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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 10:52

Lettre de Jean-Paul à Simon, son fils,

Datée du 2 avril 2010, à Nîmes.

 

            Mon très cher Simon,

 

                        Quelle avalanche ! Tout à l’heure, un surveillant m’a remis un paquet de 18 lettres que je viens de lire en commençant par la tienne. Il y avait aussi des lettres de […]. Je suis soulagé parce que tout le monde me dit que Ghislaine est très forte et ses lettres me le confirment.

           

            Je partage ton opinion sur la Présidente. M. m’écrit une chose que j’ai vue aussi : pendant la plaidoirie de Maître Vesson et la projection du DVD1, elle discutait ostensiblement avec son assistante, jetant de temps à autre un œil distrait sur l’écran. C’est sûr, elle ne voulait pas voir les preuves de mon INNOCENCE.

            Quand on m’a remis le sac de vêtements que vous m’avez apporté, mardi, je me suis dit : « C’est pas vrai ! Ils ont fait toute cette route !!! » Moi aussi j’ai hâte de vous revoir mais j’ai peur que ce ne soit pas long. On parle d’une demi-heure2. […] Moi aussi, j’ai du mal à réaliser mais je sais que je dois être patient, patient pour que ce temps fiche le camp le plus vite possible… à un problème près, c’est que ma vie aussi… Ca, on me le vole ! [...]

Jean-Paul

 

1 Cette vidéo, certifiée conforme par un expert, présentait la disposition de la salle de classe à l’époque où enseignait Jean-Paul ; réalisée en 3D on pouvait ainsi constater que tous les gestes dont Jean-Paul est accusé auraient été visibles à la fois par les élèves de la classe mais aussi par les adultes se trouvant à l’extérieur.

2 Quand Jean-Paul était à la Maison d’arrêt de Nîmes, les parloirs étaient d’une ½ heure ; on effectuait alors 4 heures de route en partant de Sarras. Actuellement, le trajet jusqu’à Villeneuve les Maguelone est de 5 heures mais la durée du parloir est d’1h15.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 13:50

En ce samedi pluvieux, Jean-Paul désirait faire un retour sur le courrier reçu durant la période estivale. Sachez que depuis le 26 mars 2010, Jean-Paul a reçu 749 lettres dont de nombreuses cartes postales !!!

 

"L'été, les vacances et moi... enfermé, privé de liberté, séparé de ceux que j'aime alors que je suis INNOCENT... Heureusement, au cours de leurs voyages, ma famille et mes amis ne m'ont pas oublié et j'ai reçu une quantité impressionnante de cartes postales. Merci à tous."

Jean-Paul

 

Carte des destinations françaises

 

Carte des destinations européennes 

 

Carte des destinations mondiales


 

Encore une fois, nous ne pouvons que vous conseiller de lui écrire le plus souvent possible. Les heures passeront ainsi plus vite… Merci

 

Jean-Paul Degache
33670 Bat A 102
Maison d'arrêt
avenue du Moulin de la Jasse
34753 Villeneuve les Maguelone Cedex

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 12:04

Entretien réalisé le 30 septembre 2007

 

Bonjour […], et merci d’accepter de me recevoir. Tout d’abord, je suis un peu surpris, dans le verdict, tu es considérée comme une victime de Jean-Paul Degache…
   
R: Mais jamais de la vie ! Je ne comprends pas ce verdict et je ne suis pas la seule ! Je ne suis absolument pas une victime de Jean-Paul, il ne m’a jamais fait subir des attouchements sexuels et je l’ai dit à la barre ! Quelque part, il est en prison pour partie à cause de moi et je trouve ça profondément injuste.
 
Concrètement, tu étais en classe avec lui de 1996 à 1998, lors du procès, quelques témoins ont réellement parlé d’attouchements et d’agressions sexuelles, tu as assisté à de pareilles scènes ?
 
R: Franchement non, absolument jamais, Jean-Paul aimait bien ses élèves, effectivement il lui arrivait de nous toucher, je me souviens de tapes d’encouragement sur l’épaule, mais enfin ce n’est quand même pas ça qui l’a envoyé en prison ! Ce genre de geste d’affection, c’est même important pour mettre un élève en confiance, surtout ceux qui, comme moi à l’époque, étaient en difficulté dans certaines matières.
 
Tu n’as vraiment pas de souvenirs ? On a dit lors du procès qu’il mettait certains élèves sur ses genoux ?
 
R: Je n’en ai aucun souvenir très précis : qui Jean-Paul aurait pris sur les genoux ? Si c’était souvent ? En tout cas moi il ne m’a jamais mise sur ses genoux, je ne me souviens que de la seule fois où il m’a réellement touchée, c’était après que je sois tombée sur le goudron, et j’étais bien contente qu’il me porte, parce que j’avais vraiment mal. Honnêtement, et je l’ai répété plusieurs fois au procès : si j’avais subi ou assisté à des gestes déplacés ou pervers, je m’en serais rappelée ! Tu sais, à cet âge là, on sait bien ce qu’un adulte peut ou ne peut pas faire… En plus, franchement, j’étais très bien placée dans la classe, s’il s’était passé quelque chose au bureau je l’aurais vu. A vrai dire, c’est impossible qu’en ma présence, il se soit passé quelque chose.
 
Enfin tu es bien au courant que certaines de tes anciennes camarades se sont plaintes, une d’entre elles est même partie civile au procès…
 
R: Ecoute, tu sais, les filles, en primaire, elles cherchent à retenir l’attention de l’instituteur, si une d’entre elles bénéficie de plus d’attention, on la repère tout de suite et on est limite jalouses… Or je ne me souviens vraiment pas avoir été jalouse de qui que ce soit à l’époque où Jean-Paul Degache était mon instituteur.
 
Les filles dans ta classe avaient elles un comportement particulier, il y avait des petits groupes ?
 
R: ça oui, il y en avait quelques unes qui se battaient pour être les préférées [elle me cite le nom de plusieurs témoins et de la plaignante] et qui ricanaient souvent entre elles. En en parlant un peu, je trouve étrange que [la plaignante] ait pu dire qu’elle souffrait avec Jean-Paul, au contraire, elle paraissait très heureuse.
 
Cela a duré comme ça jusqu’au mois de mars 1997, là vous avez été convoquées et interrogées… tu t’en souviens ?
 
R: Oui, on a eu un appel le samedi matin, les gendarmes ont dit à mon père que nous devions aller témoigner car quelque chose de grave se passait à l’école… Dès mon arrivée à la gendarmerie, on s’est retrouvés séparés pour nos témoignages. C’est là que je m’interroge un peu…
 
C'est-à-dire ?
 
R: Sur les conditions du témoignage, sincèrement, je ne me souviens que de questions auxquelles j’ai répondu par oui ou par non, rien de plus, alors après quand on m’a relu au procès les phrases que j’aurais prononcées, franchement, c’était beaucoup trop construit pour que j’aie réellement dit des choses pareilles. Je pense qu’ils ont peut être reconstitué des phrases à partir de mes réponses…
 
Au procès pourtant, tu as bien dit que tu avais sans doute vraiment dit ça, non ?
 
R: Oui, mais attends : mets toi à ma place, tu rentres dans une salle bondée, tu n’as rien préparé, tu as l’avocat général qui commence à te menacer si tu fais un faux témoignage et la Présidente qui relit ce que j’étais sensée avoir dit. Souviens toi, j’ai juste dit : « si c’est écrit, c’est que j’ai bien dû le dire », mais bon, franchement ça m’a surprise, je sais bien que j’étais super intimidée chez les gendarmes… tu sais deux gendarmes qui t’interrogent toute seule, sans tes parents, ce n’est pas super pour se sentir en confiance, et puis franchement, je ne me voyais pas contredire des hommes en uniforme, donc j’ai presque dit « oui » à tout, ce qui peut expliquer que, dans le compte rendu, je dis que c’est un super instituteur et en même temps qu’il m’a touchée…
 
En fait, vu que tu as confirmé la retranscription de ton interrogatoire, c’est ça qui t’a fait devenir une « victime » de Jean-Paul…
 
R: Mais je te le répète, je ne suis pas une victime ! Je n’accepte pas qu’on dise des choses alors que ce n’est pas vrai !
 
Alors comment expliques-tu que quelques filles de ta classe disent des choses à la barre que tu n’as ni vues, ni subies ?
 
R: Mais je n’en sais rien moi ! Je peux juste te dire que le week-end avant le procès, l’une des témoins à charge est rentrée en contact avec moi, une amie m’a confirmé qu’elle l’avait appelée aussi, comme nous n’avons pas donné suite, elle ne nous a pas rappelées.
 
Et après le CM2, vous vous êtes un peu revues non ? Vous n’en avez jamais parlé entre vous, personne ne s’est jamais plaint de Jean-Paul ?
 
R: Non, jamais ! Je n’avais même pas eu vent de rumeurs en fait, rien du tout.

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 08:33

En 2007 et 2010,  nous avons pu assister à l’intégralité des deux procès en assises.  Lors de chacun d’entre eux, les magistrats n’ont pas tenu compte de deux faits majeurs qui disculpent complètement Jean-Paul Degache des accusations portées contre lui. Les voici :
           
            - Premier fait : aucun enfant n’a vu ce qui est reproché à son instituteur. Une majorité d’anciens élèves affirme qu’il était un excellent instituteur, très affectueux tel un bon père de famille. Il est quand même difficile de concevoir qu’à aucun instant, un enfant n’ait  parlé volontairement ou pas de ces « agressions » à un parent. Même celles qui l'accusent ! Tous les enseignants disent à quel point leur comportement est observé attentivement par les élèves. S'il est reconnu que les enfants "victimes" se taisent souvent, il est inconcevable que les autres enfants "témoins" n'aient pas parlé de faits et gestes déviants entre eux ou à leurs parents.
 
            - Deuxième fait : aucun adulte n’a jamais vu ou remarqué un comportement déviant de la part de Jean-Paul Degache. Et pourtant de multiples personnes se rendaient fréquemment devant sa salle de classe. Celle-ci était d’ailleurs comparée à un « aquarium » : entièrement vitrée sur les deux longueurs. Alors comment ces « soi-disant attouchements et viols » ont-ils pu être commis ? Un aveuglement total ? Une quatrième dimension ?
            Si on s’attarde sur quelques adultes se trouvant fréquemment devant la salle de classe, on note la présence d’une cantinière : celle-ci a écrit au Procureur de la République un courrier qui a été lu lors des deux procès. Dans son témoignage, on peut relever que cette personne, pourtant présente à l'école pendant de nombreuses années, n’a JAMAIS rien vu ; de plus, elle affirme qu’elle se présentait devant la salle sans que Jean-Paul ne le sache, ni ne la voie et à n’importe quel moment de la journée. Alors comment aurait-il pu dissimuler ces gestes ? Au final, le témoignage de cette personne a été lu en  quelques minutes et aucun commentaire n’a été fait de la part de Mesdames les Présidentes. Il est vrai que ceci est moins percutant que quelques larmes ou autres évanouissements. Toutefois tout le monde peut admettre, et encore plus des magistrats professionnels, que ce témoignage est capital dans cette affaire. Et cela vient s’ajouter à tous les autres éléments qui nous prouvent que Jean-Paul est INNOCENT…
            Autre individu ayant joué un rôle clé dans l’affaire, c’est un garde-champêtre qui était en activité durant les années sur lesquelles portent les accusations dont est victime l’instituteur du village. Ce garde  se rendait quotidiennement  à l'école et encore une fois sans horaires fixes. Il entrait dans l’école … et quelques mètres après avoir passé le portail d’entrée … il avait une vue complète de la classe de Jean-Paul avec notamment au premier plan : le bureau du maître. Comment expliquer qu'il n'ait jamais rien vu … C’est incompréhensible ! si ce n'est qu'il n'y avait rien à voir … De plus, cette personne interrogée lors des deux procès témoigne à charge contre Jean-Paul. Il n’a jamais rien vu mais pour lui Jean-Paul Degache est un pédophile.
            A ces deux personnes, nous pourrions ajouter une liste importante d’adultes qui venaient régulièrement à l'école et qui affirment qu'ils n'ont jamais rien vu.

            Mais face à la parole des plaignantes, leurs témoignages sont réduits à néant. Encore une fois, l’institution judiciaire ne cherche pas le rationnel mais se contente de l’émotionnel.  

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 06:32

 

Alors, quel rôle peuvent jouer les médias ? Une affaire de timing.

 

Les amis et proches de Jean-Paul Degache ne croyaient plus vraiment qu’il serait possible d’éviter les articles traditionnels, uniquement factuels, comportant parfois quelques interviews.

 

Ce fut donc une opportunité inouïe lorsque, quelques jours avant le procès en appel, un journaliste de l’émission 66 minutes sur M6 prit contact avec nous. Forcément, on se dit que cela va être comme d’habitude, un reportage rapide, qui raconte l’histoire d’un instituteur qui divise son village en deux, sans creuser un peu l’affaire mais Jean-Paul Degache finit par accepter de le rencontrer.

 

Mathieu Jego, autant le nommer, est un journaliste tout à fait classique, mais il a un avantage : il ne connaît rien de l’affaire. Il va donc faire quelque chose que Jean-Paul Degache attendait depuis longtemps : interroger les deux parties, face à la caméra, sans a priori particuliers.

 

Il a donc suivi le Comité de soutien, a interrogé ses défenseurs et Jean-Paul lui-même. Parallèlement, il est allé interroger chacune des accusatrices ayant accepté de témoigner.

 

Loin des pleurs et de l’aspect dramatique du procès, on assiste à une enquête intelligemment menée. Elle est parfaitement équilibrée, c’est d’ailleurs l’avis du public qui aura eu l’occasion de la visionner sur M6.

 

Jean-Paul Degache est représenté tel qu’il est, face à la caméra. Il a l’occasion de développer les arguments de sa défense, il a aussi l’occasion de reconnaître qu’il était sans doute trop proche des élèves, ce qui a pu – et c’est hélas le cas pour certaines – les perturber.

 

Les accusatrices peuvent également raconter ce dont elles accusent Jean-Paul Degache : des viols commis devant toute la classe derrière le bureau de l’instituteur. Elles sont toutes réunies chez l’une d’entre elles et racontent.

 

Le reportage s’intéresse ensuite au fameux bureau, dont on voit bien qu’il ne permettait pas de violer un enfant, mais également à la reconstitution vidéo de la salle de classe qui démontre qu’il était impossible pour un élève assis dans la classe de ne pas voir un viol se commettre devant ses yeux.

 

Il se termine par la scène – terrible – du verdict où la salle explose en même temps que Jean-Paul Degache s’effondre et est emmené en prison pour les 8 prochaines années.

 

Lorsque l’on observe les réactions suite à la diffusion du reportage, une chose revient systématiquement : le doute. On ne sait pas si on a à faire à des manipulatrices ou à un pervers pédophile. On ne sait pas, parce qu’il n’y a pas de preuves, on ne sait pas parce que matériellement, ça paraît un peu gros, on ne sait pas parce que les accusatrices semblent nombreuses…

 

La charge émotionnelle de ce reportage aurait pu retourner l’affaire, dévoiler le fait qu’elle était en fait un nouvel Outreau. Ce reportage aurait dû en entraîner d’autres et mobiliser autour de la cause de Jean-Paul. Cela a été le cas, puis le soufflé est retombé car le reportage a été diffusé après le procès en appel, là où il a tenu à Outreau car la presse s’est mobilisée après le procès en première instance.

 

Réjouissons-nous pour les innocentés d’Outreau dont le plus connu, Dominique Wiel, est d’ailleurs membre du Comité de soutien à Jean-Paul Degache et fut l’un des principaux artisans de la relance de sa défense après le procès de Privas. Mais ayons une pensée pour tous ceux, comme Jean-Paul Degache, qui ne sont pas passés loin, pour qui il aura manqué quelques mois, quelques jours, pour que la presse fasse son travail et contribue à mobiliser l’opinion en lui montrant qu’une injustice se jouait à Nîmes.

 

http://www.dailymotion.com/video/xcv6mi_l-instituteur-de-la-discorde-premie_news

 

http://www.dailymotion.com/video/xcv92o_lyinstituteur-de-la-discorde-deuxie_news

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 06:36

Précisons, avant de commencer, que si nous paraissons comparer l'histoire de Jean-Paul Degache avec l'affaire d'Outreau, c'est simplement en essayant de comparer le traitement médiatique réservé aux deux dossiers. En aucun cas nous ne souhaitons établir d'autres parallèle. Et pour cause: les accusés d'Outreau sont aujourd'hui libre alors que Jean-Paul Degache est en prison.

 

Pour l’affaire d’Outreau, mais également lors d’autres dossiers criminels qui ont défrayé la chronique, il faut attendre, pour qu’un réel doute existe et soit relayé dans un média, que des journalistes spécialisés, qui ont l’expérience de ce type de cas, s’intéressent à l’affaire.

 

Et encore, cela ne suffit souvent pas comme le rappelle cet article du Monde diplomatique : de Libération à TF1, ce travail de recherche d’archives montre que pour Outreau, tout le monde s’est trompé.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/BALBASTRE/11719

 

 

Malheureusement, ces affaires judiciaires où des innocents se retrouvent accusés sans preuves sont nombreuses et souvent traitées dans l’anonymat le plus complet.

 

C’est d’ailleurs pour cela que les médias qui ont le plus relayé l’affaire Degache sont d’abord des sites internet spécialisés dans les affaires judiciaires ou les affaires de mœurs dont sont parfois accusés les enseignants.

 

On relèvera, en particulier :

 

http://blogdesinnocents.canalblog.com/tag/DEGACHE

http://jamac.ouvaton.org/misencaus.htm

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article304

 

Cependant, même lorsqu’un doute existe sur le rendu d’une décision de justice, on se heurte souvent au mur du silence et du fameux dicton : « on ne critique pas une décision de justice ».

 

Une fois que le peuple français a rendu sa décision on ne pourrait pas le remettre en cause ?

 

Rappelons que l’on divise le « pouvoir » en trois : le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

 

Nous sommes bien placés, en France, pour constater que la presse et les citoyens critiquent très librement et démonstrativement le pouvoir exécutif (Gouvernement, Chef de l’Etat…), le pouvoir législatif (critiques de nombreuses lois votées qualifiées d’« injustes » de « liberticides »…) et on n’aurait pas le droit de critiquer une décision du pouvoir judiciaire ?

 

C’est pourtant le passe temps favori des étudiants en droit, notamment, qui sont soumis à de nombreux « commentaires d’arrêts » dont l’objectif est justement, de commenter, voire de critiquer des décisions de justice.

 

Mais ce lieu commun, lorsque l’on n’est pas spécialiste du droit, apparaît comme un mur infranchissable : quand la justice a rendu un verdict, on ne dit plus rien.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:43

Il faut sauver le Saint-Esprit  de Karim et Daniel Berthet, 2010

 

            Aujourd’hui c’est un livre bien particulier à propos duquel Jean-Paul nous livre son ressenti puisque ce roman a pour base une véritable erreur judicaire. Certains passages peuvent être mis en parallèle avec l’affaire qui le concerne. Nous ne pouvons que fortement vous en conseiller la lecture.

 

h-20-1948476-1266523315               « Personnellement, je n’étais guère motivé pour lire ce livre retraçant, sous la forme d’un roman, un drame assez proche de celui que je vis. Pourtant, quelques semaines après le verdict si injuste de Nîmes, j’ai commencé à le lire et j’ai été stupéfait d’y retrouver beaucoup de points communs avec ce que l’on m’impose depuis plus de treize années. Le récit est brillamment mené et tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Il est bien montré les incohérences de ce type d’enquête où le ragot et le fantasme ont valeur de preuves !

            On y voit également l’acharnement incroyable de quelques enquêteurs faisant tout pour qu’un jeune homme, surveillant dans un internat (Le Saint-Esprit), soit présumé coupable. Petit à petit, l’engrenage infernal se met en place et l’institution judiciaire n’est pas en reste pour aller jusqu’au bout de cette logique terrible et destructrice d’innocents. Non seulement, j’ai retrouvé dans ce livre beaucoup de choses vécues et ressenties mais les auteurs ont eu le mérité de mettre en relief certaines collusions comme d’obscures compromissions qui pourraient bien expliquer comme, avec de simples paroles, on en arrive à condamner un INNOCENT »


            Jean-Paul

 

 

            Si vous désirez commander ce livre, voici le lien : http://karielb.voila.net/ . Sachez que les auteurs reversent 10 euros au Comité de soutien à Jean-Paul Degache pour chacun des achats. Il suffit d’indiquer sur le bon de commande « Soutien JP Degache ».

 

            Les deux auteurs vont également sortir un deuxième roman le 1er décembre 2010 qui s’intitulera Justice aux poings. Vous pouvez d’ores et déjà souscrire en le commandant ici : http://justiceauxpoings.com/index.html .  6 euros seront reversés au Comité de soutien si vous inscrivez « Soutien JP Degache » sur le bon de commande.

 

            Ces deux romans sont publiés en autoédition par Karim et Daniel Berthet qui sont également à l’origine du  blog des Innocents où vous trouverez de nombreuses informations sur le fonctionnement de l’institution judiciaire en France, les procès révisés et surtout ces personnes qui sont injustement accusées et condamnées. Nous remercions particulièrement les auteurs pour leur gentillesse ainsi que leur disponibilité.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 07:54

            Il est difficile de s'imaginer comme le temps paraît extrêmement long en prison. Un des moyens pour occuper ces longues et pénibles heures d'une journée est  la  lecture. Ainsi, depuis le début de son incarcération, nous faisons passer régulièrement des livres, des revues et des journaux à Jean-Paul. Il nous est venu l'idée, lors d'un parloir,  de vous faire partager ses lectures afin que vous puissiez échanger avec lui vos points de vue sur certains romans.

            Aujourd'hui, Jean-Paul nous livre la chronique du roman de Robert BOBER, Quoi de neuf sur la guerre  publié en 1993 chez Gallimard. L'auteur obtînt le Prix Inter l'année suivante.

 

 

quoi-neuf

            Ce livre est d'une délicatesse infinie et pourtant il touche à un des drames les plus horribles que notre civilisation européenne a pu produire : la Shoah, l'extermination systématique de six millions de Juifs. Nous sommes dans un atelier de confection parisien, juste après la guerre et, dans la vie quotidienne de ces hommes et de ces femmes surgit à chaque instant l’horreur absolue qui s’achève à peine. Dans une colonie de vacances ou un centre pour enfants, Raphaël écrit à ses parents et là aussi, ressort, avec des mots simples, avec des évocations jamais appuyées, ce que vivent ces gosses qui ont parfois échappé par miracle aux rafles perpétrées par la police sous les ordres de l’Etat français faisant du zèle pour l’occupant nazi.


            Comment ne pas citer cette scène vécue au commissariat du 18ème arrondissement, en 1946, où l’auteur se retrouve devant le même commissaire qui a arrêté ses parents le 16 juillet 1942 pour les emmener au Vel d’Hiv ?...  Quoi de neuf sur la guerre se termine 35 ans après par le même constat : il n’y a rien de neuf sur la guerre, seulement des larmes, « le seul stock qui ne s’épuise jamais ». 

Jean-Paul 

Merci à Fred qui m’a permis de découvrir ce livre.

 

 

            Si vous aussi vous désirez faire passer un livre à Jean-Paul n’hésitez pas à nous contacter par mail. Et si vous voulez échanger sur ce livre, n’hésitez pas encore une fois à lui écrire.

                                            
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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 06:43

Extrait d’une lettre de Lucie, ancienne élève de Jean-Paul, reçue en prison le 12 avril 2010.

 

 

            « Le journal de samedi était porteur d’un terrible verdict. Je ne pense pas être capable d’imaginer ce que tu as ressenti. Mais tu as tout fait pour plaider ta cause. Malheureusement, la justice a voulu rester sourde. Surtout, ne perds pas de force à douter de toi, ne change surtout pas. Malgré le verdict, je reste convaincue de ton innocence, comme beaucoup d’autres… Si tu doutes, dis-toi bien que non. Chacun à notre manière, nous t’apporterons force, courage et espoir tout au long de cette épreuve….

J’espère avoir de tes nouvelles pour mieux comprendre ce que tu ressens vraiment et ainsi, être à même de trouver des mots plus justes pour te soutenir. Tu as également de grosses pensées de mes parents qui te soutiennent toujours et ne cessent de s’indigner. »

                                                                                                                                                                                                                   Lucie

 

 

            Combien d’anciens élèves ont été également choqués lors de l’annonce du verdict ? Des centaines … ils sont nombreux à avoir écrit des lettres au Procureur de la République pour attester de l’innocence de Jean-Paul, et d’autres se sont rendus à Privas et à Nîmes pour apporter leurs témoignages à la barre. Ces derniers furent balayés d’un trait par les magistrats. On ne cherche pas à établir la véracité historique et c’est bien le drame d’une Cour d’assises lorsqu’il n’y a aucune preuve ! Malgré les témoignages qui attestent de l’impossibilité des gestes, on condamne un innocent. Rappelons-nous qu’il exerçait dans une salle de classe où tout était visible… d’une part pour les élèves à l’intérieur mais également de l’extérieur pour les adultes qui circulaient dans l’école.

            Ces témoignages d’anciens élèves apportent un réconfort moral vital à Jean-Paul. Lui qui a consacré sa vie professionnelle à la réussite et au bonheur des élèves.

 

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 08:16

Lorsque la justice semble, pour les raisons que nous avons précédemment évoquées, céder à la dictature de l’émotion et ne pas examiner froidement les faits et les preuves, il ne reste plus beaucoup de solutions pour les défenseurs qui estiment qu’un homme est innocent.

 

Il s’agit de rendre l’affaire médiatique, de faire en sorte que des journalistes puissent, en toute indépendance et en consultant les deux parties, rendre compte de ce qui a pu se passer et éclairer l’avis de l’opinion publique.

 

Pour cela, il faut que l’événement soit exceptionnel, et qu’un soupçon d’injustice existe.

 

C’est le cas pour l’affaire de Jean-Paul Degache, mais cela n’est pas suffisant.

 

Le premier filtre reste la presse locale. Aussi professionnelle puisse-t-elle être, elle est aussi généraliste et ses journalistes également. Autrement dit, rares sont les journalistes locaux à être spécialisés dans les affaires criminelles, et encore moins les affaires de mœurs.

 

On retrouve donc des résumés très factuels qui font confiance à la décision de justice. En les lisant, on imagine ce qu’ont dû ressentir les jurés.

 

Lorsque l’on soutient Jean-Paul, on peut avoir le sentiment que ces articles sont à charge et sont faits pour influencer les jurés. Mais en prenant un peu de recul, on est contraint de se dire que les journalistes ont assisté à un procès où des accusatrices se sont succédées pour accabler un homme. Ce dernier était contraint de prouver son innocence, ce qui, dans des affaires de ce type, est tout simplement impossible. Tout juste a-t-il pu prouver qu'il était impossible qu'il ait commis les faits décrits, mais nous avons bien vu que même cela n'était pas suffisant.

 

Il est donc hélas naturel, quand on est un observateur extérieur peu habitué à ce type d'affaires, d’être sensible à la situation des victimes présumées. C’est ce que l’on retrouve dans les articles de la presse locale :

 

Le Réveil du Vivarais

http://www.reveil-vivarais.fr/Infos-du-jour/Sarras-Jean-Paul-Degache-condamne-a-8-ans-et-28-000-euros

 

Le Midi Libre

http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=32616

 

http://www.nimes.maville.com/actu/actudet_-Assises-La-lecon-d-expertise-du-temoin-de-l-instituteur_dep-1310023_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_nimes&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

 

France 3 région

http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/rhone-alpes/Le-proc%C3%A8s-de-Jean-Paul-Degache-renvoy%C3%A9-au-22-mars--58049521.html

 

D’autres journaux locaux, comme le Dauphiné Libéré et plusieurs radios ont à peu près relaté les mêmes faits : l’histoire d’un homme accusé de pédophilie, condamné au cours d’un second procès à 8 ans de prison.

 

L’histoire est simple : les accusations contre un instituteur participent à déchirer un village en deux, ceux qui le soutiennent et ceux qui l’accusent. C’est une histoire comme une autre à raconter, sauf que cette querelle de clocher se termine en cour d’assises. On voit bien, à la lecture des comptes-rendus d’audience, que les accusatrices sont beaucoup plus convaincantes que la défense aux yeux des journalistes locaux présents.

 

Les journalistes, témoins privilégiés, sont eux aussi sous le coup de la dictature de l’émotion. Le fait qu’il n’existe ni preuve, ni témoin ayant assisté aux faits allégués importe peu : les victimes présumées apparaissent convaincantes, c’est donc suffisant pour condamner quelqu’un.

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Published by soutien.jean-paul.degache - dans L'affaire dans les médias
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