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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 17:59

Un transat inconfortable  (Éditorial du 30/05/2014)

 

Il faut croire que l’Organisation mondiale du commerce (OMC), décidée en 1995, ne suffit pas puisque se prépare un Accord de partenariat transatlantique (APT) appelé aussi Transatlantic trade and investment partnership (TTIP).

 

En fait, ce projet de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis couvre un champ bien plus large que le simple commerce. Il entend s’attaquer à la sécurité des aliments, aux normes de toxicité, à l’assurance-maladie, au prix des médicaments, à la liberté du Net, à la protection de la vie privée, au secteur de l’énergie, à la culture, aux droits d’auteurs, aux ressources naturelles, à la formation professionnelle, aux équipements publics, à l’immigration… La liste pourrait s’allonger mais il faut préciser qu’à la demande du gouvernement français, dans le domaine culturel, le secteur audiovisuel a été exclu du traité, temporairement.

 

Actuellement, la Commission européenne négocie un traité qui devra être approuvé par le Conseil des Chefs d’État et de gouvernement puis par la majorité du Parlement européen élu le 25 mai 2014 et, enfin, par chaque Parlement national des 28 États membres. Il faut donc que l’ensemble des citoyens européens se montre très attentif à ce qui va se passer dans les mois à venir.

 

En effet, lorsque cet accord sera  entériné, les pays signataires devront mettre leurs lois, règlements et procédures en conformité avec les dispositions de ce traité. C’est maintenant qu’il faut faire pression sur les élus afin qu’ils refusent un nivellement par le bas car les normes européennes sont beaucoup plus exigeantes que celles en vigueur aux USA.

 

Par contre, il ne faut pas s’arrêter aux slogans trop simplistes prenant pour exemple le poulet chloré, le bœuf aux hormones ou l’usage de la ractopamine, ce médicament utilisé aux USA et au Canada pour gonfler la teneur en viande rouge chez les porcs et les bovins. Ce traité ira beaucoup plus loin car il prévoit d’instituer des tribunaux privés, des cours spéciales qui défendront les intérêts privés face aux États.

 

Malgré un déséquilibre énorme, il ne s’agit pas de refuser de commercer avec les USA. Il faut quand même savoir que 3 300 entreprises européennes ont 24 000 filiales aux États-Unis et que 14 400 compagnies Étatsuniennes en possèdent 50 800 en UE.

 

Avec un nivellement par le haut des normes et des exigences, il faut que l’UE exclue de ce futur traité l’agriculture, la culture et les services publics tout en ayant la volonté de renforcer le droit du travail et l’accès pour tous à un travail décent. Seulement ainsi, ce traité transatlantique pourrait apporter un progrès dans nos échanges sans donner tous les pouvoirs aux multinationales.

Jean-Paul

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 23:00

On retrouve Jean-Paul, accompagné de Ghislaine, à l'intérieur du Musée Fabre. Voici la deuxième partie de cette journée du 25 juin... une journée bien particulière !

 

Partie 1

 

Plus nous approchions du groupe, plus l’émotion montait. Comment allais-je être reçu ? Quelle allait être la réaction des mes anciens camarades de détention ? Ghislaine aussi appréhendait ce moment des retrouvailles mais tout s’est superbement passé. Nous avons été accueillis à bras ouverts, c’est le cas de le dire ! Fred, Matthieu, Bernard et Hicham m’ont embrassé après que nous ayons salué Audrey, guide-conférencière du Musée, et les personnes du SPIP. Nous avons dit bonjour aussi aux personnes invitées par mes camarades. Hélas, nous avions manqué la présentation d’un tableau par chacun des quatre membres du groupe mais Michel était lancé dans des explications passionnantes à propos d’une oeuvre dont j’ai oublié l’auteur, encore sous le coup de l’émotion…


Par contre, nous avons beaucoup apprécié toute la séquence consacrée aux œuvres de Pierre Soulages dans les salles réservées à cet immense artiste qui dérange mais va très loin dans la recherche en peinture, celle de couleur noire en particulier. Notre guide nous a d’ailleurs ensuite menés devant un tableau du peintre espagnol, Zurbarán, dont Soulages dit s’être inspiré pour le noir. J’espérais avoir été oublié, que la visite se poursuivrait et se terminerait sans que je sois sollicité… Il n’en a rien été et j’ai dû y passer…

 

Ainsi, le petit groupe d’une vingtaine de personnes s’est retrouvé devant « Vertumne et Pomone », un tableau, chef-d’œuvre de Jean Ranc, peintre né à Montpellier en 1674 et mort à Madrid en 1735.

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Ce tableau aurait été peint au début du XVIIIe siècle et a été acquis par la ville en 1964. C’est au cours de ma deuxième visite, le 4 juin 2013, que j’ai eu un coup de cœur pour ce tableau dont les personnages sont d’une finesse remarquable, particulièrement les visages et les mains. Les couleurs acidulées, surtout le jaune et l’orangé, ravissent le regard et le fond, très sombre, met encore plus en valeur les deux personnages. Le drapé des vêtements est remarquablement rendu. L’ombrelle que tient Pomone est bien exploitée par le peintre pour renvoyer la lumière tout autour. La corbeille de fruits est là pour rappeler l’origine du mythe.


Ici, Vertumne, divinité des saisons et des arbres fruitiers, tente de séduire la belle Pomone, nymphe, considérée comme la divinité des fruits. Comme elle refusait de le laisser approcher, Ovide raconte, dans ses Métamorphoses, que Vertumne a pris l’apparence d’une vieille femme pour courtiser la belle. Après lui avoir raconté une histoire, il a repris sa véritable apparence et Pomone n’a plus résisté au beau jeune homme se trouvant devant elle. Elle accepta son amour.

Notons enfin que plusieurs autres peintres, comme Hyacinthe Rigaud, ont représenté la même scène et que Camille Claudel (Musée Rodin, à Paris) en a réalisé une superbe sculpture.

 

J’aurais aimé passer plus de temps dans ce superbe musée, en particulier devant les tableaux de Gustave Courbet mais cela nous motivera pour revenir… plus tard. La demi-journée devait se terminer par une heure réservée aux familles, le SPIP offrant un goûter sur la terrasse de L’Insensé, bar-restaurant du musée. C’était le moment de discussions informelles et amicales entre tous les participants mais surtout un temps privilégié pour resserrer encore plus les liens familiaux.

 

Avec Ghislaine, nous pensions à ce que cela aurait pu être si je n’avais pas obtenu cet aménagement de peine qui me permet d’être enfin chez moi depuis le 9 juin… Avec beaucoup d’émotion, j’ai salué mes camarades qui ont dû repartir en taxi pour Villeneuve-lès-Maguelone avec les trois conseillères du SPIP que nous avons remercié chaleureusement pour la qualité de ce qu’elles organisent afin de permettre aux gens privés de liberté de préparer leur réinsertion, leur retour dans la vie normale.

 

Enfin, nous avons exprimé beaucoup de gratitude à Audrey et à Michel, du Musée Fabre, car ils ont réalisé un magnifique travail au cours des cinq séances et surtout donné envie de revenir…

Il nous restait quelques instants pour flâner sous le soleil et dans le vent Place de la Comédie, passer par la librairie Sauramps, avant de reprendre le tram, direction Odysseum et retour à Sarras… avant 22 h.  


Jean-Paul

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 23:00

Dans l’éditorial de La Feuille d’Hector du 7 juin, vous avez peut-être remarqué le dernier paragraphe parlant des cinq sorties au Musée Fabre de Montpellier organisées par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Juste avant son placement sous surveillance électronique, Jean-Paul a pu participer aux deux premières séances et a laissé ses quatre compagnons continuer sans lui… Traditionnellement, la dernière sortie est réservée au lien avec les familles. Mesdames les conseillères au SPIP-34 lui ont demandé de bien vouloir revenir avec Ghislaine  pour cette séance fixée au mardi 25 juin. Il ne restait plus qu’à à organiser cela avec le SPIP de l’Ardèche dont Jean-Paul dépend maintenant. Voici le récit d’une journée bien particulière…

 

A priori, tout semblait facile. Suivant les conseils de la personne du SPIP-07 qui me suit maintenant, j’ai fait une demande écrite auprès de la juge d’application des peines (JAP) de Privas. Tout s’est compliqué quand j’ai appris que cette dernière me convoquait le même jour, à 11 h !

Ne me décourageant pas complètement, j’ai tout de même demandé à pouvoir me rendre à Montpellier après le rendez-vous privadois… au cas où cela ne se termine pas trop tard. J’ai attendu une réponse pendant toute une semaine. Ce lundi 24 juin, j’avais abandonné tout espoir quand un appel du SPIP-07 m’a annoncé, en fin de journée, que la JAP m’accordait une sortie exceptionnelle de 9 h 30 à 22 h. C’était vraiment en toute dernière minute mais, avec Ghislaine, nous nous sommes quand même organisés pour prendre la direction de Montpellier, sachant que nous arriverions de toute façon en retard.

 

11 h, TGI de Privas

Retourner dans ce tribunal, après le cauchemar vécu en septembre 2007, n’a pas été chose facile. J’ai revu certains lieux que je préfèrerais oublier. Heureusement, il y avait peu de monde ce qui enlevait un peu de stress. La JAP m’a reçu juste avant 11 h. Elle m’a rappelé tout ce que je savais déjà : mes obligations et mes contraintes.

 

Après lui avoir remis quelques papiers exigés sur la convocation je suis sorti pour retrouver Ghislaine qui m’attendait dans le couloir. Sans traîner, nous avons regagné notre voiture pour rejoindre l’autoroute, à Loriol.

 

Odysseum, Comédie, Musée Fabre

Les grandes villes se sont bien organisées pour faciliter les transports en commun et c’est bien plus agréable que de se lancer dans les embouteillages urbains, surtout si l’on ne connaît pas. Pour Montpellier, je m’étais renseigné avant, au cas où… La responsable de la Médiathèque de Villeneuve m’avait fort bien conseillé : sortie 29, Montpellier-est, Odysseum, parking + Tram, ligne 1… Tout s’est bien passé. Nous avons pu profiter de la ville, très animée et admirer au passage l’Hôtel de Ville, le quartier Antigone… avant d’arriver sur la Place de la Comédie où, il y a tout juste plus d’un an, l’équipe de foot locale fêtait son titre de Championne de France sans incident… Il nous fallait marcher quelques minutes pour arriver devant le Musée Fabre. La personne du SPIP 34 nous avait déjà appelés plusieurs fois pour savoir où nous en étions et nous avons pu signaler notre arrivée pour que Michel, artiste-plasticien du Musée, vienne nous chercher à l’accueil. Il était à peine 14 h 30.

Jean-Paul

 

Partie 2

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