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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:01

Nous vous proposons aujourd'hui de revenir sur un évènement qui s'est déroulé il y a 10 ans jour pour jour et qui a marqué à jamais la vie d'un homme innocent, Jean-Paul Degache, aujourd'hui enfermé injustement. Jean-Paul nous raconte :

 

Jeudi 7 février 2002, Sarras (Ardèche), Ghislaine vient de partir. Je la suis après avoir fermé le garage. Mon cartable et mes affaires de classe sont dans le  coffre de la Clio. Tout  va bien. Il ne reste que deux journées de classe à assurer puis ce seront enfin les vacances de février, bienvenues après cinq semaines chargées : classe de neige et pas un seul mercredi matin pour récupérer... 

           

Soudain, ma vie bascule vers l’inimaginable, l’insoutenable. Ils sont là à m’attendre au bout du jardin de ma belle-mère : trois voitures plus quelques gendarmes... mais je n’ai pas compté. L’un d’eux est au milieu de la route et me fait signe de me ranger à gauche. Je lui souris car je le connais. Il est de la brigade d’Andance. Je pense qu’ils veulent vérifier mes papiers même si ça m’étonne beaucoup. Je ne me suis pas assez bien garé et il me demande de me ranger mieux que cela... Je comprends de moins en moins. Maintenant, il faut que je descende de la voiture, que j’arrête le moteur, que je ferme à clé et j’entends : « Vous êtes arrêté pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Montez. »  Tout cela se passe comme dans un rêve ou plutôt un cauchemar. Je sais que j’ai répondu : « Allons bon, ça recommence... » Je jette un coup d’œil sur la maison d’Éric, mon beau-frère, mais tous les volets sont fermés. 

           

Il est 8h 05 et une voiture de gendarmerie m’emmène à Tournon. Deux autres véhicules nous accompagnent : l’un devant et l’autre derrière! Ce que je ne sais pas, c’est que Ghislaine, ne me voyant pas dans son rétroviseur, s’est garée à Silon pour m’attendre. Elle est un peu inquiète car les gendarmes l’ont arrêtée mais quand elle a baissé sa vitre, on lui a fait signe de circuler. Elle fait finalement demi-tour et croise les trois véhicules. Ça la rassure plutôt car ils ne vont pas vers Andance. Quand elle arrive à la route de la Cance, stupeur ! La Clio est garée, là ! " Ils ont emmené mon Jean Paul !" s’écrie-t-elle. Croyant me retrouver à l’école, elle s’y rend mais ne trouve que deux collègues de l’école élémentaire, qui essaient de la rassurer. Ce n’est qu’après une série de coups de téléphone qu’elle apprend que je suis en garde à vue à Tournon. 

Pendant que mon épouse est complètement affolée par ce qui se passe, je prends connaissance de mes droits : un papier remis, un autre à signer. La gendarme qui conduit et celui qui est à côté de moi essaient d’engager la conversation en m’indiquant que c’est très grave et que je ne vais pas m’en tirer... J’évite de leur répondre parce que je pense que je vais avoir à faire à d’autres personnes à Tournon. Je me trompe car je suis avec les deux principaux officiers de police judiciaire (OPJ) qui conduiront la majorité des interrogatoires. 

           

À Tournon, je suis amené dans les locaux de la compagnie jusqu’au bureau de la brigade de recherches et là, ça commence. D’emblée, on me fait bien comprendre que ce dont je suis accusé est très grave et que je ne vais pas "m’en tirer" comme en 1997, que je ne rentrerai pas chez moi le soir et que ça se poursuivra le lendemain.  Je ne comprends pas vraiment ce qu'ils veulent dire: je n'ai rien fait et je ne me suis "tiré" de rien en 1997: l'affaire a été logiquement classée parce que les enquêteurs avaient estimé à raison que j'étais innocent et qu'il n'y avait pas lieu de me poursuivre car le dossier était vide! Ils sont trois puis quatre à intervenir. Pour l’instant, ce ne sont que des généralités sur ce que me reprochent d’anciennes élèves. Je réexplique alors que j’étais très affectueux avec les élèves comme cela avait été dit en 97. J’affirme que depuis, j’ai radicalement changé d’attitude puisque tout est interprété de façon négative faisant passer une attitude paternelle que la plupart des enseignants de ma génération adoptaient et que l'on nous préconisait lors de notre formation pour perverse. Après une petite pause, les questions recommencent et deviennent plus précises. On me cite des noms et on me reproche des gestes violant l’intimité des filles, accusations que je ne cesserai de démentir, elles n'ont en effet pas l'ombre d'un fondement, je nie en bloc, je suis innocent, je ne suis pas le pervers qu'ils décrivent. Je me demande comment j’ai pu susciter autant de haine, de jalousie, de méchanceté pour que d’anciennes élèves aujourd’hui adultes puissent inventer des actes aussi graves de la part d’un maître qui a toujours donné beaucoup de son temps et de son énergie pour favoriser leur réussite. J’essaie de répondre à toutes les questions même si, parfois, elles sont vicieuses, m’emmenant sur un sujet pour mieux tenter de me piéger ensuite, mais en fait, ils peuvent toujours essayer de me piéger, je ne dis que la vérité, je ne vais pas inventer des faits pour leur faire plaisir ! Un peu avant midi, on s’arrête et je dois relire avant de signer."

 

A suivre...

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 00:01

G 229  de Jean-Philippe Blondel aux Éditions Buchet-Chastel, janvier 2011, 240 pages.

 

9782283024782.jpgTout de suite, il faut donner la clé d’un titre aussi énigmatique. Non, il ne s’agit pas du nom de code d’un agent secret, ni d’une appellation bien mystérieuse d’une quelconque base secrète mais, tout simplement, de la salle de classe dans laquelle l’auteur, professeur d’anglais, enseigne.

G 229 permet de vivre cette vie de jeune prof avec ses doutes, ses satisfactions, au contact des élèves et des autres profs. Dans ce lycée Édouard Herriot de province où il ne devait être que de passage, Jean-Philippe Blondel décrit son quotidien avec humour et précision. Se mêle aussi sa vie familiale avec tous les soucis inévitables d’un jeune père de famille. Il y a aussi les voyages pédagogiques en Angleterre avec « trente ados survoltés et/ou râleurs, pendant une semaine ». Jamais on ne s’ennuie avec G 229, un roman écrit de façon très directe et donc très agréable à lire. Non sans émotion, l’auteur conte les premiers amours entre ses élèves. Il fait partager aussi son angoisse lorsque s’annonce une inspection, parle des textes étudiés en classe et de l’omniprésence de la chanson, un formidable outil pour apprendre l’anglais. Enfin, il y a les messages d’anciens élèves, traits d’union avec un passé déjà lointain, signes évidents du temps qui passe et du renouvellement  des générations.

Jean-Paul

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:01

AAA…Atchoum ! (Éditorial du vendredi 27/01/2012)
 

Sans-titre-copie-3.jpgCes fameuses agences de notation dont la moitié d’entre nous ignorait encore l’existence il y a quelques mois, font constamment parler d’elles en ce moment. Presque tous les pays du monde tremblent devant Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch et compagnie. Pas seulement les pays, d’ailleurs, puisque la mode veut, maintenant, que tout soit noté : les entreprises, les banques… et quand les notes baissent, tout le monde éternue.
À une époque où la notation des élèves est de plus en plus remise en cause, voilà que cette manie devient à la mode et concentre toute l’attention des médias. Cela pourrait être un exercice plaisant si la conséquence directe d’une baisse ne se révélait pas rapidement inquiétante, voire dramatique pour les pays concernés et ceux qui y vivent. Pour pouvoir fonctionner, chaque état doit emprunter et l’on dit même que des pays comme la France empruntent pour rembourser les intérêts d’autres emprunts précédemment souscrits. Cela pourrait prêter à sourire si les répercussions d’une pareille gouvernance ne touchaient, au final, la vie de chacun.


Plus la note d’un état est élevée, et moins les intérêts de ses emprunts sont forts. Le vieil adage « on ne prête qu’aux riches » n’a jamais été aussi vrai. Ainsi, l’Allemagne qui bénéficie toujours du fameux triple A, pouvait emprunter à 1,8 %. La France, avec une note identique, était déjà à un taux de 3,1 %. Après la rétrogradation qui fait tant de bruit, cela ne devrait pas s’arranger. Que dire alors de pays comme la Grèce (CC) ou encore le Portugal (BB), Chypre (BB+), l’Irlande et l’Italie (BBB+) ? Au lieu de remonter la pente, les pays les plus en difficulté de la zone euro risquent de s’enfoncer toujours plus si nous ne changeons pas de logique.

La toute puissance des marchés financiers reflète la réalité de notre économie et il est certain que les mesures d’austérité de plus en plus drastiques prises par les différents gouvernements vont peser sur les gens. On ne peut pas avoir détruit des quantités d’emplois, fermé des milliers d’usines et fabriquer de moins en moins de choses sans que cela ait des conséquences très concrètes. La note risque d’être salée.


Pourquoi ne pas choisir une autre logique économique ? Chaque citoyen veut bien faire des efforts à condition que tout le monde soit logé à la même enseigne. Il serait temps que ceux qui nous dirigent et ceux qui aspirent à le faire prennent conscience de cela.

Les chiffres de la semaine

300 000 femmes auraient reçu des prothèses PIP en France.

En Égypte, la baisse des recettes touristiques est de 30 % pour 2011.

8 joueurs, sur les 17 que compte l’équipe de France de handball actuellement en Serbie pour le championnat d’Europe, évoluent à l’étranger.

Jean-Pierre Élissalde est resté 40 jours à la tête de l’Aviron Bayonnais , avant-dernier du Top14.

9 pays de l’Union européenne (UE) dont la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie et l’Autriche, refusent la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto.

The Artist, le film muet de Michel Hazanivicius a récolté 3 Golden Globes, le 15 janvier 2012, à Los Angeles.

 

Jean-Paul

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 16:07

Jean-Paul reste dans l'attente d'être transféré dans un centre de détention, transfert dont il ne connaîtra la date qu'au tout dernier moment. Ainsi, il continue de lire de nombreux romans dont nous vous proposons les chroniques. Celles-ci nous sont envoyées par courrier puis tapées et publiées sur le blog. Aujourd'hui, voici :

 

Au-delà des pyramides   par  Douglas Kennedy,

Éditions Belfond, mai 2010, 310 pages.


En avant-propos, l’auteur détaille la genèse de ce livre publié en 1988 et dont l’édition française n’existe que depuis 2010. Douglas Kennedy, entre ces deux dates, est devenu un auteur à succès.
Il nous livre ici le récit d’un voyage de trois mois, en Égypte. Il avait découvert ce pays en 1981, lors d’un premier voyage mais il décide d’y retourner, quatre ans plus tard afin de pouvoir vérifier ses premières impressions. Son souci principal est d’étudier la vie du pays en profondeur, en évitant les hauts lieux touristiques. Aussi, après le Printemps arabe de 2011 et tous les soubresauts que connaît aujourd’hui l’Égypte, la lecture de ce livre est très intéressante et fort instructive.
 
Douglas Kennedy commence son récit au départ de Dublin et nous gratifie d’anecdotes et d’observations très pertinentes tout au long de son voyage passant par Londres, Boulogne, Innsbrück et Venise, grâce à l’Orient-Express. Ensuite, il prend le bateau pour débarquer à Alexandrie, une ville qu’il nous fait découvrir en détails. Il constate qu’il doit abandonner ses préjugés, nous faisant partager la vie des expatriés en Égypte. Il constate aussi que les jeunes Égyptiens ne lisent pas.

Quittant Alexandrie, il se lance en bus, jusqu’à Mersa Matrouh, sur les traces de Cléopâtre, de César mais aussi de Nasser et de Rommel. Pour se rendre à l’oasis de Siwa, tout près de la frontière lybienne, il doit apprendre la patience afin d’obtenir les autorisations nécessaires : « En Égypte, la patience est une religion… » Revenu au Caire, il nous fait découvrir la cité des morts, cette nécropole habitée par 40 000 êtres vivants, à l’époque, 250 000 vingt-cinq ans plus tard.

Tout au long de ce livre, Douglas Kennedy nous montre que, là-bas, la situation est explosive, que la bureaucratie, héritage du nassérisme, est tentaculaire et sclérosée et que la démographie est galopante. Il nous emmène passer quelques jours dans le monastère Saint-Macaire, Deir Abou Magar, puis rentre au Caire. Il rend bien compte de la situation impossible des Juifs dont 11 000 d’entre eux ont quitté le pays à cause du conflit Israëlo-Palestinien. À ce moment-là, les Coptes commencent à être inquiets pour leur avenir car ils sont en situation de guerre froide…

Notre homme prend alors le train pour la Haute-Égypte, s’arrête à Al-Minya, va à Assiouf, un fief intégriste musulman et constate qu’à l’université, les filles sont mises à l’écart. À Louxor, il fustige l’attitude des touristes puis se lance dans une épique remontée du Nil en felouque : « le Nil est un univers coupé du monde, et donc rassurant. » Finalement, c’est en bus qu’il parvient à Assouan qu’il décrit comme une ville aseptisée. Avant que son voyage n’arrive à son terme, il rappelle les étapes qui ont abouti à la construction du second barrage inauguré en janvier 1971, tout juste trois mois après la mort de Nasser. Pour lui, ce barrage est en équilibre précaire entre deux mondes.

Un grand merci à Elisabeth qui m’a permis de lire ce récit de Douglas Kennedy, un Voyage au-delà des pyramides qui permet bien d’éclairer ce qui se passe aujourd’hui, là-bas, de chaque côté du Nil.

Jean-Paul
 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 00:01

Barack Obama sous la menace (Éditorial du vendredi 20/01/2012)
 

Barack Obama qui est le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, veut enchaîner un second mandat, en novembre prochain, mais l’immense espoir suscité par son élection, il y a quatre ans, a été bien déçu. En effet, il a dû reculer sur plusieurs projets importants comme la réforme du système de santé et la promesse de fermer Guantanamo. Il s’est aussi montré trop faible face au Premier ministre israëlien  et a vu s’envoler les chiffres du chômage. Sur ce dernier point, une embellie est en train de poindre et pourrait bien ramener des électeurs vers un homme bénéficiant d’une aura incontestable dans le monde entier.
En tant que Président sortant, il est assuré d’obtenir l’investiture de son parti, le parti démocrate. En face, le parti républicain vient de débuter le processus permettant d’avoir le meilleur candidat possible. Ces primaires ont commencé dans l’Iowa avec le premier caucus, un mot d’origine indienne désignant une assemblée votant à main levée pour choisir les personnalités qui représenteront l’état lors du vote final. C’est là que se trouve la chance d’Obama : les sept candidats à l’investiture républicaine rivalisent dans la caricature, faisant penser à une véritable « foire aux cancres ». Rick Perry qui paraissait être le plus dangereux, s’est couvert de ridicule lors d’une émission télévisée, avec un pathétique trou de mémoire. Ron Paul, autre candidat, veut carrément supprimer des ministères en commençant par celui de l’Éducation ! Newt Gingrich choque ses électeurs ultraconservateurs avec la liste de ses remariages et de ses maîtresses…Michèle Bachman qui a succédé à Sarah Palin à la tête du mouvement Tea Party, croit que l’Union soviétique existe toujours. Ces candidats ont en commun une piété extrême, la haine du pouvoir fédéral et un grand mépris pour les questions gouvernementales. Reste celui qui pourrait être le plus dangereux pour le président sortant, le mormon Mitt Romney, un modéré, mais il a le handicap de parler…français, ce qui avait joué un mauvais tour à John Kerry, en 2004, face à Georges W. Bush.
Après avoir été confronté à la dure réalité du pouvoir pendant son premier mandat, Barack Obama a besoin de remettre ça pour pouvoir aller plus loin. Formé à Harvard, cet homme est à l’écoute des autres, ouvert au compromis et pragmatique. Lui qui ne veut fâcher personne, se heurte à la violence idéologique de ses adversaires. Cela a pour inconvénient un manque de pugnacité qui lui est reproché par beaucoup. Malgré son statut de favori, un résultat n’est jamais acquis à l’avance. A suivre…

 

Les chiffres de la semaine

45 jours 13 h 42 min 53 s c’est le nouveau record du tour du monde à la voile(Trophée Jules Verne) établi par Loïc Peyron et ses treize hommes d’équipage.

Les 20,5 millions d’entrées de bienvenue chez les Ch’tis étaient sur le point d’être rattrapés par Intouchables qui en était déjà à 17,3 millions de spectateurs au début du mois de janvier.

La saga Harry Potter, au cinéma, a rapporté 7 milliards de dollars, plus que Star Wars.

La plus haute vague du tsunami du 11 mars 2011, au Japon, faisait 23 m de hauteur.

37 h, c’est le temps que met le nouveau train Paris-Moscou pour effectuer le trajet (3 177 km) avec 8 wagons-lits, 1 bar et 1 restaurant.

À 17 ans, un adolescent sur 10 a été ivre au moins 10 fois dans l’année.

Jean-Paul

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 09:18

Lune de miel par François Cavanna,

Éditions Gallimard, janvier 2011, 279 pages.

9782070132065

Cette Lune de miel n’est pas ce que l’on pourrait croire. Cette expression, si elle désigne toujours un moment agréable, concerne la maladie de Parkinson. Il s’agit plus exactement des instants de répit accordés par le mal, faisant croire que tout redevient normal. En réalité, ce n’est qu’une pause avant un retour plus fort encore. Avec son style inimitable et une franchise déconcertante, François Cavanna emmène le lecteur au plus près de ce qu’il vit, de ce que cette maladie lui inflige.

Remontent alors ses souvenirs de la seconde guerre mondiale, du STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne (photo ci-dessous), de son enfance, de la formidable aventure de Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo et bien d’autres encore qui se bousculent dans sa mémoire. Quand on a aimé le Cavanna des Ritals et des Russkofs, c’est un immense plaisir de lire Lune de miel, même s’il y a une souffrance aussi en découvrant ce qu’endure cet homme âgé de 87 ans.

Il y a surtout cette Virginie que l’on retrouve tout au long du livre. Personnage mystérieux qui s’attache à François Cavanna et effectue un énorme travail à ses côtés, elle est devenue un élément essentiel de sa vie actuelle. Au fil du livre, Cavanna nous offre de savoureux épisodes de sa jeunesse, des débuts de sa vie militante, de la vie au camp de travail, de sa fuite avec Maria, de ses contacts avec l’Armée Rouge, de sa vie familiale…Il nous livre aussi les détails des 25 ans de l’aventure de Hara-Kiri avec « une poignée de talents dont pas un ne ressemblait à un des autres, dont pas un ne pensait comme pensaient les autres. » Choron, Siné, Cabu, Gébé, Wolinski, Reiser, Fournier, Fred, Tignous mais aussi Val se retrouvent au fil des pages. Ainsi, il est possible de comprendre ce qui a fait le succès de leur fantastique aventure ainsi que les échecs qui ont suivi. Avec tout ça, il y a toujours cette Miss Parkinson et ses copines, miss ostéoporose, œdème, phlébite, embolie…Malgré tout, Cavanna continue : « Tant que je pourrai écrire une ligne, je serai présent parmi les vivants. »

Je remercie Isabelle de m’avoir permis de lire Lune de miel.
Jean-Paul

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:44

Comment est-il encore possible de croire dans notre institution judiciaire lorsque l'on apprend, ce lundi, le maintien en détention de Christian Iacono ? Ainsi, la Commission de révision des condamnations pénales a rejeté la demande de remise en liberté alors que tout se prêtait pour que cela ait lieu. Mais non ! Cette "prestigieuse" commission des révisions n'a rien trouvé de mieux que "d'ordonner un supplément d'information" !

 

Un homme de 76 ans, déjà brisé par les terribles épreuves traversées, ainsi que ses proches, doivent trouver à nouveau la force pour attendre une décision qui n'arrivera pas avant quelques semaines, quelques mois... avant que peut-être un nouveau procès ait lieu.

 

Ainsi nous voulions aujourd'hui témoigner toute notre solidarité envers Christian Iacono qui comme Jean-Paul Degache, ne cesse de crier son innocence depuis sa cellule. Nous nous associons également au combat que mène son Comité de soutien.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:01

Turbulences (Éditorial du vendredi 13/01/2012)

 

L’actualité de ce début d’année 2012 ne manque pas de turbulences dans bien des domaines. Il en est pourtant certaines qui mettent en lumière des solutions déjà connues, souvent méprisées et qui ont malgré tout permis à de nombreuses entreprises d’être sauvées ainsi que de nombreux emplois.


Seafrance, une entreprise de transport maritime entre Calais et Douvres employant 880 personnes en CDI occupe le devant de l’actualité. Il faut savoir que SeaFrance a, en 2010, transporté 3 millions de passagers et 551 000 camions, avec une flotte de six navires dont deux ne sont pas exploités. Un revirement subit impulsé par le Chef de l’État, contre l’avis de son propre gouvernement, a remis en lumière la possibilité de créer une Scop (Société coopérative ouvrière participative). Cela permet aux salariés de détenir la majorité des parts de leur entreprise ainsi que 65% des voix au conseil d’administration. Logiquement, ce sont donc ceux qui travaillent qui gèrent leur outil de production. Pour réussir cela, il faut des fonds et c’est bien sûr le problème le plus délicat à régler. En France, la Confédération générale des Scop, comptait, à la fin 2010, 1959 adhérents pour un total de 39 100 salariés.


Une autre turbulence difficile à comprendre touche les raffineries de pétrole, à Berre-l’Étang (Bouches-du-Rhône) et à Petit-Couronne (Seine-Maritime). Apparemment, là aussi, le financement fait défaut pour faire fonctionner l’entreprise. Il serait peut-être plus juste de dire que des profits plus juteux doivent pouvoir se faire ailleurs… En attendant, des centaines d’emplois sont encore en péril et la vie de nombreuses familles se prépare à être bouleversée.


Dans un autre domaine, la mort du dictateur à la tête de la Corée du Nord nous a permis d’assister à des scènes collectives incroyables. En Syrie, le bain de sang se poursuit. D’un côté, une population entière se résigne à aduler un dirigeant qui affame les gens pour pouvoir se payer une armée surdimensionnée et dotée de l’arme nucléaire, de l’autre, des Syriens admirables qui refusent d’abdiquer malgré les massacres et le peu de soutien extérieur. Décidément, les êtres humains sont bien difficiles à comprendre…


L’année qui vient de commencer promet encore bien des turbulences et des soucis pour un monde de plus en plus en équilibre instable.

Les chiffres de la semaine

Le Languedoc-Roussillon compte 2 610 890 habitants.

Cela représente une progression de 14% en dix ans, soit la plus forte croissance de tout l’Hexagone.

C’est le département de l’Hérault qui progresse le plus en dix ans (1999 – 2009), avec 135 500 habitants de plus, une hausse de 15%.

Depuis le recensement de 1999, la population de la France a augmenté de 4,2 millions d’habitants.

Le plan national pour l’agriculture biologique prévoyait 6% des surfaces agricoles réservées à cette production, en 2012.

En fait, cette année, la France n’en sera qu’à 4%  consacrés au bio.

Avec 17% de surface consacrés au bio, les lycées agricoles donnent l’exemple.

Jean-Paul

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 10:00

Charly 9 de Jean Teulé, Editions Julliard, 2011, 200 pages.

jean-teule-charly-9.jpg

 

L’amiral de Coligny vient d’être blessé par un coup d’arquebuse et c’est Ambroise Paré qui le soigne. La tentative d’assassinat a été commanditée par la reine-mère, Catherine de Médicis, et le frère du roi, Henri, duc d’Anjou. Dès le début du livre, nous plongeons dans l’ambiance d’une époque qui fut sûrement la plus sanglante de notre histoire. En pleine chaleur de l’été 1572, le Conseil du Roi, sous l’influence de la reine-mère, décide d’assassiner les grands chefs protestants présents à Paris pour le mariage de Marguerite, sœur du roi, avec Henri de Navarre, un protestant qui sera, quelques années plus tard, Henri IV.

 


Charles IX que l’auteur appelle familièrement, tout au long du livre, Charly 9, est roi de France et c’est lui qui est censé prendre les grandes décisions. Avec un style qui décoiffe, Jean Teulé nous plonge dans l’ambiance de la Cour, au plus près des turpitudes des puissants, loin de l’histoire officielle, trop guindée pour être vraie. Les palabres durent. Charly 9 résiste, ne peut accepter de décider l’assassinat de personnes qu’il apprécie et qui lui rendent de grands services comme ce Coligny qu’il appelle « mon père ». Alors, pressé par sa mère, il commence à céder, accepte la mort de six puis de dix personnes mais…pas plus de 100. la Saint-Barthélémy se prépare et l’on passe à 1 000 morts, bientôt 20 000 et le roi s’écrie : « C’est impossible d’être aussi cruel ! » Pourtant, il lâche et implore que l’on épargne le chirurgien Ambroise Paré et sa maîtresse, Marie Touchet, Navarre et Condé, s’ils abjurent. C’est sa mère qui décide et Charly 9 n’a qu’à dire : « Je le veux. » Finalement, il craque et s’écrie : « Tuez-les tous ! » Il est minuit, le dimanche 24 août 1572 et le massacre de la Saint-Barthélémy commence…


Marqué au plus profond de lui-même, Charly 9 sombre peu à peu dans la folie. L’auteur le suit dans ses errements, jusqu’à sa mort avec au moins 100 000 morts sur la conscience. A chaque page, on côtoie le tragi-comique mais c’est une bonne leçon d’histoire, passionnante jusqu’au bout.

Jean-Paul

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 00:01

Tri Yann : Rummadoù (Générations). Label Avelouest, février 2011

On aimerait pouvoir écouter encore et encore ce groupe nantais qui a tant régalé de monde tout au long de plusieurs décennies. Hélas, le temps passe et il est difficile d’oublier tous ces morceaux cultes qui ont permis à plusieurs générations de découvrir et d’adorer la musique bretonne et les chants traditionnels celtiques, à la suite de l’emblématique Alan Stivell, de Dan ar Braz ou encore Gabriel Yared… Ce type de musique correspond tellement à une attente du public qu’une chanteuse que l’on n’attendait pas forcément sur ce terrain-là, vient de se tailler un beau succès avec un disque de reprises de chansons bretonnes.
Pour revenir à Tri Yann, il faut quand même dire que les trois Jean de Nantes du début (Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun), « Tri Yann an Naoned » rejoints par d’autres chanteurs et musiciens de grand talent comme Gérard Chocun, Jean-Luc Chevalier, Konan Mevel, Freddy Bourgeois et Christophe Peloil, ont su faire leur chemin, de concert en spectacle et d’album vinyle en CD. Pourtant, ils n’ont jamais bénéficié de la promotion radio-télé qui établit la célébrité. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années que les médias ont enfin fait écho à leur superbe carrière.
Se refusant à empiler les chansons, Tri Yann, à plusieurs reprises, a écrit, composé, repris, travaillé autour d’un thème, d’une histoire. C’est le cas de rummadoù (Générations), ce CD réalisé en 2009 – 2010 qui propose 15 titres plus un bonus très disco qu’il faut avoir la patience d’attendre.

L’histoire commence en 463, lorsque six jeunes Écossais quittent leurs îles natales Na i ri o. le plus jeune,  Lochian Mor, séduit par Morenwyn, traverse la Manche avec sa belle. Ils s’installent à Plonéour-Ménez, dans les Monts d’Arrée, où ils fondent une famille… La saga rummadoù est lancée…

Les siècles passent et l’on vit au rythme des événements avec les descendants de Lochian et Morenwyn qui vivent le siège de Nantes par les Normands, en 843, Ar Vikinged.

En 1096, Patern part pour la première croisade et raconte à son retour. Puis, en 1348, une épidémie de peste ravage la Bretagne et nous arrivons à la fin du XVe  pour faire connaissance avec Naïk ar Bihan, une fille follette. Bientôt, la Bretagne est rattachée à la France et…deux générations plus tard, Rozenn ar Bihan, nous apprend à faire de bonnes crêpes !

Arrive 1735. Marie Tromet est appelée la Mandrin en jupons et un des descendants de cette grande famille devient son amant. Elle est marquée au fer rouge en place publique à Rennes, en 1746, puis pendue à Quimper, le 17 mai 1755. Cette Complainte de Marie du Faouët est un véritable déchirement tellement la voix sensible de Jean-Paul Corbineau est émouvante.

Après un titre en anglais, l’histoire continue à se dérouler. Chanson du baleinier François Le Billant permet d’apprécier un vrai chant de marins et l’on écoute Le prisonnier de 39-45 qui est le petit-fils de François Le Billant, le cap-hornier. Il dit tout son espoir car  «le bruit court que l’on va rentrer à la maison », une belle chanson emplie de toute la tristesse de ceux qui sont privés de Liberté.

Ensuite, c’est un cousin parti faire fortune à travers le monde et qui dit son mal du Pays dans L’exilé des sixties. Son frère a fait comme beaucoup d’autres bretons. Il est parti vivre dans la région parisienne. Adieu Kerblouze, c’est la chanson que l’on voudrait pouvoir se repasser en boucle parce qu’elle a toutes les qualités. Entraînante, pleine d’humour et au langage fleuri, on prend aussitôt plaisir à la fredonner. De plus, c’est un tableau réaliste de notre époque : « soit chomiste à Kerblouze, soit à Cradovilliers. » On finit bien sûr en breton avec Glen glas, une chanson pleine de poésie.

Un grand merci à Ghislaine qui m’avait offert ce CD pour mon 61e anniversaire, en souvenir des trois concerts de Tri Yann vécus avec Vincent et Simon, nos deux garçons. Rummadoù  (Générations) porte bien son nom puisque Jeanne et Emma, nos petites-filles, adorent l’écouter.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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