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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:19

Devant l’afflux de nouveaux lecteurs, dont certains ne connaissent que peu l’affaire Degache, et pour permettre à tout le monde de se rafraîchir la mémoire, nous avons décidé de revenir sur quelques uns des nombreux éléments qui nous poussent à croire que Jean-Paul Degache est innocent.

 

En 2007 à Privas puis en 2010 à Nîmes, les deux procès d’assises ont condamné l’ancien directeur de l’école publique, personnage estimé de sa commune, président d’associations sportives locales et départementales, ancien leader de l’opposition au Conseil municipal, correspondant de presse pour des journaux locaux et nationaux, à 8 années de prison pour viol et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité.

 

Concrètement, cela signifie que l'institution judiciaire l’a reconnu coupable d’avoir violé une élève durant deux années devant toute la classe plusieurs fois par semaine, et d’avoir pratiqué des attouchements sur 6 autres pendant 2 ans et sur 7 autres durant deux années différentes. Tous ces crimes et délits sont censés avoir été commis devant plus de 20 élèves, à l’intérieur d’une classe vitrée donnant sur la cour de l’école et sur le couloir de l’école.


- Or, durant les deux procès, fruits de longues enquêtes de la gendarmerie, personne n'a jamais rien remarqué et jamais l'alerte ne fut donnée. Aucun des nombreux anciens élèves interrogés, présents dans les classes, n’a remarqué quoi que ce soit

 

De nombreuses années après, on assiste à leur dénonciation, uniquement par celles qui s'en disent victimes. Aucun témoin n'affirme avoir assisté à un viol, pourtant censé avoir été commis – répétons-le - devant plus toute une classe.

 

- Ces viols et attouchements auraient, d'après les victimes, été commis toutes les semaines pendant plusieurs années dans une classe vitrée côté cour et côté couloir, et devant laquelle il était indispensable de passer pour entrer dans l'école.

 

Malgré cette exposition aux regards de tous, jamais un adulte ou un autre enfant n'a remarqué quoi que ce soit d'anormal. Plusieurs dizaines d’adultes, ont assisté, sans qu’il le sache à des séances de classe données par Jean-Paul Degache, toute personne qui rentrait dans l’école était obligée de se trouver nez à nez avec l’instituteur face à sa classe. Les procès de Privas et de Nîmes ainsi que les enquêtes de gendarmerie ont vu défiler des dizaines d’adultes… aucun n’a assisté à quoi que ce soit d’anormal.

 

- Presque tous les élèves ont été entendus en mars 1997 par les gendarmes dans le cadre de la première enquête, qui portait alors sur des accusations d'attouchements et qui a été classée sans suite et ressortie ultérieurement. Aujourd'hui, plusieurs de ces élèves sont considérés comme des victimes de Jean-Paul Degache. Malgré ce qu'ils ont pu dire aux gendarmes, aucun d'entre eux n'a été retiré de la classe par ses parents. Au contraire, tous ont continué l'année suivante, en CM2, avec le même instituteur. Même les parents d’une partie civile ont laissé leurs filles dans la classe de Jean-Paul Degache "car c'était un bon instituteur" !

 

Autrement dit, il faut imaginer que l’on accompagne à la gendarmerie son enfant de 8 à 10 ans pour qu’il témoigne sur les agissements de son instituteur soupçonné d’être un pédophile. Malgré ce qu’il a pu dire aux gendarmes, on remet son enfant dans la même classe, sans mesure de surveillance particulière, avec le même instituteur…

 

Toutes les victimes d’agressions sexuelles ont ainsi été remises dans la classe par leurs parents le jour suivant l’interrogatoire par les gendarmes ! L’année suivante, ces mêmes parents ont laissé leurs enfants partir en classe de découverte avec ce même instituteur qui faisait l’objet d’une enquête de gendarmerie.

 

Aucun élève n’a été retiré des classes de Jean-Paul Degache. 10 ans après les faits, ce que ces enfants ont dit aux gendarmes et qui n’a même pas alerté leurs parents fait d’eux des victimes d’agressions sexuelles…

 

- Parmi ces enfants devenus adultes et étant appelés à témoigner devant la Cour d’assises, plusieurs affirment devant la Cour que leur instituteur ne leur a jamais rien fait et qu’ils n’ont rien à lui reprocher. La Cour les considèrera tout de même comme victimes ! Autrement dit, Jean-Paul Degache est en prison pour huit années pour des faits qu’il est censé avoir commis sur des personnes qui, lors du procès et aujourd’hui encore clament qu’il ne les a pas commis !

 

Malgré cela, les jurés ont considéré que Jean-Paul Degache devait purger une peine de 8 années de prison.

 

Si nous respectons parfaitement la décision du peuple français, représenté par la Cour d’assises, nous estimons que la vérité judiciaire n’est peut-être pas conforme à la vérité des faits.

 

Nous ne sommes pas les seuls, plus de 1000 personnes ont spontanément choisi de rejoindre le comité de soutien à Jean-Paul Degache. Parmi elles, on trouve l’Abbé Dominique Wiel, innocenté à Outreau.

 

Cette affaire a fait tant de bruit qu’elle a fait l’objet d’un reportage remarqué dans l’émission 66 minutes, diffusée sur M6.

 

Ce blog vise entre autres à faire connaître l’histoire de Jean-Paul Degache afin que chacun puisse se faire une idée sur cette affaire.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:05

Dans le cadre des Lundis Citoyens, le Collectif du même nom organise une rencontre avec Charles Bécheras, Aumônier à la Maison d’Arrêt de Privas, autour du thème « Vivre en prison ».

 

65 000 détenus en France : dans quelles conditions ? Suicides, violences,  santé, préparation à la réinsertion, contacts avec l'extérieur, peines  alternatives... Voilà quelques unes des questions qui pourront être abordées au cours de cette soirée.


Jean-Paul avait rencontré à plusieurs reprises C. Bécheras lors de son incarcération à Privas en 2007.

Les personnes intéressées sont bien sûr invitées à se rendre à cette soirée que le Blog de soutien à Jean-Paul Degache se permet de relayer.

 

 

Lundi 8 novembre à ANNONAY salle Jean-Jaurès (GOLA) – 20h30, 

 avenue de l’Europe (au-dessus du cinéma Les Nacelles)


 « Vivre en prison »


Avec Charles Bécheras, Aumônier de la Maison d’arrêt de Privas

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 08:42

Lettre de Jean-Paul à son fils et sa belle-fille,

Datée du 27 octobre 2010, à Villeneuve-lès-Maguelone.

 

Mon cher Simon, ma chère Pauline,

 

             Que les moments de bonheur passent vite ! Je n'ai pas vu filer les 45 minutes de ce temps que nous avons passé ensemble avec notre petite Jeanne adorée. Elle a été vraiment formidable et m'a comblé de "Papi". C'était un vrai régal.

[...]          

            Hier après-midi, au cours de la promenade, j’ai été témoin d’une bagarre qui a nécessité l’intervention des surveillants. Ce sont des jeunes qui ont bousculé un homme et l’ont fait tomber. Ils ne se sont même pas arrêtés, faisant comme si le type n’existait pas. Devant les cris de protestation et sur l’insistance d’un autre, le premier jeune est allé s’excuser mais pas l’autre. Alors, le ton est monté avec les insultes et les deux se sont mis à se battre…

Nous étions tous très mal. En plus, des fenêtres des deux bâtiments partaient des insultes, des cris… Ce matin, celui qui réclamait des excuses est sorti à nouveau mais il a le visage marqué par les coups reçus. Heureusement, l’autre n’est pas sorti en même temps… Dans quel univers suis-je ?

 

 

           Cet extrait de courrier demeure extrêmement significatif du quotidien de Jean-Paul. Comme il le dit "dans quel univers suis-je ?" Pour nous qui n'entrons que partiellement dans la Maison d'arrêt, il est très difficile de s'imaginer ce qui se passe derrière le box du parloir. Jean-Paul essaie de nous le décrire mais encore une fois ce ne sont que des mots. Il insiste fortement sur le bruit permanent des portes, des verrous, des alarmes, de la musique ... et des autres détenus et ce à n'importe quelle heure de la journée et de la nuit ! Comment trouver un équilibre lorsque l'on doit faire face à cela ?

            Il y a également les minutes de promenade quotidienne, les seules en extérieur, qui restent ponctuées de violence, d'injures comme il nous le décrit ci-dessus. C'est donc dans un état de stress permanent que Jean-Paul évolue dans ce milieu.

            Heureusement qu'il y a ces instants de retrouvailles avec la famille lors des parloirs mais également le courrier qui arrive tous les jours. Ce sont des instants qui lui permettent de recharger ses batteries et sans cet amour et cette amitié, il ne tiendrait pas.  Jean-Paul nous disait hier qu'il avait reçu 851 courriers.

            Nous ne pouvons que vous conseiller de lui écrire régulièrement... Si vous avez des difficultés à le faire, pensez au réconfort que vous lui apportez quand on lui remet votre courrier et surtout quand il le lit.

 

Jean-Paul Degache
33670 Bat A 102
Maison d'arrêt
avenue du Moulin de la Jasse
34753 Villeneuve les Maguelone Cedex

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 06:12

Bonjour à tous, fidèles, occasionnels ou nouveaux lecteurs du blog. Hier fut une journée record avec plus de 300 visiteurs uniques et nous tenions à vous remercier.

 

Il y a quelques semaines, nous avions demandé à Jean-Paul de nous relater son quotidien lors des années, comprises entre 2002 et 2010, marquées par le contrôle judiciaire. Aujourd’hui, voici la dernière partie.

 

Partie 3

 

            Enfin, j’occupe bien mon temps avec mon jardin et l’entretien de l’espace vert autour de la maison Quelques amis viennent parfois me donner un coup de main précieux. Ce travail me délasse bien et permet d’avoir de bonnes satisfactions à condition d’être patient et régulier dans les soins que l’on apporte à ses cultures potagères. Si je ne brille pas par mon assiduité, notamment pour les arrosages indispensables au bon développement des légumes, le jardinage est un travail d’équipe réalisé en parfaite entente avec Ghislaine.

Si la période hivernale permet bien de souffler, quand mars arrive, il faut bêcher puis semer, repiquer, arroser, biner, piocher… en espérant récolter. On n’a guère le temps de profiter de la magnifique floraison des cerisiers que leurs fruits sont déjà mûrs et qu’il faut commencer à grimper à l’échelle ou dans les arbres pour essayer d’assurer une cueillette la plus correcte possible. Une ou deux chutes sont venues me rappeler à la prudence mais quand un arbre est vieux, ses branches montent haut et ce n’est pas toujours facile. Om me dit bien qu’il faudrait les tailler mais c’est un travail énorme que je n’ai pu faire que très partiellement.

Ainsi, au rythme des saisons et de l’activité cycliste et journalistique, ces neuf années de contrôle judiciaire se sont écoulées. Heureusement, il y avait aussi la vie familiale avec la naissance de mes deux adorables petites-filles, formidables moments d’espoir permettant de croire encore en un futur meilleur.

Volontairement, Ghislaine et moi, nous ne sommes plus partis en vacances pendant toutes ces années alors que nous adorons visiter, découvrir d’autres régions, d’autres pays et aller à la rencontre d’autres cultures. Ce sacrifice momentané nous laissait espérer qu’un jour, enfin, ce cauchemar s’arrêterait parce que la véracité historique s’imposerait enfin. Il nous était impossible d’imaginer aller jusqu’au bout de l’horreur, de cette horreur qui nous est imposée et qui nous oblige de boire le calice jusqu’à la lie.

Tenir, résister, pour venir à bout du mensonge, de la méchanceté et de la haine, reste la seule solution pour en finir un jour. Parce que je suis parfaitement en règle avec ma conscience et entouré par tout l’amour de mes proches sans oublier la formidable amitié de plus d’un millier de personnes, je résiste et sortirai un jour la tête haute.

Jusqu’à mon dernier souffle, je ne cesserai de proclamer que JE SUIS INNOCENT !!!

 

Jean-Paul

 

Partie 1

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 07:56

Jean-Paul continue de nous décrire ces heures qui ont suivi la condamnation du procès de Privas au mois de septembre 2007.


Partie 1

 

Ça y est, on m’emmène. Je dois monter à l’arrière d’une voiture de police et le trajet sera très court. Je connais ces rues de Privas mais il fait nuit et je ne vois personne. Je me laisse conduire comme un automate vers un destin que j’ignore.

 

Devant la vieille maison d’arrêt, je n’ai pas le temps de respirer l’air libre… D’ailleurs, je ne le suis plus. La lourde porte métallique se referme derrière moi et commence le rythme infernal des claquements métalliques des grilles qui s’ouvrent puis se ferment et des clés des surveillants qui manœuvrent sans fin ces serrures qui enferment les êtres humains.

 

J’accomplis les formalités ou plutôt je me laisse faire mais je tremble de tout mon corps parce que je me demande où je vais bien pouvoir tomber. On détaille toutes mes affaires pour m’en laisser certaines et en garder d’autres. Le fameux sac que j’avais quand même préparé pour conjurer le mauvais sort en pensant vraiment qu’il ne me servirait pas, m’est enlevé. Il faut que je me débrouille pour porter mes affaires avec le « paquetage » qu’on me remet comme à tout arrivant.

 

Il a fallu aussi que je me déshabille pour la première fouille qui sera suivie de tant d’autres… Un surveillant me demande de le suivre, les bras chargés et voilà que je découvre l’intérieur d’une prison, ce nombre incalculable de portes à franchir. Je suis perdu.

 

Je demande au surveillant « Vous allez me mettre où ? » Il me répond : « Dans une cellule de huit. Vous verrez, ils sont sympas… » Je suis effondré. Je le supplie de me mettre tout seul mais il n’y a rien à faire.

 

Il doit être une heure du matin. Nous montons un étage, suivons un long couloir et nous arrivons devant une porte, là où je vais devoir passer 52 jours, mais…


Jean-Paul

 

Partie 3

 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 07:33

 Les Vivants et les Morts de Gérard Mordillat (8 épisodes de 52 minutes, France 2, 2010)

 

En ce dernier dimanche du mois d'octobre, Jean-Paul nous fait partager la chronique d'un livre qui a été ensuite adapté en téléfilm pour France Télévision.


            Ghislaine et moi avions adoré le livre de Gérard Mordillat, et j’ai été agréablement surpris de voir que ce même auteur avait réalisé un film pour la télévision afin d’adapter son roman qui avait été sélectionné pour le Prix du Livre Inter.

affiche-Les-Vivants-et-les-Morts-2009-1.jpgAprès avoir vu les six premiers épisodes, je me rends compte que cette immense fresque sociale et souvent très intimiste, ne pouvait être adaptée que par son auteur lui-même. Le récit est tellement dense que la réalisation a imposé de résumer certaines parties de l’histoire en deux épisodes.

Les Vivants et les Morts permet de comprendre de l’intérieur ce qui s’est passé et se passe encore lorsque la finance l’emporte sur l’humain. Cette recherche permanente et obsessionnelle du profit détruit tout simplement la vie. L’auteur décortique bien le mécanisme diabolique mis au point pour réussir à déposséder les ouvriers de leur outil de travail. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour conserver ce qui est leur dignité et leur fierté. D’autres hommes – méritent-ils ce nom ? – n’hésitent pas à employer tous les stratagèmes pour parvenir à leurs fins. Témoins de ce spectacle désolant, les hommes politiques sont pathétiques et Gérard Mordillat démontre bien toute leur impuissance devant ce véritable massacre. Les vrais décideurs sont ailleurs et ils se gardent bien de se montrer.

La montée en puissance de l’histoire, pendant les trois premiers épisodes, avait été un peu ralentie dans les trois suivants où les rapports amoureux prenaient le dessus mais l’on comprendra ensuite que cela était nécessaire pour expliquer ce qui suivra.

Les deux derniers volets de cette terrible histoire bien trop contemporaine m’ont laissé KO. La révolte de toute une ville qui sent qu’on est en train de l’assassiner, est montrée avec brio et beaucoup de réalisme par le réalisateur : « Qui sème la misère récolte la colère ! »

Ce sont les femmes qui font prendre conscience à tous du drame qui se joue alors que, de réunion en réunion, responsables et hommes politiques tentent d’en finir en douceur. Arrive alors la répression aveugle et dévastatrice des forces de l’ordre. L’auteur nous montre bien que ce sont eux qui les dirigent, de loin, par radio, qui portent la faute de la catastrophe qui s’amorce. Marie Denarnaud qui joue le rôle de Dallas, se révèle vraiment dans ses deux derniers épisodes où elle est tout simplement extraordinaire de présence, de force et d’émotion. Elle vole même la vedette à son mari, Rudy, joué par un très bon Robinson Stévenin, et finit par imposer sa volonté.

 

 

Inutile de détailler tout ce qui se passe dans Les Vivants et les Morts, tellement cette histoire est dense et riche en émotions. L’œuvre cinématographique réalisée est à la hauteur du roman et tout le mérite en revient à Gérard Mordillat et à tous ceux qui l’ont soutenu pour réaliser cette superbe fresque. Si vous n’avez pas pu voir le film, lisez sans plus tarder le livre, vous ne le regretterez pas !

 

Jean-Paul

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 08:47

Aujourd'hui, nous vous proposons deux articles que Jean-Paul a écrits sur l'agriculture actuelle et ses conséquences.  Bonne lecture !

 

Une présidente pas dans son assiette (29/10/2010)

 

Pouvons-nous faire confiance à ceux qui édictent les normes nous garantissant une nourriture saine dans nos assiettes ? Le doute était déjà présent mais il s’installe encore plus depuis que nous avons appris que Diana Banati, présidente du conseil d’administration de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), faisait aussi partie du conseil d’administration d’une association regroupant les plus grandes entreprises de l’industrie alimentaire, l’International Life Science Institute (ILSI).

Merci qui ? Merci José Bové ! Le député européen, vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, a révélé ce sérieux conflit d’intérêt. Il a déclaré : « l’EFSA n’a pas d’autonomie. Elle est inféodée aux lobbies. Son mode de fonctionnement doit être revu de fond en comble ». Mme Banati a caché le fait qu’elle côtoyait, au sein de l’ILSI, les représentants des dix plus grandes entreprises comme Kraft Foods, Nestlé ou Danone. Cette scientifique hongroise, spécialiste des questions d’alimentation, fait partie de l’EFSA depuis 2006 et en est la présidente depuis 2008. Parmi ses attributions, cette autorité a une mission d’expertise auprès de la Commission européenne en matière de produits alimentaires dont les fameux OGM, les organismes génétiquement modifiés. L’ILSI, fondé aux Etats-Unis, regroupe plus de 400 entreprises et vise à « améliorer la santé et le bien-être du public en rassemblant des scientifiques de l’université, du gouvernement et de l’industrie, dans un forum neutre ». Son financement est assuré par l’industrie, les gouvernements et des fondations. Or, parmi ses membres, on trouve des géants comme Monsanto, BASF, Bayer ou Syngenta, grands pourvoyeurs d’OGM. C’est en réalité un lobby qui cherche à influencer les décisions politiques avec, entre autres, à son actif, une action en faveur des fabricants de tabac pour affaiblir les initiatives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette dernière, en 2006, a exclu l’ILSI des organisations pouvant participer à ses activités.

De plus, l’ILSI travaille sur des plantes transgéniques et intervient dans les évaluations de l’EFSA. Bien que Mme Banati affirme qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts, la suspicion est là et les ministres européens de l’environnement ont demandé « un renforcement de l’évaluation environnementale des OGM ». Cette remise en cause sérieuse de l’indépendance de l’EFSA affaiblit la Commission européenne et ne peut manquer de nous interroger sur la qualité de ce qui arrive dans nos assiettes.

 

A Barjac, dans le Gard, une utopie devient réalité (29/10/2010)

 

nos enfants nous accuseront,0Située aux confins du Gard et de l’Ardèche, la commune de Barjac se fait connaître en 2008, grâce au film de Jean-Paul Jaud : « Nos enfants nous accuseront ». Ce documentaire-choc détaille le combat d’une municipalité contre les pesticides afin d’imposer des produits bio à la cantine scolaire et à la maison de retraite.

Hélas le problème de l’approvisionnement se pose déjà comme un peu partout en France : manque de volailles et de farine, par exemple. Aussi, lorsqu’une imposante ferme de 120 hectares, La Grange des Prés, est à vendre, Edouard Chaulet, le maire de Barjac, 1533 habitants, ne veut pas laisser passer cette occasion unique.

En France, nombreux sont les jeunes agriculteurs qui veulent s’installer mais qui abandonnent leur projet parce qu’ils n’ont pas de terre à cultiver. A Crest (Drôme), existe une association, Terre de liens, dont l’objectif est d’aider à l’installation des cultivateurs bio par l’intermédiaire d’un montage financier basé sur « un actionnariat citoyen et concerné ». Le président de cette association, Sjoerd Wartena, est clair : « La politique agricole commune pousse sans cesse nos agriculteurs à l’agrandissement et à la spéculation. Ces grandes exploitations  intensives détruisent le paysage, rendent les terres stériles, l’eau imbuvable. Nous avons besoin d’une agriculture diversifiée et de proximité, pas de milliers de tonnes de céréales ! » En partenariat avec une banque solidaire, la Foncière terre de liens (4700 actionnaires, 12,5 millions d’euros de capital) collecte des fonds auprès de particuliers ou d’entreprises afin d’acheter ou de louer des terres. L’argent placé est récupérable à tout moment mais c’est avant tout un acte militant car aucun dividende n’est distribué. L’action est revalorisée suivant l’inflation et les souscripteurs peuvent bénéficier d’avantages fiscaux à condition de conserver l’action pendant au moins cinq ans. Aujourd’hui, 45 paysans (35 ans de moyenne d’âge) ont pu s’installer ou poursuivre leur activité et 26 exploitations achetées revivent.

Avec le soutien du département et de la région, le maire contacte Terre de liens et rêve déjà d’une ferme bio de 120 hectares… Il faut un million et demi d’euros pour acquérir le domaine, restaurer la ferme et réaliser d’autres aménagements. Terres de liens propose que ces terres soient exploitées par des agriculteurs motivés non seulement par le biologique mais aussi par le travail d’équipe. Les bêtes fourniront l’engrais. Les outils, les droits d’eau et les bâtiments seront mis en commun et il faudra s’entendre pour la rotation des cultures. Enfin, deux ans seront nécessaires pour obtenir la certification bio.

Alors que le prix moyen à l’hectare est de plus de 6000 euros dans le Gard, les paysans de la Grange des Prés louent la terre 50 euros l’hectare par an puis cela passera à 73 euros en 2012.

Tout a été bouclé le 30 avril dernier. Cinq agriculteurs ont été choisis par Terre de liens parmi une dizaine de candidats. Un montpelliérain de 34 ans, Frédéric Gasset, qui ouvre une boulangerie à proximité de Barjac, va cultiver lui-même son blé. Un jeune couple va élever des volailles. Un autre couple produira du fourrage pour son élevage de chèvres et deux agriculteurs de Barjac sèmeront de l’engrais vert pour préparer de futures plantations notamment consacrées au maraîchage. La Grange des Prés, ancienne ferme céréalière, devient ainsi une exploitation consacrée à la polyculture et à l’élevage pour la vente en circuit court.  

Bien sûr, tout le monde n’est pas d’accord avec ce montage réussi car quelques agriculteurs de Barjac lorgnaient vers ces terres mises en location. Terre de liens oblige l’agriculteur à être locataire ce qui est difficile à accepter pour un paysan traditionnel attaché au lopin qu’il cultive et qui, souvent, lui a été transmis par sa famille. Mais, quand on sait que, chaque semaine, en France, 200 fermes disparaissent, il est peut-être temps de mettre au point un autre système… comme une utopie qui deviendrait réalité.

Jean-Paul  

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 08:44

Après être revenu sur le premier procès, Jean-Paul se remémore, aujourd'hui,  les terribles heures qui ont suivi le verdict de septembre 2007 en Ardèche. 

 

Vincent, Simon et Arnaud hurlent : « tiens bon ! On ne lâchera pas ! »

 

Ça y est, je suis sorti de cette salle et un policier me présente les menottes. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais eu de menottes et je n’ai jamais été incarcéré, gardes à vue mises à part. Je me souviens avoir dit au policier : « ne craignez rien, je ne vais pas m’échapper… » Très ennuyé, il m’a répondu « je ne peux pas faire autrement, c’est la règle, mais je ne vais pas les serrer… »

 

Ils me placent à nouveau dans la même pièce où j’étais tout à l’heure avec Ghislaine1, l’espoir au cœur. C’est dur, c’est très dur. Depuis un moment, je ne peux plus retenir mes larmes. Mes deux avocats arrivent alors et s’assoient de chaque côté de moi pour essayer de me calmer. Nous décidons aussitôt de faire appel mais je sais que cette soirée, il est près de minuit, va se terminer en prison et je suis mort d’inquiétude.

 

Plusieurs fois, on vient les chercher pour l’audience civile où l’on fixe les fameuses indemnités… puisque l’on m’a déclaré coupable de choses que je n’ai pas commises… Ils refusent d’y aller et finissent par dire : « qu’elle fasse comme elle veut, on s’en fout… »

 

C’est long, mais tant que je suis là, je suis en sécurité. Dire qu’à quelques mètres de moi, ils sont tous là : Ghislaine, Vincent, Simon, ma mère, mes frères et sœurs, toute la famille, Arnaud, Jacqueline et la formidable équipe du Comité de soutien…

 

Que se passe-t-il ? Que font-ils ? J’ai mal pour eux, surtout pour ma pauvre Ghislaine et pour mes deux garçons à qui on impose tant de souffrances. Comment est-ce possible ? Ce n’est pas vrai ! Je ne peux pas y croire…

 

Les policiers qui passaient et repassaient devant la porte entrent dans la pièce et l’un d’eux annonce qu’il faut y aller. Je dis au revoir à mes avocats qui promettent de venir me voir… en prison !!!

 

Jean-Paul


 1 : Entre la fin des plaidoiries et le verdict, l'accusé est enfermé dans une salle, seul, même s'il a comparu libre. Lors des deux procès, Mesdames les Présidentes ont autorisé Ghislaine à l'accompagner.

 

Partie 2

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 09:07

Régulièrement, sur ce blog, Jean-Paul Degache nous transmet des textes. Sur sa détention, sur sa vie d’avant, sur l’affaire, sur les procès ou sur toute autre chose.

 

Ecrire lui fait du bien, il nous le dit régulièrement, et lui rappelle ses années de journalisme dans plusieurs journaux locaux et dans des publications spécialisées.

 

Il est conscient que de nombreux lecteurs parmi les milliers de visiteurs de ce blog ne le connaissent pas, ne l’ont jamais rencontré, et ne sont au courant de l’affaire qu’à travers un reportage télévisé, quelques articles de presse et la lecture de ce blog.

 

Nous sommes convaincus que pour que sa réhabilitation morale, à défaut d’une réhabilitation judiciaire en laquelle nous n’avons hélas que peu d’espoirs, soit complète, Jean-Paul doit pouvoir s’expliquer face à ceux qui le lisent et s’interrogent sur l’affaire Degache.

 

C’est pour cela qu’il nous a proposé de répondre à toutes les questions que vous pourrez lui poser, sur tous les aspects de l’affaire, mais aussi sur sa vie en détention, sur les difficultés qu’il rencontre au quotidien, sur la façon dont il enseignait ou sur tout autre sujet.

 

Il est bien sûr disposé à répondre aux questions de tous, et pas seulement de ceux qui le soutiennent. Nous sommes bien conscients que si un jury d’assises l’a condamné à deux reprises, c’est que des gens peuvent aussi être convaincus de sa culpabilité. Là aussi, nous lui transmettrons vos questions, qui que vous soyez.

 

Régulièrement, nous publierons les réponses rédigées par Jean-Paul en espérant que chacun puisse se rendre compte que la vérité judiciaire ne coïncide pas forcément avec la vérité des faits…

 

Vous pouvez donc nous faire passer les questions soit en nous laissant un commentaire sur cet article, soit en nous écrivant à soutien.jean-paul.degache@voila.fr. Evidemment nous ne divulguerons pas vos identités si vous ne souhaitez pas qu’elles soient publiées ou que Jean-Paul en ait connaissance.

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 07:43

Ce presque quadragénaire était en classe avec plusieurs des témoins qui ont décrit des viols hebdomadaires devant tous les élèves. Comme tous les autres témoins que nous pouvons interroger, il estime que ces faits n'ont tout simplement pas pu se dérouler plusieurs fois par semaine en sa présence. Il n'habite plus et ne travaille plus à Sarras, nous ne donnerons toutefois pas son identité.

Entretien réalisé le 7 octobre 2007

 

Bonjour et merci de t’être déplacé pour me parler. D’abord, quand étais-tu en classe avec Jean-Paul Degache ?

 

Bonjour, j’étais en classe en 1978-1980 avec Jean-Paul Degache, et je t’avoue que j’ai été très surpris par cette affaire quand elle a éclaté il y a quelques années.

 

Je rappelle l’affaire : plusieurs des filles qui étaient avec toi en classe affirment avoir été violées alors qu’elles se trouvaient au bureau de Jean-Paul Degache devant toute la classe, elles affirment que cela arrivait toutes les semaines, pendant deux ans, tu étais dans cette classe, as-tu vu quelque chose ?

 

Justement, je n’ai jamais rien vu, c’est impossible qu’il ait pu faire ça en ma présence, tu sais, j’étais un garçon pas spécialement précoce, donc un rien pouvait me choquer, et des choses comme ça, si j’y avais assisté, crois-moi que j’en aurais tout de suite parlé ! En CM1, j’étais assis près de la porte d'entrée de la classe, ce qui me donnait un bon angle de vue sur le siège de l'instituteur et l'arrière de son bureau. Je n'ai jamais rien vu.

 

Comment était Jean-Paul avec ses élèves, on m’a parlé de gestes d’affection…

 

Oui, c’est sûr, il était, je dirais, paternaliste, je crois que c’est le mot, mais il n’a jamais eu de gestes déplacés, que ce soit sur moi ou sur d’autres, il n’a jamais commis quoi que ce soit de répréhensible ou de pervers ! C’est sûr qu’il nous touchait parfois, mais c’était plus de l’ordre de la tape affectueuse sur l’épaule, franchement, je suis effaré par tout ce qui a été décrit pendant le procès, surtout que je suis sensé y avoir assisté…Vu mon placement latéral, le bureau ne cachait aucun des gestes de Jean-Paul quand il était assis à ce dernier et je le répète, je n'ai rien vu.

 

On dit qu’il prenait les enfants sur ses genoux, qu’il leur caressait les fesses…

 

Honnêtement, ça fait longtemps, je n’ai pas trop de souvenirs, mais je suis certain qu’il ne m’a jamais pris sur ses genoux, ni caressé les fesses, et franchement je ne me souviens absolument pas qu’il ait fait de tels gestes sur d’autres élèves.

 

Est-ce qu'il y avait des réflexions sur l’attitude de l’instituteur ? Vous en parliez entre vous ?

 

Non, pas du tout, en fait il y avait un peu un côté garçon et un côté fille, un peu comme dans toutes les classes, mais on parlait quand même entre nous, et je n’ai jamais rien entendu. Tu imagines que j’en aurais parlé tout de suite. Mon seul souvenir du jour où il a pu toucher un élève, c’était [un témoin à charge] qui s’était fait piquer par une araignée (en classe verte à Salavas) et il l’avait emmenée chez le médecin, mais ça s’arrête là…

 

As- tu revu certains de tes camarades de l'époque ?

 

En fait, je n’ai recroisé que très peu d’anciens élèves après mes années d'école primaire car je ne suis pas allé au même collège qu’eux, j’étais à Tournon et ils sont plutôt allés à Saint Vallier. Je n'ai de contact qu'avec ceux qui sont toujours mes amis à l'heure actuelle.

 

Et toi, quelle est ton opinion sur l’attitude de Jean-Paul Degache ? Le fait qu’il soit paternaliste comme tu dis…

 

Moi, je trouvais ça très bien, en fait avant on sortait de classes avec des instituteurs beaucoup plus stricts, c’était beaucoup moins facile, on était plutôt content qu’un enseignant soit plus proche de nous.

 

As-tu eu d'autres contacts avec Jean-Paul après ta scolarité en primaire?

 

Oui, j’ai fait du korfbal, j’étais très impliqué là dedans puisque je faisais les entraînements de l'équipe adulte, et quand mon emploi du temps me le permettait, j'allais aider Jean-Paul pour l'entrainement des jeunes de l'école de korf le mercredi après midi.
 

Je me souviens que lors du procès, on a parlé d’intrusions de Jean-Paul Degache dans les vestiaires, franchement, je n’ai jamais vu ça, et ça ne s’est tout simplement jamais produit, j’étais bien placé pour le savoir… tout comme je suis bien placé pour te dire que je n’ai jamais vu un jeune prendre une douche après un entrainement de korf !

 

Tu as été interrogé dans le cadre de l’enquête ?

 

Oui,... et non. 

J'avais fait une demande d'audition auprès du Juge d'Instruction en mai 2002. Par retour de courrier il m'a fait savoir qu'il ne souhaitait pas m'entendre.

Plus aucune nouvelle jusqu'en septembre 2003, où la Gendarmerie d'Andance m'a contacté pour faire une déposition dans leurs services. Une déposition est un exposé de faits alors qu'une audition est un jeu de questions/réponses avec un professionnel au fait du dossier. De ce fait, il y a de nombreux détails dont je n'ai pas parlé devant les gendarmes, notamment concernant le korfbal.

J’ai vraiment l’impression que seules les plaignantes ont été interrogées par le Juge alors que je n'ai vu qu'un gendarme… je ne suis d’ailleurs pas le seul dans ce cas dans les témoins à décharge de Jean-Paul.

 

Quel est ton avis sur cette affaire ?

 

Franchement, je ne vois pas comment ce genre de choses pouvaient se faire en public sans que personne ne les voie, tu sais, j’étais réservé, timide, ça m’aurait carrément choqué, de tels gestes.

Tu te rappelles le film « être et avoir » ? Et bien Jean-Paul, pour moi, c’est l’instituteur de ce documentaire, et pourtant l’instituteur du documentaire n’a pas été accusé de pédophilie. On voit bien dans le film qu’il prend les élèves sur ses genoux, qu’il les console… ces gestes ont ému la France entière, et là, Jean-Paul est en prison pour la même chose… 

J'ai travaillé 10 ans comme infirmier en réanimation. Aujourd'hui je suis infirmier anesthésiste. Dans le cadre de mon travail, je touche tous les jours des personnes adultes et enfants. Le toucher est un moyen de communication très important, surtout pour toute personne qui ne peut plus parler (coma, intubé,....). Le toucher rassure et relève de l'humain et non de la perversité. S'il est admis, que dans le milieu médical on peut prendre un enfant dans les bras ou caresser le dos ou les épaules d'un adulte en souffrance, pourquoi un instituteur ne peut pas le faire dans la même situation ?

Vais-je me retrouver, moi aussi, un jour devant une Cour d'Assise au côté de mes collègues para-médicaux et médicaux ? 

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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