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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:01

Hier soir, en compagnie de Vincent et de Damien, nous avons assisté au concert d'Hubert-Félix Thiéfaine. Quel plaisir d'entendre la quasi totalité des chansons de son dernier album, chroniqué par Jean-Paul il y a quelques semaines, mais aussi de nombreux autres titres ayant ponctué la carrière ce ce chanteur hors-norme. Nous ne fûmes pas déçus car sa voix reste intacte tout comme son énergie. Un grand moment... arrosé bien sûr à grands coups de kéfir avec d'énormes pensées pour notre Jean-Paul que "l'on aime et que l'on attend" comme le chante si bien Thiéfaine dans "Fièvre résurrectionnelle".

 

 

Hubert-Félix Thiéfaine, Suppléments de mensonge, Label Lilith, février 2011 


hubert-felix-thiefaine-supplements-de-mensonge-110531444.jpg

 

Un nouvel album de Thiéfaine est toujours un événement. Voilà un artiste, auteur-compositeur et interprète à la voix unique et inimitable dont le talent ne se dément pas.

 

 

« Suppléments de mensonge »,  titre générique extrait du Gai Savoir  de Nietzsche, se déguste et s’apprécie sans modération. Tout est tellement bien écrit, dans un style unique au vocabulaire riche et très varié, que les chansons d’Hubert-Félix Thiéfaine sont à chaque fois une véritable orgie de mots et de musique.

 

 

- « La ruelle des morts » nous met d’emblée dans l’univers de Thiéfaine qui nous charme depuis si longtemps. 

« On arrosait nos victoires
  à grands coups de verres de kéfir »
                  

 

Comment être insensible à cette allusion très réaliste à cette boisson fermentée, excellente pour la santé, soit à base de lait, soit à base de fruits, que m’avaient recommandée Guy, Danielle et Jean-Pierre S., des amis très chers ?


- « Je t’aime et je t’attends à l’ombre de mes rêves » revient dans cette « Fièvre résurrectionnelle », le second titre qui nous fait visiter 6 milliards de pantins, de fantômes, de lépreux, de paumés et de groupies… Quel parcours!

 

- « Trois poèmes pour Annabel Lee » est une chanson très poétique

«  Annabel Lee
    pas un seul cheveu blanc
    n’a poussé sur mes rêves… »

 

- J.P.Nataf a composé la musique de « Garbo XW machine ». Il a bien su mettre en valeur le texte  déjanté, psychédélique de cette chanson, comme la suivante, que Hubert-Félix Thiéfaine a extrait d’un album fantôme inédit de 2008. Une très bonne idée.

 «  Prends mon pion dans ton circuit

     Garbo XW machine

     Prends mon pion dans ton circuit

     J’aime tant ta froidure féminine ».

 

-  Ce « Petit matin 4.10 heure d’été » est à la fois un hymne à la vie et…à la mort.

«  Le silence des morts est violent

     Quand il m’arrache à mes pensées… »  Puis, un peu plus loin :

«  Je rêve tellement d’avoir été

    Que je vais finir par tomber. »

 

- Dans « Compartiment C. Voiture 293.Edward Hopper 1938 » chanson pleine de mélancolie, Thiéfaine observe une femme voyageant seule.

«  Voyageuse solitaire

    Entourée de mystère…

    …Est-ce que tu fuis ? » Et il échafaude plusieurs hypothèses.

 

- Les « Infinitives voiles » réalisent un voyage dans des rêves où se mêlent à la fois ses souvenirs  d’une enfance bâclée, son espoir d’un futur désiré et cette nécessité d’arracher son masque, son armure et ses scarifications de guerrier de l’absurde.

«  Quand les infos se vrillent au fond de (sa) ma pensée… »

 

- « C’est une brise-burnes

     Une casse-burettes

     Un cauchemar diurne

Une trouble-fête… »  Voilà une partie de la description de «  Ta vamp orchidoclaste » [du grec orchis, testicules, et clan, casser-briser… (à vous de traduire)], cette femme peu ordinaire avec ses clopes et sa barrette… Conclusion :

 « Elle t’entraîne dans un gouffre aux multiples rancoeurs

    D’où je préfère m’enfuir… »

Quel tableau !

 

- Très optimiste, Hubert-Félix Thiéfaine décrit notre monde dans « Lobotomie sporting club :

« Lobotomie média /propaganda fliquée » pour terminer sur un constat accablant :

« …Fin programmée. »

Chaque texte est l’occasion d’apprécier un peu plus tout le talent d’écriture d’Hubert-Félix Thiéfaine et son vocabulaire infiniment riche.

 

- « Les ombres du soir » en est un autre bel exemple. Comme pour deux autres chansons, il en a écrit aussi la musique, une ballade envoûtante mettant remarquablement en valeur le texte.

 

- « Québec november hôtel » permet d’apprécier encore toute la culture nord-américaine de l’artiste qui survole le Québec et en utilise le langage :

«  Je gèle ben raide dans mon dornier… »

Il se permet même un clin d’œil à Al Capone et au bar que celui-ci fréquentait pendant la prohibition, à Saint-Pierre et Miquelon : « La Morue Joyeuse ».

 

A force de patience et de talent, Hubert-Félix Thiéfaine s’est fait une place de choix dans le paysage artistique. Avec Ghislaine, nous l’avions découvert, il y a bien longtemps, lors des fêtes de l’été, à Valence. Puis nous l’avons revu dans une salle des fêtes d’Annonay archicomble  et nous chantions avec lui « on s’est aimé dans les maïs… ». C’est avec un immense plaisir que je peux écouter encore et encore cet album offert par Eric et Cathy que je remercie.

 

Jean-Paul

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 00:01

 Partie 1

 

- Revenons au Comité de soutien en rappelant que son assemblée générale se tiendra le vendredi 2 décembre ; quel bilan portes-tu sur la journée champêtre du 1er octobre et quelles sont les futures manifestations envisagées ?

 

Déjà je tenais à signaler que lors de cette assemblée générale, nous avons décidé d’offrir aux adhérents un pot de l’amitié, l’amitié étant une des valeurs essentielles de notre association. Je reviendrai sur cette somptueuse journée du 1er octobre où beaucoup de personnes ont répondu présentes. Les échanges furent nombreux tout comme les sourires… mais on ressentait aussi de l’amertume de ne pas avoir Jean-Paul à nos côtés. Il était présent dans nos cœurs et à travers Ghislaine qui a été très courageuse. Nous réitérerons cela en améliorant un point notamment : réunir pour le repas toutes les personnes à une seule et même table !

Pour les projets à venir, je demande à ceux qui se rendront à Sarras le 2 décembre de préparer des idées et de les soumettre à cette occasion. Nous avons déjà prévu une manifestation, mais ce sera une surprise…

J’espère que vous serez nombreux à participer à l'assemblée générale car Jean-Paul a besoin de nous, de nos lettres et nous, nous avons besoin qu’il nous revienne au plus vite ! 

 

 Merci beaucoup Jacqueline.

 

Nous vous rappelons donc que l’Assemblée Générale du Comité de Soutien se tiendra :

 

vendredi 2 décembre 2011

salle n°3 du centre René Cassin à SARRAS

à partir de 20h30

 

A cette occasion, il sera donné des nouvelles récentes de Jean-Paul tant au niveau de son moral que de ses conditions de détention. Il vous sera présenté ensuite un rapport des activités réalisées au cours de cette année ainsi que le bilan financier 2010-2011. On envisagera également les prochaines manifestations pour l’année à venir et le Bureau répondra à vos questions. Pour terminer aura lieu le renouvellement et l’élection du Conseil d’Administration, le tout suivi d’une petite collation.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 00:01

Nous vous proposons ce lundi la suite de l'interview que la Présidente du comité de soutien nous a accordée.

 

Partie 1

 

- Une de tes filles a eu Jean-Paul comme instituteur entre 1980 et 1982. On sait que plusieurs des accusatrices, venues témoigner aux deux procès, se trouvaient dans cette classe. As-tu eu écho de quoi que ce soit durant ces années de la part de ta fille ou par le biais d’autres personnes ?

 

Effectivement ma fille a été élève de Jean-Paul durant ces années. C’est pourquoi elle a demandé à témoigner lors des procès. Dans son témoignage, elle a voulu dépeindre l’ambiance de la classe, son instituteur qu’elle aimait tant. Cependant ses propos se sont retournés contre Jean-Paul puisque l’on a voulu interpréter ses paroles… C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à de nombreuses reprises puisque tout ce qui pouvait le disculper tournait en sa défaveur !

En tant que commerçante, j’étais au cœur des conversations qui pouvaient se tenir dans le village de Sarras. J’ai été choquée d’entendre au tribunal des personnes venir témoigner contre Jean-Paul alors que je les avais entendues dire auparavant qu’elles n’avaient absolument rien à lui reprocher. De plus, l’une des plaignantes a osé mentir devant l’institution judiciaire en affirmant que je « manipulais » ma fille ! C’est absolument faux. A ce moment-là, la colère et la rage me gagnèrent ; j’étais assise au 1er rang mais dans l’impossibilité de lui répondre. Etant donné qu'elle a menti sur ce point, je ne doute absolument pas qu’elle mente sur le reste ! 

 

- Que penses-tu des accusations portées contre Jean-Paul ?

 

Ce que j’en pense ? C’est vraiment prendre les élèves de la classe pour des imbéciles !!! Car vu la disposition des bureaux et le nombre de fenêtres donnant sur l’extérieur, il est impossible qu’il ait pu se passer quoi que ce soit d'anormal au bureau de l'instituteur sans que quelqu'un s’en rende compte. De plus, les enfants étaient heureux avec Jean-Paul.

Personnellement, je ne peux me faire à l’idée qu’il ait été jeté en prison tel un véritable malfrat. Je le respecterai toujours en tant qu’instituteur et je n’oublierai jamais le travail effectué à l’école de Sarras.

 

Partie 3

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 00:01

Mormeck, c’est du lourd ! (Éditorial du vendredi 11/11/2011)

 

L’évènement n’aura lieu que le samedi 10 décembre mais il mérite que l’on s’y arrête quelques semaines avant, pendant que les deux protagonistes sont en pleine préparation. En effet, pour la troisième fois dans l’histoire du noble art, un français, Jean-Marc Mormeck, va disputer le titre suprême de Champion du monde de boxe, poids lourd, version WBC.

Depuis trop longtemps, le monde de la boxe est difficile à comprendre pour les non-initiés à cause de la multiplication des fédérations concurrentes mais c’est la WBC la plus cotée. Dans la catégorie reine, celle des poids lourds, c’est un ukrainien de 35 ans, Vladimir Klitscko, le champion du monde en titre. C’est lui que Jean-Marc Mormeck va défier, à Düsseldorf, en Allemagne, devant 50 000 spectateurs, dans un combat qui semble, a priori, très déséquilibré.

Physiquement, l’Ukrainien est très impressionnant. Pour s’en persuader, il suffit de comparer leurs caractéristiques physiques : 1,98 m, 2,06 m d’envergure et 110 kg pour l’un, 1,81 m, 1,88 m d’envergure et 98 kg pour l’autre. Klitschko a disputé et remporté son dernier combat le 2 juillet 2011. Mormeck n’a plus combattu depuis le 2 décembre 2010, une victoire remportée en dix rounds contre un Ouzbek.

A bientôt 40 ans, le français est d’un optimisme à toute épreuve et affirme son envie folle, sa foi, pour remporter ce titre qu’aucun sportif de notre pays n’a remporté, même si Georges Carpentier, en 1921, face à Jack Dempsey, et Lucien Rodriguez, en 1983, face à Larry Holmes, ont eu leur chance. Jean-Marc Mormeck travaille son explosivité et son endurance en faisant des séries de 200 mètres en côte et affirme qu’il n’a jamais été aussi fort et aussi rapide. Il souffre mais il sait pourquoi : devenir le meilleur boxeur du monde, le plus grand boxeur français de l’histoire. Pour lui, ce sera un aboutissement, pas une fin.

 

Un autre combat se mène, un peu partout dans le monde, avec le mouvement des Indignés qui se répand. Depuis plusieurs semaines, la manifestation la plus emblématique se tient près de Wall Street, à New York, ils sont plusieurs centaines, occupant une place, résistant aux intimidations et aux interventions de la police. Ils protestent contre la toute puissance des financiers et réclament un changement complet de logique dans un monde qui perd peu à peu toutes ses valeurs. Pour connaître l’issue de ce combat, il faudra attendre un peu plus longtemps.

 

Les chiffres de la semaine

 

Depuis la fin du mois d’octobre, nous sommes 7 milliards d’êtres humains sur la planète Terre.

 

4 bébés naissent chaque seconde pendant que 2 personnes décèdent.

 

Le Kenya comptait 35 117 éléphants en 2010 (167 000 en 1973, 16 000 en 1989).

 

25% des réserves monétaires chinoises sont libellées en euros.

 

Le nombre d’étudiants français partis à l’étranger est en hausse de 6,9%.

 

Philips a annoncé 45 000 suppressions d’emplois d’ici à 2014, pour économiser 800 millions d’euros.

 

Jean-Paul

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 00:01

Si vous avez déjà participé à une manifestation organisée par le Comité de soutien à Jean-Paul Degache, vous avez obligatoirement vu et entendu Jacqueline Brunière, la présidente. Elle a spontanément répondu à nos questions et nous l'en remercions. 

 

Bonjour Jacqueline,

 

- Ma première question porte sur le coup de fil récent de… Jean-Paul ? Sans être trop indiscret, qu’as-tu ressenti ? (Pour information à nos lecteurs, Jean-Paul dispose du droit de téléphoner depuis que la cassation a été rejetée).

 

Ce n’est pas indiscret de me demander cela… Ce jour-là, le temps était beau, nous allions commencer à préparer la journée champêtre qui lui était consacrée. Lorsque le téléphone sonna, je ne m’attendais pas à entendre sa voix. Ce qui m’a le plus frappé, c’est sa détermination à clamer son innocence et ce d’ailleurs depuis le début de l’affaire. Il m’a évidemment demandé de remercier toutes les personnes qui se rendraient à Ozon et de leur transmettre toutes ses amitiés. Il s’inquiétait également pour Ghislaine, pour qui ces journées sont chargées d’émotion… J’étais vraiment heureuse de l’entendre mais aussi malheureuse car là où il est, ce n’est absolument pas sa place !

 

- Venons-en à présent à l’année 2007 : je me rappelle que lors de la venue de l’abbé Wiel à Tournon-sur-Rhône, tu t’étais levée à la fin de son intervention pour faire savoir, à toutes les personnes présentes, ton indignation suite à la première condamnation de Jean-Paul et la honte d’habiter Sarras, village dans lequel les principales accusatrices résident. Peux-tu nous expliquer ce qui t’a poussée à adhérer au Comité de soutien, à en devenir la Présidente et à continuer avec la même énergie malgré les positions prises par l’institution judiciaire ?

 

Mon engagement s’explique par le déroulement du premier procès qui s’est tenu à Privas. Celui-ci m’a choquée ! J’avais l’impression que Jean-Paul, à peine entré dans le tribunal, était déjà condamné. Avec le recul, j’ai maintenant la certitude que l’on ne peut rien faire dans ces affaires-là et que lorsque l’on est pris dans cette spirale infernale, c’est fini. Lors de cette semaine, je n’étais pas la seule personne à être sidérée. Lors du procès, on ne parlait pas de la même personne qui était assise sur le banc des accusés. A partir de là, j’ai foncé et j’ai décidé de rester derrière lui, Ghislaine et vous tous car lorsque l’on condamne un innocent, on condamne tous ses proches.

 

Partie 2

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 00:01

Il y a quelques semaines, nous avions débuté une série d'articles consacrés à l'affaire Fournier, affaire comportant des similitudes avec celle de Jean-Paul. Nous allons essayer de comprendre comment son acquittement a été possible et par la même occasion analyser les défaillances de l'institution judiciaire française.

 

Partie 1

 

→ Un travail méticuleux

 

Avant d’analyser les raisons qui ont amené la juge Perron à acquitter M. Fournier, lisons le deuxième paragraphe de la décision judiciaire intitulé « Le Droit » où il est rappelé un élément important :

 

« L'analyse de versions contradictoires n'implique pas que le juge doit faire le choix de celle qui lui paraît plus plausible ou la plus vraisemblable.

Pour conclure à la culpabilité, il faut davantage qu'une probabilité. Il n'est pas suffisant qu'il soit probable que le défendeur ait commis l'infraction qu'on lui reproche. Le fardeau de la preuve appartient à la poursuivante et jamais, au cours du procès, il ne se déplace sur le défendeur. Il faut une preuve hors de tout doute raisonnable, une norme qui se trouve en fait le corollaire du principe fondamental tenant qu'en droit pénal toute personne accusée jouit de la présomption d'innocence.»

 

Comment ne pas réagir à ces quelques lignes lorsque l’on sait le nombre important d’incohérences dans l’affaire de Jean-Paul. Et pourtant ce fut à lui de démontrer qu’il était innocent ! Comment des magistrats, censés être au courant de l’évolution du monde judiciaire, notamment au niveau de la parole de l’enfant, des faux témoignages ou encore de la recherche du statut de victime, peuvent à ce point être naïfs ? Le nombre d’accusatrices ? Ne pas prendre de risque et satisfaire la majorité ?... Dans l’affaire Fournier, nous l’avons déjà dit, le nombre de plaignantes aurait pu être un facteur déterminant puisque l’on en trouve 19 ! Et pourtant l’acquittement a été possible. Comment ? Pourquoi ?

 

Tout d’abord, les témoins sélectionnés : 10, dont le sergent détective qui a mené l’enquête en réalisant les interrogatoires d‘enfants, interrogatoires filmés ! Les 9 autres témoins sont la Directrice en fonction au moment des accusations et celle qui l’a précédée ainsi que 7 personnes ayant une fonction au sein de l’école. Ils ont tous côtoyé Henry Fournier. La Juge Perron prend soin de stipuler l’ensemble des éléments principaux de chaque témoignage ce qui permet d’avoir une vision très claire de l’affaire. On s’aperçoit très rapidement :

 

 

- que l’affaire a débuté par une rumeur sur l’instituteur lancée par les enfants et qui est remontée jusqu’aux parents ; ensuite tout s’est accéléré avec la convocation de l’instituteur chez la Directrice ; le lendemain, il est suspendu et les gendarmes démarrent l’enquête.

- l’ensemble des témoins ayant travaillé avec Henry Fournier le décrivent comme un professeur « paternaliste »,« souriant » et             « chaleureux » n’hésitant pas à faire des «accolades», des « caresses » et à  « répondre aux câlins des enfants ».

- l’ensemble des témoins ayant travaillé avec Henry Fournier assurent ne l’avoir jamais vu faire des « gestes déplacés ».

- une éducatrice de l’école affirme même qu’elle fonctionnait de la même façon que l'accusé !

 

Cette première synthèse de témoignages pose certainement déjà le doute dans l’esprit des magistrats. Si vous en avez le temps, relisez les interviews des personnes ayant travaillé avec Jean-Paul pendant des années (page d’accueil – les pièces qui démontrent l’innocence de Jean-Paul Degache). Tous sont convaincus de son innocence. Pourtant, tout au long de l’enquête et des deux procès, ces témoins clés n’ont jamais été pris au sérieux et leurs témoignages furent décrédibilisés sous prétexte que, soit ils défendaient leur profession, soit ils avaient adhéré au Comité de soutien, soit parce qu’ils étaient amis de Jean-Paul. C’est tout simplement incroyable et révoltant !

 

A suivre...

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 00:01

Une Constituante pour la Tunisie (Éditorial du vendredi 4/11/2011)


Conséquence directe et logique du retour à la démocratie, l’élection de l’assemblée constituante tunisienne de ce dimanche 23 octobre a vu une quantité impressionnante de listes et donc de candidats se mettre en évidence dans tout le pays.

Cette assemblée, composée de 217 membres, aura la lourde charge de rédiger une nouvelle Constitution, l’ensemble des textes fondamentaux  règlementant le fonctionnement du pays. Voilà pourquoi, après tant d’années d’une autocratie policière, 1600 listes comportant près de 12 000 candidats se sont présentées aux suffrages des Tunisiens qui ont voté sur simple présentation d’une carte d’identité car à peine la moitié d’entre eux s’étaient inscrits sur les listes électorales. Les récentes attaques menées par les intégristes contre la chaîne de télévision Nessma qui avait diffusé le film Persepolis ne manquent pas d’inquiéter. Dans la société tunisienne, le débat est lancé afin de définir le régime politique voulu par la population mais aussi le socle des valeurs. Le débat sur la place de la religion a fait un retour en force en pleine campagne électorale. Les principales formations de centre gauche, le Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDTL) et le Parti démocrate progressiste évitent d’envenimer les choses tout comme le parti islamiste modéré Ennahdha qui a condamné Nessma et la violence des manifestants. Ce parti légalisé depuis le 1er mars 2011, affiche sa volonté de pluralisme et il ne faut pas oublier qu’il a lutté, avec d’autres, depuis 2005, au sein du Mouvement du 18 octobre. La Tunisie a entamé un long et difficile chemin vers la démocratie et c’est une étape importante qui vient d’être franchie à la fin du mois d’octobre.

 

Ici, quelques jours avant la parenthèse des vacances de la Toussaint, l’équipe d’Hector  a reçu Deborah, une jeune femme de 28 ans qui a vécu six mois en Guinée Conakry, comme soigneur animalier bénévole. Elle a répondu à une quantité de questions, souvent très pertinentes, sur son travail et surtout sur ces chimpanzés communs, en voie d’extinction, pour lesquels elle était une véritable nounou. Dans le prochain Hector magazine qui paraîtra le 16 décembre, nous publierons l’intégralité de l’entretien.

 

 

Les chiffres de la semaine

En échange avec Gilad Shalit, un soldat israëlien, 1027 prisonniers palestiniens devraient être libérés.

 

2h 03’ 38’’ c’est le nouveau record du monde du Marathon établi à Berlin par le Kényan Patrick Makau.

 

2 860 157 personnes ont voté lors du second tour de la primaire du Parti Socialiste.

 

Jean-Paul

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 00:01

Des gens très bien d’Alexandre Jardin chez Grasset, 2011, 300 pages.

 

poster_80532.jpgCe livre écrit à la première personne, commence très fort et il s’en dégage, tout au long de la lecture, une impression pénible, désagréable, une gêne sûrement salvatrice mais difficile à accepter.

En effet, Alexandre Jardin, auteur à succès très connu, fils de Pascal Jardin (le Zubial) qui a fait carrière aussi dans la littérature, parle de son grand-père, Jean Jardin, dit le Nain jaune, qui fut le principal collaborateur de Pierre Laval, du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, à Vichy. En tant que directeur de cabinet du Vice-président du Conseil dirigé par le Maréchal Pétain, Jean Jardin, fidèle et loyal serviteur, a livré des juifs par familles entières, sans oublier les enfants. Durant cette période pendant laquelle le Nain Jaune a travaillé au plus près du chef d’un gouvernement qui collaborait avec l’occupant, il y a une date terrible : le 16 juillet 1942, jour de la rafle du Vel’ d’Hiv. Or, ce sont les policiers et les gendarmes français qui ont arrêté ces milliers de gens, faisant souvent du zèle et les envoyant à la mort. Tout au long du livre, Alexandre Jardin s’emploie à décortiquer le mécanisme de cette logique infernale et dénonce le silence qui a suivi, permettant de protéger les puissants personnages compromis durant cette période de notre histoire.

Au cours de la lecture, Alexandre Jardin explique pourquoi il a été à l’initiative de l’opération Lire et faire lire1. Ainsi, nous comprenons tout l’engagement de cet écrivain pour que les enfants lisent, une action qui devrait sans cesse être mise en valeur.

Le livre se termine par une conversation imaginaire entre l’auteur et son grand-père, un soir, à Vichy. Celui-ci, persuadé de faire le bien, explique sa logique mais ses justifications, décortiquées tout au long de l’ouvrage, laissent sceptique. Alexandre Jardin, en écrivant Des gens très bien, a voulu rétablir une vérité trop longtemps cachée, parce qu’elle dérange trop de monde et en particulier, sa propre famille. Ainsi, il a fait preuve de beaucoup de courage.

 

Jean-Paul

Un grand merci à Agnès qui m’a permis de lire et d’apprécier ce livre.


1Grâce à Vincent qui avait rencontré Alexandre Jardin, à Grenoble, j’avais tenté de lancer «lire et faire lire» à l’école publique de Sarras. Hélas, mes appels aux retraités étaient restés vains. Une seule personne, membre de la communauté des religieuses encore installée à Sarras à l’époque, avait proposé son aide mais ce n’était pas suffisant.

Quelques années après, j’ai été heureux d’apprendre que « lire et faire lire » fonctionnait bien à l’école grâce, en particulier, à quelques amis ayant pris leur retraite entre temps.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 00:01

Partie 1

 

Débute alors un intermède marqué par le calme. Nous sommes les quelques « privilégiés » à rester le temps que les familles descendent et que de nouvelles arrivent. On apprécie ce moment. Débute ensuite la deuxième et dernière partie de la rencontre. Le fait d’avoir le double de temps nous permet d’échanger plus sereinement puisque nous pouvons aborder tous les sujets. 

 

Vers 11h30, un surveillant vient ouvrir la porte. C’est l’heure de nous quitter. Nous grappillons quelques secondes et nous serrons à nouveau très fort. Le surveillant, compréhensif, repasse et nous fait comprendre gentiment  qu’il est temps pour Jean-Paul de partir. A ce moment-là, un jeune détenu du box jouxtant le notre vient saluer respectueusement Jean-Paul et il vient même nous saluer. C’est plutôt rassurant de voir cela. Voilà une dizaine de minutes écoulées depuis que Jean-Paul est parti et nous restons enfermés dans le box dans l’attente qu’un surveillant vienne nous ouvrir. C’est à ce moment-là que j’apprends que la France l’a emporté de justesse. Puis, c’est à nouveau un temps d’attente puisque pour sortir nous devons patienter jusqu’à ce que tous les détenus soient fouillés. Ainsi, s’il y a le moindre problème, la famille est encore présente. Une demi-heure après, nous regagnons le hall d’entrée et récupérons nos affaires laissées initialement dans le casier.  

 

Il faut à présent reprendre la voiture et la direction du Nord ! Un bon casse-croûte, composé de la délicieuse quiche de Ghislaine, pris au volant. Le retour passe pour une fois assez rapidement. Nous nous séparons à Loriol pour que chacun puisse prendre la route de son domicile. Vers 15h30, me voilà rentré à Grenoble. Direction le lit, exténué…

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 00:01

 Partie 1

 

Chaque famille est appelée par ordre alphabétique. Ce matin, cela se passe assez vite. Les passages obligatoires par le portique s’enchaînent très bien. La surveillante nous indique le numéro du box dans lequel nous nous installerons tout à l’heure.  Certaines personnes discutent de la fouille qui s’est produite la semaine précédente et qui a débouché sur plusieurs arrestations !  Pendant ces temps d’attente relativement longs et pénibles, j’essaie de ne penser à rien et de faire abstraction de tout ce qui m’entoure. A présent, nous allons franchir plusieurs portes sécurisées, traverser une cour, accéder à un nouveau bâtiment, prendre un escalier afin de rejoindre les salles du parloir. Avant de gagner notre box, Ghislaine dépose les sacs que Jean-Paul récupèrera lorsqu’il regagnera sa cellule. Evidemment tous les sacs sont fouillés et les objets non autorisés sont rendus aux familles.

 

Nous entrons à présent dans la pièce que le surveillant referme juste après nous, question de sécurité. Encore quelques minutes à patienter et voilà enfin les premières personnes détenues qui cherchent leur famille ! Jean-Paul fait partie des premiers à arriver. Il avance dans un couloir dans lequel, de part et d’autre, sont installés les box. A travers la grande vitre, il nous aperçoit et l’on se fait signe. Il dépose sa carte de détenu à côté de la porte et un surveillant vient lui ouvrir. Nous nous embrassons et nous serrons très fort pendant de longues minutes. Cela fait quelques semaines que je n’ai pu le faire… Je le regarde et je trouve qu’il a l’air plutôt en bonne forme physique. Nous lui demandons tout de suite de ses nouvelles. Il nous avoue s’être fait une petite déchirure musculaire en jouant au basket mais a priori il a bien récupéré. Nous revenons sur le succès de la journée champêtre. Jacqueline, la Présidente du Comité de soutien lui a fait parvenir par courrier tous les messages laissés lors de cette journée. On sent très vite que cela l’a profondément touché. La première heure passe relativement vite. On entend les portes d’à côté s’ouvrir : les détenus regagnent le couloir central ; il s’agit de la fin du premier parloir de la matinée.

 

Partie 3

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