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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 00:01

Au mois de mai 2011, nous vous avions proposé un article concernant Christian Iacono, personne accusée de viol par son petit-fils et condamnée injustement à deux reprises par l’institution judiciaire française. Depuis mai 2011, son petit-fils a avoué qu’il avait menti et a ainsi remis en cause la « sacro-sainte vérité judiciaire ». Si nous avons décidé de consacrer un nouvel article à cette affaire, c’est parce que depuis une semaine, Christian Iacono a dû regagner la prison de Grasse. Pourquoi cette décision ?

Peu après les aveux de Gabriel, au mois de juin 2011, Christian Iacono a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Celui-ci prévoyait une présentation bimensuelle à la gendarmerie de Vence, commune des Alpes-Maritimes dans laquelle il était obligé de résider et une interdiction de rencontrer son petit fils. En parallèle, Christian Iacono s’est pourvu en cassation afin d’user tous les recours possibles pour rétablir son honneur.  Inexplicablement, le refus a été prononcé au mois de novembre 2011 ! Incohérent, grotesque, absurde, inimaginable… voilà les mots qui nous viennent à l’esprit pour qualifier cette décision.
 
Reste maintenant à attendre que se prononce la Commission de révision des affaires pénales. Celle-ci examinera la demande de suspension de peine cet après-midi à 14 heures. Comme le dit Fabrice Amedeo du Figaro, « sa situation illustre les difficultés de la justice coincée entre les différents délais des recours légaux, la pression des médias et l'émotion du grand public. » Ce journaliste établit également des liens avec les affaires Dany Leprince et Loïc Sécher dont le premier est toujours enfermé malgré de multiples incohérences !

Mercredi 11 janvier, Ondine Millot signait un portrait de Gabriel Iacono dans Libération dans un article intitulé « Le jouet vivant ». Cela peut nous donner des clés pour comprendre comment un enfant a pu mentir et surtout se construire autour de ce mensonge. Une histoire familiale hors-norme qui a vu un père et un fils se détester et se déchirer notamment au sujet du petit-enfant nommé… Gabriel. Cette mésentente empêche le grand-père de voir son petit-fils jusqu’à ce que Christian Iacono fasse une demande pour avoir un droit de garde de l’enfant.

Lorsque l’affaire démarre en juin 2000, la journaliste nous apprend que les parents de Gabriel sont en instance de divorce. Gabriel confia même : « Je voulais que mes parents restent ensemble. Dès que j’avais un problème, on était à nouveau tous les trois. Avec cette histoire, je me suis dit qu’ils resteraient toujours avec moi. »  Cet enfant devenu adulte s’est ainsi construit dans ce climat dans lequel une fois  les accusations sont portées, il paraît si difficile de revenir en arrière. Surtout lorsque l'instituion judiciaire vient sacraliser la parole de l’enfant en faisant abstraction de tous les éléments environnants. Enfin, comment ne pas faire le lien avec l’affaire de Jean-Paul ? Une institution judiciaire qui reconnait comme « victime » des personnes qui clament haut et fort que leur témoignage lorsqu’ils avaient 10 ans ne correspond pas à la réalité ! Une institution judiciaire qui occulte complètement le fait de l'impossibilité des accusations portées !

En attendant, souhaitons qu’une décision cohérente nous provienne de la Commission de révision.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:01

Après deux semaines d'interruption liée aux vacances scolaires, nous retrouvons avec plaisir le journal de la Maison d'arrêt, La Feuille d'Hector, dont l'éditorial est réalisé par Jean-Paul.

 

2012, olympiades électorales (Éditorial du vendredi 6/01/2012)

 

Les calendriers 2011 au panier, une nouvelle année commence. Est-il nécessaire de rappeler que nous allons vivre, au cours des semaines à venir, une campagne électorale nous amenant à voter pour désigner un nouveau Président de la République ? Cette présidentialisation extrême, fruit de l’évolution de la cinquième république, ne doit pas faire oublier que ce sont, normalement, les élections législatives qui suivront, les plus importantes. En effet, elles permettront d’élire les députés de l’Assemblée nationale. Ce n’est qu’à partir de la majorité qui se dégagera alors, que le président élu désignera son Premier ministre chargé de former un nouveau gouvernement pour la France. Président et députés seront en responsabilité pour cinq ans mais il n’est pas certain que la majorité de l’Assemblée nationale soit du même bord politique que le locataire de l’Élysée. Dans ce cas, ce serait la cohabitation. Nous aurons assurément l’occasion de reparler de tout cela au cours des mois à venir.

Pendant les récentes fêtes de fin d’année, ont été désignés les meilleurs sportifs et exploits sportifs de l’année 2011. A l’heure du bilan, les performances des premiers mois paraissent bien loin et sont parfois oubliées. Aussi, lorsqu’une nouvelle année commence, il est important d’avoir une vue d’ensemble de ce qui attend les amateurs de sport. Comme sur le plan politique, 2012 s’annonce dense.

Les handballeurs ouvriront le programme avec le championnat d’Europe, en Serbie, du 15 au 29 janvier. Les footballeurs les imiteront quelques mois plus tard, entre le 8 juin et le 1er juillet, en Ukraine et en Pologne. Si nous pouvons être confiants pour les coéquipiers de Nikola Karabatic, avec une équipe de France championne du monde en titre, les hommes de Laurent Blanc n’inspirent pas grand optimisme. Pourquoi ne pas espérer le même genre de surprise qu’avec les rugbymen en Nouvelle-Zélande ?

Le Tour de France occupera bien les trois premières semaines de juillet avant que le 27, ne commencent les 30e Jeux Olympiques, à Londres. Véritable vitrine du sport moderne, mélange formidable d’athlètes de tous les pays, cet événement planétaire mobilisera tous les médias et envahira nos écrans pour la traditionnelle course aux médailles.

Enfin, lorsqu’une nouvelle année commence, il nous semble important de souhaiter à toutes et à tous de vivre douze mois de bonheur personnel et familial tout en souhaitant à tous ceux qui le pourront de retrouver de nouveaux horizons pour une vie meilleure.

Les chiffres de la semaine

Sultan Kösen, citoyen turc de 27 ans, est l’homme le plus grand du monde. Il mesure 2,47 m.

Il chausse du 56 et dort dans un lit de 3 m de long pour 1,60 m de large.

La France compte 28,2 millions de personnes actives. C’est la troisième population active d’Europe, derrière l’Allemagne (41 millions) et le Royaume-Uni (30 millions), mais devant l’Italie (24 millions).

On désigne comme population active, les personnes âgées de 15 à 64 ans ayant un emploi rémunéré.

10 000 contrôles antidopage ont été effectués sur des sportifs, en France, en 2010.

L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a consacré 9 millions d’euros à son action en 2010.

Le Haut Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme estime qu’au moins 5000 personnes sont mortes à cause de la répression, depuis le mois de mars, en Syrie.

Jean-Paul

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:20

L’art français de la guerre  d’Alexis Jenni aux Éditions Gallimard, 2011, 633 pages

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Se lancer dans L’art français de la guerre est une véritable aventure. Dans ce livre de plus de six cents pages, Alexis Jenni réalise une fresque incroyable qui débute en 1991 avec le départ des Spahis de Valence (Drôme) pour la guerre du Golfe, la fameuse opération Daguet. La ville de Lyon sera le lieu choisi par le narrateur pour ancrer son récit avec, parfois, des descriptions peu flatteuses pour la capitale des Gaules.

Alexis Jenni décrit bien la guerre et s’appuie sur le film montrant l’intervention de l’armée américaine à Mogadiscio, en Somalie, pour nous faire toucher du doigt la dissymétrie constante dans le dénombrement des morts. Là, on avait 19 soldats américains tués pour 1000 somaliens…Le rapport habituel est de 1 pour 10, la proportion du massacre colonial.
Arrive enfin la rencontre avec Victorien Salagnon, dans un bistrot lyonnais. C’est un ancien d’Indochine et c’est son histoire qui sert de trame à ce livre qui a décroché le Prix Goncourt 2011. S’il l’avait voulu, l’auteur aurait très bien pu servir son œuvre en plusieurs volumes mais le résultat étant couronné de succès, c’est ce professeur de biologie qui a eu raison, dès sa première publication.


Alexis Jenni réussit à nous montrer comment un homme, sans s’en rendre compte, commet à son tour les atrocités qu’il a vues faire par les allemands…Pour lui, c’est le système de la colonie et de la gestion des troupes de cette colonie qui a généré la torture. Là, nous sommes dans les « Commentaires II », l’auteur décrit une scène fantastique avec la réception des invités par un couple. A lire absolument.


Petit à petit, l’histoire progresse et nous mène des chantiers de jeunesse à la guerre d’Algérie, en passant par le maquis et l’Indochine et cet amour du dessin qui sauvera Victorien Salagnon, devenu lui-même professeur pour le narrateur. Les commentaires permettent de retrouver notre homme aujourd’hui avec son compère Mariani et la dérive vers une extrême-droite jusqu’au-boutiste. Ainsi est menée en parallèle l’épopée guerrière d’une France qui essaie de conserver ses colonies et l’escalade de la violence urbaine avec la course à l’armement à laquelle nous assistons. Pour un même échec final ? Enfin, il ne faut pas oublier que ce sont toujours les survivants qui racontent les guerres, un détail qui a son importance.

 

Jean-Paul

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 00:01

Retrouvons la suite de la lettre écrite par Jean-Paul le soir du réveillon de Noël.

 

Second extrait de la lettre écrite le 23 décembre 2011,


Extrait 1


"La journée s’est bien passée. Je suis sorti en « promenade » de 7h45 à 9h15 afin de pouvoir téléphoner à Ghislaine. D’habitude, elle vient le samedi matin avec un de mes fils. A cause de Noël, ils ont préféré venir jeudi et ils ont bien fait. J’ai même pu entendre Jeanne, ma petite grenobloise qui vient d’avoir 3 ans. Après avoir laissé le téléphone à d’autres, j’ai repris l’appareil pour appeler ma mère afin de lui parler un peu en cette veille de Noël. Durant le reste de la journée, j’ai pu passer un moment avec deux autres camarades grâce à la compréhension d’un surveillant. La soirée est nettement moins agréable parce que les jeunes de l’étage font un tapage pas possible. Heureusement qu’il n’y a rien d’intéressant, ce soir, à la télé, parce que ce serait impossible à suivre. Je crois que le plus pénible à supporter, ici, c’est le bruit qui peut surgir à tout moment. Respecter les autres en étant discret est quelque chose d’impossible pour beaucoup. Ce qui est très pénible, c’est lorsqu’ils s’appellent d’une cellule à l’autre, d’un étage à l’autre et même d’un bâtiment à l’autre. Je ne sais pas ce qu’ils racontent parce que je ne comprends pas un mot. Quelques uns ont une mini chaîne hi-fi (en vente ici) et ne se gênent pas pour imposer leur bruit (difficile d’écrire musique !) à tous les autres.

Voilà quelques échos de la vie d’un pauvre vieil instit’ à la retraite qui n’a jamais mérité de vivre pareille épreuve. Depuis la mi-octobre, j’attends d’être transféré à Salon-de-Provence. Le changement sera un peu délicat à gérer mais après l’incontournable période d’adaptation, j’espère que ça ira.

Ce soir, je pense très fort à ma famille réunie à la maison comme à tous ceux qui fêtent Noël de la même manière. Garde-toi en bonne santé et sois assuré de ma plus sincère amitié."

Jean-Paul

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:01

Nous vous proposons aujourd'hui un premier extrait de courrier écrit par Jean-Paul qui revient sur cette période de fêtes de fin d'année qu'il a dû passer loin de ses proches. Merci à André et Arlette qui nous ont spontanément envoyé leur courrier.

 

Premier extrait de la lettre écrite le 23 décembre 2011,

"Mon cher André,

Voilà que je m’apprête à passer mon second Noël en prison, moi qui n’aurais jamais dû connaître pareille épreuve aussi injuste. C’est un passage toujours délicat même si les quelques délices apportés par Ghislaine dans mon « colis de Noël », permettent de régaler les papilles. Les gourmandises les plus fameuses ne peuvent pas remplacer la chaleur familiale, les enfants et petits-enfants… J’espère que pour vous les fêtes se passent bien…. En tout cas, ta « baraque », comme tu l’appelles, est superbe. J’aime bien les maisons en pierre. Ouvrir ou fermer les volets chez soi, voilà un bonheur simple que l’on ne savoure jamais assez et que j’ai hâte de retrouver. Merci aussi pour la photo très sympa de la journée champêtre d’Arras. Son succès, comme celui de la récente assemblée générale, m’a beaucoup réconforté. Cette présence, cette mobilisation qui ne se dément pas, malgré le temps qui passe, sont des signes importants. Tous, vous m’aidez beaucoup à tenir le coup."

 

Jean-Paul

Extrait 2

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:01

Jean-Paul nous présente un livre dont il a eu le plaisir de rencontrer l'auteur, Jean-Christophe Parisot.

 

Préfet des autres de Jean-Christophe Parisot, Editions Desclée de Brouwer, 2011, 190 pages.

9782220063447FS.gifCertains, ici, se souviennent de sa venue, à deux reprises, dans le cadre de La caravane des 10 mots de l’atelier d’écriture, à l’invitation de Jean-Paul Michalet. Tous ceux qui ont participé à ces rencontres ont été très impressionnés par l’écoute de cet homme, Sous-Préfet chargé de mission à la Cohésion sociale et à l’Égalité des chances pour le Languedoc-Roussillon. Pourtant, malgré un passage récent dans l’émission de Thierry Ardisson,  Salut les Terriens, il était indispensable d’en savoir plus sur le combat admirable d’un homme obligé de vivre dans un fauteuil roulant, sous trachéotomie.

Dans Préfet des autres, Jean-Christophe Parisot fait partager sa vie et les différentes étapes d’une maladie qu’il a espéré, en vain, voir guérie. Il a 10 ans lorsque ses jambes l’abandonnent et qu’il doit regarder jouer ses camarades dans la cour de récréation. Peu à peu, la maladie gagne. Elle touche aussi ses deux sœurs. Voilà qu’on les déclare incapables d’apprendre une table de multiplication… Même en lisant attentivement ce livre, il est impossible de réaliser ce que représente sa vie au quotidien mais ce que le lecteur comprend, c’est la volonté extraordinaire qui l’anime, une volonté qui le pousse vers les autres.

Rapidement, le tri se fait entre les vrais et les faux-amis. Jean-Christophe Parisot l’écrit, il s’agit de "vivre libre ou mourir". Tout au long du livre, des exemples pris sur le vif, permettent de partager un peu toutes les vexations, toutes ces réflexions de ceux qui se disent valides mais considèrent le handicapé comme un être dégradé alors qu’il s’agit d’un état. Refus d’entrée au cinéma, remarques indélicates, les exemples ne manquent pas mais notre homme s’appuie sur son modèle : Jean Parisot, son grand-père mort en déportation en 1944. Les opérations successives et un traitement inhumain à l’hôpital ne l’empêchent pas de décrocher son Bac littéraire puis de réussir le concours d’entrée à Sciences- po Paris. Sans aucun moyen technique et humain pour l’aider, il est contraint de suivre les cours dans le hall puisqu’il ne peut pas accéder à l’amphi.

Marié à Katia, rencontrée à 16 ans, ils ont "quatre enfants merveilleux". Sa carrière débute à la mairie d’Amiens puis, peu à peu, il grimpe les échelons ne se contentant pas de sa vie de représentant de l’État. Il crée des associations de défense des malades mais ça ne suffit pas. Il se présente à deux reprises à l’élection présidentielle pour faire respecter les droits des personnes handicapées. Nommé Sous-Préfet du Lot, il n’hésite pas à visiter une prison pour aller à la rencontre des personnes détenues.

Il faut lire Préfet des autres, un livre que j’ai essayé de présenter bien trop imparfaitement, un livre qui tente de libérer notre pays des tentations de rejet et de mépris, prouvant, s’il en était besoin, que Jean-Christophe Parisot est un pionnier de la générosité et de la liberté.

Jean-Paul

Pour ceux que cela intéresse, voici un entretien accordé par l'auteur à TVsud en novembre 2011 :

                         
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:01

Elle fut bien longue, cette année 2011 et tant de choses se sont passées pour chacun d’entre nous. Dans plusieurs endroits dans le monde, il s’est passé des choses qui doivent nous faire réfléchir : constatant l’injustice et les humiliations qu’ils devaient subir, des femmes et des hommes se sont révoltés dans le monde entier : de Tunis à Rangoon en passant par Moscou et Homs, des gens sont morts pour leur liberté. Certains ont gagné, d’autres non. Mais partout, l’année 2011 restera comme celle des combats, celle où la vérité fut faite en de nombreux lieux dans ce monde.

 

L’actualité nous a montré que les combats, même perdus d’avance, valent toujours la peine d’être menés. Jean-Paul Degache a passé l’année 2011 en détention à Villeneuve lès Maguelonne où il n’a cessé de clamer son innocence. Son comité de soutien et le blog de ses amis et de ses proches ont rabâché, répété, ressassé sans relâche tous les éléments qui montrent qu’il est innocent, qu’une injustice a été commise. Se battre pour ses idées n’est jamais un combat perdu. Toute personne qui lit ce blog, qui écoute nos arguments, qui se prend à se dire que la vérité judiciaire n’est peut-être pas la vérité des faits est une petite victoire. La bataille judiciaire est terminée, mais le marathon de la communication durant la détention ne fait que commencer.

 

Alors s’il est l’heure de formuler des vœux pour cette année 2012, c’est que d’autres gens, de par le monde se battent contre l’injustice et fassent triompher la vérité. C’est que les amis et proches de Jean-Paul Degache soient toujours plus nombreux, toujours plus soudés, toujours plus persuasifs. C’est que là, quelque part, une personne connaisse le remord et admette qu’elle s’est emportée, qu’elle ne pensait pas que tout irait si loin…

 

Formulons également le vœu que Jean-Paul ne soit jamais vraiment seul, qu’il sache qu’il est soutenu, qu’i l y a du monde, dehors, qui l’attend.

 

Enfin, pour cette année 2012, formulons un vœu que se produise quelque chose d’impensable : que l'institution judiciaire de notre pays sache se remettre en cause, que l’on cesse la chasse aux sorcières, que l’on respecte la présomption d’innocence… et tellement d’autres choses.

 

Bonne année à toi Jean-Paul, bonne année à vous tous, nos lecteurs.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:01

La fin de l'année civile nous amène à faire un nouveau point sur la correspondance entretenue avec Jean-Paul. Comme vous pouvez le lire dans l'onglet "Informations" ci-dessus, Jean-Paul a déjà écrit 1169 courriers et en a reçu près de 2100 ! Si on regarde les chiffres de janvier 2010, on s'aperçoit que le nombre de courriers reçus au cours de cette année 2011 atteint presque le millier ! Si on rapporte cela au nombre de jours, on arrive à une moyenne légèrement inférieure à 3. A son nom, nous ne pouvons que vous remercier pour cette continuité dans ce soutien qui est un combat de tous les jours.

 

Regardons à présent le nombre de correspondants ainsi que leur localisation. En janvier 2010, Jean-Paul échangeait avec 451 personnes. Actuellement, ce nombre est de 548 soit 97 de plus ! Encore une fois, malgré les mois qui passent, le nombre de soutiens continue de s'accroître.

On constate également un élargissement au niveau de la localisation des correspondants. Le département ardéchois reste largement en tête avec près de 222 correspondants ; viennent ensuite les départements de la Drôme (91 correspondants), l'Isère (46), le Rhône (29), la Saône-et-Loire (22) et le Gers (15). En plus des correspondants français, Jean-Paul correspond avec des personnes de différents pays : 4 de Belgique, 2 de Chine, 2 du Burkina-Faso, 1 de Suisse, 1 du Portugal, 1 du Bénin et 1 du Brésil.

 

Légende :

Sans titre-copie-4

Nous allons enfin nous intéresser aux cartes postales reçues. Ce mode de correspondance a connu cette année un véritable succès lors de l'opération 500 jours. Au cours de celle-ci, Jean-Paul en a reçu 158. Depuis 2010, nous avons décidé  de reporter sur des cartes les lieux à partir desquelles elles étaient écrites. En voici le bilan :

 


Afficher Cartes postales françaises 2011 sur une carte plus grande

Afficher Cartes postales mondiales 2011 sur une carte plus grande
L'année se termine mais le combat continue. Redoublons d'effort pour que le courrier reçu par Jean-Paul continue d'affluer régulièrement. Nous ne lâcherons jamais !
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 00:01

Vers la disparition de l’hôpital public (Éditorial du vendredi 16/12/2011)

 

Au début de ce mois de décembre, quelle ne fut pas notre surprise d’entendre que 40 000 médecins hospitaliers devaient récupérer deux millions d’heures de RTT, ces jours de repos accordés dans le cadre de la mise en place des 35 heures. Ce total astronomique représente environ six mois de repos pour chacun ! Le contrat épargne temps (CET), mis en place en janvier 2002, expire le 3 janvier. Il y a donc urgence et aucune solution ne semble satisfaisante, sauf à toucher à la qualité des soins. Si l’on voulait payer tous ces jours de congés non pris, il faudrait trouver entre 600 et 700 millions d’euros plus d’autres centaines encore pour les autres personnels soignants car les médecins ne sont pas les seuls concernés.

Pour le ministère, c’est à chaque hôpital de trouver la solution et un décret devrait bientôt plafonner le CET à 60 heures au lieu de 200 jusqu’à aujourd’hui. Chacun est en droit de se demander pourquoi on a tant attendu pour s’attaquer à ce grave problème. Il y aurait bien la solution de remplacer les médecins partant en congé mais il y a déjà pénurie de toubibs et des postes ne sont pas pourvus dans de nombreux hôpitaux. Quant à convertir ce temps en compte épargne retraite, c’est difficile à envisager par les temps qui courent…

Devant un problème aussi épineux, il est indispensable de se poser la question de la survie de l’hôpital public en France. D’ailleurs, existe-t-il toujours ? Sous l’influence des Agences régionales de santé (ARS), chaque directeur d’hôpital est obligé de parler rentabilité, concurrence et parts de marché. Bientôt, les médecins et les infirmières seront rémunérés à la performance sous l’influence d’une administration soucieuse avant tout d’économie et de rentabilité. Ainsi, les professionnels du monde hospitalier sont remplacés par des experts et des consultants.

Tout cela n’est guère rassurant pour les malades qui vont se trouver de plus en plus confrontés à la loi du marché et à la technocratie. Ce n’est pas en industrialisant les soins que l’on pourra donner satisfaction à la population car l’éthique médicale ne peut se satisfaire d’une tarification à l’activité. La situation est plus qu’inquiétante et la complexité du problème fait que l’information peine à filtrer. Une évolution du statut de praticien hospitalier est actuellement en préparation. Médecins, pharmaciens et dentistes des hôpitaux publics seraient rémunérés avec une part fixe complétée par une part variable conditionnée par la réalisation d’objectifs fixés par la direction.

Pouvons-nous accepter de voir l’hôpital public devenir une entreprise ? Voir les praticiens devenir des « producteurs de soins » est inacceptable. La santé des gens n’est pas une marchandise, il est temps que nous affirmions cela de plus en plus. Pourquoi chacun ne passerait-il pas au crible les programmes des candidats aux prochaines élections présidentielles afin de savoir ce qu’ils proposent en ce domaine comme dans d’autres tout aussi vitaux comme l’éducation et la culture ?

 

Les chiffres de la semaine

 

73 universités, sur 83, sont devenues autonomes. Les 10 dernières le seront en 2012.

 

En 1971, le ministère de la Défense avait décidé d’annexer 14 000 hectares de terres supplémentaires afin d’agrandir le camp militaire du Larzac.

 

107 familles exploitant ces terres étaient concernées.

 

Après les élections de 1974, 70 000 personnes se sont rassemblées sur le plateau du Larzac pour s’opposer au projet du gouvernement. Leur lutte a été couronnée de succès.

 

301 cylindres de déchets nucléaires vitrifiés provenant des centrales allemandes ont été transportés par chemin de fer, de La Hague à Gorleben, en Allemagne. Chaque cylindre pèse 500 kg.

 

15 millions d’euros, c’est le montant de la réduction de la dotation de France Télévisions pour 2012.

Toutes les chaînes sont touchées par cette réduction, comme Radio-France, l’audiovisuel extérieur, Arte et l’INA.

 

Jean-Paul

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:01

Voici un deuxième extrait de la lettre destinée à Charlotte, personne devenue amie depuis l'injuste condamnation de Jean-Paul en 2008.

 

1ère Partie


J’ai beaucoup aimé lire et relire « La roue tourne », un texte qui m’a bien fait sourire mais aussi m’a fait penser à ce que je vis… Merci pour tes explications et commentaires à propos de ton travail d’écrivain. J’espère que tu es venue à bout de la « La semaine interdite » et que tu as trouvé un éditeur. Si ce n’est pas le cas, je le souhaite de tout cœur. Pour la chaleur, j’ai eu la chance d’avoir un été assez modéré, pourri pour les touristes. Les deux périodes de forte chaleur, en juin et fin août-début septembre, m’ont bien suffi. En fait, depuis que j’ai commencé à travailler comme auxiliaire au centre scolaire, je n’ai pas arrêté. J’ai toujours de quoi m’occuper entre ménage, rangement et bibliothèque. Oui, j’ai assisté à plusieurs bagarres et je sais que dans les deux autres cours, cela arrive fréquemment. Ce sont les plus jeunes qui sont souvent les plus violents. Je sais que je côtoie régulièrement des hommes qui ont tué, violé, volé, trafiqué. Certains peuvent être très sympas. D’autres sont carrément désagréables. Il ne se passe pas une journée sans qu’on me demande du tabac. Je suis heureux de ne pas fumer parce que c’est un esclavage ruineux et dangereux.


Maintenant, je m’apprête à vivre mon second Noël en prison et tu comprends la souffrance que je ressens. Normalement, je devrais revoir mes petites filles mais cela n’a rien à voir avec la fête familiale que j’appréciais tant. J’espère que ton travail se passe bien et je te souhaite un bon Noël et de joyeuses fêtes de fin d’année.


Jean-Paul

 

Pour les personnes intéressées, voici les deux articles réalisés par Jean-Paul chroniquant les nouvelles écrites par Charlotte :

- A jamais et de tout temps - Trois cents secondes

- Adrien Poche

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