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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 08:47

C'est fait ! Le placement sous surveillance électronique (PSE) s'est achevé ce matin. On peut donc enfin utiliser le terme de "liberté" même si elle n'est que conditionnelle. Il faudra attendre fin 2015 pour qu'elle soit totale.

 

Toutefois, le combat continue car nous ne cesserons jamais de clamer haut et fort  l'innocence  de Jean-Paul Degache ! Un combat que nous allons poursuivre, certes, mais dans des conditions nettement plus sereines.

 

Aujourd'hui une nouvelle étape est donc franchie mais nous n'oublierons pas que cette liberté conditionnelle a été acquise par la volonté extraordinaire et l'abnégation de Jean-Paul ;  sans oublier votre soutien inconditionnel apporté dès les premiers temps de l'affaire et  évidemment pendant les 1223 jours d'incarcération ! 

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 00:01

Nous vous proposons en ce début de semaine des extraits d'un courrier écrit par un ancien collègue de travail de Jean-Paul, Michel, qui nous a tout de suite donné son accord afin de les publier. Merci à lui car son témoignage est riche pour de multiples raisons...

 

Courrier du 30 janvier 2013

 

Cher Jean-Paul,

Traumatisé (vraiment) par les évènements de Pojot et Étables, je suis resté sidéré (vraiment) lors de l’annonce de ton arrestation. Et, crois-moi, convaincu de ton innocence mais dans l’expectative (de quoi ? je ne sais pas), j’attendais un dénouement proche et favorable bien entendu. L’enthousiasme et la ferveur des participants aux assemblées de Sarras me donnaient la conviction que cette situation ne pouvait durer. De même la multitude des témoignages en ta faveur me disaient que ta libération ne pouvait tarder. Les 1 000 jours m’ont marqué en ce sens, que j’assistais sans réagir à la privation de liberté d’un collègue que je connais depuis si longtemps. (Je me souviens encore de ta réussite au CAP où, un peu imbibé tu nous avais chanté… et en plusieurs langues dont le japonais !  Zut le titre m’échappe, tu t’en souviens ?). Mais ensuite grâce à l’USEP dont tu t’occupais avec un militantisme admirable, que de rencontres ! La plus belle, la plus extraordinaire étant cette Vel’USEP qui nous a fait traverser l’Ardèche avec nos élèves et de nombreux parents accompagnateurs qui en gardent un formidable souvenir.

 

Et puis je n’ai pas pu assister à la dernière assemblée de Sarras et là, je me suis senti coupable et perturbé par mon attitude. Je ne pouvais sans régir, assister à la détresse d’un collègue que j’avais côtoyé sans ne jamais rien remarquer qui puisse me faire douter, sans ne jamais rien entendre sur son sujet, et pourtant dans une période où, suite à différentes affaires, les langues se déliaient vite, trop vite parfois et où il était impossible de passer à travers - et, où il était donc possible d’être accusé du jour au lendemain. Mais, sur toi rien, jamais rien. Je n’ai jamais eu que les témoignages de ton implication remarquable dans ton métier, tes activités périscolaires, associatives ou citoyennes.

 

Dans nos villages où les agissements des « instits » sont toujours archi commentés, même d’un village à l’autre (dans les familles, sur les lieux de travail), jamais rien n’est parvenu jusqu’à moi.

Comment la justice a-t-elle pu ne pas en tenir compte ?

Je viens de lire le livre de Cyrulnik, Sauve-toi, la vie t’appelle où il met en lumière le fait que notre mémoire n’est jamais fiable, qu’elle est toujours une interprétation de la réalité. Il le met en évidence avec son propre cas, en ayant confronté ses souvenirs d’enfant avec la réalité des faits rapportés par des documentaires de l’époque.

 

Sans vouloir nier la sincérité des anciennes élèves, mais en tenant compte de cette non-fiabilité de la mémoire, comment la justice a-t-elle pu prendre en compte, sans hésiter, ces témoignages ?

Malheureusement, d’autres procès nous montrent que c’est possible, et que le seul moyen de montrer son innocence, c’est malgré l’immense difficulté (inimaginable pour qui ne l’a pas vécu), c’est de rester « JUSTE ». Tu as su le faire jusqu’à présent, tous ceux qui t’entourent le font jour après jour. (Et j’admire les collègues qui t’apportent un soutien sans faille).

Je ne vais pas te souhaiter une bonne année, mais je vais formuler le vœu que mon soutien, ajouté à tous ceux qui t’apportent le leur, puisse enfin faire que l’on te rende justice.

C’est une terrible épreuve que tu vis là (pourquoi ?) ; tu en sortiras blessé, meurtri bien sûr, mais plus fort.

Avec toute mon amitié.

Michel

Et un 2ème bravo pour tes multiples articles publiés sur ton blog !

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 16:06

Nous vous proposons la dernière partie de la garde à vue vécue par Jean-Paul il y a 10 ans.

 

Partie 1

 

Vendredi 8 février. À 7 h, on vient me chercher pour me ramener dans le bureau. Comme 24 heures se sont écoulées, on repart pour une nouvelle garde à vue et on me redemande si je veux voir un médecin. La veille, j’avais répondu négativement à cette question, me sentant en bonne forme. Ce matin, j’ai mal au dos et je demande donc à en voir un. Un gros problème se pose à mes gardiens : les médecins font grève et aucun ne répond à Tournon. Ils doivent donc appeler l’hôpital où personne n’est disponible. C’est enfin à la clinique Ambroise Paré que le Docteur accepte de me voir mais il faut s’y rendre…

            Comme petit-déjeuner, j’ai droit à une tasse de thé. Un peu avant 8 h, nous partons en Laguna Nevada. Quel bien ça me fait de revoir enfin la vraie vie : des gens qui circulent, qui vont à leur travail, la lumière aux fenêtres des appartements… À la clinique, il faut atttendre car le docteur n’est pas encore arrivé. Cela ne me fait rien, au contraire. Les gendarmes s’impatientent et tournent en rond. Après un bon quart d’heure d’attente, le médecin m’examine, enfin, prend ma tension et me dit que tout va bien. Je parle de mon mal au dos. Il touche mes reins et décrète : « C’est chronique. »…

            De retour à la gendarmerie, commence le dernier interrogatoire mais l’intensité a nettement baissé même si les questions restent semblables. Je n’ai pas de raison de changer mes réponses puisqu’il n’est pas question que j’avoue ce que je n’ai pas fait.

            On me laisse manger puis, je dois retourner encore dans cette cellule en attendant maintenant le transfert pour Privas afin d’être présenté au Juge d’Instruction à 14h 30. Malgré l’inquiétude qui me gagne, je suis soulagé d’être arrivé au bout de cette garde à vue très éprouvante. Après tout ce qu’on m’a dit, je ne me fais guère d’illusions : ce soir, je dormirai en prison !

            Les gendarmes ne sont pas partis à l’heure et veulent rattraper le retard en roulant à 160 km/h sur l’autoroute ! Était-ce bien nécessaire ?

            À proximité du Palais de Justice où je sais que Ghislaine m’attend, j’aperçois Françoise, ma sœur, suivie de ma maman ! J’ai aussitôt le cœur serré. Je ne pensais pas les voir ici ! Mon émotion est grande mais il faut que je me reprenne car un nouvel interrogatoire m’attend.

            Le bureau est assez vaste. Le Juge d’Instruction paraît assez jeune et plutôt sympathique. Alors que, machinalement, en m’asseyant, j’avance ma chaise de quelques centimètres, il me demande de la remettre à sa place. Moi aussi, je me sens remis à ma place… Ses questions sont posées calmement. Il les dicte à la greffière qui tape sur le clavier d’un ordinateur. Après ma réponse, il redit ce que je viens de déclarer pour que ce soit enregistré. Même si ça concerne les mêmes accusations, cela n’a rien à voir avec les interrogatoires des gendarmes. Au cours de cet interrogatoire, j’apprends deux choses fondamentales venant corroborer ce que j’affirme depuis le début :

 

1)     La première personne qui va porter plainte à la Gendarmerie d’Andance en 1997, y retourne 4 jours après pour retirer sa plainte parce qu’elle se sent manipulée. Ceci est noté dans le procès-verbal de la gendarmerie et on ne me l’avait jamais dit !

 

2)     L’enquête qui a abouti à ce drame que je vis a été relancée suite à la lettre d’une certaine personne, adressée au Procureur de la République en février 2001. Cette lettre de deux pages m’est lue par le juge. Elle transpire à chaque ligne une haine féroce envers moi, me traitant à plusieurs reprises de « pédophile vicieux »… Il faut rappeler que cette même personne faisait partie des quatre anciens élèves qui s’étaient rendus « d’eux-mêmes » à la gendarmerie d’Andance, fin 1997, afin de relancer l’affaire qui avait éclaté en mars de la même année et qui s’était dégonflée aussitôt.

 

            Après une telle lecture, j’indique au juge que ce que j’affirme depuis le début : la machination pour m’éliminer complètement est maintenant prouvée.

            Cela n’ébranle pas la conviction de M Bernard alors je lui cite les noms de personnes qui m’en veulent particulièrement et que je sais acharnées à ma perte. Je sais qu’il y en a d’autres mais je n’ai encore aucun élément concret à apporter pour l’instant.

            Alors que je m’attends au pire, le juge m’indique qu’il me met en examen, qu’il me place sous contrôle judiciaire… soulagement… Je vais rentrer chez moi ce soir… Mais, il retient le viol sur une personne en 1986, 87, 88 et des attouchements sexuels sur huit de mes élèves de 1997 !!! De plus, il m’interdit d’enseigner comme de participer à des activités bénévoles impliquant des enfants ! Je suis effondré mais le fait de rester libre est tellement important… J’essaie bien de lui signaler que, depuis cinq ans, on n’a pu trouver aucun enfant se plaignant de moi et que, depuis, 1997,  j’ai organisé quatre classes de découverte sans le moindre problème, rien n’y fait. Quelques problèmes d’imprimante retardent le tirage du compte-rendu. Le juge et le Bâtonnier Vesson en profitent pour échanger quelques propos sur le manque de moyens du Ministère de la Justice. Il faut que je me résigne. Les deux gendarmes qui avaient assisté à toute la séance, semblent déçus mais je sors du bureau avec Me Vesson à mes côtés.

            L’émotion est énormelorsque j’aperçois Ghislaine dans la salle des pas perdus du tribunal. Je m’attendais à voir ma maman et Françoise, ma sœur, mais je ne savais pas que ma belle-mère, mais aussi Josette et Joseph avaient fait le déplacement jusqu’à Privas ! J’ai envie de tous les serrer en même temps dans mes bras pour les remercier de leur présence et de leur soutien chaleureux.

Jean-Paul

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:11

Retour sur cet évènement s'étant déroulé il y a 10 ans. Jean-Paul nous livre son témoignage de la garde à vue qu'il a subie.

 

1ère Partie

 

Les gendarmes parlent d’aller manger et l’on m’indique que je vais être conduit en cellule sans faire allusion à une nourriture éventuelle pour moi. Je dois quitter ma montre et poser mes lunettes dans une petite boîte en carton marquée GAV. Je proteste un peu car, sans lunettes, je ne vois plus rien... Mais, c’est le règlement! Après un passage aux toilettes, toujours surveillé, je dois abandonner mes chaussures dans le couloir avant d’entrer en chaussettes dans une cellule équipée d’un w.c. à la turque dans un coin. Je me réfugie sur la plaque en béton qui sert de lit. Elle est recouverte d’un matelas assez mince et il y a quelques couvertures. Aussitôt, j’éclate en sanglots en réalisant ce qui m’arrive et en pensant à Ghislaine, à la maison, avec sa maman... Je me ressaisis un moment plus tard puis, je m’enroule dans une couverture car cette cellule est une vraie glacière. Bien entendu, on a refermé les verrous mais j’entends tous les bruits de la gendarmerie. Je grelotte. À 13 h 30 (j’ai demandé l’heure), la porte s’ouvre et un gendarme dont je devine à peine les contours, me demande si je veux manger parce que ma femme a amené de la nourriture pour moi. Je réponds « Oui, bien sûr! » et il me conduit dans un bureau où un sachet est posé sur une table. Après de longues heures de souffrance, c’est le premier réconfort que je reçois. Savoir que Ghislaine est venue ici m’apporter à manger me fait un bien énorme. C’est peut-être elle que j’ai entendu sonner tout à l’heure... J’apprendrai plus tard qu’elle est venue à chaque fois accompagnée par son frère, Éric... 

 

Je commence à m’engourdir quand la porte s’ouvre et que l’on me ramène dans le bureau de la BR pour un deuxième interrogatoire de plus en plus précis, de plus en plus serré. Mon avocat, Maître Vesson n’a pas encore donné de ses nouvelles et l’on me demande si j’en veux un commis d’office. Je réponds « Non, je veux Maitre Vesson. » Questions, accusations, pressions morales, intimidations se succèdent. Les accusations de viols arrivent et je n’en crois pas mes oreilles : j’aurais introduit le doigt à plusieurs reprises dans le sexe des filles qui m’accusent, dans la classe, à mon bureau, devant tous les élèves! Jamais la fille n'aurait sursauté! Elle se serait laissé faire et n’en aurait jamais parlé à personne, même à sa meilleure copine! C’est ahurissant! En fait, ce qui me surprend le plus, c'est que de pareilles accusations dénuées de tout fondement aient pu être prises au sérieux par des enquêteurs... Les gendarmes semblent au contraire persuadés de ma culpabilité: comment quelqu'un a-t-il pu leur faire croire des choses pareilles? Plusieurs fois, je répète : « Vous m’avez déjà jugé! » D'après eux, ces personnes ne pourraient que dire la vérité. Leurs propos auraient été confirmés par des psychiatres et des psychologues... Toutes ces calomnies et fausses accusations  assénées me font prendre conscience du fait que je suis tombé dans un piège et que même les forces de l'ordre se sont laissées avoir...  je répète encore : « Je n’ai jamais commis de telles atrocités ! » 

 

Enfin, je rencontre une autre personne que des gendarmes : mon avocat ! Hélas, il n’est guère bavard car il n’a pas eu accès au dossier. Il me conseille de dire la vérité mais rien que la vérité, ce que je fais depuis le début car il est quasiment impossible de revenir sur ce qui est dit au cours de la garde à vue. Une demi-heure, c’est vite passé et je dois revenir avec les gendarmes qui me demandent aussitôt ce que m’a dit mon avocat. Comme je réponds qu’il m’a dit de dire la vérité, un gendarme  explose d'une façon qui me parait complètement surréaliste : « Et bien, dites-la ! » Je recommence alors à répéter que je n’ai pas commis les atrocités dont on m’accuse. Un véritable dialogue de sourds… C’est à ce moment-là que démarre l’interrogatoire le plus « hard ». Ils sont cinq dans le petit bureau. Ils ne me laissent pas respirer. Les questions fusent, les perfidies aussi mais je ne dis rien d'autre que la vérité. Un gendarme se met même à hurler, à 50 cm de moi pour me faire dire ce qu'il veut que je dise, c'est à ce moment là que je comprends qu'on peut avouer n'importe quoi en garde à vue, cela m'inspirera une vraie réflexion sur la "culture de l'aveu" qui a conduit tant d'innocents en prison, qui n'ont fait que dire ce que les enquêteurs voulaient entendre et qu'ils n'avaient jamais fait… Je dois me maîtriser, toujours garder mon calme même si je suis outré de la manière avec laquelle je suis traité. Un autre essaie de me faire peur en me disant que mes enfants et mon épouse seront aussi interrogés. J’en ai le cœur serré. On me menace aussi de confrontations avec les soi-disant victimes… Je réponds au contraire que je ne souhaite que ça! Que cela pourra prouver mon innocence! Enfin, ils se calment et la  séance se termine. Ghislaine a refait le trajet de Tournon pour m’apporter un deuxième repas. On lui a même  permis de glisser un petit mot dans le sachet : « Je t’aime. Courage ! On est avec toi ! » Je reprends des forces et ça me fait un bien énorme avant que l’on me reconduise en cellule non sans me promettre de revenir me chercher un peu plus tard… 


Je ne me souviens plus quand ça s’est passé mais un spécialiste de la gendarmerie est venu faire un prélèvement buccal pour ficher mon ADN comme cela se fait paraît-il maintenant pour toutes les accusations d’ordre sexuel. Je me laisse faire en pensant que rien ne me sera épargné. Le lendemain, j’aurai droit aux empreintes digitales complètes puis aux photos de face et de profil…  


Je m’assoupis un peu dans ma cellule toujours aussi froide. Suite à la remarque notée par Maitre Vesson, on m’a accordé royalement une couverture supplémentaire ! Je le saurai le lendemain en lisant les feuilles me concernant, on revient me chercher à 23h pour une nouvelle séance, en pleine nuit ! Ils ne sont plus que deux. Cet interrogatoire est plutôt intimiste par rapport aux précédents mais je suis bien conscient que ce changement d'atmosphère n'a pour but que de me pousser à avouer des choses que je n'ai pas commises... je réaffirme donc logiquement mon innocence. On me ramène en cellule vers 1 h du matin… 

            

Vers je ne sais quelle heure, un grand bruit me fait sursauter. La porte s’ouvre avec fracas. Je devine deux gendarmes d’assez grande taille. Ils me demandent si je dors puis referment après m’avoir souhaité bonne nuit !

 

3ème Partie

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:01

Nous vous proposons aujourd'hui de revenir sur un évènement qui s'est déroulé il y a 10 ans jour pour jour et qui a marqué à jamais la vie d'un homme innocent, Jean-Paul Degache, aujourd'hui enfermé injustement. Jean-Paul nous raconte :

 

Jeudi 7 février 2002, Sarras (Ardèche), Ghislaine vient de partir. Je la suis après avoir fermé le garage. Mon cartable et mes affaires de classe sont dans le  coffre de la Clio. Tout  va bien. Il ne reste que deux journées de classe à assurer puis ce seront enfin les vacances de février, bienvenues après cinq semaines chargées : classe de neige et pas un seul mercredi matin pour récupérer... 

           

Soudain, ma vie bascule vers l’inimaginable, l’insoutenable. Ils sont là à m’attendre au bout du jardin de ma belle-mère : trois voitures plus quelques gendarmes... mais je n’ai pas compté. L’un d’eux est au milieu de la route et me fait signe de me ranger à gauche. Je lui souris car je le connais. Il est de la brigade d’Andance. Je pense qu’ils veulent vérifier mes papiers même si ça m’étonne beaucoup. Je ne me suis pas assez bien garé et il me demande de me ranger mieux que cela... Je comprends de moins en moins. Maintenant, il faut que je descende de la voiture, que j’arrête le moteur, que je ferme à clé et j’entends : « Vous êtes arrêté pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Montez. »  Tout cela se passe comme dans un rêve ou plutôt un cauchemar. Je sais que j’ai répondu : « Allons bon, ça recommence... » Je jette un coup d’œil sur la maison d’Éric, mon beau-frère, mais tous les volets sont fermés. 

           

Il est 8h 05 et une voiture de gendarmerie m’emmène à Tournon. Deux autres véhicules nous accompagnent : l’un devant et l’autre derrière! Ce que je ne sais pas, c’est que Ghislaine, ne me voyant pas dans son rétroviseur, s’est garée à Silon pour m’attendre. Elle est un peu inquiète car les gendarmes l’ont arrêtée mais quand elle a baissé sa vitre, on lui a fait signe de circuler. Elle fait finalement demi-tour et croise les trois véhicules. Ça la rassure plutôt car ils ne vont pas vers Andance. Quand elle arrive à la route de la Cance, stupeur ! La Clio est garée, là ! " Ils ont emmené mon Jean Paul !" s’écrie-t-elle. Croyant me retrouver à l’école, elle s’y rend mais ne trouve que deux collègues de l’école élémentaire, qui essaient de la rassurer. Ce n’est qu’après une série de coups de téléphone qu’elle apprend que je suis en garde à vue à Tournon. 

Pendant que mon épouse est complètement affolée par ce qui se passe, je prends connaissance de mes droits : un papier remis, un autre à signer. La gendarme qui conduit et celui qui est à côté de moi essaient d’engager la conversation en m’indiquant que c’est très grave et que je ne vais pas m’en tirer... J’évite de leur répondre parce que je pense que je vais avoir à faire à d’autres personnes à Tournon. Je me trompe car je suis avec les deux principaux officiers de police judiciaire (OPJ) qui conduiront la majorité des interrogatoires. 

           

À Tournon, je suis amené dans les locaux de la compagnie jusqu’au bureau de la brigade de recherches et là, ça commence. D’emblée, on me fait bien comprendre que ce dont je suis accusé est très grave et que je ne vais pas "m’en tirer" comme en 1997, que je ne rentrerai pas chez moi le soir et que ça se poursuivra le lendemain.  Je ne comprends pas vraiment ce qu'ils veulent dire: je n'ai rien fait et je ne me suis "tiré" de rien en 1997: l'affaire a été logiquement classée parce que les enquêteurs avaient estimé à raison que j'étais innocent et qu'il n'y avait pas lieu de me poursuivre car le dossier était vide! Ils sont trois puis quatre à intervenir. Pour l’instant, ce ne sont que des généralités sur ce que me reprochent d’anciennes élèves. Je réexplique alors que j’étais très affectueux avec les élèves comme cela avait été dit en 97. J’affirme que depuis, j’ai radicalement changé d’attitude puisque tout est interprété de façon négative faisant passer une attitude paternelle que la plupart des enseignants de ma génération adoptaient et que l'on nous préconisait lors de notre formation pour perverse. Après une petite pause, les questions recommencent et deviennent plus précises. On me cite des noms et on me reproche des gestes violant l’intimité des filles, accusations que je ne cesserai de démentir, elles n'ont en effet pas l'ombre d'un fondement, je nie en bloc, je suis innocent, je ne suis pas le pervers qu'ils décrivent. Je me demande comment j’ai pu susciter autant de haine, de jalousie, de méchanceté pour que d’anciennes élèves aujourd’hui adultes puissent inventer des actes aussi graves de la part d’un maître qui a toujours donné beaucoup de son temps et de son énergie pour favoriser leur réussite. J’essaie de répondre à toutes les questions même si, parfois, elles sont vicieuses, m’emmenant sur un sujet pour mieux tenter de me piéger ensuite, mais en fait, ils peuvent toujours essayer de me piéger, je ne dis que la vérité, je ne vais pas inventer des faits pour leur faire plaisir ! Un peu avant midi, on s’arrête et je dois relire avant de signer."

 

A suivre...

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 00:01

 Partie 1

 

- Revenons au Comité de soutien en rappelant que son assemblée générale se tiendra le vendredi 2 décembre ; quel bilan portes-tu sur la journée champêtre du 1er octobre et quelles sont les futures manifestations envisagées ?

 

Déjà je tenais à signaler que lors de cette assemblée générale, nous avons décidé d’offrir aux adhérents un pot de l’amitié, l’amitié étant une des valeurs essentielles de notre association. Je reviendrai sur cette somptueuse journée du 1er octobre où beaucoup de personnes ont répondu présentes. Les échanges furent nombreux tout comme les sourires… mais on ressentait aussi de l’amertume de ne pas avoir Jean-Paul à nos côtés. Il était présent dans nos cœurs et à travers Ghislaine qui a été très courageuse. Nous réitérerons cela en améliorant un point notamment : réunir pour le repas toutes les personnes à une seule et même table !

Pour les projets à venir, je demande à ceux qui se rendront à Sarras le 2 décembre de préparer des idées et de les soumettre à cette occasion. Nous avons déjà prévu une manifestation, mais ce sera une surprise…

J’espère que vous serez nombreux à participer à l'assemblée générale car Jean-Paul a besoin de nous, de nos lettres et nous, nous avons besoin qu’il nous revienne au plus vite ! 

 

 Merci beaucoup Jacqueline.

 

Nous vous rappelons donc que l’Assemblée Générale du Comité de Soutien se tiendra :

 

vendredi 2 décembre 2011

salle n°3 du centre René Cassin à SARRAS

à partir de 20h30

 

A cette occasion, il sera donné des nouvelles récentes de Jean-Paul tant au niveau de son moral que de ses conditions de détention. Il vous sera présenté ensuite un rapport des activités réalisées au cours de cette année ainsi que le bilan financier 2010-2011. On envisagera également les prochaines manifestations pour l’année à venir et le Bureau répondra à vos questions. Pour terminer aura lieu le renouvellement et l’élection du Conseil d’Administration, le tout suivi d’une petite collation.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 00:01

Nous vous proposons ce lundi la suite de l'interview que la Présidente du comité de soutien nous a accordée.

 

Partie 1

 

- Une de tes filles a eu Jean-Paul comme instituteur entre 1980 et 1982. On sait que plusieurs des accusatrices, venues témoigner aux deux procès, se trouvaient dans cette classe. As-tu eu écho de quoi que ce soit durant ces années de la part de ta fille ou par le biais d’autres personnes ?

 

Effectivement ma fille a été élève de Jean-Paul durant ces années. C’est pourquoi elle a demandé à témoigner lors des procès. Dans son témoignage, elle a voulu dépeindre l’ambiance de la classe, son instituteur qu’elle aimait tant. Cependant ses propos se sont retournés contre Jean-Paul puisque l’on a voulu interpréter ses paroles… C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à de nombreuses reprises puisque tout ce qui pouvait le disculper tournait en sa défaveur !

En tant que commerçante, j’étais au cœur des conversations qui pouvaient se tenir dans le village de Sarras. J’ai été choquée d’entendre au tribunal des personnes venir témoigner contre Jean-Paul alors que je les avais entendues dire auparavant qu’elles n’avaient absolument rien à lui reprocher. De plus, l’une des plaignantes a osé mentir devant l’institution judiciaire en affirmant que je « manipulais » ma fille ! C’est absolument faux. A ce moment-là, la colère et la rage me gagnèrent ; j’étais assise au 1er rang mais dans l’impossibilité de lui répondre. Etant donné qu'elle a menti sur ce point, je ne doute absolument pas qu’elle mente sur le reste ! 

 

- Que penses-tu des accusations portées contre Jean-Paul ?

 

Ce que j’en pense ? C’est vraiment prendre les élèves de la classe pour des imbéciles !!! Car vu la disposition des bureaux et le nombre de fenêtres donnant sur l’extérieur, il est impossible qu’il ait pu se passer quoi que ce soit d'anormal au bureau de l'instituteur sans que quelqu'un s’en rende compte. De plus, les enfants étaient heureux avec Jean-Paul.

Personnellement, je ne peux me faire à l’idée qu’il ait été jeté en prison tel un véritable malfrat. Je le respecterai toujours en tant qu’instituteur et je n’oublierai jamais le travail effectué à l’école de Sarras.

 

Partie 3

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 00:01

Si vous avez déjà participé à une manifestation organisée par le Comité de soutien à Jean-Paul Degache, vous avez obligatoirement vu et entendu Jacqueline Brunière, la présidente. Elle a spontanément répondu à nos questions et nous l'en remercions. 

 

Bonjour Jacqueline,

 

- Ma première question porte sur le coup de fil récent de… Jean-Paul ? Sans être trop indiscret, qu’as-tu ressenti ? (Pour information à nos lecteurs, Jean-Paul dispose du droit de téléphoner depuis que la cassation a été rejetée).

 

Ce n’est pas indiscret de me demander cela… Ce jour-là, le temps était beau, nous allions commencer à préparer la journée champêtre qui lui était consacrée. Lorsque le téléphone sonna, je ne m’attendais pas à entendre sa voix. Ce qui m’a le plus frappé, c’est sa détermination à clamer son innocence et ce d’ailleurs depuis le début de l’affaire. Il m’a évidemment demandé de remercier toutes les personnes qui se rendraient à Ozon et de leur transmettre toutes ses amitiés. Il s’inquiétait également pour Ghislaine, pour qui ces journées sont chargées d’émotion… J’étais vraiment heureuse de l’entendre mais aussi malheureuse car là où il est, ce n’est absolument pas sa place !

 

- Venons-en à présent à l’année 2007 : je me rappelle que lors de la venue de l’abbé Wiel à Tournon-sur-Rhône, tu t’étais levée à la fin de son intervention pour faire savoir, à toutes les personnes présentes, ton indignation suite à la première condamnation de Jean-Paul et la honte d’habiter Sarras, village dans lequel les principales accusatrices résident. Peux-tu nous expliquer ce qui t’a poussée à adhérer au Comité de soutien, à en devenir la Présidente et à continuer avec la même énergie malgré les positions prises par l’institution judiciaire ?

 

Mon engagement s’explique par le déroulement du premier procès qui s’est tenu à Privas. Celui-ci m’a choquée ! J’avais l’impression que Jean-Paul, à peine entré dans le tribunal, était déjà condamné. Avec le recul, j’ai maintenant la certitude que l’on ne peut rien faire dans ces affaires-là et que lorsque l’on est pris dans cette spirale infernale, c’est fini. Lors de cette semaine, je n’étais pas la seule personne à être sidérée. Lors du procès, on ne parlait pas de la même personne qui était assise sur le banc des accusés. A partir de là, j’ai foncé et j’ai décidé de rester derrière lui, Ghislaine et vous tous car lorsque l’on condamne un innocent, on condamne tous ses proches.

 

Partie 2

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 00:01

Il y a quelques semaines, nous avions débuté une série d'articles consacrés à l'affaire Fournier, affaire comportant des similitudes avec celle de Jean-Paul. Nous allons essayer de comprendre comment son acquittement a été possible et par la même occasion analyser les défaillances de l'institution judiciaire française.

 

Partie 1

 

→ Un travail méticuleux

 

Avant d’analyser les raisons qui ont amené la juge Perron à acquitter M. Fournier, lisons le deuxième paragraphe de la décision judiciaire intitulé « Le Droit » où il est rappelé un élément important :

 

« L'analyse de versions contradictoires n'implique pas que le juge doit faire le choix de celle qui lui paraît plus plausible ou la plus vraisemblable.

Pour conclure à la culpabilité, il faut davantage qu'une probabilité. Il n'est pas suffisant qu'il soit probable que le défendeur ait commis l'infraction qu'on lui reproche. Le fardeau de la preuve appartient à la poursuivante et jamais, au cours du procès, il ne se déplace sur le défendeur. Il faut une preuve hors de tout doute raisonnable, une norme qui se trouve en fait le corollaire du principe fondamental tenant qu'en droit pénal toute personne accusée jouit de la présomption d'innocence.»

 

Comment ne pas réagir à ces quelques lignes lorsque l’on sait le nombre important d’incohérences dans l’affaire de Jean-Paul. Et pourtant ce fut à lui de démontrer qu’il était innocent ! Comment des magistrats, censés être au courant de l’évolution du monde judiciaire, notamment au niveau de la parole de l’enfant, des faux témoignages ou encore de la recherche du statut de victime, peuvent à ce point être naïfs ? Le nombre d’accusatrices ? Ne pas prendre de risque et satisfaire la majorité ?... Dans l’affaire Fournier, nous l’avons déjà dit, le nombre de plaignantes aurait pu être un facteur déterminant puisque l’on en trouve 19 ! Et pourtant l’acquittement a été possible. Comment ? Pourquoi ?

 

Tout d’abord, les témoins sélectionnés : 10, dont le sergent détective qui a mené l’enquête en réalisant les interrogatoires d‘enfants, interrogatoires filmés ! Les 9 autres témoins sont la Directrice en fonction au moment des accusations et celle qui l’a précédée ainsi que 7 personnes ayant une fonction au sein de l’école. Ils ont tous côtoyé Henry Fournier. La Juge Perron prend soin de stipuler l’ensemble des éléments principaux de chaque témoignage ce qui permet d’avoir une vision très claire de l’affaire. On s’aperçoit très rapidement :

 

 

- que l’affaire a débuté par une rumeur sur l’instituteur lancée par les enfants et qui est remontée jusqu’aux parents ; ensuite tout s’est accéléré avec la convocation de l’instituteur chez la Directrice ; le lendemain, il est suspendu et les gendarmes démarrent l’enquête.

- l’ensemble des témoins ayant travaillé avec Henry Fournier le décrivent comme un professeur « paternaliste »,« souriant » et             « chaleureux » n’hésitant pas à faire des «accolades», des « caresses » et à  « répondre aux câlins des enfants ».

- l’ensemble des témoins ayant travaillé avec Henry Fournier assurent ne l’avoir jamais vu faire des « gestes déplacés ».

- une éducatrice de l’école affirme même qu’elle fonctionnait de la même façon que l'accusé !

 

Cette première synthèse de témoignages pose certainement déjà le doute dans l’esprit des magistrats. Si vous en avez le temps, relisez les interviews des personnes ayant travaillé avec Jean-Paul pendant des années (page d’accueil – les pièces qui démontrent l’innocence de Jean-Paul Degache). Tous sont convaincus de son innocence. Pourtant, tout au long de l’enquête et des deux procès, ces témoins clés n’ont jamais été pris au sérieux et leurs témoignages furent décrédibilisés sous prétexte que, soit ils défendaient leur profession, soit ils avaient adhéré au Comité de soutien, soit parce qu’ils étaient amis de Jean-Paul. C’est tout simplement incroyable et révoltant !

 

A suivre...

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 23:01

Partie 1

 

Mais nous sommes conscients que lorsqu’il s’agit d’affaires de mœurs dans lesquelles des enfants peuvent être de possibles victimes, les principes relatés ci-dessus ont tendance à disparaître en France. Les affaires Sécher, Iacono, Degache et bien d’autres ont démontré que l’émotionnel l’emportait sur le rationnel et que, malgré l’absence de preuves et les nombreuses incohérences des accusations, l’institution judiciaire préférait condamner des innocents injustement accusés.

 

La première différence majeure porte sur la composition des tribunaux : en France, les citoyens tirés au sort sont amenés à juger les procès en assises depuis la Révolution Française ; le Président de la République souhaite d’ailleurs que ces jurés populaires soient introduits en correctionnel.

 

Au Canada, cela est différent puisque majoritairement, ce sont des juges professionnels. Quelques exceptions existent comme on peut le lire sur le site du Ministère de la Justice : « toute personne accusée d’une infraction criminelle passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans ou plus a droit à un procès devant jury ; dans certains cas, une personne accusée d’une infraction criminelle passible d’une peine d’emprisonnement de moins de cinq ans peut avoir le droit de choisir un procès devant jury ; enfin certaines affaires civiles peuvent aussi faire l’objet d’un procès devant juge et jury. »

 

Alors pourquoi souligner cette différence ? Nous nous sommes rendu compte lors des deux procès concernant Jean-Paul Degache que les débats n’avaient pas été équitables.  Chacune des Présidentes a mené les débats sans que les nombreuses incohérences de cette affaire puissent bénéficier à l’accusé. Certaines preuves matérielles comme le bureau ou la vidéo 3D reconstituant la salle de classe n’ont pas pu être présentés avant la plaidoirie finale. A cela il faut ajouter la passivité des 9 jurés du procès de 2007 et des 12 jurés de 2010 : aucune intervention de leur part durant les cinq jours de débat et au final, deux condamnations sans que l’on sache exactement ce qui a motivé leur décision. Aurait-on vu un déroulement différent si plusieurs magistrats professionnels avaient eu en charge le procès Degache ? Il est impossible de savoir mais on peut penser qu’il s’agit d’une question de mentalité. En France, tous les procès montrent une confiance aveugle  envers les enquêteurs et les « experts » notamment psychologues. Les juges ne remettent quasiment jamais en cause leur travail. Les rares fois où cela se produit c’est lorsqu’une accusatrice revient sur sa parole, avoue qu’elle a menti et que les médias prennent le relais. L’affaire d’Outreau ainsi que celle de  Madeira le confirment.  

 

Partie 3

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