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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 23:01

Détours du monde, Souvenirs de cinq années à vélo

par Sylvie Massart et Florence Archimbaud

Éditions Tabi, 279 pages.

 

Le 12 février 2011, Marisette et Bernard ont rencontré Sylvie Massart et Florence Archimbaud à l’occasion d’une expo photos et d’une conférence organisées par la médiathèque de Mâcon. Afin de me faire partager leur aventure exceptionnelle, ils m’ont offert le livre qui raconte leur périple autour du monde ; 5 ans passés à vélo, 67000 km et 50 pays traversés.

Hélas, ces chiffres sont bien peu de choses à côté de l’aventure humaine unique vécue par ces deux femmes. Chacune d’elles, sur son VTT bien ordinaire, a fait preuve d’un courage et d’une volonté hors du commun. Je suis persuadé que, dans ce livre que je viens de lire avec beaucoup de plaisir, il n’y a pas le millième de tout ce qu’elles ont vécu et ressenti.

Elles s’étaient rencontrées parce qu’elles pratiquaient le karaté. Bien que n’ayant pas d’expérience cycliste, le choix de leur moyen de locomotion est vite fait : « le vélo, dévoreur d’efforts et d’énergie humaine s’imposa malgré notre inexpérience en la matière ».

Leur vélo qui pèse déjà une quinzaine de kilos, est chargé de 15 à 20 kg de bagages. Florence décide : « l’entraînement viendra au fur et à mesure… pas avant, pour ne pas nous dégoûter… ».

 

Le 25 mars 2000, elles partent de Dijon pour trois ans… au moins.

«  Pas d’exploit, ni de performance, aucun chronomètre, aucun record à battre… Point de projet pédagogique, d’enquête ou de collection, aucune mission, aucune banderole… ».Toute la philosophie de nos deux aventurières est là et c’est ce qui rend leur aventure encore plus belle.

Sylvie raconte le déroulement du voyage en alternance avec la chronique de Florence qui a baptisé son vélo « Livingston » alors que Sylvie appelle plus prosaïquement le sien « Ernest ». Elles roulent, campent, affrontent tous les aléas de la route pour gagner d’abord les pays scandinaves via l’Allemagne, la République Tchèque, la Pologne et les pays Baltes. Elles redescendent ensuite plein sud, passant par la France et l’Espagne pour traverser au Maroc. Elles parcourent les pays de l’Afrique de l’ouest jusqu’au Ghana avant de traverser l’Atlantique. Du Vénézuela à l’extrémité sud du continent, elles doivent franchir des cols à plus de 4000 m et lutter contre le vent qu’elles appellent « Dudule » pour tenter de l’apprivoiser.

Après la Nouvelle-Zélande et l’Australie où elles travaillent à l’emballage des fruits, ce sera l’Asie par Bali et Java puis le Japon. Elles découvrent qu’ au pays de Shimano, elles ne trouvent que des moulinets de canne à pêche, l’autre fabrication emblématique de la marque.

 

Avec une patience infinie, elles parviennent à déjouer tous les pièges de l’itinérance, réussissant un parcours asiatique incroyable et très complet. Lorsqu’elles sont sur la route du retour par la Turquie, la Grèce…pour arriver en France par la Suisse, le doute les assaille mais tout ce qu’elles ont vécu au contact de la nature, aucune autre expérience n’aurait pu le leur donner.

 

Jean-Paul

 

Merci beaucoup à Marisette et Bernard pour m’avoir offert ce livre et merci aussi à Florence (« un peu de rêve et d’évasion à travers notre récit ») et à Sylvie (… « que cette lecture vous apporte de bons moments et du courage »  pour leurs précieuses dédicaces.  

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 23:01

Samedi 1er Octobre 2011, 607ème jour de détention injuste pour Jean-Paul Degache, son Comité de Soutien organise une journée champêtre dans le village d’Arras-sur-Rhône en Ardèche, commune située à quelques kilomètres de Sarras.

 

Ce sera l’occasion de nous revoir, de faire connaissance et bien évidemment d’échanger. Famille et amis de Jean-Paul, nous nous retrouverons afin qu’il sache que la mobilisation demeure toujours aussi forte après tout ce temps qui lui a été volé !

 

Ce jour-là en fin de matinée, nous vous proposons de nous retrouver pour un apéritif composé notamment d’un délicieux Pacherenc, vin blanc moelleux, venu du Madiran. Ensuite, vous pourrez vous restaurer grâce à un buffet froid.

 

Dans l’après-midi, on procèdera au tirage au sort à la mêlée des équipes qui participeront au concours de pétanque.

 

Nous espérons vous retrouver nombreux pour cette journée familiale et conviviale du samedi 1er octobre. D'autres manifestations sont en cours de finalisation ; nous vous indiquerons prochainement les dates.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 08:49

C'est avec stupeur que nous avons appris la disparition de Bernard Vesson, l'avocat de Jean-Paul Degache.

 

Ancien batonnier du barreau de l'Ardèche, il était avec Florence Rault l'un des deux conseils de Jean-Paul. Loin d'être un supplétif de sa consoeur, il a grandement contribué à faire avancer la défense de notre ami.

 

Dès le départ, il y a plus de 10 ans, c'est lui qui a aidé Jean-Paul dans ses démarches, contribuant à faire classer plusieurs fois l'affaire.

 

Lors du premier procès en assises à Privas en 2007, c'est lui qui organisa la présentation de la maquette de l'école de Sarras, qui prouvait que l'on ne pouvait pas ne pas voir d'éventuels faits criminels commis dans la classe de Jean-Paul.

 

C'est lors du procès de 2010 que Bernard Vesson prit une dimension déterminante. D'abord, en ayant l'idée de la reconstitution en trois dimensions de l'école et de la salle de classe, beaucoup plus parlante que la maquette et ensuite en demandant l'expertise d'un sociologue sur l'affaire Degache. Il eut enfin le réflexe de pousser Jean-Paul à assister, dans le public, à des procès d'assises afin de se faire une idée de leur déroulement et de mieux comprendre le fonctionnement de l'institution judiciaire.

 

Devant la réticence de la cour, qui refusait de diffuser la vidéo devant les jurés, il utilisa son temps de plaidoirie finale pour faire entrer un écran et du matériel vidéo, permettant, trop tard, hélas, à chacun de se faire une idée de l'impossibilité matérielle de commettre les faits dont Jean-Paul était accusé.

 

Nous n'oublions pas que c'est lui qui fut le premier en mesure de rassurer la famille Degache lors des premiers jours de détention de Jean-Paul, là où personne ne pouvait lui rendre visite.

 

C'est lui également qui eut, à l'issue du procès en appel, ces mots simples, mais tellement vrais: "la justice a été rendue au nom du peuple français, la vérité judiciaire a été dite et nous avons tout fait pour défendre Jean-Paul, en vain. Par contre, il arrive que la vérité judiciaire ne soit pas conforme à la vérité des faits, rien ne nous empêche de montrer que les faits décrits par la justice ne sont pas, pour nous, ceux qui se sont déroulés".

 

Cette phrase est sans doute une des raisons qui nous a poussés à ne pas abandonner, à ouvrir ce blog et à rassembler tous les éléments qui peuvent permettre au public de se faire une idée de la vérité des faits.

 

Pour tout cela, nous sommes reconnaissants à Bernard Vesson. Nous renouvelons toutes nos condoléances à ses proches et à sa famille, dont nous partageons la tristesse.

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 11:00

C'est avec une très grande émotion que nous avons appris, ce jeudi, la mort de Bernard Vesson, Avocat au Barreau de l'Ardèche et membre du Conseil de l'Ordre. Maître Vesson accompagna Jean-Paul dès le début de l'affaire. Lors des deux procès d'assises, il défendit Jean-Paul aux côtés de MaÎtre Rault : « pour condamner, il faut qu'il se soit passé quelque chose, il faut que ce soit possible ».  Et pour lui le doute n'était pas permis : les faits ne pouvaient être ignorés, donc ce n'était pas possible.

 

Ainsi, la famille de Jean-Paul, ses amis et l'Equipe du Blog adressent toutes leurs condoléances à sa famille et ses proches dans cette terrible épreuve.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 23:01

 

 

Le mois d’août approchant de sa fin, nous souhaitions revenir sur les correspondants de Jean-Paul et les courriers échangés. Tout d’abord, Jean-Paul nous a chargé de vous remercier, celles et ceux qui ne l’oubliaient pas en ces temps estivaux. La correspondance est devenue encore davantage primordiale pour lui puisque depuis mi-juillet, il n’a plus droit qu’à une unique visite hebdomadaire au lieu de trois.

 

Actuellement, Jean-Paul a reçu 1783 courriers et en a envoyé 898. Depuis le mois de juin 2011, il en a reçu 308. Il continue de répondre méticuleusement à tout le monde. Ainsi, il ne faut pas vous inquiéter si sa réponse tarde à arriver...

 

En ce qui concerne le nombre de correspondants, il continue progressivement de s’accroître puisqu’il atteint actuellement le nombre de 539 ! 527 habitent en France et 12 à l'étranger (4 en Belgique, 2 en Chine, 2 au Burkina-Faso, 1 en Suisse, 1 au Portugal, 1 au Bénin et 1 au Brésil. Au 1er juin 2011, ce nombre était de 492 ce qui montre l’intérêt suscité par cette affaire. Il faut poursuivre nos efforts et continuer d’informer le maximum de personnes de cette terrible injustice.

 

Voici ci-dessous la localisation par département des correspondants de Jean-Paul.

Carte-correspondants-aout-2011.jpg

Sans titre-copie-4

 

Afin de voir les évolutions au niveau du nombre de correspondants par département, voici les liens des précédentes cartes publiées :

Septembre 2009 - Novembre 2010 - Février 2011

 

Enfin, comme vous avez été nombreux à lui envoyer des cartes postales, voici deux cartes qui répertorient l’ensemble des lieux où vous les avez postées. Débutons par le territoire français :


Afficher Cartes postales françaises 2011 sur une carte plus grande

 

   Voici celles qui ont été envoyées depuis l'étranger :


Afficher Cartes postales mondiales 2011 sur une carte plus grande
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:01

Cyril Mokaiesh, Du rouge et des passions, label AZ, avril 2011.

 

Quel choc ! Dès que j’ai entendu les premiers mots chantés par Cyril Mokaiesh, jeune auteur-compositeur, j’ai pensé aussitôt : « En voilà un qui a de la moelle, un futur grand de la chanson. »

C’est, bien sûr, « Mon époque », la chanson qui ouvre ce disque, le titre qui a été le plus diffusé. Il est impossible de ne pas être ému par cette voix forte et sensible à la fois, par ce texte puissant et par cette orchestration formidable.

            « Mon époque broie du noir                        

               Qu’elle étale sur ses cils

               Des pétales à ses lèvres

               Elle séduit ses amants

               S’abreuve des tendres gens… »

 

L’on écoute ensuite « Communiste », un autre texte très fort sur lequel il faut absolument s’attarder.

            « ça les perdra

               De mondialiser l’injustice

               D’s’en asperger de bénéfices… »


 

Mélodies enlevées, textes percutants, sens poétique évident, Cyril Mokaiesh séduit immédiatement par sa voix et l’intensité qu’il met dans chaque interprétation. Il sait aussi prendre la guitare pour accompagner plusieurs titres dont « Des jours inouïs ».

            « Parlons de jours inouïs

               Où le soleil couche avec nos vies

               Où nos lèvres trouvent nos lèvres… »

 

Comment ne pas citer encore, dans « Folie quelque part »,

            « C’est des matins qui craignent

               D’être inaptes à aimer

               Tout s’est barré même l’envie

               Depuis que j’me sens vague poussière… » ?

 

L’envolée impressionnante « Des mots » ne peut laisser insensible et elle est même véritablement prenante.

 

Le dernier titre de l’album, « Chère amie », est signé Marc Lavoine et c’est une très émouvante lettre d’amour qui prouve, s’il en était besoin, que Cyril Mokaiesh est un interprète de grand talent et un artiste à suivre…en espérant le voir sur scène, un jour…

Jean-Paul

 

Merci infiniment à Ghislaine qui m’a permis d’écouter encore et encore Cyril Mokaiesh.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 23:01

... Jean-Paul était transféré de la Maison d'arrêt de Nîmes à celle de Villeneuve-lès-Maguelone à proximité de Montpellier. Dans les prochaines semaines, un nouveau transfert devrait avoir lieu afin d'intégrer un centre de détention, prison pour les personnes condamnées définitivement.

 

Rappelons que Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme et ses enfants. Extrait de la lettre datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, son épouse et son beau-frère sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:01

Les ombres du souvenir  de Roger Martin aux Editions Le Cherche Midi, 2010, 361 pages.


1093030-gf.jpgLe prologue nous plonge aussitôt dans l’action. Nous ne savons pas encore pourquoi Roger Martin, l’auteur, nous entraîne dans cette séquence haletante, oppressante et tragique mais la suite de ce superbe roman va nous éclairer.

Nous faisons d’abord connaissance avec Héléna Rénal qui vient de passer près de vingt années de sa vie en prison… et qui vient d’être innocentée… Elle a d’ailleurs créé son agence, « Dernier recours », à Avignon, défendant les condamnés qui clament leur innocence.

 

Jessica, qu’elle avait connue durant son incarcération, à Rennes, vient lui parler de morts suspectes, lui demandant d’enquêter. Commencent alors les problèmes. Sa rencontre avec le Lieutenant de gendarmerie David El-Khaïdi, en Lozère, dans des circonstances extraordinaires, oriente aussitôt tout le récit.

 

D’un style assez vif, précis, très agréable à lire, Roger Martin qui a déjà de nombreux ouvrages à son actif, nous fait vivre l’enquête, la recherche de la vérité. Ceci implique d’éviter, de contourner, de renverser beaucoup d’obstacles. Nous voyageons beaucoup, en Lozère, bien sûr, mais aussi à Saugues, dans la Haute-Loire voisine, avant d’aller jusqu’en Lorraine. Ce n’est pas facile de lutter contre la chape de plomb du silence, les protections haut placé et le poids de l’Histoire.

 

Au fil de son récit, Roger Martin nous régale de références à la chanson, citant souvent Allain Leprest, Romain Didier, Joan Baez, Georges Moustaki et surtout Jean Ferrat dont les chansons accompagnent le voyage retour de David, depuis Paris, avec une halte à… Annonay où David loue une voiture, laissant ses parents qui vont aux obsèques de Jean Ferrat, à Antraigues.

 

Le rôle de la presse est aussi mis en avant et j’ai été agréablement surpris de voir cité « Bakchich, satire juste », un périodique que Simon m’a fait connaître. Ce journal, dont le dernier numéro a été publié au début de l’année, dénonçait beaucoup d’anomalies et de scandales de la société dite libérale.

 

Lorsque la séquence finale débute, il n’est plus possible de poser le livre. Ce soir-là, on se couche très tard… Ensuite, j’ai beaucoup apprécié que l’auteur ne laisse pas le lecteur sur sa faim comme c’est hélas trop souvent le cas.

Jean-Paul

 

Merci beaucoup à Vincent qui a acquis ce livre lors des «Journées autour des littératures policières », Sang d’encre, à Vienne, en novembre dernier. Merci aussi à Roger Martin dont la dédicace m’incitant au courage m’a beaucoup touché.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:01

La mémoire des vaincus de Michel Ragon, Editions Le Livre de Poche, 1989, 558 pages.

 

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Ce livre est une découverte. Michel Ragon a réalisé une fresque extraordinaire en mêlant l’histoire à la vie de Fred Barthélémy et de Flora, deux gosses de 11 et 12 ans, abandonnés dans les rues de Paris. Très rapidement, Fred découvre la lecture grâce aux Misérables, dans la boutique de Paul Delesalle, une librairie spécialisée en publications révolutionnaires et syndicales.

 

Sans le savoir, ces adolescents côtoient quelques membres de la bande à Bonnot. L’auteur s’attache rapidement aux pas de Fred qui nous permet de rencontrer un nombre incroyable de personnalités célèbres et d’autres inconnues et méconnues.

 

 

La Première Guerre mondiale arrive. Flora met déjà au monde leur enfant qu’ils prénomment Germinal alors que Fred a appris le russe pour pouvoir lire Dostoïevski et Tolstoï dans le texte… Il n’a que 14 ans ! Toujours sur fond de pacifisme, d’anarchisme de lutte pour défendre les plus faibles, nous passons en revue toutes les composantes de ce que l’on appelle la Gauche et des luttes fratricides qui les opposent. Alors qu’il est apprenti ajusteur, Fred doit monter pour le front mais sa maîtrise du russe lui donne l’occasion de partir pour Moscou où il devient interprète, en mars 1918. Il adhère au Parti Communiste Français, quitte l’armée et apprend qu’il est condamné à mort par contumace, en France.

 

L’histoire se déroule sous les yeux du lecteur, une histoire vécue de l’intérieur avec tous les aléas qui constituent une vie. Fred revient enfin en France puis c’est la guerre civile en Espagne, la Seconde Guerre mondiale pour nous mener jusqu’à mai 1968.

 

Jean-Paul

Merci à Pierre-Louis qui m’a permis de lire cette formidable histoire romancée du mouvement libertaire et anarchiste tout au long du vingtième siècle.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 21:24

En ce jour de haute montagne sur le Tour de France, il nous paraissait pertinent de publier la chronique du livre Le nez à la fenêtre écrit par Jean-Noël Blanc.

 

Le nez à la fenêtre de Jean-Noël Blanc, Editions Joëlle Losfeld, 2009, 179 pages.

 

L61837.jpgGhislaine me l'avait choisi à la Médiathèque de Saint-Vallier à sa sortie, et je m'étais régalé avec Le nez à la fenêtre de Jean-Noël Blanc. Cette expression, je la connais depuis mes débuts cyclistes, en 1967, sous les couleurs de l'Auto-Cycle Annonéen. Elle désigne le fait de tenter de sortir du peloton, d'attaquer, de ne pas se contenter de "sucer les roues", de rester à l'abri, dans le sillage des autres coureurs. L'auteur illustre formidablement cette expression dans ce livre, un véritable bijou.

Voilà que Maëlle, à Grenoble, a rencontré l'auteur et, sans savoir que j'avais déjà lu  ce livre, l'a acheté pour me l'offrir. A sa demande, Jean-Noël Blanc me l'a dédicacé d'une façon très originale avec un dessin très cordial.

C'est ainsi que je suis reparti dans la roue de Maurice Bénadour et que je me suis encore plus régalé en savourant cette histoire remarquablement menée. Parallèlement, l'auteur nous fait vivre soit avec Momo, enfant, vivant seul avec sa mère dans un immeuble, soit au sein d'une équipe cycliste disputant l'étape Draguignan - Briançon du Tour de France. Les journées passent, l'enfant grandit et l'auteur révèle beaucoup de talent pour tenir son lecteur en haleine. Moi qui lis depuis très longtemps de nombreuses revues spécialisées, jamais je n'ai savouré un récit aussi bien détaillé que celui de ce livre, sur la course vécue de l'intérieur. Tout y est : la tactique, l'observation des moeurs du peloton, l'évolution de la course au milieu de la foule et surtout les sensations du coureur en plein effort.

L'histoire se termine d'une façon terriblement émouvante et je remercie Maëlle pour m'avoir permis de la revivre au côté de Momo, Maurice Bénadour, coureur du Tour.

Jean-Paul

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