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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 06:32

 

Alors, quel rôle peuvent jouer les médias ? Une affaire de timing.

 

Les amis et proches de Jean-Paul Degache ne croyaient plus vraiment qu’il serait possible d’éviter les articles traditionnels, uniquement factuels, comportant parfois quelques interviews.

 

Ce fut donc une opportunité inouïe lorsque, quelques jours avant le procès en appel, un journaliste de l’émission 66 minutes sur M6 prit contact avec nous. Forcément, on se dit que cela va être comme d’habitude, un reportage rapide, qui raconte l’histoire d’un instituteur qui divise son village en deux, sans creuser un peu l’affaire mais Jean-Paul Degache finit par accepter de le rencontrer.

 

Mathieu Jego, autant le nommer, est un journaliste tout à fait classique, mais il a un avantage : il ne connaît rien de l’affaire. Il va donc faire quelque chose que Jean-Paul Degache attendait depuis longtemps : interroger les deux parties, face à la caméra, sans a priori particuliers.

 

Il a donc suivi le Comité de soutien, a interrogé ses défenseurs et Jean-Paul lui-même. Parallèlement, il est allé interroger chacune des accusatrices ayant accepté de témoigner.

 

Loin des pleurs et de l’aspect dramatique du procès, on assiste à une enquête intelligemment menée. Elle est parfaitement équilibrée, c’est d’ailleurs l’avis du public qui aura eu l’occasion de la visionner sur M6.

 

Jean-Paul Degache est représenté tel qu’il est, face à la caméra. Il a l’occasion de développer les arguments de sa défense, il a aussi l’occasion de reconnaître qu’il était sans doute trop proche des élèves, ce qui a pu – et c’est hélas le cas pour certaines – les perturber.

 

Les accusatrices peuvent également raconter ce dont elles accusent Jean-Paul Degache : des viols commis devant toute la classe derrière le bureau de l’instituteur. Elles sont toutes réunies chez l’une d’entre elles et racontent.

 

Le reportage s’intéresse ensuite au fameux bureau, dont on voit bien qu’il ne permettait pas de violer un enfant, mais également à la reconstitution vidéo de la salle de classe qui démontre qu’il était impossible pour un élève assis dans la classe de ne pas voir un viol se commettre devant ses yeux.

 

Il se termine par la scène – terrible – du verdict où la salle explose en même temps que Jean-Paul Degache s’effondre et est emmené en prison pour les 8 prochaines années.

 

Lorsque l’on observe les réactions suite à la diffusion du reportage, une chose revient systématiquement : le doute. On ne sait pas si on a à faire à des manipulatrices ou à un pervers pédophile. On ne sait pas, parce qu’il n’y a pas de preuves, on ne sait pas parce que matériellement, ça paraît un peu gros, on ne sait pas parce que les accusatrices semblent nombreuses…

 

La charge émotionnelle de ce reportage aurait pu retourner l’affaire, dévoiler le fait qu’elle était en fait un nouvel Outreau. Ce reportage aurait dû en entraîner d’autres et mobiliser autour de la cause de Jean-Paul. Cela a été le cas, puis le soufflé est retombé car le reportage a été diffusé après le procès en appel, là où il a tenu à Outreau car la presse s’est mobilisée après le procès en première instance.

 

Réjouissons-nous pour les innocentés d’Outreau dont le plus connu, Dominique Wiel, est d’ailleurs membre du Comité de soutien à Jean-Paul Degache et fut l’un des principaux artisans de la relance de sa défense après le procès de Privas. Mais ayons une pensée pour tous ceux, comme Jean-Paul Degache, qui ne sont pas passés loin, pour qui il aura manqué quelques mois, quelques jours, pour que la presse fasse son travail et contribue à mobiliser l’opinion en lui montrant qu’une injustice se jouait à Nîmes.

 

http://www.dailymotion.com/video/xcv6mi_l-instituteur-de-la-discorde-premie_news

 

http://www.dailymotion.com/video/xcv92o_lyinstituteur-de-la-discorde-deuxie_news

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 06:36

Précisons, avant de commencer, que si nous paraissons comparer l'histoire de Jean-Paul Degache avec l'affaire d'Outreau, c'est simplement en essayant de comparer le traitement médiatique réservé aux deux dossiers. En aucun cas nous ne souhaitons établir d'autres parallèle. Et pour cause: les accusés d'Outreau sont aujourd'hui libre alors que Jean-Paul Degache est en prison.

 

Pour l’affaire d’Outreau, mais également lors d’autres dossiers criminels qui ont défrayé la chronique, il faut attendre, pour qu’un réel doute existe et soit relayé dans un média, que des journalistes spécialisés, qui ont l’expérience de ce type de cas, s’intéressent à l’affaire.

 

Et encore, cela ne suffit souvent pas comme le rappelle cet article du Monde diplomatique : de Libération à TF1, ce travail de recherche d’archives montre que pour Outreau, tout le monde s’est trompé.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/BALBASTRE/11719

 

 

Malheureusement, ces affaires judiciaires où des innocents se retrouvent accusés sans preuves sont nombreuses et souvent traitées dans l’anonymat le plus complet.

 

C’est d’ailleurs pour cela que les médias qui ont le plus relayé l’affaire Degache sont d’abord des sites internet spécialisés dans les affaires judiciaires ou les affaires de mœurs dont sont parfois accusés les enseignants.

 

On relèvera, en particulier :

 

http://blogdesinnocents.canalblog.com/tag/DEGACHE

http://jamac.ouvaton.org/misencaus.htm

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article304

 

Cependant, même lorsqu’un doute existe sur le rendu d’une décision de justice, on se heurte souvent au mur du silence et du fameux dicton : « on ne critique pas une décision de justice ».

 

Une fois que le peuple français a rendu sa décision on ne pourrait pas le remettre en cause ?

 

Rappelons que l’on divise le « pouvoir » en trois : le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

 

Nous sommes bien placés, en France, pour constater que la presse et les citoyens critiquent très librement et démonstrativement le pouvoir exécutif (Gouvernement, Chef de l’Etat…), le pouvoir législatif (critiques de nombreuses lois votées qualifiées d’« injustes » de « liberticides »…) et on n’aurait pas le droit de critiquer une décision du pouvoir judiciaire ?

 

C’est pourtant le passe temps favori des étudiants en droit, notamment, qui sont soumis à de nombreux « commentaires d’arrêts » dont l’objectif est justement, de commenter, voire de critiquer des décisions de justice.

 

Mais ce lieu commun, lorsque l’on n’est pas spécialiste du droit, apparaît comme un mur infranchissable : quand la justice a rendu un verdict, on ne dit plus rien.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:43

Il faut sauver le Saint-Esprit  de Karim et Daniel Berthet, 2010

 

            Aujourd’hui c’est un livre bien particulier à propos duquel Jean-Paul nous livre son ressenti puisque ce roman a pour base une véritable erreur judicaire. Certains passages peuvent être mis en parallèle avec l’affaire qui le concerne. Nous ne pouvons que fortement vous en conseiller la lecture.

 

h-20-1948476-1266523315               « Personnellement, je n’étais guère motivé pour lire ce livre retraçant, sous la forme d’un roman, un drame assez proche de celui que je vis. Pourtant, quelques semaines après le verdict si injuste de Nîmes, j’ai commencé à le lire et j’ai été stupéfait d’y retrouver beaucoup de points communs avec ce que l’on m’impose depuis plus de treize années. Le récit est brillamment mené et tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Il est bien montré les incohérences de ce type d’enquête où le ragot et le fantasme ont valeur de preuves !

            On y voit également l’acharnement incroyable de quelques enquêteurs faisant tout pour qu’un jeune homme, surveillant dans un internat (Le Saint-Esprit), soit présumé coupable. Petit à petit, l’engrenage infernal se met en place et l’institution judiciaire n’est pas en reste pour aller jusqu’au bout de cette logique terrible et destructrice d’innocents. Non seulement, j’ai retrouvé dans ce livre beaucoup de choses vécues et ressenties mais les auteurs ont eu le mérité de mettre en relief certaines collusions comme d’obscures compromissions qui pourraient bien expliquer comme, avec de simples paroles, on en arrive à condamner un INNOCENT »


            Jean-Paul

 

 

            Si vous désirez commander ce livre, voici le lien : http://karielb.voila.net/ . Sachez que les auteurs reversent 10 euros au Comité de soutien à Jean-Paul Degache pour chacun des achats. Il suffit d’indiquer sur le bon de commande « Soutien JP Degache ».

 

            Les deux auteurs vont également sortir un deuxième roman le 1er décembre 2010 qui s’intitulera Justice aux poings. Vous pouvez d’ores et déjà souscrire en le commandant ici : http://justiceauxpoings.com/index.html .  6 euros seront reversés au Comité de soutien si vous inscrivez « Soutien JP Degache » sur le bon de commande.

 

            Ces deux romans sont publiés en autoédition par Karim et Daniel Berthet qui sont également à l’origine du  blog des Innocents où vous trouverez de nombreuses informations sur le fonctionnement de l’institution judiciaire en France, les procès révisés et surtout ces personnes qui sont injustement accusées et condamnées. Nous remercions particulièrement les auteurs pour leur gentillesse ainsi que leur disponibilité.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 07:54

            Il est difficile de s'imaginer comme le temps paraît extrêmement long en prison. Un des moyens pour occuper ces longues et pénibles heures d'une journée est  la  lecture. Ainsi, depuis le début de son incarcération, nous faisons passer régulièrement des livres, des revues et des journaux à Jean-Paul. Il nous est venu l'idée, lors d'un parloir,  de vous faire partager ses lectures afin que vous puissiez échanger avec lui vos points de vue sur certains romans.

            Aujourd'hui, Jean-Paul nous livre la chronique du roman de Robert BOBER, Quoi de neuf sur la guerre  publié en 1993 chez Gallimard. L'auteur obtînt le Prix Inter l'année suivante.

 

 

quoi-neuf

            Ce livre est d'une délicatesse infinie et pourtant il touche à un des drames les plus horribles que notre civilisation européenne a pu produire : la Shoah, l'extermination systématique de six millions de Juifs. Nous sommes dans un atelier de confection parisien, juste après la guerre et, dans la vie quotidienne de ces hommes et de ces femmes surgit à chaque instant l’horreur absolue qui s’achève à peine. Dans une colonie de vacances ou un centre pour enfants, Raphaël écrit à ses parents et là aussi, ressort, avec des mots simples, avec des évocations jamais appuyées, ce que vivent ces gosses qui ont parfois échappé par miracle aux rafles perpétrées par la police sous les ordres de l’Etat français faisant du zèle pour l’occupant nazi.


            Comment ne pas citer cette scène vécue au commissariat du 18ème arrondissement, en 1946, où l’auteur se retrouve devant le même commissaire qui a arrêté ses parents le 16 juillet 1942 pour les emmener au Vel d’Hiv ?...  Quoi de neuf sur la guerre se termine 35 ans après par le même constat : il n’y a rien de neuf sur la guerre, seulement des larmes, « le seul stock qui ne s’épuise jamais ». 

Jean-Paul 

Merci à Fred qui m’a permis de découvrir ce livre.

 

 

            Si vous aussi vous désirez faire passer un livre à Jean-Paul n’hésitez pas à nous contacter par mail. Et si vous voulez échanger sur ce livre, n’hésitez pas encore une fois à lui écrire.

                                            
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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 06:43

Extrait d’une lettre de Lucie, ancienne élève de Jean-Paul, reçue en prison le 12 avril 2010.

 

 

            « Le journal de samedi était porteur d’un terrible verdict. Je ne pense pas être capable d’imaginer ce que tu as ressenti. Mais tu as tout fait pour plaider ta cause. Malheureusement, la justice a voulu rester sourde. Surtout, ne perds pas de force à douter de toi, ne change surtout pas. Malgré le verdict, je reste convaincue de ton innocence, comme beaucoup d’autres… Si tu doutes, dis-toi bien que non. Chacun à notre manière, nous t’apporterons force, courage et espoir tout au long de cette épreuve….

J’espère avoir de tes nouvelles pour mieux comprendre ce que tu ressens vraiment et ainsi, être à même de trouver des mots plus justes pour te soutenir. Tu as également de grosses pensées de mes parents qui te soutiennent toujours et ne cessent de s’indigner. »

                                                                                                                                                                                                                   Lucie

 

 

            Combien d’anciens élèves ont été également choqués lors de l’annonce du verdict ? Des centaines … ils sont nombreux à avoir écrit des lettres au Procureur de la République pour attester de l’innocence de Jean-Paul, et d’autres se sont rendus à Privas et à Nîmes pour apporter leurs témoignages à la barre. Ces derniers furent balayés d’un trait par les magistrats. On ne cherche pas à établir la véracité historique et c’est bien le drame d’une Cour d’assises lorsqu’il n’y a aucune preuve ! Malgré les témoignages qui attestent de l’impossibilité des gestes, on condamne un innocent. Rappelons-nous qu’il exerçait dans une salle de classe où tout était visible… d’une part pour les élèves à l’intérieur mais également de l’extérieur pour les adultes qui circulaient dans l’école.

            Ces témoignages d’anciens élèves apportent un réconfort moral vital à Jean-Paul. Lui qui a consacré sa vie professionnelle à la réussite et au bonheur des élèves.

 

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 08:16

Lorsque la justice semble, pour les raisons que nous avons précédemment évoquées, céder à la dictature de l’émotion et ne pas examiner froidement les faits et les preuves, il ne reste plus beaucoup de solutions pour les défenseurs qui estiment qu’un homme est innocent.

 

Il s’agit de rendre l’affaire médiatique, de faire en sorte que des journalistes puissent, en toute indépendance et en consultant les deux parties, rendre compte de ce qui a pu se passer et éclairer l’avis de l’opinion publique.

 

Pour cela, il faut que l’événement soit exceptionnel, et qu’un soupçon d’injustice existe.

 

C’est le cas pour l’affaire de Jean-Paul Degache, mais cela n’est pas suffisant.

 

Le premier filtre reste la presse locale. Aussi professionnelle puisse-t-elle être, elle est aussi généraliste et ses journalistes également. Autrement dit, rares sont les journalistes locaux à être spécialisés dans les affaires criminelles, et encore moins les affaires de mœurs.

 

On retrouve donc des résumés très factuels qui font confiance à la décision de justice. En les lisant, on imagine ce qu’ont dû ressentir les jurés.

 

Lorsque l’on soutient Jean-Paul, on peut avoir le sentiment que ces articles sont à charge et sont faits pour influencer les jurés. Mais en prenant un peu de recul, on est contraint de se dire que les journalistes ont assisté à un procès où des accusatrices se sont succédées pour accabler un homme. Ce dernier était contraint de prouver son innocence, ce qui, dans des affaires de ce type, est tout simplement impossible. Tout juste a-t-il pu prouver qu'il était impossible qu'il ait commis les faits décrits, mais nous avons bien vu que même cela n'était pas suffisant.

 

Il est donc hélas naturel, quand on est un observateur extérieur peu habitué à ce type d'affaires, d’être sensible à la situation des victimes présumées. C’est ce que l’on retrouve dans les articles de la presse locale :

 

Le Réveil du Vivarais

http://www.reveil-vivarais.fr/Infos-du-jour/Sarras-Jean-Paul-Degache-condamne-a-8-ans-et-28-000-euros

 

Le Midi Libre

http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=32616

 

http://www.nimes.maville.com/actu/actudet_-Assises-La-lecon-d-expertise-du-temoin-de-l-instituteur_dep-1310023_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_nimes&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

 

France 3 région

http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/rhone-alpes/Le-proc%C3%A8s-de-Jean-Paul-Degache-renvoy%C3%A9-au-22-mars--58049521.html

 

D’autres journaux locaux, comme le Dauphiné Libéré et plusieurs radios ont à peu près relaté les mêmes faits : l’histoire d’un homme accusé de pédophilie, condamné au cours d’un second procès à 8 ans de prison.

 

L’histoire est simple : les accusations contre un instituteur participent à déchirer un village en deux, ceux qui le soutiennent et ceux qui l’accusent. C’est une histoire comme une autre à raconter, sauf que cette querelle de clocher se termine en cour d’assises. On voit bien, à la lecture des comptes-rendus d’audience, que les accusatrices sont beaucoup plus convaincantes que la défense aux yeux des journalistes locaux présents.

 

Les journalistes, témoins privilégiés, sont eux aussi sous le coup de la dictature de l’émotion. Le fait qu’il n’existe ni preuve, ni témoin ayant assisté aux faits allégués importe peu : les victimes présumées apparaissent convaincantes, c’est donc suffisant pour condamner quelqu’un.

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:20

Privas, 1er procès, semaine du 10 au 14 septembre 2007

 

Je ne voulais pas voir l’évidence. Fort de mon innocence, j’étais confiant, persuadé qu’une personne sensée ne pouvait pas croire de pareilles accusations de viol en pleine classe sans que personne ne s’en aperçoive et sans que la soi-disant « victime » ne réagisse.

J’ai trouvé mes avocats brillants. Ils s’étaient partagés la tâche, Maître Vesson étant plus concret. Pendant tout le temps que Maître Florence Rault a parlé, je buvais du petit lait, certain que les jurés ne pouvaient qu’être convaincus. Elle n’oublia pas de parler en tant que mère de famille et des difficultés qu’elle rencontre à chaque fois qu’elle doit mettre un suppositoire à sa fille âgée de 6 ans à l’époque…

Pour le mot final qui me revient, je n’avais rien préparé et j’ai eu tort. Quand la Présidente m’a donné la parole, j’ai dit que je n’avais rien à ajouter, voulant que les jurés restent sur les mots de mes avocats… Maintenant, je sais que cela n’aurait rien changé et que mon sort était scellé bien avant le dernier jour.

Arriva alors le moment fatidique, celui où la Cour se retire pour délibérer. Je ne me souviens plus de l’heure mais je sais qu’il est déjà tard. Je suis inquiet bien sûr, mais toujours confiant quand deux policiers me conduisent dans cette petite salle où, je me souviens, j’avais été amené le 8 février 2002 par les gendarmes de Tournon afin d’être présenté au juge d’instruction. Le cauchemar continuait donc…

Pourtant, je ne resterai pas seul puisque la Présidente, dans sa grande bonté, a autorisé Ghislaine à me rejoindre. Nous nous sommes étreints longuement. Nous avons pleuré devant l’incertitude qui nous gagnait. C’était long, très long. Nous nous disions tout notre amour l’un pour l’autre et pour nos enfants, n’osant pas faire le moindre projet par superstition…. A un moment donné, le policier est venu lui demander de regagner la salle des pas perdus. Pleins d’espoirs, nous nous sommes enlacés, nous nous sommes embrassés avec le fol espoir de rentrer le soir-même à la maison…

Moment terrible que ce verdict, moment que je ne souhaite à personne de vivre. Etre innocent, clair avec sa conscience, et entendre « oui », à la première question, posée aux jurés, c’est une souffrance intolérable. Dès ce premier « oui », j’ai compris, nous avons tous compris que le drame nous frappait. J’ai vu Ghislaine, déchirée par la douleur, Vincent, Simon aussi pouvant à peine se contenir comme toute la famille et mes nombreux amis occupant pratiquement les trois quarts de la salle.

J’étais effondré et le supplice n’en finissait pas : la présidente prenait un plaisir sadique à remuer le couteau dans la plaie, détaillant toutes les questions. Ils ont même dit « oui » pour A., qui a affirmé le contraire et maintenu à la barre malgré la très forte tentative d’intimidation de l’avocat général, qu’elle n’avait jamais été agressée par moi. C’est incroyable, inimaginable, intolérable. Florence Rault me tient la main, m’aide à résister, me dit que ce n’est pas possible, qu’elle n’est pas obligée de tout lire mais c’est ce qui se passe.

Je vois par terre, ce sac du dernier jour que j’ai préparé par superstition, pour conjurer le mauvais sort et… qui va servir ! Qu’est ce que je vais devenir ? Qu’est ce qui va se passer ? Où vais-je tomber ?

C’est fini. Je suis encadré par deux policiers qui me disent de les suivre. Dans la salle, c’est l’émeute : beaucoup de cris, de hurlements contre cette parodie de justice. J’ai à peine le temps de voir le visage de Ghislaine complètement ravagé par la douleur... "

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:19

 

    On entend souvent le lieu commun, qui est toutefois juridiquement exact selon laquelle « le doute profite à l’accusé ». Cela signifie concrètement que si le juge n’est pas intimement convaincu de la culpabilité de l’accusé, il est en devoir de l’acquitter.

     Dans les faits, c’est une théorie très protectrice pour les accusés, puisque les enquêteurs doivent rassembler des preuves accablantes et des témoignages en béton pour qu’une personne soit condamnée.

     Or, Florence Rault, l’avocate de Jean-Paul Degache nous disait, le soir de la condamnation, que « dans les affaires de mœurs, si le jury doute, il condamne ». Pour quelqu’un qui croit en l’Etat de droit, cette phrase n’a aucun sens : quand on doute, on acquitte, on innocente, mais on ne condamne surtout pas !

     Il s’avère que Florence Rault a raison : la justice populaire n’est pas faite pour juger les crimes sans preuves.

     Les crimes sont les faits judiciaires les plus graves. Dans la hiérarchie des infractions, on retrouve en bas de l’échelle la contravention, jugée par un tribunal de police, puis le délit (vol, drogue…) jugé par le tribunal correctionnel (composé de trois juges professionnels).

     Les crimes sont en France, pour schématiser, le plus souvent des assassinats, des meurtres et des viols. Ils sont jugés par une Cour d’assises.

     La Cour d’assises est l’expression de la Justice populaire, elle rend ses décisions au nom du peuple français. En première instance elle est composée de 12 jurés dont 9 jurés populaires et 3 juges professionnels, tirés au sort parmi les personnes inscrites sur les listes électorales. Autrement dit n’importe qui ou presque peut avoir à se prononcer sur un crime au cours de sa vie. En appel, il y a 12 jurés populaires et 3 juges professionnels.

      Pour condamner un accusé, il faut en première instance 8 voix au moins sur 12 et en appel 10 voix au moins sur 15. Si cette majorité n’est pas réunie, l’accusé est acquitté.

      Lorsqu’il y a des preuves (empreintes, armes, analyses ADN, enregistrements, vidéos…), des témoignages indépendants (personne présente au moment des faits, agent de la force publique…) cela facilite le raisonnement du juré populaire. En se mettant à sa place, on se dit qu’il sera plus simple d’être convaincu de la culpabilité de quelqu’un qui serait accusé d’un assassinat qu’il avouerait, chez qui on aurait retrouvé l’arme du crime, qui apparaîtrait sur une vidéo en train de tirer et que plusieurs passants identifieraient.

      Mais lorsqu’il n’y a ni témoins, ni preuves ?

      Jean-Paul Degache a été jugé par deux fois coupable de viols et agressions sexuelles sans qu’aucun élément de preuve ne vienne éclairer l’avis du jury et pire, sans qu’aucun témoin ne puisse dire « oui, j’ai vu ce Monsieur commettre cet acte ». Ce n’était que des paroles d’accusatrices contre des paroles de défenseurs.

      Et encore, malgré toutes les incohérences que les défenseurs de Jean-Paul ont soulevées, les jurés ont condamné Jean-Paul, par deux fois.

     Comment peut-on expliquer cette condamnation à la lumière du principe immuable selon lequel « le doute profite à l’accusé ? »

      Florence Rault, encore elle, appelle cela la « dictature de l’émotion ». Autrement dit, la Cour se transforme en théâtre où le meilleur comédien gagne.

      A cela il faut ajouter que dans le cas des meurtres, la victime ne vient pas témoigner à la barre, ne vient accuser personne, ne pleure pas, n’hurle pas sa douleur. Cela permet aux jurés de se concentrer sur les faits, rien que les faits et de trancher en leur âme et conscience.

      Dans le cas d’affaires de mœurs, les présumées victimes viennent à la barre, témoigner du calvaire enduré, pleurent en évoquant leurs souffrances, jettent un regard noir à l’accusé, disent qu’il a gâché définitivement leur vie…

      Ce ne sont pas des preuves, ni des témoignages indépendants, juste des accusations. Mais un jury, qui est confronté pour la première fois de sa vie à ce type de scène peut-il y rester insensible ? Ne sera-t-il pas tenté, même si l’accusation ne tient pas vraiment debout, de condamner sans preuves, dans réels témoins ?

      Cette dictature de l’émotion, qui fait se confronter des jurés inexpérimentés à des victimes présumées qui peuvent surjouer leur douleur, voire la feindre nous interroge sur le fait que la vie d’accusés dans les affaires de mœurs, soit entre les mains de personnes totalement inexpérimentées en matière de justice.

      Cette inexpérience permet, dans les faits de bafouer sans en être conscient une des règles fondamentale du droit selon laquelle le doute profite à l’accusé. Le doute n’a pas profité à Jean-Paul Degache, qui purge une peine de 8 années de réclusion criminelle dans les circonstances que l’on peut imaginer.

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 11:18

Les personnes qui soutiennent Jean-Paul Degache, mais aussi ceux qui découvrent l'affaire, ont, depuis le début, relevé plusieurs incohérences qui font forcément s'interroger sur la culpabilité de l'ancien instituteur.

 

Les Cours d'assises de Privas et de Nîmes n'ont hélas pas eu la même lecture que nous de ces éléments. La vérité judiciaire n'est pas toujours conforme à la vérité historique. La vérité judiciaire a été tranchée à Nîmes, c'est pour cela que nous appelons les accusatrices de Jean-Paul Degache, des "victimes", puisque telle est leur qualité déclarée par la justice.

 

1 - Des viols répétés, devant toute la classe, sans témoins

 
Des viols "toutes les semaines", "devant toute la classe", pendant deux années consécutives ... telles sont les accusations qui pèsent sur Jean-Paul Degache. Or, personne n'a jamais rien remarqué et jamais l'alerte ne fut donnée. Vingt-cinq à trente ans après les faits dont il est accusé, on assiste à leur dénonciation, uniquement par celles qui s'en disent victimes. Aucun témoin n'affirme avoir assisté à un viol, pourtant commis devant une vingtaine d'élèves.


2 - Des lieux non adaptés pour commettre ces crimes

 

Ces viols et attouchements ont, d'après les victimes, été commis toutes les semaines pendant plusieurs années dans une classe vitrée côté cour et côté couloir, et devant laquelle il était indispensable de passer pour entrer dans l'école. Malgré cette exposition aux regards de tous, jamais un adulte ou un autre enfant n'a remarqué quoi que ce soit d'anormal. Lors du procès de Privas, une maquette fut présentée à la Cour, et un film en trois dimensions a été diffusé à Nîmes. Malheureusement, cela n'a pas suffi à convaincre.

 

3- Aucun enfant retiré de la classe suite à l’enquête de 1997

 
Presque tous les élèves ont été entendus en mars 1997 par les gendarmes dans le cadre de la première enquête, qui portait alors sur des accusations d'attouchements et qui a été classée sans suite. Aujourd'hui, plusieurs de ces élèves sont considérés comme des victimes de Jean-Paul Degache. Malgré ce qu'ils ont pu dire aux gendarmes, aucun d'entre eux n'a été retiré de la classe par ses parents. Au contraire, tous ont continué l'année suivante, en CM2, avec le même instituteur. Même les parents des victimes ont laissé leurs filles dans la classe de Jean-Paul Degache "car c'était un bon instituteur" !

 

4 - Des "victimes" refusent d’être considérées comme telles

 

Plusieurs anciennes élèves (période 1996-1998) ont déjà signifié qu'elles n'avaient jamais été victimes d'attouchements ou d'agressions sexuelles de la part de Jean-Paul Degache, contrairement à ce qui est explicitement mentionné dans le verdict. Jean-Paul Degache a été condamné en partie à cause des faits qu'il aurait commis sur ces jeunes filles, faits qu'elles ont pourtant niés à la barre à Privas et à Nîmes.

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 22:17

Privas, 1er procès, semaine du 10 au 14 septembre 2007

 

Intense et poignant: nous avons demandé à Jean-Paul de nous raconter la façon dont il a vécu les événements. Nous avons considéré que rien ne remplace l'oeil de l'accusé pour raconter un procès, rien ne remplace l'expérience terrible que peut vivre un homme lorsqu'il est condamné.

 

Nous avons proposé à Jean-Paul une sorte de "regard croisé" où l'un de ses proches lui répond, en donnant son propre point de vue. Commençons par Jean-Paul, qui nous parle du procès de Privas :

 

 

"La semaine a été dure, pénible. Comparaître libre en Cour d’Assises est précieux, car on n’est jamais seul. Le premier jour, Maître Bernard Vesson m’a même fait passer par la Maison des Avocats qui communique directement avec le Palais de Justice. Avec Maître Florence Rault, ils me protègent et ça me rassure. Quand je rentre dans cette salle pour la première fois, je ne comprends pas. Les travées sont remplies de monde et un petit coup d’œil me permet de voir que je ne reconnais personne… Ce n’est pas fait pour me rassurer. J’apprendrai, dans un moment, que ce sont les jurés qui attendent le tirage au sort !

 

Quant à moi, je dois grimper dans ce box, cette cage, et me tenir derrière trois gros câbles qui me font penser que je suis comme une bête curieuse. Maître Rault demande à la Présidente à ce que je me tienne à ses côtés comme cela se pratique, paraît-il, ailleurs mais elle essuie un refus catégorique. Cette Présidente, avant de commencer, m’a fait appeler à l’entrée du box afin de me « saluer » comme elle m’a dit. J’avais une bonne première impression mais j’allais vite déchanter.

 

Malgré l’agressivité de plusieurs plaignantes et l’autoritarisme de la Présidente, j’ai tenu mais j’ai conscience que je me suis mal défendu, n’étant pas du tout préparé à ce genre d’épreuves. En face, l’avocat général était féroce, hargneux, ne doutant pas une seconde de ma culpabilité malgré l’absence totale de preuves.

 

Mon passage par la Maison des Avocats s’est interrompu le second jour, je crois. Lors d’une interruption de séance, Maître Rault m’a invité à boire un café avec elle et Maître Vesson. Chacun paie ses consommations et cela fonctionne très bien. Soudain, le conseil d’une partie civile, est venu se plaindre auprès de sa consœur. J’imagine que cette personne ne voulait pas voir M Degache, l’horrible M Degache, boire « son » café ! Maître Rault s’est fâchée, répondant que c’était elle qui le payait avec l’accord du local, Maître Vesson et qu’il n’y avait pas de quoi en faire un scandale… Pour apaiser les choses, j’ai bu mon café et j’ai dit à mes avocats que je rejoignais ma famille et mes amis si nous n’avions rien de spécial à nous dire…

 

A la fin de chaque journée, nous rentrions tous. Ma sœur Marie-Jo et mon beau-frère Bernard se chargeaient de nous transporter. Hélas, le vendredi soir, je ne reprenais pas le chemin de la maison…

 

Après l’odieux réquisitoire, beaucoup de monde m’avait remonté le moral en m’assurant que l'avocat général était dans son rôle. A cela, je répondais que, s’il représente la société, il n’est pas obligé de s’acharner sur quelqu’un qui crie son innocence depuis dix ans et qui est accusé sans la moindre preuve.

  

Arnaud, qui nous avait rejoints depuis le mercredi était persuadé que les accusations de viols ne seraient pas retenues, un des avocats des parties adverses ne semblant même pas y croire. Le plus difficile et délicat à défendre, c’était les accusations d’agressions sexuelles mais il restait les plaidoiries de mes avocats… J’ai lu le texte argumentaire qu’Arnaud avait rédigé à midi, mais c’était trop juste pour que je m’en imprègne. D’ailleurs, à mon grand étonnement, alors que ce dernier jour, j’allais passer une nouvelle fois sur le grill, la Présidente me négligeait presque. Cela aurait dû m’alerter, comme cette réflexion qu’elle a lâchée un jour, déclarant : « oui M Degache, vous aurez besoin de beaucoup de soutien. Il vous faudra être courageux »."

 

A suivre...

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Published by soutien.jean-paul.degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
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