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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:36

Patrimoine figé ou évolutif (Éditorial du vendredi 28/09/2012)


Chaque année, les journées du patrimoine drainent davantage de monde pour des visites qui demandent souvent de longues heures d’attente. Ce succès est révélateur d’une société qui tient à préserver immeubles et monuments témoins d’une époque révolue.

 

Il faut se réjouir de voir tous ces palais et châteaux mais aussi églises, cathédrales, monastères, mairies, usines et encore ponts, lavoirs et même prison comme à Béziers, pris d’assaut au cours de ce week-end de septembre que de plus en plus d’amateurs réservent un an à l’avance. D’ailleurs, une majorité de Français préfère la mise en valeur des trésors du passé à la création. Il suffit de voir les polémiques que déclenchent certains projets architecturaux pour s’en convaincre. Or, à l’époque de la réalisation de monuments que nous admirons sans réserve aujourd’hui, les mêmes débats n’ont pas manqué d’agiter la société. L’exemple le plus symptomatique est celui de la Tour Eiffel qui n’est pas passée loin d’une démolition pure et simple.

 

Cette constatation doit nous faire réfléchir sur cette frénésie qui gagne de plus en plus et coûte évidemment très cher puisqu’il faut restaurer, entretenir et mettre à la disposition du public. Sur un budget de 3 milliards d’euros, le ministère de la culture doit consacrer près d’un tiers à ces opérations.

 

Comme ce patrimoine ne cesse de croître et embellir, il faut vraiment se poser la question car cet ensemble de monuments protégés est destiné à rester figé après une simple décision administrative. D’un côté, on sauve de réelles richesses, d’un autre on bloque une évolution qui a pourtant toujours été la règle depuis que l’espèce humaine s’est sédentarisée.

 

Combien de superbes palais Renaissance se sont établis sur les ruines d’un château médiéval qui, lui-même avait supplanté une demeure plus modeste ? Le château de Blois, par exemple, possède la particularité de proposer des ailes d’époques et de styles différents. À Chaumont-sur-Loire, un pan entier du château médiéval a été démoli pour ouvrir la cour intérieure vers le fleuve. Les exemples foisonnent d’évolutions, de transformations qui ont effacé ce qui a précédé. 

 

Il faut donc aujourd’hui se poser la question pour savoir si notre patrimoine doit rester figé et s’il faut sans cesse l’étendre. Cela mériterait un véritable débat et des choix pas toujours faciles à faire.

Jean-Paul

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:25

Morale en hausse (Éditorial du vendredi 21/09/2012)

 

Tout y est passé : cours de morale, instruction civique, éducation civique et morale, éducation à la citoyenneté…Depuis que Jules Ferry a rendu l’école primaire laïque et obligatoire, en 1882, avec Ferdinand Buisson, cofondateur de la Ligue des Droits de l’Homme, la nécessité de remplacer l’instruction religieuse, dispensée dans les écoles catholiques, s’est imposée.

 

Né le 20 décembre 1841 à Paris et mort le 16 février 1932, Ferdinand Buisson a été scandaleusement délaissé par l’historiographie officielle. Pourtant, il a eu tout le mérite de superviser la rédaction des lois sur la laïcité, au début du 20e siècle. C’est lui qui présidait la commission parlementaire qui mit au point le texte de loi sur la séparation des Églises et de l’État, loi votée en 1905. Ce député de la Seine, avant et après la première guerre mondiale, se battait déjà pour l’enseignement professionnel obligatoire et en faveur du droit de vote pour les femmes. Les idées qu’il défendait sont encore plus d’actualité aujourd’hui. Ajoutons simplement qu’il reçut le prix Nobel de la Paix, en 1927, pour son action en faveur du rapprochement franco-allemand. Hélas, dans les années qui suivirent, son œuvre fut anéantie.

 

Aujourd’hui, le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, agrégé de philosophie et directeur de recherche au CNRS, devrait apporter toutes les garanties pour réaliser une réforme dans un domaine où un consensus est indispensable si l’on veut maintenir une certaine cohésion dans le pays. Lorsqu’il a employé les termes de morale laïque, il a lancé un débat qui n’a pas fini de rebondir. Pourtant, il est évident que le rôle de l’école est d’inculquer des valeurs, des « notions de morale universelles fondées sur les idées d’humanité et de raison. » Apprendre la solidarité, la tolérance, le respect des personnes et des biens, savoir distinguer le bien du mal, c’est une nécessité.

 

Tout cela n’est pas nouveau. Est-ce réactionnaire ou est-ce progressiste ? La question sera toujours posée. Ce qui est sûr, c’est que la méthode autoritaire ne marche pas. C’est d’abord au sein de la famille que les premières notions se mettent en place mais l’école doit jouer un rôle fondamental comme elle l’a toujours fait afin d’imposer la primauté de la raison et le refus des dogmes.

 

Au-delà des effets d’annonce, chaque ministre de l’Éducation nationale doit s’efforcer de veiller à ce que l’éducation civique soit une réalité, sur les bases de ce que Ferdinand Buisson avait mis en place, il y bien longtemps.

 Jean-Paul

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 19:46

Plus que quelques jours pour s'inscrire à cette journée qui débutera vers 11h30 par un apéritif suivi d'un repas ; viendra ensuite le traditionnel concours de pétanque et le tirage de la tombola. Une nouvelle fois, le Comité de soutien de Jean-Paul Degache organise une manifestation pour réunir ses fidèles soutiens lors d'une journée conviviale. On vous attend nombreux pour cette occasion.

 

affiche journée champêtre

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 16:37

Trois millions (Éditorial du vendredi 14/09/2012)

 

De mois en mois, le nombre de chômeurs recensés dans notre pays grimpe, même s’il ne faut pas oublier qu’il y a des périodes de l’année plus favorables à l’emploi.

 

De lointains souvenirs nous reviennent d’une époque où frôler le million de sans-emploi, était un scandale insupportable. Le temps passant, nous nous sommes habitués à ce phénomène qui jette dans la précarité et le besoin de plus en plus de monde. Plus grave est la perte de l’estime de soi, la disparition progressive de cette confiance indispensable à la réalisation du moindre projet.

 

La logique du profit poussée au paroxysme chasse tous les jours des travailleurs de leur emploi. Depuis le début de l’été, une annonce de fermeture d’usine est à peine annoncée qu’une autre intervient. De la petite entreprise au groupe industriel, les suppressions d’emplois tombent par centaines quand ce n’est pas par milliers. Le phénomène, hélas, n’est pas propre à la France mais touche aussi bien des pays industrialisés. On nous a même montré récemment, en Chine, d’immenses usines désertes.

 

À côté de cela, il faut bien le reconnaître, des milliers d’emplois cherchent preneurs mais ne sont pas pourvus pour des raisons très diverses qui touchent aussi bien à la formation qu’à leur précarité. Aucune solution miraculeuse n’existe. Nous en sommes bien certains mais une multitude d’opportunités doivent être proposées à condition que chacun, à la base, ait la volonté de faire les efforts suffisants et que ces efforts soient pris en compte et reconnus.

 

Enfin, il est impossible de passer sous silence les luttes admirables que mènent de très nombreux salariés menacés dans leur emploi et par conséquent dans leur vie familiale. Certaines sont médiatisées, d’autres moins ou pas du tout. Tous méritent le respect parce qu’ils ont toujours le souci de préserver leur outil de travail afin de retrouver ce qui fait la seule richesse des salariés : leur emploi.

 

On nous parle de crise, d’une crise exceptionnelle et longue mais il n’est pas interdit de rêver ou de rendre hommage au premier homme à avoir marché sur la lune, Neil Armstrong. D’une modestie admirable, il a toujours fui la médiatisation, contrairement à son homonyme, prénommé Lance, prêt à tout pour dominer ses adversaires et dont la chute s’annonce sévère, même si son combat contre le cancer mérite l’admiration. Tous les deux, à leur façon, ils ont entretenu le mythe de la toute-puissance de l’homme, illusion dont il faudra bien revenir un jour…

Jean-Paul

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 14:08

Nu dans mes bottes par Patrick Béon (avec Florent Joyard), Éditions Prolongations, 2009, 176 pages

 

Il est difficile d’avoir admiré un champion puis, après l’avoir presque oublié, de lire le récit bouleversant de sa vie, une véritable descente aux enfers.

 

Il ressort, de la lecture de ce livre témoignage, une impression mitigée devant tant de talent gâché. Patrick Béon est un écorché vif et, sans tergiverser, il nous plonge dans un cauchemar commencé dès l’enfance. Pourtant, de magnifiques embellies conquises par ses propres moyens auraient pu lui permettre de rejeter tout ce qui était mauvais, cet engrenage que de sinistres personnages s’ingénient à faciliter.

 

Il est arrêté chez lui, fin octobre 2000, mais il n’est pas seul à être interrogé : sa femme, son fils aîné, son frère, sa mère… Patrick Béon a 51 ans et il lui est reproché la consommation et surtout la revente d’amphétamines, sous la forme d’in cocktail appelé « pot hollandais », à d’anciens coureurs, entre autres. Ce champion cycliste a remporté beaucoup de courses lorsqu’il  était amateur, affichant des aptitudes physiques largement au-dessus de la moyenne. Il était contre le dopage qu’il pouvait constater déjà autour de lui, un dopage à la petite semaine, pas très dangereux mais faussant les résultats et souvent au départ d’un engrenage pouvant mener à la catastrophe. C’est ainsi qu’il est jeté en prison, traité comme un trafiquant de stupéfiants.  Après 21 jours de préventive, il sera condamné à un an ferme et il décrit bien toute l’horreur du milieu carcéral.

 

Au fil des pages, le lecteur découvre une vie familiale très chaotique, le drame qui frappe aussi son fils Nicolas. Malgré de nombreuses allusions à sa carrière cycliste, il faut passer la moitié du livre pour enfin retrouver Patrick Béon, le coureur. Lui qui préférait le foot, est poussé à faire du vélo par son frère, Gérard. L’on apprend ensuite que, lorsqu’il était collégien, il faisait la course avec le bus scolaire et arrivait le premier ! Lorsqu’il remporte le Tour du Jura, trois équipes professionnelles le veulent mais il refuse. Le Breton qu’il est signe à l’ACBB, le fameux club parisien, dirigé par Mickey Weygant, un club qui est l’antichambre de l’équipe Peugeot. C’est à ce moment qu’il épouse Martine, fille d’un commissaire de police.

 

Tout au long des pages, Patrick Béon le souligne à plusieurs reprises : il a besoin d’un homme qu’il respecte, le prenne sous sa coupe et ne le laisse pas livré à lui-même. Il aurait bien aimé que Cyrille Guimard s’occupe de lui et a toujours regretté l’époque de Mickey Weygant. Chez les pros, c’est l’époque où l’on parle peu de récupération et pas du tout du nombre de jours de course. Le double engrenage est  lancé : l’accumulation des épreuves et les soins, un mot sibyllin qui conduit au dopage. Des pastilles plus ou moins identifiées sont la première marche d’une escalade conduisant aux injections. Dans les années 70, les amphétamines sont reines et notre homme se voit contraint de céder  « par faiblesse, par facilité, par bêtise. » Maurice De Muer, son directeur sportif, le prend dans l’équipe Peugeot pour le Tour 1975 où il est l’équipier de Bernard Thévenet qui vaincra le grand Merckx. Il fait chambre avec Guy Sibille qui restera toujours un ami fidèle. Parfois l’opportunité se présente de sortir de cette folie qui gangrène ce sport merveilleux : un jour, Raymond Delisle lui fait jeter son « officine ». Souvent, il doit se sacrifier pour un leader moins fort que lui. Lorsque Eddy Merckx lui propose de devenir son équipier, il refuse et…le regrette encore.

 

Philippe Brunel, journaliste à L’Équipe, l’encourage à écrire mais c’est Florent Joyard qui va l’accompagner dans sa démarche, l’accueillant chez lui puis venant en Bretagne où il rencontre la mère de Patrick, d’origine allemande, rejetée par sa belle-famille. Remontent alors tous les souvenirs de son enfance où la misère et les violences qu’il subit sont incroyables. Si Patrick Béon est devenu un écorché vif, c’est à cette période déterminante de sa vie qu’il le doit, l’époque où il marchait « Nu dans ses bottes. »

 

Après tellement de bouleversements, le temps de l’apaisement semble venu. Grâce à Philippe Bouvatier, il retrouve le monde du cyclisme au Grand Prix de Plouay. Bernard Thévenet est très chaleureux et ils parlent enfin. Patrick Béon travaille dans l’immobilier, dans sa Bretagne natale et déclare simplement : « Je veux seulement fleurir ma demeure afin d’embellir ma vie. » Il le mérite vraiment.

   

Merci à Bernard D. de m’avoir donné la possibilité de découvrir ce témoignage poignant et bouleversant.                                                                                                             

    Jean-Paul

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 18:15

Ce mercredi soir à 20h55 sur Canal+, vous retrouverez le film "Présumé Coupable" signé Vincent Garenq. Ce film, adapté du livre "Chronique de mon erreur judiciaire" écrit par Alain Marécaux, retrace le calvaire qu'a dû subir cet huissier de justice lors de l'Affaire d'Outreau. Celui-ci est incarné au cinéma par l'acteur français Philippe Torreton, qui signe d'après Alain Marécaux lui-même, une sacrée performance !

 

 

presume-coupable-20098-77645161.jpg

 Différentes raisons nous ont amené à vous parler de ce film.

Cette erreur judiciaire a eu tout d'abord le "mérite" de soulever les multiples dysfonctionnements de l'institution judiciaire française et de comprendre pourquoi des personnes innocentes peuvent être condamnées injustement en France : la qualité de l'enquête menée, la sacralisation de la parole des enfants légitimée par la circulaire Royal, le rôle et le poids des experts... Ces éléments nous amènent inévitablement à rattacher Outreau à l'affaire de Jean-Paul.

 

De plus, après la première condamnation de Jean-Paul en 2007, nous avions contacté l'abbé Dominique Wiel condamné lors du premier procès d'Outreau en 2001 puis acquitté en 2005. Il avait ainsi raconté, lors d'une conférence-débat à Tournon-sur-Rhône, cette terrible expérience en décortiquant les différents dérapages qui avaient eu lieu durant cette affaire. Dominique Wiel avait conclu la soirée en adhérant au Comité de soutien à Jean-Paul Degache dont il était devenu le 1000ème adhérent !

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 14:29

Les vacances scolaires terminées, le centre scolaire de la Maison d'arrêt a réouvert ses portes. Ainsi, nous vous proposons l'éditorial que Jean-Paul a réalisé pour ce numéro. Cet hebdomaire, tiré à 700 exemplaires est disponible pour les détenus ainsi que leurs familles.

 

Le retour d’Hector (Éditorial du vendredi 7/09/2012)

 

Nommé ainsi en l’honneur du formidable héros de la guerre de Troie, votre journal préféré, La Feuille d’Hector, reparaît. Après deux longs mois de silence, toute l’équipe de rédaction se remet au travail pour vous apporter informations et commentaires sans oublier les programmes télé et les jeux.

 

L’été touche à sa fin mais, cette année, les Jeux Olympiques ont bien occupé l’actualité, dans la roue du Tour de France. Sans attendre la rentrée, les différents championnats de sports collectifs ont repris ou sont sur le point de se relancer et de nouveaux titres sont mis en jeu. Tous les espoirs sont permis et c’est donc le moment où l’on peut rêver encore.

 

Afin de se donner toutes les chances de réaliser quelque chose de concret, il ne faut pas manquer ce moment où tout redémarre. Le Centre socio-pédagogique propose à tous des activités suffisamment diversifiées pour que chacun trouve une motivation, un centre d’intérêt pour découvrir un domaine où se perfectionner.

 

Les enseignants de l’Éducation Nationale assurent 28 modules ou classes de 12 élèves, proposant des cours en français, anglais, espagnol, philosophie, histoire, géographie, niveau collège et lycée. Les étudiants du GENEPI (Groupement étudiant national d’enseignement  aux personnes incarcérées) complètent bénévolement l’équipe éducative avec du soutien scolaire en langues et une réflexion sur la santé. Remise à niveau, français langue étrangère (FLE), apprentissage de la lecture et de l’écriture, cours de secourisme, ateliers presse (journal) et médias, plus informatique complètent un ensemble permettant de préparer des diplômes comme le DILF (Diplôme d’initiation à la langue française) réservé aux étrangers, le CFG (Certificat de formation générale), le DNB (Brevet), le DAEU (équivalent du Bac) mais aussi des licences ou des BTS. L’Éducation Nationale assure aussi les inscriptions à des cours par correspondance au CNED (Centre national d’éducation à distance) et à Auxilia, avec possibilité d’une aide financière.

 

Beaucoup d’autres activités sont possibles au centre socio-pédagogique grâce au SPIP qui assure des actions culturelles tout au long de l’année (échecs, écriture, dessin, modelage, slam, théâtre), des expositions ou conférences (plantes médicinales, chocolat, musée, opéra…), sans oublier une action cuisine cet automne. L’entreprise Sodexo, toujours au centre socio-pédagogique, assure des entretiens d’évaluation pour le travail, les séances d’emploi-formation, des cours d’informatique et de rédaction de CV. L’UCSA y animera des groupes de parole à propos de l’alcool, de la drogue, des problèmes de peau… et l’expression corporelle (cirque). De plus, le Relais parents-enfants permet de renouer les liens familiaux, Pôle-emploi reçoit sur rendez-vous par l’intermédiaire du Spip, la CAF (Caisse d’allocations familiales) tient une permanence le 3e jeudi de chaque mois, le CIDF assure des groupes de parole à propos des différents familiaux et les cultes catholique, protestant, gitan et musulman accueillent les croyants.

 

Ce panorama des activités proposées au centre socio-pédagogique n’est pas exhaustif. Tout au long de l’année, La Feuille d’Hector vous tiendra au courant afin de permettre à chacun d’occuper positivement son temps de détention.

Jean-Paul

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:38

Du Domaine des Murmures par Carole Martinez, Éditions nrf - Gallimard, 2011, 208 pages.

 

9782070131495.jpgComment une jeune fille de 15 ans, pour échapper au mariage, peut-elle décider de se faire emmurer vivante ?

 

Nous sommes en 1187. Esclarmonde des Murmures doit épouser Lothaire de Montfaucon, mais elle refuse, le jour même de la cérémonie, et décide de se donner au Christ…C’est un véritable coup de tonnerre dans la vallée de la Loue et dans le château de son père qui la surplombe.

 

Dans ce roman très bien écrit, Carole Martinez qui en est à son second livre, après Le Cœur cousu, nous fait partager émotions et évènements de la vie complètement bouleversée de son héroïne. Deux années sont nécessaires pour édifier la petite chapelle et le lieu où elle sera enfermée, au cœur du Jura.

 

Bien qu’il ait cédé à la volonté inébranlable de sa fille, son père, « un petit seigneur mais un grand chevalier », adorait sa fille. Ce veuf  dont l’épouse avait succombé à son huitième accouchement se retrouvait à nouveau seul : « Désormais, il haïssait sa fille autant qu’il haïssait Dieu ».

 

Lorsque le dernier jour de liberté arrive, Esclarmonde veut en jouir pleinement mais elle va être violée par ce qu’elle appelle « le diable ». Cet évènement conditionnera la suite puisque, dans ce qui est destiné à devenir sa tombe, elle enfantera. Les drames se succèdent au fil des rivalités et des coups de folie. La religion est bien présente aussi puisque l’on prétend qu’Esclarmonde accomplit des miracles. Elle décide même son père à partir pour une croisade. Cela permet à l’auteure de sortir non seulement du huis clos où la vie d’Esclarmonde se déroule mais aussi d’échapper un moment à son environnement.

 

« Le destin déployait ses filets…On ne me reprochait pas mon ambition, on ne bâillonnait pas une hérétique, une possédée, un faux prophète, on bâillonnait une mère. » Ce cri, cet appel au secours d’Esclarmonde annonce le drame final.

 

Du Domaine des Murmures est un véritable régal, un bijou de sensibilité et d’amour.

 

Jean-Paul

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 17:43

Un troisième été s’achève pour Jean-Paul : il a passé le premier enfermé à Nîmes, les deux autres à Villeneuve lès Maguelone. Merci à tous ceux qui, en cette période de vacances, ont eu une pensée pour un innocent injustement condamné.

 

Cette rentrée va être marquée par deux évènements majeurs :

tout d’abord, le samedi 29 septembre sera l’occasion de nous retrouver pour une nouvelle journée champêtre à Arras-sur-Rhône. Le Comité de soutien vous propose un apéritif suivi d’un repas puis le traditionnel concours de pétanque avec tirage au sort des équipes.

 

Ensuite, le lundi 29 octobre sera le 1000ème jour d’emprisonnement de Jean-Paul. Nous vous solliciterons à nouveau pour que ce jour-là il reçoive une avalanche de courriers lui montrant notre soutien indéfectible.

 

Le succès de ces deux évènements ne dépend que de nous tous. Nous vous remercions pour toute l’aide déjà apportée et celle à venir dans notre long combat contre l'injustice.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:55

La mort du roi Tsongor par Laurent Gaudé (Éditions Actes Sud), 2004, 204 pages.

 

9782742752980.jpgVoici un formidable conte africain qui captive dès la première ligne et emmène au bout d’une histoire foisonnante d’épisodes tous très révélateurs de certaines situations hallucinantes que s’obstine à créer ce que l’on appelle l’espèce humaine.


Dans une période pas vraiment définie mais que l’on suppose assez ancienne, le roi Tsongor se prépare à marier sa fille, Samilia, dans son palais de Massaba. Auprès de lui, son fidèle Katabolonga sait qu’il doit tuer le roi comme il en a fait la promesse il y a bien longtemps. L’auteur en profite pour effectuer un retour en arrière nous détaillant comment Tsongor a conquis son immense territoire par le feu et le sang.


Pour la première fois, Samilia va rencontrer celui qui doit l’épouser, Kouame, le prince des terres de sel. Tout est prêt pour une fête extraordinaire lorsque se présente Sango Kerim, un ami d’enfance de Samilia venu rappeler la promesse qu’elle et lui s’étaient faite alors qu’ils étaient enfants. C’est le début d’un enchaînement de catastrophes, d’évènements tous plus tragiques les uns que les autres.


La mort du roi Tsongor, sacrifice ultime, ne règle rien mais, avant de trépasser, le monarque a confié une mission à son plus jeune fils Souba. Celui-ci part la remplir, seul sur sa mule pendant qu’une bataille se prépare de façon impressionnante. Ainsi, tout ce qu’a réalisé Tsongor va être détruit alors que Souba a enfin trouvé la sépulture idéale pour son père dans un lieu qui ne peut que rappeler le site magique de Petra, en Jordanie.


Tout au long de ce récit épique et initiatique, Laurent Gaudé révèle un grand talent pour nous plonger dans une tragédie que la folie des hommes a été seule capable de concevoir.

 

Merci à Marisette de m’avoir conseillé la lecture de La mort du roi Tsongor, un livre que j’ai trouvé à la bibliothèque de la maison d’arrêt.

 

Jean-Paul

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