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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 00:03

Voici un extrait de document exceptionnel : la famille de Jean-Paul a retrouvé  un tableau qui indique les principaux « événements » à l’école que Jean-Paul a estimé nécessaire de porter à l’attention de ses avocats et de la Cour.

 

Lorsqu’on y réfléchit, ces notes sont édifiantes. Jean-Paul y dresse l’intégralité des événements qui ont eu lieu et les fois où des activités ont été organisées dans la classe, nous en dévoilons une partie dans cet article en commentant les événements.

 

« 1996 : Président des Comités départementaux UFOLEP et USEP.

Médaille de bronze de l'Éducation Nationale attribuée par l'Inspecteur d'Académie, M. S. 

Classe de découverte en Tunisie (mars - avril). »

 

Jean-Paul Degache est un homme comblé : il n’a pas encore 50 ans et se retrouve à la Présidence d’associations départementales. Il est élu au Conseil municipal de son village, correspondant de presse et directeur de l’école élémentaire publique. Son engagement est récompensé par l’obtention d’une médaille académique.

 

« 1997 : Élèves de CM1 interrogés à la gendarmerie d'Andance.

Dimanche 23 mars : je me présente volontairement à la gendarmerie d'Andance

Première garde à vue et perquisition au domicile par les gendarmes

Lundi 24 mars : j'informe l'Inspectrice, qui me garde sa confiance

1 seule plainte, retirée quelques jours après

Mardi 25 mars : réunion des parents d'élèves de la classe… que des compliments !

Aucun élève n'est retiré, même pour le CM2 qui suivra.

18 mai : décès de mon père. »

 

C’est là que tout bascule : les élèves sont interrogés, Jean-Paul subit une première garde à vue, son domicile est perquisitionné, une plainte - retirée quasiment immédiatement, est déposée contre lui.

 

Afin de faire le point sur l’affaire et de clarifier la situation, Jean-Paul Degache réunit tous les parents d’élèves à l’école. Nous avons interrogé plusieurs participants à cette réunion : tous nous disent qu’il n’y avait rien à lui reprocher mais que Jean-Paul a clairement dit de quoi il était accusé. Ces parents ont pourtant emmené leurs enfants à la gendarmerie pour qu’ils y soient interrogés quelques jours auparavant : aucun d’eux ne reproche quoi que ce soit à Jean-Paul. Au contraire, les enfants restent dans la classe pendant une année et demi.

 

C’est parmi cette classe que l’on retrouvera, en 2007 puis en 2010, le plus d'enfants reconnus comme victimes par l'institution judiciaire.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 09:15

Ce dimanche, nous vous proposons un nouvel article publié dans la rubrique « Nouvelles d’Europe ».

  

L’Allemagne manque de main d’œuvre (12/11/2010)

 

Difficile à croire dans notre pays où la jeunesse peine tellement à trouver un emploi, notre voisin, l’Allemagne dont la population vieillit, a grand besoin de main d’œuvre.

En 2011, le nombre de chômeurs va passer sous la barre des 3 millions pour la première fois depuis vingt ans. Alors que le taux de chômage dans l’Union Européenne est de 9 ,6%, l’Allemagne, avec 6,8% se situe au cinquième rang des pays comptant le moins de demandeurs d’emploi. C’est l’Autriche qui en dénombre le moins avec 4,3% alors que la France est au-dessus de la moyenne avec 10,1%, l’Espagne (20,5%) fermant la marche (carte du taux de chômage dans l'U.E. en 2009).  A titre de comparaison, le taux des USA se situe juste à la moyenne européenne.

L’Allemagne manque d’ingénieurs, d’informaticiens, d’employés du BTP, d’infirmières et d’aide-soignantes pour personnes âgées et cherche aussi des employés pour l’hôtellerie et la restauration. En Pologne, le pays voisin, on s’inquiète parce que 445 000 Polonais sont allés travailler en Allemagne en 2009 et que cette hémorragie doit se poursuivre. Déjà, en 2004, 2 millions de Polonais étaient partis vivre et travailler en Allemagne. Or, la patrie de Lech Walesa a aussi besoin de ses informaticiens, de ces ingénieurs et techniciens du BTP et elle n’est pas d’accord pour se laisser dépouiller continuellement de ses forces vives.

Si l’Allemagne est prête à accueillir des jeunes venant de Pologne mais aussi de République Tchèque, se pose alors le problème de l’origine de cette immigration. Les récentes prises de position d’Angela Merkel mettent en cause le multiculturalisme qui semblait si bien réussir à notre voisin. Sous la pression des conservateurs, la chancelière veut abandonner ce projet de société permettant de faire cohabiter pacifiquement des cultures différentes. Cela vise particulièrement les travailleurs venant des pays arabes et musulmans. On parle maintenant, outre-Rhin, de pousser au maximum à l’intégration. La ministre de l’Emploi demande à ce que les nouveaux venus maîtrisent l’allemand, qu’ils aient une profession, un niveau de qualification et qu’ils soient prêts à s’engager pour l’Allemagne. Le Président de la République fédérale, Christian Wulff, a récemment déclaré, en Turquie, que l’islam faisait partie de l’Allemagne, déclenchant aussitôt les protestations des conservateurs bavarois. De son côté, le Premier Ministre turc, Erdogan, a appelé ses compatriotes installés en Allemagne à apprendre l’allemand et à tout faire pour s’intégrer.

Vieillissement de la population, important besoin de main d’œuvre, difficultés d’intégration, notre grand voisin se trouve confronté à des problèmes remettant en cause des années de pratique sous la menace des forces les plus conservatrices du pays.

 

Jean-Paul

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 00:55

Ce blog n’a pas l’intention de faire de la politique, pas plus que le Comité de soutien à Jean-Paul Degache. Le problème de l’affaire Degache n’est pas politique mais clairement judiciaire.

 

Dans son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a précisé qu’il était favorable à l’ouverture d’une réflexion sur deux sujets : l’introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, et, surtout, dans le cadre de l’application des peines.

 

L’un des arguments employés a pu surprendre, c’est lorsqu’il a affirmé, sans doute un peu vite, qu’aucun verdict populaire n’était jamais contesté !

 

Cela fait partie des phrases assez étranges qui sont un parfait contre argumentaire au reste de la thèse présidentielle : les verdicts des assises sont quasiment toujours contestés, c’est d’ailleurs pour ça qu’un appel a été créé il y a quelques années. Pour reprendre les arguments de Florence Rault, l’avocate de Jean-Paul Degache, la justice est relativement bien rendue concernant les crimes de sang mais est totalement subjective dans les affaires de mœurs, surtout quand il n’y a aucune preuve.

 

Un juré est un citoyen comme un autre, tiré au sort , qui doit, suite à une procédure orale, prendre une décision sur la culpabilité ou non d’un criminel présumé, ainsi que sur la peine qu’il doit purger. Lorsqu’il y a des preuves, des éléments à charge probants, des analyses scientifiques, des témoins à charge, ou à décharge, il est souvent assez simple de se faire une opinion, mais quand il n’y a rien de tout cela ? Quand on se retrouve avec deux êtres qui s’accusent sans aucun autre élément pour juger ?

 

On est victime de la dictature de l’émotion, d’un jeu théâtral. Combien de coupables ont été acquittés parce qu’ils savaient mieux mentir que leurs victimes ? Et surtout, combien d’innocents ont été condamnés parce que les personnes qui les accusaient ont su convaincre mieux qu’eux… Parfois on en arrive même au délit de sale gueule… Si l’accusé a une tête de coupable, il a toutes les chances d’être victime d’un jury populaire qui, comme tout un chacun, n’aura aucun recul.

 

Au tribunal correctionnel, on juge les délits. Souvent, les preuves sont très minces, et dans les affaires de mœurs, il y en a encore moins que pour les viols. Comment faire la preuve d’un attouchement, d’une agression sexuelle, sans témoins ? Qui mieux qu’un juge professionnel, qui a vu des dizaines de cas similaires dans sa vie, peut évaluer au mieux pareille situation ?

 

Pour reprendre Florence Rault, une fois encore, dans une affaire de mœurs, s’il y a un doute, le jury condamne, dans une autre affaire, il appliquera le bénéfice du doute et prononcera un acquittement.

 

Pire encore, un détenu, lorsqu’il a purgé la moitié de sa peine, a le droit de demander une libération conditionnelle au juge d’application des peines qui prend cette décision en se posant plusieurs questions : Y-a-t-il un risque de récidive ? Y-a-t-il un risque de troubles à l’ordre public en cas de libération ?

 

C’est clairement le type de question qu’un juré devra se poser. Mais individuellement, sera-t-il prêt à prendre le risque ?

 

Le monde médiatique a tendance à caricaturer les cas de récidive suite à des libérations conditionnelles : si on interrogeait la population, il est certain qu’on obtiendrait une majorité des personnes qui penseraient que la récidive, dans les affaires de mœurs est une chose très courante.

 

Or ce n’est absolument pas le cas. Les quelques cas, atroces, où un détenu fraîchement remis en liberté a commis des atrocités sont très minoritaires. Mais qui prendrait le risque de libérer quelqu’un qui a été déclaré coupable de viols ?

 

Clairement, le recours à des jurys populaires dans le cas des demandes de libération serait terrible pour les détenus qui, majoritairement, font des efforts de réinsertion… Pour Jean-Paul Degache, condamné sans preuves ni témoins, qui clame son innocence depuis le début, cela signifierait clairement qu’il serait contraint d’effectuer la totalité de sa peine. Si deux jurys populaires l’ont condamné à 8 ans de détention sans preuves ni témoins, nul doute qu’aucun jury ne le fera jamais sortir.

 

C’est en ce sens que nous souhaitons attirer l’attention de Nicolas Sarkozy, Président de la République et Michel Mercier, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, lors des consultations qui, au vu des annonces faites cette semaine, devraient démarrer début 2011.

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 17:33

L’enjeu des retraites de Bernard Friot, Editions La Dispute, collection «Travail et Salariat», 2010.

 

Un après-midi, j’ai entendu Bernard Friot dans « Là-bas si j’y suis », l’émission de Daniel Mermet, sur France Inter. J’en ai parlé à Simon dès que je l’ai vu au parloir et, quelques jours après, mon fils m’apportait son livre, « L’enjeu des retraites ».

 

Cet économiste développe une perspective très novatrice concernant les retraites. Au cours des débats sans fin opposant les partisans de la réforme et leurs adversaires, il aurait été intéressant de donner un peu plus la parole à ce chercheur en sciences sociales, animateur de l’Institut Européen du Salariat (IES).

 

2256437-3152309.jpgL’auteur développe l’idée de la pension de retraite comme une continuation du salaire et non d’un revenu différé. Alors que l’on essaie de faire passer les retraités pour des gens qui ne font plus rien et consacrent tout leur temps à des loisirs, Bernard Friot rappelle à juste titre que la grande majorité de ceux qui prennent leur retraite continue à travailler bénévolement dans des associations, font un jardin, réalisent des tas de travaux pour venir en aide à leurs petits-enfants, à leurs voisins ou encore à leurs amis… bref qu’ils restent actifs et utiles pour l’ensemble de la société, à l’écart du marché du travail.

 

La principale revendication concerne la qualification personnelle pour tous avec un niveau de salaire correspondant au niveau des capacités communes. Cette qualification personnelle et le salaire correspondant seraient acquis dès la sortie du lycée jusqu’à la mort. La retraite serait donc un salaire continué. Tout cela suppose que notre quotidien collectif soit débarrassé de la Bourse et des banquiers…

 

On l’aura compris, cette alternative ouvre des perspectives tellement novatrices tout en s’appuyant sur la réalité vécue par la plupart des gens, que cela dérange beaucoup. Voilà pourquoi il faut faire connaître ces idées sortant des sentiers battus.

 

Jean-Paul

Merci à Simon de m’avoir permis de lire et de réfléchir grâce à ce livre.

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 07:18

Vendredi soir aura lieu l’Assemblée Générale du Comité de Soutien à Jean-Paul Degache. Le comité est né en janvier 2006 et a toujours eu pour objectifs de rassembler toutes les personnes, qui pour une raison ou pour une autre, sont convaincues de l’innocence de Jean-Paul mais également de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille pour la recherche de la vérité.

 

Depuis sa création, plusieurs équipes ont ainsi composé le Bureau et le Conseil d’administration de cette entité associative. Chacun a ainsi pu apporter son énergie, ses idées et son aide envers Jean-Paul. L’association compte actuellement plus de 1300 adhérents ! Parmi eux, nous retrouvons des amis, des collègues de travail, des membres de la famille et beaucoup d’anciens élèves. On trouve également un nombre important de personnes qui ne connaissent pas Jean-Paul et qui ont été sensibilisées suite aux manifestations organisées par le Comité.

 

Comment ne pas citer la conférence-débat menée par Dominique Wiel, un des nombreux acquittés d’Outreau,  incarcéré à tort pendant près de 30 mois ! Ce fut à cette occasion, devant plus de 300 personnes à Tournon, que l’abbé Wiel adhéra au comité et devint le 1000ème adhérent. Lors de cette soirée, nous avons ainsi pu nous rendre compte du traumatisme procuré par les semaines de prison et aussi des éléments qui amènent l’institution judiciaire à parfois se tromper. Voici un extrait de l’un de ses interviews réalisé lors de la sortie de son livre, Que dieu ait pitié de nous en 2006 chez Oh éditions :

 

 

 

 

9782707146755FS

 

 

La deuxième conférence-débat fut l’occasion d’accueillir la journaliste Marie-Monique Robin, couronnée par une dizaine de prix internationaux, connue du grand public notamment grâce à son reportage sur l’entreprise de biotechnologies Monsanto. Elle répondit favorablement à l’invitation dans le cadre de son travail sur les souvenirs induits et les fausses allégations dans ce type d’affaires. Lors de cette soirée qui se déroula à Saint-Vallier, le public put visionner le documentaire L’école du soupçon (France 5, 52 minutes, 2007) tiré du livre L’école du soupçon : les dérives de la lutte contre la pédophilie(La Découverte, 2005). Nous ne pouvons que vous conseiller de lire cet ouvrage ou de voir la rediffusion à la télé qui démontre comment des centaines d’innocents ont vu leur vie brisée à partir d’importantes investigations.

 

 


D’autres manifestations comme des concerts, une randonnée, des journées et des soirées familiales sont venues également ponctuer ces années. Ainsi, ce vendredi, nous invitons tous les adhérents à venir afin de continuer à apporter  leur soutien à Jean-Paul et sa famille et d’être informé des prochaines manifestations.

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 05:46

Suite à l'interview de son ancienne collègue, Jean-Paul a voulu lui rendre hommage en écrivant ces quelques lignes.

 

 

Quand son mari m’a appris la terrible maladie qui frappait Marie-Hélène, je n’arrivai pas à le croire. Elle était venue témoigner au procès de Privas, apportant, avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, des éléments concrets, que vous avez pu lire dans l’interview, montrant que ce que l’on me reproche était complètement impossible à réaliser. Marie-Hélène m’a ainsi non seulement côtoyé dans ma classe mais aussi lors des mercredis après-midi de l’école de korfbal.


Marie-Hélène, je n’ai pas pu, hélas, la revoir. Elle a fait partie des nombreuses personnes qui m’ayant  écrit pendant les cinquante-deux premiers jours d’incarcération que j’ai dû subir en 2007, m’envoyant de superbes cartes postales du Vercors « pour me sortir de la grisaille dans laquelle je me trouvais et égayer mon quotidien », savait trouver les mots pour soutenir mon moral et me donner l’espoir de sortir de ce cauchemar. Son soutien m’était essentiel mais la vie a été cruelle avec elle qui accomplissait son métier d’enseignante avec passion.


Marie-Hélène est arrivée à l’école pour assurer à mi-temps, avec une collègue, la classe de C.E.2. Comme vous avez pu le lire, cette classe était contiguë à la mienne avec une porte de communication directe ne pouvant être fermée à clé. Marie-Hélène était amenée souvent à ouvrir cette porte pour me demander conseil ou, tout simplement, un renseignement. Son autre mi-temps était prévu dans une autre école. Après avoir habité dans le village de Sarras, elle a occupé un appartement de fonction de l’école. Sa vie était donc centrée sur l’école publique de Sarras. C’est pourquoi elle s’est impliquée naturellement dans les activités péri et extra-scolaires que nous organisions, que ce soit dans le cadre de l’USEP (sport scolaire) et de l’UFOLEP, à destination des jeunes et des adultes. Ainsi, elle a pris sa licence pour jouer au korfbal, participant aux entraînements et aux matchs. Elle a aussi été à mes côtés à l’école de korfbal du mercredi après-midi où, pendant deux heures, nous accueillions des enfants âgés de 8 à 14 ans pour leur permettre de pratiquer le seul sport d’équipe mixte.


Quand Marie-Hélène s’est mariée, cela a été l’occasion d’une petite fête très sympathique au cours du vin d’honneur qu’ils ont offert à tous leurs amis. Son mari travaillant sur des chantiers le plus souvent dans la région grenobloise, ils ont décidé de changer de département et, dès que Marie-Hélène a obtenu un poste en Isère, d’aller habiter près de Grenoble, laissant un vide important.


Lorsque son mari m’a annoncé son décès, je ne voulais pas le croire. Alors que je cherchais mes mots pour le consoler, c’est lui qui m’a redonné du courage pour me battre afin de faire reconnaître mon INNOCENCE, innocence dont Marie-Hélène n’a jamais douté.

 

Jean-Paul

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 06:28

Depuis l’ouverture de ce blog, de nombreuses personnes sont venues apporter leur témoignage sur cette affaire puisqu’elles avaient, soit travaillé avec Jean-Paul, soit été élève dans sa classe ou soit parce qu’elles ont un lien de parenté.


Aujourd’hui, nous avons décidé d’interviewer une personne qui n’a jamais rencontré Jean-Paul et qui a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions et nous l’en remercions vivement.

Bonjour,

- Tout d’abord connaissez-vous Jean-Paul Degache, un de ses amis ou un membre de sa famille ?

 

Non, je ne connais ni Jean Paul Degache ni aucune de ses connaissances, amis ou famille.

- Alors de quelle manière avez-vous été mise au courant de l’affaire ?


En regardant le reportage de M6 dans l'émission 66minutes.
1

- Quelle a été votre réaction suite au visionnage de ce reportage sur M6 ?

 

J'ai d'abord été bouleversée. Au fur et à mesure que la soirée avançait, cette histoire tournait dans ma tête. Je n'arrivais pas à penser à autre chose. J'étais triste et révoltée.

- Quels sont les moments qui vous ont fortement marqués durant ce reportage ?

Le moment où Jean Paul et sa femme préparent la valise au cas où il irait en prison et bien sûr, le moment du verdict et le malaise de Jean Paul.

- Qu’avez-vous décidé de faire suite à l’émission « 66 minutes » ?

 

J'ai d'abord tapé le nom de « Jean Paul Degache » sur Google. Moi qui suis beaucoup les informations, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire. J'ai eu le sentiment d'une histoire étouffée. J'ai ensuite trouvé son site de soutien et j'ai tout de suite voulu soutenir Jean Paul et sa famille. Je ne savais pas comment faire mais dans une telle tragédie, la simplicité est ce qui fait le plus de bien : écrire à Jean-Paul, dire à sa famille qu’on le sait innocent au plus profond de nous.

 

 - Quels sont les éléments qui ont pu vous mettre un doute quant à la décision rendue par la justice?

 

Le discours des femmes qui se disent victimes était tout d'abord confus. Je ne les ai pas trouvées convaincantes. Bien sûr, qui suis-je pour les juger ? Leurs accusations sont extrêmement graves mais leurs comportements, leurs gestes et paroles ne sont justement pas en accord avec la gravité de la situation. Et puis, surtout, quand on apprend que la scène des classes de Jean Paul qui a été refaite afin de prouver de manière criante que les accusations étaient fausses n'a pas été prise en compte2, on a envie d'hurler au scandale !  

Pour finir, une élève n'a pas été entendue car elle était dans la classe de Jean Paul au moment où un membre de sa famille était également élève. La jeune fille voulait dire qu'il était innocent et son avis n'a pas été pris en compte. Pour des accusations aussi graves, je trouve qu’il y a énormément de flou et un manque d’équité flagrant.


- Au final, quel message voudriez-vous faire passer à Jean-Paul Degache et ses proches ?

J'aimerais leur dire que nous sommes nombreux à les soutenir. Que, pour ma part, je ferai de mon mieux pour garder le contact avec Jean Paul, d'essayer de le divertir quelques instants avec mes lettres. A sa famille, qu'elle n'est pas seule. Restez soudés et je souhaite que nous soyons tous réunis à la sortie de Jean Paul car oui, il sortira. Cela ne réparera pas les années volées, mais savoir que l'on est aimé et soutenu est un bonheur immense. Je vous trouve tous extrêmement courageux. Je
repense à cette affaire lors des moments difficiles de ma vie. Je perçois mieux le bon côté des choses. Par sa force, Jean Paul nous donne du courage. Par notre force, nous lui donnons du courage. Le chanteur Renaud disait « L’innocent qu’on enchaîne sera toujours mon frère » !

 

1 : Le dimanche 28 mars, lors de la première diffusion du reportage, M6 a enregistré près de 3 millions de téléspectateurs ! 

2 : Mme le Président n’avait pas jugé nécessaire de visionner cette vidéo durant les débats. Elle fut utilisée par Maître Vesson lors de la plaidoirie. L’autre élément qui n’a pas été accepté est le bureau d’élèves de l’époque.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:50

Nous publions aujourd'hui la deuxième partie du témoignage de l'ancienne collègue de Jean-Paul.  Marie-Hélène nous livre des informations majeures quant à l'impossibilité des faits devant la classe et à côté des adultes.

 

Partie 1

 

Du point de vue d’une institutrice comment ça se passait à l’école de Sarras ? 

 

Au niveau des élèves, je peux dire que les enfants avaient peur d'une autre institutrice plus âgée et peut-être un peu plus stricte mais en aucun cas de Jean-Paul Degache ! Quant à moi, J’étais la plus jeune enseignante donc il y avait forcément quelques problèmes de discipline dans ma classe mais le contact avec les élèves était excellent.

 

Et je ne parle même pas des multiples situations où j’ai pu surprendre Jean-Paul ! J’étais jeune et j’avais donc pu être sensibilisée à ce type de situations, mais je n’ai jamais surpris aucune parole ni aucune réflexion.

 

Le fait que les élèves n'aient pas réagi, vous trouvez ça plausible ?


J’ai du mal à croire que des petites filles se laissent faire sans broncher. Par ailleurs, et ça rentre dans ce qu’on nous apprend à détecter, en tant qu’enseignant, si un enfant sait ce qui va lui arriver quand un adulte s’approche de lui, il fait en sorte d’éviter la situation, si un enfant avait voulu être tranquille, il se serait isolé et je l’aurais remarqué, or, jamais cela n’est arrivé.

 

Au cours de ma carrière, il m’est pourtant arrivé de repérer des cas litigieux et de les signaler, je parle, par exemple, de dessins pédophiles… c’est ce qui m’a permis d’acquérir une véritable expérience en la matière et de m’intéresser à ces sujets. Le plus souvent, les adultes qui pratiquent ce genre d’horreurs sont pulsionnels, or, Jean-Paul était toujours sous contrôle, ça ne correspond absolument pas à quelqu’un de pulsionnel.

 

On a dit qu’il mettait des enfants sur ses genoux, vous l’avez remarqué ?

 

Concernant le fait qu’il aurait pu mettre des enfants sur ses genoux, j’avoue qu’en primaire ça m’aurait choqué, ça serait choquant… Autrement dit, pour moi, ça n’a pu se passer qu’à des moments rarissimes et très spécifiques. Mais vous savez, cette école de Sarras était très familiale, je dirais même trop familiale, c’était un cocon où les élèves étaient bien, peut-être un peu trop au moment d’aller au collège.

 

Et au korfbal, ça se passait comment ? On dit qu'il entrait dans les vestiaires...

 

Au korfbal, oui, il était plus paternel : il prenait parfois les enfants par les épaules, il avait un comportement plus tactile, plus méridional, j’ai envie de dire… Pour ce qui est des éventuelles entrées dans les vestiaires, je ne m’en souviens pas spécialement…

 

Dans cette affaire, qu'est-ce qui vous a le plus surpris ?

 

Ce qui m’étonne le plus dans cette affaire, ce sont les parents ! Pourquoi ne s’étonne-t-on pas qu’ils n’aient rien vu ? De même, chez les enfants, on n’assiste à aucun rejet scolaire, aucun changement, pas de chutes de résultats… c’est incompréhensible !

 

Et quand je vois qu’au procès, on dit que les enfants n’ont rien vu et ne se rendaient pas compte… mais je rêve ! Il y a une espèce d’angélisme quand un adulte évoque l’enfance : les enfants savent très bien ce qui est bien ou pas… plusieurs classes entières n’auraient pas pu se taire autant de fois…

 

N’oublions pas qu’en psychiatrie, les faux souvenirs, ça existe… c’est commode d’habiller quelqu’un d’autre avec ça.

 

Vous-même, aviez-vous des contacts physiques avec les enfants à l'époque ?

 

A l’époque, des gestes comme prendre dans mes bras un enfant, toucher les épaules ou autres contacts physiques du genre, c’est plutôt rassurant pour l’enfant… donc oui !

 

 

Partie 3

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 08:27

Hier samedi, nous avons vu Jean-Paul pendant 1h15. Il nous a appris que sa cellule était enfin chauffée !!! Nous lui avons fait passer quelques livres envoyés généreusement par des internautes que nous remercions. Quant au courrier, il a reçu jusqu'à présent 871 lettres. Nous ne pouvons que vous conseiller de garder le contact avec lui. D'ailleurs, nous vous rappelons que dans 12 jours, le jeudi 26 novembre, il faudra poster sa lettre dans le cadre de l'opération 300 jours - 300 courriers !

A présent, voici les deux derniers articles que Jean-Paul avait écrits pour le journal du 5 novembre, traitant de la crise économique en Europe.


 

 

Islandais en colère (5/11/2010)

 

Dans cette île nordique qui a défrayé la chronique avec son fameux volcan, la population a vu son niveau de vie baisser de 15,5% en 2009. Certaines manifestations ont même dégénéré avec aspersion de peinture sur le Parlement, vitres brisées avec des balles de golf et caillassage des voitures de ministres. Pour un peuple habituellement calme et policé, cela est très inquiétant.

Ce naufrage en cours remonte à deux ans en arrière avec l’effondrement de nombreuses entreprises. Depuis, beaucoup de ménages sont restés insolvables et l’Etat a annoncé qu’il n’y aurait pas de moratoire pour leurs dettes. Pour l’instant, ces manifestations mises à part, la détresse n’est pas visible mais chaque mercredi, c’est jour de distribution des colis alimentaires… De nombreux Islandais ne peuvent plus régler leurs factures et Madame le premier ministre, Johanna Sigurdardottir, a bien du mal à convaincre la population que c’est pour le bien du pays que les dettes des entreprises ont été effacées alors que celles des particuliers sont maintenues.

 

 

 

Atterrés anticrise (5/11/2010)

 

Quand 1139 universitaires, chercheurs, professeurs se retrouvent pour débattre des mesures alternatives aux politiques libérales menées en Europe, on peut se dire que tout n’est pas perdu. Tous, ils ont signé le Manifeste des économistes atterrés qui critique 10 postulats économiques, 10 fausses évidences, et propose 22 contre-propositions.

Philippe Askenazy (CNRS) explique que tout a commencé pendant la crise grecque : « Nous étions atterrés de voir la faible réaction de l’Europe. Atterrés de voir que l’Europe ne semble pas mesurer le risque social et le risque démocratique qui découle de ses choix de politiques libérales ». Contre la dictature des marchés qui gardent la clé du financement des Etats, ils dénoncent cette logique libérale présentée comme légitime. Pour eux, il n’est pas question d’imposer une pensée unique mais avant tout de débattre. James Galbraith, économiste américain souligne que « cette crise est la conséquence d’une coalition de puissants lobbys industriels et financiers qui sont parvenus à transformer des Etats en république-entreprise ».

Pour réduire la toute puissance des marchés financiers, première des 10 fausses évidences, le Manifeste propose de cloisonner ces marchés et les activités des banques, de réduire la liquidité de la spéculation en contrôlant les mouvements de capitaux, de limiter les transactions financières pour répondre à l’économie réelle et enfin de sabrer dans les rémunérations des traders.

Autre fausse évidence, un Etat ne se gère pas comme le ferait un père de famille. Il est suicidaire de couper les dépenses publiques car la réduction des déficits plombe l’activité et alourdit la dette. Le Manifeste propose de maintenir le niveau des protections sociales, même de les améliorer, d’accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche et d’investissement vers une reconversion écologique sérieuse. L’objectif est d’arriver à une croissance soutenable et de réduire le chômage.

Pour que l’euro puisse réellement protéger les citoyens, les Atterrés veulent une véritable coordination des politiques économiques au sein de la zone euro et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens. Il faudrait plancher sur la création d’une « Banque de règlements » capable de financer les prêts entre pays européens.

Il faudrait que tous nos responsables politiques, de droite comme de gauche, tiennent compte des contre-propositions avant qu’il ne soit trop tard.

 

Jean-Paul

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 08:30

De nouveau, nous vous présentons les articles écrits par Jean-Paul, le premier pour la rubrique européenne du journal et le second sur le ressenti des élèves français. Bonne lecture.

 

Boues rouges : une catastrophe pour la Hongrie (5/11/2010)

 

La catastrophe qui s’est produite le 4 octobre dernier en Hongrie, ne doit pas nous laisser indifférents. La marée de boue rouge toxique qui s’est échappée d’un réservoir de l’usine Magyar Alluminium (MAL), situé à 165 kilomètres au sud-est de Budapest, a détruit l’écosystème de plusieurs rivières et a même atteint le Danube.

Ce raz de marée de 1 million de mètres cube contenant de la soude, de l’alumine, du plomb, du cadmium et d’autres éléments radioactifs s’est étalé sur 40 km2, a tué 4 personnes dont une fillette de 4 mois, fait trois disparus et blessé 150 personnes. Cette boue provoque de graves lésions et brûlures de la peau et des irritations aux yeux. Elle va rendre stériles les sols recouverts. Il faudra enlever la couche de terre polluée et la remplacer pour permettre de nouvelles cultures éventuelles. Kolantar, un village de 800 habitants a du être évacué en une heure. « Heureusement, les réserves d’eau potable, situées beaucoup plus profondément, n’ont pas été affectées », a déclaré Sandor Pinter, ministre hongrois de l’intérieur. Pour combien de temps ? D’autres digues menacent de lâcher. Une gigantesque piscine contenant près de 80 millions de tonnes de glaise recouvrant la surface de vingt terrains de football constitue une nouvelle menace. Il faudrait mener de gigantesques travaux pour réparer les fissures dans les digues. Ni l’Etat, ni l’entreprise n’ont les moyens de financer un tel chantier.

Aucune solution ne peut rassurer la population qui a tout perdu dans cette catastrophe. S’il pleut, cela va diluer la boue et étendre encore plus la pollution. S’il fait sec, le vent soulève la poussière. Le port de masque et de lunettes de protections est devenu obligatoire dans la région dévastée par l’inondation.

La production d’une tonne d’aluminium crée près de trois tonnes de boue rouge et le problème de stockage se révèle ainsi au grand jour. La tentation est grande d’économiser sur la gestion de ces déchets extraordinairement importants et de négliger leur suivi.

Cela fait plusieurs années que les associations écologistes alertent le gouvernement hongrois sur les risques de ce stockage de boues rouges mais elles n’avaient pas été prises au sérieux jusque-là. Magyar Aluminium savait donc qu’il y avait trop de boues dans ses réservoirs entraînant une trop forte pression sur les digues. Recherche de productivité, volonté de diminuer les coûts d’exploitation, course vers toujours plus de profits… pour quelques bénéfices engrangés, le coût du désastre se révèle immense et même irréparable.

 

 

Mal être à l’école, faut-il croire aux sondages (5/11/2010)

 

 La nouvelle année scolaire est déjà bien entamée. Lorsqu’octobre arrive, la douceur des vacances d’été semble bien loin… Pourtant, une enquête récemment publiée par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville), vient nous alarmer sur l’Etat moral et mental des écoliers et des collégiens.

Avant de détailler les résultats de cette enquête, il est important de préciser qu’elle a été effectuée d’avril à juin 2010 auprès de 760 enfants (192 de primaire et 568 collégiens). Sans remettre en cause le sérieux de l’AFEV, il faut tout de même relativiser des conclusions portant sur si peu d’enfants.

Cette association, qui veut lutter contre l’échec scolaire, annonce que plus de 73% des enfants « aiment peu, voire pas du tout aller à l’école ou au collège ». Près du quart d’entre eux disent s’y ennuyer mais plus de la moitié reconnaît avoir été victime de violences, ce qui est grave. Sentiment d’échec scolaire, manque de confiance en soi, cela a des conséquences sur la santé et l’état général des enfants. C’est surtout au collège que l’on parle de « lieu de souffrance ».

Inquiétant pour notre pays, la comparaison des résultats scolaires des élèves de 15 ans dans 27 pays européens classe la France en 22ème position pour la qualité de vie à l’école. Peter Gumber, ex-journaliste, maintenant professeur à Sciences-Po Paris, critique une école qui humilie et casse ses élèves avec des remarques et des notes blessantes. Chaque enseignant devrait d’abord mettre l’accent sur les progrès de chaque élève, montrer tout l’intérêt qu’il lui porte et comprendre les difficultés qu’il rencontre. Chaque année, 120 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme et chaque élève en difficulté stresse parce qu’il a peur d’être du nombre. Malgré tout, ils sont plus de 57% à avoir une opinion positive de leurs enseignants. Si ce pourcentage est encourageant, il semble notoirement insuffisant.

 

Jean-Paul  

 

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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