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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 19:05

À travail égal, salaire égal (Éditorial du vendredi 23/03/2012

 

Une journée de la femme par an, le 8 mars, c’est bien peu mais cela donne l’occasion de mettre en lumière des problèmes, des injustices, des situations anormales puis… de les oublier pratiquement aussitôt. Pourtant le premier scandale qui aurait dû être réglé depuis longtemps, c’est la différence de salaire pour un même travail. La France, pays dit civilisé, continue d’accepter que les femmes, dans beaucoup d’emplois, touchent un salaire souvent inférieur de 25% à celui de leurs homologues masculins.

 

Il existe un autre domaine où l’inégalité frappe en premier les femmes : le bouleversement climatique. Sur ce sujet, une eurodéputée, Nicole Kiil-Nielsen, va présenter en avril, un rapport sur les femmes et les conséquences du dérèglement climatique. Ainsi, l’on constate que, dans l’agriculture, elles constituent 80% du contingent des réfugiés. De plus, dans la masse des êtres humains qui vivent avec moins de 1 dollar par jour, se trouvent 70% de femmes. Pourtant, si on leur faisait davantage confiance en les incluant beaucoup plus dans les instances dirigeantes, elles apporteraient des réponses nouvelles à certains problèmes comme la protection des enfants et des personnes âgées, pour la recherche quotidienne de l’eau, les transports en commun…

 

Dans l’hexagone, pendant que la tension augmente sur le terrain de la campagne électorale, une mobilisation originale anti-nucléaire a étiré environ 60 000 personnes entre Avignon et Lyon le dimanche 11 mars, jour anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Cette chaîne humaine était disposée le long de la fameuse nationale 7.

                     

Sortir du nucléaire, organisateur de la manifestation, aurait sûrement aimé faire venir la plupart des candidats à la prochaine élection présidentielle mais seuls Eva Joly et Philippe Poutou étaient présents. François Hollande n’avait pas envoyé de représentant mais Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou l’ont fait. Dans cette zone la plus nucléarisée de France, puisqu’elle compte 14 réacteurs, la mobilisation aurait pu être encore plus forte. Le résultat obtenu prouve qu’une prise de conscience du problème nucléaire est réelle dans notre pays. C’est une nécessité si nous voulons que tous les efforts de recherche et de développement soient déployés en faveur des énergies douces et renouvelables.

Jean-Paul


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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 09:40

Voici un court extrait de la lettre datée du 25 mars reçue par Ghislaine :

 

"Je ne te parlerai pas de la météo de ce dimanche, comme de celle d'hier d'ailleurs. J'essaie comme d'habitude de faire abstraction de tout cela, de ne pas penser à tout ce dont je suis privé si injustement ni, non plus, à ce que mon absence t'empêche de faire...Pour survivre, il faut que je vive tout cela comme si c'était normal en essayant de passer au mieux ce temps. Cet après-midi, le supporter chauvin que je suis, a été gâté puisque j'ai assisté à deux victoires françaises en cyclisme..."

Jean-Paul


Jean-Paul nous rappelle souvent que les week-end demeurent très longs puisqu'aucune activité n'est possible. Le parloir du samedi matin passé, seule la télévision lui permet de faire passer le temps notamment avec les programmes sportifs : par exemple, cet après-midi avec le Tour des Flandres ou ce soir avec Rennes-Lyon. Ainsi, on a cette sensation par programmes interposés d'être avec lui.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 12:08

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran par Éric-Emmanuel Schmitt chez Magnard, 2004, 110 pages.

 

9782210754676.jpgComme Oscar et la dame rose, M Ibrahim et les Fleurs du Coran fait partie du Cycle de l’invisible, un ensemble de bijoux littéraires écrits par Éric-Emmanuel Schmitt.

Dès la première phrase, ça commence fort : « À onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes. » C’est Momo qui raconte et c’est tout de suite savoureux, plein d’humour. Ce texte court est rempli de trouvailles et de réflexions délicieuses sur la vie, les magasins de luxe, les dictionnaires…Très vite, un personnage important émerge : M Ibrahim qui règne dans son épicerie et qui, bien qu’étant d’origine turque, est appelé « l’Arabe de la rue ».

Alors, se déroule la vie de Momo qui nous présente ses parents et nous régale de remarques pertinentes sur la vie de tous les jours comme sur les religions. Leur départ pour l’Orient élargit soudain l’horizon et permet de nouvelles découvertes. C’est aussi l’occasion de se régaler de théories originales sur les ordures, les poubelles et les autoroutes. La séduction et les femmes sont aussi présentes mais, au bout du voyage, Momo est sorti de l’enfance et une nouvelle vie commence, enrichie par toute cette formidable amitié entre Momo et M Ibrahim.

 À lire absolument !

Jean-Paul

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 15:16

C’est avec grand plaisir que nous vous annonçons l’organisation d’une journée sur le thème du vélo le samedi 5 mai 2012. Ainsi, lors de cette journée le Comité de soutien  propose de se retrouver autour de la grande passion de Jean-Paul et de Ghislaine, le vélo !

 

Une balade cycliste sera proposée sur le plateau ardéchois le samedi après-midi. Un parcours de 30 kilomètres sera ainsi à effectuer à un rythme modéré puisqu’il s’agit d’une balade ouverte à tous. Ainsi, un peloton des amis de Jean-Paul sera formé pour l’occasion.

 

Ensuite, le Comité de soutien propose de poursuivre cette journée à Ozon. Ainsi les non sportifs et ceux qui auront travaillé pourront rejoindre les cyclistes en fin d’après-midi autour d’un apéritif puis d’un repas.

 

La journée ne s’arrêtera pas là puisque au cours de la soirée une lecture de textes sur le cyclisme vous sera proposée, lecture accompagnée par des musiciens !

 

Alors, retenez bien cette date : le samedi 5 mai 2012

 

Soyons le plus nombreux possible afin de montrer à Jean-Paul que l’on ne l’oublie pas deux ans après le verdict de Nîmes.

 

Davantage d’informations vous seront très prochainement communiquées.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 00:01

Zone sensible (Éditorial du vendredi 16/03/2012)

 

Le drame syrien  qui s’éternise attire une fois de plus l’attention sur une partie du monde où se joue en grande partie l’avenir de notre planète. En pilonnant une partie de la population, Bachar Al-Assad tente de maintenir un régime qui a perdu toute crédibilité devant la plupart des pays du monde. Pour l’instant, la communauté internationale se contente d’interventions diplomatiques, voire de sanctions économiques mais se refuse à toute intervention militaire. Quant à une opération humanitaire d’envergure, il n’en est même pas question. Au cours de ces dernières semaines, nous avons vu jusqu’où un pouvoir totalitaire peut aller pour briser journalistes et photographes qui risquent leur vie afin de rendre compte sur le terrain de ce qui se passe.


Héritage du découpage réalisé par les pays occidentaux dont la France fut un acteur déterminant, ce pays occupe une position stratégique importante puisqu’il est frontalier de pays comme Israël, la Turquie, le Liban et la Jordanie. L’Iran n’est pas très loin non plus. Privilégiant leurs intérêts stratégiques, la Chine et la Russie soutiennent le pouvoir en place et bloquent les résolutions pourtant très modérées du Conseil de sécurité de l’ONU. Chaque jour, qui passe voit la situation empirer. Malgré ses divisions, l’opposition ne faiblit pas bien que les morts se comptent par milliers. Les Syriens luttant contre le régime en place ont bien tenté de s’unir au sein d’un Conseil national syrien (CNS) mais de vieilles divisions ressurgissent et l’influence de ce conseil, sur les plans politique, diplomatique, médiatique et humanitaire, se révèle bien trop faible. Pour tout le monde, il serait primordial que le CNS parle enfin d’une seule voix.


L’avenir du Proche-Orient se joue une fois de plus en ce moment et il est permis de redouter que le cauchemar soit toujours pire que ce que nous avons connu jusqu’alors. La menace nucléaire iranienne se faisant de plus en plus précise, le gouvernement israélien menace de frapper ce pays au risque de déclencher une tempête aux conséquences que personne ne peut imaginer. Netanyahou, le Premier ministre israélien, en vient même à menacer de ne pas avertir la Maison-Blanche avant de bombarder les usines nucléaires iraniennes. Or, Barack Obama, n’a pas oublié les erreurs dramatiques commises par Georges Bush en Irak et il ne veut pas se laisser abuser par des informations qui pourraient être fausses.

 

Quoi qu’il en soit, toute cette zone du Moyen-Orient reste très sensible et menace l’équilibre du monde, un sujet d’inquiétude de plus dans une période qui n’en manque pas.

Jean-Paul

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 10:04

Nous nous permettons aujourd'hui de relayer le message du comité de soutien à Christian Iacono dont le combat est évidemment proche du nôtre. Rappelons qu'actuellement une demande de liberté conditionnelle a été demandée dont la réponse est attendue le 27 mars.

 

Peu importe le problème de surpopulation des prisons françaises, sa Majesté La Justice ne badine pas avec les innocents qu’elle a condamnés à tort sur la base de fausses déclarations d’abus sexuels. Après les affaires MADEIRA et Loïc SECHER, voici l’affaire IACONO qui décrédibilisera une fois de plus l’institution aux yeux des citoyens.


Christian IACONO, l’ancien maire de Vence (06) a été condamné à deux reprises (avril 2009 et février 2011 en appel) à 9 ans de prison pour le prétendu viol de son petit-fils Gabriel, âgé alors d’une dizaine d’années, sur la seule parole d’accusation de ce dernier. Au cours de l’instruction qui s’est étalée sur les années 2000 à 2009 et pendant les deux procès, le grand-père Christian IACONO n’a cessé de crier son innocence sans pouvoir se faire entendre. 

 

Depuis février 2011, Christian IACONO était incarcéré à la prison de Grasse et il ne restait que le pourvoi en cassation pour espérer faire sauter le cliquet de la condamnation définitive. Petit espoir qui ne portait que sur la forme de la procédure et non sur le fond de l’affaire ! 

 

Mais l’explosion du dossier n’a pas attendu le verdict de la Cour de cassation. Il est intervenu en mai 2011 lorsque le petit-fils a décidé, avec beaucoup de courage, de s’extirper du carcan mensonger dans lequel il s’était laissé enfermer depuis près de 10 ans pour ne pas perdre la face vis-à-vis de sa famille et de la société ! 

On pourra toujours regretter que la lucidité retrouvée du petit fils ne soit pas intervenue quelques mois plus tôt, juste avant la condamnation en appel. Certains, sûrement avec raison mais sans connaître toute la trame de sa condition familiale, porteront un jugement sur le mensonge de l’enfant devenu un jeune homme au moment des procès ! 

 

Ce n’est pas le sujet de notre réflexion. Intéressons-nous plutôt à la réaction de la mécanique judiciaire ! 

Le bon sens voudrait que ce dédit de l’accusation, en faisant exploser le fondement de la condamnation, permette à Christian IACONO de retrouver une liberté confisquée par erreur dans l’attente d’une reconnaissance définitive de son innocence. 

 

Et, effectivement, dans un premier temps, le bon sens a pu crier victoire car la machine judiciaire s’est empressée de libérer Christian IACONO fin mai 2011 tout en le plaçant sous contrôle judiciaire. 

Mais très vite, la mécanique de la machine judiciaire a repris ses droits ! Car la libération de Christian IACONO n’aura été qu’un feu de paille lié seulement à la procédure du pourvoi en cassation. Ce pourvoi, étudié en novembre 2011 par la Cour de cassation n’a, comme il a été dit précédemment, pris acte que de la forme et non du fond de l’affaire ! 

 

Le fait nouveau constitué par le dédit du petit-fils ne concernait que le fond de l’affaire. Il fut donc immédiatement écarté ! Et pour la machine, la procédure ayant été respectée, peu importait si l’accusation sur laquelle était basée la condamnation avait disparu. 

Ah, s’il avait manqué un coup de tampon sur un acte, tout aurait été différent ! 

Les magistrats de la Cour de cassation ont donc rejeté mécaniquement le pourvoi sans autre considération que celle de se laver les mains en précisant seulement que le fait nouveau doit passer par une demande en révision. 

Circulez, il n’y a rien à reprocher à la procédure ! Peu nous importe si un innocent a été condamné à tort, peu nous importe s’il risque de retourner en prison pendant plusieurs années avant d’obtenir un espoir de révision ! 

Le cliquet de la mécanique judiciaire a alors été réenclenché sur la condamnation définitive. Et dans sa logique kafkaïenne, sa Majesté la Justice a imposé à Christian IACONO un retour en prison à partir du 9 janvier 2012 ! Merci de lui avoir accordé la grâce des fêtes de fin d’année en famille !

 

Certains esprits “optimistes” osent espérer que derrière la robe de magistrat, il y aura sûrement encore un peu d’humanité pour dire qu’il faut arrêter cet emballement absurde et laisser Christian IACONO en liberté dans l’attente d’un nouveau procès !

 

Pour cela, il faudrait que la commission de révision se réunisse au plus vite !

Pour cela, il faudrait que les magistrats comprennent enfin que la parole de l’enfant n’est pas vérité absolue et que lorsque la Justice s’appuie principalement sur cette parole pour condamner, elle peut se tromper !

Pour cela, il faudrait que les magistrats comprennent que la liberté d’un innocent est plus importante que la mécanique du cliquet !

Pour cela, il faudrait qu’il y ait un texte de loi qui impose la remise en liberté automatique de l’innocent injustement condamné lorsque la prétendue victime d’abus sexuels revient sur ses accusations !

 

Outreau, l’affaire Sécher, l’affaire Madeira n’ont pas suffi pour faire comprendre des choses aussi simples. Faudra-t-il y ajouter encore l’affaire IACONO ?

 

Combien de mois, combien d’années d’enfermement faudra-t-il encore à Christian IACONO pour faire reconnaître son innocence et retrouver sa liberté ?

Mesdames et Messieurs les magistrats, c’est à vous de nous donner la réponse !

 

ADHEREZ AU COMITE DE SOUTIEN A CHRISTIAN IACONO

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:01

 

Nous voici en mars, ce mois qui évoque, pour nous tous, le procès en appel de Jean-Paul en 2010. Cela fait deux ans que Jean-Paul n’est plus à nos côtés ; l’institution judiciaire l’a condamné à deux reprises, sans aucune preuve, alors qu'il clame son innocence depuis toujours  ! L’affaire de Christian Iacono vient nous rappeler que de nombreux innocents sont maintenus en prison, alors même que leurs accusateurs se sont rétractés. Et dire que les prisons sont saturées...  

 

Dans quelques semaines Jean-Paul vivra son 800ème jour d’incarcération. Les heures, les jours, les semaines, les mois, les années passent et chaque instant est un combat pour lui, pour son épouse, et pour tous ses proches.  

 

Depuis octobre 2011 Jean-Paul attend son transfert vers un centre de détention. L’administration pénitentiaire l'a informé que ce changement pouvait intervenir à tout moment... Comment se passera le transfert entre la maison d’arrêt et le centre de détention ? Comment ne pas appréhender quand on sait que, du jour au lendemain, on va devoir s'adapter à un nouvel univers, avec un mode de fonctionnement et un personnel différents et de nouveaux détenus ?

 

En mai 2012 nous nous retrouverons autour du Comité de soutien qui organise une après-midi et une soirée sur le thème du vélo, passion dont Jean-Paul est privé. A cette occasion sera lancée une tombola dotée du tableau offert par Bernard Devenasse, «Innocence Captive », qu'il a réalisé en soutien à Jean-Paul. Réservez d’ores et déjà votre journée du 5 mai !

 

Le combat continue et nous restons plus que jamais mobilisés pour soutenir Jean-Paul. Nous vous remercions pour les nombreux courriers que vous continuez à lui adresser et qui lui permettent de garder confiance en l'avenir.

innocence captive

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 00:01

Quel cinéma ! (Éditorial du vendredi 09/03/2012)


Ce début d’année a permis de mettre en valeur le cinéma grâce aux traditionnelles remises de récompenses. 2011 restera comme un grand millésime pour le 7e art français. Non seulement la fréquentation des salles a connu une progression constante dans la foulée des Intouchables mais la qualité de la production cinématographique française a été reconnue au plus haut niveau grâce à The Artist, un film muet, en noir et blanc qui a remporté cinq Oscars prestigieux, à Los Angeles. Grâce à Jean Dujardin, pour la première fois, un Français a reçu l’Oscar du meilleur acteur. Avant lui, seules trois actrices avaient remporté cette récompense suprême : Claudette Colbert, Simone Signoret et Marion Cotillard.

 

Les 215 millions de spectateurs qui se sont rendus dans les salles en 2011, ont compris que rien ne remplace un film sur grand écran, vu en salle, avec du public. En ces temps de morosité et de crise, il est bon de savoir que le monde entier envie notre cinéma, sa richesse et sa diversité. Voilà un trésor culturel à préserver. Au chapitre des récompenses, saluons aussi le César du meilleur documentaire remporté par Tous au Larzac, un film qui a étonné et passionné tous ceux qui l’ont vu.

       

Hélas, l’actualité de ces dernières semaines se charge de nous rappeler la dureté et la cruauté de la vie sur notre planète. Même si nous sommes loin du cinéma, n’oublions pas que de nombreux films se chargent de rafraîchir nos mémoires et de susciter notre réflexion. Que faire devant ce qui se passe en Syrie ? Des hommes, des femmes et des enfants sont écrasés sous les bombes par un pouvoir prêt à tout pour conserver ses prérogatives. Des journalistes ont été visés et tués simplement parce qu’ils essayaient de rendre compte de ce qui se passe de gravissime dans ce pays. Que dire de ces deux grandes puissances, la Russie et la Chine, qui préfèrent sauvegarder leurs intérêts et bloquer toute possibilité permettant de venir en aide à la population ?

 

Devant de tels drames, notre campagne électorale semble un peu fade malgré les éclats de voix et les joutes oratoires inévitables. Le chômage qui ne cesse de gagner du terrain, menace de plus en plus l’équilibre précaire de notre société. Certains pays comme la Grèce se voient contraints de baisser les salaires mais cela n’est pas une bonne solution car cela frappe les plus faibles en priorité. Enfin, il est permis de se demander pourquoi nos hommes politiques ne sauvent les entreprises menacées de fermeture que pendant les campagnes électorales.


Jean-Paul

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 00:01

Jean FERRAT, L’homme qui ne trichait pasde Jean-Emmanuel Ducoin auxÉditions Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 224 pages.

 

1ère Partie

 

Avec Christine, il s’installe à Ivry-sur-Seine, dans la banlieue rouge, et sa carrière prend peu à peu son envol. Concerts et disques s’enchaînent. C’est Gabriel Monnet, directeur de la Comédie de Bourges, qui lui parle d’Antraigues-sur-Volane, en Ardèche, et lui conseille de rencontrer Jean Saussac, peintre et ancien résistant. Jean et Christine ont un coup de foudre immédiat pour ce village où ils achètent une vieille ferme à moins de 3 km du bourg. Cet amour passionné et raisonné pour la beauté et le calme du lieu ainsi que pour sa population, donnera La Montagne, en 1964.

 

Jean Ferrat poursuit sa carrière, écrit même des musiques de films et se produit à Bobino. C’est l’époque où Potemkine déchaîne les passions. La chanson est même interdite à la télévision. Toujours en 1965, est organisée une Nuit d’Antraigues, avec, entre autres, Catherine Sauvage, le ballet de Roland Petit et… Jacques Brel !

 

 C’est en 1967 qu’il revient de Cuba avec une moustache qui deviendra légendaire. Là-bas, il s’est produit devant des milliers de personnes qui, paroles en mains, chantaient avec lui mais il n’a pas rencontré Fidel Castro. La matinée est un cadeau d’Henri Gougaud.  Ma France revendique le meilleur pour tous mais Jean Ferrat est à nouveau privé de télé, pour deux ans et demi, cette fois.

 

En 1970, il fait le Palais des Sports devant 60 000 personnes et 10 000 deux ans plus tard. Camarade dénonce l’écrasement du Printemps de Prague.   La Commune  rend hommage à Jean-Baptiste Clément et Eugène Pottier, les auteurs du « Temps des cerises ». Son album Ferrat chante Aragon, en 1971, est un véritable bijou. En 1972, il chante à la fête de l’Huma devant 100 000 spectateurs et, l’année suivante, au théâtre antique de Fourvière, c’est son dernier concert…hélas. Physiquement et nerveusement saturé, il veut avoir du temps pour lui et se retire à Antraigues.

 

 

Il mettra deux ans avant d’offrir un nouvel album combatif et prophétique avec La femme est l’avenir de l’homme. Il devient conseiller municipal d’Antraigues puis maire-adjoint jusqu’en 1983 et joue aussi à la pétanque sur la place du village. En 1979, il a réenregistré ses 113 chansons sur douze disques. L’année suivante, pour la première fois, son nouvel album de de douze titres est entièrement signé Jean Ferrat, paroles et musique.

 

Le 1er novembre 1981, Christine Sèvres décède d’un cancer à 50 ans. Un an plus tard, c’est Aragon qui tire sa révérence. Quelques années plus tard, Jean Ferrat partage sa vie avec Colette qu’il épouse. À la télévision, Michel Drucker lui fait toujours confiance et nous offre un spécial Ferrat en 1991. Devant dix millions de téléspectateurs, il chante 9 de ses 14 nouvelles chansons dont À la une qui fait du bruit. En 1994, son dernier album met en valeur seize nouveaux poèmes d’Aragon dont La Complainte de Pablo Neruda, une chanson entraînante et émouvante à la fois.

 

S’il a perdu ses illusions, Jean Ferrat garde ses espérances. Il se présente aux européennes sur la liste « Bouge l’Europe » de Robert Hue, en 1999. Une exposition, en 2004, présente Jean des encres, Jean des sources, à Ivry-sur-Seine puis à la fête de l’Humanité. Au cours du concert de Francesca Soleville et Véronique Estel, il prend le micro et chante Le Temps des cerises, un moment d’intense émotion. Aux régionales de février 2010, il appelle à voter pour le Front de Gauche et s’éteint le 13 mars qui suit, à Aubenas. Jean Ferrat avait 79 ans. Aussitôt, l’émotion est considérable. Ses funérailles, à Antraigues, attirent une véritable marée humaine et sont retransmises en direct à la télévision.

 

Depuis, sa tombe donne l’occasion à de très nombreux admirateurs d’aller lui rendred hommage mais il reste ses disques et les enregistrements vidéo d’un homme, un artiste, un poète qui a su, tout au long de sa carrière se comporter comme un être responsable et formidablement rempli d’une émotion qu’il savait transmettre de sa voix chaude et profonde…inoubliable.

 

Un immense merci à Myriam, Denis, Adrien, Benoît, Marie-Thérèse et Marie-Noëlle, pour ce beau cadeau de Noël 2011, un livre superbement illustré par de nombreuses photos qui sont aujourd’hui des documents.

Jean-Paul

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 09:28

Jean FERRAT, L’homme qui ne trichait pas de Jean-Emmanuel Ducoin aux Éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 224 pages.

 

Tout nous attache à Jean Ferrat et ses chansons vont trotter encore longtemps dans nos têtes. Un an  après sa mort, un ouvrage superbe édité par Jean-Claude Gawsewitch permet à Jean-Emmanuel Ducoin, rédacteur en chef de l’Humanité, de retracer un parcours marqué constamment par la fidélité  aux  idées et par la sincérité des sentiments. Le même auteur s’était déjà fait remarquer avec, entre autres, deux livres sur le Tour de France et Nous étions jeunes et insouciants, avec Laurent Fignon.

 

Les titres des chansons de Jean Ferrat rythment cet ouvrage au grand format et magnifiquement illustré. Quoi de plus naturel que de commencer par Nul ne guérit de son enfance pour faire connaissance avec Jean Tenenbaum, né le 26 décembre 1930 à Vaucresson ? Son enfance est heureuse à Versailles, au contact avec la nature et entouré par sa famille. Son père Mnacha, est un artisan joaillier qui a dû se reconvertir dans la vente des fruits et légumes pour pouvoir faire vivre sa famille. Jean a deux frères, Pierre et André et une sœur, Raymonde tous plus âgés.

 Hélas, Nuit et brouillard arrive bien trop vite. Il a 9 ans lorsque la guerre commence. C’est la fuite en Bretagne devant le nazisme et l’antisémitisme. La famille revient à Versailles mais Jean a pris conscience de sa  judéité et il se sent marqué, considéré comme un paria. Son père qui se fait appeler Michel, était venu de Russie  à l’âge de 20 ans. Il est  arrêté dans la rue, interné à Compiègne puis à Drancy et déporté à Auschwitz le 30 septembre 1942. Il ne reviendra jamais. Pendant ce temps, la famille se réfugie à Font-Romeu, revient à Versailles, repart pour le sud, Toulouse puis l’Ariège où elle est protégée par des résistants communistes. Quand la guerre est finie, après un autre passage par Font-Romeu, les voilà à nouveau à Versailles mais sans le père.

 

Je ne chante pas pour passer le temps, Ma môme, permettent de suivre Jean comme aide-chimiste dans un labo de Paris travaillant pour le bâtiment. Il adhère à la CGT et il est séduit par le matérialisme historique et dialectique. En fait, c’est le monde des artistes qui l’attire. Il fait partie d’un petit groupe de jazz, fait du théâtre amateur, est figurant dans plusieurs films et commence à écrire de la musique sur Les yeux d’Elsa d’Aragon. Une grave infection pulmonaire le frappe à cette époque et il doit même subir une intervention chirurgicale. Ayant abandonné son travail de chimiste, il travaille la guitare et court les cabarets de la rive gauche où il côtoie Boris Vian, Léo Ferré, Juliette Gréco, Catherine Sauvage, Germaine Montero, Francis Lemarque, Charles Aznavour, Mouloudji, Cora Vaucaire, Monique Morelli, Georges Brassens, Jacques Brel puis Barbara, Guy Béart, Anne Sylvestre, Claude Nougaro, Pierre Perret, Serge Gainsbourg, Georges Moustaki, Bobby Lapointe, Francesca Soleville… Il passe une audition à La Rose Rouge mais n’est pas pris. Finalement, il obtient son premier engagement à L’Échelle de Jacob, chez Suzy Lebrun, en lever de rideau d’Aznavour, sous le nom de Jean Laroche. Il interprète quatre chansons à la guitare. Il a 24 ans. Après deux mois dans un cabaret à Anvers, il court le cachet mais lorsqu’il veut s’inscrire à la Sacem, Laroche est déjà pris. On dit que c’est par hasard, en regardant une carte de France, qu’il est tombé sur Saint-Jean-Cap-Ferrat  qu’il a choisi et avec lequel il obtiendra la célébrité.

 

En 1956, il rencontre Christine Sèvres, jeune comédienne et chanteuse, et ils ne se quitteront plus jusqu’à ce qu’elle décède d’un cancer en 1981. Il adopte la fille de Christine, Véronique Estel. Tous les deux, ils seront jusqu’au bout fidèles à leurs idées et resteront  libres face au Parti communiste Français dont ils sont très proches. Il rencontre Louis Aragon en 1961 et une amitié profonde les reliera bientôt.

 

Un premier 45 tours, chez Vogue est un fiasco total. Chez Philips, on pense que Jean Ferrat ne réussira jamais. C’est Gérard Meys, un passionné de chanson française, qui devient son producteur et manager unique alors qu’il signe chez Decca. Son second disque, en décembre 1960, est un coup de maître avec Federico Garcia Lorca et Ma môme, une chanson écrite à l’origine pour Yves Montand.

 

Son premier 33 tours (10 titres), sorti fin 61 avec Deux enfants au soleil, lui permet d’obtenir le Grand prix national du disque. Eddie Barclay « mécène et esthète » l’accueille pour son second 33 tours sur lequel figure Nuit et brouillard, une chanson qu’il avait en tête depuis des années et qui obtient un succès considérable.

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