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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 15:52

Cette semaine est paru un article portant sur les interviews de célébrités, rubrique de l'hebdomadaire La Feuille d'Hector, . Chaque semaine, vous avez eu droit à l'éditorial rédigé par Jean-Paul ainsi que ses différentes chroniques littéraires. Alors n'hésitez pas à cliquer sur l'image ci-dessous pour découvrir cet article du Midi Libre. Bonne lecture.

 

 

hector

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 23:00

Il y a quelques temps, nous vous avions proposé des extraits  d'un courrier écrit par Marc, une personne détenue à Villeneuve-lès-Maguelone ; aujourd'hui, en voici un second. Nous remercions à nouveau son auteur qui nous accorde le droit de le publier.

 

Lettre de Marc, écrite le 9 juin 2013, reçue par jean-Paul le 11 juin.

 

Mon très cher Jean-Paul,

 

En ce dimanche 09, jour de ta liberté, oh mon dieu !... que je suis super content pour toi !

 

J’ai passé ce dernier week-end avec toi, samedi, je n’ai pas vu la journée passer. Nous avons fait un bon casse-croûte. Il nous manquait un peu de vin mais on va attendre pour trinquer. Je pense que ta petite Gigi t’a préparé un bon petit dîner pour ce soir, avec un peu de vin… Comme tu as sûrement perdu l’habitude et que tu as perdu le palais, fais très attention au dosage. Je te fais confiance pour cela.

 

Ce dimanche, cela a été une journée un peu dure et pas comme d’habitude. Je suis rentré dans ta cellule avec un pincement au cœur : c’était la journée du déménagement. J’ai vu tes sacs bien remplis, les photos bien rangées. Tu es vraiment famille car tu les as enlevées au dernier moment.

 

À 13 h 30, quand j’ai pris mon chariot1 pour prendre tes affaires, je me suis dit « Mon petit Jean-Paul, tu vas partir dans un département voisin qui est l’Ardèche, ton pays que tu adores… » On a tout chargé, la grille verrouillée s’est ouverte avec l’aide du surveillant. On a pris l’ascenseur et te voilà vers la sortie. Je n’ai pu aller jusqu’au vestiaire. Je te l’avoue, j’ai eu une larme qui a coulé… Je me suis dit : « Je le reverrai un jour… »

 

J’espère que ta femme était à l’heure mais, pour cela, je lui fais confiance. Je me doute que c’était une grande joie pour vous. Vous vous êtes dit : « Adieu Villeneuve-lès-Maguelone, ces murs gris, ces grillages et ces barbelés. » J’espère que vous avez fait bonne route.

 

Tu as retrouvé de la verdure, ta maison. Comme tu me l’avais dit au retour de ta permission, rien n’a changé chez toi. Comme on en a parlé ce samedi, tu as une perle, je parle de ta femme. Elle a eu beaucoup de courage. Elle t’a soutenu avec une grande pugnacité : tous les mardis, un petit message sur la radio (RCF Maguelone-Hérault), dans l’émission Hors les murs2, un courrier toutes les semaines et sans oublier un parloir par semaine. Tu as été beaucoup soutenu par ta famille, tes amis et ton comité de soutien. C’est une preuve que tu es un garçon très attachant et surtout serviable. Je n’oublierai jamais les services que tu m’as rendus.

 

Je te l’ai dit de vive voix. J’ai eu trois AVC, tout mon côté gauche était paralysé. C’était en 2003. je suis resté six mois en soins intensifs. Quand j’en suis sorti, je ne pouvais pas écrire mon nom et j’avais perdu toute mon orthographe. Tu m’as beaucoup aidé et tous les week-ends, je te dérangeais. Tu m’as fait des cours. Tu as été un super professeur et cela je ne l’oublierai jamais : un grand merci à mon petit Jean-Paul !

 

Je vais m’arrêter là, en espérant que cette lettre vous trouvera en pleine forme. Surtout, donne-moi des nouvelles… ?

 

Profite de la vie. Tu le mérites tellement. Je t’embrasse très fort.

Marc

 

PS : Excuse-moi pour les fautes… C’est mon cœur qui a écrit… Tu as été le premier à me fêter mon anniversaire. Merci.

 

1Marc est auxiliaire d’étage, auxi d’étage comme on dit… et il s’occupe, entre autres tâches (ménage, nettoyages divers, distribution des repas…), des déménagements d’une cellule à l’autre, des changements de bâtiment et d’accompagner ceux qui sortent…

 

2Il s’agit de l’émission de radio hebdomadaire si précieuse pour le moral des détenus.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 11:14

Trois fois par semaine puis plus qu'une seule fois, les parloirs ont inexorablement marqué les 1223 jours d’incarcération que Jean-Paul a vécus. Ces moments chargés d’intensité et d'émotion ont été un moyen pour Jean-Paul, sa famille et ses amis de tenir. Dans ces lieux très impersonnels et exigus, Jean-Paul a vu quasiment chaque semaine son épouse, Ghislaine. Il a également vu grandir ses petites filles qui n’ont pas manqué de lui rendre visite lors de chaque période de vacances scolaires. C’est aussi dans ce cadre-là qu’il a fait connaissance de son premier petit-fils, début 2013.

 

Les principaux liens physiques avec le monde extérieur ont eu lieu entre quatre murs et deux portes (avec une petite vitre pour chacune d’elle) fermées à clé. A propos de l’importance des parloirs pour les détenus, on peut se rappeler de l’intervention de Dominique Wiel à Tournon en 2007 dans laquelle il avait longuement souligné le fait que sa famille n’avait jamais raté une seule semaine de parloir malgré la distance entre domicile et prison !

 

Entre mars 2010 et le dimanche 9 juin 2013, chaque semaine, famille et amis de Jean-Paul se sont rendus aux parloirs. Jusqu’au refus du pourvoi en cassation en mai 2011, Jean-Paul avait droit à trois parloirs hebdomadaires ; après cette date, ce nombre fut réduit à un.

 

Au total, nous comptabilisons 205 parloirs d’assurés que ce soit à Nîmes et à Villeneuve lès Maguelone :

            - 30 à Nîmes en 2010

            - 101 en 2011 dont 80 à Nîmes et 21 à Villeneuve

            - 52 en 2012

            - 22 en 2013 et un dernier trajet pour aller chercher et ramener Jean-Paul

 

A ce chiffre, il faudrait rajouter les parloirs ayant eu lieu à Privas, soit une quinzaine.

 

Si nous calculons le nombre de kilomètres parcourus entre Sarras et Nîmes (280km aller-retour) puis Montpellier (500km aller-retour), nous arrivons à près de 78 300 kilomètres !

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:00

Aujourd'hui, nous vous proposons des extraits de la lettre de Marc, écrite le 5 juin 2013, reçue le 7 juin et lue le 9 juin, dans la voiture ramenant Jean-Paul chez lui… Nous le remercions d'avoir accepté la publication de son courrier et lui souhaitons évidemment beaucoup de courage car Marc continue d'être incarcéré.

 

Mon très cher Jean-Paul,

 

Avant de regarder Uruguay – France, il est 18 h 30, je suis dans ma cellule. Je me suis dit : « Je vais écrire à mon petit Jean-Paul. » Je voudrais tellement que cette lettre t’arrive ce samedi 8 et que tu la lises à ton arrivée.

 

Cet après-midi, j’ai marché avec toi. Je me disais : « C’est la dernière fois que je suis avec lui sur ce stade sans gazon… » À un moment, je t’ai dit : « Regarde bien cette montagne en face de toi, les grilles, le béton et les barbelés. Tu ne reverras plus tout cela… » Mais je te rassure, on fera un jour des randonnées sur l’Aubrac ou ailleurs. Je vais continuer à m’entraîner tous les lundis et mercredis après-midi pour que je sois en forme. Toi et ta petite femme, vous allez reprendre le vélo et je sais que vous allez garder la condition.

 

Dimanche, ton jour venu, vive la liberté pour toi ! Ta famille, tes amis t’attendent. Fini grilles, portes, serrures verrouillées, l’attente d’un surveillant pour ouvrir sa cellule et prendre une bonne douche et toute cette patience qu’il faut avoir. J’ai mon imagination et mon esprit tout remplis de toi. Je ne puis t’oublier. Partout où j’irai, dans cette maison d’arrêt, ton ombre me suivra mais je te l’avais dit déjà de vive voix. Tu es devenu un grand ami. Comme tu as pu le voir, sur les 750 détenus présents, il en a eu un qui est sorti du lot : mon Jean-Paul !... Tu es quelqu’un avec de grandes valeurs, honnête et un grand cœur. Je ne sais pas comment te dire un grand merci pour les services que tu m’as rendus. Quand j’avais besoin de faire une lettre, tu as été toujours présent. Je n’oublierai jamais les bons week-ends passés ensemble. On parlait beaucoup de sport. On partageait quand même de bons moments.

 

Maintenant, je serai loin de toi. Tu seras loin de mes yeux qui sont bien malheureux mais la chose que je peux te dire, malgré la distance, c’est qu’il n’y a qu’à toi que je portais une grande estime.

 

Pour toi, une nouvelle vie va commencer : un peu de jardinage, bientôt le Tour de France. Fais attention aux premiers verres de vin ! Bois avec modération !

 

Je vais m’arrêter là pour ce soir car je vais manger et puis regarder le match de foot : « Allez la France ! » Surtout, profite de la vie. Fais le plein d’un maximum de forces, profite bien de ta famille et de tes proches. Sache que tu vas beaucoup me manquer mais je suis super content pour toi que tu retrouves la liberté et, on peut le dire, tout ça pour rien.

Je t’embrasse bien fort.

Marc

 

PS : et dire qu’on a regardé un derby Lyon/ASSE ensemble, c’est beau !

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:53

Nous vous proposons le dernier éditorial que Jean-Paul a rédigé depuis la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelone. Vous remarquerez que son titre est en parfaite adéquation avec sa nouvelle situation. De plus, "l'aventure" liant l'hebdomadaire de la Feuille d'Hector et Jean-Paul n'est pas terminée. Nous vous en dirons davantage dans les prochains jours... 

 

Et encore merci de nous être aussi fidèles... Hier vous avez été 138 à venir sur le blog !

 

Sérénité et apaisement (Éditorial du vendredi 7 juin 2013)

 

« De là où je suis, je peux laisser vagabonder mon regard sur les plaines et les collines qui défilent au travers de la vitre bordant ma table. » Ainsi, Bernard nous emmène dans un voyage en train comme d’autres l’ont fait à pied ou à cheval au cours de ces Ateliers d’écritures 2013 animés par Karin Espinosa, auteure, et Céline Payet-Gaspard, professeure de lettres.

 

Comme Jean-Paul Michallet, chaque mardi après-midi, elles ont obtenu de remarquables résultats. Elles n’ont jamais été déçues, toujours étonnées, émerveillées. Écrire c’est bien, partager cela avec les autres est encore mieux. L’édition d’un petit recueil de textes permet déjà de transmettre ce qui a été produit mais leur restitution, en public, par deux artistes, est un moment vraiment magique apprécié par une cinquantaine de personnes. Il s’en est dégagé une véritable sérénité et une sensation d’apaisement, selon les mots de M. Faye, Directeur adjoint, qui s’était joint à M. Dalmasso, Proviseur de l’Unité pédagogique régionale, Dominique Ferron, Directeur retraité de l’Unité locale d’enseignement, et François Kempf, son successeur.

 

Il a suffit d’un accordéon et de beaucoup de talent, à Chloé Desfaschele et Mama Prassinos, pour illuminer cette demi-journée. Grâce au Théâtre des 13 Vents et à Sandrine Morel, ces deux artistes se sont emparées des textes pour les magnifier et ravir tous les auditeurs. Si, pour Frantz, « L’image s’évanouit à la lueur du temps », elle restera gravée dans la mémoire de tous les participants à cette activité révélatrice de talents, au plus haut point. Jonathan nous emmène en Italie, Alexandre en rando pédestre, un autre Bernard prend le train le long de la Mer Noire tandis qu’Antoine rêve du Brésil où « il fait beau y vivre »,« le climat est chaud, les gens sont chaleureux, la ville est fleurie. »

 

Quelques notes d’accordéon, des mots, des phrases, du rêve, « les mots sont justement devenus le moyen de transport privilégié de l’imaginaire », comme l’écrit l’une des deux animatrices de l’atelier d’écriture et le régal a été complet.

 

Autre formidable ouverture proposée à la Maison d’arrêt, les sorties au Musée Fabre de Montpellier viennent de débuter grâce au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et à son secteur culturel. Cinq personnes détenues, pour la sixième année consécutive, ont entamé un nouveau cycle de cinq sorties au musée. Là-bas, Michel, artiste-platicien, et Audrey, guide-conférencière, les accueillent. Sur le thème du mythe, plusieurs tableaux ont été choisis et déjà étudiés. L’action entreprise ne se limite pas là mais se bonifie grâce au travail en atelier permettant à chacun de révéler des talents insoupçonnés. Mme Doutremepuich a assuré le lien depuis l’initiative du projet, bien relayée par Mme Girona, parfaitement assistée par Mmes Tourné et Guiet. Chacun ne peut ressortir que bonifié après un pareil travail tellement épanouissant.

Jean-Paul

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:46

Les petits soldats du journalisme par François Ruffin, Édition Les Arènes, 2003, 271 pages

 

Diplômé de la promotion 2002 du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), François Ruffin livre ici un document très instructif sur cette école réputée, dénonçant sans complaisance tout ce qui l’a choqué pendant ses deux années d’études.

 

D’emblée, il est tombé dans un monde où la dépêche  est reine aussi bien pour la presse écrite, pour la radio que pour la télé. C’est la logique économique qui prime dans ce qu’on leur enseigne ; la vérité s’efface devant l’efficacité. Voilà donc l’audimat placé en tête des critères de réussite dans le métier, ce qui explique pourquoi le fait divers est roi. Au 35, rue du Louvre, dans le CFJ fondé en 1946 et qui accueille chaque année une promotion de 54 élèves sur plus de 600 candidats au concours, on forme « des ouvriers spécialisés au style neutre et précis. »

 

François Ruffin, comme la plupart de ses congénères, rêvait « d’une école où l’enquête serait reine »,« le journaliste s’informe avant d’informer ». En tout et pour tout, il mènera deux enquêtes en deux ans ! Vite, on confond information avec communication. Tout est fait dans l’urgence comme au cours de son stage dans la presse quotidienne régionale (PQR) où l’on fait creux au lieu de creuser. Le ridicule des éternels micro-trottoirs est dénoncé car les résultats sont dérisoires, n’apportant rien de neuf au lecteur : « C’est vraiment le degré zéro du journalisme ». Puisqu’il faut suivre l’actualité, les fausses informations, les rumeurs font les gros titres. Lorsque le démenti arrive, sa publication est bâclée, n’ayant plus du tout la même mise en page parce que d’autres sujets ont pris la place. Il faudrait comprendre et donner à comprendre au lieu d’alimenter les bavardages.

 

 Tout au long du livre, l’auteur est sévère à propos de cette pédagogie de la soumission car il faut plaire d’abord aux patrons des entreprises de presse, quitte à former des esprits soumis. Il constate aussi que les étudiants en journalisme ne lisent plus, que deux ans après son déménagement, le CFJ livre « des techniciens fonctionnels, efficaces, rapides et surtout pas pensants car la pensée ralentit ».

 

Depuis le début des années 2000, les choses ont-elles évolué ? Il faut en douter sérieusement car le traitement de l’information semble présenter les mêmes travers dénoncés par François Ruffin même si, avec Fakir, le journal bimestriel alternatif qu’il avait lancé à Amiens, il tentait de démontrer le contraire. D’autres exemples récents prouvent que le journalisme d’investigation reste toujours vivace et permet de garder espoir mais il faudrait que les grandes écoles de journalistes s’en inspirent.

Bonne réflexion !

Jean-Paul

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 14:14

Un édito qui a une saveur particulière... Bonne lecture ! 

Ping-pong (Éditorial du vendredi 31/05/2013)

 

Ces jours derniers, Paris a accueilli les championnats du monde de tennis de table, pardon de ping-pong, comme il est bien de dire maintenant. Alors que, pendant des années, la fédération française et ses pratiquants se sont acharnés à chasser ces deux onomatopées rappelant le bruit que fait la balle sur la raquette, voilà que la tendance se renverse puisque la grande compétition organisée au Palais omnisport de Bercy a été baptisée Mondial Ping !

 

Si les chinois n’ont pas inventé le ping-pong lancé en Grande-Bretagne à la fin du XIXe  siècle, c’est un sport qui fait partie de leur culture au point que l’Empire du Milieu domine outrageusement au niveau mondial. Là-bas, on fabrique un champion en dix ans et dix mille heures d’entraînement. Sport olympique adopté aux Jeux de Séoul, en 1988, ses principaux titres sont raflés par les sportifs chinois.

 

Cette domination s’explique sportivement certes mais d’abord culturellement. Avec 17 millions de licenciés raquette en main, le ping-pong se pratique partout, presque à chaque coin de rue. Facile à jouer, nécessitant peu d’investissement, on trouve des tables même sur les lieux de travail. En Chine, ce Mondial Ping est le troisième évènement sportif  le plus important après  les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot.

 

De plus, le ping-pong a l’avantage de mêler toutes les générations. Là-bas, personne n’a oublié que c’est grâce à ce sport que les relations avec les USA ont été renouées. Aux Mondiaux de 1971, à Nagoya (Japon), Zhang Zedong (décédé en février dernier), triple champion du monde, avait offert une image sur soie du mont Huangshan à son adversaire étatsunien, Glenn Cowan. Ce geste symbolique rapprocha les deux pays au point que Richard Nixon se rendit à Pékin l’année suivante.

 

C’est Mao qui encouragea le développement du ping-pong dans son pays au début des années 1960. Aujourd’hui, le champion de ping-pong est une star et Dubaï sponsorise même l’équipe nationale !

Cette domination outrancière au niveau mondial n’a pas que des avantages et inquiète les dirigeants de ce sport car elle décourage les efforts déployés dans d’autres pays. Les résultats étant pratiquement connus à l’avance, l’intérêt diminue vite comme nous avons pu le constater en France, nos pongistes étant trop vite éliminés.

 

Conscients du danger que représente cette suprématie sans partage, les Chinois ouvrent leurs formations aux sportifs étrangers, les accueillant même pour des stages de quatre ans dans l’Académie de Shangaï. De plus, de nombreux pongistes chinois s’expatrient et se retrouvent dans les équipes d’Espagne, d’Allemagne, de France, etc… Ainsi, Yi Fang Xian, naturalisée française en 2005, est à 35 ans, numéro un chez nous. Elle qui n’est que 51e au rang mondial, reconnaît qu’elle aurait arrêté sa carrière depuis longtemps si elle était restée en Chine, poussée vers la sortie par les jeunes. Pour lutter contre les abus de ces naturalisations, la fédération internationale, depuis 2008, interdit de compétition un athlète naturalisé après l’âge de 21 ans.

 

Yi Fang Xian vit en France depuis l’âge de 19 ans mais reconnaît qu’elle doit ses solides bases techniques à l’école primaire où elle a débuté ce sport. Aujourd’hui, elle voudrait devenir entraîneur national mais la bureaucratie à la française l’oblige à passer des concours dont elle n’a que faire alors qu’elle a déjà un diplôme d’entraîneur et un beau palmarès. La France a encore du chemin à faire mais développer ce sport simple et spectaculaire serait un beau challenge.

Jean-Paul

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:50

Une certaine Madame Park (Éditorial du vendredi 24/05/2013)

 

Qui connaît Madame Park Geun-hye ? En France, sûrement peu de monde.

 

Pourtant, elle dirige un pays qui compte près de 50 millions d’habitants, un pays souvent à la une de l’actualité à cause de son turbulent voisin du nord, un pays bien connu aujourd’hui avec des marques comme Samsung et Hyundai.

 

En février, Mme Park (61 ans), a été élue Présidente de la Corée du Sud avec 52 % des voix. À 22 ans, en 1974, après un diplôme d’ingénieur, elle était étudiante à Grenoble pour perfectionner son français. Un drame l’a obligée à rentrer précipitamment à Séoul, sa mère venant d’être tuée par un agent de la Corée du Nord. À ce moment-là, le général Park Chung-hee, dirigeait le pays depuis 1961. Avec des méthodes à la fois populaires et contestées, il a tenté de relever le pays de la misère, instaurant une sorte de capitalisme d’État en s’appuyant sur les grands conglomérats, les chaebol, comme Samsung et Hyundai.

 

Le développement économique spectaculaire qu’il a impulsé jusqu’en 1979, a permis au pays de multiplier par dix son produit intérieur brut (PIB). Hélas, cet homme se comportait comme un dictateur, piétinant les libertés, niant les droits civiques et faisant torturer de nombreux opposants.

 

Bien que sa fille ait succédé à Lee Myung-bak, partisan de la fermeté et refusant les négociations, on se méfie d’elle parce qu’elle privilégie l’exercice solitaire du pouvoir, prend des décisions sans consultation préalable, est entourée de gens serviles et de conseillers qui sont des militaires proches de sa famille. Pourtant, elle affirme en même temps vouloir rester fidèle à son père et être désireuse de tourner la page anti-démocratique. Coincée entre les libéraux et les conservateurs, elle aura besoin de beaucoup de courage pour assumer sa tâche.

 

Face à la Corée du Nord (25 millions d’habitants) et à ses menaces d’attaque nucléaire, elle n’a pas cédé à l’intimidation et rien ne s’est passé. Mme Park se dit favorable au dialogue mais inflexible en cas d’attaque, son meilleur allié étant le géant étatsunien. On comprend que cette femme, jamais mariée, sans enfant, qui a eu sa mère puis son père assassinés, fasse preuve d’une certaine autorité. Elle aime à affirmer : « Ma vie, ma famille, c’est vous, mes concitoyens. »  et c’est pourquoi on la surnomme « la Vierge de la république ». En 2006, elle avait été agressée, gardant une cicatrice visible sur le visage.

 

Face aux chaebol qu’elle veut réguler, elle cherche à aider les petites et moyennes entreprises (PME) et à réduire les inégalités pour sortir les plus pauvres de la misère. Dans ce pays qui compte moitié moins de militaires que son remuant voisin, Mme Park veut doter son pays de l’arme nucléaire. Pourtant, c’est la Chine qui détient la clé de cette partie du monde si sensible. En effet, Pékin exerce une grande influence sur Pyongyang, la capitale nord-coréenne, tout en étant un partenaire économique essentiel de la Corée du Sud.

Jean-Paul

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 13:01

Orange royal (Éditorial du vendredi 17/05/2013)

 

Vue depuis notre République française, la monarchie dans un pays européen voisin, est toujours une curiosité. Récemment, notre attention a été attirée par l’abdication de Beatrix d’Orange-Nassau, reine des Pays-Bas, après 33 ans de règne. À 75 ans, cette reine, peu connue chez nous, a abandonné la couronne au profit de son fils, Willem-Alexander, âgé de 46 ans. Depuis le 30 avril, celui-ci est roi des Pays-Bas, après son couronnement à Amsterdam.

 

Dans un pays où l’on constate aussi la montée du populisme, la monarchie joue un rôle fédérateur pour ce peuple réputé paisible mais qui souffre aussi d’une crise identitaire et où l’on sent monter une désaffection pour l’Europe. Bientôt, cette dynastie des Orange-Nassau fêtera ses 200 ans de règne « par la grâce de Dieu » mais elle ne se considère pas d’essence divine. Avant Beatrix, sa mère, Juliana, et sa grand-mère, Wilhelmine, avaient déjà renoncé au trône, un signe de sagesse, assurément. Toutefois, le renoncement de Beatrix a pu surprendre car elle est réputée comme une femme énergique, cassante, perfectionniste, interventionniste et au caractère inflexible. Malgré tout, elle a décidé de laisser les responsabilités « entre les mains d’une nouvelle génération », elle qui réalisait chaque semaine, un tour d’horizon de l’actualité du royaume avec le Premier ministre, Mark Rutte, comme le faisait Juliana.

 

Pourtant, cette monarchie ne fait pas l’unanimité puisque des élus de gauche ont refusé de prêter serment au nouveau roi pour ne pas cautionner cette « République avec à sa tête un monarque héréditaire », suivant la définition du Prince Claus.

Ainsi, les Pays-Bas entretiennent la monarchie peut-être la plus forte d’Europe. La magie du conte fonctionne toujours avec sa théâtralité, ses palais, ses princes et ses princesses. Le mystère qui l’entoure entretient une sorte de miracle que la couleur orange, adoptée sur les maillots des sportifs néerlandais, se charge de promouvoir. Pourtant, il faut savoir que, si les deux tiers des élus des 1ère et 2e chambres votaient la fin de la monarchie, celle-ci cesserait. Beatrix a réussi à écarter cette menace et les Orange-Nassau sont tranquilles pour un moment. Chaque année, l’État néerlandais réserve 40 millions d’euros pour sa monarchie alors que Béatrix, en bon chef d’entreprise, est à la tête d’une fortune avoisinant les 190 millions d’euros. Quant à Willem-Alexander, le nouveau roi, s’il a été bien préparé par sa mère, il n’oriente plus la formation du gouvernement. Son point faible aurait pu être son épouse, Maxima Zorreguita, fille d’un ancien ministre du dictateur argentin Videla mais Beatrix veillait. Le beau-père n’a été invité ni au mariage en 2002, ni au couronnement.

 

Ainsi va la vie d’une monarchie européenne qui maîtrise complètement tout ce qui est médiatisation ou peopolisation et qui semble en place pour longtemps encore…

Jean-Paul

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:54

De l’énergie (Éditorial du vendredi 10/05/2013)

 

Les apparences sont trompeuses. La progression des énergies renouvelables n’est pas en panne. Bien au contraire.

 

Prenons d’abord le vent pour constater la hausse de l’éolien de 19 %, soit 45 gigawatts (GW) au cours de l’année 2012. Pour l’instant, cette source d’énergie permet de fournir 280 GW, soit l’équivalent de ce que produiraient 85 réacteurs nucléaires ou bien encore la consommation électrique de 450 millions d’Européens. Les spécialistes pensent que la part de l’éolien devrait doubler d’ici 2020. Au cours de l’année écoulée, on a installé plus d’éolien dans l’Union Européenne (UE) que d’autres sources d’énergie comme le charbon, le nucléaire ou le gaz.

 

Hélas, il faut vite modérer l’enthousiasme car nous partons de tellement loin qu’il est facile de progresser. Aujourd’hui, le réalisme nous oblige de constater que l’éolien ne représente que 2,5 % de la consommation mondiale d’électricité. En 1999, cette part était proche de zéro et les espérances visent 8 % en 2020. En Europe qui concentre 37 % du parc mondial d’éoliennes, les pays ne sont pas à égalité, loin de là. Les meilleurs élèves sont l’Allemagne (11 %), l’Espagne (16 %), le Portugal (16 %) et le Danemark (30 %). Quant à la France, elle dépasse à peine les 3 % avec 4 500 éoliennes. Largement en tête, le Danemark ne souhaite pas en rester là puisque ce pays vise 50 % d’électricité d’origine éolienne en 2020 !

 

Un autre pays mérite notre attention par sa taille et son impact sur l’ensemble du monde : la Chine. Cet immense pays s’est mis à l’éolien et a installé 13 GW en 2012. Son parc de 75 GW en éolien représente 27 % du parc mondial contre 21 % pour les USA. Il reste beaucoup à faire puisque le charbon fournit encore 80 % du total d’électricité au pays. Malgré tout, avec une progression aussi rapide, la Chine pourrait bientôt disposer du tiers de la capacité mondiale en éolien. La dégradation de ses écosystèmes, la pollution galopante de l’air, de l’eau et des sols, l’exploitation toujours accrue de ses ressources naturelles, la contamination des aliments et l’explosion de la circulation routière poussent les autorités chinoises à adopter un programme ambitieux. Sachant que la pollution des villes est vingt fois supérieure à ce que nous connaissons en Europe, l’urgence est absolue.

 

Enfin, au niveau mondial, le solaire s’est fait une place avec plus de 100 GW, l’équivalent de 15 réacteurs nucléaires. Sa croissance est même plus forte que l’éolien : 30 GW ont été installés en 2012. Hélas, le recul des investissements dans les énergies renouvelables est déjà sensible. Les soutiens publics sont réduits ou suspendus ; la crise économique n’arrange rien. L’engouement dangereux pour les gaz de schiste aux USA s’ajoute au marasme des marchés dans le photovoltaïque à cause des fabricants chinois aux pratiques déloyales sur le plan commercial.

 

Rien n’est donc acquis dans le domaine des énergies renouvelables même si, au Japon, après Fukushima, la hausse des investissements a été de 75 %. Les dangers sont toujours là avec les gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources fossiles et la tentation du gaz de schiste offrant des facilités à court terme mais causant des dégradations irréversibles et mettant en danger les populations vivant près des gisements.

Jean-Paul

         

                           

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