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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:42

Anquetil tout seul par Paul Fournel, Éditions du Seuil, 2012, 148 pages

 

Une fois de plus, Paul Fournel laisse parler sa passion pour le sport cycliste et c’est un véritable bonheur de lire de telles pages sous l’excellente plume d’un aussi bon écrivain.

 

Comme le titre et la photo de couverture l’indiquent, c’est à Jacques Anquetil que se consacre l’auteur. Ce grand champion « fait pour rouler seul » fut son modèle et son contraire. Comme tous les cyclistes débutants, le jeune Paul Fournel s’identifie au champion mais il fait parler aussi Anquetil : «  J’ai mal, la nuque, les épaules, les reins et puis l’enfer des fesses et des cuisses. Il faut résister à la brûlure… si je souffre tant, il n’est pas possible que les autres tiennent le coup. » Dans le contre la montre entre Bourgoin et Lyon (62 km), Anquetil rattrape Poulidor, son éternel rival et Antonin Magne, le directeur sportif de celui qui fut dénommé à tort l’éternel second, ordonne à son coureur de se garer et de regarder passer la caravelle…

 

Né à Saint-Étienne, Paul Fournel, président de l’OuLiPo, rêve d’être coureur cycliste et son premier vélo est vert, comme celui d’Anquetil. Il a été fabriqué dans la préfecture de la Loire qui fut la capitale du cycle.

 

Au fil du livre, les exploits mémorables du champion sont retracés, vécus de l’intérieur mais le lecteur profite, en prime, de l’humour de l’auteur qui se prend pour Jacques Anquetil. Il détaille aussi ses rapports avec les autres coureurs, lui qui n’aime pas rouler en peloton. Il hait Darrigade qui vient le chercher en queue de paquet pour le remonter en tête. En fait, Anquetil n’aime le peloton que quand il est loin derrière ! Pourtant, il déclare : «  Je n’aime pas le vélo. Le vélo m’aime. Il va le payer. »

 

Présent le 12 juillet 1964 sur les pentes du Puy-de-Dôme, à 2 km du sommet, Paul Fournel prend en photo, tour à tour, Poulidor et Anquetil, le premier ayant décroché le second, mémorable évènement  faisant la gloire du Tour de France. Quelques questions simples permettent de tenter de mieux comprendre l’homme et le champion. Il faut savoir ce qui motive Anquetil. Généreux et modeste, il recherche avant tout l’exploit alors qu’Alfredo Binda aimait vraiment le vélo, que Roger Walkowiak était indifférent à l’argent, que Raphaël Géminiani acceptait la douleur et que Louison Bobet savait la gérer au mieux. Paul Fournel n’élude pas le problème de la drogue et du dopage. Il raconte ce grand prix de Forli contre la montre où avec Ercole Baldini, ils avaient décidé de se contenter d’eau minérale, de ne pas prendre d’amphétamines. Ils ont fait premier et deuxième, mais à une moyenne inférieure, en souffrant le martyre, trouvant l’épreuve interminable.

 

Toutes les questions sont posées et abordées avec passion et franchise, même sa vie de couple avec Janine dont l’auteur nous révèle le rôle prépondérant joué par elle auprès du champion : « Janine veille, elle conduit, elle compte, elle accompagne. Elle assure aussi le spectacle… Leur couple est si perfectionné qu’il est inséparable. Ils ne s’écartent l’un de l’autre qu’au moment où Jacques doit pédaler. » Enfin, il détaille l’incroyable histoire familiale de cet homme hors du commun sans oublier de brosser le portrait des hommes qui ont accompagné sa carrière : Jean Stablinski, le lieutenant, André Darrigade, son ami, son capitaine de route, son mentor, son tourmenteur, Raphaël Géminiani, son antithèse et Raymond Poulidor avec qui il partage finalement une amitié respectueuse et durable.

 

Enfin, je note une petite erreur concernant l’abandon de Jacques Anquetil lors de son dernier Tour, lors de l’étape qui arrivait à Saint-Étienne. Ce 11 juillet 1966, il mit pied à terre dans la côte de Serrières (Ardèche), comme le note Christian Lacroix, dit Lax, dans l’avant-propos de sa passionnante BD, « L’Aigle sans orteils » (Aire Libre, Dupuis). Ce n’était pas « dans un obscur trou de pluie, au milieu d’une descente, sous un orage froid. » Ce jour-là, je me trouvais sur le Cours Fauriel, à Saint-Étienne, où je m’étais rendu, sur mon demi-course Winster, pour assister à l’arrivée de l’étape remportée par Ferdinand Bracke, un coureur belge qui battra aussi le record de l’heure. Le grand Jacques pouvait se retirer l’esprit tranquille, ayant assuré la victoire de son coéquipier, Lucien Aimar.

 

Après André Darrigade, mon éternel favori qui me le rendait bien en collectionnant les victoires d’étapes, je supportais Jacques Anquetil. C’est pourquoi, à 14 ans, après m’être cassé le poignet gauche en jouant au foot, je portais ma montre au bras droit. Lorsqu’on me demandait pourquoi, je répondais invariablement : « Mais… comme Jacques Anquetil ! »

 

Pour finir, je n’oublie pas de remercier de tout cœur l’ami Jean-Pierre S. qui m’a offert ce livre. Ghislaine et moi, nous nous sommes régalés.

Jean-Paul

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:03

Le héron de Guernica par Antoine Choplin, Éditions du Rouergue, 2011, 158 pages

 

9782812602481.jpgParis. 1937. Exposition internationale des arts et techniques. Pablo Picasso va présenter son fameux tableau « Guernica », dans le pavillon espagnol. Il a peint cette toile monumentale que l’on peut voir aujourd’hui au musée Reina Sofia de Madrid, en hommage aux habitants de cette ville du Pays basque bombardée par l’aviation allemande au service des franquistes, pendant la guerre civile.

Basilio, jeune peintre, ouvrier agricole à Guernica, veut rencontrer Picasso et fait le voyage à Paris. Il se pose une question : «  Picasso était-il à Guernica ? »

 

Basilio avait bien tenté de s’enrôler dans l’armée républicaine mais on ne l’avait pas accepté parce que son unique passion, Celestina mise à part, est de passer des heures dans les marais, en bordure de la ville, à observer et à peindre les hérons cendrés.

 

Antoine Choplin décrit superbement les lieux, l’affût du peintre attendant le héron qu’il faut apprivoiser. « Comme chaque fois, il s’émerveille de la dignité de sa posture… C’est d’abord ça qu’il voudrait rendre par la peinture. Cette sorte de dignité qui tient aussi du vulnérable, du frêle, de la possibilité du chancelant. »

 

Il y a le bal, le marché, la vie toute simple d’une petite ville mais… « Lentement, le bruit s’intensifie et change de texture. Gagne dans les graves… » Un Heinkel allemand passe, revient et largue ses bombes sur Guernica. Trois bombardiers pilonnent la ville, semant terreur et désolation. Basilio, au lieu de rester caché dans les marais, court porter secours au vieux Julian qui l’emploie, à son oncle Augusto et surtout à Celestina. « Avant même qu’il y ait porté le regard, il devine les blessures de la ville. Les béances de ses plaies, de ses amputations. »

 

Antoine Choplin signe là un livre étonnant, émouvant, tout en simplicité, en beauté, en poésie, en retenue. Sa sensibilité lui permet de décrire le drame avec des mots toujours justes, même si son écriture n’est pas toujours conventionnelle.

 

Le héron de Guernica est un petit bijou de littérature. À ne pas laisser passer !

Jean-Paul

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:34

Auprès de mon arbre… (Éditorial du vendredi 7/12/2012)

 

Parmi tous les signaux d’alarme déclenchés régulièrement concernant la dégradation de la nature, en voilà un auquel nous pensions échapper : le dépérissement des arbres partout dans le monde.

 

Toutes ces belles forêts, qu’elles soient boréales, de montagne, en zones tempérées, de type méditerranéen ou encore tropicales ou sous forme de savanes, toutes ces forêts ne suscitaient jusque là que les inquiétudes classiques : leur disparition par déboisement ou à cause des incendies. Voilà qu’une récente étude scientifique, publiée dans la revue Nature, nous alerte sur le dépérissement des poumons de la Terre : les forêts.

 

Le responsable a pour nom sécheresse, plus précisément ces épisodes qui se répètent maintenant à intervalles réguliers et de plus en plus rapprochés. Ce qui est difficile à réaliser, c’est que toutes les forêts sont concernées, feuillus et conifères, en climat sec ou humide.

 

Pour vivre, un arbre a besoin d’eau et ce sont ses racines qui vont chercher plus ou moins profond ce qui va permettre à l’arbre de faire circuler la sève jusqu’à l’extrémité de ses branches. Or, le manque d’eau crée des bulles d’air qui finissent par boucher les vaisseaux de l’arbre, ce qui accentue ses risques de mortalité, un phénomène qui n’est pas encore pris en compte dans les scénarios climatiques.

 

Dans la forêt méditerranéenne, les arbres sont habitués à ces épisodes de sécheresse et réduisent d’ailleurs leur taille et leur envergure pour pouvoir résister mais il y a des limites. Les chercheurs ont constaté qu’en vingt ans, les superficies connaissant un dépérissement de la forêt ont quadruplé, ce qui a d’autres conséquences. Nous savons tous que les arbres absorbent le carbone, ce fameux CO 2 sans cesse en augmentation et dont les océans captent la moitié. S’il y a moins d’arbres à la surface de la Terre et de plus en plus de CO 2, ceux qui restent vont souffrir d’indigestion.

 

Il n’y a bien sûr aucune solution miracle à ce phénomène qui risque de s’amplifier encore dans les années à venir. C’est un signal d’alarme supplémentaire sur cette planète où l’être humain n’est que de passage. Des conditions de vie favorable ont permis notre évolution et notre développement. Tout cela s’accélère constamment et l’empilement de toutes ces dégradations ne suffit pas encore pour que des mesures vraiment efficaces soient prises.

«Auprès de mon arbre, je vivais heureux… »  chantait Georges Brassens. Mais si les arbres disparaissent ?

Jean-Paul

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:54

Bon rétablissement par Marie-Sabine Roger, Éditions du Rouergue, 2012, 208 p.

 

120820roger.jpgQuelle superbe découverte ! Comment Marie-Sabine Roger peut-elle écrire aussi bien en se mettant dans la peau d’un homme, Jean-Pierre Fabre, veuf, sans enfant, retraité, né en 1945 ?

 

Notre héros a été repêché dans la Seine et, comateux, il se retrouve à l’hôpital… Auparavant, avec un humour et une verve qui régalent le lecteur, il nous a présenté sa famille et raconté son enfance… histoire de bien faire connaissance. Son père l’a tellement marqué qu’il écrit : « Il était tellement quelqu’un que, devant lui, je me sentais personne. »

 

Au fil des pages et de son séjour à l’hôpital, tous les sujets sont abordés : la politique, la religion, la solitude et la mort, « cette vieille salope »… Pour notre homme, « Bon rétablissement » est une « formule à la con ! » et l’auteure n’a pas son pareil pour nous régaler de formules et de réflexions savoureuses. Les visiteurs, la famille, personne n’est épargné. Puis il y a cette ado, « la pisseuse », qui vient perturber les certitudes de Jean-Pierre, en s’appropriant son ordinateur. D’autres personnages jouent un rôle non négligeable, comme Maxime, le flic qui vient régulièrement le voir et qui enquête sur son accident. Camille, jeune étudiant qui se prostitue pour payer  ses études, l’a sauvé et Marie-sabine Roger nous ouvre les yeux sur une des absurdités de notre époque. L’ado revient toujours à la charge et se voit affublée de sobriquets peu agréables : « la chieuse, le caneton obèse, la plaie d’Égypte »…jusqu’à la surprise finale.

 

Si « la vie est un escroc sans scrupules », Bon rétablissement  est  un régal à ne pas laisser passer. La vie de Jean-Pierre défile jusqu’à sa sortie de l’hôpital. Il rentre chez lui : « Il fait un temps de merde, le taxi sentait le chien mouillé et le halle de l’immeuble est froid comme une tombe… » Contrairement à  ce que l’on pourrait croire, l’issue est pleine d’optimisme.

 

Bon rétablissement est un livre SA-VOU-REUX, à lire d’urgence !

Jean-Paul

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 10:44

Un drame interminable (Éditorial du vendredi 30/11/2012)

 

Reverra-t-on un jour une paix durable s’installer au Moyen-Orient ? Tant d’espoirs ont été déçus après de longues négociations et des conférences agitées… Puis revient toujours la violence, la parole étant sans cesse donnée aux armes avec ses conséquences qui se nomment destruction, souffrance, mort, désolation. Comment concilier deux peuples qui revendiquent les mêmes terres ? Jusqu’à présent, personne n’y est parvenu.

 

En 2012, il faut revivre une nouvelle opération comme celle nommée « Plomb durci ». Pendant 22 jours de l’hiver 2008-2009, combats et bombardements ont causé la mort de 1 389 Palestiniens, de 13 Israéliens et laissé près de 5 000 blessés dans la bande de Gaza. Au cours de cet automne 2012, tout recommence, Israël se sentant à nouveau menacé par l’armement du Hamas au pouvoir à Gaza, des roquettes pouvant être tirées jusqu’à 40 km en territoire israëlien et même jusqu’à 70 km pour les roquettes de fabrication iranienne.

 

En pleine campagne électorale, le premier ministre israélien, M Netanyahou, cherche-t-il à montrer qu’Israël est toujours aussi intransigeant vis-à-vis de ses voisins menaçants ? Pour des raisons en partie politiques, les Gazaouis voient leurs maisons détruites, leur pays déjà en grande difficulté, obligé de reconstruire sans cesse mais aussi de compter ses morts.

 

Dans ce quotidien tragique, il faut savoir aussi qu’une autre bataille, diplomatique cette fois, se joue à New York, à l’ONU. Ce jeudi 29 novembre, l’assemblée générale de l’Organisation des nations unies doit dire si elle accepte la candidature palestinienne comme État non membre des Nations unies, ceci 65 ans après le vote actant le partage de la Palestine en deux états. Les Etats-Unis ne sont pas favorables à ce changement de statut alors que 120 pays sur 193 soutiennent la demande palestinienne. Sur ce sujet encore, l’Union européenne ne parle pas d’une seule voix puisque seulement 12 pays membres sur 27 sont pour ce statut d’état non membre qui n’accorde pas le droit de vote mais permettrait aux Palestiniens de saisir des instances comme la Cour pénale internationale, ce que redoutent Israëliens et Étatsuniens.

 

Pour compléter ce bilan d’une situation peu encourageante et sans cesse en évolution, il faut parler de l’attitude de l’Égypte. Son nouveau président, Mohamed Moursi est issu du mouvement islamiste des Frères musulmans dont fait partie le Hamas. Son premier ministre, Hicham Qandil, s’est rendu à Gaza. Pendant sa visite, l’offensive israélienne a été suspendue. Le président Morsi se voit forcé de composer avec une opinion publique en majorité hostile à Israël et avec les Etats-Unis choqués par la  dégradation de l’ambassade américaine au Caire.

 

Pendant que l’on discute beaucoup en coulisses, des êtres humains subissent une violence inouïe sans avoir la moindre idée du temps qu’il faudra pour pouvoir vivre enfin en paix.

Jean-Paul

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:35

Initialement prévue le vendredi 7 décembre, l'Assemblée Générale annuelle du Comité de soutien à Jean-Paul Degache aura lieu le vendredi 18 janvier 2013 à 20h30 au centre René Cassin à Sarras.

 

Au programme, le bilan moral et financier de l'année écoulée, la préparation des évènements pour 2013 et bien entendu les dernières nouvelles concernant Jean-Paul.

 

Au plaisir de vous voir nombreux. Ce sera également l'occasion de renouveler le conseil d'administration mais aussi de se retrouver autour de la traditionnelle galette des rois.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 11:55

Et sur cette pierre… (Éditorial du vendredi 23/11/2012)

 

Transmettre un patrimoine aux générations futures, nous avions relevé, il y a quelques semaines (voir Hector n° 777) toute la difficulté que représente cette conservation indispensable, touchant tous les domaines.

 

Invités par le Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), Jackie Estimbre, chargée de la valorisation des patrimoines et du suivi des dossiers Unesco, ainsi que Thierry Dubessy, ingénieur du patrimoine, travaillant tous les deux à la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) sont venus faire découvrir le patrimoine et sa restauration à une assemblée très attentive de bout en bout. Cette conférence documentée et vivante permettait de préparer la sortie prévue début 2013, sortie présentée par Mme Doutremepuich, directrice-adjointe du Spip de l’Hérault, elle-même accompagnée de Nathalie, assistante culturelle au Spip.

 

Après une présentation assez générale, l’attention se focalisait sur la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier où se déroule actuellement un chantier de rénovation. Cet édifice religieux représente plusieurs époques. En 1300, c’était l’église du monastère faisant partie de la faculté. En 1356, cette église devenait une cathédrale, le siège de l’évêque. Enfin, entre 1860 et 1870, cet édifice était bien agrandi. La différence entre les époques de construction se remarque et la visite prévue sur le chantier en cours permettra de constater cela. Cet édifice étant classé monument historique, la France, état laïque, se charge de sa restauration. Si les tailleurs de pierre sont à l’ouvrage, ce n’est qu’après un nettoyage par micro-gommage avec des billes de verre.

 

Un architecte spécialisé a ensuite étudié pierre par pierre ce qu’il faut faire. Parfois, il faut dégarnir les joints avant de les refaire et s’il le faut, remplacer les pierres abîmées. Le plus grand ennemi de la pierre étant l’eau, il faut évaluer le degré d’humidité de chaque partie de l’édifice puis traiter le problème de l’évacuation des eaux de pluie afin d’éliminer toute remontée d’eau.

 

Pour ne pas se tromper et effectuer une restauration réussie respectant le monument, la pierre est analysée scientifiquement jusqu’à obtenir une fiche d’identification très précise. Ainsi les équipes de recherche, en lien avec les géologues, ont pu retrouver les différentes carrières d’où ces pierres avaient été extraites plusieurs siècles auparavant. Ces carrières se situent à Saint-Geniès-des-Mourges et à Vendargues (Hérault) ou encore à Saint-Jean de Védas pour d’autres monuments.

Tous ces chantiers et les métiers qu’ils impliquent ont beaucoup intéressé les personnes présentes à la conférence, ouvrant même des pistes très intéressantes et motivantes pour l’avenir de chacun.

Jean-Paul

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je ne souhaite cela à personne par Saïd André Remli, Éditions du Seuil, 2010, 307 p.

 

Livre-témoignage poignant et bouleversant, Je ne souhaite cela à personne débute à la centrale de Saint-Maur, le 1er juin 2004. Saïd André Remli est incarcéré depuis le 18 juin 1984. Condamné à perpétuité après le décès d’un surveillant lors d’une de ses tentatives d’évasion, Saïd André Remli n’a pas eu une heure de sortie en 20 ans.

 

Durant les 48 premières années de sa vie, il en a passé cinq dans des familles dites d’accueil, et huit en maison de correction. Enfin, s’il a dû subir l’isolement durant neuf ans, tout cela demande des explications et c’est ce que fait l’auteur, secondé par Sylvette Desmeuzes-Balland, dans ce livre.

 

Né à Lyon, en 1957, d’un père algérien et d’une mère française, ce qui explique ses deux prénoms, il connaît une enfance et une jeunesse très chaotiques : « son père boit, sa mère gueule ». Dès 3 ans, il est pris en charge par la DDASS qui le place en famille d’accueil.

 

Privé de ceux qu’il aime, il se ferme et se bloque, valsant de famille en famille comme il valsera plus tard de prison en prison. Très vite, il se frotte à « l’école de la délinquance », subit le racisme primaire, les humiliations, les coups, la perversité, l’injustice, la loi du plus fort, la faim et les punitions physiques qui lui apprennent à supporter la douleur. Les premiers braquages lui font connaître sa première incarcération au milieu des cafards et des rats… Au cours d’une escapade en Algérie, il découvre la misère du bled mais lorsqu’il revient en France, il se retrouve accusé de casses qui se sont déroulés quand il était de l’autre côté de la Méditerranée ! Petit à petit, il se met à vivre « comme un truand » parce que son casier judiciaire fait barrage à toute tentative de travail solide.

 

L’histoire de Saïd André Remli foisonne d’épisodes tous plus chaotiques les uns que les autres. Les bons moments se font de plus en plus rares, sa vie se passant presque exclusivement derrière les barreaux. Ainsi, il se met à observer le monde carcéral d’un œil de plus en plus critique, se lançant dans le droit international pour faire avancer les choses. Son combat pour le respect des principes de l’État de droit et de la démocratie donne aussi de bons résultats pour la réinsertion. Son combat est incessant même si sa vie familiale doit en souffrir. Liberté conditionnelle, lutte contre la récidive pour enfin sortir complètement d’un si long tunnel, l’action se poursuit mais ce livre est plus qu’un témoignage. C’est un véritable acte de foi en la vie qui donne à chaque être humain l’espoir de sortir vainqueur des plus terribles épreuves.

Jean-Paul

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:38

La Zonzon par Alain Guyard, Éditions Le Dilettante, 2011, 288 pages

 

978-2-84263-675-3.jpgSe basant sur son vécu mais en y ajoutant beaucoup de fiction, Alain Guyard a réussi un récit haletant, intriguant et passionnant- jusqu’au bout.

 

Pour bien mettre le lecteur dans l’ambiance, il offre, en guise d’introduction , « L’Épitaphe de Villon en forme de Ballade », plus connue sous le nom de « Ballade des pendus ».

 

La Zonzon nous entraîne sur les traces de Lazare Vilain qui va être amené à enseigner la philosophie à la maison d’arrêt de Nîmes puis jusqu’aux Baumettes, à Marseille. L’auteur se sert de sa propre expérience pour décrire le milieu carcéral. C’est cru et direct. D’emblée, il reconnaît que ses copains d’enfance sont devenus gendarmes ou militaires pour échapper à la misère  ou au chômage. Quant à ceux qui sont rétifs au képi, ils sont …  taulards !

 

Une bonne partie de l’histoire se passe derrière les murs où Lazare Vilain rencontre des gens, souffre du bruit et des odeurs tout en supportant la tchatche… Pour respirer un peu mais aussi pour commencer à nouer l’intrigue, l’auteur nous emmène dans un club de boxe nîmois. Les expressions fleuries agrémentent le récit qui voit notre prof de philo pris dans une histoire bien  périlleuse. « Il y avait du mou dans la boîte à gamberge » et l’enseignant n’arrivait plus «  à supporter l’entrouducutage très glandilleux des corps d’inspection ». Il faudrait citer beaucoup de pages, morceaux choisis ne rendant compte, finalement, que de la triste réalité d’administrations qui se sclérosent toutes seules.

 

Avec talent, Alain Guyard rend bien compte des tourments qui agitent les personnes détenues sans se départir d’un humour salvateur. C’est alors qu’arrive Leïla qui intervient aussi en prison et qu’il n’a de cesse de vouloir retrouver. Au fur et à mesure que se déroule l’histoire, l’auteur nous raconte Socrate qui inventa la philosophie en prison. Il note aussi cette réflexion si vraie : « Ici, en zonzon, y a plus que l’amitié qui tient. » Plus loin, lucide, Lazare Vilain constate : « J’étais le Facteur Cheval du crime… » Les discussions en cours de philo sont passionnantes et peuvent entraîner loin avec Redouane qui parle des bordels d’Alger. Une bonne séquence décrit aussi la fameuse corrida annuelle, sans mise à mort, organisée sur le stade de la maison d’arrêt de Nîmes. L’histoire s’emballe et se révèle être un vrai polar que Marie-Claire et Bertrand m’ont permis de lire et je les remercie.

 

Jean-Paul

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 11:37

Inadmissible gâchis (Éditorial du vendredi 16/11/2012)

 

Sentiment diffus jusque-là, cri d’alarme poussé parfois sans rencontrer d’écho véritable, le gaspillage des ressources alimentaires de notre planète est en train de se révéler au plus grand nombre. La réaction sera-t-elle efficace ? Cela dépend de chacun de nous mais aussi de tous les acteurs d’une chaîne rendue de plus en plus complexe au fil du temps.

 

Nous savons qu’un milliard d’êtres humains souffre de malnutrition et qu’à côté de ce drame paraissant insoluble, le tiers de la nourriture est jeté, perdu. Chez nous, chaque Français gaspille entre 90 et 155 kg de nourriture par an, en moyenne. Impressionnant. Chaque supermarché ou hypermarché en jette environ 197 tonnes. Une telle situation est inacceptable.

 

De l’autre côté de la Manche, Tristan Stuart, un Britannique de 35 ans, mène déjà une lutte acharnée contre ce gaspillage éhonté. Uniquement avec de la nourriture récupérée, il a organisé des festins gratuits réunissant jusqu’à 5 000 convives !

 

Comment cela est-il possible ? En glanant des fruits et des légumes refusés par les supermarchés, en récupérant tout ce que ces mêmes grandes surfaces rejettent de légèrement abîmé, à l’emballage à peine déchiré ou à la date de péremption imminente. Pour un détail, c’est impropre à la vente et certaines grandes surfaces aspergent même l’intérieur des bennes avec de l’ammoniaque pour tout rendre inutilisable ! Pourtant, la solution est simple pour éviter tout problème : les associations autorisées à récupérer ce que les commerçants ne peuvent plus vendre pourraient signer un contrat déchargeant ceux-ci de toute responsabilité.

 

Pour tenter de réduire au maximum ce gaspillage honteux, il existe d’autres solutions : moins produire, mieux gérer les stocks, mettre en place des rayons à prix cassés la veille de la date de péremption ainsi que des bacs discounts de fruits et légumes imparfaits et mobiliser tous les acteurs de la chaîne, du producteur au consommateur en passant par les supermarchés, les associations de solidarité et les collectivités locales. Il est possible encore de mieux organiser les stocks, d’optimiser les circuits de dons et de lutter contre les dérives de la surconsommation.

 

Dernier point qu’il est nécessaire d’évoquer : la nourriture des animaux. Ceux-ci sont de moins en moins nourris avec des déchets, contrairement à autrefois, à cause de certaines épidémies comme la fièvre aphteuse, en 2001. Au lieu d’interdire cela, la loi ferait mieux d’obliger à faire cuire la nourriture destinée aux bêtes au lieu de les gaver avec du soja cultivé en Amérique du sud, ce qui cause des dégâts irréversibles à l’environnement et accentue la déforestation de la planète. Tristan Stuart projette même d’installer des cochons en plein centre de Londres, de les nourrir avec des déchets et de les faire rôtir ensuite sur place.

Jean-Paul

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