Jean-Paul répond à vos questions Partie 1

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache
  • La vie en prison

Il y a quelques semaines, nous vous avions sollicité afin de savoir si vous aviez des questions à poser à Jean-Paul. Voici celle qu’un internaute nous a envoyée et à laquelle Jean-Paul a répondu. N'hésitez pas à nous envoyer votre question, nous la transmettrons à Jean-Paul. Merci.


« Comment se déroulent les parloirs ? »

 

D’abord, il faut pouvoir y aller. Si je suis dans ma cellule, je suis dépendant du surveillant qui doit venir m’ouvrir. Il peut venir trop tôt, à l’heure ou… trop tard. Dans la cellule, il y a un bouton qui allume une petite lumière rouge, à côté de la porte, dans le couloir. Seulement, si personne ne passe, la lampe reste allumée en vain. Il m’est arrivé de me présenter au parloir avec 15 bonnes minutes de retard. C’est très stressant. Quand je suis appelé trop tôt, cela stresse aussi parce qu’il faut attendre avec les autres. Pour l’instant, je n’ai pratiquement pas été embêté à ce moment-là. Enfin, la porte s’ouvre et nous passons un par un devant le surveillant qui prend notre petit papier, la convocation, et nous appose un tampon invisible sur le dos de la main.  Quand on la passe sous une lumière violette, apparaît un chiffre. Cela permet d’éviter un échange…

 

Ensuite, il faut trouver dans quel box se trouve la famille, insérer sa carte de circulation sur cette porte et attendre qu’un autre surveillant vienne ouvrir. Derrière la vitre, je vois la ou les personnes qui ont fait un si long déplacement pour venir me voir et passer 1h15 avec moi. Bien sûr, mon cœur bat plus vite et les premières embrassades font un bien fou. On apprécie d’être dans un box préservant une certaine intimité, même si les deux portes d’accès sont vitrées. Ça résonne un peu, la propreté laisse à désirer mais ce temps si précieux passe à une vitesse folle. La demi-heure supplémentaire que nous avons ici, par rapport à Nîmes, change beaucoup ce temps de visite parce que nous pouvons parler sans affolement, sans la peur d’oublier quelque chose. Malgré tout, l’heure de fin arrive quand même bien trop vite et il faut s’arracher, se séparer à nouveau. C’est très dur à chaque fois parce que nous nous demandons toujours : « Pourquoi ? » Il faut alors sortir du box, voir la porte se refermer. Encore quelques signes de chaque côté de la vitre, quelques mots échangés puis il faut s’en aller et rejoindre les autres pour attendre la fouille règlementaire. Pour cela, nous passons un par un dans un box avec un surveillant devant lequel il faut se déshabiller. Ce n’est pas le moment le plus agréable du parloir ! Autant cela me révoltait les premières fois que, maintenant, j’en ai pris mon parti. J’essaie de vivre encore intérieurement et intensément le moment de bonheur que je viens de vivre avec mes proches. Avant de réintégrer la cellule, quand tout le groupe a été fouillé, nous récupérons les sacs que nous ont laissés nos visiteurs. Il peut y avoir des journaux, des revues, des livres ou bien du linge et cela permet de prolonger ces moments intenses de communication avec la vraie vie.

 

Jean-Paul

 

 

Partie 2

 

En complément, vous pouvez lire l'article sur les parloirs côté famille et le témoignage de Françoise, soeur de Jean-Paul.

 

 

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marie 07/12/2010 14:04



Relire également le témoignage de Françoise du 9 octobre :"inimaginable, impossible, insoutenable", qui décrit très bien  le stress vécu par les familles à chaque parloir 



bernard 07/12/2010 13:42



Ce bouton, situé dans la cellule est le seul moyen d'appel que possèdent les détenus; si l'appel est urgent, malaise, agression, et que les surveillants tardent à répondre, il reste aussi la
solution de crier, de hurler si on le peut; mais comme les cris, les hurlements sont très fréquents, on comprend bien que le temps de réaction des surveillants peut être long; ajoutez à cela,
comme dans toute la fonction publique, une diminution du personnel pénitentiaire...



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