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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 23:01

En apnée… (Éditorial du vendredi 27/04/2012)

 

Quand ces lignes paraîtront, les Français seront en apnée, en train de retenir leur souffle, attendant le résultat final de ces élections présidentielles qui mobilisent tant d’énergie depuis des mois. Quinze jours, entre les deux tours, ça fait long, mais les présidentielles ont cette particularité que n’ont pas les autres élections. Celles-ci se contentent d’un intervalle d’une semaine. Rappelons que, dans notre système électoral, pour être élu, il faut avoir la majorité absolue, soit plus de la moitié des suffrages, au premier tour. Si ce n’est pas le cas, il faut un second tour pour lequel les règles de qualification peuvent varier. Dans l’élection en cours, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent rester en lice. Retenons donc notre respiration encore quelques jours…

Profitons de ce temps suspendu chez nous pour regarder un peu ce qui se passe chez nos voisins espagnols. Au début des années 2000, le secteur de la construction a connu, dans la péninsule ibérique, un essor considérable. L’Espagne a même été un moment le second consommateur de ciment du monde, derrière la Chine. Une urbanisation à tout va a même créé des villes nouvelles qui restent pratiquement inhabitées.

L’exemple de la station pyrénéenne de Formigal est éloquent, démontrant une injustice sociale de plus en plus criante. Dans ce pays où le chômage touche près de 25% de la population, l’argent public est investi sans compter dans des aménagements touristiques ne servant qu’à quelques privilégiés. Les problèmes d’enneigement sur le versant sud des Pyrénées étant de plus en plus réels, la société d’exploitation semi-publique qui gère la station perd, chaque année, beaucoup d’argent. Qu’à cela ne tienne ! Le gouvernement aragonais a renfloué les comptes avec 250 millions d’euros d’argent public auxquels il faut ajouter l’entretien des routes menant à la station, les campagnes de promotion du ski…Or, partout, en Espagne, il manque du monde dans les services qui profitent au plus grand nombre : l’aide sociale, la santé, la culture, l’éducation…

Les énormes difficultés que connaît notre voisin et les décisions prises à Madrid et dans les régions autonomes ne doivent pas nous laisser indifférents, l’avenir étant très incertain des deux côtés des Pyrénées…

Jean-Paul

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 17:02

Cette semaine sur France Inter, Daniel Mermet a proposé deux émissions de Là-bas si j'y suis sur la thématique de "la victime" et de "l'émotion"  dans notre société actuelle et des dérives qui s'en suivent. Pas besoin malheureusement de vous citer d'exemple...

 

Ainsi, nous vous conseillons vivement de prendre le temps de les écouter et de réagir.

 

Emission - Partie 1

 

Emission - Partie 2

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 09:24

Une promesse par Sorj Chalandon chez Grasset & Fasquelles, 2006, 273 pages

 

9782246711711Après nous être régalé avec Mon traître et Retour à Killybegs, nous étions curieux de lire un autre livre de cet auteur, journaliste à Libération puis au Canard enchaîné. L’occasion s’est présentée avec Une promesse, un roman publié en 2006, après Le petit Bonzi (2005).

 

Cette fois, Sorj Chalandon nous plonge dans la vie d’un petit village de Mayenne, menant bien le mystère jusqu’au bout avec le style délicieux qui est le sien, un style tout en douceur et plein de sensibilité. Nous faisons d’abord connaissance avec Fauvette Pradon et son vieux mari, Étienne. Ils sont dans leur maison de Ker Ael et Léo arrive… L’autre centre d’intérêt du village est le café du bosco, Lucien Pradon, jeune frère d’Étienne. Les conversations de bistrot ne masquent pas les problèmes posés par la solitude. Ainsi, peu à peu, nous découvrons tous les protagonistes de cette histoire émouvante et simple à la fois.

 

« Elle se croyait à tout jamais sans larmes. Elle pleure tout au fond d’elle. Elle pleure pour répondre à la pluie qui chuchote. Elle pleure son sourire de Fauvette, sa fossette de crépuscule. Elle pleure son vieil homme qui sommeille… », cette page admirable mériterait d’être citée tout entière tant cette histoire est une belle leçon de vie. En même temps, l’auteur nous parle de la mort, de l’oubli, cette promesse étant une belle occasion d’aborder tous ces problèmes.

Jean-Paul

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 15:17

Vivre ensemble (Éditorial du vendredi 6/04/2012)

 

Après les évènements dramatiques qui ont marqué ce mois de mars 2012, il est rassurant de constater le calme avec lequel la population de notre pays a encaissé les chocs successifs de ces assassinats aussi douloureux qu’incompréhensibles.

Il ne faudrait pas que de tels drames déclenchent toujours plus de répression sous le poids de l’opinion publique. Or, une semaine après ces évènements, ce n’était pas la sécurité mais le chômage, le pouvoir d’achat et l’éducation que les Français plaçaient, à juste titre, en tête de leurs préoccupations. Cela révèle une maturité de bon aloi au moment où l’on pourrait craindre que la peur prenne le dessus sur la raison.

En effet, dans un pays où il devrait être possible de vivre ensemble, de débattre et de décider démocratiquement des orientations à prendre, les problèmes d’emploi sont essentiels. Logiquement, ils conditionnent le pouvoir d’achat et ne peuvent être résolus qu’au travers d’une éducation réussie. Cette formation de base dispensée par l’école mérite toujours plus de considération et donc de moyens afin de toucher toutes les composantes de notre société. Il est évident aussi que cela ne peut être définitivement acquis et que, tout au long de la vie, chacun doit chercher à se perfectionner.

Les semaines qui viennent vont être déterminantes quant à l’orientation choisie pour notre pays et chacun espère aussi que la vie quotidienne de tous ceux qui souffrent de la précarité, soit améliorée. La sécurité suivra naturellement.

Sur le continent africain, le Sénégal vient de donner au monde entier une belle leçon de démocratie permettant à d’autres pays d’espérer. Le net succès de Macky Sall, ex-premier ministre élu au second tour avec 68% des voix face à Abdoulaye Wade, est une très bonne nouvelle. Le président sortant, âgé de 86 ans et après douze années de pouvoir voulait s’accrocher encore pour effectuer un nouveau mandat. Il a su reconnaître immédiatement sa défaite. Reste maintenant un énorme chantier économique et social dans un pays où un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté mais le premier obstacle électoral ayant été franchi avec succès, nous ne pouvons que souhaiter bonne chance au Sénégal et à ses habitants.

Jean-Paul

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:45

Avant de vous proposer une nouvelle chronique réalisée par Jean-Paul, voici quelques lignes qu'il a écrites à une amie qui démontrent l'importance que peut avoir, pour lui, les livres et la lecture en prison :

 

"Il fut un temps où j'étais impatient de partir mais, depuis la fin du mois de janvier, j'ai hérité du poste de bibliothécaire et donc abandonné l'entretien du centre socio-pédagogique. Au milieu des livres, je réussis à oublier où je suis. Il faut dire que l'endroit est agréable, ne ressemblant pas au reste de la prison. J'essaie de conseiller les visiteurs et certains m'ont même remercié pour mes conseils de lecture. D'autres sont plus difficiles à gérer mais, dans l'ensemble, ça se passe bien."

 

Le ciel sera mon toit  par Éric Valli (avec Sophie Troubac), Gallimard, 2006, 345 pages

 

 Ça commence très fort, par une scène vertigineuse, en avril 1985. Éric Valli est dans une falaise où il doit photographier des nids d’abeilles. Soudain, il est victime d’une attaque massive de ces insectes défendant leur habitat et leur miel que les Rajis, le peuple des abeilles, savent récolter. Toute une partie du livre sera consacrée, plus tard à la vie de ce peuple unique mais, en attendant, Éric Valli nous ramène à son enfance, à Dijon.

Un peu plus tard, alors qu’il est pensionnaire à Besançon, c’est chez un libraire qu’il réussit à s’évader. Puis, un camarade lui parle du Yémen. Ses parents étant ouvriers, leurs moyens sont limités. C’est pourquoi son père quitte son travail de potier pour vendre des tableaux, ses tableaux…Il a su lui faire lire Henri de Monfreid, Jack London, Joseph Conrad, Bernard Moitessier, des récits de voyages qui ont beaucoup marqué le jeune Éric.

À 17 ans, il part pour Beyrouth puis en Syrie et se retrouve avec des Fedayin en plein septembre noir… En auto-stop, en ferry, en bus, Éric Valli gagne l’Afghanistan puis le Népal et va consacrer la plupart de son temps à cette région du monde. Ses reportages photos alimentent les pages du National Geographic, de Paris-Match, de Geo, de Stern mais c’est le fameux film : « Himalaya, l’enfance d’un chef », tourné au Dolpo, qui l’a vraiment popularisé. Au fil des pages de ce livre nous est contée par le détail l’histoire des Dolpo-pa franchissant les plus hauts cols de la planète pour, après trois semaines de voyage, aller échanger le sel contre le grain.

L’ouvrage foisonne d’autres épisodes de la vie aventureuse d’Éric Valli, un homme qui cherche avant tout à entrer en contact avec les gens qui vivent là où il se rend. Il sait partager leur vie, comprendre leurs problèmes et se faire adopter par eux.

 

Merci à Marisette et Bernard pour m’avoir permis d’élargir un peu mon horizon, m’emmenant dans un pays qu’ils connaissent bien et me remettant en mémoire un film superbe que j’avais pu faire découvrir à mes élèves, au cinéma.

Jean-Paul

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 11:14

Macadam Bazar, Na Mbeni La, Label Du son ki avoine, 2010 

 

Mathilde et les étudiants du GENEPI (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées) avaient réussi la prouesse d’inviter  Macadam Bazar à se produire dans la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-maguelone, le 2 mai 2011. Hélas, peu de monde avait eu la curiosité de profiter de ce superbe concert. Comme je l’ai remarqué pour chaque activité culturelle, il faut presque faire du démarchage individuel pour pousser les gens à s’inscrire et bénéficier de ces moments uniques dans une vie où la grisaille domine.

 

Un concert étant trop vite passé, j’avais demandé à pouvoir écouter le CD de ce groupe dynamique au possible. Après de longs mois d’attente, je peux enfin profiter à nouveau de ce groupe issu des Bouches-du-Rhône, de Saint-Chamas, près de l’étang de Berre.

Tout de suite, j’ai retrouvé des échos, une parenté avec ce que produisent des groupes qui nous enchantent depuis des années : Les Ogres de Barback ou Les Hurlements de Léo, entre autres. Je crois d’ailleurs, qu’ils ont assuré la première partie des Ogres. Ils peuvent être complètement déjantés puis redevenir pleins de douceur mais ce qu’ils disent a toujours un sens.

 

 

Cédric, Martin, Julian, Pablo, Milka et Jan m’ont rappelé parfois des airs entendus dans les films d’Émir Kusturica, avec des cuivres superbes (Vodka, Talk Jak) mais peuvent aussi puiser leur inspiration en Afrique (Na Mbeni La, Les Oiseaux). Macadam Bazar est la chanson fondatrice du groupe qui prend vraiment beaucoup de plaisir à jouer et à chanter ensemble. Aimant le contraste, ils peuvent passer d’un seul coup du délire musical le plus complet à la ballade la plus douce comme La fin du balavec son terrible refrain.

Pourquoi ? Je voudrais savoir pourquoi, pourquoi ?

Elle vient trop tôt la fin du bal

C’est les oiseaux, jamais les balles

Qu’on arrête…en plein vol.

T’as perdu ta gratte, ta femme et puis ton chien

Comme on perd ses clefs de bagnole et t’en riras pas demain.

 

Ça serait bien est une superbe chanson comme La larme à l’œil, morceaux réalistes, manifestant, protestant, sans oublier d’être festifs :

Si on allait danser

Au lieu de se flinguer au nom du progrès.

Liberté de prison parle de l’échec d’une révolution parce que la liberté d’expression est muselée. Bon voyage est un bel hommage aux tziganes, aux gitans, aux manouches, à tous les gens du voyage…Kaj sasto te aves. Latcho drom.

Enfin, Maréchal est un monument mais toute ressemblance avec un certain pays serait totalement fortuite…

 

Comme toujours, les chansons de Macadam Bazar s’écoutent encore et encore et l’immense plaisir d’une musique vivante se conjugue toujours avec des paroles ne laissant jamais indifférent. Le groupe devrait sortir prochainement un nouvel album et c’est avec beaucoup de curiosité que nous attendons cet évènement en espérant les voir à nouveau sur scène…dans un autre cadre.  

Jean-Paul

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 23:01

Nous vous attendons le plus nombreux possible le samedi 5 mai 2012 afin de montrer que notre soutien à Jean-Paul ne s'estompe pas malgré les jours qui passent, plus de 800 à présent !!!

Alors, si vous comptez venir pour l'après-midi balade en vélo, pour la soirée ou pour les deux, envoyez-nous un mail à soutien.jean-paul.degache@voila.fr. Merci à vous tous et notamment à Ludo, notre fidèle créateur d'affiche.


affiche-copie-1

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 23:01

50 ans après… (Éditorial du vendredi 30/03/2012)

 

50 ans après la signature des accords d’Évian mettant fin à la guerre d’Algérie, le 19 mars 1962, les plaies ne sont pas encore refermées. Tout ce qui s’est passé là-bas et en France conditionne encore notre vie d’aujourd’hui et, la parole se libérant de plus en plus, nous apprenons sans cesse et tentons toujours de comprendre.

Pendant ces années de souffrances et de douleurs durant lesquelles les vies de quantités d’innocents ont été sacrifiées, c’est l’histoire coloniale de notre pays qui s’est effondrée. Les dirigeants de l’époque ont eu d’immenses difficultés à reconnaître leurs erreurs afin de sortir de l’impasse. Lorsque l’Algérie est devenue indépendante, la France n’était plus qu’un simple acteur de la construction européenne, plaidant ensuite pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

      

Pendant que l’Algérie fêtait sa victoire, la France cherchait à oublier sa défaite alors que 900 000 rapatriés devaient être accueillis, dont 30 000 à Montpellier. Quelques années plus tard, Mai 68 fera oublier la guerre d’Algérie mais peu de choses étaient résolues.

C’est en 1830 que la France s’est lancée dans la conquête du territoire algérien, une conquête qui a duré 30 ans parce qu’elle s’est heurtée à une résistance acharnée des populations. Système par essence inégalitaire, le colonialisme s’est installé. Pour échapper à la faim et à la misère, certains habitants se sont engagés dans l’armée française, les harkis. Dès 1945, alors que la France fêtait sa libération, les massacres de Sétif et de Guelma montraient que notre pays ne voulait rien céder dans ses colonies. Neuf ans plus tard, en 1954, l’histoire locale a basculé avec le déclenchement de l’insurrection, de ce qui deviendra une guerre d’indépendance. La France mettra d’ailleurs très longtemps pour admettre officiellement l’expression guerre d’Algérie (loi du 18 octobre 1999). Malgré tout, depuis 1970, le mot guerre était employé dans les manuels scolaires.

De l’autre côté de la Méditerranée, rien n’est facile. Les fondateurs comme Messali Hadj, Ferhat Abbas, Krim Belkacem, Mohamed Boudiaf… ont été mis de côté. En 1992, une guerre civile a amené encore des drames dont ce pays n’avait pas besoin. À son tour, Abdelaziz Bouteflika qui en est à son troisième mandat, tente de réussir la réconciliation nationale. Sans rien occulter du passé, cet anniversaire est l’occasion de faire progresser un peu plus l’amitié et la compréhension entre deux peuples qui ne peuvent et doivent que s’entendre.

Jean-Paul

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 17:29

La république courtoise par Gérard Jacquemin aux Éditions Le manuscrit, 2005, 167 pages.

 

9782748164206.main.pngAnticipant sur ce qui pourrait arriver un jour sur notre planète, Gérard Jacquemin a écrit un roman de politique fiction qui débute avec Alfred, un employé EDF à la centrale du Blayais. C’est lui qui raconte. Un cataclysme a tout balayé après la tempête du 27 décembre 1999. la plupart des terres se retrouvent submergées et notre homme se réfugie dans les hauteurs des Pyrénées, sur l’île du Mont Canigou. Il se lie d’amitié avec Didier et ils tentent de réinventer un monde avec d’autres survivants qui se retrouvent au même endroit.

La vie s’organise, la société se structure. Quelques livres récupérés par hasard prouvent le rôle important qu’ils jouent dans une société. Tout au long de l’histoire, la disparition du livre est évoquée… et cela me fait penser qu’un gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’en augmenter la TVA, ce 1er avril 2012… Puis, l’auteur insiste sur la volonté des nouveaux dirigeants ayant mis sous leur coupe les terres émergeant des eaux, de supprimer totalement les livres, tous considérés comme subversifs.

La vie commence à bien s’installer avec toujours de nouveaux arrivants quand Alfred profite d’un bateau de passage pour quitter les Pyrénées, espérant aller au Tibet. Faisant halte en Suisse, il rencontre Leïla et, au niveau du récit, c’est elle qui prend le relais. Le lecteur continue alors à voyager et apprend que ce sont les Suisses qui colonisent les nouvelles terres émergeant des océans.

Petit à petit, on se rapproche de l’hémisphère sud mais ça va un peu vite. Trop de changements, cela empêche d’apprécier les lieux visités par Alfred et Leïla.

Enfin, ce sont leurs enfants, Aliénore et Guillaume qui occupent, quelques années après, la suite de l’histoire. Ils vivent dans la République Libre de Pensacola, sur le continent antarctique. Là-bas, sont mis en avant l’amour, l’altruisme et la courtoisie. Tout cela permet de retrouver une saine harmonie avec le corps. Hélas, toute cette société est menacée et les descendants de Leïla et Alfred doivent lutter pour préserver leur république courtoise.

Gérard Jacquemin, dans ce livre, ouvre quantité de pistes mais se contente hélas de les aborder souvent trop superficiellement. Son but étant d’arriver à la république courtoise, il escamote plusieurs périodes qu’il aurait été intéressant, pour le lecteur, d’explorer davantage. Cependant, le but atteint ne manque pas de faire réfléchir à l’époque que nous vivons et rêver à un futur plus fraternel.

 

Merci à Danielle et Guy de m’avoir donné la possibilité de lire La république courtoise, de Gérard Jacquemin.

Jean-Paul

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 12:48

Jean-Paul nous livre ses impressions concernant la pièce de théâtre proposée aux personnes détenues à Villeneuve-lès-Maguelone dans la Feuille d'Hector, hebdomadaire de la Maison d'arrêt.

Rue de Babylone, une leçon de vie

 

Il suffisait de se plonger dans l’excellence ambiance du verre de l’amitié offert par le Théâtre des 13 Vents dans le hall du centre socio pédagogique, après le spectacle, pour ressentir toute la satisfaction d’un public venu nettement plus nombreux que l’année dernière pour Thomas Chagrin.

 

En effet, c’est la seconde année que le Théâtre des 13 Vents (centre dramatique national Languedoc-Roussillon Montpellier) intervient dans la maison d’arrêt. Ne se contentant pas de venir jouer un spectacle, la troupe dirigée par Jean-Marie Besset et Gilbert Désveaux, son adjoint, conduit en même temps un atelier de pratique qui est très suivi. Cette année, l’atelier théâtre travaille sur Rue de Babylone, la pièce qui, justement, était jouée ce 22 mars.

 

Une installation impressionnante attirait aussitôt le regard d’un public installé de part et d’autre d’une entrée d’immeuble surélevée, un décor très original et fort bien agencé. Commence alors la rencontre entre un bourgeois qui rentre chez lui et un jeune SDF particulièrement vindicatif, agissant comme un parfait révélateur des travers et des trop grandes certitudes des gens dits installés. Bien sûr, notre homme, joué par un Alain Marcel excellent, se défend. Il est même persuadé de dominer ce pauvre garçon dont Julien Guil transcende le rôle. Le ton monte, les remarques fusent puis la pression retombe. La pièce semble toucher à sa fin quand, soudain, l’action rebondit et l’ensemble monte de plusieurs crans jusqu’à la révélation finale.

 

Très bien écrite par Jean-Marie Besset qui n’a pas manqué de faire allusion aux USA qu’il connaît bien, Rue de Babylone est une formidable leçon de vie émouvante et impressionnante à la fois. Comme l’a déclaré en préambule Madame Doutremepuich (directrice adjointe du SPIP de l’Hérault) : « Vous êtes privés de liberté mais pas de culture » et tous ceux qui ont savouré cette représentation étaient ravis d’avoir profité d’un moment unique comme seul le spectacle vivant peut en offrir…

Jean-Paul

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