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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 00:01

Jean-Paul continue de nous raconter ces terribles heures qui ont suivi la condamnation de 2007. Ainsi, il nous livre son ressenti sur ces jours passés dans la Maison d'arrêt de Privas et sur les relations qu'il a pu tisser.


Partie 1

 

Quand débute une incarcération, les premiers jours sont occupés par les examens médicaux avec prise de sang, radios, analyses diverses et premières rencontres avec un psychologue et un psychiatre. Un surveillant ouvre la porte, m’appelle par mon nom et m’emmène au rez de chaussée, ouvre les grilles, les referme et parfois m’enferme dans une pièce minuscule où je dois attendre seul, que l’on revienne me chercher. Chaque fois que je me retrouve ainsi, je ne peux pas m’empêcher de pleurer en pensant à l’endroit où je me trouve, à l’incroyable tournure que prend ma vie et aussi à ce que vivent mes proches.

 

Le personnel médical n’est pas du tout sympathique et semble faire son travail avec dégoût. Je n’ai pas envie de m’éterniser avec cette infirmière, avec ce médecin, avec cet opérateur radio qui n’ont pas un seul mot de réconfort, pas un seul sourire… Par contre je suis agréablement surpris par l’entrevue avec une psychologue. Je lui dis d’abord ce que je pense de ses collègues, soi-disant experts, qui se permettent de juger quelqu’un simplement pour faire plaisir à l’institution qui les paie. Ensuite, la conversation se passe bien et ça me fait du bien de parler avec une personne qui m’écoute et semble me comprendre.

 

Il y a aussi l’entretien administratif avec un responsable de la détention qui enregistre ce qu’il faut pour que je sois inscrit dans ce lieu de détention. Il me remet un livret dont le titre m’amène instantanément les larmes aux yeux : « je suis en prison ». Je suis reçu aussi, au début de la première semaine, par le directeur, un homme qui se montre très humain mais qui ne peut rien faire pour réparer l’injustice qui me frappe. Très vite, je suis demandé par René, un visiteur de prison qui est aussi aumônier sans être prêtre. Je vois aussi une dame qui est aussi visiteuse. Ces entretiens me font beaucoup de bien, surtout pendant les quinze premiers jours durant lesquels je ne peux avoir aucune visite puisque les permis ne sont pas délivrés. On n’entend jamais parler de ce problème mais c’est un scandale allant à l’encontre des droits de l’homme les plus élémentaires : au moment où un être humain est condamné, quand il est au plus bas, il lui est impossible de rencontrer une personne qu’il aime.

 

Cela peut durer quinze jours à trois semaines pour des raisons purement administratives. Je pense qu’à ce moment-là, la personne condamnée n’est plus considérée comme un être humain. Il serait pourtant simple de délivrer en urgence un permis de visite afin de permettre de renouer sans délai ce lien avec l’extérieur essentiel. C’est ce lien qui permet de tenir et il devrait vraiment être pris en compte. Pour quelqu’un qui a effectivement commis une bêtise, cela doit être dur, mais quand on est innocent, c’est absolument atroce de se voir arraché brutalement à ses proches et de devoir attendre si longtemps pour commencer à les revoir.

 

Dans cette petite maison d’arrêt de Privas aux épais murs de pierre, je m’appuie d’abord sur l’amitié de mes camarades de cellule qui facilitent au maximum la vie quotidienne malgré les conditions matérielles difficiles qui nous sont offertes. Ensuite, il y a ces deux visiteurs dont j’ai déjà parlé. Je tiens à dire toute mon admiration pour ces personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour venir soutenir le moral…

 

Jean-Paul

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:01

Aujourd'hui, nous effectuons un retour en arrière en se replongeant dans les heures qui ont suivi le verdict du premier procès de Privas et qui ont vu Jean-Paul être enfermé alors qu'il clamait son innocence !

 

Partie 1

 

Je ne le sais pas encore, puisque l’on vient de me condamner à 8 ans de prison, moi qui n’ai jamais rien fait de ce qu’on me reproche, qui ne cesse de clamer mon innocence depuis que ce cauchemar a commencé.

 

La porte s’ouvre sur une pièce noire dans laquelle dorment 7 hommes que je dérange en plein sommeil. Il faut allumer pour me permettre d’y voir clair mais je décide d’éteindre assez vite car les projecteurs qui brillent à l’extérieur donnent une clarté suffisante dès qu’on laisse ses yeux s’habituer. Gilbert, je crois, s’est levé pour enlever la table et la chaise qui étaient posées sur le seul lit libre des quatre lis doubles occupant la plus grande partie de l’espace de ce local vraiment exigu pour 8 personnes. Deux hommes me serrent la main. J’apprendrai le lendemain qu’ils se nomment Claude et Jean-Pierre. J’essaie de faire mon lit (celui du haut) comme je le peux afin de me coucher le plus vite possible pour ne pas déranger davantage mes compagnons d’infortune. Avant d’escalader le lit pour m’allonger, il faut passer au WC en étant le plus discret possible… parce qu’il est dans la pièce avec une cloison guère plus haute que la porte…

 

Une fois couché, je n’arrive pas à dormir, bien sûr. Beaucoup d’images s’agitent follement dans ma tête. Je n’arrive pas à croire que cette folie qui me poursuit depuis dix ans m'a amené ici… en prison. Les larmes coulent doucement. Je ne fais plus aucun effort pour les retenir parce que je pense à Ghislaine, à Vincent, à Simon, à ma mère, à mes frères et sœurs, à l’ensemble de ma famille et à ces amis innombrables venus me soutenir. Que vont-ils faire maintenant ? J’ai très mal, très très mal pour mon épouse et pour mes enfants à qui on inflige tant de souffrances imméritées. Pourquoi cette présidente a-t-elle été aussi agressive avec moi, me traitant comme si j’étais coupable dès le début du procès ? Pourquoi tous ces gens que j’ai bien connus et à qui je n’ai pas fait de mal s’acharnent-ils sur moi au point de vouloir me détruire ? Pourquoi ces neuf jurés se sont-ils laissé aussi facilement abuser par ces accusations complètement invraisemblables, n’écoutant qu’une seule version ? Pourquoi mes avocats n’ont pas réussi à faire triompher la vérité ? Pourquoi je me suis si mal défendu ? Une semaine de cour d’assises dans le box des accusés, c’est une épreuve inhumaine pour un innocent.

 

J’ai essayé de faire face du mieux possible et les images de cette semaine folle défilent dans ma tête avec ses moments d’espoir, ses moments d’abattement et cette fatigue qui s’accumule chaque jour un peu plus, faisant qu’à un moment, on en arrive à souhaiter que cela se termine le plus vite possible. Je ne sais plus ce que je dois penser. J’ignore de quoi demain sera fait… Puis je fais connaissance avec ma première ronde de nuit. J’entends l’œilleton s’ouvrir et la lampe centrale s’allume… pas terrible quand on est sur le lit du haut… Mes camarades m’expliquent qu’à chaque fois, le surveillant nous compte à l’intérieur pour vérifier si nous sommes tous là… et cela se reproduit deux ou trois fois chaque nuit. J’ai dû finir par dormir un peu mais c’est déjà l’heure de se lever et il va falloir que je fasse connaissance avec mes camarades de cellule.

 

Je suis très inquiet, mais, tout de suite, ça se passe bien et je dois rendre hommage à Claude, Jean-Pierre, Gilbert, Gérard et Louis qui ont tout fait pour m’aider à supporter cette épreuve insupportable. Les deux autres changeront à plusieurs reprises et, certains jours, nous ne serons plus que six ou sept ce qui nous permettra de vivre un peu plus facilement, sans être obligés continuellement de déranger quelqu’un pour se déplacer.

 

Partie 4

 

Jean-Paul

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:35

Voici la suite du document exceptionnel que la famille de Jean-Paul a retrouvé indiquant les principaux « événements » liés à l’école de Sarras. De nombreux passages demeurent édifiants et sont presque totalement irréalistes ! N’hésitez pas à réagir.

 

Partie 1

 

« 1998 : 28 avril : expertise chez le Dr B, psychiatre, à Annonay.

Classe de mer au Pradet (Var) en mai. »

 

L’affaire suit son cours. Visiblement, les conclusions du Dr B, auteur de nombreux livres sur la parole de l’enfant et sur « l’homme pervers », sont excellentes pour Jean-Paul Degache. Lors des procès, le Dr B répétera que Jean-Paul n’a pas la structure mentale d’un pervers qui pourrait commettre le type d’actes qu’on lui reproche. Hélas, cela ne suffira pas à convaincre.

Notons que les enfants interrogés en 1997, qui sont restés dans la classe de Jean-Paul, partent tous en classe de mer dans le Var… A cette occasion, Jean-Paul nous dira qu’il n’est même pas parvenu à trouver des parents volontaires pour accompagner leurs enfants ! Incroyable !

 

Ces mêmes enfants qui ont été interrogés par la gendarmerie, accompagnés de leurs parents, qui ont ensuite été informés des poursuites à l’encontre de leur instituteur lors d’une réunion en mars 1997 ! Aucun parent ne juge utile d’accompagner les enfants lors d’une classe de mer où ils seront accompagnés de leur instituteur pendant une semaine !

 

« 1999 : 5 février : réception officielle de la première tranche des travaux réalisés à l'école publique, en présence du Préfet, du sous-Préfet, du Président du Conseil Général et du maire. Je déclare qu'enfin, cette école a trouvé une âme…

Février : mauvaise nouvelle, une classe élémentaire sera fermée à la rentrée !

Nommé Professeur des écoles (1° septembre).

Médaille d'argent de l'Éducation Nationale attribuée par l'Inspecteur d'Académie, M. Sivirine. »

 

Une nouvelle fois, Jean-Paul, qui a pris ces notes après le procès de Privas, montre son attachement à son école, à sa profession. En 1999, il s’est passé plein de choses concernant son affaire… Lui estime que les plus importantes concernent des affaires pédagogiques, et notamment les travaux dans l’école, la fermeture d’une classe et une nomination administrative (la dénomination de « professeur des écoles » remplace celle « d’instituteur ».)

 

Notons que l’éducation nationale, informée de plaintes contre Jean-Paul Degache, lui décerne une nouvelle médaille !

 

Cela signifie d’abord que cette affaire n’est pas prise au sérieux malgré toutes les enquêtes, les interrogatoires des enfants, les gardes à vue, les plaintes, les rumeurs… Qui pourrait tolérer qu’un dangereux pervers bénéficie d’une telle faveur ? Et pourtant, tout se passe, tout à fait normalement. N’oublions pas que l’opinion publique est parfaitement sensibilisée à ce type d’affaires et a tendance à surréagir. Ici, rien de tout cela… n’est-ce pas justement le signe qu’il ne se passe rien ?

 

Prochainement Partie 3.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 00:03

Voici un extrait de document exceptionnel : la famille de Jean-Paul a retrouvé  un tableau qui indique les principaux « événements » à l’école que Jean-Paul a estimé nécessaire de porter à l’attention de ses avocats et de la Cour.

 

Lorsqu’on y réfléchit, ces notes sont édifiantes. Jean-Paul y dresse l’intégralité des événements qui ont eu lieu et les fois où des activités ont été organisées dans la classe, nous en dévoilons une partie dans cet article en commentant les événements.

 

« 1996 : Président des Comités départementaux UFOLEP et USEP.

Médaille de bronze de l'Éducation Nationale attribuée par l'Inspecteur d'Académie, M. S. 

Classe de découverte en Tunisie (mars - avril). »

 

Jean-Paul Degache est un homme comblé : il n’a pas encore 50 ans et se retrouve à la Présidence d’associations départementales. Il est élu au Conseil municipal de son village, correspondant de presse et directeur de l’école élémentaire publique. Son engagement est récompensé par l’obtention d’une médaille académique.

 

« 1997 : Élèves de CM1 interrogés à la gendarmerie d'Andance.

Dimanche 23 mars : je me présente volontairement à la gendarmerie d'Andance

Première garde à vue et perquisition au domicile par les gendarmes

Lundi 24 mars : j'informe l'Inspectrice, qui me garde sa confiance

1 seule plainte, retirée quelques jours après

Mardi 25 mars : réunion des parents d'élèves de la classe… que des compliments !

Aucun élève n'est retiré, même pour le CM2 qui suivra.

18 mai : décès de mon père. »

 

C’est là que tout bascule : les élèves sont interrogés, Jean-Paul subit une première garde à vue, son domicile est perquisitionné, une plainte - retirée quasiment immédiatement, est déposée contre lui.

 

Afin de faire le point sur l’affaire et de clarifier la situation, Jean-Paul Degache réunit tous les parents d’élèves à l’école. Nous avons interrogé plusieurs participants à cette réunion : tous nous disent qu’il n’y avait rien à lui reprocher mais que Jean-Paul a clairement dit de quoi il était accusé. Ces parents ont pourtant emmené leurs enfants à la gendarmerie pour qu’ils y soient interrogés quelques jours auparavant : aucun d’eux ne reproche quoi que ce soit à Jean-Paul. Au contraire, les enfants restent dans la classe pendant une année et demi.

 

C’est parmi cette classe que l’on retrouvera, en 2007 puis en 2010, le plus d'enfants reconnus comme victimes par l'institution judiciaire.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 06:12

Bonjour à tous, fidèles, occasionnels ou nouveaux lecteurs du blog. Hier fut une journée record avec plus de 300 visiteurs uniques et nous tenions à vous remercier.

 

Il y a quelques semaines, nous avions demandé à Jean-Paul de nous relater son quotidien lors des années, comprises entre 2002 et 2010, marquées par le contrôle judiciaire. Aujourd’hui, voici la dernière partie.

 

Partie 3

 

            Enfin, j’occupe bien mon temps avec mon jardin et l’entretien de l’espace vert autour de la maison Quelques amis viennent parfois me donner un coup de main précieux. Ce travail me délasse bien et permet d’avoir de bonnes satisfactions à condition d’être patient et régulier dans les soins que l’on apporte à ses cultures potagères. Si je ne brille pas par mon assiduité, notamment pour les arrosages indispensables au bon développement des légumes, le jardinage est un travail d’équipe réalisé en parfaite entente avec Ghislaine.

Si la période hivernale permet bien de souffler, quand mars arrive, il faut bêcher puis semer, repiquer, arroser, biner, piocher… en espérant récolter. On n’a guère le temps de profiter de la magnifique floraison des cerisiers que leurs fruits sont déjà mûrs et qu’il faut commencer à grimper à l’échelle ou dans les arbres pour essayer d’assurer une cueillette la plus correcte possible. Une ou deux chutes sont venues me rappeler à la prudence mais quand un arbre est vieux, ses branches montent haut et ce n’est pas toujours facile. Om me dit bien qu’il faudrait les tailler mais c’est un travail énorme que je n’ai pu faire que très partiellement.

Ainsi, au rythme des saisons et de l’activité cycliste et journalistique, ces neuf années de contrôle judiciaire se sont écoulées. Heureusement, il y avait aussi la vie familiale avec la naissance de mes deux adorables petites-filles, formidables moments d’espoir permettant de croire encore en un futur meilleur.

Volontairement, Ghislaine et moi, nous ne sommes plus partis en vacances pendant toutes ces années alors que nous adorons visiter, découvrir d’autres régions, d’autres pays et aller à la rencontre d’autres cultures. Ce sacrifice momentané nous laissait espérer qu’un jour, enfin, ce cauchemar s’arrêterait parce que la véracité historique s’imposerait enfin. Il nous était impossible d’imaginer aller jusqu’au bout de l’horreur, de cette horreur qui nous est imposée et qui nous oblige de boire le calice jusqu’à la lie.

Tenir, résister, pour venir à bout du mensonge, de la méchanceté et de la haine, reste la seule solution pour en finir un jour. Parce que je suis parfaitement en règle avec ma conscience et entouré par tout l’amour de mes proches sans oublier la formidable amitié de plus d’un millier de personnes, je résiste et sortirai un jour la tête haute.

Jusqu’à mon dernier souffle, je ne cesserai de proclamer que JE SUIS INNOCENT !!!

 

Jean-Paul

 

Partie 1

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 07:56

Jean-Paul continue de nous décrire ces heures qui ont suivi la condamnation du procès de Privas au mois de septembre 2007.


Partie 1

 

Ça y est, on m’emmène. Je dois monter à l’arrière d’une voiture de police et le trajet sera très court. Je connais ces rues de Privas mais il fait nuit et je ne vois personne. Je me laisse conduire comme un automate vers un destin que j’ignore.

 

Devant la vieille maison d’arrêt, je n’ai pas le temps de respirer l’air libre… D’ailleurs, je ne le suis plus. La lourde porte métallique se referme derrière moi et commence le rythme infernal des claquements métalliques des grilles qui s’ouvrent puis se ferment et des clés des surveillants qui manœuvrent sans fin ces serrures qui enferment les êtres humains.

 

J’accomplis les formalités ou plutôt je me laisse faire mais je tremble de tout mon corps parce que je me demande où je vais bien pouvoir tomber. On détaille toutes mes affaires pour m’en laisser certaines et en garder d’autres. Le fameux sac que j’avais quand même préparé pour conjurer le mauvais sort en pensant vraiment qu’il ne me servirait pas, m’est enlevé. Il faut que je me débrouille pour porter mes affaires avec le « paquetage » qu’on me remet comme à tout arrivant.

 

Il a fallu aussi que je me déshabille pour la première fouille qui sera suivie de tant d’autres… Un surveillant me demande de le suivre, les bras chargés et voilà que je découvre l’intérieur d’une prison, ce nombre incalculable de portes à franchir. Je suis perdu.

 

Je demande au surveillant « Vous allez me mettre où ? » Il me répond : « Dans une cellule de huit. Vous verrez, ils sont sympas… » Je suis effondré. Je le supplie de me mettre tout seul mais il n’y a rien à faire.

 

Il doit être une heure du matin. Nous montons un étage, suivons un long couloir et nous arrivons devant une porte, là où je vais devoir passer 52 jours, mais…


Jean-Paul

 

Partie 3

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 08:44

Après être revenu sur le premier procès, Jean-Paul se remémore, aujourd'hui,  les terribles heures qui ont suivi le verdict de septembre 2007 en Ardèche. 

 

Vincent, Simon et Arnaud hurlent : « tiens bon ! On ne lâchera pas ! »

 

Ça y est, je suis sorti de cette salle et un policier me présente les menottes. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais eu de menottes et je n’ai jamais été incarcéré, gardes à vue mises à part. Je me souviens avoir dit au policier : « ne craignez rien, je ne vais pas m’échapper… » Très ennuyé, il m’a répondu « je ne peux pas faire autrement, c’est la règle, mais je ne vais pas les serrer… »

 

Ils me placent à nouveau dans la même pièce où j’étais tout à l’heure avec Ghislaine1, l’espoir au cœur. C’est dur, c’est très dur. Depuis un moment, je ne peux plus retenir mes larmes. Mes deux avocats arrivent alors et s’assoient de chaque côté de moi pour essayer de me calmer. Nous décidons aussitôt de faire appel mais je sais que cette soirée, il est près de minuit, va se terminer en prison et je suis mort d’inquiétude.

 

Plusieurs fois, on vient les chercher pour l’audience civile où l’on fixe les fameuses indemnités… puisque l’on m’a déclaré coupable de choses que je n’ai pas commises… Ils refusent d’y aller et finissent par dire : « qu’elle fasse comme elle veut, on s’en fout… »

 

C’est long, mais tant que je suis là, je suis en sécurité. Dire qu’à quelques mètres de moi, ils sont tous là : Ghislaine, Vincent, Simon, ma mère, mes frères et sœurs, toute la famille, Arnaud, Jacqueline et la formidable équipe du Comité de soutien…

 

Que se passe-t-il ? Que font-ils ? J’ai mal pour eux, surtout pour ma pauvre Ghislaine et pour mes deux garçons à qui on impose tant de souffrances. Comment est-ce possible ? Ce n’est pas vrai ! Je ne peux pas y croire…

 

Les policiers qui passaient et repassaient devant la porte entrent dans la pièce et l’un d’eux annonce qu’il faut y aller. Je dis au revoir à mes avocats qui promettent de venir me voir… en prison !!!

 

Jean-Paul


 1 : Entre la fin des plaidoiries et le verdict, l'accusé est enfermé dans une salle, seul, même s'il a comparu libre. Lors des deux procès, Mesdames les Présidentes ont autorisé Ghislaine à l'accompagner.

 

Partie 2

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 23:01

Bonjour à tous. Aujourd'hui, Jean-Paul continue de nous faire partager ces années de contrôle judiciaire et se replonge dans ses souvenirs "d'homme libre".

 

Partie 2

 

            Parmi les travaux qui m'occupent le plus au cours de ces années d'espérance d'une issue favorable au cauchemar débuté en 1997 et réactivé puis amplifié en 2002, I'Ardéchoise tient une place très importante. Cette magnifique organisation se développe d'année en année pour réussir à rassembler chaque année autour de 15 000 cyclistes dans le village de Saint-Félicien, à 26krn de Sarras. Dès notre première année cyclo, Ghislaine et moi, nous avons fait de cette épreuve le principal rendez-vous de notre saison. Quand Le Réveil me confie le reportage complet de l'épreuve qui s'étale sur plusieurs jours, je suis très heureux. J'ai même réussi, une fois, à occuper deux pages entières de I‘hebdomadaire, pas encore passé au format tabloïd à l'époque, avec mes textes et mes photos. Pendant ces cinq années, de 2002 à 2007, j'ai suivi au plus près la vie de I'Ardéchoise en participant aux réunions, conférences de presse et assemblées générales. Ghislaine peut témoigner du travail que cela me demandait, non seulement en amont de l'épreuve mais aussi en aval et... pendant. J'étais connu dans le monde cycliste parce que je m'arrêtais souvent au bord de la route, posant mon vélo sur le bas côté pour réaliser des clichés mettant aussi bien en valeur les participants que les paysages. J'avais toujours I'appareil photo dans une poche du maillot. Avec les articles pour Le Réveil, le magazine Cyclo Passion m'a finalement confié la couverture du plus grand rassemblement cyclosportif organisé en France et même en Europe. L'Ardéchoise 2007 a été mon dernier reportage sur une épreuve pour le magazine.

            Ce travail et les autres articles parus dans les numéros de mai à octobre de cette même année, ma dernière en tant que journaliste, ne m'ont jamais été payés, Cyclo Passion étant en liquidation judiciaire... Son nouveau propriétaire n'a pas honoré les dettes de son prédécesseur, hélas. Décidément, 2007 n'était pas mon année de chance !

 Jean-Paul

 

 Partie 4

 

Comment parler de cyclisme sans évoquer les nombreux coureurs qui ont arboré depuis 2007  et qui continuent de porter, à l'entraînement comme en course, un maillot blanc de soutien à Jean-Paul afin de "rouler pour son innocence". Merci à eux. 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 11:41

Aujourd’hui Jean-Paul revient sur cette période comprise entre 2002 et 2010 durant laquelle il est suspendu en tant qu’instituteur. Toutefois, il ne se laisse pas abattre et pratique le cyclisme avec Ghislaine.

 

Partie 1


            Chaque semaine, ce travail pour le Réveil m’a bien occupé et m’a permis de suivre certains dossiers passionnants comme celui de la Saria, une société qui voulait installer un centre d’équarrissage à Saint-Vallier. Je me spécialisais aussi sans problème dans le Cyclisme en suivant les exploits de Sébastien Joly. Alors qu’il faisait encore partie de l’équipe Crédit Agricole, je l’ai appelé en plein Tour de France pour faire mon article hebdomadaire au cours des trois semaines que dure cette épreuve. Lorsqu’il est revenu à Saint-Vallier, à l’issu e du Tour 2005, ses nombreux supporters l’ont bien fêté. J’étais là pour le Réveil et je mesurais tout le chemin parcouru par ce garçon depuis l’école de cyclisme de Sarras dont mon père était le Président jusqu’à ce maillot vert du Tour dédicacé par le norvégien Thor Hushovd (champion du monde 2010) pour remercier Sébastien, son coéquipier, de tout le travail accompli. J’ai remis ça ensuite pendant le Tour d’Espagne, la Vuelta. Je présentais les étapes de la semaine à venir puis j’essayais de joindre Sébastien dans l’hôtel où son équipe était hébergée grâce aux coordonnées qu’il m’avait fournies avant son départ. Ce n’était pas toujours facile et je n’avais pas trop de marge à cause des délais de bouclage de journal. D’ailleurs, cette année-là, à l’issue de cette Vuelta, S. Joly fut sélectionné dans l’équipe de France pour le championnat du monde.

 

            En même temps, mon activité journalistique est complétée par le travail que je fais pour le magasine Cyclo Passion. En 1996, grâce à Ghislaine qui avait écrit à la revue pour s’inquiéter d’un compte-rendu d’une cyclosportive qui ne paraissait pas, je propose un texte au rédacteur en chef. Dans ce « papier », je raconte ma première saison de cyclosportif avec la découverte de magnifiques épreuves superbement organisées. Pour moi qui avait été coureur cycliste, de 1967 à 1975, c’était extraordinaire de pouvoir faire de tels parcours avec autant de monde. Ce que j’appréciais par-dessus tout, c’était l’esprit de ces épreuves mêlant avec bonheur la compétition et le loisir. Mon texte paraît dans le magazine et, aussitôt après, le rédacteur en chef m’inclut dans son équipe et me propose de couvrir certaines épreuves auxquelles je participe. Comme pour le Dauphiné libéré et pour le Réveil, j’informe mon responsable de ce qui m’arrive, en février 2002. Lui aussi, comme le directeur du Réveil, il me réserve toute sa confiance.

 

                Ainsi, je vais être très occupé par ce travail de journaliste. Non seulement j’écris les textes mais j’assure la plupart du temps le reportage photo. Puisque tout se passe bien avec Cyclo Passion, je complète mes récits de cyclosportives par des visites d’usines travaillant pour le cycle, surtout dans la région stéphanoise, et aussi par quelques essais de vélos. J’alimente en plus le magazine en échos sur ce monde sportif dans lequel je me sens à l’aise et où je rencontre beaucoup de personnes très sympathiques.

               

                Cette pratique cycliste, Ghislaine et moi, nous la concevons en couple et nous organisons nos entraînements et nos sorties ensemble. Une ou deux épreuves mises à part, nous roulons toujours tous les deux en nous entraidant mutuellement. Je suis très fier des performances de mon épouse qui accroche souvent une place sur le podium et montre beaucoup de courage pour aller au bout d’épreuves longues et difficiles.

                                                                                                                                                                                                  Jean-Paul

                                                                                                                                                                                                     

Partie 3

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 23:01

Jean-Paul est revenu avec émotion sur la terrible garde à vue de 2002 qui avait débouché sur son placement en contrôle judiciaire. A présent, il nous raconte ces neuf années qui ont été ponctuées de souffrance mais aussi d’espoir…

 

            Avec ce souci permanent de ne pas manquer la signature hebdomadaire, ce qui m’a le plus stressé et traumatisé pendant ces 9 années de contrôle judiciaire, c’est l’attente extrêmement redoutée de la lettre recommandée. Elle peut m’apporter une convocation au juge ou toute autre obligation mettant en péril le peu d’équilibre que j’essaie de donner à ma vie.

            Depuis 1997, j’avais peu à peu repris le dessus et poursuivi mes activités. J’avais continué à organiser des sorties, des voyages et tout se passait bien. En ce début de mois de février 2002, je n’ai pas encore 52 ans et je me sens en pleine forme, disponible pour dynamiser l’école ou les activités des communes environnantes : Ozon, Eclassan et parfois Arras-sur-Rhône.

            L’annonce de ma mise en examen et de ma suspension a été annoncée dans les pages Drôme-Ardèche du Dauphiné Libéré, un dimanche, le jour où ce quotidien régional pour lequel j’ai travaillé pendant 26 ans, est le plus lu. Malgré la présomption d’innocence, mon prénom et mon nom sont écrits noir sur blanc avec, bien sûr, le nom de l’école de Sarras…

            Décidé à ne pas baisser les bras et désirant continuer à m’occuper, je prends rendez-vous avec le Directeur de l’agence de Valence, responsable pour les deux départements de la Drôme et de l’Ardèche. Ghislaine m’accompagne mais ce monsieur refuse de nous recevoir tous les deux. Dans son bureau, je lui explique donc tout ce qui m’arrive, sans rien lui cacher afin qu’il soit complètement au courant de ces accusations abracadabrantes qui me tombent dessus et brisent ma vie. Il semble bien me comprendre mais, à la fin de l’entretien, il me déclare : « je ne peux pas vous garder comme correspondant ». J’ai l’impression que le ciel me tombe une nouvelle fois sur la tête parce que, complètement ingénu, je croyais fermement pouvoir continuer à exercer ce travail de journaliste local qui me plaisait beaucoup.

           

            Deux jours après, je renouvelle la même démarche auprès du directeur du Réveil du Vivarais, à Annonay, un hebdomadaire avec lequel je collabore aussi. Pour sa réactivité et les possibilités nettement plus importantes qu’il m’offrait, principalement en pages « Sports », je donnais jusque-là la priorité au quotidien. A Annonay, l’écoute est sensiblement différente parce que beaucoup moins formelle. Je sens, auprès du directeur de ce journal une compréhension et un soutien qui me font un bien immense. Voilà enfin quelqu’un qui ne se délecte pas avec des ragots, quelqu’un qui réfléchit, qui connaît l’homme que je suis, qui lit depuis longtemps ce que j’écris et qui, entendant ce que l’on me reproche, sait que c’est impossible et que je ne suis pas capable de tels actes. Il m’assure enfin : « Nous allons vous trouver du travail. Nous ne vous laisserons pas tomber. »

 

            Ainsi, petit à petit, je me suis consacré au Réveil, suppléant un journaliste faisant défection et intervenant à Ozon, Ardoix, Saint-Vallier et même jusqu’à Saint-Rambert d’Albon et Serrières.

 

Jean-Paul

 

Partie 2

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
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