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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 23:01

Cette semaine, il nous paraît indispensable de revenir sur l'affaire Sécher dont l'épilogue judiciaire a eu lieu vendredi dernier et qui s'est traduit par l'acquittement de l'accusé injustement condamné. Ainsi, nous vous proposons d'analyser les défaillances de l'institution judiciaire et de les mettre en parallèle avec l'affaire de Jean-Paul Degache.

 

 

Pascale Robert-Diard avait écrit dans "Le Monde", le 14 avril 2010, un poignant article sur Loic Sécher, quelques jours avant un premier examen de son dossier par la Cour de révision.

 

Cet article, nommé « les dangereuses vérités d’Emilie » et dont nous reproduisons quelques lignes nous montre plusieurs éléments caractéristiques de ce type d’affaire, qu’évidemment, on retrouve chez Jean-Paul Degache.

 

D’abord, une affaire sans preuves, où c’est « parole contre parole », ensuite, un coupable idéal, ici, le marginal du village, là, le directeur d’école très exposé…

 

Ensuite, des accusatrices qui ont déjà accusé à tort des hommes d’abus sur elles… des versions qui varient et qui évoluent.

 

Enfin, des experts qui à aucun moment ne jouent leur rôle en prenant un minimum de recul, persuadés que la parole de l’accusatrice est sacrée, et que les variations, les accusations précédentes renforcent leur crédibilité !

 

On pourrait ajouter une instruction à charge menée par des enquêteurs dépassés, trop impressionnés par ce qui s’avère être « l’affaire de leur vie » et des éléments à décharge tellement évidents qu’ils sont ignorés.

 

Pourtant, quelques journalistes en ont parlé, un peu, ont souligné les dysfonctionnements de l'institution judiciaire, son emballement… mais qu'en restera-t-il dans quelques semaines, dans quelques mois ?

 

L’ennemi de la justice reste le lieu commun, l’évidence, le jugement à l’emporte pièce et l’avis systématique des observateurs doublé d’une capacité à s’émouvoir et à s’outrer quasiment automatique à la moindre affaire. Là où la règle de droit devrait être respectée, ici le doute qui doit profiter à l’accusé, là, la présomption d’innocence, ailleurs, l’instruction à charge ou à décharge, on se retrouve avec des raisonnement complètement viciés, des raccourcis, des pressions qui finissent par conduire des innocents en prison, Loïc Sécher, Dominique Wiel, Jean-Paul Degache… et combien d’autres encore ?

 

A suivre...

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 23:01

Jean-Paul continue de rédiger l'éditorial de La Feuille d'Hector, journal de la prison. Chaque semaine, il alimente ainsi les colonnes de cet hebdomadaire destiné aux détenus et aux personnes extérieures.

 

Une formidable exigence d’équité (Éditorial du 17/06/2011)

 

Puerta del Sol, Catalunya (photo ci-dessous), Syntagma mais aussi Bastille, Comédie, Bellecour, Capitole et bien d’autres encore, ces places célèbres de Madrid, Barcelone, Athènes, Paris, Montpellier, Lyon, Toulouse reprennent l’écho de la place Tahrir du Caire avec ces rassemblements de jeunes et de moins jeunes Indignados inspirés par le fameux ouvrage de Stéphane Hessel : Indignez-vous ! 

L’exemple espagnol, repris ailleurs, mérite que l’on s’attarde sur ces foules immenses qui protestent contre l’injustice sociale, le chômage et la précarité. La non-violence et l’auto-organisation ainsi qu’un souci permanent d’éviter le désordre et la provocation caractérisent ces Indignés qui savent se mobiliser en utilisant les réseaux sociaux. Les seules violences relevées ont été causées par la police lorsque, par exemple, il lui fut ordonné d’évacuer la place de Catalunya, à Barcelone, afin d’installer un écran géant pour que la foule suive la finale de la Ligue des Champions…

Ces mouvements qui se veulent asyndicaux et apolitiques protestent contre l’oligarchie, contre le pouvoir de l’argent et pour un partage effectif des richesses. Certains réclament la mise en place d’une assemblée constituante pour refonder le système politique. Lorsque des cahiers de doléances ont été ouverts, on réclame des services publics forts, la régulation des marchés financiers, la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires et revient sans cesse la lutte contre la précarité, contre les politiques d’austérité et pour l’intérêt général.

De nombreux militants des partis de gauche comme des mouvements écologistes et libertaires sont présents dans ces rassemblements mais il est difficile d’envisager la suite parce que les solutions proposées par les grands partis traditionnels semblent usées jusqu’à la moelle. Quelle réaction auront-ils devant tous ces jeunes surdiplômés et sans travail ? Le poids de la finance est tel que ce sont les plus humbles qui paient la note de la crise boursière. Quantités d’entreprises sont vendues puis ferment parce que les actionnaires estiment ne pas toucher assez de dividendes. Cette logique-là peut-elle être renversée par une grande révolte citoyenne ? Les Indignados nous montrent la direction alors que l’alternance politique traditionnelle ne semble qu’une simple farce. Ceux qui méprisent ou ignorent les Indignés feraient bien de réagir parce que ce mouvement peut se poursuivre et nous surprendre. À suivre…

 

Les chiffres de la semaine

 

40 % des enfants d’origine française obtiennent le baccalauréat.

 

46 % des enfants de familles immigrées réussissent le bac.

 

70 000 personnes sont hospitalisées chaque année contre leur gré.

 

15,8 millions d’euros constituent le budget du Montpellier Hérault Rugby (Toulouse : 29,53 millions d’euros).

 

Jean-Paul

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 23:01

Docteur Cole, Une femme médecin de campagne

de Noah Gordon, Le Livre de Poche, 2003, 1996 pour la première édition, 378 pages.

 

Après avoir lu et beaucoup aimé Le médecin d’Ispahan et Shaman, livres que Valérie m’avait fait découvrir, il me restait à lire le troisième volet de l’œuvre de Noah Gordon qui rend hommage au monde médical à travers les âges.

 

Cette fois-ci, l’action se passe à l’époque actuelle, il y a quelques années, et se situe aux Etats-Unis. Le Docteur Roberta J. Cole est une juriste devenue médecin généraliste travaillant dans un hôpital et en même temps pour le planning familial. Son mariage avec Tom bat de l’aile et celui-ci, d’ailleurs, ne tarde pas à demander le divorce. Malgré la promesse d’une promotion interne très intéressante, RJ Cole n’est guère attirée par cela. Malgré les menaces qui se font de plus en plus précises de la part des ligues anti-avortement, elle continue son activité au planning familial.

 

Alors qu’elle est allée dans les montagnes pour vendre une ferme acquise pour quelques vacances, le hasard d’une urgence lui fait découvrir le besoin vital d’un médecin pour tout un territoire qui n’en a pas. Tout au long du récit, l’auteur réalise un véritable plaidoyer pour l’assurance maladie et spécule même sur Bill Clinton pour la mettre en place. Nous savons aujourd’hui que, non sans d’immenses difficultés, c’est Barack Obama qui le fera.

 

Ce livre est une véritable étude de la société nord-américaine avec ses valeurs mais aussi, et surtout, ses défauts. L’histoire va et vient avec parfois peu d’intérêt puis, tout-à-coup, la peur revient, s’en va et l’on tombe sur un épisode savoureux, excellemment décrit. Tout ce que peut être amené à faire un médecin de campagne et ne risque pas d’arriver à un toubib qui exerce en ville ou dans un hôpital nous amène à une très belle conclusion pleine d’optimisme.

 

Jean-Paul

 

Merci à Valérie de m’avoir permis de lire toute cette histoire et d’apprécier un auteur que je ne connaissais pas.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 23:01

Hier matin, nous avons reçu un courrier de Jean-Paul dans lequel il faisait le point de toutes les cartes postales reçues. Voici un extrait de sa lettre :

 

Lettre écrite par Jean-Paul le lundi 20 juin 2011

 

"Je vous fais un premier bilan de cette opération 500 jours qui est réussie. Une de plus. Bravo !!! Je ne vous dirai jamais assez tout ce que je vous dois, jamais je ne vous remercierai assez fort pour ce que vous faîtes pour moi, pour nous. C’est tellement précieux.

 

Ce soir, avec les 18 cartes reçues aujourd’hui, on en est à 120 mais ça risque de continuer un peu encore, j’espère. Du coup, le total du courrier reçu a fait un grand bond. J’en suis à 1601 alors que j’ai écrit à 842 reprises. Surtout, j’ai recensé 34 nouveaux correspondants que j’ai regroupés en départements : 7 du Gers, 6 de Haute-Garonne, 5 d’Ardèche, 5 de Drôme, 5 de Saône-et-Loire, 2 de l’Hérault, 1 du Pas-de-Calais, 1 des Yvelines et 1 de l’Isère.

 

Je vous fais parvenir une première partie de la liste des provenances des cartes. […]

 

Voilà, je m’arrête là provisoirement. Il y a encore une bonne liste mais il est trop tard et je vais essayer de dormir malgré tous les bruits parasites…"  


Jean-Paul

 

Nous consacrerons un nouvel article à cette opération dès que nous aurons la liste complète des provenances des cartes postales. Encore merci à vous tous qui avez répondu à notre appel.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 23:01

Nous continuons de vous proposer une partie des propos tenus par l'avocate de Jean-Paul, Maître Rault, après le scandale d'Outreau sur les perspectives du système judiciaire français. Avec les affaires Iacono, tout juste remis en liberté, ou Loïc Sécher pour les plus médiatisées, on s'aperçoit que peu de choses ont évolué dans le fonctionnement de l'institution judiciaire française. On pouvait lire hier dans le cadre du proçès Sécher que le ministère public descendait l'enquête initiale de gendarmerie. Facile de faire cela lorsque l'accusatrice retire ses accusations mais n'attend-on pas que ces "professionnels" arrivent à déceler le vrai du faux dès les prémices de l'enquête. Quand on voit comment l'enquête a été diligentée pour l'affaire de Jean-Paul, on prend peur : des gendarmes inexpérimentés, des enfants interrogés seuls sans leurs parents, des expertises plus que douteuses... Mais en aucun cas, cette instruction n'a été remise en cause une seule fois lors des deux procès...

 

1ère Partie :

 

"La justice n’aime pas être mise en cause, elle qui accuse si facilement. Le contrecoup d’Outreau risque d’être inverse aux attentes des justiciables. La justice a fait son mea-culpa. Maintenant elle risque de faire en sorte d’être moins facilement critiquable.  

 

Finalement rien ne change, on continue d’instruire tout autant à charge, ce que pourtant chacun déplore. La responsabilité des magistrats a été d’actualité. Elle ne l’est plus. Sans doute ne faut-il pas s’emballer sur cette question difficile et ce n’est peut être pas une si bonne idée finalement. Il faut que la justice puisse être rendue normalement et que les règles puissent être appliquées. Il ne s’agit pas de délégitimer l’action du juge mais plutôt de s’interroger sur le rôle que l’on assigne à la justice et particulièrement au procès pénal. Il faut aussi s’interroger sur la pertinence de certaines de nos règles de procédure. Par exemple comment pouvons-nous exiger d’un juge qu’il soit convaincu d’une chose et de son contraire ? Instruire à charge et à décharge peut s’avérer complexe car il faudrait pouvoir faire preuve d’un tel degré de neutralité, d’objectivité, d’impartialité que la mission est peut-être impossible.

 

Je n’ai pas de formule magique. Je ne crois pas à la multiplication des juges d’instruction pour les affaires compliquées. Toutes les affaires sont compliquées si on veut les traiter sérieusement, sans rien omettre. Et puis trois juges peuvent se tromper, voire ne pas instruire correctement comme un seul homme. En revanche Outreau n’a pas été la première occasion de constater que la procédure inquisitoire qui est la nôtre avait vécu. Il serait grand temps d’en tirer définitivement les conséquences et de passer à autre chose. Les choses seraient plus claires s’il y avait de véritables accusateurs et des droits de la défense élargis, dignes de ce nom, comme c’est le cas avec la procédure anglo-saxonne. Elle n’est pas parfaite, mais en tout cas, elle permet un débat plus contradictoire à armes plus égales. A-t-on intérêt à accabler un suspect ou à connaître la vérité ? Ça c’est aussi une vraie question.

 

L’attitude face aux victimes doit également nous interroger. A la dictature de l’émotion, omniprésente dans toutes ces affaires, s’ajoute la dictature des victimes. La victime doit se reconstruire, la victime doit être reconnue, comme si le procès pénal constituait une thérapie !

Penser le procès pénal de cette manière revient à le dévoyer, à le détourner des fonctions qui sont assignées pas notre législation.

 

La justice pénale n’est pas faite pour réparer les gens, mais pour caractériser des infractions et pour les réprimer. A cette occasion il lui arrive de réparer des dommages mais il ne faudrait pas inverser l’ordre des choses et lui assigner des missions thérapeutiques qui ne sont pas les siennes et pour lesquelles elle n’a aucune compétence.

 

Chacun doit assurer son rôle et rester à sa place. Ce n’a pas été le cas à Outreau. Ce qui s’est passé à Outreau, en direct en raison de cette importante médiatisation, se produit ailleurs en France. Il faudrait qu’Outreau ne soit pas simplement une bavure de plus. Il faudrait que ça serve vraiment à changer les choses. Ce n’est qu’à ce prix que nous irons vers une justice de qualité et seulement à cette condition que pourra être restaurée son image dans l’esprit des justiciables."

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 23:01

Nous publions régulièrement des extraits de courriers afin de vous donner des nouvelles de l'état psychologique et physique de Jean-Paul. Nous vous proposons aujourd'hui deux extraits recueillis dans des lettres destinées à Ghislaine, son épouse, qui permettent d'insister sur la réalité de sa vie quotienne et les difficultés de l'univers dans lequel il a été plongé injustement.

 

 

Lettre du 5/06/2011 :

 

…« J’espère que vous êtes bien rentrés hier après-midi sans être trop gênés par la pluie. Ici, je ne sais pas si c’est le temps orageux mais la nuit a été très pénible, peut-être une des plus pénibles depuis que je suis ici. Ça a commencé assez tard, après 23 h et ça a été infernal jusqu’à environ 2 h du matin. Ils criaient presque tous, hurlaient, tapaient : une vraie maison de fous ! j’ai réussi à faire tenir mes bouchons d’oreilles mais pas complètement enfoncés. Ça assourdissait mais j’entendais tout. »…

 

Lettre du 12/06/2011 :


…« Lundi 13 : la journée se termine. Il y a eu un orage assez lointain et ça s’est traduit, ici, par quelques gouttes. Maintenant (19h30), le ciel s’est dégagé. Ce matin, je suis sorti en promenade et ça s’est bien passé. A partir de 9h30, il a commencé à faire chaud, le soleil ayant chassé les nuages. Tout à coup, alors que je marchais avec J., j’ai remarqué des traînées noires au-dessus de la fenêtre de la cellule où était Y.. Celui-ci n’était pas dehors, bien sûr. C’est alors que j’ai appris que ce détenu avait mis le feu à sa cellule et avait été brûlé au second degré aux mains et au visage, sûrement ailleurs…il est à l’hôpital. Il y a longtemps que je ne l’avais pas croisé. On m’a expliqué qu’il allait mal depuis quelque temps et qu’il était très fâché contre la société gestionnaire de la télé et du frigo. Il aurait jeté sa télé par terre parce qu’après réception d’un mandat peu important, il ne lui restait que 3 € après prélèvement TV + frigo (23 €). Je prends tout ça avec précaution parce que ce sont des choses qui se racontent. Je suis très triste pour lui parce que, un acte de désespoir comme ça, ça ne sert à rien et que c’est seulement lui qui en subit les conséquences…et les souffrances. …

…j’ai oublié de te dire que, tout à l’heure, j’ai eu la bonne surprise de voir le surveillant me proposer la douche. J’ai apprécié parce que cela n’arrive jamais un jour férié… »

 

Jean-Paul

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:01

Comment ne pas être sensible et extrêmement attentif à ce qui se passe cette semaine du côté de la Cour d’assises de Paris : la révision du procès, fait rarissime en France, qui avait vu la condamnation en 2004 de Loïc Sécher, ouvrier agricole injustement accusé de viol et d’agressions sexuelles sur une mineure, à 16 années de réclusion. Cela permet ainsi de confirmer notre opinion quant à la faillibilité pour l’institution judiciaire de traiter certaines affaires de mœurs, celles notamment où les preuves demeurent absentes. Loïc Sécher le clame d’ailleurs haut et fort : « c’est l’institution judiciaire qui est responsable » et n’en veut pas spécialement à l’accusatrice ! On note même l’obstination de certains magistrats tel l’Avocat général de la Cour de révision qui ne souhaitait pas de 3ème procès malgré les propos de l’accusatrice qui innocentaient Loïc Sécher. Heureusement, la Cour de révision en a décidé autrement.

 

Alors, qu’a-t-il bien pu se passer pour que tout déraille ? Sans aucun doute, le déroulement de l’instruction. Et lorsque la machine judiciaire s’emballe, il est déjà trop tard. On constate dans le dossier que deux expertises psychologiques viennent même confirmer qu’il est impossible que la jeune fille affabule ! Ainsi rien ne pouvait mettre en cause la crédibilité de ses dires. Alors que dire de ses experts ? si ce n’est qu’ils sont experts dans la fabrication du grotesque. Et que dire de ces magistrats qui prennent pour argent comptant ces paroles alors qu’ils savent pertinemment que ces expertises sont trop souvent réalisées rapidement avec des techniques de plus en plus décriées. Quand est-ce que cela va réellement changer en France ?

 

Enfin comment ne pas être ému lorsque l’on entend cet homme s’exprimer sur les années qui lui ont été volées, qu'il a passées privé de liberté. On ne peut que faire le rapprochement avec Jean-Paul qui, lorsqu’il s’exprime sur ce temps volé, le fait en jours… 2 645 au total pour Loïc Sécher. On souhaite en tout cas beaucoup de courage à cet homme qui doit affronter pour une troisième et dernière fois, on l’espère, l’institution judiciaire française.

 

Merci à tous les lecteurs qui nous contactent afin de nous faire partager des articles lus sur le net et nous suggérer de traiter certaines informations.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 23:01

Nous retrouvons ce lundi les propos tenus par Maître Rault concernant la remise en question de l'institution judiciaire après l'affaire d'Outreau.

 

1ère Partie

 

"Aucun des verrous de sûreté n’a joué son rôle. On pourra toujours dire qu’il ne faut pas laisser un juge tout seul, qu’il ne doit pas être trop jeune, ni trop inexpérimenté, mais que dire d’une chaîne d’environ quatre vingt magistrats qui ne bouge pas ?

 

On peut se poser la question aussi de savoir si la justice dysfonctionne toujours et à tout propos. Et à ça, je crois pouvoir répondre que la justice fonctionne la plupart du temps très bien. Cela peut vous surprendre, mais dans les autres matières que les moeurs la justice fonctionne plutôt bien. Prenez un vol à main armée par exemple qu’on retrouve souvent aux assises. Les juges savent dire qu’il faut des preuves, et respectent plutôt la présomption d’innocence. Ce que déclare la victime n’est pas forcément pris pour acquis. La procédure est respectée et le psy ne constitue pas le maître à penser. Mais dès lors que l’on investit cet autre champ, tabou, tellement compliqué à débattre, auquel il est si compliqué de faire face, les juges sont comme paralysés.

Revenons à cette comparaison entre le crime « ordinaire », et le crime extraordinaire qu’est devenu l’acte sexuel, ou ce que l’on suppose être un acte sexuel. Hors champ sexuel, la justice fonctionne, et elle est capable de s’opposer, y compris aux victimes, sans état d’âme. Face à des allégations d’abus sexuels la justice est désarmée. Elle se croit obligée de « réparer » les victimes.

 

Comme si elle avait quelque chose à se reprocher et qu’elle devait compenser. Mais compenser quoi ?

 

L’affaire d’Outreau, et sa formidable médiatisation, a quelque chose d’exceptionnel. Car les accusés sont en nombre. C’est sans doute aussi pour cette raison qu’ils ont suscité l’intérêt des médias puis de la France entière. Le nombre a fait leur force. Mais dans bien des cas les accusations ne concernent qu’une seule personne. Pour une seule personne mise en cause on accepte tous les jours l’inacceptable. Combien d’enseignants mis en cause ont crié leur innocence et combien n’ont pas été entendus ! Combien ont été victimes d’experts en tous genres ? Des Outreau, il y en a des dizaines, aux quatre coins de la France, encore maintenant. L’affaire d’Outreau, a montré que ça ne pouvait plus durer. L’opinion publique a dit stop. A sa suite les politiques ont voulu aussi dire stop. Qu’ont-ils fait précisément ? Des déclarations de bonnes intentions, ça n’a pas manqué. Il fallait changer la loi, ce n’est pas nouveau, elle change tous les deux ans à peu près. Mais qu’est ce que ça va changer pour l’avenir ? Je vous disais tout à l’heure que je n’étais pas si optimiste que cela. Lorsque la commission parlementaire s’est réunie pour entendre des tas de gens pendant quatre mois, on s’est pris à rêver que les choses allaient enfin changer et certaines résolutions se sont dessinées. Des projets de loi ont même vu le jour. Et puis finalement la commission a terminé ses travaux. Elle a rendu un rapport qui est très bien. Mais qui est enterré. Et puis toutes les belles promesses qui avaient été faites, et tout ce que l’on avait découvert et qui ne se reproduirait plus, qu’en reste t-il ?

 

S’agit-il vraiment de dysfonctionnement à OUTREAU ? J’ai tendance à penser, à la lumière de nombreuses affaires, qu’il s’agit plutôt d’un fonctionnement habituel de la justice dès lors qu’elle est confrontée à la question sexuelle. Tout de suite après les juges ont semblé se ressaisir, certains ont même crié au scandale. Peu être sincèrement. Mais dans la pratique rien ne change vraiment. Il reste qu’on fait peut-être plus attention pour que les manquements soient moins criants. Mais les mentalités devront encore évoluer pour déboucher sur un vrai changement, une autre façon de traiter ces affaires si dérangeantes."

 

A suivre

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 23:01

Nous vous proposons deux nouvelles chroniques d'ouvrages concernant le Mexique.

 

Des châteaux en enfer de Vilma Fuentes,

publié en 2008 chez Actes Sud, 336 pages.

 

9782742775293-g.jpgVilma Fuentes, née à Mexico, est écrivain et journaliste et vit à Paris depuis 1975. Dans ce livre, elle réussit à nous faire vivre au cœur de la féroce bataille opposant promoteurs et gens du cru pour créer ce que l’on fait passer depuis pour un paradis : Acapulco.

Dans un aller-retour incessant entre ce qui s’est passé trente années en arrière et ce que l’on peut voir aujourd’hui, nous pouvons partager l’intimité de plusieurs personnages-clés comme ce Rey Lopitos qui paiera de sa vie son opposition au projet, cette señora Hinojos Casanova mais encore don Simón, le Révérend et beaucoup d’autres personnages pas toujours facilement identifiables à cause des différentes dénominations qui peuvent leur être attribuées.

Ce roman, traduit par Jean-Marie Saint-Lu, devient beaucoup plus passionnant lorsque l’on fait connaissance avec don Justo C., ex-Président de la république qui vit les premières heures d’après mandat et va rendre visite à son prédécesseur. Toutes les turpitudes et les compromissions ressortent alors. L’auteur nous fait comprendre une différence importante entre l’esprit d’un Gringo, celui qui vient des USA, le pays voisin, et un Mexicain. Quand le premier parle d’un projet, pour le second, ce n’est qu’un rêve. Cette nuance est d’importance ensuite pour l’efficacité et le rapport à l’argent dans ce qui aura transformé plusieurs hectares perdus dans le désert, face à la mer, en un empire touristique, enfonçant encore un peu plus les humbles dans la précarité et la pauvreté.

 

 Le Llano en flammes de Juan Rulfo (1954)

publié en 2003 chez Gallimard, 232 pages.

 

Ce recueil de dix-sept nouvelles écrites par Juan Rulfo (1918-1986), un auteur majeur de la littérature mexicaine contemporaine, permet de vivre au quotidien avec les habitants de cette campagne mexicaine où la pauvreté est extrême.

Ainsi, dans La Cuesta de la Comadres, on découvre que la mort d’une vache peut amener une fille à se prostituer. La nouvelle suivante, C’est qu’on est très pauvre, montre bien la simplicité, la rusticité de la vie sur ce Llano, une région située à l’est de la capitale, Mexico. Dans Talpa, c’est la mort qui rôde encore. Puis, Maccario est un récit à la limite de la folie, ne laissant pas le temps de respirer mais délicieux comme le lait de Felipa…

Enfin, il ne faut pas passer à côté du Llano en flammes, la nouvelle qui a donné le titre à ce recueil. Ici, le style est un peu monotone, au début. Il faut du temps pour s’en imprégner mais, plus on lit, plus on apprécie. Nous sommes en 1925, pendant la révolte des Cristeros, cette terrible guerre qui opposa la population rurale insurgée contre l’État décidé à contrôler la religion et à fermer des églises. Juan Rulfo n’a pas son pareil pour décrire au plus juste les atermoiements et les doutes qui assaillent sans cesse l’être humain. Il fait souvent dialoguer les gens, rendant ainsi le récit toujours plus vivant même si…la mort rôde partout.

 

Jean-Paul

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 23:01

Seize ans après, la chute du « guerrier serbe » (Éditorial du 10/06/2011)

 

Le responsable d’un des plus graves crimes commis depuis la fin de la seconde guerre mondiale ne terminera pas tranquillement sa vie quelque part dans une campagne de Serbie. Le 26 mai dernier, Ratko Mladic a été arrêté à Lazarevo, un village proche de Belgrade et doit être présenté devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie afin de répondre du massacre de 8 000 hommes et adolescents bosniaques, à Srebrenica, en juillet 1995.

Comment expliquer que cet homme, né le 12 mars 1945, à Bozinovici, dans les monts Treskavica, au sud de Sarajevo, en soit arrivé à mener un tel massacre ? Prénommé Ratko (Martial en serbe), il a reçu une éducation yougoslave mais son père avait été tué par les oustachis croates pro-nazis…Pupille de la nation, il est pour l’union des peuples slaves du sud. Élève de l’Académie militaire dès 15 ans, il poursuit une carrière sans vagues, jusqu’à l’âge de 48 ans.

Lorsqu’il est confronté aux check-points des nationalistes croates, à Krajina, en 1992, il change d’idéologie. Au même moment, Milosevic expulse les non-Serbes de l’armée yougoslave et regroupe armée, police et paramilitaires pour réaliser son objectif : la Grande Serbie. C’est alors que la fameuse étoile rouge yougoslave est remplacée par les emblèmes tchetniks, nationalistes serbes de la seconde guerre mondiale. Ratko Mladic devient alors général et prend la tête de l’armée bosno-serbe. Revenu sur ses terres natales, dans les montagnes proches de Sarajevo, il devient un chef de guerre. C’est à cette époque qu’il déclare : « Les frontières ont toujours été tracées dans le sang et les États bornés par des tombes. »

Lancé à l’assaut de la Bosnie à la tête de ses hommes, Mladic utilise l’épuration ethnique, l’assassinat et la déportation. Lors du siège de Sarajevo, l’artillerie serbe coupe cette ville multiethnique du reste du monde et Mladic déclare : « Tirez ! Tirez sans arrêt ! Tirez sur Bascarsija (la vieille ville ottomane)… Il faut les rendre fous ! » À coups de canon et de tueries, Mladic trace les frontières de la Grande Serbie. Il méprise les résolutions de l’ONU et les ultimatums de l’OTAN. Washington, Londres, Paris, l’ONU et l’OTAN ferment les yeux sur les préparatifs autour de Srebrenica mais ignorent la tuerie que prépare Mladic.

Après seize années de cavale, Ratko Mladic devra répondre de « génocide, crime contre l’humanité et crime de guerre » devant le TPIY. Il était temps !

 

Les chiffres de la semaine

 

62 % des Français sont pour une sortie progressive du nucléaire (15 % pour une sortie rapide).

 

+ 2,6 °, c’est la hausse de la température moyenne enregistrée en France en mars-avril-mai.

 

19 % des enfants ne sont jamais allés chez le dentiste.

 

180 000 jeunes de 16 à 18 ans ont quitté leur formation sans diplôme.

 

Jean-Paul

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