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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 23:01

... Jean-Paul était transféré de la Maison d'arrêt de Nîmes à celle de Villeneuve-lès-Maguelone à proximité de Montpellier. Dans les prochaines semaines, un nouveau transfert devrait avoir lieu afin d'intégrer un centre de détention, prison pour les personnes condamnées définitivement.

 

Rappelons que Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme et ses enfants. Extrait de la lettre datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, son épouse et son beau-frère sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:01

Les ombres du souvenir  de Roger Martin aux Editions Le Cherche Midi, 2010, 361 pages.


1093030-gf.jpgLe prologue nous plonge aussitôt dans l’action. Nous ne savons pas encore pourquoi Roger Martin, l’auteur, nous entraîne dans cette séquence haletante, oppressante et tragique mais la suite de ce superbe roman va nous éclairer.

Nous faisons d’abord connaissance avec Héléna Rénal qui vient de passer près de vingt années de sa vie en prison… et qui vient d’être innocentée… Elle a d’ailleurs créé son agence, « Dernier recours », à Avignon, défendant les condamnés qui clament leur innocence.

 

Jessica, qu’elle avait connue durant son incarcération, à Rennes, vient lui parler de morts suspectes, lui demandant d’enquêter. Commencent alors les problèmes. Sa rencontre avec le Lieutenant de gendarmerie David El-Khaïdi, en Lozère, dans des circonstances extraordinaires, oriente aussitôt tout le récit.

 

D’un style assez vif, précis, très agréable à lire, Roger Martin qui a déjà de nombreux ouvrages à son actif, nous fait vivre l’enquête, la recherche de la vérité. Ceci implique d’éviter, de contourner, de renverser beaucoup d’obstacles. Nous voyageons beaucoup, en Lozère, bien sûr, mais aussi à Saugues, dans la Haute-Loire voisine, avant d’aller jusqu’en Lorraine. Ce n’est pas facile de lutter contre la chape de plomb du silence, les protections haut placé et le poids de l’Histoire.

 

Au fil de son récit, Roger Martin nous régale de références à la chanson, citant souvent Allain Leprest, Romain Didier, Joan Baez, Georges Moustaki et surtout Jean Ferrat dont les chansons accompagnent le voyage retour de David, depuis Paris, avec une halte à… Annonay où David loue une voiture, laissant ses parents qui vont aux obsèques de Jean Ferrat, à Antraigues.

 

Le rôle de la presse est aussi mis en avant et j’ai été agréablement surpris de voir cité « Bakchich, satire juste », un périodique que Simon m’a fait connaître. Ce journal, dont le dernier numéro a été publié au début de l’année, dénonçait beaucoup d’anomalies et de scandales de la société dite libérale.

 

Lorsque la séquence finale débute, il n’est plus possible de poser le livre. Ce soir-là, on se couche très tard… Ensuite, j’ai beaucoup apprécié que l’auteur ne laisse pas le lecteur sur sa faim comme c’est hélas trop souvent le cas.

Jean-Paul

 

Merci beaucoup à Vincent qui a acquis ce livre lors des «Journées autour des littératures policières », Sang d’encre, à Vienne, en novembre dernier. Merci aussi à Roger Martin dont la dédicace m’incitant au courage m’a beaucoup touché.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:01

La mémoire des vaincus de Michel Ragon, Editions Le Livre de Poche, 1989, 558 pages.

 

9782253059509-G.jpg

 

 

Ce livre est une découverte. Michel Ragon a réalisé une fresque extraordinaire en mêlant l’histoire à la vie de Fred Barthélémy et de Flora, deux gosses de 11 et 12 ans, abandonnés dans les rues de Paris. Très rapidement, Fred découvre la lecture grâce aux Misérables, dans la boutique de Paul Delesalle, une librairie spécialisée en publications révolutionnaires et syndicales.

 

Sans le savoir, ces adolescents côtoient quelques membres de la bande à Bonnot. L’auteur s’attache rapidement aux pas de Fred qui nous permet de rencontrer un nombre incroyable de personnalités célèbres et d’autres inconnues et méconnues.

 

 

La Première Guerre mondiale arrive. Flora met déjà au monde leur enfant qu’ils prénomment Germinal alors que Fred a appris le russe pour pouvoir lire Dostoïevski et Tolstoï dans le texte… Il n’a que 14 ans ! Toujours sur fond de pacifisme, d’anarchisme de lutte pour défendre les plus faibles, nous passons en revue toutes les composantes de ce que l’on appelle la Gauche et des luttes fratricides qui les opposent. Alors qu’il est apprenti ajusteur, Fred doit monter pour le front mais sa maîtrise du russe lui donne l’occasion de partir pour Moscou où il devient interprète, en mars 1918. Il adhère au Parti Communiste Français, quitte l’armée et apprend qu’il est condamné à mort par contumace, en France.

 

L’histoire se déroule sous les yeux du lecteur, une histoire vécue de l’intérieur avec tous les aléas qui constituent une vie. Fred revient enfin en France puis c’est la guerre civile en Espagne, la Seconde Guerre mondiale pour nous mener jusqu’à mai 1968.

 

Jean-Paul

Merci à Pierre-Louis qui m’a permis de lire cette formidable histoire romancée du mouvement libertaire et anarchiste tout au long du vingtième siècle.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 21:24

En ce jour de haute montagne sur le Tour de France, il nous paraissait pertinent de publier la chronique du livre Le nez à la fenêtre écrit par Jean-Noël Blanc.

 

Le nez à la fenêtre de Jean-Noël Blanc, Editions Joëlle Losfeld, 2009, 179 pages.

 

L61837.jpgGhislaine me l'avait choisi à la Médiathèque de Saint-Vallier à sa sortie, et je m'étais régalé avec Le nez à la fenêtre de Jean-Noël Blanc. Cette expression, je la connais depuis mes débuts cyclistes, en 1967, sous les couleurs de l'Auto-Cycle Annonéen. Elle désigne le fait de tenter de sortir du peloton, d'attaquer, de ne pas se contenter de "sucer les roues", de rester à l'abri, dans le sillage des autres coureurs. L'auteur illustre formidablement cette expression dans ce livre, un véritable bijou.

Voilà que Maëlle, à Grenoble, a rencontré l'auteur et, sans savoir que j'avais déjà lu  ce livre, l'a acheté pour me l'offrir. A sa demande, Jean-Noël Blanc me l'a dédicacé d'une façon très originale avec un dessin très cordial.

C'est ainsi que je suis reparti dans la roue de Maurice Bénadour et que je me suis encore plus régalé en savourant cette histoire remarquablement menée. Parallèlement, l'auteur nous fait vivre soit avec Momo, enfant, vivant seul avec sa mère dans un immeuble, soit au sein d'une équipe cycliste disputant l'étape Draguignan - Briançon du Tour de France. Les journées passent, l'enfant grandit et l'auteur révèle beaucoup de talent pour tenir son lecteur en haleine. Moi qui lis depuis très longtemps de nombreuses revues spécialisées, jamais je n'ai savouré un récit aussi bien détaillé que celui de ce livre, sur la course vécue de l'intérieur. Tout y est : la tactique, l'observation des moeurs du peloton, l'évolution de la course au milieu de la foule et surtout les sensations du coureur en plein effort.

L'histoire se termine d'une façon terriblement émouvante et je remercie Maëlle pour m'avoir permis de la revivre au côté de Momo, Maurice Bénadour, coureur du Tour.

Jean-Paul

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 23:01

Jean Vasca

L’incertitude, l’insoumission… et les étoiles, 2010

 

Sa voix grave, puissante, profonde touche tout de suite et le charme opère à nouveau. Il y a bien longtemps, trop longtemps que je n’avais pas entendu Jean Vasca. Merci à Jean-Pierre de m’avoir permis de renouer avec l’heureuse époque de la MJC du Polygone, à Valence, et de l’Action Chanson, en m’offrant ce CD.

 

Si la voix accroche tout de suite, ce sont les textes qui régalent vraiment. 14 chansons-poèmes font le bonheur de cet album délicatement illustré par Jean-Marie Aude. Partant Des mots jetés sur la guitare jusqu’à Vers les étoiles, Jean Vasca nous emmène dans son monde où rêve et lutte se côtoient constamment. Dans J’en suis !, il clame sa colère, sa révolte, son indignation : « J’ouvre grand ma gueule à chansons, J’cotise au club des insoumis, J’en suis ! ». Tout le texte mérite d’être cité mais le mieux, c’est, bien sûr, de l’écouter. 

 

Enfin, impossible de passer à côté du texte-titre : « L’incertitude, l’insoumission… et les étoiles », un texte très fort, parlé que Jean Vasca conclut ainsi :

« C’est alors

Qu’une évidence monte et fleurit

Je chante donc je suis

Et quand je suis j’écris

Et quand j’écris je vis »

 

Comme tous ses disques, celui-ci enregistré en 2010 doit s’écouter et se réécouter parce que 14 nouvelles chansons écrites et mises en musique par Jean Vasca, cela se déguste encore et encore.

 

Jean-Paul

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 23:01

Hier, nous avons publié le dernier éditorial de la saison consacré au théâtre et plus particulièrement à la pièce de Will Eno, Ameriville, adaptée par Jean-Marie Besset. Celle-ci a été jouée en partie par des détenus de la Maison d'arrêt. En voici le prologue, passage lu par Jean-Paul.

 

 

Ameriville De Will Eno Adaptation française de Jean-Marie BESSET

 

PROLOGUE

 

Le Présentateur :

 

Mesdames et Messieurs, distingués collègues, membres du conseil d’administration, Amerivilliens, mesdames messieurs les officiels, tout le monde en fait, agents de change, transporteurs, célébrités, quidams, vous tous qui êtes venus, nouveaux venus, nouvellement défunts, piètrement décrits, qui vous faites encore les dents, qui cherchez le verbe adéquat, la phrase belle à citer, l’antiphrase à ne pas dire, vous dont l’ossature est moyenne, les veines quelconques, les alcoolos, les allumés, les cafardeux, les paumés, los pueblos, los animales, les étrangers, les inconnus, les rats de bibliothèque, ceux dont les yeux sont fatigués de s’escrimer à lire quelque chose dans toute chose, ceux à la croisée des chemins, en crise, en quête, dans un fauteuil de velours, les salaces, les affamés, oui, nous les râleurs, les assoiffés, les furieux, les heureux, qui sommes pleins de vie, engorgés de vie, gavés de mots, et bien sûr les endeuillés, les dévastés, et sans oublier les commerçants du quartier, les visages souriants, les gardeurs de place de parking, nous, tant que nous sommes à grisonner doucement, à partir lentement, qui rendons tout cela possible, cette activité, cette festivité, cet espoir, ce rêve rêvé les yeux grand ouverts, amis des disparus, des malades, amis des dépossédés, et aussi bien sûr vous les gens sympathiques et en bonne santé, avec une peau éclatante et une déficience cardiaque congénitale, vous les fanas de sport, les autistes, les fêtards, les non-croyants, les protecteurs des animaux de tout poil, les gens dans le genre vrais gens, avec des doutes, sans certitudes, ni rien d’autre qui vaille la peine d’être mentionné, la majorité d’entre nous, silencieux, bâillonnés, délinquants, à l’arrière-plan, traînant la patte, à bout de temps, d’espoir, de souffle, de cœur, de nerfs, de chances, d’argent, de sang, d’amis, de courage, de foi, de cheveux, de temps, de dents, de temps, de temps, de santé, d’espérance, à bout de tout, de tout ça, ceux dépourvus de tout, ceux nantis de rien, qui n’en peuvent tout simplement plus, qui n’en ont jamais trop pu du reste, les gentils gens gentils, les infiniment blessés, les âmes perdues, les esprits malins, les revenants, les descendants, les fantômes, les ombres, les ancêtres futurs, Mesdames, Messieurs, je sais que j’oublie quelqu’un, les amis, les sympathiques immédiats, les assombris, les citoyens, les gens, les pleins d’espoir, d’espérance, tout le monde, jusqu’au dernier malheureux crevant d’inconsolable solitude, humains mes frères, vous tous êtres vivants et respirant, qui respirez et vivez…bienvenue ! La sortie de secours est par là. Mais vous pouvez tout aussi bien passer par ici.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:01

Nous vous proposons ce lundi le dernier éditorial que Jean-Paul a rédigé pour La Feuille d'Hector, hebdomadaire de la Maison d'arrêt. L'activité journal cesse durant les périodes de vacances scolaires.

 

Le théâtre, une expérience à renouveler (Éditorial du 01/07/2011)

 

Lancée par le pôle culturel du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) sous la responsabilité de Madame Girona, l’activité théâtre a trouvé sa place dans la maison d’arrêt grâce à l’action bénévole des responsables du Théâtre des 13 Vents de Montpellier.

Jean-Marie Besset et Gilbert Désveaux, respectivement directeur et metteur en scène au Théâtre des 13 Vents, Centre dramatique national Languedoc-Roussillon, sont venus à 13 reprises au centre socio-culturel pour faire travailler une dizaine de volontaires.

D’emblée, Jean-Marie Besset a déclaré qu’il travaillerait avec nous comme il a l’habitude de faire avec les comédiens. Alors que nous nous attendions à découvrir une pièce du répertoire classique ou à explorer un texte plus ou moins moderne, il nous a confié une pièce en deux actes qu’il venait de traduire. L’auteur, Will Eno, est nord-américain et Jean-Marie Besset est en train de le faire connaître en France. Cette pièce s’appelle Middeltown, sous le titre français d’Amériville.

Après un tour de table, où chacun a pu exprimer son expérience ou inexpérience du théâtre, nous avons plongé directement dans le style et l’esprit très originaux de Will Eno. En effet, la pièce commence par un long, très long mot d’accueil, complètement délirant. Absence de ponctuation, avalanche de mots, passage du pur burlesque à une déclaration très sérieuse, nous savions d’emblée à quoi nous attendre.

Mais, texte en mains, chacun a pu progresser à son rythme, se révéler à soi-même et aux autres, que ce soit dans des rôles masculins aussi bien que féminins…Nous avons eu rapidement conscience que le temps qui nous était accordé serait insuffisant mais cela n’a pas empêché le travail et quelques progrès démontrés lors d’une présentation officielle. Pour cela, nous pensons qu’une telle activité devrait être permanente avec une équipe la plus fidèle possible et, peut-être, avec un texte moins ambitieux.

Qu’importe ! L’activité théâtre est lancée et une séance était même consacrée à la représentation de Thomas Chagrin, une autre pièce de Will Eno toujours adaptée par Jean-Marie Besset et mise en scène par Gilbert Désveaux. L’unique acteur, Adrien Melin, réalisait une démonstration extraordinaire de son grand talent.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

1400 personnes ont été tuées par la répression en Syrie.

 

13 500 réfugiés ont fui la Syrie. 8500 se sont installés en Turquie et les autres au Liban.

 

20,1 % de la population active est au chômage en Espagne (13,7 % en Irlande, 12,6 % en Grèce).

 

28 % des électeurs allemands se disent prêts à voter pour les verts en 2013.

 

2100 exposants sont présents au 46ème salon aéronautique du Bourget.

 

Jean-Paul

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 23:01

Ce 9 juillet 2011, Jean-Paul a 61 ans. A nouveau, nous sommes privés de partager cet anniversaire en famille.

 

« Par chance », cette date correspond à un jour de parloir. Ainsi, Ghislaine et moi-même serons à ses côtés pendant une heure et quart, le temps du parloir... Parloirs qui, à partir de la semaine prochaine, seront limités à un par semaine ! Cela s’explique par le fait que Jean-Paul soit à présent considéré comme définitivement « condamné » par l’institution judiciaire française vu que le pourvoi en cassation a été rejeté !

 

Il est difficile de comprendre ce système qui tend plutôt vers la déshumanisation de la personne détenue. Evidemment, toutes les personnes enfermées ne sont pas innocentes, mais elles sont amenées un jour à réintégrer la société. Alors quel intérêt de couper brutalement ces visites ?

 

Lui et  nous, sa famille, sommes ainsi privés de ce lien physique puisqu’il devient difficile de tous le voir avec ce passage à un parloir. Malgré l’éloignement de la Maison d’arrêt, presque 3 heures de route aller, nous avons assuré les trois parloirs hebdomadaires depuis le mois d’avril 2010. Et Jean-Paul l’a affirmé à maintes reprises toute la force que cela lui apportait. Alors, il nous reste le courrier, qui heureusement, n’est pas limité quantitativement…

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 23:01

Vincent nous livre sa critique du film consacré à Omar Raddad, film qui ne peut nous laisser indifférent pour de nombreuses raisons...

Omar m’a tuer,

réalisé par Roschdy Zem,

avec Sami Bouajila, Denis Podalydès, Maurice Bénichou, Salomé Stévenin, (2011).

 

22947-affiche_omar_m_a_tuer.jpgTour le monde connaît l’histoire de Omar Raddad, jardinier marocain condamné à 18 ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991, à Mougins, malgré la somme d’invraisemblances et de doutes existant dans le dossier. O. Raddad est gracié en 1996 par Jacques Chirac, après 6 années de détention passées à crier son innocence, allant jusqu’à se mettre en grève de la faim, et tentant même de se suicider. Mais aux yeux de la justice, il reste coupable. Son pourvoi en cassation est rejeté en 1995, la demande de révision en 2002.

Défi périlleux pour Roschdy Zem de réaliser un film sur cette affaire ancrée dans la mémoire collective. Il choisit de narrer l’histoire du point de vue de Jean-Marie Rouart (Pierre-Emmanuel Vaugrenard, incarné par Denis Podalydès dans le film), écrivain, auteur de Omar : la construction d'un coupable (1994), ouvrage sur lequel R. Zem s’est basé pour construire son scénario. On peut lui reprocher cette approche réductrice de l’affaire, n’exploitant pas les autres pistes émises depuis 1991. La reconstitution mentale du crime par P.-E. Vaugrenard est plutôt maladroite, et fait penser à La nuit des héros, alors qu’elle n’était pas nécessaire à l’avancée d’une enquête menée par un écrivain qui évoque plus le travail de Truman Capote sur De sang-froid, qu’une émission de téléréalité !

 

Cependant, Omar m’a tuer se veut un film engagé, et le parti pris est assumé. La réalisation est sobre, et classique. Pas de volonté de rajouter du pathos chez Zem, les scènes du procès sont d’ailleurs peu nombreuses. Comme tout bon biopic qui se respecte, on peut saluer la ressemblance physique entre Omar Raddad et Sami Bouajila, notamment en perdant de nombreux kilos pour les scènes se déroulant en prison. Mais le coup de force de l’interprète d’Indigènes est dans la performance d’acteur à faire passer, par des regards, des attitudes, des postures, le désarroi d’un homme impuissant face à la machine judiciaire et au malheur qui l’accable. Le jeu tout en nuance de Bouajila donne au personnage un visage quasi christique dans le chemin de croix qui le mène vers l’affirmation de son innocence.

 

La reconstitution de la prison se veut réaliste. On peut même saisir l’évolution des conditions de détention dans les années 1990. La production a même eu l’autorisation de filmer l’entrée de la Maison d’Arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone  pour la libération d’O. Raddad.

 

Le réalisateur de Mauvaise foi sème, tout au long des 1h25, les éléments qui ont conduit O. Raddad à cette situation plus que délicate. Enquête bâclée et à charge, délit de sale gueule et racisme, coupable idéal, parti pris du juge en assises, refus de la justice de se remettre en question, tout est finement additionné au cours du métrage, sans volonté de donner la leçon à quiconque. Seulement pointer les dysfonctionnements de la justice des Hommes. Juste montrer le combat d’un homme pour son innocence.

 
 

Vincent

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 23:01

Jean-Paul a rédigé cet article qui a été publié dans le dernier numéro de La Feuille d'Hector sorti le 1er juillet.

 

Au revoir

 

Juillet commence et l’instant arrive où il nous faut dire au revoir à Annie Duclary qui, selon la formule consacrée, fait valoir ses droits à la retraite.

Depuis six ans, elle enseigne ici, prenant le relais de Tony Chavard pour « La Feuille d’Hector », il y a trois ans, réussissant l’exploit de boucler chaque semaine un hebdomadaire et quatre magazines par an, publications entièrement réalisées par une équipe évoluant forcément au fil du temps.

Patiente, exigeante, toujours de bonne humeur, elle a su mener les différentes équipes qui se sont succédées au journal, apportant chaque jour une ouverture sur le monde, un moment de liberté formidable, tellement précieux. Elle n’a pas son pareil pour susciter le débat, l’animer et remettre les choses au point lorsque nécessaire.

Alors que deux longs mois sont devant nous pour les vacances d’été, « La Feuille d’Hector » va bien manquer à ses fidèles lecteurs mais aussi à toute l’équipe qui la réalise. À la rentrée, en septembre, un nouvel enseignant prendra la relève d’Annie mais tous ceux qui ont eu le bonheur de travailler avec elle au fil de ces années, n’oublieront jamais ce que ce travail leur a apporté. Ils lui adressent un Au revoir ému en associant avec elle, Dominique, le Directeur du Centre scolaire.

 

Jean-Paul

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