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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 15:58

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, j'ai laissé la télé allumée sur le tour de France pour partager un moment avec Jean Paul qui doit le regarder lui aussi en direct !!!


Après les commentaires sur Saint Martin de Londres, sur Vil le fort et autres "bla-bla" sur les cigales, aurons nous un commentaire de ce type , à proximité de Villeneuve les Maguelone: "Nous passons à côté de la maison d'arrêt de Villeneuve les Maguelone, magnifique bâtiment de béton brut,  à quelques kilomètres de la mer, et, dans laquelle est retenu, Jean-Paul Degache, passioné de cyclisme, pratiquant lui même depuis des années, et, injustement condamné, suite aux mensonges avérés d'ex-élèves"

 

Françoise

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 10:29

Nous vous proposons de lire le dernier éditorial que Jean-Paul a réalisé pour l'hebdomadaire de la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone. Celui-ci n'est pas publié lors des périodes de vacances scolaires.

 

C’est l’été, lisez ! (Éditorial du vendredi 6/07/2012)

 

Réunis autour de la dernière émission de La Grande Librairie, sur France 5, plusieurs écrivains ont conseillé la lecture ou la relecture de titres classiques qui sont présents dans la bibliothèque de VLM. L’été qui vient de commencer, donne l’occasion de se plonger dans des récits ou des poèmes qui font la richesse de notre patrimoine littéraire.

 

Les Trois Mousquetaires (Alexandre Dumas). C’est une odyssée de la fidélité, de la chevalerie, prouvant que l’on est plus fort à plusieurs que tout seul. C’est le livre français le plus connu dans le monde. Il est conseillé par Erik Orsenna.

 

La Princesse de Clèves (Madame de Lafayette). Ce livre peut être lu à toute période de la vie. Il nous emmène à la cour de Henri II, à l’époque des Valois. C’est le premier grand roman psychologique et il est conseillé par Marie Darrieussecq.

 

Les Fleurs du Mal (Charles Beaudelaire). Cette œuvre est d’un grand classicisme  et d’une modernité folle, un mélange explosif qui ne cessera jamais de provoquer les lecteurs. Conseillé par Cécile Ladjali.

 

La Guerre et la Paix (Léon Tolstoi). Lire Guerre et Paix, c’est comme traverser une immense forêt. Cette fresque qui dépasse les 1 200 pages, décrit la guerre napoléonienne mais aussi celle, plus feutrée, qui se déroule dans les salons. Ici, le discours de Tolstoi est plus fort que Napoléon. Précisons que l’auteur a écrit sept versions de ce livre conseillé par Dany Laferrière.

 

Belle du Seigneur (Albert Cohen). En 845 pages, l’auteur a réussi une superbe fresque de l’éternelle aventure de l’homme et de la femme, un immense hymne à l’Amour.

 

L’écume des jours (Boris Vian). Écrivain plein d’humour côtoyant toujours l’absurde, Boris Vian était aussi ingénieur, trompettiste et critique de jazz, parolier et compositeur. Ce livre est adapté au cinéma en ce moment.

 

Toujours dans la même émission animée par François Busnel, des critiques littéraires et quelques libraires indépendants ont fait part de leurs coups de cœur de ces derniers mois. Parmi ces titres, quatre sont disponibles à la bibliothèque de VLM.

 

En vieillissant les hommes pleurent (Jean-Luc Seigle). Sur fond de guerre d’Algérie, une famille auvergnate découvre la télévision. Pour Albert, ouvrier chez Michelin, le monde bascule…

 

Ce qu’il advint du sauvage blanc (François Garde). Un jeune matelot français abandonné sur une plage d’Australie, est retrouvé 17 ans plus tard par un navire anglais. Il vit nu, tatoué, chasse, pêche, comme la tribu qui l’a recueilli mais il ne sait plus parler français et a oublié son nom. Inspiré d’une histoire vraie.

 

Le héron de Guernica (Antoine Choplin). Guernica, avril 1937, Basilio, jeune peintre, adore observer les hérons cendrés, dans les marais, aux portes de la ville mais les bombardiers allemands arrivent…

 

Pour finir, en pleine période du Tour de France, nous pouvons vous conseiller une superbe BD : L’Aigle sans orteils (Christian Lax). L’auteur nous ramène à l’époque héroïque, en 1907, au cœur des Pyrénées, pour nous faire vivre l’histoire superbe et émouvante d’Amédée Fario, héros magnifique d’un courage exceptionnel.


Jean-Paul

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:44

Jean-Paul a fêté ce lundi ses 62 ans... C'est ainsi le troisième anniversaire consécutif passé loin de nous tous. Que pouvons-nous lui souhaiter en ce jour si ce n'est de passer le prochain en dehors de l'univers carcéral.

 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:08

Chroniques birmanes par Guy Delisle, Editions Delcourt, 2007, 262 pages

 

couv.jpgPour découvrir un pays à distance, il existe de belles revues, de magnifiques albums, de superbes reportages ou encore des récits très détaillés. Guy Delisle a choisi un autre moyen : nous faire partager ses découvertes avec ses croquis et ses commentaires, utilisant la bande dessinée comme un efficace moyen pour apprendre et surprendre.

 

Accompagnant Nadège, son épouse, administratrice à Médecins sans frontières (MSF), ce spécialiste du cinéma d’animation nous fait partager le quotidien d’un jeune papa s’occupant de son petit Louis. C’est l’occasion de découvrir la Birmanie, nom ancien que les pays (France, Australie, USA…), ne reconnaissant pas le gouvernement de 1989, continuent à utiliser. L’ONU, quant à elle, a accepté le nom officiel de Myanmar, ce qui crée une certaine confusion.

 

En pleine dictature, Guy Delisle évolue en tant qu’expatrié dans le quotidien birman. Tout ce qu’il décrit ou raconte ne manque pas d’humour et son dessin est simple, précis, efficace. Il s’aperçoit très vite que les Birmans adorent les bébés. Louis devient très populaire dans leur quartier de Rangoon, l’ex-capitale, qui sera supplantée durant son séjour par une ville nouvelle construite au centre du pays : Nay Pyi Daw.

 

Assez rapidement, Guy Delisle se rend compte qu’Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la Paix) habite à deux pas de leur lieu de résidence. Bien que la rue soit interdite d’accès, il tente de s’approcher mais ne réussit pas à apercevoir la plus célèbre opposante au régime birman. Un jour, il tombe même sur de vieux billets de banque sur lesquels figure le portrait d’Aung San, le père de celle qui vient d’être élue députée. Celui-ci fut un grand héros de l’indépendance du pays.

 

Au fil des pages, l’action de MSF-France dans le pays est très bien expliquée. Cette ONG s’occupe de lutter contre la malaria, la principale cause de décès. Nous faisons connaissance aussi avec la censure pour la presse étrangère… à coups de ciseaux !

 

Guy Delisle ne reste pas bloqué à Rangoon mais réussit à accompagner Nadège sur le terrain lorsqu’elle part en mission. Ainsi, nous découvrons les ravages de l’héroïne à proximité des mines de jade et de rubis, dans le Kachin, une région excentrée du nord du pays. Il réalise aussi un livre pour les enfants atteints par le VIH afin de leur rappeler de bien prendre leurs médicaments.

 

Hélas, à cause de la junte, MSF-France se voit obligé de cesser sa mission en Birmanie parce que l’ONG ne peut plus venir en aide aux populations les plus défavorisées.

Jean-Paul

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 20:00

Tour 2012, une orgie de paysages (Éditorial du vendredi 28/06/2012)

 

Après l’Euro de football et avant les Jeux Olympiques, le Tour de France va dérouler sa 99e édition. Cet événement retransmis dans le monde entier, a lieu chaque année et permet de visiter notre pays et aux téléspectateurs que nous sommes de nous gorger de superbes vues aériennes.

 

Cette année, le Tour prend son envol depuis Liège, en Belgique. Après une incursion dans le Boulonnais puis en Normandie, la course tournera dans le sens des aiguilles d’une montre pour aller traverser les Vosges. Le dimanche 8 juillet, le Tour sera en Suisse pour arriver à Porrentruy, dans le canton du Jura. Un second contre la montre individuel, après le prologue de 6,1 km, emmènera les coureurs d’Arc-et-Senans et sa saline royale, jusqu’à Besançon. La première journée de repos prévue à Mâcon sera bienvenue avant d’aborder les Alpes.

 

La course passera tout près de Villeneuve-lès-Maguelone

 

Le samedi 14 Juillet, jour de la Fête nationale, le Tour fera étape au Cap d’Agde avant de faire la fête aux Pyrénées. Ce jour-là, la course passera tout près de Villeneuve-lès-Maguelone avant d’escalader le Mont Saint clair, à Sète. Pau, la capitale du Béarn, sera le cadre de la seconde journée de repos puis deux grandes étapes de montagne s’annoncent spectaculaires. Il restera ensuite trois jours avant l’arrivée triomphale sur les Champs-Élysées mais un troisième contre la montre de 52 km, entre Bonneval et Chartres, au cœur de la Beauce, apportera les ultimes modifications au classement général.

 

Du départ de Liège, le samedi 30 juin, jusqu’à l’arrivée à Paris, le dimanche 22 juillet, les coureurs parcourront 3 479 km. Ils escaladeront de nouveaux sommets comme La Planche des Belles Filles dans les Vosges, le col du Grand Colombier dans le Jura, le mur de Péguère et Peyragudes dans les Pyrénées. Neuf villes recevront le Tour pour la première fois : Visé (Belgique), Abbeville (Somme), Tomblaine (Meurthe et Moselle), La Planche des Belles Filles (Haute-Saône), Porrentruy (Suisse), Bellegarde-sur-Valserine (Ain), Annonay-Davézieux (Ardèche), Samatan (Gers) et Peyragudes (Hautes-Pyrénées). Un total de 25 cols ou côtes seront escaladés pendant les trois semaines de course. Le col de la Croix de fer (2 067 m) sera le plus haut sommet des Alpes mais c’est dans les Pyrénées, au Tourmalet (2 115 m) que le Tour franchira son point culminant.

 

Côté participation, 22 équipes de 9 coureurs seront au départ. Après le forfait du Luxembourgeois Andy Schleck, les grands favoris seront l’australien Cadel Evans, le vainqueur 2011, l’Italien Vicenzo Nibali et l’Anglais Badley Wiggings, l’homme en forme de la saison. Pour nos tricolores, il faut espérer des coups d’éclat comme Thomas Voeckler et Pierre Rolland l’an passé mais d’autres surprises sont toujours possibles. Qu’importe, pendant trois semaines, le spectacle sera total sur les routes et sur les écrans de télévision.

Jean-Paul

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 20:44

Attention, gigantisme (Éditorial du vendredi 22 juin 2012)

 

La catastrophe du Costa Concordia, échoué le 13 janvier 2012 sur l’île italienne du Giglio, n’a rien changé. 32 personnes y ont laissé la vie et tous les autres passagers n’oublieront jamais le traumatisme d’une évacuation catastrophique.

 

Pourtant, le gigantisme des bateaux de croisière n’est pas près de s’arrêter. La dernière réunion de l’Organisation maritime internationale (OMI) n’a pas donné grand-chose. Seule l’Allemagne a proposé de limiter la taille des bateaux mais cette proposition a été rejetée. Dernièrement, MSC Cruises a lancé, à Marseille, son plus gros paquebot de croisière, le Divina, un impressionnant immeuble flottant de 333 mètres de long, avec 18 ponts et pouvant accueillir 4 400 passagers. Actuellement, seize navires de croisière sont en construction dans le monde et treize d’entre eux sont prévus pour 2 500 passagers.

 

L’engouement pour ce type de vacances ne se dément pas, bien au contraire, puisqu’en 2012, les réservations ont déjà augmenté de 25 % par rapport à l’année précédente. Le transport devient même accessoire. C’est le bateau la destination avec une quantité incroyable d’équipements de loisir et de distraction. Ce type de vacances étant accessible aux revenus moyens, la tendance n’est pas près de s’inverser. C’est aux Etats-Unis que cela fonctionne le mieux puisque ce pays possède presque la moitié de la flotte mondiale qui croise principalement dans les Caraïbes.

 

Loin de nous l’idée de nier les moments de bonheur que peut procurer ce type de vacances mais cela ne doit pas empêcher d’ouvrir les yeux sur les dommages causés à l’environnement par ce qui est devenu une véritable industrie. Quand on a vu les images de ces navires géants frôlant la place Saint-Marc, à Venise, l’on frémit en pensant aux dégâts inévitables que cela peut causer à un site aussi fragile. Lorsque 3 000 personnes naviguent pendant une semaine sur les eaux bleues de la Méditerranée, elles rejettent 5 millions de litres d’eaux usées, 100 000 litres d’eaux de cale chargées d’hydrocarbures et 40 tonnes de déchets solides… Comment contrôler les vidanges de certains liquides ? Quelle est la quantité de l’air souillé par les rejets dans l’atmosphère des incinérateurs embarqués ? Enfin, n’oublions pas que les moteurs brûlent un fuel à haute teneur en soufre…

 

Sans vouloir gâcher d’éventuelles vacances, il est peut-être temps que chacun prenne conscience de ce que cela implique sur un environnement superbe que l’homme salit avec une inconscience folle.

Jean-Paul

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:50

Hier a été franchie la barre symbolique des 50 000 visiteurs ! Encore merci de nous lire jour après jour et de continuer le combat aux côtés de Jean-Paul et ses proches. Actuellement, Jean-Paul est toujours à la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone sans nouvelle d'un éventuel transfert vers un centre de détention. Ses semaines sont ponctuées d'activités liées au centre scolaire et notamment la gestion de la bibliothèque. Le samedi, généralement, nous allons le voir pour le parloir hebdomadaire qui dure 1h15 et une fois par mois le double.

 

Etant entré dans la période estivale, nous ne pouvons que vous encourager à lui écrire notamment des cartes postales depuis vos lieux de vacances. D'ailleurs, voici un récapitulatif de celles qu'il a reçues depuis janvier 2012 : celles provenant de France puis celles hors de France.

 


Afficher Cartes postales françaises 2012 sur une carte plus grande

 

 


Afficher Cartes postales mondiales 2012 sur une carte plus grande

 

Pour rappel, nous mettons à jour régulièrement sur la page d'accueil du blog, le nombre de courriers écrit et reçu par Jean-Paul ainsi que le nombre de correspondants qui est actuellement de 555 !

 

Merci à tous !

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 23:01

La folie des grands stades (Éditorial du vendredi 15/06/2012)

 

Les Grecs puis les Romains avaient compris, il y a bien longtemps, tout l’intérêt qu’il y avait à regrouper les gens autour d’un spectacle, qu’il soit sportif ou culturel. Amphithéâtre, arène ou stade, les noms changent suivant les lieux et leur configuration.

 

Au cours du XXe siècle, les activités sportives ont pris de plus en plus d’ampleur et les stades ont grandi naturellement. Pour la Coupe du monde de football de 1998, la France, pays organisateur, a cassé sa tirelire, pour construire le fameux Stade de France, à Saint-Denis. Pour une capacité maximum de 81 000 places, ce stade a coûté 415 millions d’euros dont 300 ont été supportés par les contribuables. Si on peut y pratiquer le foot, le rugby, l’athlétisme, entre autres, et y organiser des concerts, aucun club sportif ne l’a choisi pour résidence. Tout le problème est là. Il faut un très grand stade pour les événements majeurs mais pour l’ordinaire du championnat, il n’y a rien de plus désolant que d’évoluer devant des banquettes vides. Voilà pourquoi le Stade Français (rugby) rénove le stade Jean Bouin (20 000 places) pour 157 millions d’euros, dans le 16 e arrondissement de Paris. Quant à son rival francilien, le Racing-Métro 92, il attend pour 2014, son Arena 92, à Nanterre (32 000 places) pour 320 millions d’euros.

 

C’est toujours du côté de la balle ovale mais avec la Fédération française (FFR), que se prépare activement un nouveau projet risquant de mettre en péril le Stade de France. Aussi, la polémique lancée ne va pas manquer d’enfler puisque la FFR veut construire, avec des fonds privés, un nouveau stade de 82 000 places, à Orly (94) ou à Ris-Orangis (91), pour un coût de 600 millions d’euros. Toit rétractable, pelouse amovible et quantité d’options ultramodernes ravaleront l’enceinte de Saint-Denis au rang d’antiquité, la FFR ne se contentant pas d’accueillir du rugby mais parlant aussi de football, d’athlétisme et de …concerts. Précisons quand même que tous les accès (RER, autoroutes, voiries…) seraient à la charge des finances publiques.

 

En période de crise économique, tous ces financements seront très difficiles à trouver mais cela n’empêche pas les propriétaires qataris du PSG de vouloir raser le Parc des Princes (45 000 places) pour reconstruire sur place une enceinte pouvant accueillir 60 000 personnes. Rénovation et agrandissement que préfère la Ville de Paris, propriétaire du Parc, permettraient de gagner 9 000 places.

 

L’Euro 2016 de football approchant, plusieurs villes comme Marseille ou Saint-Étienne ont choisi d’améliorer ce qui existe alors qu’à Lyon, un stade tout neuf sortira de terre et qu’à Montpellier, avec un titre de champion tout neuf, la Mosson aurait droit à une rénovation bienvenue.

Jean-Paul

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 20:11

Les derniers grizzlys par Rick Bass aux Éditions Gallmeister, 2010, 257 pages.

 

20279.jpgLire Rick Bass, c’est prendre un grand bain de nature mais c’est aussi recevoir un choc salutaire permettant de prendre conscience des dégâts irréversibles causés par l’homme au milieu naturel.

 

Après une longue mise en situation, l’auteur détaillant tous les problèmes posés par l’expédition, nous arrivons enfin dans le vif du sujet : la recherche des derniers grizzlys du Colorado, s’il y en a encore… Rick Bass nous entraîne dans les San Juan, une chaîne des Montagnes Rocheuses, au sud du Colorado, où les plus hauts sommets culminent à plus de 4 000 m. Gérard Meudal qui a traduit ce livre, ayant fait le choix de conserver les unités de mesure américaines (mile, yard, pied, pouce, acre), c’est un peu gênant pour la lecture.

 

Si les ours noirs sont encore nombreux dans ces montagnes, la rumeur fait croire que le grizzly, ours brun emblématique des Montagnes Rocheuses, a disparu. L’auteur et ses compagnons sont persuadés de la présence de l’animal mais il faut le prouver. Pour cela, le moindre indice peut être utile, que ce soit des crottes, des poils ou des empreintes. L’expédition est harassante et dangereuse parfois. Enfin, une empreinte de 22 cm prouve la présence du grizzly mais c’est la fin de la première recherche.

 

Dans la seconde partie du livre, Rick Bass devient de plus en plus précis, expliquant le but recherché : réussir à délimiter de vastes territoires de nature vierge en les reliant entre eux afin de permettre à la vie sauvage de continuer à exister. Cette fois, ils sont six dont un cameraman, à effectuer une nouvelle expédition lancée parce qu’une famille de grizzlys aurait été vue. C’est dans la troisième expédition que l’épisode le plus palpitant maintient le lecteur en haleine. Les grizzlys sont bien là mais aussi les déchets abandonnés là, dans un milieu exceptionnel souillé par la négligence et la bêtise humaine. L’urgence absolue, c’est d’apprendre à l’homme à coexister avec les autres occupants de la Terre.

 

Lors du Printemps du Livre de Grenoble, du 2 mars au 1er avril 2012, Maëlle a eu l’heureuse idée de faire dédicacer ce livre par l’auteur qui a noté : « For Jean-Paul, with all fine wisches ! » Un immense merci à Maëlle pour cette découverte passionnante d’un milieu exceptionnel à préserver absolument.

Jean-Paul

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:57

Rue Darwin    par    Boualem Sansal

Éditions Gallimard, 2011, 254 pages.

 

Voilà une histoire foisonnante de personnages qui se croisent ou s’évitent sur une période qui va du début des années 50 jusqu’à nos jours. Sans cesse, Boualem Sansal (photo ci-contre) nous transporte d’un lieu à l’autre, d’une époque à l’autre avec certaines redites nécessaires pour démêler les fils de ce passé qui ne cesse de ressurgir.

 

La mère de Yazid, le narrateur, va mourir d’un cancer et son fils décide de l’amener à Paris, depuis Alger, pour tenter une dernière chance de guérison. C’est aussi une dernière chance pour elle de revoir ses enfants dispersés sur plusieurs continents. Ainsi, la jeunesse algérienne part se former à l’étranger, décrocher des diplômes et…ne revient pas.

 

La mort de celle qui l’a élevé ramène Yazid dans le quartier Belcourt et dans cette rue Darwin où il retrouve ses souvenirs d’enfance, bien que les noms des rues et des places aient changé. Tout au long de ce roman, l’auteur n’a de cesse de remonter dans ce passé, retrouvant le bled, à Borj Dakin où Lalla Sadia, dite Djéda, règne sur un bordel qui lui permet de développer une fortune qui va s’étendre des deux côtés de la Méditerranée.

 

Petit à petit, les fils se démêlent mais la quête de Yazid n’aboutira qu’au terme de longues recherches. L’auteur décrit bien l’engrenage qui amène ces filles, parfois mineures, à se réfugier auprès de Djéda qui fait office de grand-mère, entre autres, pour Yazid, Daoud et Faïza qui est légèrement plus âgée que le narrateur. Elle s’affirmera plus tard comme un personnage important.

 

Tout au long de ce livre, nous croisons puis retrouvons ainsi plusieurs personnages dont la vie permet de suivre l’évolution de l’Algérie durant la seconde moitié du XXe siècle et le début des années 2000. Rue Darwin est une fresque très dense, écrite avec beaucoup de sensibilité et d’humanité. Ce roman met en scène beaucoup de mystères, de sous-entendus et quantité de vies brisées…jusqu’à la mise au point finale.

Jean-Paul

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