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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je ne souhaite cela à personne par Saïd André Remli, Éditions du Seuil, 2010, 307 p.

 

Livre-témoignage poignant et bouleversant, Je ne souhaite cela à personne débute à la centrale de Saint-Maur, le 1er juin 2004. Saïd André Remli est incarcéré depuis le 18 juin 1984. Condamné à perpétuité après le décès d’un surveillant lors d’une de ses tentatives d’évasion, Saïd André Remli n’a pas eu une heure de sortie en 20 ans.

 

Durant les 48 premières années de sa vie, il en a passé cinq dans des familles dites d’accueil, et huit en maison de correction. Enfin, s’il a dû subir l’isolement durant neuf ans, tout cela demande des explications et c’est ce que fait l’auteur, secondé par Sylvette Desmeuzes-Balland, dans ce livre.

 

Né à Lyon, en 1957, d’un père algérien et d’une mère française, ce qui explique ses deux prénoms, il connaît une enfance et une jeunesse très chaotiques : « son père boit, sa mère gueule ». Dès 3 ans, il est pris en charge par la DDASS qui le place en famille d’accueil.

 

Privé de ceux qu’il aime, il se ferme et se bloque, valsant de famille en famille comme il valsera plus tard de prison en prison. Très vite, il se frotte à « l’école de la délinquance », subit le racisme primaire, les humiliations, les coups, la perversité, l’injustice, la loi du plus fort, la faim et les punitions physiques qui lui apprennent à supporter la douleur. Les premiers braquages lui font connaître sa première incarcération au milieu des cafards et des rats… Au cours d’une escapade en Algérie, il découvre la misère du bled mais lorsqu’il revient en France, il se retrouve accusé de casses qui se sont déroulés quand il était de l’autre côté de la Méditerranée ! Petit à petit, il se met à vivre « comme un truand » parce que son casier judiciaire fait barrage à toute tentative de travail solide.

 

L’histoire de Saïd André Remli foisonne d’épisodes tous plus chaotiques les uns que les autres. Les bons moments se font de plus en plus rares, sa vie se passant presque exclusivement derrière les barreaux. Ainsi, il se met à observer le monde carcéral d’un œil de plus en plus critique, se lançant dans le droit international pour faire avancer les choses. Son combat pour le respect des principes de l’État de droit et de la démocratie donne aussi de bons résultats pour la réinsertion. Son combat est incessant même si sa vie familiale doit en souffrir. Liberté conditionnelle, lutte contre la récidive pour enfin sortir complètement d’un si long tunnel, l’action se poursuit mais ce livre est plus qu’un témoignage. C’est un véritable acte de foi en la vie qui donne à chaque être humain l’espoir de sortir vainqueur des plus terribles épreuves.

Jean-Paul

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:38

La Zonzon par Alain Guyard, Éditions Le Dilettante, 2011, 288 pages

 

978-2-84263-675-3.jpgSe basant sur son vécu mais en y ajoutant beaucoup de fiction, Alain Guyard a réussi un récit haletant, intriguant et passionnant- jusqu’au bout.

 

Pour bien mettre le lecteur dans l’ambiance, il offre, en guise d’introduction , « L’Épitaphe de Villon en forme de Ballade », plus connue sous le nom de « Ballade des pendus ».

 

La Zonzon nous entraîne sur les traces de Lazare Vilain qui va être amené à enseigner la philosophie à la maison d’arrêt de Nîmes puis jusqu’aux Baumettes, à Marseille. L’auteur se sert de sa propre expérience pour décrire le milieu carcéral. C’est cru et direct. D’emblée, il reconnaît que ses copains d’enfance sont devenus gendarmes ou militaires pour échapper à la misère  ou au chômage. Quant à ceux qui sont rétifs au képi, ils sont …  taulards !

 

Une bonne partie de l’histoire se passe derrière les murs où Lazare Vilain rencontre des gens, souffre du bruit et des odeurs tout en supportant la tchatche… Pour respirer un peu mais aussi pour commencer à nouer l’intrigue, l’auteur nous emmène dans un club de boxe nîmois. Les expressions fleuries agrémentent le récit qui voit notre prof de philo pris dans une histoire bien  périlleuse. « Il y avait du mou dans la boîte à gamberge » et l’enseignant n’arrivait plus «  à supporter l’entrouducutage très glandilleux des corps d’inspection ». Il faudrait citer beaucoup de pages, morceaux choisis ne rendant compte, finalement, que de la triste réalité d’administrations qui se sclérosent toutes seules.

 

Avec talent, Alain Guyard rend bien compte des tourments qui agitent les personnes détenues sans se départir d’un humour salvateur. C’est alors qu’arrive Leïla qui intervient aussi en prison et qu’il n’a de cesse de vouloir retrouver. Au fur et à mesure que se déroule l’histoire, l’auteur nous raconte Socrate qui inventa la philosophie en prison. Il note aussi cette réflexion si vraie : « Ici, en zonzon, y a plus que l’amitié qui tient. » Plus loin, lucide, Lazare Vilain constate : « J’étais le Facteur Cheval du crime… » Les discussions en cours de philo sont passionnantes et peuvent entraîner loin avec Redouane qui parle des bordels d’Alger. Une bonne séquence décrit aussi la fameuse corrida annuelle, sans mise à mort, organisée sur le stade de la maison d’arrêt de Nîmes. L’histoire s’emballe et se révèle être un vrai polar que Marie-Claire et Bertrand m’ont permis de lire et je les remercie.

 

Jean-Paul

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 11:37

Inadmissible gâchis (Éditorial du vendredi 16/11/2012)

 

Sentiment diffus jusque-là, cri d’alarme poussé parfois sans rencontrer d’écho véritable, le gaspillage des ressources alimentaires de notre planète est en train de se révéler au plus grand nombre. La réaction sera-t-elle efficace ? Cela dépend de chacun de nous mais aussi de tous les acteurs d’une chaîne rendue de plus en plus complexe au fil du temps.

 

Nous savons qu’un milliard d’êtres humains souffre de malnutrition et qu’à côté de ce drame paraissant insoluble, le tiers de la nourriture est jeté, perdu. Chez nous, chaque Français gaspille entre 90 et 155 kg de nourriture par an, en moyenne. Impressionnant. Chaque supermarché ou hypermarché en jette environ 197 tonnes. Une telle situation est inacceptable.

 

De l’autre côté de la Manche, Tristan Stuart, un Britannique de 35 ans, mène déjà une lutte acharnée contre ce gaspillage éhonté. Uniquement avec de la nourriture récupérée, il a organisé des festins gratuits réunissant jusqu’à 5 000 convives !

 

Comment cela est-il possible ? En glanant des fruits et des légumes refusés par les supermarchés, en récupérant tout ce que ces mêmes grandes surfaces rejettent de légèrement abîmé, à l’emballage à peine déchiré ou à la date de péremption imminente. Pour un détail, c’est impropre à la vente et certaines grandes surfaces aspergent même l’intérieur des bennes avec de l’ammoniaque pour tout rendre inutilisable ! Pourtant, la solution est simple pour éviter tout problème : les associations autorisées à récupérer ce que les commerçants ne peuvent plus vendre pourraient signer un contrat déchargeant ceux-ci de toute responsabilité.

 

Pour tenter de réduire au maximum ce gaspillage honteux, il existe d’autres solutions : moins produire, mieux gérer les stocks, mettre en place des rayons à prix cassés la veille de la date de péremption ainsi que des bacs discounts de fruits et légumes imparfaits et mobiliser tous les acteurs de la chaîne, du producteur au consommateur en passant par les supermarchés, les associations de solidarité et les collectivités locales. Il est possible encore de mieux organiser les stocks, d’optimiser les circuits de dons et de lutter contre les dérives de la surconsommation.

 

Dernier point qu’il est nécessaire d’évoquer : la nourriture des animaux. Ceux-ci sont de moins en moins nourris avec des déchets, contrairement à autrefois, à cause de certaines épidémies comme la fièvre aphteuse, en 2001. Au lieu d’interdire cela, la loi ferait mieux d’obliger à faire cuire la nourriture destinée aux bêtes au lieu de les gaver avec du soja cultivé en Amérique du sud, ce qui cause des dégâts irréversibles à l’environnement et accentue la déforestation de la planète. Tristan Stuart projette même d’installer des cochons en plein centre de Londres, de les nourrir avec des déchets et de les faire rôtir ensuite sur place.

Jean-Paul

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:17

Vendredi 16 novembre, à 20h30, le Comité de soutien à Jean-Paul Degache organise la dernière soirée de l’année 2012 à la salle des fêtes d’Ozon. Il s’agit d’une soirée festive avec participation et animation du groupe folklorique "Les Pas Perdus". L'entrée est gratuite.

 

Cet évènement s’inscrit dans la lignée des dernières manifestations proposées puisqu’il s’agit de réunir ponctuellement les amis et soutiens de Jean-Paul afin de donner les dernières nouvelles le concernant et lui témoigner encore et toujours notre plus grand soutien après plus de 1000 jours passés loin de nous.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 15:25

Nous avons demandé à Jean-Paul son ressenti suite aux courriers reçus pour les 1000 jours de détention. Il nous l'a fait parvenir par écrit :

 

Se voir remettre un paquet de 41 lettres et cartes postales le lundi 29 octobre, vers 17 heures, c’est un véritable coup de chaud au cœur et aussi… une excellente occupation pour la soirée. Le vendredi précédent, le 26 octobre, j’avais, déjà, 27 lettres et cartes postales à découvrir et apprécier. Avec ce qui était déjà la veille et ce qui m’avait été remis les 30 et 31 octobre, le bilan de cette opération s’élève à 97 courriers.

 

C’est un merci énorme et chaleureux que je veux adresser à toutes et à tous, sachant que je répondrai mais qu’il faudra être patient.

 

Enfin, je tiens à préciser que ce triste anniversaire a donné l’occasion à 16 nouveaux correspondants de m’apporter leur soutien si précieux.

 

Merci, merci, merci à tous !!!

Vous m’aidez à ne jamais lâcher.

Jean-Paul

 

Jean-Paul nous a également fait parvenir un extrait de ces nombreux courriers ; il a été écrit par ses amis Mireille et Serge.

 

« Bien chers Jean-Paul et Ghislaine,

C’est à vous deux que, ce jour, nous voulons vous dire notre amitié, notre solidarité, notre volonté de ne pas subir.

Comment subir une justice aussi sélective sans crier notre désaccord !

1000 jours de séparation, d’injustice, de chagrin, de peine.

1000 jours pris sur une vie de couple, de famille, d’amitié. C’est dur, très dur, trop dur !

Mais ce seront 1000 jours qui conforteront notre amitié, notre solidarité et notre volonté de renforcer votre couple, votre famille, votre entourage…

Ta dernière lettre me montre que pour toi, Jean-Paul, les choses vont mieux. Tu es occupé, respecté, compris. Bien sûr que l’isolement des tiens te pèse et que tu rêves de rire avec eux… mais il pèse aussi sur Ghislaine, tes enfants, petits-enfants et toute ta famille. Il pèse aussi sur tes amis.

Le moment venu, tu sauras transmettre à Albin (né en octobre 2012) et à tes autres petits-enfants tout ce qui leur a manqué … »

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 09:25

325 000 francs par Roger Vailland, Éditions Buchet/Chastel, 2003,208 pages.

 

Il faut absolument lire ce roman, chef-d’œuvre de Roger Vailland, paru en 1955, et que les Éditions Buchet/Chastel ont eu la très bonne idée de rééditer.

 

Le récit est direct, percutant, efficace et émouvant, de bout en bout. Tout commence par le Circuit cycliste de Bionnas (Jura) qui attire chaque année les meilleurs coureurs de six départements : l’Ain, le Rhône, l’Isère, le Jura et les deux Savoie. Roger Vailland fait vivre la course de façon superbe et met en place, en même temps, tous les protagonistes du drame qui se prépare.

 

Le narrateur et sa femme, Cordélia, rencontrent Marie-Jeanne (25 ans), lingère, petite amie de Bernard Busard (22 ans) qui court sous les couleurs de l’Étoile Cycliste de Bionnas. Dès le départ, la course est palpitante. Le Bressan, un coureur inconnu localement, va se mettre en évidence. Nous le retrouverons tout au long de l’histoire qui permet de prendre conscience des conditions de travail dans les usines de plastique où la presse à injecter permet de mouler des jouets et toutes sortes d’objets.

Busard ne veut pas passer sa vie à l’usine et Marie-jeanne pense comme lui. Un projet de snack-bar, entre Châlon et Mâcon, mobilise toute la détermination de notre homme à qui il manque 325 000 francs pour boucler son budget. Bravant les consignes syndicales, Busard entraîne le Bressan dans son projet fou : se relayer devant une presse, 24h/24, pendant 187 jours, 4 488 heures, afin de mouler  201 960 pièces et gagner chacun 325 000 francs, soit 49 546 euros.

 

L’histoire est haletante, inquiétante, oppressante souvent. Une modification technique sur les presses, visant à réduire le temps de refroidissement entre chaque pièce, impose deux jours de repos à tout le monde. Le Bressan et Busard en profitent pour refaire du vélo ensemble. C’est l’occasion pour ce dernier d’expliquer à son compagnon les subtilités de l’usage du dérailleur…

 

« Lever, détacher, baisser, trancher, séparer, jeter,  » les opérations se répètent à l’infini jusqu’à l’épuisement.

Bonne lecture !

Jean-Paul

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:48

L’éternel débat (Éditorial du vendredi 26/10/2012)

 

Faut-il compter sur l’État pour redistribuer les richesses et l’impôt ou laisser cela à l’initiative individuelle et aux œuvres caritatives ?

 

La question commence à se poser de plus en plus sur notre vieux continent mais c’est aux Etats-Unis d’Amérique qu’elle fait le plus débat. La bataille qui se joue outre-atlantique concerne la redistribution de l’impôt et des richesses à la population. C’est un véritable « procès en socialisme » qui est fait à Barack Obama depuis son arrivée à la Maison Blanche. Ainsi, les libertariens défendent même l’idée qu’il faut taxer les pauvres parce qu’ils prennent trop vite goût aux bienfaits gouvernementaux. Pour ces conservateurs, redistribution signifie usurpation, c’est-à-dire détournement d’un patrimoine chèrement acquis. Ils n’hésitent pas à parler de « moochers », c’est-à-dire de tire-au-flanc, d’assistés, de parasites vivant de l’aide sociale. Eux, bien sûr, ce sont des « makers », ceux qui font, qui produisent et créent des emplois. Rassemblés autour de Mitt Romney, ils trouvent Barack Obama bien trop européen… C’est là qu’apparaît le fossé qui sépare les deux continents. Aux USA, les dépenses publiques représentent 30% du produit intérieur brut alors qu’en Europe, nous en sommes à 45% du PIB.

 

 En fait, les « Étatsuniens » sont quand même philanthropes mais ils veulent choisir à qui ils donnent. Ils préfèrent  «donner à des gens de leur propre race, religion ou ethnie », comme le soulignent deux professeurs d’économie d’Harvard, MM. Alesina et Glaeser.

 

Voilà pourquoi l’élection du 6 novembre sera placée sous le signe de la redistribution, la majorité des républicains mettant en cause le contrat social qui permet de regrouper les ressources pour créer des infrastructures. Tout entre en jeu, comme le contrôle de la qualité de l’eau et des aliments, les autoroutes inter-états, etc… Il ne faut pas oublier que 49 millions d’Étatsuniens bénéficient de Medicare, l’assurance-maladie des plus de 65 ans. Pour les transports, les communications, la police, les pompiers, l’éducation publique, la plupart des habitants des USA comptent sur le gouvernement. C’est tout simplement ce que l’on appelle une civilisation.

 

En fait, cet égoïsme viscéral repose d’abord sur l’ignorance et peut-être aussi sur la volonté de ne pas regarder la réalité en face. Nous dire que cette façon de penser est particulière aux USA serait une grossière erreur parce qu’en Europe, de plus en plus de signes alarmants témoignent d’un égoïsme galopant, d’un repli sur soi, sur un petit cercle de proches, ne pouvant mener qu’à la catastrophe.

Jean-Paul

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:01

Blue Jay Way par Fabrice Colin, Sonatine Editions, 2012, 496 pages

 

colin-bluejayway.jpgReprenant le titre d’une chanson des Beatles, Fabrice Colin, jeune auteur français, nous emmène aux Etats-Unis, sur les traces de Julien, un jeune écrivain, comme lui.

 

L’histoire débute à New York, en janvier 2002, mais le traumatisme du 11 septembre 2001 est bien trop proche pour ne pas influencer le personnage principal d’autant plus que son père était passager de l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone.

 

L’intrigue se complique très vite avec cette romancière à succès, Carolyn Gerritsen, qui propose à Julien d’aller à Los Angeles s’occuper de Ryan (21 ans), son fils, qui vit chez son ex-mari, Larry Gordon, producteur à succès. Plusieurs retours en arrière mettent en place des éléments nécessaires à la suite du drame qui se noue.

La fameuse villa, nommée « Blue Jay Way », entre alors en scène et se révèle un élément essentiel à toute l’histoire. Le luxe y est inouï mais il n’y a rien à faire et Julien est payé 5 000 $ par semaine, plus frais annexes. L’absurdité de ce monde tout en faux-semblant se révèle au fil des pages. Relations amoureuses factices, usage immodéré de stupéfiants, il n’y a plus de limites dans une société reposant sur l’argent où toutes les valeurs morales sont sans cesse bafouées.

 

De chapitre en chapitre, le cauchemar prend consistance et l’on ne sait plus trop qui tire les ficelles, tellement les manipulations sont nombreuses. Julien est au cœur de tout cela. Lorsqu’il retrouve Carolyn Gerritsen, rien n’est résolu, bien au contraire : « …un brouillard s’avançait sur son passé, une ombre blasphématoire, et la cupidité dévorait tout, un mélange de désirs brouillés et de colères inévitables. »

 

Avec un style d’écriture agréable, Fabrice colin maîtrise bien son sujet : l’écriture du polar, le drame de l’auteur devenu malgré lui acteur de l’histoire.

Jean-Paul

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:58

Écrans agités (Éditorial du vendredi 19/10/2012)

Cet automne, le passage de Direct 8 à D8, suite au rachat de la chaîne par le groupe Canal+, vise à faire de cette antenne l’une des plus demandées de la TNT. Ce changement mis à part, c’est du côté de France télévisions et, plus largement, vers l’audiovisuel public, qu’il faut regarder.

 

L’heure étant aux économies, le Pdg, Rémy Pflimlin a annoncé un rapprochement entre les rédactions de France 2 et France 3, d’ici à 2015. Regrouper tous les journalistes dans une même rédaction serait une révolution à France télévisions. Tout le monde comprend qu’une telle réorganisation aurait des répercussions immédiates sur l’emploi et, par conséquence, sur la pluralité de l’information.

 

Si les syndicats montent au créneau, les choses ne sont pas si simples parce qu’à  France 2, on est plutôt favorable à cette fusion. C’est donc à France 3 que l’opposition à cette réorganisation est la plus forte car les antennes régionales sont fortement menacées. France 3 a déjà annoncé la fermeture de ses bureaux dans certaines petites villes où sa présence était nécessaire et appréciée. Pour bien comprendre l’enjeu de ce qui se prépare, il faut savoir que, sur les 11 000 salariés de France télévisions, plus de la moitié travaillent dans les chaînes régionales.

 

Depuis plus de 30 ans, existe une guerre larvée entre la 2 et la 3 afin d’assurer une prédominance que France 2 a toujours eue, non seulement en matière de rayonnement mais aussi pour les salaires, comme pour les moyens techniques et humains. France 3 a toujours été la chaîne la moins gâtée et, en cette période de fortes restrictions budgétaires, elle craint d’être sacrifiée. Se greffe aussi le problème de la redevance audiovisuelle qui ne devrait pas augmenter… pour l’instant.

 

Ces chaînes étant publiques, la lutte se place aussi au niveau politique puisque les deux Pdg, Rémy Pflimlin (France télévisions) et Jean-Luc Hees (Radio-France), ont été nommés par le précédent Président de la République. Le premier voulait l’autonomie des antennes régionales de France 3 mais la ministre de la Culture et de la Communication s’y oppose comme elle s’oppose au retour de la publicité après 20 heures. Ainsi, pour l’audiovisuel public, nous sommes en plein paradoxe puisque la gauche rêvait de la supprimer et que c’est M. Sarkozy qui l’a fait. Maintenant, c’est la gauche qui se prépare à réaliser ce que la droite rêvait de faire : la fusion des rédactions…

Jean-Paul

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 08:25

Les mémoires de Butch Cassidy  par Roger Martin

aux Éditions Dagorno (collection Mort ou vif), 1994, 146 pages

 

2189026-M.jpgQuand on a fini ce livre, il faut relire aussitôt le prologue qui se passe dans le village indien de San Vicente, au sud de la Bolivie. Deux Yankees arrivent à cheval, avec trois mules et tout l’attirail de chercheurs d’or. Le caporal Gallego reconnaît la mule de son ami Ignacio qui aidait au transfert de fonds pour payer les mineurs d’Aramayo. Or, les convoyeurs avaient été attaqués trois semaines auparavant…bien sûr, les choses vont dégénérer mais ce que l’on ignore en débutant ce livre bien écrit, avec des descriptions haletantes , c’est que nous venons de faire connaissance avec les deux principaux protagonistes de l’histoire qui va suivre.

 

Cette histoire, ce sont les Mémoires inachevées  de George Leroy Parker, alias Butch Cassidy. Avec lui, il faut ajouter son plus fidèle compagnon, Harry Longabaugh, dit le Sundance Kid. Afin d’être jugé sur ses actes et non sur ce que police et journaux ont raconté, Butch Cassidy a rédigé sa vie , racontant les aventures qui l’ont conduit au dénouement qu’il sera indispensable de relire comme nous l’avons mentionné plus haut.

 

Ce livre nous replonge dans cette fin du XIXe siècle où le Far-West était encore une réalité. Ses grands-parents, devenus mormons en Angleterre, étaient arrivés sur le territoire américain en 1856. Son père, guide pour les immigrants, a fait la guerre contre les Indiens puis a épousé Ann Campbell qui lui a donné sept enfants. Avant de devenir Butch Cassidy, celui-ci raconte le parcours qui l’a poussé à prendre l’argent où il se trouvait. Il dresse un tableau social de cet ouest des USA où les gros éleveurs, bien soutenus par le pouvoir, n’hésitaient pas à employer tous les moyens pour éliminer les petits exploitants. Violence et cruauté entraînent des conséquences inévitables bien détaillées dans ces mémoires qui n’occultent pas les bons moments ni les erreurs commises, erreurs qui seront fatales. Depuis la constitution de la Horde sauvage à Brown’s Hole jusqu’à la tragédie finale, Kid, taciturne et renfermé, et Butch, ouvert et souriant, se complètent parfaitement dans les pires et les meilleurs moments.

 

Complétant avec objectivité son livre, Roger Martin y a même inclus le rapport de l’agence Pinkerton qui n’a eu de cesse de poursuivre Butch Cassidy et le Kid, jusqu’à l’issue que l’on connaît.


J’adresse un immense merci à Vincent qui m’a offert ce livre sans oublier de le faire dédicacer par l’auteur, Roger martin, qui a noté que « Ces mémoires de Butch Cassidy » sont « inspirées par la réalité et où s’illustrent des personnages rebelles et chaleureux. »

  Jean-Paul

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