Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 23:01

Jean Vasca

L’incertitude, l’insoumission… et les étoiles, 2010

 

Sa voix grave, puissante, profonde touche tout de suite et le charme opère à nouveau. Il y a bien longtemps, trop longtemps que je n’avais pas entendu Jean Vasca. Merci à Jean-Pierre de m’avoir permis de renouer avec l’heureuse époque de la MJC du Polygone, à Valence, et de l’Action Chanson, en m’offrant ce CD.

 

Si la voix accroche tout de suite, ce sont les textes qui régalent vraiment. 14 chansons-poèmes font le bonheur de cet album délicatement illustré par Jean-Marie Aude. Partant Des mots jetés sur la guitare jusqu’à Vers les étoiles, Jean Vasca nous emmène dans son monde où rêve et lutte se côtoient constamment. Dans J’en suis !, il clame sa colère, sa révolte, son indignation : « J’ouvre grand ma gueule à chansons, J’cotise au club des insoumis, J’en suis ! ». Tout le texte mérite d’être cité mais le mieux, c’est, bien sûr, de l’écouter. 

 

Enfin, impossible de passer à côté du texte-titre : « L’incertitude, l’insoumission… et les étoiles », un texte très fort, parlé que Jean Vasca conclut ainsi :

« C’est alors

Qu’une évidence monte et fleurit

Je chante donc je suis

Et quand je suis j’écris

Et quand j’écris je vis »

 

Comme tous ses disques, celui-ci enregistré en 2010 doit s’écouter et se réécouter parce que 14 nouvelles chansons écrites et mises en musique par Jean Vasca, cela se déguste encore et encore.

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 23:01

Hier, nous avons publié le dernier éditorial de la saison consacré au théâtre et plus particulièrement à la pièce de Will Eno, Ameriville, adaptée par Jean-Marie Besset. Celle-ci a été jouée en partie par des détenus de la Maison d'arrêt. En voici le prologue, passage lu par Jean-Paul.

 

 

Ameriville De Will Eno Adaptation française de Jean-Marie BESSET

 

PROLOGUE

 

Le Présentateur :

 

Mesdames et Messieurs, distingués collègues, membres du conseil d’administration, Amerivilliens, mesdames messieurs les officiels, tout le monde en fait, agents de change, transporteurs, célébrités, quidams, vous tous qui êtes venus, nouveaux venus, nouvellement défunts, piètrement décrits, qui vous faites encore les dents, qui cherchez le verbe adéquat, la phrase belle à citer, l’antiphrase à ne pas dire, vous dont l’ossature est moyenne, les veines quelconques, les alcoolos, les allumés, les cafardeux, les paumés, los pueblos, los animales, les étrangers, les inconnus, les rats de bibliothèque, ceux dont les yeux sont fatigués de s’escrimer à lire quelque chose dans toute chose, ceux à la croisée des chemins, en crise, en quête, dans un fauteuil de velours, les salaces, les affamés, oui, nous les râleurs, les assoiffés, les furieux, les heureux, qui sommes pleins de vie, engorgés de vie, gavés de mots, et bien sûr les endeuillés, les dévastés, et sans oublier les commerçants du quartier, les visages souriants, les gardeurs de place de parking, nous, tant que nous sommes à grisonner doucement, à partir lentement, qui rendons tout cela possible, cette activité, cette festivité, cet espoir, ce rêve rêvé les yeux grand ouverts, amis des disparus, des malades, amis des dépossédés, et aussi bien sûr vous les gens sympathiques et en bonne santé, avec une peau éclatante et une déficience cardiaque congénitale, vous les fanas de sport, les autistes, les fêtards, les non-croyants, les protecteurs des animaux de tout poil, les gens dans le genre vrais gens, avec des doutes, sans certitudes, ni rien d’autre qui vaille la peine d’être mentionné, la majorité d’entre nous, silencieux, bâillonnés, délinquants, à l’arrière-plan, traînant la patte, à bout de temps, d’espoir, de souffle, de cœur, de nerfs, de chances, d’argent, de sang, d’amis, de courage, de foi, de cheveux, de temps, de dents, de temps, de temps, de santé, d’espérance, à bout de tout, de tout ça, ceux dépourvus de tout, ceux nantis de rien, qui n’en peuvent tout simplement plus, qui n’en ont jamais trop pu du reste, les gentils gens gentils, les infiniment blessés, les âmes perdues, les esprits malins, les revenants, les descendants, les fantômes, les ombres, les ancêtres futurs, Mesdames, Messieurs, je sais que j’oublie quelqu’un, les amis, les sympathiques immédiats, les assombris, les citoyens, les gens, les pleins d’espoir, d’espérance, tout le monde, jusqu’au dernier malheureux crevant d’inconsolable solitude, humains mes frères, vous tous êtres vivants et respirant, qui respirez et vivez…bienvenue ! La sortie de secours est par là. Mais vous pouvez tout aussi bien passer par ici.

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:01

Nous vous proposons ce lundi le dernier éditorial que Jean-Paul a rédigé pour La Feuille d'Hector, hebdomadaire de la Maison d'arrêt. L'activité journal cesse durant les périodes de vacances scolaires.

 

Le théâtre, une expérience à renouveler (Éditorial du 01/07/2011)

 

Lancée par le pôle culturel du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) sous la responsabilité de Madame Girona, l’activité théâtre a trouvé sa place dans la maison d’arrêt grâce à l’action bénévole des responsables du Théâtre des 13 Vents de Montpellier.

Jean-Marie Besset et Gilbert Désveaux, respectivement directeur et metteur en scène au Théâtre des 13 Vents, Centre dramatique national Languedoc-Roussillon, sont venus à 13 reprises au centre socio-culturel pour faire travailler une dizaine de volontaires.

D’emblée, Jean-Marie Besset a déclaré qu’il travaillerait avec nous comme il a l’habitude de faire avec les comédiens. Alors que nous nous attendions à découvrir une pièce du répertoire classique ou à explorer un texte plus ou moins moderne, il nous a confié une pièce en deux actes qu’il venait de traduire. L’auteur, Will Eno, est nord-américain et Jean-Marie Besset est en train de le faire connaître en France. Cette pièce s’appelle Middeltown, sous le titre français d’Amériville.

Après un tour de table, où chacun a pu exprimer son expérience ou inexpérience du théâtre, nous avons plongé directement dans le style et l’esprit très originaux de Will Eno. En effet, la pièce commence par un long, très long mot d’accueil, complètement délirant. Absence de ponctuation, avalanche de mots, passage du pur burlesque à une déclaration très sérieuse, nous savions d’emblée à quoi nous attendre.

Mais, texte en mains, chacun a pu progresser à son rythme, se révéler à soi-même et aux autres, que ce soit dans des rôles masculins aussi bien que féminins…Nous avons eu rapidement conscience que le temps qui nous était accordé serait insuffisant mais cela n’a pas empêché le travail et quelques progrès démontrés lors d’une présentation officielle. Pour cela, nous pensons qu’une telle activité devrait être permanente avec une équipe la plus fidèle possible et, peut-être, avec un texte moins ambitieux.

Qu’importe ! L’activité théâtre est lancée et une séance était même consacrée à la représentation de Thomas Chagrin, une autre pièce de Will Eno toujours adaptée par Jean-Marie Besset et mise en scène par Gilbert Désveaux. L’unique acteur, Adrien Melin, réalisait une démonstration extraordinaire de son grand talent.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

1400 personnes ont été tuées par la répression en Syrie.

 

13 500 réfugiés ont fui la Syrie. 8500 se sont installés en Turquie et les autres au Liban.

 

20,1 % de la population active est au chômage en Espagne (13,7 % en Irlande, 12,6 % en Grèce).

 

28 % des électeurs allemands se disent prêts à voter pour les verts en 2013.

 

2100 exposants sont présents au 46ème salon aéronautique du Bourget.

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 23:01

Ce 9 juillet 2011, Jean-Paul a 61 ans. A nouveau, nous sommes privés de partager cet anniversaire en famille.

 

« Par chance », cette date correspond à un jour de parloir. Ainsi, Ghislaine et moi-même serons à ses côtés pendant une heure et quart, le temps du parloir... Parloirs qui, à partir de la semaine prochaine, seront limités à un par semaine ! Cela s’explique par le fait que Jean-Paul soit à présent considéré comme définitivement « condamné » par l’institution judiciaire française vu que le pourvoi en cassation a été rejeté !

 

Il est difficile de comprendre ce système qui tend plutôt vers la déshumanisation de la personne détenue. Evidemment, toutes les personnes enfermées ne sont pas innocentes, mais elles sont amenées un jour à réintégrer la société. Alors quel intérêt de couper brutalement ces visites ?

 

Lui et  nous, sa famille, sommes ainsi privés de ce lien physique puisqu’il devient difficile de tous le voir avec ce passage à un parloir. Malgré l’éloignement de la Maison d’arrêt, presque 3 heures de route aller, nous avons assuré les trois parloirs hebdomadaires depuis le mois d’avril 2010. Et Jean-Paul l’a affirmé à maintes reprises toute la force que cela lui apportait. Alors, il nous reste le courrier, qui heureusement, n’est pas limité quantitativement…

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
commenter cet article
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 23:01

Vincent nous livre sa critique du film consacré à Omar Raddad, film qui ne peut nous laisser indifférent pour de nombreuses raisons...

Omar m’a tuer,

réalisé par Roschdy Zem,

avec Sami Bouajila, Denis Podalydès, Maurice Bénichou, Salomé Stévenin, (2011).

 

22947-affiche_omar_m_a_tuer.jpgTour le monde connaît l’histoire de Omar Raddad, jardinier marocain condamné à 18 ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991, à Mougins, malgré la somme d’invraisemblances et de doutes existant dans le dossier. O. Raddad est gracié en 1996 par Jacques Chirac, après 6 années de détention passées à crier son innocence, allant jusqu’à se mettre en grève de la faim, et tentant même de se suicider. Mais aux yeux de la justice, il reste coupable. Son pourvoi en cassation est rejeté en 1995, la demande de révision en 2002.

Défi périlleux pour Roschdy Zem de réaliser un film sur cette affaire ancrée dans la mémoire collective. Il choisit de narrer l’histoire du point de vue de Jean-Marie Rouart (Pierre-Emmanuel Vaugrenard, incarné par Denis Podalydès dans le film), écrivain, auteur de Omar : la construction d'un coupable (1994), ouvrage sur lequel R. Zem s’est basé pour construire son scénario. On peut lui reprocher cette approche réductrice de l’affaire, n’exploitant pas les autres pistes émises depuis 1991. La reconstitution mentale du crime par P.-E. Vaugrenard est plutôt maladroite, et fait penser à La nuit des héros, alors qu’elle n’était pas nécessaire à l’avancée d’une enquête menée par un écrivain qui évoque plus le travail de Truman Capote sur De sang-froid, qu’une émission de téléréalité !

 

Cependant, Omar m’a tuer se veut un film engagé, et le parti pris est assumé. La réalisation est sobre, et classique. Pas de volonté de rajouter du pathos chez Zem, les scènes du procès sont d’ailleurs peu nombreuses. Comme tout bon biopic qui se respecte, on peut saluer la ressemblance physique entre Omar Raddad et Sami Bouajila, notamment en perdant de nombreux kilos pour les scènes se déroulant en prison. Mais le coup de force de l’interprète d’Indigènes est dans la performance d’acteur à faire passer, par des regards, des attitudes, des postures, le désarroi d’un homme impuissant face à la machine judiciaire et au malheur qui l’accable. Le jeu tout en nuance de Bouajila donne au personnage un visage quasi christique dans le chemin de croix qui le mène vers l’affirmation de son innocence.

 

La reconstitution de la prison se veut réaliste. On peut même saisir l’évolution des conditions de détention dans les années 1990. La production a même eu l’autorisation de filmer l’entrée de la Maison d’Arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone  pour la libération d’O. Raddad.

 

Le réalisateur de Mauvaise foi sème, tout au long des 1h25, les éléments qui ont conduit O. Raddad à cette situation plus que délicate. Enquête bâclée et à charge, délit de sale gueule et racisme, coupable idéal, parti pris du juge en assises, refus de la justice de se remettre en question, tout est finement additionné au cours du métrage, sans volonté de donner la leçon à quiconque. Seulement pointer les dysfonctionnements de la justice des Hommes. Juste montrer le combat d’un homme pour son innocence.

 
 

Vincent

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 23:01

Jean-Paul a rédigé cet article qui a été publié dans le dernier numéro de La Feuille d'Hector sorti le 1er juillet.

 

Au revoir

 

Juillet commence et l’instant arrive où il nous faut dire au revoir à Annie Duclary qui, selon la formule consacrée, fait valoir ses droits à la retraite.

Depuis six ans, elle enseigne ici, prenant le relais de Tony Chavard pour « La Feuille d’Hector », il y a trois ans, réussissant l’exploit de boucler chaque semaine un hebdomadaire et quatre magazines par an, publications entièrement réalisées par une équipe évoluant forcément au fil du temps.

Patiente, exigeante, toujours de bonne humeur, elle a su mener les différentes équipes qui se sont succédées au journal, apportant chaque jour une ouverture sur le monde, un moment de liberté formidable, tellement précieux. Elle n’a pas son pareil pour susciter le débat, l’animer et remettre les choses au point lorsque nécessaire.

Alors que deux longs mois sont devant nous pour les vacances d’été, « La Feuille d’Hector » va bien manquer à ses fidèles lecteurs mais aussi à toute l’équipe qui la réalise. À la rentrée, en septembre, un nouvel enseignant prendra la relève d’Annie mais tous ceux qui ont eu le bonheur de travailler avec elle au fil de ces années, n’oublieront jamais ce que ce travail leur a apporté. Ils lui adressent un Au revoir ému en associant avec elle, Dominique, le Directeur du Centre scolaire.

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 23:01

Après nous avoir proposé les chroniques des deux premiers recueils de nouvelles écrits par Charlotte Boyer, voici celle de sa dernière publication. Un grand merci à l'auteure de nous avoir envoyé son livre afin de le transmettre à Jean-Paul.

 

Couverture-Adrien-Poche-non-illustre.jpg

Adrien Poche de Charlotte Boyer, TheBookEdition, 2011, 77 pages

 

Petit à petit, Charlotte Boyer glisse vers le roman mais Adrien Poche est encore qualifié de nouvelle parce que l’histoire est courte. C’est vite lu, vite dégusté et c’est un régal qui peut s’apprécier une, voire plusieurs fois.

 

Quand le lieutenant Tarmé donne d’office un mois de vacances à Adrien, simple et policier qui espère devenir inspecteur, celui-ci n’en croit pas ses oreilles. Ses rêves de Californie vont pouvoir se réaliser parce qu’il débarque peu après à Glen Elen au Jack London Lodge, un motel où les gens et l’ambiance sont de plus en plus bizarres. L’intrigue se noue rapidement autour d’un meurtre et de notre Adrien qui joue parfaitement l’idiot tout en faisant preuve de beaucoup de courage. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir de lire Charlotte Boyer, jeune auteure au style très agréable et qui n’ a pas fini de nous étonner.

 Jean-Paul

Merci à Charlotte pour ce nouveau livre et pour sa dédicace très encourageante.

 


Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
commenter cet article
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 23:01

Jean-Paul nous a envoyé en fin de semaine dernière toutes les précisions nécessaires pour faire un bilan complet de l'opération. Le total des cartes postales reçues est de 158. Pour souvenir, lors de l'opération 300 jours, le nombre de courriers s'élevait à 153. Un grand merci pour avoir ainsi contribué à ce que cette opération soit un succès et permette à Jean-Paul d'accumuler toutes les forces nécessaires afin de traverser son deuxième été. Nous comptons sur vous pour continuer à lui adresser des lettres ou des cartes postales pendant cette période estivale.

 

Nous vous proposons également les lieux d'où les cartes ont été envoyées. Tout d'abord, commençons par celles provenant de France :

 


Afficher Opération 500 jours - Cartes postales françaises sur une carte plus grande
________________________________
Voici un agrandissement du couloir rhodanien d'où un nombre important de courriers est parti :

Afficher Opération 500 jours - Cartes postales françaises sur une carte plus grande
_______________________________
Enfin, voici les localités hors territoire français :
On ne lâchera pas ! Le combat continue.
Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 23:01

Dans l'éditorial de La Feuille d'Hector du 24 juin Jean-Paul a décidé de relater à nouveau un évènement concernant le Mexique : celui de l'insécurité à travers une marche pacifique. Bonne lecture.

 

Des mexicains contre l’inacceptable (Éditorial du 24/06/2011)

 

Depuis le 4 juin, à l’initiative du poète Javier Sicilia, une caravane de quinze autocars est partie de Mexico et sillonne les régions les plus ravagées par la guerre des cartels de la drogue afin d’attirer l’attention des autorités et de la société sur les drames causés par cette violence qui a causé 37 000 morts, depuis fin 2006. Parce que son fils a été assassiné par un gang de narcotrafiquants, Sicilia a pris la tête de cette manifestation pour la paix, réclamant justice et dignité pour tous.

 

 

Cette caravane est inédite au Mexique. Au fil de son déplacement à travers le pays, des rencontres sont organisées avec les proches des personnes assassinées afin de les sortir de l’anonymat. Les meetings se suivent et permettent de récolter des signatures pour un pacte national mettant fin à l’impunité et éradiquant la corruption. Pourtant, cette protestation civile a du mal à faire germer la révolte dans un pays plongé dans une terrible apathie.

Cette caravane ira jusqu’à Ciudad Juárez, cette ville proche de la frontière avec les USA. Cette ville est la plus dangereuse du monde. On y dénombre trois fois plus d’homicides qu’à Bagdad. À ce sujet, il faut lire  « Des os dans le désert », de Sergio González Rodriguez. C’est dans cette ville que doit se tenir la cérémonie officielle de signature du pacte national pour reconstruire le pays.

Ce pacte revendique six mesures essentielles pour sortir de cette situation dramatique : vérité et justice sur les milliers d’assassinats et disparitions jamais élucidées, fin de l’approche militariste et de la guerre contre le narcotrafic, remise en ordre des institutions judiciaires et application d’une justice efficace et équitable, lutte contre le blanchiment d’argent, recomposition du tissu social, démocratie participative et indépendance des médias. Hélas, ce pacte est rejeté en bloc par le gouvernement mexicain qui privilégie le côté sécuritaire, assimilant le trafic de drogue à la délinquance et lançant des interventions militaires contre le crime organisé. Le résultat de cette stratégie est connu : 37 000 morts en quatre ans.

Le mandat de Felipe Calderón se termine l’an prochain et le président parie sur l’essoufflement du mouvement. Les partis politiques ne sont pas suivis par le peuple qui sympathise avec le mouvement sans se mobiliser en masse. L’abstention massive préconisée par Sicilia pour la prochaine présidentielle serait un signe fort.

 

Les chiffres de la semaine

 

14 000 voitures sont vendues chaque jour en Chine.

 

8 personnes ont été tuées chaque jour à Ciudad Juárez (Mexique), en moyenne, pour l’année 2010.

 

64 971 personnes étaient détenues en France, le 1er juin 2011, un nouveau record.

 

16 500 exploitations bio sont recensées en France (43 000 en Italie, 129 000 au Mexique).

 

40 % des produits bio consommés en France doivent être importés.

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article
1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:01

Voici la suite et la fin de la présentation faite par Jean-Paul dans le magazine d'Hector. Bon Tour à tous.

 

1ère Partie

 

La montagne est reine

Est-ce un hasard mais la haute montagne débutera le 14 Juillet, jour de fête nationale, avec l’ascension du prestigieux col du Tourmalet (2115 m) qui sera suivie par la difficile montée à la station de Luz-Ardiden (1715 m). Le lendemain, il faudra franchir l’Aubisque (1709 m) puis ce sera la très sélective étape Saint-Gaudens – Plateau de Beille avec six escalades réparties sur 168,5 km : Portet d’Aspet (1069), la Core (1395 m), Latrape (1110 m), Agnès (1570 m), Lers (1517 m) et Beille (1780 m).

Trois jours après, le col de Manse (1268 m) précèdera l’arrivée à Gap. Ensuite, il faudra escalader le Montgenèvre (1860 m) et Sestrière (2035 m) pour arriver à Pinerolo. 82 km seront courus en Italie. Le jeudi 21 juillet, la course devra effectuer 107 km pour revenir en France par le col Agnel, le toit du Tour (2744 m). Suivront l’Izoard (2360 m) et le Galibier (2645 m) où l’arrivée sera tracée. Ce jour-là, l’étape fera 200,5 km et les coureurs grimperont pendant 22 km au-dessus de 2000 m. L’étape du lendemain sera courte (109,5 km) mais très dure et sûrement spectaculaire avec le col du Télégraphe (1566 m) et le Galibier à nouveau mais depuis l’autre versant. Le final de l’étape sera la fabuleuse ascension de l’Alpe d’Huez (1850 m) avec ses 21 virages et une foule incroyable tout au long des 15 km menant à la station. Ce soir-là, le classement final du Tour sera pratiquement établi mais il restera le contre-la-montre de 42,5 km, à Grenoble, pour peaufiner tous les classements.

 

 

22 équipes au départ et 198 coureurs pour un maillot jaune

198 coureurs seront au départ, le samedi 2 juillet, répartis en 22 équipes. Cinq équipes françaises tenteront de rééditer les belles performances accomplies l’an dernier : AG2R, Cofidis, Europcar, FDJ et Saur-Sojasun. Quatre formations représenteront les USA, trois l’Italie, deux l’Espagne, la Belgique et la Hollande. Enfin, le Kazakhstan, la Russie, le Danemark et la Grande-Bretagne auront une équipe au départ.

L’espagnol Alberto Contador dont l’affaire ne sera tranchée qu’après le Tour, sera bien là pour défendre son titre. Après la démonstration qu’il vient de faire sur le Giro (tour d’Italie), il semble très difficile à battre. Le Luxembourgeois Andy Schleck sera son plus rude adversaire mais, au rique d’en oublier, d’autres coureurs pourraient se distinguer : Nicolas Roche, Alexandre Vinokourov, Cadel Evans, David Moncoutié, Thomas Voeckler, Samuel Sanchez, Pierrick Fédrigo, Danilo Di Luca, Ivan Basso, José Joaquim Rojas, Philippe Gilbert, Sylvain Chavanel, Robert Gesink, Janez Brajkovic, Jérôme Coppel, Baddley Wiggins sans oublier les sprinters comme Thor Hushovd, Alessandro Petacchi, Mark Cavendidish et Romain Feillu.

N’oublions pas qu’un des charmes du Tour, c’est de réserver des surprises. Souffrance et bonheur sont souvent à l’ordre du jour de cette grande épreuve sportive.

 

Pour un maillot jaune et un Galibier centenaire

Alors que la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques ne créent l’événement que tous les quatre ans, le Tour de France réussit l’exploit de captiver l’attention de tous les médias chaque année.

La télévision est sa principale caisse de résonance. Il faut dire que beaucoup de personnes, pas spécialement attirées par le cyclisme, se régalent avec les vues d’hélicoptère et les commentaires de Jean-Paul Ollivier sur le patrimoine et la richesse des paysages si diversifiés offerts par la France et souvent par un pays voisin.

Le maillot jaune, objet de toutes les convoitises, n’a pas toujours existé. C’est en 1919 qu’il a été créé pour distinguer le premier du classement général par Henri Desgranges, le directeur du journal L’Auto, l’Équipe aujourd’hui, et créateur du Tour. Comme ce journal était imprimé sur du papier jaune, c’est cette couleur qui s’est imposée. Les initiales (HD) de celui qui a créé cette épreuve mythique, sont toujours sur le maillot jaune aujourd’hui. Le premier porteur de cette prestigieuse tunique fut Eugène Christophe. Le Giro, le tour d’Italie, suivra la même démarche en attribuant un maillot rose au premier de son classement général. La Gazzetta dello Sport, le journal organisateur, est imprimé sur du papier rose.

Cette année, le col du Galibier (photo ci-contre), dans les Alpes, sera escaladé à deux reprises, avec une arrivée au sommet, pour fêter son centenaire puisqu’il avait été grimpé pour la première fois par le Tour, en 1911. l’an dernier, pour les mêmes raisons, c’est le col pyrénéen du Tourmalet qui avait été honoré. Le Tour de France aime mettre en valeur son histoire. Voilà encore un charme supplémentaire.

 

Jean-Paul

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article