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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:01

Pour beaucoup de personnes, dont de nombreux jurés des deux procès, Jean-Paul était un instituteur ayant exercé exclusivement dans le village ardéchois de Sarras. Il est donc important pour nous de revenir en arrière, entre 1969 et l’année 1976, date qui marqua sa prise de fonction à Sarras. Si Jean-Paul fut un terrible « prédateur » comme certains avocats ont pu le dire, on pourrait imaginer que les plaintes proviennent des élèves de ces nombreuses écoles…

 

            Jean-Paul a su très tôt qu’il voulait devenir instituteur. Ses expériences en tant que moniteur de colonie lui avaient donné cette envie d’encadrer les jeunes. Ainsi, après avoir eu son baccalauréat en 1969, il saisit sa chance en tant qu’instituteur suppléant. Il dut attendre la fin du mois de septembre pour être appelé, à une quinzaine de kilomètres de Sarras, à l’école d’Etables. N’étant pas sorti de l’Ecole Normale d’Instituteur, Jean-Paul attaque sans avoir reçu de formation spécifique. Il reçoit quand même l’aide d’un titulaire âgé d’une vingtaine d’années qui travaille dans cette école : 

                « C’est donc cet après-midi là, que j’ai eu ma première formation pédagogique…bénévole,  assurée par M. Ce jeune enseignant qui avait peut-être deux ou trois ans de plus que moi, m’a beaucoup marqué. Il était très enthousiaste, très attentif à développer les capacités de chaque élève et adepte convaincu de la méthode Freinet. Je n’en avais bien sûr jamais entendu parler et j’étais séduit par ce que cela apportait à la vie de la classe, donnant à chaque enfant la possibilité d’exprimer et de développer sa propre personnalité. L’idée du texte libre m’a séduit d’emblée et je l’ai appliquée durant toute ma carrière. Chaque enfant pouvait quand il l’entendait, écrire ce qu’il voulait sur le sujet qu’il avait envie de traiter. Ces textes étaient ensuite valorisés en classe et corrigés pour stimuler ceux qui ne se décidaient pas à écrire. Une simple phrase était acceptée comme texte libre… Enfin M. m’a conforté dans mon envie d’enseigner en me présentant ce métier d’une manière fort différente de mes souvenirs d’enfance. Il faut dire que mai 1968 était passé par là et que les relations entre maîtres et élèves avaient bien été remises en question. Nous devions être plus proches de nos élèves, moins autoritaires afin qu’ils soient d’abord et avant tout contents de venir à l’école et heureux en classe. Ainsi leurs résultats scolaires s’en trouvaient bonifiés. »

 

            Cette première année d’enseignement fut agrémentée par un autre remplacement dans une des écoles de Tournon : après une classe rurale, une école de centre-ville ! La deuxième partie de l’année scolaire est marquée par des remplacements dans les écoles d’Annonay, Albon d’Ardèche, Saint-Julien Labrousse l’Albouret, Saint-Péray, Saint-Agrève. Lors de ce dernier remplacement sur le plateau ardéchois, Jean-Paul passa l’intégralité du trimestre. Il revient avec nous sur cette expérience :

            « La classe ne me pose pas trop de problèmes grâce aux précédentes expériences déjà vécues au cours de cette première année d'enseignement. Si j'ai un souci ou besoin de quelque renseignement que ce soit, je m'adresse aussitôt à l'un de mes collègues qui se fait un plaisir de m'aider. Dans la classe, il y a un élève assez difficile mais ça se passe bien parce que je n'hésite pas à emmener mes élèves faire du sport. Les élèves turbulents acceptent de travailler assis à leur bureau s'ils savent que, dans la journée, ils pourront évacuer leur trop-plein d'énergie physique. »


Cette façon d’enseigner, Jean-Paul l’a évidemment pratiquée durant toute sa carrière. Chaque ancien élève pourrait nous l’affirmer. En aucun cas, il ne laissait un élève de côté parce qu’il était turbulent ou en échec scolaire !

 

L’année scolaire suivante (1970-1971), Jean-Paul attaqua par un remplacement annuel dans le Collège d’Enseignement Secondaire du Cheylard. Le principal lui confie les classes où les élèves demeurent en échec scolaire : 6ème et 5ème de transition et 4ème et 3ème pratiques. Comme le dit Jean-Paul, normalement ces postes étaient réservés à un personnel spécialisé et qualifié mais dans certains cas, l’Inspection appelait des remplaçants. Il rajoute : « J'apprends que je vais enseigner dans les deux niveaux et que je dois assurer le Français, la musique et...3 heures d'atelier par semaine. En fait, je me rends compte que certains, filles ou garçons, sont plus grands que moi. Il est même arrivé que certains élèves arrêtent leur scolarité en cours d'année, le jour de leurs 16 ans. Je me souviens de deux filles ayant quitté le collège parce qu'elles étaient enceintes et devaient fonder une famille... »

 

            Par la suite Jean-Paul fit encore moniteur en colonie de vacances à côté d’Agde. Il effectua un remplacement, de septembre à décembre 1971, à l’école de Ripaille à Annonay avant de rejoindre l’armée française afin d’effectuer son service militaire. Vers la fin de l’année 1972, il donna même des cours de français au personnel militaire ! Son retour au sein de l’enseignement le conduisit, toujours en tant que remplaçant, à l’école ardéchoise de Saint-Jeure d’Ay. Les remplacements se succédèrent durant l’année scolaire 1973-1974  puisqu’il dut aller enseigner à Boucieu-le-Roi, à Saint-Gineys en Coiron, au Lycée Marcel Gimond à Aubenas à deux reprises, à Tournon, au collège du Pouzin, à Annonay, l’I.M.E. de Soubeyrand Saint-Barthélémy le Pin, à Saint-Sernin, à Etables, à Viviers, à Tournon, au collège de La Voulte, à Sarras, à Labastide de Juvinas et à Saint-Andéol de Vals.

                                                                                                                                                                                                                   

                Après un stage de formation d’un an à l’Ecole Normale de Privas, Jean-Paul devint en 1975 Titulaire de l’Education Nationale. Cela ne l’empêcha pas de continuer à effectuer des remplacements du côté de Guilherand-Granges, de Saint-Laurent du Pape et à Annonay. Ce n’est que courant 1976, qu’il est nommé à l’école publique mixte de Sarras sur le poste de M. Valla qui fut son instituteur.

          

           Au final, entre 1969 et 1976, Jean-Paul enseigna dans près de 28 établissements situés dans un rayon de moins de 80 km autour du village de Sarras et fut à plusieurs reprises moniteur de colonies de vacances. A ce jour,  AUCUN ENFANT de cette période n’a émis la moindre critique sur son attitude.

 

          Cela signifie que Jean-Paul Degache aurait agi uniquement dans l’école de Sarras, lors d’années bien précises et devant tous les élèves.

 

          Il est toujours curieux de constater le fonctionnement de l'institution judiciaire et des enquêteurs lors d’affaires de ce type. La théorie voudrait que l’enquête s’oriente à la fois vers la recherche de témoins et de victimes visant à favoriser l’accusation, mais également vers la recherche d’éléments qui pourraient montrer qu’il n’y a pas de fondements aux accusations.

 

          C’est ce qu’on appelle une enquête à charge et à décharge.

On se demande donc pourquoi aucun des anciens élèves ni aucun des anciens instituteurs que Jean-Paul a côtoyés avant d’enseigner à Sarras n’a été interrogé et qu’il a fallu que certains d’entre eux, apprenant ce qui était arrivé à leur ancien instituteur, prennent contact avec nous pour nous donner ces éléments.

 

            A aucun moment au cours des deux procès aux assises, la première partie de la carrière de Jean-Paul Degache, qui a duré 8 années, ne fut évoquée. Le fait qu’il ne se soit rien passé alors que Jean-Paul Degache était loin de chez lui, souvent pour de courtes périodes face à des enfants aurait sans doute permis aux jurés de se faire une idée plus précise sur la nature des accusations portées contre cet homme. Cela aurait sans doute donné du crédit aux cris d’innocence de Jean-Paul Degache et ça, visiblement, tout a été fait pour l’éviter.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:01

On a assez peu parlé de l’école primaire de Sarras jusqu’à présent et les lecteurs du blog sont en droit de s’interroger sur la façon dont se déroulaient les enseignements.

 

On a tendance, tout naturellement, à imaginer que les classes en milieu rural sont uniques, que les élèves sont particulièrement peu nombreux, ce qui rendrait les témoignages plus crédibles.

 

En fait, à Sarras, il n’en est rien. Située dans la vallée du Rhône, cette commune ne correspond pas au cliché du village perdu que l’on pourrait imaginer. Sa population a d’ailleurs fortement augmenté ces dernières années, pour dépasser aujourd’hui les 2000 habitants. Son école publique a, sauf durant quelques années, toujours disposé de 5 classes toujours bien remplies.

 

Jean-Paul Degache a commencé à enseigner à l’école primaire de Sarras en 1976 et a été obligé de mettre un terme à sa carrière en 2002. Plus de 370 élèves ont fréquenté sa classe en 26 années.

 

Il est à noter que, dans un souci de pédagogie et afin de faciliter le passage en 6ème, les instituteurs de CM1 « suivaient » leurs élèves en CM2, ce qui fait que la plupart du temps, Jean-Paul Degache avait ses élèves deux années de suite, en CM1 puis en CM2.

 

Il n’y a que trois classes de Jean-Paul Degache dont certains anciens élèves sont considérés comme des victimes par la justice. Rappelons que les faits censés avoir été commis l’auraient été devant tous les autres élèves. Ils ont presque tous été interrogés, aucun d’entre eux n’a affirmé avoir assisté aux crimes pour lesquels on a condamné Jean-Paul Degache.

 

Parmi les autres anciens élèves considérés comme victimes, une partie affirme à la barre ne pas se souvenir des faits, une autre partie affirme ne pas se considérer comme victime. Plusieurs des anciens élèves considérés comme victimes ne sont d’ailleurs pas venus témoigner lors du procès de Nîmes.

 

Nous avons donc, pour récapituler, sur les 3 classes où l’on trouve des anciens élèves considérés comme victimes :

 

1988-90 – 21 élèves dont une seule victime : aucun des 20 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis devant toute la classe.

 

1996-98 – 22 élèves dont 7 victimes : aucun des 15 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public devant toute la classe, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

1994-96 – 20 élèves dont 6 victimes : aucun des 14 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

Rappelons qu’en 1998, sur la base des témoignages des élèves des années 96-98 et 94-96, l'institution judiciaire a estimé qu’aucun des faits n’était caractérisé et a donc logiquement classé l’affaire.

 

Force est de constater que l'institution judiciaire de 2010 considère que des faits non caractérisés en 1998 peuvent conduire un homme en prison pour 8 ans.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:01

Nous vous proposons l'entretien réalisé le 30 septembre 2007, entretien réalisé avec une ancienne élève considérée comme victime par l'institution judiciaire alors qu'elle même atteste que son ancien instituteur ne lui a rien fait !

 

Bonjour […], et merci d’accepter de me recevoir. Tout d’abord, je suis un peu surpris, dans le verdict, tu es considérée comme une victime de Jean-Paul Degache…
   
R: Mais jamais de la vie ! Je ne comprends pas ce verdict et je ne suis pas la seule ! Je ne suis absolument pas une victime de Jean-Paul, il ne m’a jamais fait subir des attouchements sexuels et je l’ai dit à la barre ! Quelque part, il est en prison pour partie à cause de moi et je trouve ça profondément injuste.
 
Concrètement, tu étais en classe avec lui de 1996 à 1998, lors du procès, quelques témoins ont réellement parlé d’attouchements et d’agressions sexuelles, tu as assisté à de pareilles scènes ?
 
R: Franchement non, absolument jamais, Jean-Paul aimait bien ses élèves, effectivement il lui arrivait de nous toucher, je me souviens de tapes d’encouragement sur l’épaule, mais enfin ce n’est quand même pas ça qui l’a envoyé en prison ! Ce genre de geste d’affection, c’est même important pour mettre un élève en confiance, surtout ceux qui, comme moi à l’époque, étaient en difficulté dans certaines matières.
 
Tu n’as vraiment pas de souvenirs ? On a dit lors du procès qu’il mettait certains élèves sur ses genoux ?
 
R: Je n’en ai aucun souvenir très précis : qui Jean-Paul aurait pris sur les genoux ? Si c’était souvent ? En tout cas moi il ne m’a jamais mise sur ses genoux, je ne me souviens que de la seule fois où il m’a réellement touchée, c’était après que je sois tombée sur le goudron, et j’étais bien contente qu’il me porte, parce que j’avais vraiment mal. Honnêtement, et je l’ai répété plusieurs fois au procès : si j’avais subi ou assisté à des gestes déplacés ou pervers, je m’en serais rappelée ! Tu sais, à cet âge là, on sait bien ce qu’un adulte peut ou ne peut pas faire… En plus, franchement, j’étais très bien placée dans la classe, s’il s’était passé quelque chose au bureau je l’aurais vu. A vrai dire, c’est impossible qu’en ma présence, il se soit passé quelque chose.
 
Enfin tu es bien au courant que certaines de tes anciennes camarades se sont plaintes, une d’entre elles est même partie civile au procès…
 
R: Ecoute, tu sais, les filles, en primaire, elles cherchent à retenir l’attention de l’instituteur, si une d’entre elles bénéficie de plus d’attention, on la repère tout de suite et on est limite jalouses… Or je ne me souviens vraiment pas avoir été jalouse de qui que ce soit à l’époque où Jean-Paul Degache était mon instituteur.
 
Les filles dans ta classe avaient elles un comportement particulier, il y avait des petits groupes ?
 
R: ça oui, il y en avait quelques unes qui se battaient pour être les préférées [elle me cite le nom de plusieurs témoins et de la plaignante] et qui ricanaient souvent entre elles. En en parlant un peu, je trouve étrange que [la plaignante] ait pu dire qu’elle souffrait avec Jean-Paul, au contraire, elle paraissait très heureuse.
 
Cela a duré comme ça jusqu’au mois de mars 1997, là vous avez été convoquées et interrogées… tu t’en souviens ?
 
R: Oui, on a eu un appel le samedi matin, les gendarmes ont dit à mon père que nous devions aller témoigner car quelque chose de grave se passait à l’école… Dès mon arrivée à la gendarmerie, on s’est retrouvés séparés pour nos témoignages. C’est là que je m’interroge un peu…
 
C'est-à-dire ?
 
R: Sur les conditions du témoignage, sincèrement, je ne me souviens que de questions auxquelles j’ai répondu par oui ou par non, rien de plus, alors après quand on m’a relu au procès les phrases que j’aurais prononcées, franchement, c’était beaucoup trop construit pour que j’aie réellement dit des choses pareilles. Je pense qu’ils ont peut être reconstitué des phrases à partir de mes réponses…
 
Au procès pourtant, tu as bien dit que tu avais sans doute vraiment dit ça, non ?
 
R: Oui, mais attends : mets toi à ma place, tu rentres dans une salle bondée, tu n’as rien préparé, tu as l’avocat général qui commence à te menacer si tu fais un faux témoignage et la Présidente qui relit ce que j’étais sensée avoir dit. Souviens toi, j’ai juste dit : « si c’est écrit, c’est que j’ai bien dû le dire », mais bon, franchement ça m’a surprise, je sais bien que j’étais super intimidée chez les gendarmes… tu sais deux gendarmes qui t’interrogent toute seule, sans tes parents, ce n’est pas super pour se sentir en confiance, et puis franchement, je ne me voyais pas contredire des hommes en uniforme, donc j’ai presque dit « oui » à tout, ce qui peut expliquer que, dans le compte rendu, je dis que c’est un super instituteur et en même temps qu’il m’a touchée…
 
En fait, vu que tu as confirmé la retranscription de ton interrogatoire, c’est ça qui t’a fait devenir une « victime » de Jean-Paul…
 
R: Mais je te le répète, je ne suis pas une victime ! Je n’accepte pas qu’on dise des choses alors que ce n’est pas vrai !
 
Alors comment expliques-tu que quelques filles de ta classe disent des choses à la barre que tu n’as ni vues, ni subies ?
 
R: Mais je n’en sais rien moi ! Je peux juste te dire que le week-end avant le procès, l’une des témoins à charge est rentrée en contact avec moi, une amie m’a confirmé qu’elle l’avait appelée aussi, comme nous n’avons pas donné suite, elle ne nous a pas rappelées.
 
Et après le CM2, vous vous êtes un peu revues non ? Vous n’en avez jamais parlé entre vous, personne ne s’est jamais plaint de Jean-Paul ?
 
R: Non, jamais ! Je n’avais même pas eu vent de rumeurs en fait, rien du tout.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 00:01

Ce mardi, nous vous proposons un extrait du courrier que Jean-Paul avait écrit suite à son transfert de maison d'arrêt. Nous vous rappelons que Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone à côté de Montpellier. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme Ghislaine et ses enfants. L'extrait de la lettre est datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, Ghislaine et Eric sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras. 

 

Il faut savoir qu'à chaque instant Jean-Paul peut être transféré de Villeneuve-lès-Maguelone.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:01

Cette semaine, nous avons décidé de publier à nouveau quelques articles qui nous paraissent fondamentaux dans l’affaire et l’enfer de Jean-Paul. Ces derniers étaient parus début septembre lorsque la moyenne quotidienne de lecteurs était inférieure à 50 (actuellement, celle-ci a plus que doublé). Ce lundi, il s’agit d’une interview d’une personne considérée comme « victime » par l’Institution judiciaire alors qu’elle-même n’a rien à reprocher à Jean-Paul Degache, son ancien instituteur !!!

 

Après le premier procès de Jean-Paul Degache, où il avait été, déjà, condamné à 8 ans de prison en septembre 2007, plusieurs jeunes femmes avaient été reconnues victimes d'agression sexuelle. Pourtant, plusieurs d'entre elles, à la barre avaient nié tous les faits que Jean-Paul était censé avoir commis sur elles.

 

Voici l'une d'entre elles. Elle refuse d'être considérée comme victime, et pourtant, la vérité judiciaire issue des deux procès de Privas puis de Nîmes fait d'elle une personne ayant subi des agressions sexuelles de la part de son ancien instituteur.

 

Ce témoignage, ainsi que les nombreux autres qui paraitront sur ce blog, nous font nous interroger sur le fonctionnement de la justice.

 

Bonjour [...], et merci d’accepter de répondre à mes questions, toi, je vois qui tu es parce que tu étais en classe en 1997 – 1998 avec Jean-Paul Degache et que le tribunal t’a reconnue victime d’agressions sexuelles, tu en penses quoi ?

 

R: Mais je ne suis pas victime, Jean-Paul ne m’a jamais rien fait, c’est d’ailleurs la première chose que j’ai dite à la barre ! Il ne faut pas dire n’importe quoi, non seulement je n’ai jamais rien vu sur les autres, mais en plus Jean-Paul Degache ne m’a jamais rien fait ! Je suis très surprise en fait d’avoir été reconnue victime alors que ce n’est pas vrai, ma mère a appris le verdict dans le journal et est tombée des nues ! Tu sais qu’on ne m’a même pas prévenue officiellement que j’étais une victime ? C’est une dame qui a croisé ma mère à Sarras pour le lui dire, sinon je ne l’aurais jamais su ! 

Et moi aussi d’ailleurs, franchement, j’ai témoigné le jeudi, mais c’était pour défendre Jean-Paul, je ne suis même pas revenue le vendredi, pour moi l’affaire était terminée et on allait recroiser Jean-Paul à Sarras pour qu’il nous explique… je suis dégoutée de savoir qu’il est en prison, et en plus, pour des choses qu’il ne m’a jamais faites !

 

Le tribunal s’est appuyé sur ce que tu avais dit aux gendarmes en 1997, tu te rappelles de ton interrogatoire ?

 

R: Oui je m’en souviens, mais tu sais, les gendarmes, j’ai bien l’impression qu’ils ont fait les questions et les réponses, j’ai signé, bien sûr, ma mère aussi, mais franchement, pour moi c’était fini, je ne pensais pas que ça aurait de telles conséquences. Tu sais, des enfants de 9-10 ans, on leur fait bien dire ce qu’on veut j’ai l’impression…

D’ailleurs franchement, je ne fréquente pas grand monde à Sarras, donc pour moi après 1997, l’affaire était terminée. Ma mère avait d’ailleurs reçu une lettre pour savoir si on voulait porter plainte car j’étais victime de Jean-Paul. Le pire c’est qu’on a répondu en disant qu’on n’avait rien à lui reprocher ! Et malgré ça, ils disent que je suis victime ??? C’est n’importe quoi…

 

Beaucoup d’anciennes élèves disent qu’il était affectueux avec ses élèves, qu’il les mettait sur ses genoux, il faisait ça avec toi ? Tu l’as peut être vu faire sur d’autres ? 

 

R: Ah non, jamais ! Enfin il était affectueux, oui, mais c’était des tapes sur l’épaule, il en faisait à d’autres élèves, mais on m’a parlé de main autour de la taille, je ne m’en souviens même pas, et puis s’il avait eu des gestes déplacés, j’en aurais immédiatement parlé à ma mère, on est très proches toutes les deux. Quant à prendre sur les genoux, je ne m’en souviens pas, ça ne m’a vraiment pas marqué…

 

Mais parmi les élèves, il y en avait bien qui critiquaient Jean-Paul, qui lui reprochaient des choses non ?

 

R: Oui, enfin ce n’était pas sur les gestes, certains disaient que ce n’était pas normal qu’on l’appelle Jean-Paul, qu’on aurait dû l’appeler « Maitre », des choses comme ça, mais je n’ai jamais entendu qu’on lui reproche des gestes déplacés ! Et comme je n’en ai jamais subi, ni jamais observé dans la classe, je comprends qu’on n’en ait jamais parlé… J’avoue que je ne reviens toujours pas d’être considérée commeune victime alors que je ne lui ai jamais rien reproché, on s’entendait bien à l’école, c’était vraiment un bon instituteur, je suis dégoutée…

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 00:01

Ce dimanche 26 décembre 2010, nous vous proposons une chronique parue dans le Réveil du Vivarais du 16 décembre écrite dans notre chère langue occitane accompagnée de sa traduction. Nous remercions vivement l’auteur de cet article pour nous avoir autorisés à le publier et pour son inconditionnel soutien.

 

 

Vilanòva de Magalona

 

Qu’es una petita vila dau Lengadòc, pròche dès Montpelhièr e pròche de la mar. Magalona tant genti nom e que sona ben en lenga nòstra es una illa e poirio vos contar la legenda de la bèla Magalona que viviá au Moiens atge...mas qu’es pas lo moment. Dins aquela vilòta de quasi 10 000 abitants, quant n’i a, sus los detz milas, que son de la granda preson de la vila, una maison d’arrèst coma dison ? Quand veio una presons totjorn penso d’assurat a tots los maleiros qu’an marchat de travers, gauchat la reiá, per arrivar aquí dedins onte paian lhurs fautas, mas me diso mai que i a totjorn, dins totas las presons, d’einocents, condamnats a tòrt e aquò es tarrible. E a Vilanòva n’i a un, que coneisso, completament einocent per mi...

Qu’es pas encara çò que volio vos racontar, mas n’ai talament gròs sus lo còr !

Dins aquela vila los elegits de la comuna an deicidat d’afichar la lenga dau païs e per aquò botar de panèus qu’indican en occitan lo nom de la vila e, coma aquò se fait, n’an botat a l’intraa e a la sortiá de la vila. Se tròva qu’aquò plai pas a un grop que s’apèla : « Movament Republican de Salut Public «  (non, ai ren inventat !). An escrit doncas au maira per li demandar de levar aqueles panèus. Coma i aviá pas de rason de le faire seguèt pas fait. Portèran doncas las veiaas au tribunau administratiu de Montpelhièr. Aquò se passava au mes d’òst de 2009 e la responsa a pas tarjat, per un còp la justiça faguèt vite, qu’es lo 12 d’octòbre de 2010 que tombèt per la comuna l’obligacion de levar los panèus dins los dos mes. Dos mes an passat e diumenja passaa qu’èra lo 12 de decembre, per marcar la fin dau dos mes an manifestat dins la vila de Vilanòva, quasi mila personas que son venguas sostenir los elegits de la vila que d’assurat en fait appel de la decision. La pròva es faita un còp de mai qu’avèm veraiment besonh d’un quadre legau per nòstras lengas regionalas. De deputats se’n ocupan, mas si capitaran ?

                                                                                                          Lo Revessin

 

Villeneuve-lès-Maguelone

 

C’est une petite ville languedocienne, proche de Montpellier et de la mer. Maguelone est une île, un nom qui, prononcé à l’occitane, sonne bien, et je pourrais vous conter la légende de la belle Maguelone qui vivait au moyen-âge... mais ce n’est pas le moment. Cette petite ville compte presque 10 000 habitants mais combien y en a-t-il sur ces dix mille qui appartiennent à la grande prison de la ville, une maison d’arrêt comme on dit ? Quand je vois une prison je pense toujours à ces malheureux qui ont fait un pas de travers, gauché la raie, pour aboutir là, où ils payent leurs fautes. Mais je me dis aussi qu’il y a toujours, dans toutes les prisons, des innocents condamnés à tort et ça c’est terrible. Et à Villeneuve il y en a un, je le connais, il est, pour moi, complètement innocent... Ce n’est pas encore ce que je voulais vous raconter, mais j’en ai tellement gros sur le cœur !

Dans cette ville les élus communaux ont décidé d’afficher la langue du pays et pour ce faire ont, comme ailleurs, placé des panneaux en occitan à l’entrée et à la sortie de la ville. Il se trouve que cela déplait à un « Mouvement Républicain de Salut Public » (je n’invente rien !). Ils ont donc écrit au maire pour lui demander d’enlever ces panneaux et comme il n’avait aucune raison de le faire, la réponse fut négative. L’affaire fut portée devant le tribunal administratif de Montpellier. Ceci se passait au mois d’août 2009, la réponse ne tarda pas car pour une fois la justice fut rapide, c’est le 12 octobre 2010 que tomba pour la commune l’obligation d’enlever les panneaux dans un délai de deux mois. Les deux mois ont passé et dimanche dernier le 12 décembre, près de mille personnes ont manifesté pour soutenir les élus de la ville qui bien sûr ont fait appel de cette décision. La preuve est faite, une fois de plus, que nous avons vraiment besoin d’un cadre légal pour nos langues régionales. Quelques députés s’en occupent, mais réussiront-ils ?

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:01

Voilà plusieurs semaines que Jean-Paul a pu intégrer la Classe Atelier du Journal de la prison. Rappelons que cette occupation lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, jour de Noël, nous vous proposons un article de la rubrique « Nouvelles d’Europe » concernant le Portugal ainsi qu’un article sur la pratique sportive en terre palestinienne. Bonne lecture.

 

 

Le Portugal vers la pauvreté (10/12/2010)

 

Après la Grèce et l’Irlande, le signal d’alarme du surendettement vient d’être tiré pour un autre pays de l’Union  Européenne, le Portugal, en attendant, dit-on, l’Espagne et… la France.

Par rapport à l’Irlande, le Portugal n’a pas à se reprocher certains délires bancaires ou encore la folie immobilière espagnole ou même les colères de la rue comme a connues la Grèce du côté de Lisbonne, le plus inquiétant est l’absence de perspectives d’amélioration Le tissu industriel a été sérieusement mis à mal par la construction européenne parce que beaucoup d’entreprises sont parties comme ces firmes textiles du nord du pays ayant dû fermer à cause de la concurrence asiatique. Pour l’agriculture, ce n’est pas brillant non plus parce que c’est le tertiaire qui a été privilégié au cours de ces dernières années.

Le Portugal a toujours eu beaucoup de mal à développer son économie grâce à sa propre croissance. Ses finances étaient alimentées principalement par les sommes rapatriées par les émigrés et les subventions de l’UE. Enfin, les ménages ont pu s’endetter grâce aux facilités de crédit apportées par l’euro.

Le taux de chômage bat des records avec 11,5% et la récession est déjà là. Pour faire reculer le déficit public de 7,3% du Produit Intérieur Brut à 4,6% à la fin 2011, le budget s’annonce d’une rigueur jamais vue. Amputation des salaires des fonctionnaires, augmentation des impôts et de la TVA, diminution des aides sociales et des allocations familiales, réduction des investissements, le gouvernement socialiste prend des mesures qui vont appauvrir les classes moyennes alors que, dans ce pays, le salaire minimum est fixé à 475 €. Les petits boulots annexes ne vont pas cesser de se multiplier au détriment des emplois stables.

DU côté politique, aucun parti ne recueille l’adhésion de la population. Le PS et le PSD (droite) se succèdent aux commandes sans proposer de véritable solution pour sortir de la crise de façon démocratique. La valse des fonctionnaires après chaque élection, le gaspillage de l’argent public, l’inefficacité de la justice, l’application arbitraire de la loi et la corruption tolérée par la société font craindre le retour d’un régime autoritaire que l’UE devrait pouvoir éviter… A quel prix ?

 

Aider le sport en Palestine (10/12/2010)

 

Personne ne peut imaginer, en France, combien il est difficile, pour un Palestinien, de pratiquer son sport favori. Actuellement, la Cisjordanie (2,4 millions d’habitants) compte huit stades plus ou moins praticables, quatre piscines et aucune piste d’athlétisme. Malgré ce manque d’infrastructures sportives, deux coureurs palestiniens se sont qualifiés pour participer aux JO de Pékin, en 2008.

Le football, sport planétaire s’il en est, est un bon exemple des problèmes rencontrés au jour le jour dans un pays qu’une « clôture de sécurité », un mur construit par Israël, isole de plus en plus. L’équipe nationale olympique de Palestine a récemment joué contre son homologue jordanienne (victoire 2 buts à 0), sous les yeux de Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO). Il a pu constater en visitant les villes de Ramallah et Bethléem, toutes les entraves causées par l’occupation israélienne.

Douze clubs participent actuellement à un championnat de première ligue avec des joueurs professionnels qui gagnent de 1000 à 3000 dollars par mois (le salaire moyen est de 400 dollars) mais continuent à travailler comme pompier, instituteur…

Tous les sportifs palestiniens ont beaucoup de problèmes pour se déplacer dans leur pays ou à l’étranger. Mohamed Shbair, gardien de but de l’équipe nationale doit partir de chez lui cinq à six heures avant le début d’un match pour pouvoir passer tous les contrôles ou subir d’éventuels interrogatoires. Si le sportif est originaire de Gaza, territoire sous blocus israélien, il doit demander un permis de sortie aux autorités israéliennes.

Le matériel envoyé dans les conteneurs par le CIO ou l’UEFA (Union Européenne de Football) est parfois retenu dans les ports israéliens. Près de Naplouse, un projet de construction de pelouse synthétique, financé par la FIFA (Fédération Internationale de Football) est bloqué par l’armée israélienne. Pourtant, de grands clubs existent comme celui d’Al-Amari, à Ramallah avec 1500 membres. 

De leur côté, les Arabes israéliens possèdent la double nationalité mais courent le risque d’être déchus de la nationalité israélienne s’ils viennent jouer pour la Palestine. Pour Moussa Bezaz, le sélectionneur français de l’équipe nationale palestinienne, rien n’est simple. Pourtant il affirme qu’une fois à l’étranger, jamais aucun de ses joueurs n’a demandé l’asile pour ne plus revenir en Palestine.

La France est très présente dans le sport palestinien avec des éducateurs, et divers financements de stades. En 2011, une équipe palestinienne pourrait venir disputer un match en France.

 

Jean-Paul

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 00:01

Mon très cher petit papa,

 

Ce soir, ce sera la première fois depuis 29 ans que je serai séparé de toi pour passer Noël et les fêtes de fin d’année. Je tenais à te dire que ce réveillon n’aura que très peu de saveurs comparé aux précédents. Il est vrai que ces dernières années, ces moments-là étaient des instants privilégiés pour nous tous, instants où l’on oubliait le temps de quelques heures le malheur qui s’abat sur nous depuis trop longtemps… Mais au moins on était ensemble ! 

 

Comment ne pas penser à toi, toi qui dégusteras ce que Ghislaine t’a préparé, avec amour comme toujours, dans ton colis de 5 kg,  Mais cela ne pourra jamais avoir le goût,  celui inestimable de la liberté.

 

Ce serait mentir de te dire que je ne passerai pas de bons moments. Quand tu vois Jeanne et Emma jouer et s’épanouir ensemble, il m’est impossible de ne pas en profiter sur l’instant. Tu l’as encore vu ce jeudi lors du parloir. Mais au fond de moi, ce sont des milliers de larmes qui viennent se briser à l’idée que ces moments-là, tu ne peux que les vivre par courriers ou par personnes interposées.

 

Alors comme depuis le soir du 26 mars, je ne me projette plus dans l’avenir et attends que les jours passent le plus vite possible. Je ne te laisserai jamais et me battrai jusqu’au bout pour que tu sortes la tête haute,  tête que tu n’as d’ailleurs jamais baissée.

 

Je t’aime mon papa.

Simon

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 00:01

En 2007, puis en 2010, nous avons eu beaucoup de réactions qui ont fait suite aux condamnations de Jean-Paul Degache. Nous avons eu pas mal de pétitions, de courriers adressés à des personnalités politiques… Toutes les bonnes volontés étaient bonnes à prendre, tous les soutiens sont intéressants, mais hélas, cela n’a rien donné.

 

Cela n’a rien donné parce qu’il y a, dans notre pays, la séparation des pouvoirs et que, par définition, la chose jugée n’appelle pas de commentaires particuliers de la part d’un dépositaire du pouvoir législatif (député ou sénateur) ou exécutif (Ministre, Président de la République). La Constitution semble en effet l’interdire.

 

Bien que nos hommes et femmes politiques n’hésitent pas, parfois, à prendre des positions très tranchées concernant les décisions de justice, ils restent le plus souvent silencieux.

 

Nous ne mobiliserons donc jamais des élus autour du cas spécifique de Jean-Paul, à moins d’un miracle procédural qui verrait la principale accusatrice reconnaître qu’elle a fait de fausses déclarations, ce qui semble peu vraisemblable hélas.

 

Retournons-nous sur une affaire proche, celle d’Outreau. Les élus se sont intéressés à un point de l’affaire en particulier : le fait que le juge d’instruction se soit comporté de façon très autoritaire et n’ai pas fait le travail d’enquête à décharge, semblant considérer les accusés comme coupables avant même d’avoir été jugés. En cela, il n’avait fait qu’utiliser les possibilités que lui offrait la loi. C’est la loi qui était sans doute mal faite.

 

C’est sur ce point qu’il a été auditionné et que des préconisations, hélas assez peu suivies, ont pu être faites.

 

Or quels dysfonctionnements peut-on reprocher à l'Institution Judiciaire dans l’affaire qui a touché Jean-Paul Degache ?

 

Comme nous l’expliquerons ultérieurement, il n’y a pas vraiment de point de rupture dans l’affaire Degache. Chacun des acteurs a fait une action qui, au final, a conduit Jean-Paul Degache devant la Cour d’assises. Jean-Paul Degache lui-même n’est-il pas, dans une infime partie, un acteur de son affaire ? Comme le disait un proche des parties civiles après le premier procès : « s’il avait changé d’école ou de village, on n’en serait sans doute jamais arrivé là… » En gros, peut-être que personne n’aurait déclenché l’affaire… C’est terrible, mais c’est peut-être vrai.

 

Ce que nous déplorons essentiellement c'est le fonctionnement de la cour d’assises.

 

Jean-Paul Degache a été condamné en première instance et en appel à 8 années de prison sans preuve, ni témoins contre lui. Il est notamment accusé d’avoir violé une élève devant toute une classe sans que personne dans cette classe ne puisse témoigner avoir assisté à la scène.

 

Quand la loi crée une injustice, alors il faut changer la loi : c’est ce que nous sommes en droit de penser. Lorsqu’un homme est condamné pour un crime sans qu’il y ait de preuves ni de témoins, autant qu’il le soit par des professionnels et donc que le poids de sa condamnation ne repose pas sur des citoyens français n’ayant pas l’habitude des affaires de justice.

Quelqu’un qui a eu à traiter des dizaines d’affaires similaires sera sans doute beaucoup plus à même d’évaluer une affaire sensible où les faits doivent être recoupés, où la forme est souvent plus décisive que le fond. Avoir assez de clairvoyance pour acquitter quelqu’un qui ne s’exprime pas bien face à des accusateurs qui font passer des émotions fortes au sein de la cour est quelque chose de très difficile pour un juge, il faut imaginer à quel point c’est quasiment impossible pour un juré.

 

C’est pour cette raison que nous avons souhaité écrire au Président de la République et au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice dans le cadre de la réforme de la Justice qui vise, justement à adjoindre encore plus de jurés populaires dans certaines audiences.

 

Autant il n’apparaît pas choquant de permettre à de simples citoyens d’être coproducteurs de décisions de justice lorsqu’il y a des éléments probants (témoignages, preuves formelles, aveux…), autant cela est très difficile à comprendre lorsque nous sommes dans un cas où c’est « parole contre parole » et où, trop souvent, l’intime conviction n’est qu’une affaire de ressenti et non d’éléments objectifs et détaillés.

 

Notre volonté est donc de faire remarquer que si un choix politique est fait en faveur de l’adjonction de jurés populaires dans certaines circonstances, il faudrait au contraire les supprimer dans les affaires de mœurs sans preuves ni témoins.

 

Nous reviendrons sur cette démonstration un peu ardue, mais qui méritait d’être soulevée, en espérant que les pouvoirs publics y donnent une suite favorable.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 08:04

Témoin à décharge pour Jean Paul DEGACHE lors des procès en Assises de PRIVAS et de NÎMES je me suis bien sûr toujours posé la question de la certitude de son innocence ou de sa culpabilité. Et ma conclusion est sans appel : pour moi, comme pour de très nombreuses autres personnes, il est IMPOSSIBLE que Jean Paul ait commis des viols répétés devant tant de témoins !

 

J’ai en effet été Conseiller Pédagogique en Education Physique et Sportive pour la Circonscription de TOURNON – dont faisaient partie les Ecoles Primaire et Maternelle de SARRAS – de septembre 1982 à juin 1993. Et, à ce titre, je me suis rendu à l’Ecole Publique Primaire des centaines, voire plus d’un millier de fois, très souvent sans annoncer ma visite. J’ai également, au titre de Responsable USEP, œuvré avec de nombreux enseignants et élèves du Primaire et de la Maternelle. J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer de très nombreux parents, le Maire et des Conseillers Municipaux, le Garde Champêtre et tout le personnel travaillant dans les deux Ecoles. Ces Ecoles, je les avais choisies d’une part parce qu’elles étaient sur mon passage entre mon domicile (Annonay) et les bureaux de l’Inspection (Tournon), d’autre part parce que les enseignants en général étaient volontaires pour que je puisse considérer ces deux Etablissements ruraux comme « pilotes » et « témoins » de mes recherches et applications pédagogiques, tant dans mes activités professionnelles qu’associatives.

Bien évidemment, Jean Paul DEGACHE faisait partie de ces enseignants, lui qui a toujours accepté que sa classe soit comme une sorte de « laboratoire » où l’on pouvait tester des expériences pédagogiques, à condition qu’elles aillent dans l’intérêt des enfants qui lui étaient confiés, lui qui n’a jamais refusé d’ouvrir cette classe à tout intervenant adulte - dans des activités comme le Sport et la Musique entre autres - ce qui montre bien qu’il n’avait rien à cacher. Et que penser des réunions de Coopérative Scolaire et de l’USEP auxquelles - avec des parents délégués - j’ai souvent assisté et où les enfants n’hésitaient pas à s’exprimer sur tous sujets concernant la vie de la classe ! D’ailleurs, n’existe-t-il pas encore quelque part des comptes-rendus écrits de ces réunions ? Je peux affirmer - pour en avoir souvent parlé avec eux - que la plupart des parents ont toujours manifesté une adhésion totale en ces méthodes, notamment pour la pédagogie basée sur l’éveil, l’écoute et la confiance réciproque.

Mon action avec les élèves de Jean Paul DEGACHE, je l’ai exercée dans la classe, dans des gymnases, sur des terrains de sport, sur des pistes de ski, dans des piscines … et je peux dire que, pour les enfants, les enseignants, voire certains parents de Sarras, j’étais devenu l’animateur et même une sorte de « confident », dans la mesure où l’on (enfants et adultes) n’hésitait pas à me parler sans retenue de nombreux petits « potins », de certaines rumeurs concernant aussi bien la vie des Ecoles que celle du village.

Aussi, depuis que j’ai appris, en 1997, les accusations portées contre Jean Paul DEGACHE, deux remarques me viennent invariablement à l’esprit :

 

            -1- Ai-je été suffisamment aveugle et sourd pour n’avoir jamais rien vu ou entendu concernant « l’affaire » en question ?

           

            -2- Ou alors ne dois-je pas être considéré, comme l’a suggéré l’Avocat Général dans           son réquisitoire à PRIVAS, comme complice des crimes reprochés à Jean Paul           DEGACHE ? Surtout lorsque, arrivant à l’improviste, j’écartais les lamelles des stores        protégeant du soleil et je m’assurais que je n’interrompais pas le cours d’une             activité avant de frapper à la vitre. Mais étais-je le seul visiteur à agir ainsi ?

 

Par contre, celles et ceux (parents, enseignants, autres adultes …) qui affirment avoir été au courant des « pratiques » de Jean-Paul DEGACHE, ne devraient-ils pas être accusés de non dénonciation de crime ou de non assistance à personne en danger pour avoir attendu de nombreuses années avant de témoigner et d’accuser ?

 

Si j’ai pris mes responsabilités en venant témoigner pour Jean Paul je suis prêt à les prendre encore si, d’aventure, j’étais amené à le refaire pour que son INNOCENCE soit enfin reconnue.

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