

 

Bonjour,
Je suis très heureux d'apprendre cette nouvelle qui apportera beaucoup d'amélioration dans le calvaire subi injustement par Jean-Paul.
Qu'il puisse profiter des belles journées d'été avec un soleil retrouvé auprès de sa famille et de ses amis.
Le temps s'est réchauffé ce week-end, c'est peut-être un symbole !
Amicalement.

Daniel

 

Bonsoir,
C'est merveilleux ! Je n'en reviens pas ! C'est une si belle nouvelle !!! J'écrirai à Jean Paul à sa "nouvelle" adresse.
Je vous embrasse tous et j'ai une grande pensée pour Ghislaine et leurs enfants !
Charlotte

 

Superbe nouvelle!

Je suis de tout coeur avec vous !

Angélique


Bonjour, je suis ravie pour lui !!!!!!!!!!!!!!!! c'est une excellente nouvelle ainsi que pour sa famille, qui doit se languir de lui. Super bravo à vous.

Amicalement Nathalie.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:53

Nous vous proposons le dernier éditorial que Jean-Paul a rédigé depuis la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelone. Vous remarquerez que son titre est en parfaite adéquation avec sa nouvelle situation. De plus, "l'aventure" liant l'hebdomadaire de la Feuille d'Hector et Jean-Paul n'est pas terminée. Nous vous en dirons davantage dans les prochains jours... 

 

Et encore merci de nous être aussi fidèles... Hier vous avez été 138 à venir sur le blog !

 

Sérénité et apaisement (Éditorial du vendredi 7 juin 2013)

 

« De là où je suis, je peux laisser vagabonder mon regard sur les plaines et les collines qui défilent au travers de la vitre bordant ma table. » Ainsi, Bernard nous emmène dans un voyage en train comme d’autres l’ont fait à pied ou à cheval au cours de ces Ateliers d’écritures 2013 animés par Karin Espinosa, auteure, et Céline Payet-Gaspard, professeure de lettres.

 

Comme Jean-Paul Michallet, chaque mardi après-midi, elles ont obtenu de remarquables résultats. Elles n’ont jamais été déçues, toujours étonnées, émerveillées. Écrire c’est bien, partager cela avec les autres est encore mieux. L’édition d’un petit recueil de textes permet déjà de transmettre ce qui a été produit mais leur restitution, en public, par deux artistes, est un moment vraiment magique apprécié par une cinquantaine de personnes. Il s’en est dégagé une véritable sérénité et une sensation d’apaisement, selon les mots de M. Faye, Directeur adjoint, qui s’était joint à M. Dalmasso, Proviseur de l’Unité pédagogique régionale, Dominique Ferron, Directeur retraité de l’Unité locale d’enseignement, et François Kempf, son successeur.

 

Il a suffit d’un accordéon et de beaucoup de talent, à Chloé Desfaschele et Mama Prassinos, pour illuminer cette demi-journée. Grâce au Théâtre des 13 Vents et à Sandrine Morel, ces deux artistes se sont emparées des textes pour les magnifier et ravir tous les auditeurs. Si, pour Frantz, « L’image s’évanouit à la lueur du temps », elle restera gravée dans la mémoire de tous les participants à cette activité révélatrice de talents, au plus haut point. Jonathan nous emmène en Italie, Alexandre en rando pédestre, un autre Bernard prend le train le long de la Mer Noire tandis qu’Antoine rêve du Brésil où « il fait beau y vivre »,« le climat est chaud, les gens sont chaleureux, la ville est fleurie. »

 

Quelques notes d’accordéon, des mots, des phrases, du rêve, « les mots sont justement devenus le moyen de transport privilégié de l’imaginaire », comme l’écrit l’une des deux animatrices de l’atelier d’écriture et le régal a été complet.

 

Autre formidable ouverture proposée à la Maison d’arrêt, les sorties au Musée Fabre de Montpellier viennent de débuter grâce au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et à son secteur culturel. Cinq personnes détenues, pour la sixième année consécutive, ont entamé un nouveau cycle de cinq sorties au musée. Là-bas, Michel, artiste-platicien, et Audrey, guide-conférencière, les accueillent. Sur le thème du mythe, plusieurs tableaux ont été choisis et déjà étudiés. L’action entreprise ne se limite pas là mais se bonifie grâce au travail en atelier permettant à chacun de révéler des talents insoupçonnés. Mme Doutremepuich a assuré le lien depuis l’initiative du projet, bien relayée par Mme Girona, parfaitement assistée par Mmes Tourné et Guiet. Chacun ne peut ressortir que bonifié après un pareil travail tellement épanouissant.

Jean-Paul

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 20:32

Depuis cet après-midi, Jean-Paul a enfin regagné son véritable domicile. Ainsi, une nouvelle étape a été franchie dans ce combat. Avec Ghislaine, nous avons effectué une dernière fois ce trajet aller-retour de 500 kilomètres, trajet ayant ponctué nos semaines depuis plus de 3 ans... Après d'interminables minutes d'attente devant la Maison d'arrêt, Jean-Paul est reparti avec nous, très ému mais aussi fatigué par ces derniers jours qui furent très longs.

 

Après 1223 jours d'incarcération en maison d'arrêt, une nouvelle période s'ouvre avec le placement sous surveillance électronique. C'est un immense soulagement, pour nous sa famille, mais pour vous aussi amis plus ou moins proches. Vos messages de soutien et d'amitiés envoyés ces derniers jours nous ont inévitablement ému.

 

Alors MERCI, merci pour votre engagement aux côtés du Comité de soutien et de la famille ;

MERCI pour tous les courriers envoyés (3240 !!!) à Jean-Paul.Vous êtes 580 à lui avoir fait part de votre soutien par écrit.

Enfin MERCI à tous de continuer à lire ce blog et d'apporter vos réactions aux publications. C'est ce qui nous donne la force de continuer.

 

Amitiés à tous. Ce soir, nous allons enfin dormir plus sereinement.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:46

Les petits soldats du journalisme par François Ruffin, Édition Les Arènes, 2003, 271 pages

 

Diplômé de la promotion 2002 du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), François Ruffin livre ici un document très instructif sur cette école réputée, dénonçant sans complaisance tout ce qui l’a choqué pendant ses deux années d’études.

 

D’emblée, il est tombé dans un monde où la dépêche  est reine aussi bien pour la presse écrite, pour la radio que pour la télé. C’est la logique économique qui prime dans ce qu’on leur enseigne ; la vérité s’efface devant l’efficacité. Voilà donc l’audimat placé en tête des critères de réussite dans le métier, ce qui explique pourquoi le fait divers est roi. Au 35, rue du Louvre, dans le CFJ fondé en 1946 et qui accueille chaque année une promotion de 54 élèves sur plus de 600 candidats au concours, on forme « des ouvriers spécialisés au style neutre et précis. »

 

François Ruffin, comme la plupart de ses congénères, rêvait « d’une école où l’enquête serait reine »,« le journaliste s’informe avant d’informer ». En tout et pour tout, il mènera deux enquêtes en deux ans ! Vite, on confond information avec communication. Tout est fait dans l’urgence comme au cours de son stage dans la presse quotidienne régionale (PQR) où l’on fait creux au lieu de creuser. Le ridicule des éternels micro-trottoirs est dénoncé car les résultats sont dérisoires, n’apportant rien de neuf au lecteur : « C’est vraiment le degré zéro du journalisme ». Puisqu’il faut suivre l’actualité, les fausses informations, les rumeurs font les gros titres. Lorsque le démenti arrive, sa publication est bâclée, n’ayant plus du tout la même mise en page parce que d’autres sujets ont pris la place. Il faudrait comprendre et donner à comprendre au lieu d’alimenter les bavardages.

 

 Tout au long du livre, l’auteur est sévère à propos de cette pédagogie de la soumission car il faut plaire d’abord aux patrons des entreprises de presse, quitte à former des esprits soumis. Il constate aussi que les étudiants en journalisme ne lisent plus, que deux ans après son déménagement, le CFJ livre « des techniciens fonctionnels, efficaces, rapides et surtout pas pensants car la pensée ralentit ».

 

Depuis le début des années 2000, les choses ont-elles évolué ? Il faut en douter sérieusement car le traitement de l’information semble présenter les mêmes travers dénoncés par François Ruffin même si, avec Fakir, le journal bimestriel alternatif qu’il avait lancé à Amiens, il tentait de démontrer le contraire. D’autres exemples récents prouvent que le journalisme d’investigation reste toujours vivace et permet de garder espoir mais il faudrait que les grandes écoles de journalistes s’en inspirent.

Bonne réflexion !

Jean-Paul

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 14:14

Un édito qui a une saveur particulière... Bonne lecture ! 

Ping-pong (Éditorial du vendredi 31/05/2013)

 

Ces jours derniers, Paris a accueilli les championnats du monde de tennis de table, pardon de ping-pong, comme il est bien de dire maintenant. Alors que, pendant des années, la fédération française et ses pratiquants se sont acharnés à chasser ces deux onomatopées rappelant le bruit que fait la balle sur la raquette, voilà que la tendance se renverse puisque la grande compétition organisée au Palais omnisport de Bercy a été baptisée Mondial Ping !

 

Si les chinois n’ont pas inventé le ping-pong lancé en Grande-Bretagne à la fin du XIXe  siècle, c’est un sport qui fait partie de leur culture au point que l’Empire du Milieu domine outrageusement au niveau mondial. Là-bas, on fabrique un champion en dix ans et dix mille heures d’entraînement. Sport olympique adopté aux Jeux de Séoul, en 1988, ses principaux titres sont raflés par les sportifs chinois.

 

Cette domination s’explique sportivement certes mais d’abord culturellement. Avec 17 millions de licenciés raquette en main, le ping-pong se pratique partout, presque à chaque coin de rue. Facile à jouer, nécessitant peu d’investissement, on trouve des tables même sur les lieux de travail. En Chine, ce Mondial Ping est le troisième évènement sportif  le plus important après  les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot.

 

De plus, le ping-pong a l’avantage de mêler toutes les générations. Là-bas, personne n’a oublié que c’est grâce à ce sport que les relations avec les USA ont été renouées. Aux Mondiaux de 1971, à Nagoya (Japon), Zhang Zedong (décédé en février dernier), triple champion du monde, avait offert une image sur soie du mont Huangshan à son adversaire étatsunien, Glenn Cowan. Ce geste symbolique rapprocha les deux pays au point que Richard Nixon se rendit à Pékin l’année suivante.

 

C’est Mao qui encouragea le développement du ping-pong dans son pays au début des années 1960. Aujourd’hui, le champion de ping-pong est une star et Dubaï sponsorise même l’équipe nationale !

Cette domination outrancière au niveau mondial n’a pas que des avantages et inquiète les dirigeants de ce sport car elle décourage les efforts déployés dans d’autres pays. Les résultats étant pratiquement connus à l’avance, l’intérêt diminue vite comme nous avons pu le constater en France, nos pongistes étant trop vite éliminés.

 

Conscients du danger que représente cette suprématie sans partage, les Chinois ouvrent leurs formations aux sportifs étrangers, les accueillant même pour des stages de quatre ans dans l’Académie de Shangaï. De plus, de nombreux pongistes chinois s’expatrient et se retrouvent dans les équipes d’Espagne, d’Allemagne, de France, etc… Ainsi, Yi Fang Xian, naturalisée française en 2005, est à 35 ans, numéro un chez nous. Elle qui n’est que 51e au rang mondial, reconnaît qu’elle aurait arrêté sa carrière depuis longtemps si elle était restée en Chine, poussée vers la sortie par les jeunes. Pour lutter contre les abus de ces naturalisations, la fédération internationale, depuis 2008, interdit de compétition un athlète naturalisé après l’âge de 21 ans.

 

Yi Fang Xian vit en France depuis l’âge de 19 ans mais reconnaît qu’elle doit ses solides bases techniques à l’école primaire où elle a débuté ce sport. Aujourd’hui, elle voudrait devenir entraîneur national mais la bureaucratie à la française l’oblige à passer des concours dont elle n’a que faire alors qu’elle a déjà un diplôme d’entraîneur et un beau palmarès. La France a encore du chemin à faire mais développer ce sport simple et spectaculaire serait un beau challenge.

Jean-Paul

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