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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 07:43

Aujourd'hui, voici un article envoyé par Daniel Berthet qui s'occupe du blog des innocents dont nous vous conseillons vivement la lecture. Daniel nous donne un aperçu de ces multiples erreurs judiciaires dont très peu ont abouti sur des révisions de procès.

 

            Votre blog existe depuis le 1er septembre 2010. Je le lis régulièrement pour prendre des nouvelles de Jean Paul Degache. Je précise que je ne connaissais pas « l’affaire Degache » avant le premier procès de Privas mais grâce à Internet, j’ai lu les cris d’innocence de cet homme et j’ai suivi son deuxième combat. Il a été condamné pour la seconde fois par une Justice faite d’hommes et de femmes. Cette Justice est respectable, je n’en doute pas, mais cela ne signifie pas qu’elle est infaillible et les faits le démontrent.

            60 978 personnes étaient détenues au 1er janvier 2010. Un tiers, environ, le sont en détention provisoire, donc considérées comme présumées innocentes. Parmi elles, certaines bénéficient d’un non lieu ou sont acquittées lors de leur procès.

 Les dernières statistiques publiées par la commission de détention provisoire datent de janvier 2008. Sauf ignorance de ma part, il n’y a pas eu de publications en 2009 et en 2010, ce qui est, pour le moins, regrettable. Ces statistiques de 2008 indiquent qu’en 2006, 645 personnes ont sollicité une indemnisation pour détention injustifiée. Ce sont 645 innocents qui ont été injustement présumés coupables au point de les priver de liberté. Il s’agit, selon moi, d’une faillite de la Justice pour 645 victimes car les quelques euros attribués pour le préjudice ne peuvent réparer les traumatismes engendrés.

            Certaines bonnes consciences diront qu’il s’agit seulement de détention provisoire et que la Justice a su, à bon escient, reconnaître leur innocence et ne pas les condamner définitivement pour des infractions qu’elles n’avaient pas commises.

C’est vrai !

            Alors, venons-en aux décisions définitives de la Justice !

            Depuis l’affaire Jean Callas (1792), il y a eu 9 révisions de condamnations définitives en assises. 9 en 220 ans, c’est un nombre d’erreurs très faible diront encore ceux qui ne connaissent pas bien la procédure judiciaire ! C’est encore vrai mais c’est déjà 9 aveux d’erreurs judiciaires reconnues officiellement par l’Institution quand on sait que cette Institution met logiquement tout son poids dans la procédure pour éviter de se « déjuger ».

            Et, diront encore les bonnes consciences, la loi du 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence a autorisé l’appel en cour d’assises. Ce fut un progrès incontestable ! Mais la Justice n’est pas devenue infaillible pour autant !

            L’observation des décisions judiciaires de l’année 2010 le démontre. Je citerai 4 personnes condamnées définitivement qui ont ou vont bénéficier d’un nouveau procès.

            Loïc Sécher, condamné en 2003 puis en appel en 2004, à 16 années de détention et 350 000 € d’indemnités et frais de justice par deux cours d’assises sur les seules accusations d’une jeune fille de 14 ans. Loïc Sécher a été remis en liberté, enfin, deux ans après les déclarations écrites de la jeune fille auprès des autorités judiciaires pour affirmer que cet homme ne l’avait jamais agressée.

            Marc Machin, condamné à 18 ans de détention par deux cours d’assises en 2004 et 2005 pour le meurtre d’une femme. Marc Machin a été remis en liberté en 2009 après les aveux spontanés d’un autre homme se déclarant coupable du meurtre et pour lequel la Justice a retrouvé des traces de son ADN sur les vêtements de la victime.

            Vamara Kamagaté, condamné à 18 mois de détention par le tribunal correctionnel pour attouchement sur une jeune fille. Il a été remis en liberté et innocenté définitivement après les déclarations de la jeune fille affirmant devant les autorités judiciaires quelle avait tout inventé.

            Dany Leprince, condamné à perpétuité pour un quadruple meurtre en 1994. Il a été remis en liberté en juillet 2010 après la relance de l’enquête.

 

            Non, réellement, la Justice n’est pas infaillible et a un devoir d’humilité devant les vies  d’innocents qu’elle a pu briser.

 

            Je ne sais pas combien d’innocents sont actuellement derrière les barreaux, définitivement condamnés pour des faits qu’ils n’ont pas commis mais je sais seulement qu’il y en a !

Je sais aussi que la souffrance  pour supporter les conditions d’enfermement est mille fois plus dure pour un innocent que pour un coupable !

Alors, lorsqu’un condamné réussit à dépasser cette souffrance et à crier son innocence au-delà des barreaux pour tenter de se faire entendre, j’essaie de l’écouter humblement et d’espérer avec lui qu’un jour, peut-être…

 

Daniel Berthet    - Blog des innocents injustement accusés -

 

Daniel Berthet et son fils Karim ont déjà écrit un ouvrage Il faut sauver le Saint Esprit  dont Jean-Paul avait fait le commentaire il y a quelques semaines. Ces mêmes auteurs publient un second roman Justice aux poings qui sortira en décembre 2010. Pour ces deux romans, les auteurs s'engagent à reverser une partie du prix de vente,10 euros pour le premier roman et 6 euros pour le second, au Comité de Soutien à Jean-Paul Degache. Vous n'avez qu'à préciser sur le bon de commande "Soutien à JP Degache". Alors n'hésitez pas à commander ces romans de qualité.

 

Encore merci à Daniel et aux lecteurs toujours plus nombreux du blog.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 10:50

 Chronologie Partie 1

 

1998 : Affaire classée

 

En avril 1998, Jean-Paul Degache se rend à la convocation d'un expert-psychiatre à Annonay qui doit l’examiner à la demande du Parquet, alors que la procédure ne l’y obligeait pas. Ses conclusions sont très favorables à Jean-Paul Degache.

 

Le 7 mai 1998, l’affaire est classée car  « Aucune infraction n’est suffisamment caractérisée… » ; ce dont les plaignants sont informés.

 

Le 6 juin une première accusatrice, informée, déclare qu’elle trouve que cela n’est « pas normal mais s’en remet à la décision. »

 

Le 8 juin une autre se dit déçue mais ne donne pas de suite.

 

Le 9 juin celle qui demeurera jusqu’au bout la principale accusatrice s’avoue très déçue mais ajoute qu’elle va « relancer l’affaire avec d’autres ». Ce sera le cas, et les attaques seront d’autant mieux ciblées et pernicieuses à partir de ce moment-là.

 

Le 30 juin une parente d’élève écrit pour demander des nouvelles.

 

Le 18 juillet cette dame déclare à la brigade de gendarmerie d’Andance que « l’affaire avait été étouffée il y a 10 ans et que la directrice avait été informée ». Nous constatons d’ailleurs qu’à aucun moment, Jean-Paul Degache n’est mis en cause par ses pairs.

 

Entre 1998 et 2001, Jean-Paul Degache exercera sans aucun problème sa profession, persuadé que l’affaire est terminée par ce classement sans suite.

 

2001 : l’affaire est relancée en pleine affaire Dutroux.

 

Le 21 février 2001, l’accusatrice principale écrit une lettre au Procureur où elle déclare  suivre les conseils de TF1. La chaîne ne souhaite en effet pas faire de reportage sur un cas qui n’a pas donné lieu à un procès et une condamnation. On peut parfaitement comprendre cette éthique journalistique qui veut que l’on ne cloue pas un innocent au pilori. Cela prouve, s’il en était nécessaire, la volonté délibérée des plaignantes de médiatiser l’affaire, car il aurait en effet suffi à cette dernière de suivre les conseils de la gendarmerie ou d’un avocat. Dans ce courrier, qui a été lu lors des audiences, elle affirme de surcroît qu’elle est suivie par un psychanalyste pour « les actes de pédophilie de ce monsieur ». Ce courrier va relancer l’affaire.

 

Le 27 février  elle est auditionnée et confirme que c’est bien TF1 qui lui a conseillé d’écrire au Procureur car elle voulait intervenir dans une émission consacrée à la pédophilie, ajoutant ainsi de nouveaux éléments montrant sa volonté d’être médiatisée et de nuire à l’image publique de Jean-Paul Degache. Elle cite plusieurs autres personnes comme étant des « victimes » de leur ancien instituteur.

 

Elle donnera une version très différente de celle qu’elle avait donnée en 1997 puisqu’à présent elle évoque directement le viol. Par la suite, elle félicitera le procureur dans un courrier de la mise sous contrôle judiciaire de Jean-Paul Degache et se déclare heureuse que cela soit de son fait.

 

Nous noterons que, d’après les déclarations des plaignants, les viols sont publics, et que M Degache ne déflore jamais ses victimes supposées, ce qui rend évidemment impossible toute preuve matérielle de ce dont on l’accuse.

 

La plupart des autres témoignages soulignent au plus l’attitude « paternelle » de M Degache, mais tiennent toutefois à disculper leur ancien instituteur. Pourtant, on peut penser que si les viols avaient été publics, les témoignages auraient été unanimes et détaillés.

 

 

Une bonne partie des personnes citées par l’accusatrice n’ont rien à déclarer : elles n'ont donc jamais été témoins et encore moins victimes des viols alors qu’elles se trouvaient dans la même classe.

 

D’autres personnes affirment au contraire et de manière très désordonnée, que les viols ont eu lieu :

 

Une première parle des affaires vues à la télévision, parle de viol mais précise que son ancien instituteur n’allait « jamais plus loin » (on se demande ce qu’il y a de pire qu’un viol…) « La Directrice laissait faire ! ».

 

Notons une fois encore l’importance de la télévision en particulier et des médias en général dans les témoignages des accusatrices: ce type de déclarations reviendront chez la plupart des accusatrices auditionnées. Il est vrai qu’à l’époque, les suites de l’affaire Dutroux en Belgique éveillent des soupçons sur de nombreuses personnes et particulièrement les prêtres et les instituteurs.

 

De même, une autre ancienne camarade de classe  de la principale accusatrice affirme avoir été victime de viol au bureau, une fois par semaine pendant deux ans et qu’il s’agissait de « toutes les filles ».

 

Une autre parle le 29 avril d’attouchements derrière le bureau et de « viol qui faisait mal » au cours desquels « il baissait le pantalon ». Elle a également publiquement affirmé que son psychanalyste saurait lui obtenir des dommages et intérêts.

 

Une dernière, qui était à l’époque dans la même classe, affirme ne jamais avoir eu de problèmes avec son ancien instituteur et ne jamais avoir été témoin de tels faits.

 

Ces accusations de viols et d’attouchements sont censés avoir été commis dans une période allant de 1978 à 1980. Les faits sont prescrits par la justice et ne pourront donc être jugés. Les accusatrices iront cependant témoigner lors des deux procès de Privas puis de Nîmes et leurs témoignages pèseront très lourd dans la balance.

 

Pendant longtemps, Jean-Paul Degache se demandera comment des anciennes élèves aujourd’hui quadragénaires ont pu le poursuivre avec un tel acharnement formulant des accusations aussi graves sans aucune preuve, sans aucun témoignage. On parle là de viols plus que quotidiens sur plusieurs élèves devant toute une classe pendant plus de deux ans ! Il aura fallu presque 10 ans pour élaborer une théorie à ce sujet… Nous l’exposerons au fur et à mesure, cette explication reste fragile et toujours assez incompréhensible.

 

Chronologie Partie 3

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:59

Bonjour. Nous avons reçu la semaine dernière ce message sur notre adresse mail soutien.jean-paul.degache@voilà.fr :

              

« Bonjour, je viens de lire sur le blog les témoignages et les récits. Une question se pose pourquoi le personnel enseignant et le directeur de l'école ne sont pas intervenus. Dans notre commune, quand mon fils était en CE 1 son instit a été accusé à tort. La directrice, ses collègues, les parents et le personnel femme de ménage, cantinière et aide maternelle ont été entendues. Or ici rien à ce sujet. Je vous remercie de nous donner toutes ces nouvelles le temps passe nous sommes pris par nos activités et parfois nous oublions que certains ont besoin de notre soutien. Amitiés à tous. »

 

Effectivement, nous nous apercevons que tout le monde ne connaît pas les détails de l’affaire et c’est bien normal. Les lecteurs sont en droit de se demander si le personnel est intervenu durant l’enquête, les procès, l’affaire…

 

Comme nous l’avons déjà expliqué, l’école élémentaire publique de Sarras comptait 5 classes de niveau du CP au CM2. Dès l’année 1997, lorsque les rumeurs se font insistantes et que Jean-Paul Degache est interrogé, les instituteurs réagissent immédiatement et font front derrière leur collègue. Quelques uns seront interrogés par la gendarmerie et aucun ne déclarera avoir remarqué quoi que ce soit. De même, la hiérarchie au sein de l’éducation nationale et notamment l’inspection académique ne pénaliseront à aucun moment Jean-Paul Degache.

 

Par ailleurs, les anciens collègues de Jean-Paul qui n’ont pas été interrogés écriront directement au procureur pour leur faire part de leur indignation devant les accusations qui accablent leur collègue.

 

Cependant, l’affaire sera très vite classée et il n’y aura pas réellement de raisons pour se mobiliser, étant donné que Jean-Paul est innocenté dès 1998.

 

Lorsque l’affaire est relancée quelques années plus tard et qu’un comité de soutien est créé, la quasi totalité (certains sont partis en retraite et n’ont pas été retrouvés) des actuels et anciens collègues de Jean-Paul Degache y adhèrent et se mobilisent au sein des instances (Présidence et bureau du Comité, conseil d’administration).

 

Lors des procès de Privas en 2007 et de Nîmes en 2010, tous les anciens collègues de Jean-Paul Degache se succèderont à la barre, ceux qui ne se sont pas déplacés verront leurs contributions écrites lues par la Présidente du Tribunal. Tous les témoignages, sans exception, ne disent qu’une chose : nous n’avons jamais rien remarqué, nous n’avons jamais eu le moindre soupçon, pour nous, Jean-Paul Degache est innocent.

 

Après le procès de Privas, nous sommes allés rencontrer plusieurs des anciens collègues de Jean-Paul, leurs témoignages seront retranscris sur ce blog. Ils ont tous décidé de s’engager, se mobiliser contre cette injustice.

 

Il en est de même pour le personnel non enseignant et pour les intervenants extérieurs. Jean-Paul Degache était très impliqué dans la pratique du sport à l’école et recevait, à cette occasion, souvent la visite des coordinateurs départementaux de l’USEP. Eux aussi ont témoigné, se sont engagés au Comité de Soutien, et eux aussi ont exprimé leur indignation devant ces accusations. Il en est de même pour le personnel de ménage et de restauration scolaire qui a eu également l’occasion de faire entendre sa voix.

 

Quant à la direction de l’école, Jean-Paul l’assurait au moment des faits allégués. L’ancienne directrice de Jean-Paul à l’école publique de Sarras est venue témoigner à plusieurs reprises et est membre du Comité de soutien : elle aussi n’a jamais rien vu et demeure scandalisée par ces accusations.

 

Autrement dit, l’unanimité a été faite autour de Jean-Paul Degache. Tous les adultes l’ayant côtoyé à l’école n’ont eu qu’une seule version des faits. C’est d’ailleurs en partie grâce à ces témoignages que, par deux fois, l’affaire a fait l’objet d’un classement sans suite par les enquêteurs.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 08:16

Nous revenons ce dimanche sur un extrait d'une lettre envoyée par jean-Paul le 6 août 2010 à l'un de ses amis. Celle-ci montre bien l'importance des repères qu'il est essentiel de se créer quand on se trouve coupé du monde libre et d'autre part, elle évoque le partage d'une passion le vélo.

 

                      Mon cher B.

 

[...] Comme tu peux le constater, je ne suis plus à Nîmes depuis mardi matin 6 août 1….C’est comme un énorme coup de massue sur ma tête ….

 

[...] La mort dans l’âme, j’ai commencé à ranger mes affaires et à décoller les photos de mes êtres chers ainsi que les deux grandes photos de tes tableaux (recollés ici  à Vileneuve les Maguelones) que tu m’as dédicacées. C’est malheureux mais l’être humain, pour pouvoir survivre, est obligé de s’adapter, de s’habituer, de se créer des repères dans le lieu où on l’oblige à vivre. Tout changement, dans ce petit monde artificiel que l’on se crée, est un traumatisme… Je n’ai pas dormi de la nuit, cherchant vainement où on allait bien m’emmener, cherchant aussi à savoir pourquoi on m’infligeait ça...


      Cela faisait plus de quatre mois que je n’avais pas revu le monde où les gens vivent libres mais je ne pouvais guère en profiter à cause des grillages du fourgon. Ce n’est qu’après un bon quart d’heure de route que j’ai pu apercevoir un grand panneau au dessus de notre voie et j’ai lu « Montpellier – Barcelone » ! C’était incroyable, au lieu de me rapprocher, on m’éloignait encore plus de ma famille !....

Quand on change comme ça, il faut pratiquement repartir de zéro…


      Ce que je regrette le plus c’est ma séance quotidienne de sport qui me faisait beaucoup de bien. Ici ça semble compliqué d’avoir accès à la salle. Enfin je vais essayer. Je regrette aussi G., un camarade avec qui j’avais sympathisé et qui m’avait ému lorsqu’il m’avait dit que, grâce à moi, il avait retrouvé le moral et était sorti de la déprime. Il va falloir que je lui écrive…


      Je me suis régalé en lisant ton ascension du Ventoux….J’ai adoré aussi tout ce que tu me dis à propos de tes souvenirs d’enfance où je retrouve beaucoup de point communs avec moi. Pour le fameux Puy de Dôme 64, je n’étais pas dans un café, mais nous pique-niquions dans les bois du côté de La Louvesc en suivant l’étape à la radio… Poupou était extraordinaire et il fait toujours plaisir à voir. J’ai eu mon premier demi-course cette année-là, je crois, pour mon Brevet, afin de pouvoir partir en camp cycliste itinérant en Italie et en Suisse…

 

Jean-Paul

1 : Jean-Paul a été transféré de Nîmes à Montpellier le mardi 3 août 2010.

 

 

 

Si vous désirez nous envoyer un extrait de votre courier afin qu'il soit publié... n'hésitez pas! Hier, jean-Paul avait reçu un total de 780 lettres depuis sa condamnation du 26 mars. En aucun cas il ne faut l'oublier et chaque lettre reçue est une bouffée d'oxygène pour lui.

 

Bon dimanche à toutes et à tous.


 


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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 07:27

Depuis son incarcération, Jean-Paul s’est inscrit à des cours de culture générale. Il a donc décidé de vous faire partager un de ses textes qu’il a écrit en cellule. On lui demandait de produire un dialogue entre deux personnes d’avis opposés en s’appuyant sur le texte de Michel Serres, Le Tiers-Instruit (1991). Il nous précise que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait un pur hasard !

 

 

            Un verre de bière bien fraîche à la main, Eric et Cathy évoquent les évènements sportifs de l’été. Eric insiste :

« Cette inflation de compétitions pervertit tout. On cherche toujours à remporter plus de victoires que les autres… Où cela s’arrêtera-t-il ?

            - Mais c’est la compétition qui fait progresser les hommes, s’insurge Cathy. Il faut toujours un vainqueur et un vaincu. Sinon, il serait impossible de savoir où on en est !

            - Le plaisir, c’est le plaisir qui compte avant tout ! conteste Eric.

            - Pourtant, quand tu roules sur ton VTT et que tu prends du plaisir, comme tu dis, tu profites des progrès matériels permis par la compétition, par les courses.

            - Je veux bien mais c’est désagréable cette sacralisation du premier. C’est comme si les autres n’existaient        pas. Regarde le podium : à la rigueur on reconnaît le second et le troisième mais les autres qui ont été aussi courageux… c’est comme s’ils n’existaient pas !

            - ils le savaient au départ. Ils n’avaient qu’à rester chez eux, poursuit Cathy. Personne ne les a forcés à venir.     S’ils ont participé, c’est dans l’espoir de gagner ou au moins de monter sur le podium. Mais enfin, à quoi ça          sert ? »

 

Eric s’agite sur son fauteuil et oublie sa bière…

« Tu as vu ces footballeurs. Plus ils gagnent de l’argent et plus ils sont infectes. Sur les terrains, le jeu passe après l’enjeu. On n’hésite pas à faire mal à un adversaire pour ne pas perdre. C’est n’importe quoi ! Une bande de copains peut très bien jouer au ballon uniquement pour s’amuser.

            - S’il n’y avait pas de championnat à disputer, une coupe à gagner, il n’y aurait pas de motivation et pas de matchs. C’est la compétition qui fait bouger les gens, reprend Cathy.

            - C’est pour ça qu’ils se dopent !

            - Bien sûr qu’il y a toujours des tricheurs mais c’est comme dans la vie. Pourquoi le sport serait-il épargné ?

            - Cela ne devrait pas exister, essaie de conclure Eric. Le sport ne devrait être que plaisir, joie de l’effort et partage d’une même passion.

            - En attendant, puisque nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord sur ce sujet, en voilà un où nous serons toujours sur la même longueur d’ondes : à ta santé ! »

 

 Jean-Paul

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 05:24

On a assez peu parlé de l’école primaire de Sarras jusqu’à présent et les lecteurs du blog sont en droit de s’interroger sur la façon dont se déroulaient les enseignements.

 

On a tendance, tout naturellement, à imaginer que les classes en milieu rural sont uniques, que les élèves sont particulièrement peu nombreux, ce qui rendraient les témoignages plus crédibles.

 

En fait, à Sarras, il n’en est rien. Située dans la vallée du Rhône, cette commune ne correspond pas au cliché du village perdu que l’on pourrait imaginer. Sa population a d’ailleurs fortement augmenté ces dernières années, pour dépasser aujourd’hui les 2000 habitants. Son école publique a, sauf durant quelques années, toujours disposé de 5 classes toujours bien remplies.

 

Jean-Paul Degache a commencé à enseigner à l’école primaire de Sarras en 1976 et a été obligé de mettre un terme à sa carrière en 2002. Plus de 370 élèves ont fréquenté sa classe en 26 années.

 

Il est à noter que, dans un souci de pédagogie et afin de faciliter le passage en 6ème, les instituteurs de CM1 « suivaient » leurs élèves en CM2, ce qui fait que la plupart du temps, Jean-Paul Degache avait ses élèves deux années de suite, en CM1 puis en CM2.

 

Il n’y a que trois classes de Jean-Paul Degache dont certains anciens élèves sont considérés comme des victimes par la justice. Rappelons que les faits censés avoir été commis l’auraient été devant tous les autres élèves. Ils ont presque tous été interrogés, aucun d’entre eux n’a affirmé avoir assisté aux crimes pour lesquels on a condamné Jean-Paul Degache.

 

Parmi les autres anciens élèves considérés comme victimes, une partie affirme à la barre ne pas se souvenir des faits, une autre partie affirme ne pas se considérer comme victime. Plusieurs des anciens élèves considérés comme victimes ne sont d’ailleurs pas venus témoigner lors du procès de Nîmes.

 

Nous avons donc, pour récapituler, sur les 3 classes où l’on trouve des anciens élèves considérés comme victimes :

 

1988-90 – 21 élèves dont une seule victime : aucun des 20 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis devant toute la classe.

 

1996-98 – 22 élèves dont 7 victimes : aucun des 15 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public devant toute la classe, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

1994-96 – 20 élèves dont 6 victimes : aucun des 14 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

Rappelons qu’en 1998, sur la base des témoignages des élèves des années 96-98 et 94-96, la justice a estimé qu’aucun des faits n’étaient caractérisés et a donc logiquement classé l’affaire.

 

Force est de constater que la justice de 2010 considère que des faits non caractérisés en 1998 peuvent conduire un homme en prison pour 8 ans.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 09:18

Chronologie Partie 1

 

Entre le 15 et le 20 mars 1997, le garde-champêtre policier municipal reçoit les plaintes de deux parents d’élèves, qui vivaient maritalement à l’époque et sont séparés depuis, puis celles de deux autres parents. Ces personnes rencontrent également le Maire de Sarras de l’époque avec lequel l’un d’entre eux a des liens d’ordre professionnel.

 

Celui-ci déclarera ensuite à la Gendarmerie : « Je n’avais jamais entendu dire des choses négatives sur lui. Je suis surpris d’apprendre ce qui lui est reproché par les enfants et je ne peux pas me prononcer sur la véracité des faits. »

 

Le Maire donnera une version sensiblement différente lorsqu’il sera de nouveau entendu le 15 novembre 2002, évoquant des rumeurs survenues une dizaine d’années auparavant. Le samedi 22 mars 1997, le Maire rencontre à son tour une des plaignantes.

     

Informé de ces agissements et désireux d’éclaircir cette affaire, J.P. Degache va agir dans trois directions :

 

- D’abord, il se présente de lui-même à la brigade de gendarmerie d’Andance le dimanche 23 mars 1997 où il subit sa première garde à vue.

 

- Ensuite, et suivant la même logique, il informe l'Inspectrice de l’Éducation Nationale, le lundi 24 mars 1997.

 

- Enfin, dès le mardi 25 mars 1997, J.P. Degache convoque tous les parents plus quelques observateurs (enseignants, membres du Conseil d’école).

 

Le mercredi 26 mars, la première plaignante retourne à la Gendarmerie pour retirer sa plainte et déclare qu’elle « a l’impression d’être manipulée par tout le monde ».

 

L’affaire semble retomber assez rapidement et la confiance des parents d’élèves en M Degache est unanime puisque, malgré cette campagne, aucun enfant n’est enlevé de sa classe. Même les parents qui avaient porté plainte laissent leur fille dans la classe de M Degache.

 

L’affaire Degache semble retomber complètement puisque les élèves, qui seront interrogés dans les jours qui suivent par la gendarmerie, ne déclarent rien qui permettent de poursuivre Jean-Paul Degache. C’est logiquement que, le 7 mai 1998, l’affaire sera classée par la justice.

 

Pourtant, lors des deux procès, plusieurs de ces élèves, qui sont restés dans l’école pendant une année et demie avec Jean-Paul Degache seront considérés comme des victimes de leur ancien instituteur.

 

Essayons, même si c’est compliqué, de nous mettre à la place des parents d’élèves, en 1997. Leurs enfants sont interrogés par la gendarmerie et déclarent des choses qui feront condamner Jean-Paul Degache 10 et 13 ans plus tard. Ils parlent à leurs parents et ces derniers estiment qu’il n’y a pas de problème à laisser leurs enfants dans la classe de l’instituteur en question pendant une année scolaire et demie…

 

Chronologie Partie 2

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 08:17

Jean-Paul nous avait retranscrit, il y a quelques jours, sa  garde à vue de 2002 : nombreux interrogatoires où l'on a essayé de le faire craquer, les tentatives de déstabilisation et au final un traumatisme à jamais gravé au fond de lui. Afin d'être le plus complet possible, Jean-Paul revient à présent sur ce qui a suivi sa sortie de garde à vue et les contraintes des années de contrôle judiciaire.

 

 

            Vendredi 8 février 2002. Quand on vient de subir 48 heures de garde à vue avec toutes les souffrances et les pressions tant physiques que psychologiques que cela impose, être présenté à un juge d’instruction est presque un soulagement. Pourtant, l’interrogatoire semble interminable. La présence de mon avocat est rassurante mais inopérante puisqu’il n’a pas pu avoir accès au dossier et découvre ces accusations incroyables que l’on me demande d’expliquer, moi qui n’ai même pas imaginé commettre de tels actes et en suis bien incapable !!!

 

            Les deux gendarmes qui m’ont amené ici, à Privas, depuis Tournon, sont là debout, encadrant la porte… comme s’ils m’attendaient pour me conduire en prison. D’ailleurs,  pendant la garde à vue, l’un deux me l’a bien promis : si je n’avouais pas, le juge ne me ferait pas de cadeau ! Pourtant, je tiens bon et, fort de mon innocence, je résiste à toutes les pressions, à toutes insinuations. C’est pourquoi, lorsque le juge conclut en disant qu’il me place sous contrôle judiciaire, j’ai du mal à ne pas pousser un gros soupir de soulagement et… à ne pas le remercier… Il dit que je devrais aller signer chaque semaine à la gendarmerie et j’ai l’impression qu’il me fait presque un cadeau…

 

            En guise de cadeau, je sais que je ne peux plus exercer la moindre activité professionnelle ou bénévole me mettant en présence de mineurs. Je suis devenu subitement un pestiféré, un être dangereux, moi qui, il y a quinze jours à peine, étais avec 25 élèves en classe de neige à Albiez-le-Vieux en Savoie ! Je suis aussi contraint de rester dans les limites du territoire national. Si je veux partir en vacances, il faut, au préalable, en avertir le juge… Dire que j’accepte tout ça avec le sourire serait exagéré mais je préfère tout à la prison. Je pense alors que, si je ne suis pas mis en détention préventive, j’échapperai à ce traumatisme supplémentaire puisque je suis certain que, tôt ou tard, mon innocence ne pourra que s’imposer.

 

            Dans la salle des pas perdus, je retrouve mon épouse et ma famille qui m’attendent en compagnie de quelques amis. Ces retrouvailles presque inespérées sont source de beaucoup d’émotion mais l’heure est à l’optimisme puisque ces deux jours de « folie » se terminent « presque bien ».

 

            Chaque semaine qui va suivre, pendant 5 ans, je ferai 4 km qui séparent mon domicile de la gendarmerie d’Andance afin de signer la feuille de mon contrôle judiciaire. Pour moi, chaque semaine qui commence est source de stress parce que je suis vraiment soulagé lorsque j’ai signé. J’essaie d’être régulier en y allant le même jour mais, très vite, ça va se dégrader parque qu’Andance est une petite gendarmerie avec peu de personnel. Il m’arrive donc de me retrouver devant une porte fermée et d’avoir, à l’interphone-téléphone, la gendarmerie d’Annonay ou même de Privas. A ce moment-là, je sais que je devrais repasser…

 

Jean-Paul

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 05:26

Cette ancienne élève me reçoit chez elle, on m'a dit qu'elle n'avait pas été interrogée par les gendarmes en 1997 alors que, d'après mes souvenirs, elle était dans la classe de la plaignante. Pourtant, elle habitait bien à Sarras à l'époque et était facile à trouver.

 
Bonjour et merci d’accepter de répondre à mes questions, d’abord, tu étais en classe avec Jean-Paul Degache à quelle période ?

 

R: En 1997 et 1998, j’ai fait le CM1 et le CM2 avec lui.

 

Tu sais, que ces années là, plusieurs de tes anciennes camarades l’accusent d’avoir pratiqué des attouchements, des agressions sexuelles sur elles, tu as subi ce genre de choses ?

 

R: Ah non ! Jamais ! Je ne l’ai jamais vu faire quoi que ce soit, aucun geste déplacé, il était affectueux, mais pas plus.

 

Tu as des exemples de ses gestes d’affection ?

 

R: Pas vraiment, enfin si par exemple, quand j’allais corriger la dictée avec lui au bureau, il a dû lui arriver de me prendre par la taille, enfin je ne suis même pas certaine… sinon, quelques tapes sur l’épaule, mais rien de plus, des gestes d’encouragement quoi – en tout cas rien de pervers, c’est sûr !

 

Et sur les autres, tu l’as vu faire des choses, toi qui étais dans la classe ?

 

R: Non, pas du tout, j’en aurais tout de suite parlé sinon ! Non, il était affectueux, mais n’a jamais fait de gestes déplacés sur qui que ce soit en ma présence.

 

On a dit au procès qu’au Pradet lors de la classe de découverte, il rentrait dans les chambres, tu t’en souviens ?

 

R: Mais non ! C’est impossible, les fois où il a pu rentrer dans les chambres, c’était toujours avec les accompagnatrices, elles étaient à la FOL je crois… enfin ç’aurait été inconcevable qu’il rentre seul dans les chambres ! Il ne s’est rien passé du tout au Pradet !

 

On a dit aussi qu’il prenait les élèves sur ses genoux, tu t’en souviens ?

 

R: Pour moi c’est sûr que non… A la réflexion, pour les autres, je ne me souviens vraiment pas, ça m’aurait marqué, je pense, donc non, je ne l’ai jamais vu faire ça.

 

Mais vous en parliez entre vous non ?

 

R: Non, jamais… Vu qu’il ne se passait rien, je ne vois pas pourquoi on en aurait parlé, ça ne paraissait gêner personne. Ce qui m’étonne en fait, c’est que [une plaignante] ait été dans les parties civiles, parce qu’à l’époque, elle aimait beaucoup Jean-Paul et trouvait qu’il était un excellent instituteur.

 

Et on m’a dit que tu n’avais pas été interrogée par les gendarmes, contrairement à une bonne partie du reste de la classe, tu l’expliques comment ?

 

R: Ça je n’en sais rien, mais j’étais limite jalouse ! C’était le sujet de conversation dans la cour de récré : qui avait été interrogé par les gendarmes ? Comment ça s’était passé... Je me souviens que [un témoin à charge] était toute fière d’y être allée, moi j’étais déçue, j’aurais bien aimé faire comme mes copines…

 

Mais tu es toujours plus ou moins à Sarras non ? Tu n’as pas croisé des personnes impliquées dans l’affaire ? Vous en avez parlé ces derniers temps ?

 

R: Oui, en fait, je connaissais bien [un témoin à charge] et [un témoin à charge]. En fait quelques mois avant le procès, on en avait parlé et aucune n’avait rien à reprocher à Jean-Paul, c’est pour ça que je ne m’inquiétais pas trop pour Jean-Paul en fait, puis quand j’ai entendu ce qu’elles ont dit au procès, je me suis demandé si c’était les mêmes personnes à qui j’avais parlé… tu sais, ça n’a pas été facile, du jour au lendemain, des portes se sont refermées, des copines n’ont plus voulu me parler…

 

Ah ! Puis il y a aussi [un témoin à charge] qui m’a appelée quelques jours avant le procès, on a un peu discuté, mais c’est vrai qu’elle était convaincue que Jean-Paul l’avait touchée…

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:07

Jean-Paul nous livre son témoignage sur le 2ème jour de la garde à vue subie en 2002.

 

                Vendredi 8 février. À 7 h, on vient me chercher pour me ramener dans le bureau. Comme 24 heures se sont écoulées, on repart pour une nouvelle garde à vue et on me redemande si je veux voir un médecin. La veille, j’avais répondu négativement à cette question, me sentant en bonne forme. Ce matin, j’ai mal au dos et je demande donc à en voir un. Un gros problème se pose à mes gardiens : les médecins font grève et aucun ne répond à Tournon. Ils doivent donc appeler l’hôpital où personne n’est disponible. C’est enfin à la clinique Ambroise Paré que le Docteur accepte de me voir mais il faut s’y rendre…

            Comme petit-déjeuner, j’ai droit à une tasse de thé. Un peu avant 8 h, nous partons en Laguna Nevada. Quel bien ça me fait de revoir enfin la vraie vie : des gens qui circulent, qui vont à leur travail, la lumière aux fenêtres des appartements… À la clinique, il faut atttendre car le docteur n’est pas encore arrivé. Cela ne me fait rien, au contraire. Les gendarmes s’impatientent et tournent en rond. Après un bon quart d’heure d’attente, le médecin m’examine, enfin, prend ma tension et me dit que tout va bien. Je parle de mon mal au dos. Il touche mes reins et décrète : « C’est chronique. »…

            De retour à la gendarmerie, commence le dernier interrogatoire mais l’intensité a nettement baissé même si les questions restent semblables. Je n’ai pas de raison de changer mes réponses puisqu’il n’est pas question que j’avoue ce que je n’ai pas fait.

            On me laisse manger puis, je dois retourner encore dans cette cellule en attendant maintenant le transfert pour Privas afin d’être présenté au Juge d’Instruction à 14h 30. Malgré l’inquiétude qui me gagne, je suis soulagé d’être arrivé au bout de cette garde à vue très éprouvante. Après tout ce qu’on m’a dit, je ne me fais guère d’illusions : ce soir, je dormirai en prison !

            Les gendarmes ne sont pas partis à l’heure et veulent rattraper le retard en roulant à 160 km/h sur l’autoroute ! Était-ce bien nécessaire ?

            À proximité du Palais de Justice où je sais que Ghislaine m’attend, j’aperçois Françoise, ma sœur, suivie de ma maman ! J’ai aussitôt le cœur serré. Je ne pensais pas les voir ici ! Mon émotion est grande mais il faut que je me reprenne car un nouvel interrogatoire m’attend.

            Le bureau est assez vaste. Le Juge d’Instruction paraît assez jeune et plutôt sympathique. Alors que, machinalement, en m’asseyant, j’avance ma chaise de quelques centimètres, il me demande de la remettre à sa place. Moi aussi, je me sens remis à ma place… Ses questions sont posées calmement. Il les dicte à la greffière qui tape sur le clavier d’un ordinateur. Après ma réponse, il redit ce que je viens de déclarer pour que ce soit enregistré. Même si ça concerne les mêmes accusations, cela n’a rien à voir avec les interrogatoires des gendarmes. Au cours de cet interrogatoire, j’apprends deux choses fondamentales venant corroborer ce que j’affirme depuis le début :

 

             1)      La première personne qui va porter plainte à la Gendarmerie d’Andance en 1997, y retourne 4 jours après pour retirer sa plainte parce qu’elle se sent manipulée. Ceci est noté dans le procès-verbal de la gendarmerie et on ne me l’avait jamais dit !

 

             2)      L’enquête qui a abouti à ce drame que je vis a été relancée suite à la lettre d’une certaine personne, adressée au Procureur de la République en février 2001. Cette lettre de deux pages m’est lue par le juge. Elle transpire à chaque ligne une haine féroce envers moi, me traitant à plusieurs reprises de « pédophile vicieux »… Il faut rappeler que cette même personne faisait partie des quatre anciens élèves qui s’étaient rendus « d’eux-mêmes » à la gendarmerie d’Andance, fin 1997, afin de relancer l’affaire qui avait éclaté en mars de la même année et qui s’était dégonflée aussitôt.

 

            Après une telle lecture, j’indique au juge que ce que j’affirme depuis le début : la machination pour m’éliminer complètement est maintenant prouvée.

            Cela n’ébranle pas la conviction de M Bernard alors je lui cite les noms de personnes qui m’en veulent particulièrement et que je sais acharnées à ma perte. Je sais qu’il y en a d’autres mais je n’ai encore aucun élément concret à apporter pour l’instant.

            Alors que je m’attends au pire, le juge m’indique qu’il me met en examen, qu’il me place sous contrôle judiciaire… soulagement… Je vais rentrer chez moi ce soir… Mais, il retient le viol sur une personne en 1986, 87, 88 et des attouchements sexuels sur huit de mes élèves de 1997 !!! De plus, il m’interdit d’enseigner comme de participer à des activités bénévoles impliquant des enfants ! Je suis effondré mais le fait de rester libre est tellement important… J’essaie bien de lui signaler que, depuis cinq ans, on n’a pu trouver aucun enfant se plaignant de moi et que, depuis, 1997,  j’ai organisé quatre classes de découverte sans le moindre problème, rien n’y fait. Quelques problèmes d’imprimante retardent le tirage du compte-rendu. Le juge et le Bâtonnier Vesson en profitent pour échanger quelques propos sur le manque de moyens du Ministère de la Justice. Il faut que je me résigne. Les deux gendarmes qui avaient assisté à toute la séance, semblent déçus mais je sors du bureau avec Me Vesson à mes côtés.

            L’émotion est énorme lorsque j’aperçois Ghislaine dans la salle des pas perdus du tribunal. Je m’attendais à voir ma maman et Françoise, ma sœur, mais je ne savais pas que ma belle-mère, mais aussi Josette et Joseph avaient fait le déplacement jusqu’à Privas ! J’ai envie de tous les serrer en même temps dans mes bras pour les remercier de leur présence et de leur soutien chaleureux.

Jean Paul

 

Suite à cette garde à vue, Jean-Paul est resté libre jusqu’au premier procès de Privas en 2007. Nous reviendrons en détail sur son contrôle judiciaire.

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