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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 08:44

Après être revenu sur le premier procès, Jean-Paul se remémore, aujourd'hui,  les terribles heures qui ont suivi le verdict de septembre 2007 en Ardèche. 

 

Vincent, Simon et Arnaud hurlent : « tiens bon ! On ne lâchera pas ! »

 

Ça y est, je suis sorti de cette salle et un policier me présente les menottes. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais eu de menottes et je n’ai jamais été incarcéré, gardes à vue mises à part. Je me souviens avoir dit au policier : « ne craignez rien, je ne vais pas m’échapper… » Très ennuyé, il m’a répondu « je ne peux pas faire autrement, c’est la règle, mais je ne vais pas les serrer… »

 

Ils me placent à nouveau dans la même pièce où j’étais tout à l’heure avec Ghislaine1, l’espoir au cœur. C’est dur, c’est très dur. Depuis un moment, je ne peux plus retenir mes larmes. Mes deux avocats arrivent alors et s’assoient de chaque côté de moi pour essayer de me calmer. Nous décidons aussitôt de faire appel mais je sais que cette soirée, il est près de minuit, va se terminer en prison et je suis mort d’inquiétude.

 

Plusieurs fois, on vient les chercher pour l’audience civile où l’on fixe les fameuses indemnités… puisque l’on m’a déclaré coupable de choses que je n’ai pas commises… Ils refusent d’y aller et finissent par dire : « qu’elle fasse comme elle veut, on s’en fout… »

 

C’est long, mais tant que je suis là, je suis en sécurité. Dire qu’à quelques mètres de moi, ils sont tous là : Ghislaine, Vincent, Simon, ma mère, mes frères et sœurs, toute la famille, Arnaud, Jacqueline et la formidable équipe du Comité de soutien…

 

Que se passe-t-il ? Que font-ils ? J’ai mal pour eux, surtout pour ma pauvre Ghislaine et pour mes deux garçons à qui on impose tant de souffrances. Comment est-ce possible ? Ce n’est pas vrai ! Je ne peux pas y croire…

 

Les policiers qui passaient et repassaient devant la porte entrent dans la pièce et l’un d’eux annonce qu’il faut y aller. Je dis au revoir à mes avocats qui promettent de venir me voir… en prison !!!

 

Jean-Paul


 1 : Entre la fin des plaidoiries et le verdict, l'accusé est enfermé dans une salle, seul, même s'il a comparu libre. Lors des deux procès, Mesdames les Présidentes ont autorisé Ghislaine à l'accompagner.

 

Partie 2

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 09:07

Régulièrement, sur ce blog, Jean-Paul Degache nous transmet des textes. Sur sa détention, sur sa vie d’avant, sur l’affaire, sur les procès ou sur toute autre chose.

 

Ecrire lui fait du bien, il nous le dit régulièrement, et lui rappelle ses années de journalisme dans plusieurs journaux locaux et dans des publications spécialisées.

 

Il est conscient que de nombreux lecteurs parmi les milliers de visiteurs de ce blog ne le connaissent pas, ne l’ont jamais rencontré, et ne sont au courant de l’affaire qu’à travers un reportage télévisé, quelques articles de presse et la lecture de ce blog.

 

Nous sommes convaincus que pour que sa réhabilitation morale, à défaut d’une réhabilitation judiciaire en laquelle nous n’avons hélas que peu d’espoirs, soit complète, Jean-Paul doit pouvoir s’expliquer face à ceux qui le lisent et s’interrogent sur l’affaire Degache.

 

C’est pour cela qu’il nous a proposé de répondre à toutes les questions que vous pourrez lui poser, sur tous les aspects de l’affaire, mais aussi sur sa vie en détention, sur les difficultés qu’il rencontre au quotidien, sur la façon dont il enseignait ou sur tout autre sujet.

 

Il est bien sûr disposé à répondre aux questions de tous, et pas seulement de ceux qui le soutiennent. Nous sommes bien conscients que si un jury d’assises l’a condamné à deux reprises, c’est que des gens peuvent aussi être convaincus de sa culpabilité. Là aussi, nous lui transmettrons vos questions, qui que vous soyez.

 

Régulièrement, nous publierons les réponses rédigées par Jean-Paul en espérant que chacun puisse se rendre compte que la vérité judiciaire ne coïncide pas forcément avec la vérité des faits…

 

Vous pouvez donc nous faire passer les questions soit en nous laissant un commentaire sur cet article, soit en nous écrivant à soutien.jean-paul.degache@voila.fr. Evidemment nous ne divulguerons pas vos identités si vous ne souhaitez pas qu’elles soient publiées ou que Jean-Paul en ait connaissance.

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 07:43

Ce presque quadragénaire était en classe avec plusieurs des témoins qui ont décrit des viols hebdomadaires devant tous les élèves. Comme tous les autres témoins que nous pouvons interroger, il estime que ces faits n'ont tout simplement pas pu se dérouler plusieurs fois par semaine en sa présence. Il n'habite plus et ne travaille plus à Sarras, nous ne donnerons toutefois pas son identité.

Entretien réalisé le 7 octobre 2007

 

Bonjour et merci de t’être déplacé pour me parler. D’abord, quand étais-tu en classe avec Jean-Paul Degache ?

 

Bonjour, j’étais en classe en 1978-1980 avec Jean-Paul Degache, et je t’avoue que j’ai été très surpris par cette affaire quand elle a éclaté il y a quelques années.

 

Je rappelle l’affaire : plusieurs des filles qui étaient avec toi en classe affirment avoir été violées alors qu’elles se trouvaient au bureau de Jean-Paul Degache devant toute la classe, elles affirment que cela arrivait toutes les semaines, pendant deux ans, tu étais dans cette classe, as-tu vu quelque chose ?

 

Justement, je n’ai jamais rien vu, c’est impossible qu’il ait pu faire ça en ma présence, tu sais, j’étais un garçon pas spécialement précoce, donc un rien pouvait me choquer, et des choses comme ça, si j’y avais assisté, crois-moi que j’en aurais tout de suite parlé ! En CM1, j’étais assis près de la porte d'entrée de la classe, ce qui me donnait un bon angle de vue sur le siège de l'instituteur et l'arrière de son bureau. Je n'ai jamais rien vu.

 

Comment était Jean-Paul avec ses élèves, on m’a parlé de gestes d’affection…

 

Oui, c’est sûr, il était, je dirais, paternaliste, je crois que c’est le mot, mais il n’a jamais eu de gestes déplacés, que ce soit sur moi ou sur d’autres, il n’a jamais commis quoi que ce soit de répréhensible ou de pervers ! C’est sûr qu’il nous touchait parfois, mais c’était plus de l’ordre de la tape affectueuse sur l’épaule, franchement, je suis effaré par tout ce qui a été décrit pendant le procès, surtout que je suis sensé y avoir assisté…Vu mon placement latéral, le bureau ne cachait aucun des gestes de Jean-Paul quand il était assis à ce dernier et je le répète, je n'ai rien vu.

 

On dit qu’il prenait les enfants sur ses genoux, qu’il leur caressait les fesses…

 

Honnêtement, ça fait longtemps, je n’ai pas trop de souvenirs, mais je suis certain qu’il ne m’a jamais pris sur ses genoux, ni caressé les fesses, et franchement je ne me souviens absolument pas qu’il ait fait de tels gestes sur d’autres élèves.

 

Est-ce qu'il y avait des réflexions sur l’attitude de l’instituteur ? Vous en parliez entre vous ?

 

Non, pas du tout, en fait il y avait un peu un côté garçon et un côté fille, un peu comme dans toutes les classes, mais on parlait quand même entre nous, et je n’ai jamais rien entendu. Tu imagines que j’en aurais parlé tout de suite. Mon seul souvenir du jour où il a pu toucher un élève, c’était [un témoin à charge] qui s’était fait piquer par une araignée (en classe verte à Salavas) et il l’avait emmenée chez le médecin, mais ça s’arrête là…

 

As- tu revu certains de tes camarades de l'époque ?

 

En fait, je n’ai recroisé que très peu d’anciens élèves après mes années d'école primaire car je ne suis pas allé au même collège qu’eux, j’étais à Tournon et ils sont plutôt allés à Saint Vallier. Je n'ai de contact qu'avec ceux qui sont toujours mes amis à l'heure actuelle.

 

Et toi, quelle est ton opinion sur l’attitude de Jean-Paul Degache ? Le fait qu’il soit paternaliste comme tu dis…

 

Moi, je trouvais ça très bien, en fait avant on sortait de classes avec des instituteurs beaucoup plus stricts, c’était beaucoup moins facile, on était plutôt content qu’un enseignant soit plus proche de nous.

 

As-tu eu d'autres contacts avec Jean-Paul après ta scolarité en primaire?

 

Oui, j’ai fait du korfbal, j’étais très impliqué là dedans puisque je faisais les entraînements de l'équipe adulte, et quand mon emploi du temps me le permettait, j'allais aider Jean-Paul pour l'entrainement des jeunes de l'école de korf le mercredi après midi.
 

Je me souviens que lors du procès, on a parlé d’intrusions de Jean-Paul Degache dans les vestiaires, franchement, je n’ai jamais vu ça, et ça ne s’est tout simplement jamais produit, j’étais bien placé pour le savoir… tout comme je suis bien placé pour te dire que je n’ai jamais vu un jeune prendre une douche après un entrainement de korf !

 

Tu as été interrogé dans le cadre de l’enquête ?

 

Oui,... et non. 

J'avais fait une demande d'audition auprès du Juge d'Instruction en mai 2002. Par retour de courrier il m'a fait savoir qu'il ne souhaitait pas m'entendre.

Plus aucune nouvelle jusqu'en septembre 2003, où la Gendarmerie d'Andance m'a contacté pour faire une déposition dans leurs services. Une déposition est un exposé de faits alors qu'une audition est un jeu de questions/réponses avec un professionnel au fait du dossier. De ce fait, il y a de nombreux détails dont je n'ai pas parlé devant les gendarmes, notamment concernant le korfbal.

J’ai vraiment l’impression que seules les plaignantes ont été interrogées par le Juge alors que je n'ai vu qu'un gendarme… je ne suis d’ailleurs pas le seul dans ce cas dans les témoins à décharge de Jean-Paul.

 

Quel est ton avis sur cette affaire ?

 

Franchement, je ne vois pas comment ce genre de choses pouvaient se faire en public sans que personne ne les voie, tu sais, j’étais réservé, timide, ça m’aurait carrément choqué, de tels gestes.

Tu te rappelles le film « être et avoir » ? Et bien Jean-Paul, pour moi, c’est l’instituteur de ce documentaire, et pourtant l’instituteur du documentaire n’a pas été accusé de pédophilie. On voit bien dans le film qu’il prend les élèves sur ses genoux, qu’il les console… ces gestes ont ému la France entière, et là, Jean-Paul est en prison pour la même chose… 

J'ai travaillé 10 ans comme infirmier en réanimation. Aujourd'hui je suis infirmier anesthésiste. Dans le cadre de mon travail, je touche tous les jours des personnes adultes et enfants. Le toucher est un moyen de communication très important, surtout pour toute personne qui ne peut plus parler (coma, intubé,....). Le toucher rassure et relève de l'humain et non de la perversité. S'il est admis, que dans le milieu médical on peut prendre un enfant dans les bras ou caresser le dos ou les épaules d'un adulte en souffrance, pourquoi un instituteur ne peut pas le faire dans la même situation ?

Vais-je me retrouver, moi aussi, un jour devant une Cour d'Assise au côté de mes collègues para-médicaux et médicaux ? 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:33

Dès mars 1997, une des premières choses que Jean-Paul a entendu, a été : « Pourquoi ne partez-vous pas de ce village ? » Voici sa réponse :

 

            Invariablement, je répondais que je ne voulais pas le quitter car j’étais INNOCENT et qu’un départ serait un aveu de culpabilité.


            La première solution qui s’offrait à moi, solution conseillée par l’Inspectrice de l’Education Nationale, aurait été de demander un poste proche ou éloigné de Sarras. Ceci était tout à fait possible parce qu’avec mon ancienneté, j’aurais trouvé sans problème une direction d’école dans une ville voisine avec des conditions de travail qui n’auraient pas eu de mal à être meilleures.

 

            Il ne faut jamais perdre à l’esprit que je n’ai jamais contesté mon attitude paternaliste avec mes élèves. A l’instant même où j’ai compris que cela pouvait créer le moindre problème, j’ai aussitôt cessé tout contact amical, tout geste d’encouragement puisque cela pouvait être mal interprété. C’est pourquoi la réunion des parents de mes élèves du CM1 1996-97 était essentielle pour moi. Je voulais les informer et avoir leurs avis. Comme ils ne m’ont rien reproché et qu’ils ont TOUS laissé leur enfant dans ma classe, les inscrivant même au CM2 pour l’année suivante, je n’avais aucune raison objective de me défiler.


            La seconde solution qui aurait pu être envisagée plutôt en 2002, aurait été de déménager et de quitter la région. Pourquoi l’aurions-nous fait ? Cela aurait été aussi une fuite alors que, fort de mon INNOCENCE, je voulais affronter l’adversité, persuadé que la Vérité l’emporterait rapidement, ce qui ne fut pas le cas hélas.


            Enfin, il faut dire que Sarras est le village où j’ai grandi, à partir de l’âge de 7 ans. J’ai joué dans les rues de ce village, j’y ai été écolier et mon plus grand bonheur était d’y revenir lors des vacances scolaires pendant les années où j’étais en internat ou lorsque j’étais suppléant. Fortement impliqué dans la vie locale à partir de 1970, Conseiller municipal de 1989 à 2001 (deux mandats), militant associatif d’abord à Sarras Sports Cyclisme puis au sein de l’Amicale Laïque, correspondant de presse pour le Dauphiné libéré et le Réveil pendant plus de trente années, je vivais au rythme de cette commune et je ne voyais pas pourquoi je devrais la quitter alors que je pouvais toujours regarder chacun de ses habitants droit dans les yeux.

 

Jean-Paul

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 08:42

Ce lundi, nous avons décidé de publier le tableau réalisé par Bernard Devenasse intitulé "Innocence captive". L'auteur, qui a peint cette oeuvre dans le trouble profond qui l'a affecté suite à la condamnation de Jean-Paul, la lui dédicace. Il l'accompagne d'un texte : "le temps des comment".  Merci du fond du coeur.

 

innocence-captive.jpg

 

Le temps des « comment »

 

Quand linnocence est captive,

après le temps des « pourquoi » sans réponse plausible

vient le temps des « comment »

 

Comment se résigner à linacceptable sentence infligée pour une faute jamais commise ?

Comment ne pas sombrer quand ces heures, ces jours, ces nuits,

vous échappent inexorablement,

vous échappent à jamais,

quand les bonheurs simples de la vie familiale vous sont volés 

quand des heures de vie d'homme libre sont à jamais perdues?

Comment trouver la force de lutter, de combattre encore et toujours,

heure après heure, jour après jour, 

Comment faire face,

Comment s'organiser des repères pour aller à demain

dans l'impuissance à faire reconnaître la vérité ?

Ces « Comment » sont le sinistre quotidien  de Jean Paul et de sa famille.

 

Pour nous, ses amis,

pour vous qui vous refusez à hurler avec les loups

 

Comment croire encore que le mot « justice » conserve un contenu, un sens, une valeur,

quand tant de coupables avérés se pavanent en liberté au mépris de la morale même,

quand certains semblent intouchables,

quand la tragédie d’ Outreau ne semble pas avoir servi à remuer les consciences, à briser la dictature de l’'émotion,

quand cette même justice attend deux années pour libérer Loïc Seicher et lui impose un nouveau procès alors que les charges qui ont conduit à sa condamnation sont reconnues dénuées de fondements ?

 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 14:06

Aujourd'hui, nous vous proposons deux articles que Jean-Paul a produits cette semaine : le premier  fait un point sur la situation économique et sociale irlandaise alors que le second traite des diificultés dans le domaine de la chasse.  Bonne lecture. 

 

L'Irlande en crise (22/10/2010)

 

            L'Irlande, citée en exemple pour sa réussite, il y a peu de temps encore, plonge à son tour dans la crise. La situation est sérieuse puisque, pour sauver ses banques en faillite, l'Etat irlandais vient d'annoncer qu'il allait leur verser la bagatelle de 45 milliards d'euros.

Le gouvernement irlandais, afin de suivre les directives européennes, va essayer de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut, en 2014. Or, le renflouement annoncé portera la dette à 32%...

Les gouffres financiers creusés donnent le vertige. La banque Anglo Irish, spécialisée dans l'immobilier, pourrait recevoir jusqu'à 34 milliards d'euros. En 2006, cette banque se disait "l'une des banques les plus performantes du monde" mais, fin 2008, son président a dû démissionner après avoir emprunté, pour lui, la petite somme de 87 milliards d'euros. Une autre banque réclame seulement 3 milliards d'euros avant la fin de l'année. Une autre, encore, 2 milliards d'euros...

Même si la pression fiscale est moindre en Irlande qu'en France, les Irlandais en arrivent à leur quatrième budget d'austérité en deux ans... après dix années d'une croissance effrénée. On entendait même parler du miracle irlandais et on enviait ce sympathique pays qui jouait à fond le jeu de la bulle spéculative immobilière. Pendant ces années, de 1996 à 2007, on a beaucoup construit en Irlande. Ainsi le prix moyen d'une maison a grimpé de 75 000 euros, en 1995, à 390 000 euros, en 2006. Il faut dire qu'en quinze ans, la population est passée de 3,6 à 4,5 millions d'habitants. Le drame, c'est que le pays compte aujourd'hui 620 lotissements fantômes, avec un minimum de dix maisons dont la moitié est inhabitée ou en construction. Les gens vivent dans des habitations en chantier ou qui ont perdu la moitié de leur valuer. Certaines rues ne sont pas terminées. Faudra-t-il détruire ou attendre des jours meilleurs ?

Côté emploi, ce n'est pas mieux. Le chômage est passé de 4,4¨% dans les bonnes années, à près de 14% aujourd'hui. Pour l'instant, l'Irlande ne suit pas l'exemple grec puisqu'elle dit ne pas vouloir faire appel au Fonds européen de sauvegarde. Le gouvernement disposerait de liquidités... mais il risque de payer le prix de sa politique.

Enfin, le plus important concerne la population qui doit payer l'imprévoyance, pour ne pas dire plus, de ses dirigeants. Quand la période est faste, les banques se gorgent de bénéfices mais lorsque le vent tourne, c'est à l'Etat de se transformer en sauveur et l'austériité est toujours pour les plus humbles.

 

Va-t-on manquer de chasseurs ? (22/10/2010)

 

            A l'approche de l'automne, l'ouverture de la chasse est décidée au rythme des décrets préfectoraux. En principe, les autorités doivent tenir compte du milieu naturel mais les fédérations de chasseurs font toujours pression pour démarrer les saisons au plus tôt.

Depuis 2002, les avancées obtenues par les écologistes pendant que Dominique Voynet était ministre, sont rognées. Parti politique ayant obtenu quelques succès locaux, Chasse, Pêche, Nature et Tradition (CPNT) s'allie régulièrement avec la majorité au pouvoir et le "Groupe chasse" de l'Assemblée Nationale recrute aussi bien à gauche qu'à droite.

Même si l'âge moyen des chasseurs augmente régulièrement, le poids économique de la chasse est important puisqu'elle génère 2,3 milliards d'euros chaque année. Il faut savoir que la moitié environ de cette somme va au remboursement des dégâts causés à l'agriculture par le grand gibier. La chasse maintient 23 000 emplois directs plus des dizaines de milliers d'emplois induits comme l'élevage de gibier, la restauration, l'hôtellerie, la vente de fusils, de cartouches et de vêtements.

Tout devrait aller pour le mieux dans le monde de la chasse mais il n'en est rien et son évolution ne manque pas d'inquiéter. Depuis 1990, le nombre de chasseurs diminue régulièrement. Aujourd'hui, ils ne sont guère plus d'un million en France. Dans les régions méridionales ravagées par les incendies de l'été, beaucoup de chasseurs ne reprennent pas leur permis puisque le gibier a fui ou a péri dans les flammes. Même si l'on peut chasser maintenant dès 16 ans, la fédération peine à recruter des jeunes. La plupart du temps, la moyenne d'âge des membres des associations tourne autour de 70 ans.

Autre sujet d'inquiétude, de plus en plus de chasseurs afin d'éviter la prolifération de certaines espèces comme le sanglier qu'aucun prédateur naturel ne peut réguler, si ce n'est un homme armé d'un fusil. D'autres espèces aussi commencent à pulluler et dévorent plantes et arbustes. Nous avons donc besoin de chasseurs mais de bons chasseurs connaissant bien le milieu naturel, des chasseurs sachant chasser, quoi ! De nos jours, cette espèce devient de plus en plus rare parce que les chasseurs issus des milieux populaires sont remplacés par des bobos... Nous en arriverions presque à regretter Raboliot, le fameux héros de Maurice Genevoix, brave braconnier d'autrefois qui savait prendre au collet un lapin ou un lièvre ou encore aménager un piège rudimentaire pour capturer un chevreuil. Il savait au moins observer la nature et n'avait aucun point commun avec ces gens armés d'un fusil et qui tirent sur des faisans d'élevage dans des chasses privées...

 

Jean-Paul

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 07:42

INSUPPORTABLE ! Chronique d'un licenciement bien mérité

de Didier Porte publié chez FIRST éditions, 2010.

 

            9782754022552FS.gif« Pour t'aider à supporter I'INSUPPORTABLE »  a noté Ghislaine sur la première page de ce livre que j'attendais avec impatience depuis I'annonce de sa sortie, au cours du mois de septembre. Fidèle auditeur de France Inter, j'apprécie depuis longtemps les nombreux humoristes qui se révèlent ou se font connaître grâce à cette importante radio du service public. Parmi eux, Didier Porte est un fidèle puisque cela fait longtemps qu'il sévit après avoir commencé avec Laurent Ruquier, à l'époque fameuse de « Rien à cirer ! ». Si Ghislaine appréciait davantage Stéphane Guillon, j'étais un fan de Didier Porte et de son humour décapant, sans langue de bois. Et bien, ils ont été licenciés tous les deux en même temps ! Vive la liberté d'expression !

 

L'annonce de son licenciement par Philippe Val, l'actuel directeur de France Inter et ex-rédacteur enchef de Charlie-Hebdo..., suivant un ordre venu d'en haut, m'a beaucoup touché. A cause de I'issue malheureuse du procès de Nîmes, je n'ai pas pu suivre le détail de ses dernières chroniques, de la mi-mars à la fin du mois de juin. Seuls, les échos parus dans la presse et les rares infos données à la télévision ont permis de m'informer. Avant, je ne ratais aucune des interventions de Didier Porte, que ce soit le jeudi matin après que Stéphane Guillon ait assuré les trois premiers jours de la semaine, ou chaque jour, à midi cinq, dans l'émission de Stéphane Bern : « Le Fou du Roi ». La possibilité récente de voir, sur internet, I'artiste dire sa chronique devant une caméra permettait de revoir les meilleures ou, tout simplement, de profiter de ce que je n'avais pas pu écouter à la radio.

 

Dans son livre, l'humoriste retrace le détail des opérations et des manœuvres qui ont abouti à son exclusion. C'est vraiment édifiant de lire tout cela car c'est très éclairant sur les liens existant entre les médias et les hommes de pouvoir. Didier Porte n'avait pas son pareil pour dénoncer les pratiques scandaleuses du monde politique et médiatique, pratiques que I'on nous fait passer comme normales. S'il lui arrivait d'employer des mots crus, la véritable grossièreté se trouve chez ceux qui font semblant de s'offusquer afin que I'on cesse de les bousculer en dénonçant leurs privilèges et leurs magouilles. Celui qui avait déjà été renvoyé de France lnter en 1996 à la demande de Jacques Santamaria, directeur des programmes à l'époque, démontre dans son livre la duplicité et la couardise des trois journalistes de la matinale d'Inter (Nicolas Demorand, Thomas Legrand et Bernard Guetta) qui n'ont pas hésité à le saborder lors de leur passage dans le Grand Journal de Canal + alors que, le matin-même, ils lui exprimaient toute leur solidarité. Anecdote intéressante à connaître, au cours de l'été, N. Demorand, quittait Inter pour Europe 1...

 

Dans INSUPPORTABLE ! Chronique d'un licenciement bien mérité, Didier Porte nous fait profiter de bon nombre de ses textes. C'est I'occasion de constater que ces chroniques demandaient un vrai travail d'écriture. Même s'il manque le son de sa voix si caractéristique, c'est un vrai régal de le lire.

 

Enfin, il faut savoir que Didier Porte se produit sur scène. Si vous avez la chance d'apprendre qu'il passe près de chez vous, allez Ie voir et l'écouter... en pensant à moi qui aimerait tant pouvoir le faire.

Pour finir, je citerai une phrase de Raoul Vaneigem, auteur de la post-face du livre : « Il n'y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d'expression, il n'en existe qu'un usage insuffisant. »

 

Jean-Paul

Merci à Ghislaine pour m'avoir permis de lire ce livre aussitôt après sa sortie en librairie.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 05:26

Que n’a-t-on reproché à Jean-Paul son manque de pugnacité, le fait qu’il ne réponde pas directement aux accusatrices ou aux témoins durant son procès !

En fait, il faut, avant de porter un jugement sur le comportement de Jean-Paul Degache à Privas puis à Nîmes, se rappeler les règles élémentaires d’un procès en assises.

D’abord, sa composition :

 

3 juges professionnels :

Un président (président de chambre ou conseiller à la cour d’appel).

Deux assesseurs (conseillers à la cour d’appel ou magistrats du tribunal de grande instance du département de la tenue des assises).

 

Un jury :

9 citoyens jurés tirés au sort. Ils sont au nombre de 12 en appel.

 

Un avocat général, magistrat du parquet (ministère public) qui représente la société et demande l’application de la loi. Il est situé à gauche en regardant les jurés, et se tient normalement devant les avocats des partis civiles

 

Un greffier, fonctionnaire chargé des tâches administratives et de retranscrire les débats.

 

L’avocat des parties civiles : depuis qu’il est possible de se constituer partie civile en cours d’assises, ces dernières peuvent être représentées par des avocats, qui se situent devant elles, à gauche en regardant les jurés.

 

L’avocat de la défense : l’accusé se situe à droite des jurés, et est assisté d’un ou plusieurs avocats qui se situent devant lui.

 

Il y a ce que l’on appelle la « barre » où les différents témoins et experts sont appelés à comparaître. Elle est située devant les jurés, entre la défense et les parties civiles.

 

Le déroulement de la procédure

La procédure est orale (articles 232 et suivants du Code de procédure pénale). Le jury et les assesseurs ne peuvent s’appuyer que sur les propos tenus au cours de l’audience pour se forger une opinion, mais le président a connaissance du dossier.

 

Elle peut être très longue, particulièrement lorsque, comme à Privas et à Nîmes, il y a des dizaines de témoins. A Nîmes, lors des plaidoiries finales après 5 jours de débats incessants, certains jurés somnolaient. Il apparaît donc particulièrement difficile de se faire une idée réelle de la culpabilité de la personne jugée lors de telles affaires.

 

Ce principe de jury populaire fait l’objet de vives critiques. En effet, les jurés n’ont par définition aucune compétence juridique et technique et sont, de ce fait, extrêmement influençables : le procès Ferrara en est un parfait exemple ! Il existe par conséquent une grande disparité dans les verdicts que rendent les cours d’assises.

 

Le président exerce la police de l’audience, c’est-à-dire qu’il veille au bon ordre au cours de l’audience et peut faire expulser les « perturbateurs », y compris l’accusé.

 

Il dirige également les débats et distribue la parole, grâce à sa connaissance d’un dossier que les jurés découvrent à travers lui. Le président fixe l’ordre des débats. Autrement dit, toute prise de parole doit au préalable faire l’objet d’une demande à la présidence de séance ou alors la personne qui s’exprime doit être expressément invitée à le faire. Si l’accusé s’exprime sans y avoir été invité, il peut tout à fait être expulsé et le procès peut avoir lieu sans lui. Jean-Paul Degache avait essayé, au début de son procès en appel, d’interroger certains témoins, la présidente l’avait très sèchement remis en  place.

 

Le président peut, également, interroger l’accusé sur les faits avant de l’interroger sur sa personnalité et inversement. De la même manière il peut  procéder à l’audition des témoins, des experts et des victimes avant ou après l’interrogatoire de l’accusé ou même durant des interruptions de cet interrogatoire qu’il décide. (Articles 283 et 309 du Code de procédure pénale)

 

Le président dispose d’un pouvoir discrétionnaire, qui lui permet de prendre « toutes les mesures qu’il croit utiles pour découvrir la vérité ».

 

Ainsi, il peut ordonner la production de pièces étrangères à la procédure, de dossiers déjà jugés ou en cour d’information, il peut aussi désigner un médecin, un technicien, un enquêteur afin de faire vérifier sur-le-champ un point en discussion. Cela a été le cas notamment, pour l’un des experts cité par Jean-Paul, qui s’est vu reconnaître la qualité de simple témoin par la Présidente lors du procès de Nîmes. Ce type de procédure est, là aussi, tout à fait discrétionnaire.

 

De la même façon, la Présidente de la Cours d’assises de Nîmes avait refusé que le bureau de Jean-Paul Degache, ainsi qu’un bureau d’élève de l’époque soit montré aux jurés lors du procès alors qu’il s’agissait de pièces à conviction essentielles.

 

Le Président peut également entendre, sans leur faire prêtre serment, des personnes non citées comme témoins. Cela a été le cas lors du procès de Privas pour le garde municipal qui a été invité à s’exprimer sans avoir prêté serment.

 

Enfin, le président peut, à n’importe quel moment de l’audience, décider qu’un supplément d’information est nécessaire et renvoyer l’affaire à une autre session. C’est ainsi que le procès en appel a été renvoyé une première fois car la Présidente avait estimé que l’absence de certains experts ne garantissait pas une manifestation idéale de la vérité.

 

Deux principes régissent le déroulement des débats et limitent les pouvoirs du président (articles 283, 310 et 335 du Code de procédure pénale): celui de l’oralité des débats et celui du contradictoire. Le principe de l’oralité des débats implique que les déclarations des témoins régulièrement cités ne peuvent pas être lues avant l’audition. En vertu du principe du contradictoire, les pièces nouvelles doivent être communiquées à toutes les parties qui en font la demande.

 

La Cour d’assises est donc fermement dirigée par son Président qui, seul dirige l’intégralité des débats et distribue la parole. Jean-Paul Degache s’est défendu comme il l’a pu, dans le cadre de ce qui lui était permis.

 

Il a sûrement fait des erreurs, mais il nous semblait important de rappeler le cadre de la procédure pénale dans le cas d’un procès en assises. On ne peut pas tout faire aux assises, et c’est bien normal, même si ça n’a pas permis à Jean-Paul Degache de s’exprimer autant qu’il l’aurait voulu.

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 23:01

Bonjour à tous. Aujourd'hui, Jean-Paul continue de nous faire partager ces années de contrôle judiciaire et se replonge dans ses souvenirs "d'homme libre".

 

Partie 2

 

            Parmi les travaux qui m'occupent le plus au cours de ces années d'espérance d'une issue favorable au cauchemar débuté en 1997 et réactivé puis amplifié en 2002, I'Ardéchoise tient une place très importante. Cette magnifique organisation se développe d'année en année pour réussir à rassembler chaque année autour de 15 000 cyclistes dans le village de Saint-Félicien, à 26krn de Sarras. Dès notre première année cyclo, Ghislaine et moi, nous avons fait de cette épreuve le principal rendez-vous de notre saison. Quand Le Réveil me confie le reportage complet de l'épreuve qui s'étale sur plusieurs jours, je suis très heureux. J'ai même réussi, une fois, à occuper deux pages entières de I‘hebdomadaire, pas encore passé au format tabloïd à l'époque, avec mes textes et mes photos. Pendant ces cinq années, de 2002 à 2007, j'ai suivi au plus près la vie de I'Ardéchoise en participant aux réunions, conférences de presse et assemblées générales. Ghislaine peut témoigner du travail que cela me demandait, non seulement en amont de l'épreuve mais aussi en aval et... pendant. J'étais connu dans le monde cycliste parce que je m'arrêtais souvent au bord de la route, posant mon vélo sur le bas côté pour réaliser des clichés mettant aussi bien en valeur les participants que les paysages. J'avais toujours I'appareil photo dans une poche du maillot. Avec les articles pour Le Réveil, le magazine Cyclo Passion m'a finalement confié la couverture du plus grand rassemblement cyclosportif organisé en France et même en Europe. L'Ardéchoise 2007 a été mon dernier reportage sur une épreuve pour le magazine.

            Ce travail et les autres articles parus dans les numéros de mai à octobre de cette même année, ma dernière en tant que journaliste, ne m'ont jamais été payés, Cyclo Passion étant en liquidation judiciaire... Son nouveau propriétaire n'a pas honoré les dettes de son prédécesseur, hélas. Décidément, 2007 n'était pas mon année de chance !

 Jean-Paul

 

 Partie 4

 

Comment parler de cyclisme sans évoquer les nombreux coureurs qui ont arboré depuis 2007  et qui continuent de porter, à l'entraînement comme en course, un maillot blanc de soutien à Jean-Paul afin de "rouler pour son innocence". Merci à eux. 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:05

            Souvent j’ai pu entendre dire « mais toi tu n’es pas objectif car tu es son fils ». Par l’intermédiaire de ce blog voici « enfin » une occasion de dire une partie de mon ressenti sur cette affaire. Si j’emploie le terme « enfin », c’est que tout d’abord, je n’ai JAMAIS eu la moindre occasion de m’exprimer, que ce soit auprès des enquêteurs et que ce soit lors des deux procès en assises (idem pour mon frère).

Pourtant, en plus d’avoir été son ancien élève dans les classes de CM1 et de CM2 (1990-1991 et 1991-1992), j’ai continué à venir tous les jours à l’école de Sarras lorsque j’étais scolarisé au collège et au lycée. Je me souviens parfaitement qu’après mes cours, je rentrais en bus de Saint-Vallier jusqu’à Sarras puis je me rendais à pied jusqu’à l’école publique afin de récupérer les clés de la maison ou d’attendre mon père jusqu'à 16h30. J’entrais ainsi dans l’enceinte et j’arrivais devant sa classe sans qu’il ne m’ait vu. Je voyais ainsi parfaitement tout ce qui se passait. Je peux vous assurer que si j’avais vu le moindre geste déplacé, je m’en rappellerai ! Tout ceci a duré entre 1992 et 1998. C’est la même chose pour mon frère lors de la période 1988 - 1995 ! Et ce n’est pas un hasard si je note ces dates… car elles correspondent aux années où les « victimes » étaient en classe avec Jean-Paul :


            - 1988-90 – 21 élèves dont une seule victime : aucun des 20 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis devant toute la classe.

            - 1994-96 – 20 élèves dont 6 victimes : aucun des 14 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant      censés avoir été commis en public, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

            - 1996-98 – 22 élèves dont 7 victimes : aucun des 15 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant      censés avoir été commis en public devant toute la classe, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

Mon frère et moi-même ne sommes pas les seuls à voir été les témoins directs. De nombreux adultes ont également fréquenté l’école publique de Sarras pendant des années. Alors n’hésitez à venir apporter votre témoignage.

 

            Si j’ai opté pour une carrière d’enseignant, c’est en partie grâce à ce plaisir que Jean-Paul avait à enseigner mais aussi à cette énergie qu’il mettait lorsque il était en classe ou sur un terrain de sport ; tout cela il me l’a transmis, c’est indéniable ! Toutefois, avec ce qui est arrivé, je ne peux faire mon métier sans avoir à chaque instant la vision de mon père en prison. Lorsque je vois par exemple un élève pleurer, mon instinct me pousserait à aller le consoler, à lui poser la main sur l’épaule mais je me l'INTERDIS ! Hier l’élève interviewée évoquait  le fait « de mettre les enfants dans des cages en verre, avec un ordinateur en guise de professeur »… on s’en rapproche ! Cela m’attriste profondément car ces élèves auraient besoin de ce réconfort mais je me contente de transmettre des connaissances et développer des compétences. 

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