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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:01

Voici un deuxième extrait de la lettre destinée à Charlotte, personne devenue amie depuis l'injuste condamnation de Jean-Paul en 2008.

 

1ère Partie


J’ai beaucoup aimé lire et relire « La roue tourne », un texte qui m’a bien fait sourire mais aussi m’a fait penser à ce que je vis… Merci pour tes explications et commentaires à propos de ton travail d’écrivain. J’espère que tu es venue à bout de la « La semaine interdite » et que tu as trouvé un éditeur. Si ce n’est pas le cas, je le souhaite de tout cœur. Pour la chaleur, j’ai eu la chance d’avoir un été assez modéré, pourri pour les touristes. Les deux périodes de forte chaleur, en juin et fin août-début septembre, m’ont bien suffi. En fait, depuis que j’ai commencé à travailler comme auxiliaire au centre scolaire, je n’ai pas arrêté. J’ai toujours de quoi m’occuper entre ménage, rangement et bibliothèque. Oui, j’ai assisté à plusieurs bagarres et je sais que dans les deux autres cours, cela arrive fréquemment. Ce sont les plus jeunes qui sont souvent les plus violents. Je sais que je côtoie régulièrement des hommes qui ont tué, violé, volé, trafiqué. Certains peuvent être très sympas. D’autres sont carrément désagréables. Il ne se passe pas une journée sans qu’on me demande du tabac. Je suis heureux de ne pas fumer parce que c’est un esclavage ruineux et dangereux.


Maintenant, je m’apprête à vivre mon second Noël en prison et tu comprends la souffrance que je ressens. Normalement, je devrais revoir mes petites filles mais cela n’a rien à voir avec la fête familiale que j’appréciais tant. J’espère que ton travail se passe bien et je te souhaite un bon Noël et de joyeuses fêtes de fin d’année.


Jean-Paul

 

Pour les personnes intéressées, voici les deux articles réalisés par Jean-Paul chroniquant les nouvelles écrites par Charlotte :

- A jamais et de tout temps - Trois cents secondes

- Adrien Poche

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:01

Alors que les fêtes de fin d'année débutent ce samedi, nous vous proposons de retrouver des nouvelles de Jean-Paul à travers un courrier envoyé à Charlotte. Nous la remercions vivement de nous avoir transmis cette lettre afin d'en publier quelques extraits.

 

 

Extrait de la lettre du 12 décembre 2011,

 

Ma chère Charlotte,

 

Me revoici enfin ! J’ai bien conscience de t’avoir bien trop fait attendre mais tu sais que c’est simplement la volonté de répondre une lettre digne de ce nom à chacun€ de mes correspondant(e)s. Si cela peut me faire pardonner, sache que tu fais partie des amis auxquels je dis « bonne nuit » chaque soir, après avoir fait le tour de ma famille. J’ai pris cette habitude dès ma première nuit, à Nîmes, pour me donner du courage et de l’espoir et tu es venue t’ajouter naturellement au début de cette année, je crois.


J’avais bien reçu ta superbe carte de la place Bellecour le 28 juin dernier pour m’aider à supporter ce nombre incroyable de 500 jours passés en prison alors que je n’ai jamais commis les horreurs inventées sur mon compte et que j’ai été condamné sans la moindre preuve. Moi aussi, j’aime bien ce site magnifique qui a encore dû voir une foule très dense pour les illuminations. En 2007, avec Ghislaine, nous avions pris un bon bain de foule grâce à nos amis de Vénissieux. Je sortais, depuis un mois à peine, de 52 jours d’incarcération et j’espérais bien voir mon innocence enfin reconnue. Puis il y a eu ta longue lettre reçue le 23 août avec cette belle photo de la côte bretonne. Avec mon retard, hélas, certaines de tes questions ne sont plus trop d’actualité mais je vais essayer de te répondre. Pour le décès de mon avocat, Maître Bernard Vesson, tu l’as bien compris, cela m’a beaucoup choqué parce que c’était quelqu’un qui m’a accompagné depuis 1997. Si Maître Rault avait amené un souffle nouveau, je dois reconnaître que mon avocat ardéchois avait eu des idées très concrètes permettant de prouver que ce qui était raconté à mon sujet ne pouvait pas se produire. Ce qui a été écrit à son sujet sur le blog était très juste. Hélas, maintenant, je n’ai plus besoin d’avocat puisque je ne peux plus qu’attendre une permission de sortie puis une liberté conditionnelle… lorsque je serai en centre de détention à Salon-de-Provence.

 

Jean-Paul

2ème Partie

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 09:02

Malicorne, Concert exceptionnel aux Francofolies 2010 de La Rochelle, Label Artstudio, mars 2011
 

Malgré leur promesse, ils ont cédé. C’est Gérard Pont, le directeur des Francofolies qui a fait craquer Gabriel et Marie Yacoub, Hugues de Courson, Laurent Vercambre et Olivier Kowalski, pour que le mythique groupe Malicorne se reforme exceptionnellement.

Bien que Hugues de Courson habite maintenant à Kuala Lumpur, les cinq vieux amis se sont retrouvés autour de Gabriel Yacoub. Démocratiquement, ils ont choisi les titres puis d’autres artistes les ont rejoints : Claire Diterzi, JP Nataf, Tété, Karl Zéro et le Quatuor. Trente ans après s’être disloqué, le groupe Malicorne a rejoué et la magie a fonctionné à nouveau. C’était le 15 juillet 2010 et heureux sont les privilégiés qui en ont profité ! Heureusement, il y a ce CD avec 14 titres : Nous sommes chanteurs de sornettes, Gavotte, Pierre de Grenoble, Marions les roses, Le luneux, La conduite, L’écolier assassin, Le Prince d’Orange, Voici la Saint-Jean, Margot, Bacchu Ber, Danse bulgare, Ma chanson est dite, J’ai vu le loup, le renard et la belette, plus, en bonus, Je resterai ici, Les choses les plus simples et un instrumental signé Le Quatuor.

 

Remettant au goût du jour des airs traditionnels sur le point d’être oubliés, Malicorne a imposé son style et surtout sa qualité. Puis il y a la voix pleine de sensibilité de Gabriel Yacoub que Marie vient transcender dans Marions les roses. Juste avant, une gavotte bien venue était venue rompre la grande tristesse ressentie à l’audition de Pierre de Grenoble.

Le concert commence par un aveu : Nous sommes chanteurs de sornettes  dont le premier couplet provient d’un chansonnier anonyme et qui a été publié en 1741. L’écolier assassin arrache des larmes avant que Le Prince d’Orange nous secoue pour un véritable hymne contre la guerre, magnifique vocal qui fait vibrer.

Puis les instruments reprennent leur place pour fêter la Saint-Jean, un traditionnel que Malicorne sait si bien interpréter. Margot fait partie des textes de Gabriel Yacoub rassemblés dans ce livre intitulé Les choses les plus simples (Christian Pinot, éditeur), un livre offert par Alain et Yvette et qui reste mon livre de chevet. La dédicace écrite par Gabriel Yacoub m’a beaucoup touché puisqu’il a noté : «Quelques mots de magie pour Jean-Paul, avec ma confiance et mon espoir pour 2011».

 

Je ne peux que lui adresser de très sincères remerciements ainsi qu’à Vincent qui a eu la bonne idée de m’offrir ce CD pour la Fête des Pères 2011.

Jean-Paul

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 09:43

Indifférence climatique (Éditorial du vendredi 9/12/2011)  

 

 Vagues de chaleur, périodes de sécheresse à rallonge, mini-tornades, la liste des évènements climatiques extrêmes s’étire au fil de l’année. Le choc passé, les conséquences absorbées, nous oublions jusqu’à l’épisode suivant. Pourtant, ces calamités naturelles se produisent de plus en plus souvent et mériteraient une prise de conscience en profondeur dans nos pays dits développés.

Au plus haut niveau, les conférences se succèdent. Une convention avait été signée en 1992, à Rio de Janeiro, par 190 états, lors d’un sommet de la Terre. En 1997, il y a eu le fameux protocole de Kyoto pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Depuis, malgré les efforts de quelques pays, on note un gros relâchement alors que la température moyenne de la planète est en hausse de 2° depuis 1880, date des premiers relevés de température. L’année 2010 a été une nouvelle année record pour la température moyenne, après 1998 et 2005. Les images que chacun a pu voir lors de certaines émissions télévisées prouvent que la fonte des glaciers s’accélère, que la calotte glacière au Groenland et en Antarctique ne cesse de diminuer et que, par conséquent, le niveau des océans est en hausse.

Jusqu’à maintenant, les catastrophes sérieuses semblaient bien lointaines mais elles se précisent de plus en plus, précédées par les évènements dont nous parlions plus haut. La seconde moitié du XXIe siècle s’annonce très difficile avec la pénurie de gaz et de pétrole, les conséquences du changement climatique sur l’agriculture et la pêche, les menaces qui pèsent sur les villes côtières et les grands deltas à cause de la submersion des côtes basses. Nous en sommes arrivés à un point tel que même l’arrêt brutal de toutes les émissions de gaz à effet de serre ne pourrait éviter la hausse de 2° de température.

Ce gaz carbonique dégagé par le secteur de l’énergie provient du carbone fossile (charbon, pétrole et gaz). Plus un pays se développe, plus il produit de gaz à effet de serre. Dans un pays comme le nôtre, on met en avant la filière nucléaire alors que son coût et ses conséquences sont largement et volontairement sous-estimés. Trop longtemps négligées et méprisées, les ressources en énergie renouvelable (eau, soleil, vent, etc…) devraient être l’objet de recherche et de développement avec les mêmes moyens que ceux déployés pour le nucléaire, par exemple. Alors, les solutions se présenteraient avec une évidence décisive. Il reste à chacun, dans tous les pays développés, à se convaincre que l’indifférence climatique risque de coûter très cher, devenant même une question de survie.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

 53 000 bénévoles ont été formés pour aider au passage à la Télévision numérique terrestre (TNT).

 

Ils ont effectué 334 000 interventions à domicile et répondu à des millions d’appels téléphoniques.

 

7 500 réunions d’information ont été organisées dans tout la France.

 

Ils ont distribué 28 millions de guides dans les boîtes aux lettres.

 

Le Languedoc-Roussillon regroupe 8 % de la population nationale.

 

Cette région possède 20 % des 1126 émetteurs qu’il a fallu numériser.

 

Le tsunami du Japon a causé de 5 à 20 millions de tonnes de débris qui dérivent dans l’océan Pacifique, vers Hawaï et le continent américain.

 

Jean-Paul

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:01

Nous vous proposons la chronique d'un nouvel ouvrage signé Sorj Chalandon proposé par jean-Paul.

 

Retour à Killybegs de Sorj Chalandon, Editions Grasset, 2011, 336 pages.

 

9782246785699.jpgAprès avoir dévoré Mon traître, il est indispensable et formidablement complémentaire de se lancer dans la lecture de Retour à Killybegs  (Prix du Roman de l’Académie française 2011).

Cette fois, c’est le traître qui parle. Tyrone Meehan raconte son enfance, son père, très dur avec ses enfants, puis sa mort brutale laissant une veuve, seule pour élever neuf gosses. Comme elle se retrouve sans ressources, sa mère décide de quitter Killybegs, en Irlande pour aller tenter de survivre de l’autre côté de la frontière en Ulster, l’Irlande du nord, grâce à la bienveillance d’un oncle. Tyrone a 16 ans et rencontre l’armée anglaise pour la seconde fois. Il assiste aux humiliations constantes dont sont victimes les catholiques qui refusent cette occupation. La vie quotidienne est décrite avec précision et le lecteur ne peut qu’être pris par l’émotion. Les protestants, descendants des colons britanniques, intimident puis agressent les familles irlandaises et c’est l’engrenage de la violence afin de les pousser à fuir. Tous ces traumatismes accumulés ne s’effaceront jamais. Tyrone s’endurcit, rentre chez les scouts de la République interdits aussi bien à Dublin qu’à Belfast. Sorj Chalandon qui connaît mieux que personne ce pays, nous livre des récits d’épisodes tragiques révélateurs de la haine incroyable opposant les deux communautés. Pendant la seconde guerre mondiale, on en arrive même à ce que l’IRA se réjouisse des difficultés des Britanniques face à Hitler…Pour ces combattants, tout ce qui affaiblit la Grande-Bretagne renforce l’IRA.

Le 3 janvier 1943, Tyrone est arrêté et sa mère est frappée à coups de crosse. Il a 17 ans et, après un tabassage en règle, connaît sa première cellule pour 28 mois. De nouveau arrêté le 16 mai 1957, il est libéré trois ans plus tard et devient lieutenant de l’IRA, se marie à Sheila Costello qui lui donnera un fils, Jack, en 1961. Tyrone parle aussi d’un ami français, luthier à Paris.

La tragédie ne fait que s’amplifier et ce serait trop long de tout détailler tellement ce livre fourmille d’événements pour nous amener au jour où il sera piégé. Lui qui avait toute sa vie pourchassé les traîtres, en est devenu un et tout le mérite de ce livre est de permettre de comprendre, sans excuser, cette plongée incroyable dans l’univers de la trahison, une histoire basée sur ce qu’a vécu Denis Donaldson qui est mort assassiné en avril 2006

En alternance avec ce récit, reviennent des séquences reliant à Mon traître et se passant en décembre 2006. Il va sans dire que tout s’éclaire mais que de sang et que de larmes       ! 

Jean-Paul

               


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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 14:13

Mon traître de Sorj Chalandon, Editions Grasset, 2008, 275 pages.

                   

Mon-traitre.jpgDès le début du livre, Sorj Chalandon qui fut journaliste à libération et qui a effectué de nombreux reportages en Irlande du Nord et sur le procès de Klaus Barbie (prix Albert Londres en 1988), nous plonge dans l’ambiance. Le pub, la bière et la première rencontre avec Tyrone Meehan, « Mon traître », qui lui apprend à …pisser contre un mur sans éclabousser ses chaussures, le 9 avril 1977.

Au travers d’Antoine, ce luthier français qui découvre Belfast dix ans après les émeutes, l’auteur nous plonge dans la vie quotidienne en Irlande du Nord. Jim et Cathy l’accueillent chez eux. Denis, leur fils a été tué par un soldat britannique. Peu à peu, Antoine s’imprègne de l’ambiance, se lie d’amitié avec Tyrone Meehan, essaie de comprendre tous ces drames qui s’accumulent et cette lutte incessante entre deux communautés, les protestants soutenant l’occupant britannique et les catholiques. Il découvre la vénération dont bénéficie James Connoly, héros de la résistance irlandaise. Le récit est palpitant, vécu au plus près de la réalité.

Voilà que Tyronne est arrêté. Brusquement, le lecteur tombe sur le début de son interrogatoire par l’IRA, l’armée républicaine irlandaise, le 16 décembre 2006. C’est la révélation brutale : il trahissait son camp depuis 25 ans ! L’année de sa trahison, Bobby Sands menait, dans les geôles britanniques, une grève de la faim, jusqu’à la mort, le 5 mai 1981.

Dans ce livre, Sorj Chalandon pose la question primordiale de l’amitié. Tyrone Meehan était-il sincère ? Mon traître est un roman passionnant qui raconte une histoire vraie sous la forme d’une fiction. Il met en lumière une tragique période de l’histoire récente d’un pays voisin. Récemment, l’auteur a publié retour à Killybegs (Prix Renaudot 2011), un livre complétant idéalement Mon traître, un nouveau roman dont nous parlerons bientôt.

 

 

Jean-Paul

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 00:01

Il y a 15 jours, Jeanne, la petite fille de Jean-Paul, fêtait ses trois ans. Pour la deuxième année consécutive, elle a été séparée de son papi dont elle n'a pu recevoir qu'une carte d'anniversaire. Jean-Paul revient dans l'un de ses courriers à Ghislaine sur ce moment si difficile à surmonter !

 

Extrait de la lettre du 27 novembre 2011 :

 

"Que c’est dur d’être si loin de vous, de ne pas partager ces formidables moments familiaux marquant les premières années de nos petites-filles ! Pourtant, je vous ai presque vus à la télé. En tout cas, je vous ai fait de grands signes chaque fois qu’à l’image, on voyait les 3 tours de l’Ile verte et La Bastille, dans le fond… je t’explique. France 3 diffusait en direct, le match de Pro D2 (rugby) entre Grenoble et Bourgoin, le grand derby de l’Isère. Si ce match s’était disputé au stade Lesdiguières, comme d’habitude, j’aurais vu, en arrière-plan, la chaîne de Belledonne, comme je crois te l’avoir dit il y a quelque temps, pour un autre match. Cette fois-ci, ça se jouait au stade des Alpes et je pouvais voir, au loin la 3ème tour, celle qui est tout près de chez Simon… C’est pour ça que je vous faisais de grands signes chaque fois que ces tours apparaissaient à l’image. Ainsi, j’étais encore un peu plus avec vous moi qui y étais déjà par le cœur et la pensée…"

Jean-Paul

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:01

Spéculateurs affameurs (Éditorial du vendredi 02/12/2011)


9782021060560_1_75.jpgSur notre belle planète qui déborde de richesses, toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim et 37 000 êtres humains disparaissent chaque jour à cause du manque de nourriture. Dans leur brutalité, les chiffres dépassent l’entendement. Le scandale de la faim dans le monde est dénoncé depuis si longtemps que nous finissons par nous y habituer. Pourtant, la situation actuelle mérite une étude attentive comme celle réalisée par Jean Ziegler, professeur de sociologie à Genève et vice-président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Alors que l’agriculture mondiale pourrait nourrir douze milliards de personnes, les sociétés multinationales du secteur alimentaire bloquent les réformes agraires essentielles. De plus, les prix du maïs, du riz et du blé qui représentent 75% de la consommation mondiale, flambent comme quelques exemples permettent de le constater. Au cours des dix-huit derniers mois, le prix du maïs a augmenté de 93%. Une tonne de riz qui coûtait 105 dollars, en vaut maintenant 1 010 et le prix de la tonne de blé meunier (271 €) a doublé depuis septembre 2010. Pour quelle raison ? Tout simplement pour permettre aux spéculateurs de réaliser des profits astronomiques. Pendant ce temps, la nourriture est devenue trop chère pour les programmes d’aide d’urgence en Afrique.

Ce phénomène est relativement récent puisque c’est depuis 2008 que des fonds spéculatifs et de grandes banques spéculent sur les marchés des matières premières agricoles. Ces spéculateurs affament des populations entières et sont donc auteurs d’un véritable crime collectif.

Il serait temps de réaffirmer ce droit à l’alimentation inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme pour que ce droit élémentaire reprenne le dessus sur l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et le FMI (Fonds monétaire international), deux organisations qui travaillent pour le capitalisme financier et sont plus puissantes que la FAO (organisme onusien pour l’alimentation et l’agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial).

Ne nous étonnons pas alors si des insurrections paysannes enflamment l’Indonésie, les Philippines, le nord du Sénégal ou le Brésil. Il est urgent d’interdire la spéculation boursière sur les aliments de base ainsi que la destruction de centaines de millions de tonnes de plantes nourricières (agro carburants), de désendetter les États les plus pauvres et surtout de rendre la terre aux paysans.

 

Les chiffres de la semaine

 

6 millions de personnes ont vu « Intouchables », le film d’Éric Toledano et Olivier Nakache, en moins de trois semaines.

 

Omar Sy a perdu 10 kg en jouant le rôle de Driss dans « Intouchables », avec François Cluzet.

 

Les taxes sur les opérations boursières internationales (0,001% en moyenne) rapporteraient 12 milliards d’euros à la France.

 

125 milliards d’euros manquent dans les caisses des pays pauvres à cause des paradis fiscaux.

 

Les hommes estiment que 58% des femmes n’ont pas le sens de l’orientation.

 

Quant aux femmes, elles sont 54% à penser qu’un homme ne peut pas être multitâche.

Jean-Paul

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 00:01

Jean-Paul évoquait dans une de ses précédentes lettres les probèmes concernant l'accessibilité du téléphone. Aujourd'hui, nous vous proposons d'autres extraits de sa correspondance avec Ghislaine sur ce quotidien traumatisant... La lettre a été écrite cette semaine.

 

Extraits:

« Hier matin, j’ai senti combien l’affluence, à l’assemblée générale de la veille, t’avait apporté de réconfort. Pour moi, c’est moins direct mais te sentir revigorée non seulement par la présence de tous ces vrais amis mais aussi par ce que tu as entendu, me fait beaucoup de bien. Cela m’aide beaucoup à tenir, à RÉSISTER.

[...]

Juste avant j’avais mis la lumière comme un détenu me l’avait conseillé, pour demander d’aller prendre une douche. Seulement, c’était un jeune surveillant n’ayant pas trop l’habitude de notre étage et j’ai dû plaider ma cause en lui expliquant que, depuis vendredi, ça commençait à faire long…et il a accepté. Je peux te dire que ça fait vraiment du bien. Ça  a été un peu long pour faire venir l’eau chaude mais, au bout d’un moment, ça a été bon. Tu vois que même pour l’hygiène de base, ce n’est pas très évident. Auparavant, dans l’après-midi, au cours de la promenade où j’aurais pu être, il y a eu une ambiance détestable. Les quatre mineurs, encouragés par des cris et des insultes venant du deuxième étage, s’en sont pris à un gars du premier, un gars que je n’avais jamais vu. Apparemment, il était la cible de beaucoup de monde. Plutôt jeune, il répliquait, lançant lui aussi des cailloux. Dans ces cas-là, je suis bien content de n’être pas en bas, dans la cour. Comme tu le sais, en prison, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Après le drame de samedi matin dont nous avons du mal à nous remettre, la vie a repris mais, hier soir, lorsque j’entendais certains jeunes hurler, faire les andouilles comme d’habitude, je trouvais ça plutôt indécent. Un jeune de 23 ans qui se supprime1, c’est toujours très difficile à comprendre surtout que j’ai appris qu’il devait être libéré dans dix jours…»

Jean-Paul

1Pour information, il s'agit du 88ème détenu à mourir en prison cette année...

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:01

Ce vendredi, lors de l'Assemblée Générale du comité de soutien, le premier point abordé concerna les nouvelles de Jean-Paul. Malgré le fait qu'il soit toujours aussi fort mentalement, il est indéniable que ses conditions de détention se sont dégradées depuis quelques semaines pour plusieurs raisons. Il nous décrit ce changement au sein de la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone lors du parloir hebdomadaire mais aussi dans ces lettres.

 

Aujourd'hui, nous vous proposons ainsi un extrait de la lettre du 26 novembre destinée à Ghislaine, dans laquellle il nous raconte l'une de ses difficultés : l'accès au téléphone. Pour rappel, celui-ci n'est possible que lors des promenades en journée puisque les "cabines" sont à l'extérieur. Jean-Paul travaillant toute la semaine, il ne peut y accéder que le week-end... Mais depuis peu des travaux ont débuté et les horaires des promenades décalées. Les téléphones étant réglés sur l'horaire habituel, la modification technique n'a pas été faite par l'administration pénitentiaire. La suite nous est racontée par Jean-Paul :

 

Extrait :

« Comme je te l’avais laissé entendre, il m’a été impossible de te rappeler ensuite, ce matin. C’est quand même dingue que le temps pour téléphoner ne soit pas adapté au temps de promenade ! Je l’avais signalé par courrier il y a quinze jours, lors du premier changement d’horaire mais ma lettre a dû passer au panier. Ce matin, non seulement notre temps de promenade est amputé de près d’une demi-heure mais le téléphone n’a fonctionné qu’un quart d’heure au début et un quart d’heure à la fin. Quand je t’ai laissée, j’ai continué à surveiller les deux postes tout en marchant au soleil. Tout à coup, je les ai vus disponibles tous les deux. Il y avait bien trois gars en discussion devant mais j’y suis allé quand même, plein d’espoir… Hélas, c’était trop beau pour être vrai. Il y avait « sleep » d’affiché sur le cadran. Quand ça a remarché, ceux qui n’avaient pas pu téléphoner dans le premier quart d’heure, ont squatté les appareils et je n’ai pas pu t’appeler à nouveau, hélas. Le plus râlant, c’est qu’en quittant la cour, lorsque je suis passé devant les téléphones, ils étaient actifs… Enfin, je regrettais encore moins d’avoir assuré tout de suite, sans attendre, en arrivant dans la cour. J’avais pu te rassurer et te dire combien je t’aime et que, demain, je penserai très fort à vous, réunis autour de notre grande Jeanne adorée, le jour de ses 3 ans. Cela me renvoie immédiatement à sa naissance, lorsque nous étions à la maternité, aux côtés de ce petit bout de chou et de Pauline et Simon. J’avais été scandaleusement privé de la naissance d’Emma en 2007 mais, cette fois, j’espérais bien voir grandir notre seconde petite-fille sans interruption. Hélas…je n’ose même pas espérer être avec vous l’an prochain.»

Jean-Paul

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