Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 08:16

Lorsque la justice semble, pour les raisons que nous avons précédemment évoquées, céder à la dictature de l’émotion et ne pas examiner froidement les faits et les preuves, il ne reste plus beaucoup de solutions pour les défenseurs qui estiment qu’un homme est innocent.

 

Il s’agit de rendre l’affaire médiatique, de faire en sorte que des journalistes puissent, en toute indépendance et en consultant les deux parties, rendre compte de ce qui a pu se passer et éclairer l’avis de l’opinion publique.

 

Pour cela, il faut que l’événement soit exceptionnel, et qu’un soupçon d’injustice existe.

 

C’est le cas pour l’affaire de Jean-Paul Degache, mais cela n’est pas suffisant.

 

Le premier filtre reste la presse locale. Aussi professionnelle puisse-t-elle être, elle est aussi généraliste et ses journalistes également. Autrement dit, rares sont les journalistes locaux à être spécialisés dans les affaires criminelles, et encore moins les affaires de mœurs.

 

On retrouve donc des résumés très factuels qui font confiance à la décision de justice. En les lisant, on imagine ce qu’ont dû ressentir les jurés.

 

Lorsque l’on soutient Jean-Paul, on peut avoir le sentiment que ces articles sont à charge et sont faits pour influencer les jurés. Mais en prenant un peu de recul, on est contraint de se dire que les journalistes ont assisté à un procès où des accusatrices se sont succédées pour accabler un homme. Ce dernier était contraint de prouver son innocence, ce qui, dans des affaires de ce type, est tout simplement impossible. Tout juste a-t-il pu prouver qu'il était impossible qu'il ait commis les faits décrits, mais nous avons bien vu que même cela n'était pas suffisant.

 

Il est donc hélas naturel, quand on est un observateur extérieur peu habitué à ce type d'affaires, d’être sensible à la situation des victimes présumées. C’est ce que l’on retrouve dans les articles de la presse locale :

 

Le Réveil du Vivarais

http://www.reveil-vivarais.fr/Infos-du-jour/Sarras-Jean-Paul-Degache-condamne-a-8-ans-et-28-000-euros

 

Le Midi Libre

http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=32616

 

http://www.nimes.maville.com/actu/actudet_-Assises-La-lecon-d-expertise-du-temoin-de-l-instituteur_dep-1310023_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_nimes&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

 

France 3 région

http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/rhone-alpes/Le-proc%C3%A8s-de-Jean-Paul-Degache-renvoy%C3%A9-au-22-mars--58049521.html

 

D’autres journaux locaux, comme le Dauphiné Libéré et plusieurs radios ont à peu près relaté les mêmes faits : l’histoire d’un homme accusé de pédophilie, condamné au cours d’un second procès à 8 ans de prison.

 

L’histoire est simple : les accusations contre un instituteur participent à déchirer un village en deux, ceux qui le soutiennent et ceux qui l’accusent. C’est une histoire comme une autre à raconter, sauf que cette querelle de clocher se termine en cour d’assises. On voit bien, à la lecture des comptes-rendus d’audience, que les accusatrices sont beaucoup plus convaincantes que la défense aux yeux des journalistes locaux présents.

 

Les journalistes, témoins privilégiés, sont eux aussi sous le coup de la dictature de l’émotion. Le fait qu’il n’existe ni preuve, ni témoin ayant assisté aux faits allégués importe peu : les victimes présumées apparaissent convaincantes, c’est donc suffisant pour condamner quelqu’un.

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache - dans L'affaire dans les médias
commenter cet article
9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:20

Privas, 1er procès, semaine du 10 au 14 septembre 2007

 

Je ne voulais pas voir l’évidence. Fort de mon innocence, j’étais confiant, persuadé qu’une personne sensée ne pouvait pas croire de pareilles accusations de viol en pleine classe sans que personne ne s’en aperçoive et sans que la soi-disant « victime » ne réagisse.

J’ai trouvé mes avocats brillants. Ils s’étaient partagés la tâche, Maître Vesson étant plus concret. Pendant tout le temps que Maître Florence Rault a parlé, je buvais du petit lait, certain que les jurés ne pouvaient qu’être convaincus. Elle n’oublia pas de parler en tant que mère de famille et des difficultés qu’elle rencontre à chaque fois qu’elle doit mettre un suppositoire à sa fille âgée de 6 ans à l’époque…

Pour le mot final qui me revient, je n’avais rien préparé et j’ai eu tort. Quand la Présidente m’a donné la parole, j’ai dit que je n’avais rien à ajouter, voulant que les jurés restent sur les mots de mes avocats… Maintenant, je sais que cela n’aurait rien changé et que mon sort était scellé bien avant le dernier jour.

Arriva alors le moment fatidique, celui où la Cour se retire pour délibérer. Je ne me souviens plus de l’heure mais je sais qu’il est déjà tard. Je suis inquiet bien sûr, mais toujours confiant quand deux policiers me conduisent dans cette petite salle où, je me souviens, j’avais été amené le 8 février 2002 par les gendarmes de Tournon afin d’être présenté au juge d’instruction. Le cauchemar continuait donc…

Pourtant, je ne resterai pas seul puisque la Présidente, dans sa grande bonté, a autorisé Ghislaine à me rejoindre. Nous nous sommes étreints longuement. Nous avons pleuré devant l’incertitude qui nous gagnait. C’était long, très long. Nous nous disions tout notre amour l’un pour l’autre et pour nos enfants, n’osant pas faire le moindre projet par superstition…. A un moment donné, le policier est venu lui demander de regagner la salle des pas perdus. Pleins d’espoirs, nous nous sommes enlacés, nous nous sommes embrassés avec le fol espoir de rentrer le soir-même à la maison…

Moment terrible que ce verdict, moment que je ne souhaite à personne de vivre. Etre innocent, clair avec sa conscience, et entendre « oui », à la première question, posée aux jurés, c’est une souffrance intolérable. Dès ce premier « oui », j’ai compris, nous avons tous compris que le drame nous frappait. J’ai vu Ghislaine, déchirée par la douleur, Vincent, Simon aussi pouvant à peine se contenir comme toute la famille et mes nombreux amis occupant pratiquement les trois quarts de la salle.

J’étais effondré et le supplice n’en finissait pas : la présidente prenait un plaisir sadique à remuer le couteau dans la plaie, détaillant toutes les questions. Ils ont même dit « oui » pour A., qui a affirmé le contraire et maintenu à la barre malgré la très forte tentative d’intimidation de l’avocat général, qu’elle n’avait jamais été agressée par moi. C’est incroyable, inimaginable, intolérable. Florence Rault me tient la main, m’aide à résister, me dit que ce n’est pas possible, qu’elle n’est pas obligée de tout lire mais c’est ce qui se passe.

Je vois par terre, ce sac du dernier jour que j’ai préparé par superstition, pour conjurer le mauvais sort et… qui va servir ! Qu’est ce que je vais devenir ? Qu’est ce qui va se passer ? Où vais-je tomber ?

C’est fini. Je suis encadré par deux policiers qui me disent de les suivre. Dans la salle, c’est l’émeute : beaucoup de cris, de hurlements contre cette parodie de justice. J’ai à peine le temps de voir le visage de Ghislaine complètement ravagé par la douleur... "

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
commenter cet article
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:19

 

    On entend souvent le lieu commun, qui est toutefois juridiquement exact selon laquelle « le doute profite à l’accusé ». Cela signifie concrètement que si le juge n’est pas intimement convaincu de la culpabilité de l’accusé, il est en devoir de l’acquitter.

     Dans les faits, c’est une théorie très protectrice pour les accusés, puisque les enquêteurs doivent rassembler des preuves accablantes et des témoignages en béton pour qu’une personne soit condamnée.

     Or, Florence Rault, l’avocate de Jean-Paul Degache nous disait, le soir de la condamnation, que « dans les affaires de mœurs, si le jury doute, il condamne ». Pour quelqu’un qui croit en l’Etat de droit, cette phrase n’a aucun sens : quand on doute, on acquitte, on innocente, mais on ne condamne surtout pas !

     Il s’avère que Florence Rault a raison : la justice populaire n’est pas faite pour juger les crimes sans preuves.

     Les crimes sont les faits judiciaires les plus graves. Dans la hiérarchie des infractions, on retrouve en bas de l’échelle la contravention, jugée par un tribunal de police, puis le délit (vol, drogue…) jugé par le tribunal correctionnel (composé de trois juges professionnels).

     Les crimes sont en France, pour schématiser, le plus souvent des assassinats, des meurtres et des viols. Ils sont jugés par une Cour d’assises.

     La Cour d’assises est l’expression de la Justice populaire, elle rend ses décisions au nom du peuple français. En première instance elle est composée de 12 jurés dont 9 jurés populaires et 3 juges professionnels, tirés au sort parmi les personnes inscrites sur les listes électorales. Autrement dit n’importe qui ou presque peut avoir à se prononcer sur un crime au cours de sa vie. En appel, il y a 12 jurés populaires et 3 juges professionnels.

      Pour condamner un accusé, il faut en première instance 8 voix au moins sur 12 et en appel 10 voix au moins sur 15. Si cette majorité n’est pas réunie, l’accusé est acquitté.

      Lorsqu’il y a des preuves (empreintes, armes, analyses ADN, enregistrements, vidéos…), des témoignages indépendants (personne présente au moment des faits, agent de la force publique…) cela facilite le raisonnement du juré populaire. En se mettant à sa place, on se dit qu’il sera plus simple d’être convaincu de la culpabilité de quelqu’un qui serait accusé d’un assassinat qu’il avouerait, chez qui on aurait retrouvé l’arme du crime, qui apparaîtrait sur une vidéo en train de tirer et que plusieurs passants identifieraient.

      Mais lorsqu’il n’y a ni témoins, ni preuves ?

      Jean-Paul Degache a été jugé par deux fois coupable de viols et agressions sexuelles sans qu’aucun élément de preuve ne vienne éclairer l’avis du jury et pire, sans qu’aucun témoin ne puisse dire « oui, j’ai vu ce Monsieur commettre cet acte ». Ce n’était que des paroles d’accusatrices contre des paroles de défenseurs.

      Et encore, malgré toutes les incohérences que les défenseurs de Jean-Paul ont soulevées, les jurés ont condamné Jean-Paul, par deux fois.

     Comment peut-on expliquer cette condamnation à la lumière du principe immuable selon lequel « le doute profite à l’accusé ? »

      Florence Rault, encore elle, appelle cela la « dictature de l’émotion ». Autrement dit, la Cour se transforme en théâtre où le meilleur comédien gagne.

      A cela il faut ajouter que dans le cas des meurtres, la victime ne vient pas témoigner à la barre, ne vient accuser personne, ne pleure pas, n’hurle pas sa douleur. Cela permet aux jurés de se concentrer sur les faits, rien que les faits et de trancher en leur âme et conscience.

      Dans le cas d’affaires de mœurs, les présumées victimes viennent à la barre, témoigner du calvaire enduré, pleurent en évoquant leurs souffrances, jettent un regard noir à l’accusé, disent qu’il a gâché définitivement leur vie…

      Ce ne sont pas des preuves, ni des témoignages indépendants, juste des accusations. Mais un jury, qui est confronté pour la première fois de sa vie à ce type de scène peut-il y rester insensible ? Ne sera-t-il pas tenté, même si l’accusation ne tient pas vraiment debout, de condamner sans preuves, dans réels témoins ?

      Cette dictature de l’émotion, qui fait se confronter des jurés inexpérimentés à des victimes présumées qui peuvent surjouer leur douleur, voire la feindre nous interroge sur le fait que la vie d’accusés dans les affaires de mœurs, soit entre les mains de personnes totalement inexpérimentées en matière de justice.

      Cette inexpérience permet, dans les faits de bafouer sans en être conscient une des règles fondamentale du droit selon laquelle le doute profite à l’accusé. Le doute n’a pas profité à Jean-Paul Degache, qui purge une peine de 8 années de réclusion criminelle dans les circonstances que l’on peut imaginer.

 

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache - dans "L'affaire DEGACHE"
commenter cet article
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 11:18

Les personnes qui soutiennent Jean-Paul Degache, mais aussi ceux qui découvrent l'affaire, ont, depuis le début, relevé plusieurs incohérences qui font forcément s'interroger sur la culpabilité de l'ancien instituteur.

 

Les Cours d'assises de Privas et de Nîmes n'ont hélas pas eu la même lecture que nous de ces éléments. La vérité judiciaire n'est pas toujours conforme à la vérité historique. La vérité judiciaire a été tranchée à Nîmes, c'est pour cela que nous appelons les accusatrices de Jean-Paul Degache, des "victimes", puisque telle est leur qualité déclarée par la justice.

 

1 - Des viols répétés, devant toute la classe, sans témoins

 
Des viols "toutes les semaines", "devant toute la classe", pendant deux années consécutives ... telles sont les accusations qui pèsent sur Jean-Paul Degache. Or, personne n'a jamais rien remarqué et jamais l'alerte ne fut donnée. Vingt-cinq à trente ans après les faits dont il est accusé, on assiste à leur dénonciation, uniquement par celles qui s'en disent victimes. Aucun témoin n'affirme avoir assisté à un viol, pourtant commis devant une vingtaine d'élèves.


2 - Des lieux non adaptés pour commettre ces crimes

 

Ces viols et attouchements ont, d'après les victimes, été commis toutes les semaines pendant plusieurs années dans une classe vitrée côté cour et côté couloir, et devant laquelle il était indispensable de passer pour entrer dans l'école. Malgré cette exposition aux regards de tous, jamais un adulte ou un autre enfant n'a remarqué quoi que ce soit d'anormal. Lors du procès de Privas, une maquette fut présentée à la Cour, et un film en trois dimensions a été diffusé à Nîmes. Malheureusement, cela n'a pas suffi à convaincre.

 

3- Aucun enfant retiré de la classe suite à l’enquête de 1997

 
Presque tous les élèves ont été entendus en mars 1997 par les gendarmes dans le cadre de la première enquête, qui portait alors sur des accusations d'attouchements et qui a été classée sans suite. Aujourd'hui, plusieurs de ces élèves sont considérés comme des victimes de Jean-Paul Degache. Malgré ce qu'ils ont pu dire aux gendarmes, aucun d'entre eux n'a été retiré de la classe par ses parents. Au contraire, tous ont continué l'année suivante, en CM2, avec le même instituteur. Même les parents des victimes ont laissé leurs filles dans la classe de Jean-Paul Degache "car c'était un bon instituteur" !

 

4 - Des "victimes" refusent d’être considérées comme telles

 

Plusieurs anciennes élèves (période 1996-1998) ont déjà signifié qu'elles n'avaient jamais été victimes d'attouchements ou d'agressions sexuelles de la part de Jean-Paul Degache, contrairement à ce qui est explicitement mentionné dans le verdict. Jean-Paul Degache a été condamné en partie à cause des faits qu'il aurait commis sur ces jeunes filles, faits qu'elles ont pourtant niés à la barre à Privas et à Nîmes.

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache - dans "L'affaire DEGACHE"
commenter cet article
5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 22:17

Privas, 1er procès, semaine du 10 au 14 septembre 2007

 

Intense et poignant: nous avons demandé à Jean-Paul de nous raconter la façon dont il a vécu les événements. Nous avons considéré que rien ne remplace l'oeil de l'accusé pour raconter un procès, rien ne remplace l'expérience terrible que peut vivre un homme lorsqu'il est condamné.

 

Nous avons proposé à Jean-Paul une sorte de "regard croisé" où l'un de ses proches lui répond, en donnant son propre point de vue. Commençons par Jean-Paul, qui nous parle du procès de Privas :

 

 

"La semaine a été dure, pénible. Comparaître libre en Cour d’Assises est précieux, car on n’est jamais seul. Le premier jour, Maître Bernard Vesson m’a même fait passer par la Maison des Avocats qui communique directement avec le Palais de Justice. Avec Maître Florence Rault, ils me protègent et ça me rassure. Quand je rentre dans cette salle pour la première fois, je ne comprends pas. Les travées sont remplies de monde et un petit coup d’œil me permet de voir que je ne reconnais personne… Ce n’est pas fait pour me rassurer. J’apprendrai, dans un moment, que ce sont les jurés qui attendent le tirage au sort !

 

Quant à moi, je dois grimper dans ce box, cette cage, et me tenir derrière trois gros câbles qui me font penser que je suis comme une bête curieuse. Maître Rault demande à la Présidente à ce que je me tienne à ses côtés comme cela se pratique, paraît-il, ailleurs mais elle essuie un refus catégorique. Cette Présidente, avant de commencer, m’a fait appeler à l’entrée du box afin de me « saluer » comme elle m’a dit. J’avais une bonne première impression mais j’allais vite déchanter.

 

Malgré l’agressivité de plusieurs plaignantes et l’autoritarisme de la Présidente, j’ai tenu mais j’ai conscience que je me suis mal défendu, n’étant pas du tout préparé à ce genre d’épreuves. En face, l’avocat général était féroce, hargneux, ne doutant pas une seconde de ma culpabilité malgré l’absence totale de preuves.

 

Mon passage par la Maison des Avocats s’est interrompu le second jour, je crois. Lors d’une interruption de séance, Maître Rault m’a invité à boire un café avec elle et Maître Vesson. Chacun paie ses consommations et cela fonctionne très bien. Soudain, le conseil d’une partie civile, est venu se plaindre auprès de sa consœur. J’imagine que cette personne ne voulait pas voir M Degache, l’horrible M Degache, boire « son » café ! Maître Rault s’est fâchée, répondant que c’était elle qui le payait avec l’accord du local, Maître Vesson et qu’il n’y avait pas de quoi en faire un scandale… Pour apaiser les choses, j’ai bu mon café et j’ai dit à mes avocats que je rejoignais ma famille et mes amis si nous n’avions rien de spécial à nous dire…

 

A la fin de chaque journée, nous rentrions tous. Ma sœur Marie-Jo et mon beau-frère Bernard se chargeaient de nous transporter. Hélas, le vendredi soir, je ne reprenais pas le chemin de la maison…

 

Après l’odieux réquisitoire, beaucoup de monde m’avait remonté le moral en m’assurant que l'avocat général était dans son rôle. A cela, je répondais que, s’il représente la société, il n’est pas obligé de s’acharner sur quelqu’un qui crie son innocence depuis dix ans et qui est accusé sans la moindre preuve.

  

Arnaud, qui nous avait rejoints depuis le mercredi était persuadé que les accusations de viols ne seraient pas retenues, un des avocats des parties adverses ne semblant même pas y croire. Le plus difficile et délicat à défendre, c’était les accusations d’agressions sexuelles mais il restait les plaidoiries de mes avocats… J’ai lu le texte argumentaire qu’Arnaud avait rédigé à midi, mais c’était trop juste pour que je m’en imprègne. D’ailleurs, à mon grand étonnement, alors que ce dernier jour, j’allais passer une nouvelle fois sur le grill, la Présidente me négligeait presque. Cela aurait dû m’alerter, comme cette réflexion qu’elle a lâchée un jour, déclarant : « oui M Degache, vous aurez besoin de beaucoup de soutien. Il vous faudra être courageux »."

 

A suivre...

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
commenter cet article
5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 09:33

Extrait d’une lettre de Marie, ancienne élève de Jean-Paul, reçue en prison.
        
            « Mes plus belles années sont celles que j’ai vécues en primaire, celles où on  adorait aller à l’école, même les samedis matins ou, par la suite, les mercredis. Mon ami me dit que j’ai une excellente mémoire, il me semble que je te dois ce compliment car je pense que c’est grâce aux exercices à trous, les reconstitutions de texte que tu nous faisais faire. Lorsque je commence à parler des souvenirs du primaire, je suis très enthousiaste. Je me souviens du dernier jour d’école, de mon dernier jour de C.M.2… Je me suis mise à l’écart un instant. Je venais de me rendre compte justement que tout cela était fini. J’ai pleuré et tu es venu me voir pour me réconforter. N’importe quelle personne humaine serait venue me voir. Tu as su trouver les mots et j’ai même eu droit à un geste de soutien de ta part. J’aurais tellement voulu aller « raisonner » et « engueuler » ces accusatrices et ces charlatans pour leur montrer que tu es tout simplement humain et qu’un geste d’affection n’est pas la même chose qu’un geste d’agression. »
                                                                                                                                                                                        
            Cette dernière phrase nous amène à revenir sur deux des points capitaux de l’affaire :

                        - celui de la mémoire des enfants

                        - celui de l’affection que portait Jean-Paul aux élèves

Jean-Paul était un instituteur extrêmement attentif aux besoins de ses élèves. Cela faisait partie intégrante de sa pédagogie et il l'a toujours revendiqué.

            Alors lorsque l’affaire éclate et s’étale sur des années, ses anciens élèves se posent la question : « m’a-t-il fait quelque chose ? » Chacun essaye de se remémorer le déroulement de la classe. Et comme le dit Marie, il ne faut pas confondre affection et agression. Une tape dans le dos pour encourager ou réconforter est un exemple de gestes qui peuvent être doublement interprétés. On peut très vite s’imaginer l’engrenage : une tape dans le dos peut  être assimilée à une agression. On reviendra prochainement de manière plus approfondie sur ces différents points qui ont conduit Jean-Paul en prison.

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache.over-blog.com - dans "L'affaire DEGACHE"
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 22:11

Après le premier procès de Jean-Paul Degache, où il avait été, déjà, condamné à 8 ans de prison en septembre 2007, plusieurs jeunes femmes avaient été reconnues victimes d'agression sexuelle. Pourtant, plusieurs d'entre elles, à la barre avaient nié tous les faits que Jean-Paul était censé avoir commis sur elles.

 

Voici l'une d'entre elles. Elle refuse d'être considérée comme victime, et pourtant, la vérité judiciaire issue des deux procès de Privas puis de Nîmes fait d'elle une personne ayant subi des agressions sexuelles de la part de son ancien instituteur.

 

Ce témoignage, ainsi que les nombreux autres qui paraitront sur ce blog, nous font nous interroger sur le fonctionnement de la justice.

 

Bonjour [...], et merci d’accepter de répondre à mes questions, toi, je vois qui tu es parce que tu étais en classe en 1997 – 1998 avec Jean-Paul Degache et que le tribunal t’a reconnue victime d’agressions sexuelles, tu en penses quoi ?

 

R: Mais je ne suis pas victime, Jean-Paul ne m’a jamais rien fait, c’est d’ailleurs la première chose que j’ai dite à la barre ! Il ne faut pas dire n’importe quoi, non seulement je n’ai jamais rien vu sur les autres, mais en plus Jean-Paul Degache ne m’a jamais rien fait ! Je suis très surprise en fait d’avoir été reconnue victime alors que ce n’est pas vrai, ma mère a appris le verdict dans le journal et est tombée des nues ! Tu sais qu’on ne m’a même pas prévenue officiellement que j’étais une victime ? C’est une dame qui a croisé ma mère à Sarras pour le lui dire, sinon je ne l’aurais jamais su !

 

Et moi aussi d’ailleurs, franchement, j’ai témoigné le jeudi, mais c’était pour défendre Jean-Paul, je ne suis même pas revenue le vendredi, pour moi l’affaire était terminée et on allait recroiser Jean-Paul à Sarras pour qu’il nous explique… je suis dégoutée de savoir qu’il est en prison, et en plus, pour des choses qu’il ne m’a jamais faites !

 

Le tribunal s’est appuyé sur ce que tu avais dit aux gendarmes en 1997, tu te rappelles de ton interrogatoire ?

 

R: Oui je m’en souviens, mais tu sais, les gendarmes, j’ai bien l’impression qu’ils ont fait les questions et les réponses, j’ai signé, bien sûr, ma mère aussi, mais franchement, pour moi c’était fini, je ne pensais pas que ça aurait de telles conséquences. Tu sais, des enfants de 9-10 ans, on leur fait bien dire ce qu’on veut j’ai l’impression…

 

D’ailleurs franchement, je ne fréquente pas grand monde à Sarras, donc pour moi après 1997, l’affaire était terminée. Ma mère avait d’ailleurs reçu une lettre pour savoir si on voulait porter plainte car j’étais victime de Jean-Paul. Le pire c’est qu’on a répondu en disant qu’on n’avait rien à lui reprocher ! Et malgré ça, ils disent que je suis victime ??? C’est n’importe quoi…

 

Beaucoup d’anciennes élèves disent qu’il était affectueux avec ses élèves, qu’il les mettait sur ses genoux, il faisait ça avec toi ? Tu l’as peut être vu faire sur d’autres ?

 

R: Ah non, jamais ! Enfin il était affectueux, oui, mais c’était des tapes sur l’épaule, il en faisait à d’autres élèves, mais on m’a parlé de main autour de la taille, je ne m’en souviens même pas, et puis s’il avait eu des gestes déplacés, j’en aurais immédiatement parlé à ma mère, on est très proches toutes les deux. Quant à prendre sur les genoux, je ne m’en souviens pas, ça ne m’a vraiment pas marqué…

 

Mais parmi les élèves, il y en avait bien qui critiquaient Jean-Paul, qui lui reprochaient des choses non ?

 

R: Oui, enfin ce n’était pas sur les gestes, certains disaient que ce n’était pas normal qu’on l’appelle Jean-Paul, qu’on aurait dû l’appeler « Maitre », des choses comme ça, mais je n’ai jamais entendu qu’on lui reproche des gestes déplacés ! Et comme je n’en ai jamais subi, ni jamais observé dans la classe, je comprends qu’on n’en ait jamais parlé… J’avoue que je ne reviens toujours pas d’être considérée comme une victime alors que je ne lui ai jamais rien reproché, on s’entendait bien à l’école, c’était vraiment un bon instituteur, je suis dégoutée…

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache - dans "L'affaire DEGACHE"
commenter cet article
2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 22:28

            Un chiffre : 700 soit le nombre de lettres que Jean-Paul a déjà reçues après moins de 6 mois d’enfermement à Nîmes puis à Montpellier. Lors de chaque parloir, c’est un sujet sur lequel nous revenons et il souligne bien l’importance que cela peut avoir lorsque l’on ne peut goûter à la liberté physique. D’une part, la joie de se voir apporter par le gardien des lettres au quotidien ; et d’autre part le plaisir de répondre et d’échanger avec des personnes qu'il connaît plus ou moins bien. Il est important de savoir qu’on peut lui envoyer des photos, des enveloppes (pas plus de 10), des timbres (pas plus de 10), des photocopies d’articles de presse. Chaque courrier envoyé est une lettre lue par Jean-Paul et par conséquent du temps écoulé dans sa journée.

             

             De plus, on a voulu s’intéresser à la localisation des personnes qui correspondaient avec Jean-Paul. Ainsi ci-dessous vous pouvez consulter une carte de France sur laquelle sont indiqués, par un système de couleurs, les départements des personnes concernées. Au total, on dénombre 170 personnes en France et à celles-ci s’ajoutent 4 personnes d' autres pays : la Belgique, le Bénin, la Chine et la Suisse.

Nous arrivons ainsi à 174 correspondants au 1er septembre ! Merci à vous tous.

  carte jp 01 09

Les correspondants de Jean-Paul  par département


Sans-titre-copie-4.jpg

 

Voici en supplément, le nombre précis de correspondants par département et par ordre décroissant :

 

Ardèche : 92

Drôme : 24

Isère : 11

Rhône : 9

Saône-et-Loire : 6

Bouches-du-Rhône : 4

Essonne, Gard : 3

Alpes-de-Haute-Provence, Eure, Hautes-Alpes, Indre, Loire, Paris, Vaucluse, Yvelines : 2

Ain, Allier, Ardennes, Ariège, Côte-d'Or, Doubs, Finistère, Gers, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Loiret, Moselle, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne, Val-de-Marne : 1

 

            

Commencez ou continuez d'écrire à Jean-Paul, c'est un des éléments qui lui permet de tenir. MERCI

Jean-Paul DEGACHE

33 670 Bat A 102

Maison d'Arrêt

Avenue du moulin de la Jasse

34 753 Villeneuve les Maguelone Cedex

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache.over-blog.com - dans La vie en prison
commenter cet article
2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 08:18

            Je viens de terminer la lecture du livre offert à Jean Paul pour son 60ème anniversaire par un ami de ses fils. « Le maillot jaune s'est échappé, une enquête de Jean Paul DEGACHE » tel  est le titre de ce roman ayant pour cadre le dernier Tour de France cycliste. Autour d'une trame générique se greffe une foule de détails précis sur Jean Paul, confiée à l'auteur par Vincent et Simon.

 

            J'ai pris un plaisir fou à lire ce livre, pour  de nombreuses raisons. J'ai surtout retrouvé durant sa lecture mon Jean-Paul LIBRE, actif et passionné, dans son goût et sa force d'entreprendre. Cette lecture fut trop rapide puisqu’elle ne m'a pas permis d'oublier longtemps la hauteur des murs qui l’entourent, proportionnelle à l’injustice qui lui est faite ! Injustice que l'on mesure à chacune de nos visites à la Maison d’arrêt ! Pour ma part j'en suis malade à chaque fois ! Pendant le parloir c'est comme une embellie, mais juste après, l'amertume et la rancœur s'emparent à nouveau de moi. Je revois souvent dans ma tête, cette rencontre impromptue, lors du procès de Nîmes, aux toilettes du tribunal, de ces accusatrices s'encourageant pour bien "casser" Jean Paul. Je ne  peux m'empêcher de faire le rapprochement avec les images des candidates de certains jeux télévisés. La société a bien changé… il suffit de suivre l'actualité pour le constater.

 

            Seulement, il reste encore des gens qui croient à certaines valeurs, et qui combattront l'injustice jusqu'au bout ! Jean Paul nous en offre l'exemple. Après avoir tout donné pendant des décennies pour la réussite de ses élèves, et alors qu'il devrait goûter à une retraite paisible tant méritée, il doit faire face à un quotidien hostile et loin de sa famille et ses amis. Il continue de se battre pour son innocence, malgré la dureté de la détention !

 

            Nous ses proches qui l'aimons, nous ne lâcherons pas, et nous continuerons ce combat, à cause de tant d'amour mais avec tellement de douleur !

 

Eric, beau-frère de Jean-Paul

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache.over-blog.com - dans Messages d'humeur
commenter cet article
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 13:49

Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone à côté de Montpellier. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme et ses enfants. Extrait de la lettre datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, son épouse et son beau-frère sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras. 

 

 

Si vous désirez diffuser un extrait d'un courrier reçu ou envoyé

 

envoyez-nous votre extrait  à l'adresse mail suivante :

 

soutien.jean-paul.degache@voila.fr

 

Merci

Repost 0
Published by soutien.jean-paul.degache.over-blog.com - dans La vie en prison
commenter cet article