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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:01

Nous vous proposons aujourd'hui un premier extrait de courrier écrit par Jean-Paul qui revient sur cette période de fêtes de fin d'année qu'il a dû passer loin de ses proches. Merci à André et Arlette qui nous ont spontanément envoyé leur courrier.

 

Premier extrait de la lettre écrite le 23 décembre 2011,

"Mon cher André,

Voilà que je m’apprête à passer mon second Noël en prison, moi qui n’aurais jamais dû connaître pareille épreuve aussi injuste. C’est un passage toujours délicat même si les quelques délices apportés par Ghislaine dans mon « colis de Noël », permettent de régaler les papilles. Les gourmandises les plus fameuses ne peuvent pas remplacer la chaleur familiale, les enfants et petits-enfants… J’espère que pour vous les fêtes se passent bien…. En tout cas, ta « baraque », comme tu l’appelles, est superbe. J’aime bien les maisons en pierre. Ouvrir ou fermer les volets chez soi, voilà un bonheur simple que l’on ne savoure jamais assez et que j’ai hâte de retrouver. Merci aussi pour la photo très sympa de la journée champêtre d’Arras. Son succès, comme celui de la récente assemblée générale, m’a beaucoup réconforté. Cette présence, cette mobilisation qui ne se dément pas, malgré le temps qui passe, sont des signes importants. Tous, vous m’aidez beaucoup à tenir le coup."

 

Jean-Paul

Extrait 2

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:01

Jean-Paul nous présente un livre dont il a eu le plaisir de rencontrer l'auteur, Jean-Christophe Parisot.

 

Préfet des autres de Jean-Christophe Parisot, Editions Desclée de Brouwer, 2011, 190 pages.

9782220063447FS.gifCertains, ici, se souviennent de sa venue, à deux reprises, dans le cadre de La caravane des 10 mots de l’atelier d’écriture, à l’invitation de Jean-Paul Michalet. Tous ceux qui ont participé à ces rencontres ont été très impressionnés par l’écoute de cet homme, Sous-Préfet chargé de mission à la Cohésion sociale et à l’Égalité des chances pour le Languedoc-Roussillon. Pourtant, malgré un passage récent dans l’émission de Thierry Ardisson,  Salut les Terriens, il était indispensable d’en savoir plus sur le combat admirable d’un homme obligé de vivre dans un fauteuil roulant, sous trachéotomie.

Dans Préfet des autres, Jean-Christophe Parisot fait partager sa vie et les différentes étapes d’une maladie qu’il a espéré, en vain, voir guérie. Il a 10 ans lorsque ses jambes l’abandonnent et qu’il doit regarder jouer ses camarades dans la cour de récréation. Peu à peu, la maladie gagne. Elle touche aussi ses deux sœurs. Voilà qu’on les déclare incapables d’apprendre une table de multiplication… Même en lisant attentivement ce livre, il est impossible de réaliser ce que représente sa vie au quotidien mais ce que le lecteur comprend, c’est la volonté extraordinaire qui l’anime, une volonté qui le pousse vers les autres.

Rapidement, le tri se fait entre les vrais et les faux-amis. Jean-Christophe Parisot l’écrit, il s’agit de "vivre libre ou mourir". Tout au long du livre, des exemples pris sur le vif, permettent de partager un peu toutes les vexations, toutes ces réflexions de ceux qui se disent valides mais considèrent le handicapé comme un être dégradé alors qu’il s’agit d’un état. Refus d’entrée au cinéma, remarques indélicates, les exemples ne manquent pas mais notre homme s’appuie sur son modèle : Jean Parisot, son grand-père mort en déportation en 1944. Les opérations successives et un traitement inhumain à l’hôpital ne l’empêchent pas de décrocher son Bac littéraire puis de réussir le concours d’entrée à Sciences- po Paris. Sans aucun moyen technique et humain pour l’aider, il est contraint de suivre les cours dans le hall puisqu’il ne peut pas accéder à l’amphi.

Marié à Katia, rencontrée à 16 ans, ils ont "quatre enfants merveilleux". Sa carrière débute à la mairie d’Amiens puis, peu à peu, il grimpe les échelons ne se contentant pas de sa vie de représentant de l’État. Il crée des associations de défense des malades mais ça ne suffit pas. Il se présente à deux reprises à l’élection présidentielle pour faire respecter les droits des personnes handicapées. Nommé Sous-Préfet du Lot, il n’hésite pas à visiter une prison pour aller à la rencontre des personnes détenues.

Il faut lire Préfet des autres, un livre que j’ai essayé de présenter bien trop imparfaitement, un livre qui tente de libérer notre pays des tentations de rejet et de mépris, prouvant, s’il en était besoin, que Jean-Christophe Parisot est un pionnier de la générosité et de la liberté.

Jean-Paul

Pour ceux que cela intéresse, voici un entretien accordé par l'auteur à TVsud en novembre 2011 :

                         
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:01

Elle fut bien longue, cette année 2011 et tant de choses se sont passées pour chacun d’entre nous. Dans plusieurs endroits dans le monde, il s’est passé des choses qui doivent nous faire réfléchir : constatant l’injustice et les humiliations qu’ils devaient subir, des femmes et des hommes se sont révoltés dans le monde entier : de Tunis à Rangoon en passant par Moscou et Homs, des gens sont morts pour leur liberté. Certains ont gagné, d’autres non. Mais partout, l’année 2011 restera comme celle des combats, celle où la vérité fut faite en de nombreux lieux dans ce monde.

 

L’actualité nous a montré que les combats, même perdus d’avance, valent toujours la peine d’être menés. Jean-Paul Degache a passé l’année 2011 en détention à Villeneuve lès Maguelonne où il n’a cessé de clamer son innocence. Son comité de soutien et le blog de ses amis et de ses proches ont rabâché, répété, ressassé sans relâche tous les éléments qui montrent qu’il est innocent, qu’une injustice a été commise. Se battre pour ses idées n’est jamais un combat perdu. Toute personne qui lit ce blog, qui écoute nos arguments, qui se prend à se dire que la vérité judiciaire n’est peut-être pas la vérité des faits est une petite victoire. La bataille judiciaire est terminée, mais le marathon de la communication durant la détention ne fait que commencer.

 

Alors s’il est l’heure de formuler des vœux pour cette année 2012, c’est que d’autres gens, de par le monde se battent contre l’injustice et fassent triompher la vérité. C’est que les amis et proches de Jean-Paul Degache soient toujours plus nombreux, toujours plus soudés, toujours plus persuasifs. C’est que là, quelque part, une personne connaisse le remord et admette qu’elle s’est emportée, qu’elle ne pensait pas que tout irait si loin…

 

Formulons également le vœu que Jean-Paul ne soit jamais vraiment seul, qu’il sache qu’il est soutenu, qu’i l y a du monde, dehors, qui l’attend.

 

Enfin, pour cette année 2012, formulons un vœu que se produise quelque chose d’impensable : que l'institution judiciaire de notre pays sache se remettre en cause, que l’on cesse la chasse aux sorcières, que l’on respecte la présomption d’innocence… et tellement d’autres choses.

 

Bonne année à toi Jean-Paul, bonne année à vous tous, nos lecteurs.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:01

La fin de l'année civile nous amène à faire un nouveau point sur la correspondance entretenue avec Jean-Paul. Comme vous pouvez le lire dans l'onglet "Informations" ci-dessus, Jean-Paul a déjà écrit 1169 courriers et en a reçu près de 2100 ! Si on regarde les chiffres de janvier 2010, on s'aperçoit que le nombre de courriers reçus au cours de cette année 2011 atteint presque le millier ! Si on rapporte cela au nombre de jours, on arrive à une moyenne légèrement inférieure à 3. A son nom, nous ne pouvons que vous remercier pour cette continuité dans ce soutien qui est un combat de tous les jours.

 

Regardons à présent le nombre de correspondants ainsi que leur localisation. En janvier 2010, Jean-Paul échangeait avec 451 personnes. Actuellement, ce nombre est de 548 soit 97 de plus ! Encore une fois, malgré les mois qui passent, le nombre de soutiens continue de s'accroître.

On constate également un élargissement au niveau de la localisation des correspondants. Le département ardéchois reste largement en tête avec près de 222 correspondants ; viennent ensuite les départements de la Drôme (91 correspondants), l'Isère (46), le Rhône (29), la Saône-et-Loire (22) et le Gers (15). En plus des correspondants français, Jean-Paul correspond avec des personnes de différents pays : 4 de Belgique, 2 de Chine, 2 du Burkina-Faso, 1 de Suisse, 1 du Portugal, 1 du Bénin et 1 du Brésil.

 

Légende :

Sans titre-copie-4

Nous allons enfin nous intéresser aux cartes postales reçues. Ce mode de correspondance a connu cette année un véritable succès lors de l'opération 500 jours. Au cours de celle-ci, Jean-Paul en a reçu 158. Depuis 2010, nous avons décidé  de reporter sur des cartes les lieux à partir desquelles elles étaient écrites. En voici le bilan :

 


Afficher Cartes postales françaises 2011 sur une carte plus grande

Afficher Cartes postales mondiales 2011 sur une carte plus grande
L'année se termine mais le combat continue. Redoublons d'effort pour que le courrier reçu par Jean-Paul continue d'affluer régulièrement. Nous ne lâcherons jamais !
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 00:01

Vers la disparition de l’hôpital public (Éditorial du vendredi 16/12/2011)

 

Au début de ce mois de décembre, quelle ne fut pas notre surprise d’entendre que 40 000 médecins hospitaliers devaient récupérer deux millions d’heures de RTT, ces jours de repos accordés dans le cadre de la mise en place des 35 heures. Ce total astronomique représente environ six mois de repos pour chacun ! Le contrat épargne temps (CET), mis en place en janvier 2002, expire le 3 janvier. Il y a donc urgence et aucune solution ne semble satisfaisante, sauf à toucher à la qualité des soins. Si l’on voulait payer tous ces jours de congés non pris, il faudrait trouver entre 600 et 700 millions d’euros plus d’autres centaines encore pour les autres personnels soignants car les médecins ne sont pas les seuls concernés.

Pour le ministère, c’est à chaque hôpital de trouver la solution et un décret devrait bientôt plafonner le CET à 60 heures au lieu de 200 jusqu’à aujourd’hui. Chacun est en droit de se demander pourquoi on a tant attendu pour s’attaquer à ce grave problème. Il y aurait bien la solution de remplacer les médecins partant en congé mais il y a déjà pénurie de toubibs et des postes ne sont pas pourvus dans de nombreux hôpitaux. Quant à convertir ce temps en compte épargne retraite, c’est difficile à envisager par les temps qui courent…

Devant un problème aussi épineux, il est indispensable de se poser la question de la survie de l’hôpital public en France. D’ailleurs, existe-t-il toujours ? Sous l’influence des Agences régionales de santé (ARS), chaque directeur d’hôpital est obligé de parler rentabilité, concurrence et parts de marché. Bientôt, les médecins et les infirmières seront rémunérés à la performance sous l’influence d’une administration soucieuse avant tout d’économie et de rentabilité. Ainsi, les professionnels du monde hospitalier sont remplacés par des experts et des consultants.

Tout cela n’est guère rassurant pour les malades qui vont se trouver de plus en plus confrontés à la loi du marché et à la technocratie. Ce n’est pas en industrialisant les soins que l’on pourra donner satisfaction à la population car l’éthique médicale ne peut se satisfaire d’une tarification à l’activité. La situation est plus qu’inquiétante et la complexité du problème fait que l’information peine à filtrer. Une évolution du statut de praticien hospitalier est actuellement en préparation. Médecins, pharmaciens et dentistes des hôpitaux publics seraient rémunérés avec une part fixe complétée par une part variable conditionnée par la réalisation d’objectifs fixés par la direction.

Pouvons-nous accepter de voir l’hôpital public devenir une entreprise ? Voir les praticiens devenir des « producteurs de soins » est inacceptable. La santé des gens n’est pas une marchandise, il est temps que nous affirmions cela de plus en plus. Pourquoi chacun ne passerait-il pas au crible les programmes des candidats aux prochaines élections présidentielles afin de savoir ce qu’ils proposent en ce domaine comme dans d’autres tout aussi vitaux comme l’éducation et la culture ?

 

Les chiffres de la semaine

 

73 universités, sur 83, sont devenues autonomes. Les 10 dernières le seront en 2012.

 

En 1971, le ministère de la Défense avait décidé d’annexer 14 000 hectares de terres supplémentaires afin d’agrandir le camp militaire du Larzac.

 

107 familles exploitant ces terres étaient concernées.

 

Après les élections de 1974, 70 000 personnes se sont rassemblées sur le plateau du Larzac pour s’opposer au projet du gouvernement. Leur lutte a été couronnée de succès.

 

301 cylindres de déchets nucléaires vitrifiés provenant des centrales allemandes ont été transportés par chemin de fer, de La Hague à Gorleben, en Allemagne. Chaque cylindre pèse 500 kg.

 

15 millions d’euros, c’est le montant de la réduction de la dotation de France Télévisions pour 2012.

Toutes les chaînes sont touchées par cette réduction, comme Radio-France, l’audiovisuel extérieur, Arte et l’INA.

 

Jean-Paul

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:01

Voici un deuxième extrait de la lettre destinée à Charlotte, personne devenue amie depuis l'injuste condamnation de Jean-Paul en 2008.

 

1ère Partie


J’ai beaucoup aimé lire et relire « La roue tourne », un texte qui m’a bien fait sourire mais aussi m’a fait penser à ce que je vis… Merci pour tes explications et commentaires à propos de ton travail d’écrivain. J’espère que tu es venue à bout de la « La semaine interdite » et que tu as trouvé un éditeur. Si ce n’est pas le cas, je le souhaite de tout cœur. Pour la chaleur, j’ai eu la chance d’avoir un été assez modéré, pourri pour les touristes. Les deux périodes de forte chaleur, en juin et fin août-début septembre, m’ont bien suffi. En fait, depuis que j’ai commencé à travailler comme auxiliaire au centre scolaire, je n’ai pas arrêté. J’ai toujours de quoi m’occuper entre ménage, rangement et bibliothèque. Oui, j’ai assisté à plusieurs bagarres et je sais que dans les deux autres cours, cela arrive fréquemment. Ce sont les plus jeunes qui sont souvent les plus violents. Je sais que je côtoie régulièrement des hommes qui ont tué, violé, volé, trafiqué. Certains peuvent être très sympas. D’autres sont carrément désagréables. Il ne se passe pas une journée sans qu’on me demande du tabac. Je suis heureux de ne pas fumer parce que c’est un esclavage ruineux et dangereux.


Maintenant, je m’apprête à vivre mon second Noël en prison et tu comprends la souffrance que je ressens. Normalement, je devrais revoir mes petites filles mais cela n’a rien à voir avec la fête familiale que j’appréciais tant. J’espère que ton travail se passe bien et je te souhaite un bon Noël et de joyeuses fêtes de fin d’année.


Jean-Paul

 

Pour les personnes intéressées, voici les deux articles réalisés par Jean-Paul chroniquant les nouvelles écrites par Charlotte :

- A jamais et de tout temps - Trois cents secondes

- Adrien Poche

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:01

Alors que les fêtes de fin d'année débutent ce samedi, nous vous proposons de retrouver des nouvelles de Jean-Paul à travers un courrier envoyé à Charlotte. Nous la remercions vivement de nous avoir transmis cette lettre afin d'en publier quelques extraits.

 

 

Extrait de la lettre du 12 décembre 2011,

 

Ma chère Charlotte,

 

Me revoici enfin ! J’ai bien conscience de t’avoir bien trop fait attendre mais tu sais que c’est simplement la volonté de répondre une lettre digne de ce nom à chacun€ de mes correspondant(e)s. Si cela peut me faire pardonner, sache que tu fais partie des amis auxquels je dis « bonne nuit » chaque soir, après avoir fait le tour de ma famille. J’ai pris cette habitude dès ma première nuit, à Nîmes, pour me donner du courage et de l’espoir et tu es venue t’ajouter naturellement au début de cette année, je crois.


J’avais bien reçu ta superbe carte de la place Bellecour le 28 juin dernier pour m’aider à supporter ce nombre incroyable de 500 jours passés en prison alors que je n’ai jamais commis les horreurs inventées sur mon compte et que j’ai été condamné sans la moindre preuve. Moi aussi, j’aime bien ce site magnifique qui a encore dû voir une foule très dense pour les illuminations. En 2007, avec Ghislaine, nous avions pris un bon bain de foule grâce à nos amis de Vénissieux. Je sortais, depuis un mois à peine, de 52 jours d’incarcération et j’espérais bien voir mon innocence enfin reconnue. Puis il y a eu ta longue lettre reçue le 23 août avec cette belle photo de la côte bretonne. Avec mon retard, hélas, certaines de tes questions ne sont plus trop d’actualité mais je vais essayer de te répondre. Pour le décès de mon avocat, Maître Bernard Vesson, tu l’as bien compris, cela m’a beaucoup choqué parce que c’était quelqu’un qui m’a accompagné depuis 1997. Si Maître Rault avait amené un souffle nouveau, je dois reconnaître que mon avocat ardéchois avait eu des idées très concrètes permettant de prouver que ce qui était raconté à mon sujet ne pouvait pas se produire. Ce qui a été écrit à son sujet sur le blog était très juste. Hélas, maintenant, je n’ai plus besoin d’avocat puisque je ne peux plus qu’attendre une permission de sortie puis une liberté conditionnelle… lorsque je serai en centre de détention à Salon-de-Provence.

 

Jean-Paul

2ème Partie

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 09:02

Malicorne, Concert exceptionnel aux Francofolies 2010 de La Rochelle, Label Artstudio, mars 2011
 

Malgré leur promesse, ils ont cédé. C’est Gérard Pont, le directeur des Francofolies qui a fait craquer Gabriel et Marie Yacoub, Hugues de Courson, Laurent Vercambre et Olivier Kowalski, pour que le mythique groupe Malicorne se reforme exceptionnellement.

Bien que Hugues de Courson habite maintenant à Kuala Lumpur, les cinq vieux amis se sont retrouvés autour de Gabriel Yacoub. Démocratiquement, ils ont choisi les titres puis d’autres artistes les ont rejoints : Claire Diterzi, JP Nataf, Tété, Karl Zéro et le Quatuor. Trente ans après s’être disloqué, le groupe Malicorne a rejoué et la magie a fonctionné à nouveau. C’était le 15 juillet 2010 et heureux sont les privilégiés qui en ont profité ! Heureusement, il y a ce CD avec 14 titres : Nous sommes chanteurs de sornettes, Gavotte, Pierre de Grenoble, Marions les roses, Le luneux, La conduite, L’écolier assassin, Le Prince d’Orange, Voici la Saint-Jean, Margot, Bacchu Ber, Danse bulgare, Ma chanson est dite, J’ai vu le loup, le renard et la belette, plus, en bonus, Je resterai ici, Les choses les plus simples et un instrumental signé Le Quatuor.

 

Remettant au goût du jour des airs traditionnels sur le point d’être oubliés, Malicorne a imposé son style et surtout sa qualité. Puis il y a la voix pleine de sensibilité de Gabriel Yacoub que Marie vient transcender dans Marions les roses. Juste avant, une gavotte bien venue était venue rompre la grande tristesse ressentie à l’audition de Pierre de Grenoble.

Le concert commence par un aveu : Nous sommes chanteurs de sornettes  dont le premier couplet provient d’un chansonnier anonyme et qui a été publié en 1741. L’écolier assassin arrache des larmes avant que Le Prince d’Orange nous secoue pour un véritable hymne contre la guerre, magnifique vocal qui fait vibrer.

Puis les instruments reprennent leur place pour fêter la Saint-Jean, un traditionnel que Malicorne sait si bien interpréter. Margot fait partie des textes de Gabriel Yacoub rassemblés dans ce livre intitulé Les choses les plus simples (Christian Pinot, éditeur), un livre offert par Alain et Yvette et qui reste mon livre de chevet. La dédicace écrite par Gabriel Yacoub m’a beaucoup touché puisqu’il a noté : «Quelques mots de magie pour Jean-Paul, avec ma confiance et mon espoir pour 2011».

 

Je ne peux que lui adresser de très sincères remerciements ainsi qu’à Vincent qui a eu la bonne idée de m’offrir ce CD pour la Fête des Pères 2011.

Jean-Paul

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 09:43

Indifférence climatique (Éditorial du vendredi 9/12/2011)  

 

 Vagues de chaleur, périodes de sécheresse à rallonge, mini-tornades, la liste des évènements climatiques extrêmes s’étire au fil de l’année. Le choc passé, les conséquences absorbées, nous oublions jusqu’à l’épisode suivant. Pourtant, ces calamités naturelles se produisent de plus en plus souvent et mériteraient une prise de conscience en profondeur dans nos pays dits développés.

Au plus haut niveau, les conférences se succèdent. Une convention avait été signée en 1992, à Rio de Janeiro, par 190 états, lors d’un sommet de la Terre. En 1997, il y a eu le fameux protocole de Kyoto pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Depuis, malgré les efforts de quelques pays, on note un gros relâchement alors que la température moyenne de la planète est en hausse de 2° depuis 1880, date des premiers relevés de température. L’année 2010 a été une nouvelle année record pour la température moyenne, après 1998 et 2005. Les images que chacun a pu voir lors de certaines émissions télévisées prouvent que la fonte des glaciers s’accélère, que la calotte glacière au Groenland et en Antarctique ne cesse de diminuer et que, par conséquent, le niveau des océans est en hausse.

Jusqu’à maintenant, les catastrophes sérieuses semblaient bien lointaines mais elles se précisent de plus en plus, précédées par les évènements dont nous parlions plus haut. La seconde moitié du XXIe siècle s’annonce très difficile avec la pénurie de gaz et de pétrole, les conséquences du changement climatique sur l’agriculture et la pêche, les menaces qui pèsent sur les villes côtières et les grands deltas à cause de la submersion des côtes basses. Nous en sommes arrivés à un point tel que même l’arrêt brutal de toutes les émissions de gaz à effet de serre ne pourrait éviter la hausse de 2° de température.

Ce gaz carbonique dégagé par le secteur de l’énergie provient du carbone fossile (charbon, pétrole et gaz). Plus un pays se développe, plus il produit de gaz à effet de serre. Dans un pays comme le nôtre, on met en avant la filière nucléaire alors que son coût et ses conséquences sont largement et volontairement sous-estimés. Trop longtemps négligées et méprisées, les ressources en énergie renouvelable (eau, soleil, vent, etc…) devraient être l’objet de recherche et de développement avec les mêmes moyens que ceux déployés pour le nucléaire, par exemple. Alors, les solutions se présenteraient avec une évidence décisive. Il reste à chacun, dans tous les pays développés, à se convaincre que l’indifférence climatique risque de coûter très cher, devenant même une question de survie.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

 53 000 bénévoles ont été formés pour aider au passage à la Télévision numérique terrestre (TNT).

 

Ils ont effectué 334 000 interventions à domicile et répondu à des millions d’appels téléphoniques.

 

7 500 réunions d’information ont été organisées dans tout la France.

 

Ils ont distribué 28 millions de guides dans les boîtes aux lettres.

 

Le Languedoc-Roussillon regroupe 8 % de la population nationale.

 

Cette région possède 20 % des 1126 émetteurs qu’il a fallu numériser.

 

Le tsunami du Japon a causé de 5 à 20 millions de tonnes de débris qui dérivent dans l’océan Pacifique, vers Hawaï et le continent américain.

 

Jean-Paul

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:01

Nous vous proposons la chronique d'un nouvel ouvrage signé Sorj Chalandon proposé par jean-Paul.

 

Retour à Killybegs de Sorj Chalandon, Editions Grasset, 2011, 336 pages.

 

9782246785699.jpgAprès avoir dévoré Mon traître, il est indispensable et formidablement complémentaire de se lancer dans la lecture de Retour à Killybegs  (Prix du Roman de l’Académie française 2011).

Cette fois, c’est le traître qui parle. Tyrone Meehan raconte son enfance, son père, très dur avec ses enfants, puis sa mort brutale laissant une veuve, seule pour élever neuf gosses. Comme elle se retrouve sans ressources, sa mère décide de quitter Killybegs, en Irlande pour aller tenter de survivre de l’autre côté de la frontière en Ulster, l’Irlande du nord, grâce à la bienveillance d’un oncle. Tyrone a 16 ans et rencontre l’armée anglaise pour la seconde fois. Il assiste aux humiliations constantes dont sont victimes les catholiques qui refusent cette occupation. La vie quotidienne est décrite avec précision et le lecteur ne peut qu’être pris par l’émotion. Les protestants, descendants des colons britanniques, intimident puis agressent les familles irlandaises et c’est l’engrenage de la violence afin de les pousser à fuir. Tous ces traumatismes accumulés ne s’effaceront jamais. Tyrone s’endurcit, rentre chez les scouts de la République interdits aussi bien à Dublin qu’à Belfast. Sorj Chalandon qui connaît mieux que personne ce pays, nous livre des récits d’épisodes tragiques révélateurs de la haine incroyable opposant les deux communautés. Pendant la seconde guerre mondiale, on en arrive même à ce que l’IRA se réjouisse des difficultés des Britanniques face à Hitler…Pour ces combattants, tout ce qui affaiblit la Grande-Bretagne renforce l’IRA.

Le 3 janvier 1943, Tyrone est arrêté et sa mère est frappée à coups de crosse. Il a 17 ans et, après un tabassage en règle, connaît sa première cellule pour 28 mois. De nouveau arrêté le 16 mai 1957, il est libéré trois ans plus tard et devient lieutenant de l’IRA, se marie à Sheila Costello qui lui donnera un fils, Jack, en 1961. Tyrone parle aussi d’un ami français, luthier à Paris.

La tragédie ne fait que s’amplifier et ce serait trop long de tout détailler tellement ce livre fourmille d’événements pour nous amener au jour où il sera piégé. Lui qui avait toute sa vie pourchassé les traîtres, en est devenu un et tout le mérite de ce livre est de permettre de comprendre, sans excuser, cette plongée incroyable dans l’univers de la trahison, une histoire basée sur ce qu’a vécu Denis Donaldson qui est mort assassiné en avril 2006

En alternance avec ce récit, reviennent des séquences reliant à Mon traître et se passant en décembre 2006. Il va sans dire que tout s’éclaire mais que de sang et que de larmes       ! 

Jean-Paul

               


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