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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:59

Bonjour. Nous avons reçu la semaine dernière ce message sur notre adresse mail soutien.jean-paul.degache@voilà.fr :

              

« Bonjour, je viens de lire sur le blog les témoignages et les récits. Une question se pose pourquoi le personnel enseignant et le directeur de l'école ne sont pas intervenus. Dans notre commune, quand mon fils était en CE 1 son instit a été accusé à tort. La directrice, ses collègues, les parents et le personnel femme de ménage, cantinière et aide maternelle ont été entendues. Or ici rien à ce sujet. Je vous remercie de nous donner toutes ces nouvelles le temps passe nous sommes pris par nos activités et parfois nous oublions que certains ont besoin de notre soutien. Amitiés à tous. »

 

Effectivement, nous nous apercevons que tout le monde ne connaît pas les détails de l’affaire et c’est bien normal. Les lecteurs sont en droit de se demander si le personnel est intervenu durant l’enquête, les procès, l’affaire…

 

Comme nous l’avons déjà expliqué, l’école élémentaire publique de Sarras comptait 5 classes de niveau du CP au CM2. Dès l’année 1997, lorsque les rumeurs se font insistantes et que Jean-Paul Degache est interrogé, les instituteurs réagissent immédiatement et font front derrière leur collègue. Quelques uns seront interrogés par la gendarmerie et aucun ne déclarera avoir remarqué quoi que ce soit. De même, la hiérarchie au sein de l’éducation nationale et notamment l’inspection académique ne pénaliseront à aucun moment Jean-Paul Degache.

 

Par ailleurs, les anciens collègues de Jean-Paul qui n’ont pas été interrogés écriront directement au procureur pour leur faire part de leur indignation devant les accusations qui accablent leur collègue.

 

Cependant, l’affaire sera très vite classée et il n’y aura pas réellement de raisons pour se mobiliser, étant donné que Jean-Paul est innocenté dès 1998.

 

Lorsque l’affaire est relancée quelques années plus tard et qu’un comité de soutien est créé, la quasi totalité (certains sont partis en retraite et n’ont pas été retrouvés) des actuels et anciens collègues de Jean-Paul Degache y adhèrent et se mobilisent au sein des instances (Présidence et bureau du Comité, conseil d’administration).

 

Lors des procès de Privas en 2007 et de Nîmes en 2010, tous les anciens collègues de Jean-Paul Degache se succèderont à la barre, ceux qui ne se sont pas déplacés verront leurs contributions écrites lues par la Présidente du Tribunal. Tous les témoignages, sans exception, ne disent qu’une chose : nous n’avons jamais rien remarqué, nous n’avons jamais eu le moindre soupçon, pour nous, Jean-Paul Degache est innocent.

 

Après le procès de Privas, nous sommes allés rencontrer plusieurs des anciens collègues de Jean-Paul, leurs témoignages seront retranscris sur ce blog. Ils ont tous décidé de s’engager, se mobiliser contre cette injustice.

 

Il en est de même pour le personnel non enseignant et pour les intervenants extérieurs. Jean-Paul Degache était très impliqué dans la pratique du sport à l’école et recevait, à cette occasion, souvent la visite des coordinateurs départementaux de l’USEP. Eux aussi ont témoigné, se sont engagés au Comité de Soutien, et eux aussi ont exprimé leur indignation devant ces accusations. Il en est de même pour le personnel de ménage et de restauration scolaire qui a eu également l’occasion de faire entendre sa voix.

 

Quant à la direction de l’école, Jean-Paul l’assurait au moment des faits allégués. L’ancienne directrice de Jean-Paul à l’école publique de Sarras est venue témoigner à plusieurs reprises et est membre du Comité de soutien : elle aussi n’a jamais rien vu et demeure scandalisée par ces accusations.

 

Autrement dit, l’unanimité a été faite autour de Jean-Paul Degache. Tous les adultes l’ayant côtoyé à l’école n’ont eu qu’une seule version des faits. C’est d’ailleurs en partie grâce à ces témoignages que, par deux fois, l’affaire a fait l’objet d’un classement sans suite par les enquêteurs.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 08:16

Nous revenons ce dimanche sur un extrait d'une lettre envoyée par jean-Paul le 6 août 2010 à l'un de ses amis. Celle-ci montre bien l'importance des repères qu'il est essentiel de se créer quand on se trouve coupé du monde libre et d'autre part, elle évoque le partage d'une passion le vélo.

 

                      Mon cher B.

 

[...] Comme tu peux le constater, je ne suis plus à Nîmes depuis mardi matin 6 août 1….C’est comme un énorme coup de massue sur ma tête ….

 

[...] La mort dans l’âme, j’ai commencé à ranger mes affaires et à décoller les photos de mes êtres chers ainsi que les deux grandes photos de tes tableaux (recollés ici  à Vileneuve les Maguelones) que tu m’as dédicacées. C’est malheureux mais l’être humain, pour pouvoir survivre, est obligé de s’adapter, de s’habituer, de se créer des repères dans le lieu où on l’oblige à vivre. Tout changement, dans ce petit monde artificiel que l’on se crée, est un traumatisme… Je n’ai pas dormi de la nuit, cherchant vainement où on allait bien m’emmener, cherchant aussi à savoir pourquoi on m’infligeait ça...


      Cela faisait plus de quatre mois que je n’avais pas revu le monde où les gens vivent libres mais je ne pouvais guère en profiter à cause des grillages du fourgon. Ce n’est qu’après un bon quart d’heure de route que j’ai pu apercevoir un grand panneau au dessus de notre voie et j’ai lu « Montpellier – Barcelone » ! C’était incroyable, au lieu de me rapprocher, on m’éloignait encore plus de ma famille !....

Quand on change comme ça, il faut pratiquement repartir de zéro…


      Ce que je regrette le plus c’est ma séance quotidienne de sport qui me faisait beaucoup de bien. Ici ça semble compliqué d’avoir accès à la salle. Enfin je vais essayer. Je regrette aussi G., un camarade avec qui j’avais sympathisé et qui m’avait ému lorsqu’il m’avait dit que, grâce à moi, il avait retrouvé le moral et était sorti de la déprime. Il va falloir que je lui écrive…


      Je me suis régalé en lisant ton ascension du Ventoux….J’ai adoré aussi tout ce que tu me dis à propos de tes souvenirs d’enfance où je retrouve beaucoup de point communs avec moi. Pour le fameux Puy de Dôme 64, je n’étais pas dans un café, mais nous pique-niquions dans les bois du côté de La Louvesc en suivant l’étape à la radio… Poupou était extraordinaire et il fait toujours plaisir à voir. J’ai eu mon premier demi-course cette année-là, je crois, pour mon Brevet, afin de pouvoir partir en camp cycliste itinérant en Italie et en Suisse…

 

Jean-Paul

1 : Jean-Paul a été transféré de Nîmes à Montpellier le mardi 3 août 2010.

 

 

 

Si vous désirez nous envoyer un extrait de votre courier afin qu'il soit publié... n'hésitez pas! Hier, jean-Paul avait reçu un total de 780 lettres depuis sa condamnation du 26 mars. En aucun cas il ne faut l'oublier et chaque lettre reçue est une bouffée d'oxygène pour lui.

 

Bon dimanche à toutes et à tous.


 


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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 07:27

Depuis son incarcération, Jean-Paul s’est inscrit à des cours de culture générale. Il a donc décidé de vous faire partager un de ses textes qu’il a écrit en cellule. On lui demandait de produire un dialogue entre deux personnes d’avis opposés en s’appuyant sur le texte de Michel Serres, Le Tiers-Instruit (1991). Il nous précise que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait un pur hasard !

 

 

            Un verre de bière bien fraîche à la main, Eric et Cathy évoquent les évènements sportifs de l’été. Eric insiste :

« Cette inflation de compétitions pervertit tout. On cherche toujours à remporter plus de victoires que les autres… Où cela s’arrêtera-t-il ?

            - Mais c’est la compétition qui fait progresser les hommes, s’insurge Cathy. Il faut toujours un vainqueur et un vaincu. Sinon, il serait impossible de savoir où on en est !

            - Le plaisir, c’est le plaisir qui compte avant tout ! conteste Eric.

            - Pourtant, quand tu roules sur ton VTT et que tu prends du plaisir, comme tu dis, tu profites des progrès matériels permis par la compétition, par les courses.

            - Je veux bien mais c’est désagréable cette sacralisation du premier. C’est comme si les autres n’existaient        pas. Regarde le podium : à la rigueur on reconnaît le second et le troisième mais les autres qui ont été aussi courageux… c’est comme s’ils n’existaient pas !

            - ils le savaient au départ. Ils n’avaient qu’à rester chez eux, poursuit Cathy. Personne ne les a forcés à venir.     S’ils ont participé, c’est dans l’espoir de gagner ou au moins de monter sur le podium. Mais enfin, à quoi ça          sert ? »

 

Eric s’agite sur son fauteuil et oublie sa bière…

« Tu as vu ces footballeurs. Plus ils gagnent de l’argent et plus ils sont infectes. Sur les terrains, le jeu passe après l’enjeu. On n’hésite pas à faire mal à un adversaire pour ne pas perdre. C’est n’importe quoi ! Une bande de copains peut très bien jouer au ballon uniquement pour s’amuser.

            - S’il n’y avait pas de championnat à disputer, une coupe à gagner, il n’y aurait pas de motivation et pas de matchs. C’est la compétition qui fait bouger les gens, reprend Cathy.

            - C’est pour ça qu’ils se dopent !

            - Bien sûr qu’il y a toujours des tricheurs mais c’est comme dans la vie. Pourquoi le sport serait-il épargné ?

            - Cela ne devrait pas exister, essaie de conclure Eric. Le sport ne devrait être que plaisir, joie de l’effort et partage d’une même passion.

            - En attendant, puisque nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord sur ce sujet, en voilà un où nous serons toujours sur la même longueur d’ondes : à ta santé ! »

 

 Jean-Paul

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 05:24

On a assez peu parlé de l’école primaire de Sarras jusqu’à présent et les lecteurs du blog sont en droit de s’interroger sur la façon dont se déroulaient les enseignements.

 

On a tendance, tout naturellement, à imaginer que les classes en milieu rural sont uniques, que les élèves sont particulièrement peu nombreux, ce qui rendraient les témoignages plus crédibles.

 

En fait, à Sarras, il n’en est rien. Située dans la vallée du Rhône, cette commune ne correspond pas au cliché du village perdu que l’on pourrait imaginer. Sa population a d’ailleurs fortement augmenté ces dernières années, pour dépasser aujourd’hui les 2000 habitants. Son école publique a, sauf durant quelques années, toujours disposé de 5 classes toujours bien remplies.

 

Jean-Paul Degache a commencé à enseigner à l’école primaire de Sarras en 1976 et a été obligé de mettre un terme à sa carrière en 2002. Plus de 370 élèves ont fréquenté sa classe en 26 années.

 

Il est à noter que, dans un souci de pédagogie et afin de faciliter le passage en 6ème, les instituteurs de CM1 « suivaient » leurs élèves en CM2, ce qui fait que la plupart du temps, Jean-Paul Degache avait ses élèves deux années de suite, en CM1 puis en CM2.

 

Il n’y a que trois classes de Jean-Paul Degache dont certains anciens élèves sont considérés comme des victimes par la justice. Rappelons que les faits censés avoir été commis l’auraient été devant tous les autres élèves. Ils ont presque tous été interrogés, aucun d’entre eux n’a affirmé avoir assisté aux crimes pour lesquels on a condamné Jean-Paul Degache.

 

Parmi les autres anciens élèves considérés comme victimes, une partie affirme à la barre ne pas se souvenir des faits, une autre partie affirme ne pas se considérer comme victime. Plusieurs des anciens élèves considérés comme victimes ne sont d’ailleurs pas venus témoigner lors du procès de Nîmes.

 

Nous avons donc, pour récapituler, sur les 3 classes où l’on trouve des anciens élèves considérés comme victimes :

 

1988-90 – 21 élèves dont une seule victime : aucun des 20 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis devant toute la classe.

 

1996-98 – 22 élèves dont 7 victimes : aucun des 15 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public devant toute la classe, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

1994-96 – 20 élèves dont 6 victimes : aucun des 14 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

Rappelons qu’en 1998, sur la base des témoignages des élèves des années 96-98 et 94-96, la justice a estimé qu’aucun des faits n’étaient caractérisés et a donc logiquement classé l’affaire.

 

Force est de constater que la justice de 2010 considère que des faits non caractérisés en 1998 peuvent conduire un homme en prison pour 8 ans.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 09:18

Chronologie Partie 1

 

Entre le 15 et le 20 mars 1997, le garde-champêtre policier municipal reçoit les plaintes de deux parents d’élèves, qui vivaient maritalement à l’époque et sont séparés depuis, puis celles de deux autres parents. Ces personnes rencontrent également le Maire de Sarras de l’époque avec lequel l’un d’entre eux a des liens d’ordre professionnel.

 

Celui-ci déclarera ensuite à la Gendarmerie : « Je n’avais jamais entendu dire des choses négatives sur lui. Je suis surpris d’apprendre ce qui lui est reproché par les enfants et je ne peux pas me prononcer sur la véracité des faits. »

 

Le Maire donnera une version sensiblement différente lorsqu’il sera de nouveau entendu le 15 novembre 2002, évoquant des rumeurs survenues une dizaine d’années auparavant. Le samedi 22 mars 1997, le Maire rencontre à son tour une des plaignantes.

     

Informé de ces agissements et désireux d’éclaircir cette affaire, J.P. Degache va agir dans trois directions :

 

- D’abord, il se présente de lui-même à la brigade de gendarmerie d’Andance le dimanche 23 mars 1997 où il subit sa première garde à vue.

 

- Ensuite, et suivant la même logique, il informe l'Inspectrice de l’Éducation Nationale, le lundi 24 mars 1997.

 

- Enfin, dès le mardi 25 mars 1997, J.P. Degache convoque tous les parents plus quelques observateurs (enseignants, membres du Conseil d’école).

 

Le mercredi 26 mars, la première plaignante retourne à la Gendarmerie pour retirer sa plainte et déclare qu’elle « a l’impression d’être manipulée par tout le monde ».

 

L’affaire semble retomber assez rapidement et la confiance des parents d’élèves en M Degache est unanime puisque, malgré cette campagne, aucun enfant n’est enlevé de sa classe. Même les parents qui avaient porté plainte laissent leur fille dans la classe de M Degache.

 

L’affaire Degache semble retomber complètement puisque les élèves, qui seront interrogés dans les jours qui suivent par la gendarmerie, ne déclarent rien qui permettent de poursuivre Jean-Paul Degache. C’est logiquement que, le 7 mai 1998, l’affaire sera classée par la justice.

 

Pourtant, lors des deux procès, plusieurs de ces élèves, qui sont restés dans l’école pendant une année et demie avec Jean-Paul Degache seront considérés comme des victimes de leur ancien instituteur.

 

Essayons, même si c’est compliqué, de nous mettre à la place des parents d’élèves, en 1997. Leurs enfants sont interrogés par la gendarmerie et déclarent des choses qui feront condamner Jean-Paul Degache 10 et 13 ans plus tard. Ils parlent à leurs parents et ces derniers estiment qu’il n’y a pas de problème à laisser leurs enfants dans la classe de l’instituteur en question pendant une année scolaire et demie…

 

Chronologie Partie 2

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 08:17

Jean-Paul nous avait retranscrit, il y a quelques jours, sa  garde à vue de 2002 : nombreux interrogatoires où l'on a essayé de le faire craquer, les tentatives de déstabilisation et au final un traumatisme à jamais gravé au fond de lui. Afin d'être le plus complet possible, Jean-Paul revient à présent sur ce qui a suivi sa sortie de garde à vue et les contraintes des années de contrôle judiciaire.

 

 

            Vendredi 8 février 2002. Quand on vient de subir 48 heures de garde à vue avec toutes les souffrances et les pressions tant physiques que psychologiques que cela impose, être présenté à un juge d’instruction est presque un soulagement. Pourtant, l’interrogatoire semble interminable. La présence de mon avocat est rassurante mais inopérante puisqu’il n’a pas pu avoir accès au dossier et découvre ces accusations incroyables que l’on me demande d’expliquer, moi qui n’ai même pas imaginé commettre de tels actes et en suis bien incapable !!!

 

            Les deux gendarmes qui m’ont amené ici, à Privas, depuis Tournon, sont là debout, encadrant la porte… comme s’ils m’attendaient pour me conduire en prison. D’ailleurs,  pendant la garde à vue, l’un deux me l’a bien promis : si je n’avouais pas, le juge ne me ferait pas de cadeau ! Pourtant, je tiens bon et, fort de mon innocence, je résiste à toutes les pressions, à toutes insinuations. C’est pourquoi, lorsque le juge conclut en disant qu’il me place sous contrôle judiciaire, j’ai du mal à ne pas pousser un gros soupir de soulagement et… à ne pas le remercier… Il dit que je devrais aller signer chaque semaine à la gendarmerie et j’ai l’impression qu’il me fait presque un cadeau…

 

            En guise de cadeau, je sais que je ne peux plus exercer la moindre activité professionnelle ou bénévole me mettant en présence de mineurs. Je suis devenu subitement un pestiféré, un être dangereux, moi qui, il y a quinze jours à peine, étais avec 25 élèves en classe de neige à Albiez-le-Vieux en Savoie ! Je suis aussi contraint de rester dans les limites du territoire national. Si je veux partir en vacances, il faut, au préalable, en avertir le juge… Dire que j’accepte tout ça avec le sourire serait exagéré mais je préfère tout à la prison. Je pense alors que, si je ne suis pas mis en détention préventive, j’échapperai à ce traumatisme supplémentaire puisque je suis certain que, tôt ou tard, mon innocence ne pourra que s’imposer.

 

            Dans la salle des pas perdus, je retrouve mon épouse et ma famille qui m’attendent en compagnie de quelques amis. Ces retrouvailles presque inespérées sont source de beaucoup d’émotion mais l’heure est à l’optimisme puisque ces deux jours de « folie » se terminent « presque bien ».

 

            Chaque semaine qui va suivre, pendant 5 ans, je ferai 4 km qui séparent mon domicile de la gendarmerie d’Andance afin de signer la feuille de mon contrôle judiciaire. Pour moi, chaque semaine qui commence est source de stress parce que je suis vraiment soulagé lorsque j’ai signé. J’essaie d’être régulier en y allant le même jour mais, très vite, ça va se dégrader parque qu’Andance est une petite gendarmerie avec peu de personnel. Il m’arrive donc de me retrouver devant une porte fermée et d’avoir, à l’interphone-téléphone, la gendarmerie d’Annonay ou même de Privas. A ce moment-là, je sais que je devrais repasser…

 

Jean-Paul

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 05:26

Cette ancienne élève me reçoit chez elle, on m'a dit qu'elle n'avait pas été interrogée par les gendarmes en 1997 alors que, d'après mes souvenirs, elle était dans la classe de la plaignante. Pourtant, elle habitait bien à Sarras à l'époque et était facile à trouver.

 
Bonjour et merci d’accepter de répondre à mes questions, d’abord, tu étais en classe avec Jean-Paul Degache à quelle période ?

 

R: En 1997 et 1998, j’ai fait le CM1 et le CM2 avec lui.

 

Tu sais, que ces années là, plusieurs de tes anciennes camarades l’accusent d’avoir pratiqué des attouchements, des agressions sexuelles sur elles, tu as subi ce genre de choses ?

 

R: Ah non ! Jamais ! Je ne l’ai jamais vu faire quoi que ce soit, aucun geste déplacé, il était affectueux, mais pas plus.

 

Tu as des exemples de ses gestes d’affection ?

 

R: Pas vraiment, enfin si par exemple, quand j’allais corriger la dictée avec lui au bureau, il a dû lui arriver de me prendre par la taille, enfin je ne suis même pas certaine… sinon, quelques tapes sur l’épaule, mais rien de plus, des gestes d’encouragement quoi – en tout cas rien de pervers, c’est sûr !

 

Et sur les autres, tu l’as vu faire des choses, toi qui étais dans la classe ?

 

R: Non, pas du tout, j’en aurais tout de suite parlé sinon ! Non, il était affectueux, mais n’a jamais fait de gestes déplacés sur qui que ce soit en ma présence.

 

On a dit au procès qu’au Pradet lors de la classe de découverte, il rentrait dans les chambres, tu t’en souviens ?

 

R: Mais non ! C’est impossible, les fois où il a pu rentrer dans les chambres, c’était toujours avec les accompagnatrices, elles étaient à la FOL je crois… enfin ç’aurait été inconcevable qu’il rentre seul dans les chambres ! Il ne s’est rien passé du tout au Pradet !

 

On a dit aussi qu’il prenait les élèves sur ses genoux, tu t’en souviens ?

 

R: Pour moi c’est sûr que non… A la réflexion, pour les autres, je ne me souviens vraiment pas, ça m’aurait marqué, je pense, donc non, je ne l’ai jamais vu faire ça.

 

Mais vous en parliez entre vous non ?

 

R: Non, jamais… Vu qu’il ne se passait rien, je ne vois pas pourquoi on en aurait parlé, ça ne paraissait gêner personne. Ce qui m’étonne en fait, c’est que [une plaignante] ait été dans les parties civiles, parce qu’à l’époque, elle aimait beaucoup Jean-Paul et trouvait qu’il était un excellent instituteur.

 

Et on m’a dit que tu n’avais pas été interrogée par les gendarmes, contrairement à une bonne partie du reste de la classe, tu l’expliques comment ?

 

R: Ça je n’en sais rien, mais j’étais limite jalouse ! C’était le sujet de conversation dans la cour de récré : qui avait été interrogé par les gendarmes ? Comment ça s’était passé... Je me souviens que [un témoin à charge] était toute fière d’y être allée, moi j’étais déçue, j’aurais bien aimé faire comme mes copines…

 

Mais tu es toujours plus ou moins à Sarras non ? Tu n’as pas croisé des personnes impliquées dans l’affaire ? Vous en avez parlé ces derniers temps ?

 

R: Oui, en fait, je connaissais bien [un témoin à charge] et [un témoin à charge]. En fait quelques mois avant le procès, on en avait parlé et aucune n’avait rien à reprocher à Jean-Paul, c’est pour ça que je ne m’inquiétais pas trop pour Jean-Paul en fait, puis quand j’ai entendu ce qu’elles ont dit au procès, je me suis demandé si c’était les mêmes personnes à qui j’avais parlé… tu sais, ça n’a pas été facile, du jour au lendemain, des portes se sont refermées, des copines n’ont plus voulu me parler…

 

Ah ! Puis il y a aussi [un témoin à charge] qui m’a appelée quelques jours avant le procès, on a un peu discuté, mais c’est vrai qu’elle était convaincue que Jean-Paul l’avait touchée…

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:07

Jean-Paul nous livre son témoignage sur le 2ème jour de la garde à vue subie en 2002.

 

                Vendredi 8 février. À 7 h, on vient me chercher pour me ramener dans le bureau. Comme 24 heures se sont écoulées, on repart pour une nouvelle garde à vue et on me redemande si je veux voir un médecin. La veille, j’avais répondu négativement à cette question, me sentant en bonne forme. Ce matin, j’ai mal au dos et je demande donc à en voir un. Un gros problème se pose à mes gardiens : les médecins font grève et aucun ne répond à Tournon. Ils doivent donc appeler l’hôpital où personne n’est disponible. C’est enfin à la clinique Ambroise Paré que le Docteur accepte de me voir mais il faut s’y rendre…

            Comme petit-déjeuner, j’ai droit à une tasse de thé. Un peu avant 8 h, nous partons en Laguna Nevada. Quel bien ça me fait de revoir enfin la vraie vie : des gens qui circulent, qui vont à leur travail, la lumière aux fenêtres des appartements… À la clinique, il faut atttendre car le docteur n’est pas encore arrivé. Cela ne me fait rien, au contraire. Les gendarmes s’impatientent et tournent en rond. Après un bon quart d’heure d’attente, le médecin m’examine, enfin, prend ma tension et me dit que tout va bien. Je parle de mon mal au dos. Il touche mes reins et décrète : « C’est chronique. »…

            De retour à la gendarmerie, commence le dernier interrogatoire mais l’intensité a nettement baissé même si les questions restent semblables. Je n’ai pas de raison de changer mes réponses puisqu’il n’est pas question que j’avoue ce que je n’ai pas fait.

            On me laisse manger puis, je dois retourner encore dans cette cellule en attendant maintenant le transfert pour Privas afin d’être présenté au Juge d’Instruction à 14h 30. Malgré l’inquiétude qui me gagne, je suis soulagé d’être arrivé au bout de cette garde à vue très éprouvante. Après tout ce qu’on m’a dit, je ne me fais guère d’illusions : ce soir, je dormirai en prison !

            Les gendarmes ne sont pas partis à l’heure et veulent rattraper le retard en roulant à 160 km/h sur l’autoroute ! Était-ce bien nécessaire ?

            À proximité du Palais de Justice où je sais que Ghislaine m’attend, j’aperçois Françoise, ma sœur, suivie de ma maman ! J’ai aussitôt le cœur serré. Je ne pensais pas les voir ici ! Mon émotion est grande mais il faut que je me reprenne car un nouvel interrogatoire m’attend.

            Le bureau est assez vaste. Le Juge d’Instruction paraît assez jeune et plutôt sympathique. Alors que, machinalement, en m’asseyant, j’avance ma chaise de quelques centimètres, il me demande de la remettre à sa place. Moi aussi, je me sens remis à ma place… Ses questions sont posées calmement. Il les dicte à la greffière qui tape sur le clavier d’un ordinateur. Après ma réponse, il redit ce que je viens de déclarer pour que ce soit enregistré. Même si ça concerne les mêmes accusations, cela n’a rien à voir avec les interrogatoires des gendarmes. Au cours de cet interrogatoire, j’apprends deux choses fondamentales venant corroborer ce que j’affirme depuis le début :

 

             1)      La première personne qui va porter plainte à la Gendarmerie d’Andance en 1997, y retourne 4 jours après pour retirer sa plainte parce qu’elle se sent manipulée. Ceci est noté dans le procès-verbal de la gendarmerie et on ne me l’avait jamais dit !

 

             2)      L’enquête qui a abouti à ce drame que je vis a été relancée suite à la lettre d’une certaine personne, adressée au Procureur de la République en février 2001. Cette lettre de deux pages m’est lue par le juge. Elle transpire à chaque ligne une haine féroce envers moi, me traitant à plusieurs reprises de « pédophile vicieux »… Il faut rappeler que cette même personne faisait partie des quatre anciens élèves qui s’étaient rendus « d’eux-mêmes » à la gendarmerie d’Andance, fin 1997, afin de relancer l’affaire qui avait éclaté en mars de la même année et qui s’était dégonflée aussitôt.

 

            Après une telle lecture, j’indique au juge que ce que j’affirme depuis le début : la machination pour m’éliminer complètement est maintenant prouvée.

            Cela n’ébranle pas la conviction de M Bernard alors je lui cite les noms de personnes qui m’en veulent particulièrement et que je sais acharnées à ma perte. Je sais qu’il y en a d’autres mais je n’ai encore aucun élément concret à apporter pour l’instant.

            Alors que je m’attends au pire, le juge m’indique qu’il me met en examen, qu’il me place sous contrôle judiciaire… soulagement… Je vais rentrer chez moi ce soir… Mais, il retient le viol sur une personne en 1986, 87, 88 et des attouchements sexuels sur huit de mes élèves de 1997 !!! De plus, il m’interdit d’enseigner comme de participer à des activités bénévoles impliquant des enfants ! Je suis effondré mais le fait de rester libre est tellement important… J’essaie bien de lui signaler que, depuis cinq ans, on n’a pu trouver aucun enfant se plaignant de moi et que, depuis, 1997,  j’ai organisé quatre classes de découverte sans le moindre problème, rien n’y fait. Quelques problèmes d’imprimante retardent le tirage du compte-rendu. Le juge et le Bâtonnier Vesson en profitent pour échanger quelques propos sur le manque de moyens du Ministère de la Justice. Il faut que je me résigne. Les deux gendarmes qui avaient assisté à toute la séance, semblent déçus mais je sors du bureau avec Me Vesson à mes côtés.

            L’émotion est énorme lorsque j’aperçois Ghislaine dans la salle des pas perdus du tribunal. Je m’attendais à voir ma maman et Françoise, ma sœur, mais je ne savais pas que ma belle-mère, mais aussi Josette et Joseph avaient fait le déplacement jusqu’à Privas ! J’ai envie de tous les serrer en même temps dans mes bras pour les remercier de leur présence et de leur soutien chaleureux.

Jean Paul

 

Suite à cette garde à vue, Jean-Paul est resté libre jusqu’au premier procès de Privas en 2007. Nous reviendrons en détail sur son contrôle judiciaire.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 08:34

            Il y a des dates comme celle d'aujourd'hui qui ne nous laissent pas indifférents. Nous sommes le 26 septembre 2010 et voilà 6 mois qu'un INNOCENT, Jean-Paul, est privé de liberté !

 

On ne le lâchera pas et il ne lâchera pas grâce à tout cet amour et cette amitié.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 08:30

Voici une nouvelle chronique livrée par Jean-Paul suite à ses lectures en cellule. Aujourd'hui, il s’agit de Colette Besson, la flamme éternelle par Alain BILLOUIN et Jean-Paul NOGUES chez Jacob-Duvernet publié en 2008.

 

            Voilà une athlète, une immense championne qui a marqué tout un pays lorsqu’elle a été championne olympique à Mexico, le 16 octobre 1968, sur 400 mètres. La mort, le 9 aout 2005, nous l’a enlevée bien trop tôt à cause de ce cancer qui vient de tuer une autre forte personnalité du sport français : Laurent Fignon. Celui-ci a pu raconter sa vie, sa carrière de coureur cycliste dans Nous étions jeunes et insouciants ce que n’avait pas fait Colette Besson. Il y a un peu plus de deux ans, ce vide a été comblé par un journaliste de l’Equipe et son propre mari, JP Noguès.

            Aussi, l’ouvrage se compose en deux parties : la partie purement sportive où l’on apprend que la Fédération Française d’Athlétisme voulait exclure Colette des Jeux avant qu’elle réalise son exploit parce qu’elle avait le tort de suivre une préparation non estampillée officiellement1. En effet, son entraîneur, Yves Durand Saint-Omer, ne faisait pas partie du staff agréé. C’est lui qui a poussé Colette à s’entraîner longuement en altitude, à Font-Romeu, dans les Pyrénées (une innovation pour l’époque). D’autres titres ont suivi ainsi que des records du monde sur 400 m et 4 x 400 m. Elle mettra un terme à sa carrière en 1977, au cross du Dauphiné libéré, elle qui a été championne de France de la spécialité en 1971.

            La seconde partie, écrite par son mari et intitulée « Passions d’une femme », nous fait partager la vie familiale et professionnelle de Colette. Elle donne naissance à deux filles, Sandrine et Stéphanie puis consacre sa vie en étant Conseillère Technique régionale en Martinique et en Polynésie. Ensuite, elle devient prof d’EPS à la Réunion puis à Paris. Pendant les seize années qu’elle passe loin de la métropole parce qu’elle suit les affectations de son mari, cadre dans une multinationale, elle est assez oubliée, en tout cas négligée par les autorités sportives. Au cours des dix dernières années de sa vie, elle cumule les honneurs et les postes importants comme la présidentce du Laboratoire national de la lutte et en tant que membre du Conseil économique et social. Fait important à noter, en France, 51 lieux (gymnases, stades, complexes sportifs, salles de sports, rues, salles de danse, parc des sports, espaces sportifs, piste d’athlétisme, collèges, école maternelle…) portent son nom.

            Enfin, en lisant ce livre, j’ai appris ce qui a certainement déclenché son cancer, une révélation qui l’a profondément bouleversée. En lisant cela, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec ce verdict de septembre 2007 et du cancer du rein qui m’a frappé quelques semaines plus tard…

                                                           Jean-Paul 

                                           Merci à Jean qui m’a permis de découvrir et d’aimer cette histoire.

: Cela rappelle immanquablement les démêlés qui ont émaillé la formidable carrière de Jeannie Longo. 

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