Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 23:01

 1ère Partie

 

- Acquitté mais à quel prix ?

 

Le 29 octobre 2009, soit un an et demi après, le temps de la procédure judiciaire, cet enseignant est acquitté. Alors pourquoi ce revirement lors du procès malgré le nombre important d’accusations ?

« La Cour a estimé que les nombreuses contradictions dans les témoignages des fillettes soulevaient un doute quant à leur version des faits. » Ce doute là, Jean-Paul Degache n’en a pas bénéficié alors que l’impossibilité des faits, ainsi que le peu de crédit des versions des accusatrices avait été démontré lors des deux procès.

 

De plus, nous lisons dans l’article publié par Yves Boisvert sur cyberpresse.ca, que « devant la Cour, plusieurs enfants ont atténué leur version. On ne savait plus bien s'il avait touché la cuisse ou la vulve, s'il avait donné une tape d'encouragement dans le bas du dos ou flatté les fesses. Aucune n'a parlé d'allusions sexuelles. L'une des leaders du groupe s'est décrite comme une de celles qui ont fait partir toute l'affaire.

Ce n'est peut-être pas une bonne idée pour un prof de prendre un élève sur ses genoux, a dit la juge Perron. Mais ça n'est pas une agression sexuelle pour autant. Elle n'a vu aucune connotation dans les gestes de M. Fournier et a cru entièrement sa version.

La juge Perron observe la mécanique de l'amplification et de la contamination: «Chacune recherche le geste qui a pu être posé l'année dernière, le mois dernier, elle aussi a un fait à relater, le tout prend des proportions importantes.»

Une mécanique qui a broyé Henry Fournier. »

 

Il en a été de même durant le procès Degache, mais hélas, personne n’a eu le réflexe du juge Perron et seules les déclarations initiales des enfants ont été prises en considération et pas les affirmations voire les dénégations devant la Cour.

 

3ème Partie

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Actualité judiciaire
commenter cet article
31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 23:01

Voilà un an, aujourd'hui, que vous nous lisez afin d'obtenir des nouvelles de Jean-Paul mais aussi pour comprendre comment l'institution judiciaire française a pu à deux reprises condamner un innocent à 8 années de prison ! 365 jours que nous sommes présents sur le web et près de 35 000 visiteurs répartis sur l'année soit une moyenne qui avoisinne les 100 personnes par jour. Merci à vous tous et nous vous promettons de continuer jusqu'à ce que Jean-Paul soit de retour parmi nous !

 

L'affaire Henry Fournier

 

Un internaute, que nous tenions à remercier, nous a fait parvenir un article retraçant une affaire judiciaire qui s'est déroulée de l’autre côté de l’Atlantique, près de Montréal au Canada. Si nous avons décidé de vous en parler, c’est pour vous montrer à quel point l’affaire de Jean-Paul est malheureusement loin d’être unique mais également pour essayer de comprendre le mécanisme infernal qui conduit des innocents en prison.

 

L’affaire que nous allons évoquer concerne un professeur d’Education Physique d’une école primaire canadienne, Henry Fournier, faussement accusé d'attouchements sexuels par 19 fillettes âgées de 8 à 11 ans, d’attouchements sexuels. Cet enseignant de 55 ans travaillait au sein d’une école possédant environ 300 élèves. Il était d’après les différents articles lus  «un homme souriant, qui adore les enfants et que les enfants adorent» ; de plus « il était encore à organiser toutes sortes d'activités, tournois et récompenses, toujours à encourager les unes et les autres. »

 

Il est rajouté : « Trente-et-un ans sans que la moindre rumeur malveillante ne l'entoure, c'est du moins ce qu'a dit une ancienne directrice de cette petite école. Pourtant, Dieu sait combien les écoles sont des nids à rumeurs. »

 

- Alors que s’est-il passé ?

 

« Au mois de février 2008, deux élèves de quatrième année se plaignent d'avoir subi des attouchements sexuels de la part de leur professeur d'éducation physique. Les parents se plaignent à la police. La directrice, de son côté, rencontre des élèves et en moins d'une semaine, une sorte de boule de neige judiciaire grossit, grossit, et tombe sur l’enseignant. »

 

En deux jours, la rumeur s'était tellement amplifiée qu'on ne parlait que de ça à l'école, et toute une série de fillettes se sont mises à dénoncer le prof pour une caresse d'il y a trois mois, subitement devenue équivoque.

De quoi s'agissait-il ? Presque toujours de la même histoire. Les élèves disaient avoir été touchées sur les seins ou près de la vulve, soit en plein cours d'éducation physique, soit dans son bureau ouvert et toujours devant témoins.

 

Le 22 février, M. Fournier est arrêté chez lui et emprisonné. Il passe presque une semaine en prison en attendant d'être libéré sous caution. Il est accusé d'agression sexuelle et de contact sexuel aux dépens de 19 fillettes.

La Presse, le Journal de Montréal, le journal local, LCN, enfin tout le monde fait état de l'arrestation. Imaginez un peu : 19 victimes ! Les médias notent que l'homme n'avait aucun antécédent judiciaire. Certains font le lien avec la directive ministérielle de 2006 voulant que le passé judiciaire de chaque personne employée par l'État pour travailler auprès des enfants soit fouillé. Malgré cette vigilance, ce pédophile-là serait passé entre les mailles du système... 

 

2ème Partie

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Actualité judiciaire
commenter cet article
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 23:01

Comme nous vous l'avions proposé l'année dernière, nous vous invitons à poser différentes questions à Jean-Paul. Nous nous chargerons de les lui transmettre et de publier ses réponses au fur et à mesure qu'il nous les envoie.

 

N'hésitez pas à nous faire parvenir ce que vous souhaitez lui demander par mail ou en laissant un commentaire à cet article.

 

Merci à tous !

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 23:01

Détours du monde, Souvenirs de cinq années à vélo

par Sylvie Massart et Florence Archimbaud

Éditions Tabi, 279 pages.

 

Le 12 février 2011, Marisette et Bernard ont rencontré Sylvie Massart et Florence Archimbaud à l’occasion d’une expo photos et d’une conférence organisées par la médiathèque de Mâcon. Afin de me faire partager leur aventure exceptionnelle, ils m’ont offert le livre qui raconte leur périple autour du monde ; 5 ans passés à vélo, 67000 km et 50 pays traversés.

Hélas, ces chiffres sont bien peu de choses à côté de l’aventure humaine unique vécue par ces deux femmes. Chacune d’elles, sur son VTT bien ordinaire, a fait preuve d’un courage et d’une volonté hors du commun. Je suis persuadé que, dans ce livre que je viens de lire avec beaucoup de plaisir, il n’y a pas le millième de tout ce qu’elles ont vécu et ressenti.

Elles s’étaient rencontrées parce qu’elles pratiquaient le karaté. Bien que n’ayant pas d’expérience cycliste, le choix de leur moyen de locomotion est vite fait : « le vélo, dévoreur d’efforts et d’énergie humaine s’imposa malgré notre inexpérience en la matière ».

Leur vélo qui pèse déjà une quinzaine de kilos, est chargé de 15 à 20 kg de bagages. Florence décide : « l’entraînement viendra au fur et à mesure… pas avant, pour ne pas nous dégoûter… ».

 

Le 25 mars 2000, elles partent de Dijon pour trois ans… au moins.

«  Pas d’exploit, ni de performance, aucun chronomètre, aucun record à battre… Point de projet pédagogique, d’enquête ou de collection, aucune mission, aucune banderole… ».Toute la philosophie de nos deux aventurières est là et c’est ce qui rend leur aventure encore plus belle.

Sylvie raconte le déroulement du voyage en alternance avec la chronique de Florence qui a baptisé son vélo « Livingston » alors que Sylvie appelle plus prosaïquement le sien « Ernest ». Elles roulent, campent, affrontent tous les aléas de la route pour gagner d’abord les pays scandinaves via l’Allemagne, la République Tchèque, la Pologne et les pays Baltes. Elles redescendent ensuite plein sud, passant par la France et l’Espagne pour traverser au Maroc. Elles parcourent les pays de l’Afrique de l’ouest jusqu’au Ghana avant de traverser l’Atlantique. Du Vénézuela à l’extrémité sud du continent, elles doivent franchir des cols à plus de 4000 m et lutter contre le vent qu’elles appellent « Dudule » pour tenter de l’apprivoiser.

Après la Nouvelle-Zélande et l’Australie où elles travaillent à l’emballage des fruits, ce sera l’Asie par Bali et Java puis le Japon. Elles découvrent qu’ au pays de Shimano, elles ne trouvent que des moulinets de canne à pêche, l’autre fabrication emblématique de la marque.

 

Avec une patience infinie, elles parviennent à déjouer tous les pièges de l’itinérance, réussissant un parcours asiatique incroyable et très complet. Lorsqu’elles sont sur la route du retour par la Turquie, la Grèce…pour arriver en France par la Suisse, le doute les assaille mais tout ce qu’elles ont vécu au contact de la nature, aucune autre expérience n’aurait pu le leur donner.

 

Jean-Paul

 

Merci beaucoup à Marisette et Bernard pour m’avoir offert ce livre et merci aussi à Florence (« un peu de rêve et d’évasion à travers notre récit ») et à Sylvie (… « que cette lecture vous apporte de bons moments et du courage »  pour leurs précieuses dédicaces.  

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 23:01

Samedi 1er Octobre 2011, 607ème jour de détention injuste pour Jean-Paul Degache, son Comité de Soutien organise une journée champêtre dans le village d’Arras-sur-Rhône en Ardèche, commune située à quelques kilomètres de Sarras.

 

Ce sera l’occasion de nous revoir, de faire connaissance et bien évidemment d’échanger. Famille et amis de Jean-Paul, nous nous retrouverons afin qu’il sache que la mobilisation demeure toujours aussi forte après tout ce temps qui lui a été volé !

 

Ce jour-là en fin de matinée, nous vous proposons de nous retrouver pour un apéritif composé notamment d’un délicieux Pacherenc, vin blanc moelleux, venu du Madiran. Ensuite, vous pourrez vous restaurer grâce à un buffet froid.

 

Dans l’après-midi, on procèdera au tirage au sort à la mêlée des équipes qui participeront au concours de pétanque.

 

Nous espérons vous retrouver nombreux pour cette journée familiale et conviviale du samedi 1er octobre. D'autres manifestations sont en cours de finalisation ; nous vous indiquerons prochainement les dates.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
commenter cet article
21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 08:49

C'est avec stupeur que nous avons appris la disparition de Bernard Vesson, l'avocat de Jean-Paul Degache.

 

Ancien batonnier du barreau de l'Ardèche, il était avec Florence Rault l'un des deux conseils de Jean-Paul. Loin d'être un supplétif de sa consoeur, il a grandement contribué à faire avancer la défense de notre ami.

 

Dès le départ, il y a plus de 10 ans, c'est lui qui a aidé Jean-Paul dans ses démarches, contribuant à faire classer plusieurs fois l'affaire.

 

Lors du premier procès en assises à Privas en 2007, c'est lui qui organisa la présentation de la maquette de l'école de Sarras, qui prouvait que l'on ne pouvait pas ne pas voir d'éventuels faits criminels commis dans la classe de Jean-Paul.

 

C'est lors du procès de 2010 que Bernard Vesson prit une dimension déterminante. D'abord, en ayant l'idée de la reconstitution en trois dimensions de l'école et de la salle de classe, beaucoup plus parlante que la maquette et ensuite en demandant l'expertise d'un sociologue sur l'affaire Degache. Il eut enfin le réflexe de pousser Jean-Paul à assister, dans le public, à des procès d'assises afin de se faire une idée de leur déroulement et de mieux comprendre le fonctionnement de l'institution judiciaire.

 

Devant la réticence de la cour, qui refusait de diffuser la vidéo devant les jurés, il utilisa son temps de plaidoirie finale pour faire entrer un écran et du matériel vidéo, permettant, trop tard, hélas, à chacun de se faire une idée de l'impossibilité matérielle de commettre les faits dont Jean-Paul était accusé.

 

Nous n'oublions pas que c'est lui qui fut le premier en mesure de rassurer la famille Degache lors des premiers jours de détention de Jean-Paul, là où personne ne pouvait lui rendre visite.

 

C'est lui également qui eut, à l'issue du procès en appel, ces mots simples, mais tellement vrais: "la justice a été rendue au nom du peuple français, la vérité judiciaire a été dite et nous avons tout fait pour défendre Jean-Paul, en vain. Par contre, il arrive que la vérité judiciaire ne soit pas conforme à la vérité des faits, rien ne nous empêche de montrer que les faits décrits par la justice ne sont pas, pour nous, ceux qui se sont déroulés".

 

Cette phrase est sans doute une des raisons qui nous a poussés à ne pas abandonner, à ouvrir ce blog et à rassembler tous les éléments qui peuvent permettre au public de se faire une idée de la vérité des faits.

 

Pour tout cela, nous sommes reconnaissants à Bernard Vesson. Nous renouvelons toutes nos condoléances à ses proches et à sa famille, dont nous partageons la tristesse.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
commenter cet article
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 11:00

C'est avec une très grande émotion que nous avons appris, ce jeudi, la mort de Bernard Vesson, Avocat au Barreau de l'Ardèche et membre du Conseil de l'Ordre. Maître Vesson accompagna Jean-Paul dès le début de l'affaire. Lors des deux procès d'assises, il défendit Jean-Paul aux côtés de MaÎtre Rault : « pour condamner, il faut qu'il se soit passé quelque chose, il faut que ce soit possible ».  Et pour lui le doute n'était pas permis : les faits ne pouvaient être ignorés, donc ce n'était pas possible.

 

Ainsi, la famille de Jean-Paul, ses amis et l'Equipe du Blog adressent toutes leurs condoléances à sa famille et ses proches dans cette terrible épreuve.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
commenter cet article
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 23:01

 

 

Le mois d’août approchant de sa fin, nous souhaitions revenir sur les correspondants de Jean-Paul et les courriers échangés. Tout d’abord, Jean-Paul nous a chargé de vous remercier, celles et ceux qui ne l’oubliaient pas en ces temps estivaux. La correspondance est devenue encore davantage primordiale pour lui puisque depuis mi-juillet, il n’a plus droit qu’à une unique visite hebdomadaire au lieu de trois.

 

Actuellement, Jean-Paul a reçu 1783 courriers et en a envoyé 898. Depuis le mois de juin 2011, il en a reçu 308. Il continue de répondre méticuleusement à tout le monde. Ainsi, il ne faut pas vous inquiéter si sa réponse tarde à arriver...

 

En ce qui concerne le nombre de correspondants, il continue progressivement de s’accroître puisqu’il atteint actuellement le nombre de 539 ! 527 habitent en France et 12 à l'étranger (4 en Belgique, 2 en Chine, 2 au Burkina-Faso, 1 en Suisse, 1 au Portugal, 1 au Bénin et 1 au Brésil. Au 1er juin 2011, ce nombre était de 492 ce qui montre l’intérêt suscité par cette affaire. Il faut poursuivre nos efforts et continuer d’informer le maximum de personnes de cette terrible injustice.

 

Voici ci-dessous la localisation par département des correspondants de Jean-Paul.

Carte-correspondants-aout-2011.jpg

Sans titre-copie-4

 

Afin de voir les évolutions au niveau du nombre de correspondants par département, voici les liens des précédentes cartes publiées :

Septembre 2009 - Novembre 2010 - Février 2011

 

Enfin, comme vous avez été nombreux à lui envoyer des cartes postales, voici deux cartes qui répertorient l’ensemble des lieux où vous les avez postées. Débutons par le territoire français :


Afficher Cartes postales françaises 2011 sur une carte plus grande

 

   Voici celles qui ont été envoyées depuis l'étranger :


Afficher Cartes postales mondiales 2011 sur une carte plus grande
Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:01

Cyril Mokaiesh, Du rouge et des passions, label AZ, avril 2011.

 

Quel choc ! Dès que j’ai entendu les premiers mots chantés par Cyril Mokaiesh, jeune auteur-compositeur, j’ai pensé aussitôt : « En voilà un qui a de la moelle, un futur grand de la chanson. »

C’est, bien sûr, « Mon époque », la chanson qui ouvre ce disque, le titre qui a été le plus diffusé. Il est impossible de ne pas être ému par cette voix forte et sensible à la fois, par ce texte puissant et par cette orchestration formidable.

            « Mon époque broie du noir                        

               Qu’elle étale sur ses cils

               Des pétales à ses lèvres

               Elle séduit ses amants

               S’abreuve des tendres gens… »

 

L’on écoute ensuite « Communiste », un autre texte très fort sur lequel il faut absolument s’attarder.

            « ça les perdra

               De mondialiser l’injustice

               D’s’en asperger de bénéfices… »


 

Mélodies enlevées, textes percutants, sens poétique évident, Cyril Mokaiesh séduit immédiatement par sa voix et l’intensité qu’il met dans chaque interprétation. Il sait aussi prendre la guitare pour accompagner plusieurs titres dont « Des jours inouïs ».

            « Parlons de jours inouïs

               Où le soleil couche avec nos vies

               Où nos lèvres trouvent nos lèvres… »

 

Comment ne pas citer encore, dans « Folie quelque part »,

            « C’est des matins qui craignent

               D’être inaptes à aimer

               Tout s’est barré même l’envie

               Depuis que j’me sens vague poussière… » ?

 

L’envolée impressionnante « Des mots » ne peut laisser insensible et elle est même véritablement prenante.

 

Le dernier titre de l’album, « Chère amie », est signé Marc Lavoine et c’est une très émouvante lettre d’amour qui prouve, s’il en était besoin, que Cyril Mokaiesh est un interprète de grand talent et un artiste à suivre…en espérant le voir sur scène, un jour…

Jean-Paul

 

Merci infiniment à Ghislaine qui m’a permis d’écouter encore et encore Cyril Mokaiesh.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 23:01

... Jean-Paul était transféré de la Maison d'arrêt de Nîmes à celle de Villeneuve-lès-Maguelone à proximité de Montpellier. Dans les prochaines semaines, un nouveau transfert devrait avoir lieu afin d'intégrer un centre de détention, prison pour les personnes condamnées définitivement.

 

Rappelons que Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme et ses enfants. Extrait de la lettre datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, son épouse et son beau-frère sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article