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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 08:48

Ce samedi 27 novembre 2010, Jean-Paul est en détention depuis quasiment 300 jours. Il crie toujours son innocence depuis sa cellule de Villeneuve-lès-Maguelone.

 

Ce même jour, sa petite-fille Jeanne fête déjà ses deux ans, et cela sans son papi chéri qu’elle ne peut voir qu’une fois par période de vacances scolaires. Elle ne comprend pas pourquoi il faut parcourir tous ces kilomètres qui la séparent de son papi. Elle ne comprend pas pourquoi il n’est plus là quand elle va voir sa mamie. Elle ne comprend pas pourquoi elle ne peut plus se promener avec lui. Elle ne comprendra pas pourquoi il ne sera pas là dimanche pour fêter son anniversaire.

 

Comme nous elle ne comprendra et n’acceptera jamais le sort réservé à Jean-Paul le 26 mars 2010.

 

Au nom de Jean-Paul, de sa famille et de Jeanne, merci à ceux qui se battent pour laver son honneur et garder sa dignité.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 00:22

Suite aux nombreux témoignages que nous avons déjà publiés, une maman, dont l’un des enfants a été dans la classe de  Jean-Paul Degache, a décidé de réagir et de se lancer à son tour. Nous l’en remercions et encourageons toutes les personnes ayant fréquenté Jean-Paul à faire de même.

 

Je voudrais réagir en ce qui concerne la classe de Jean-Paul Degache. Mes 2 enfants ont fréquenté à quelques années d'intervalle l'école publique de Sarras dès la maternelle, et en maternelle il y a beaucoup de souplesse quant à l'horaire d'arrivée; la classe des primaires avait toujours débuté et en entrant  je voyais par les grandes baies vitrées l'ensemble de la classe de M. Degache et notamment son bureau  juste sous la fenêtre; il était impossible de ne pas le voir. Je me souviens aussi être allée récupérer mes enfants malades suite à un appel téléphonique de l'institutrice et cela à différents moments de la journée. Je crois d'ailleurs me souvenir que le seul poste  de téléphone était situé vers la cantine, ce qui implique d'autres passages des enseignants devant les fenêtres de la classe de M. Degache, et cela à tout moment de la journée.

 

Pour moi, il est IMPOSSIBLE qu'il se soit passé quelque chose sans que personne n'ait jamais rien vu.

 

Cela se serait remarqué dans le comportement des enfants. Quand ma fille aînée a été dans sa classe, classe dont elle garde un excellent souvenir, elle dit d'ailleurs comme beaucoup d'autres, que ce sont ses meilleures années de primaire. J'ai eu l'occasion d'accompagner des sorties à la journée et j'ai pu voir des enfants détendus, à l'aise avec leur instituteur, un comportement comme avec un grand frère, c'est la réflexion que je me faisais à l'époque; c'est vrai, ils l'appelaient par son prénom, le tutoyaient, mais l'ambiance était tellement sereine que cela ne choquait pas, en tout cas cela ne m'a jamais choquée car lors de ces sorties les relations enfants/ instit étaient saines, normales. Pour moi c'était chaque fois un réel plaisir d'accompagner cette classe. Je reste persuadée que des enfants subissant des violences sexuelles auraient eu un comportement différent.

 

De nombreux parents pourraient apporter leur  témoignage et je les incite vivement à le faire ; il faut soutenir M. Degache en  lui disant que nous sommes persuadés de son innocence ; cela l'aidera à supporter ces longs mois d'enfermement absolument INJUSTE !

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:35

Voici la suite du document exceptionnel que la famille de Jean-Paul a retrouvé indiquant les principaux « événements » liés à l’école de Sarras. De nombreux passages demeurent édifiants et sont presque totalement irréalistes ! N’hésitez pas à réagir.

 

Partie 1

 

« 1998 : 28 avril : expertise chez le Dr B, psychiatre, à Annonay.

Classe de mer au Pradet (Var) en mai. »

 

L’affaire suit son cours. Visiblement, les conclusions du Dr B, auteur de nombreux livres sur la parole de l’enfant et sur « l’homme pervers », sont excellentes pour Jean-Paul Degache. Lors des procès, le Dr B répétera que Jean-Paul n’a pas la structure mentale d’un pervers qui pourrait commettre le type d’actes qu’on lui reproche. Hélas, cela ne suffira pas à convaincre.

Notons que les enfants interrogés en 1997, qui sont restés dans la classe de Jean-Paul, partent tous en classe de mer dans le Var… A cette occasion, Jean-Paul nous dira qu’il n’est même pas parvenu à trouver des parents volontaires pour accompagner leurs enfants ! Incroyable !

 

Ces mêmes enfants qui ont été interrogés par la gendarmerie, accompagnés de leurs parents, qui ont ensuite été informés des poursuites à l’encontre de leur instituteur lors d’une réunion en mars 1997 ! Aucun parent ne juge utile d’accompagner les enfants lors d’une classe de mer où ils seront accompagnés de leur instituteur pendant une semaine !

 

« 1999 : 5 février : réception officielle de la première tranche des travaux réalisés à l'école publique, en présence du Préfet, du sous-Préfet, du Président du Conseil Général et du maire. Je déclare qu'enfin, cette école a trouvé une âme…

Février : mauvaise nouvelle, une classe élémentaire sera fermée à la rentrée !

Nommé Professeur des écoles (1° septembre).

Médaille d'argent de l'Éducation Nationale attribuée par l'Inspecteur d'Académie, M. Sivirine. »

 

Une nouvelle fois, Jean-Paul, qui a pris ces notes après le procès de Privas, montre son attachement à son école, à sa profession. En 1999, il s’est passé plein de choses concernant son affaire… Lui estime que les plus importantes concernent des affaires pédagogiques, et notamment les travaux dans l’école, la fermeture d’une classe et une nomination administrative (la dénomination de « professeur des écoles » remplace celle « d’instituteur ».)

 

Notons que l’éducation nationale, informée de plaintes contre Jean-Paul Degache, lui décerne une nouvelle médaille !

 

Cela signifie d’abord que cette affaire n’est pas prise au sérieux malgré toutes les enquêtes, les interrogatoires des enfants, les gardes à vue, les plaintes, les rumeurs… Qui pourrait tolérer qu’un dangereux pervers bénéficie d’une telle faveur ? Et pourtant, tout se passe, tout à fait normalement. N’oublions pas que l’opinion publique est parfaitement sensibilisée à ce type d’affaires et a tendance à surréagir. Ici, rien de tout cela… n’est-ce pas justement le signe qu’il ne se passe rien ?

 

Prochainement Partie 3.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 08:13

Demain jeudi 25 novembre, nous vous encourageons à poster votre lettre afin d’atteindre symboliquement les 300 courriers, chiffre qui symbolise également le nombre de jours dont Jean-Paul Degache est éloigné de nous tous. Cette opération a pour objectifs de remonter un maximum son état psychologique afin de pouvoir outrepasser ce week-end où il ne pourra embrasser sa petite fille qui aura deux ans mais également la période des fêtes de Noël. Il faut également concevoir cette opération au niveau de l’impact que celle-ci peut avoir sur le personnel pénitencier. Il est peu commun qu’un détenu reçoive tant de courriers surtout pour ce type de condamnation…

 

Au niveau de la correspondance, nous vous proposons un nouveau bilan :

            - Jean-Paul a reçu à ce jour 896 lettres depuis le 26 mars 2010.

            - Jean-Paul a 387 correspondants !

            - Ces correspondants sont originaires de 36 départements français et de 4 pays autres que la France.

 

Voici la carte de France actualisée :

Sans titre

          

     Carte des correspondants de Jean-Paul par département

Sans titre-copie-4

 

Voici en supplément, le nombre précis de correspondants par département et par ordre décroissant : 

 

Ardèche : 188 correspondants

Drôme : 66

Isère : 24

Rhône : 15

Gers, Haute-Loire, Saône-et-Loire et Vaucluse : 7

Bouches-du-Rhône : 6

Gard : 5

Essonne : 4

Alpes-de-Haute-Provence, Eure, Hautes-Alpes et Loire : 3

Ain, Ardennes, Doubs, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Indre, Moselle, Paris, Val-de-Marne, Yvelines : 2

Ariège, Côte-d'Or, Allier, Finistère, Hauts-de-Seine, Loiret, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne, Meurthe-et-Moselle, Savoie et Haute-Vienne : 1

 

Nous vous proposons également la mise à jour des cartes française, européenne et mondiale indiquant le lieu à partir duquel ont été envoyées vos cartes postales :

 

- Carte des destinations françaises

 

- Carte des destinations européennes

 

- Carte des destinations mondiales

 

 

Nous vous rappelons qu’il est souhaitable de mettre votre adresse au dos de l’enveloppe au cas où votre courrier ne soit pas accepté ; ainsi il vous sera retourné. Nous vous conseillons également de joindre dans votre lettre, une enveloppe timbrée avec votre adresse afin que Jean-Paul puisse vous répondre.

                                                                         

L’équipe du blog vous remercie de tout votre soutien, de vos commentaires de plus en plus nombreux et de vos témoignages transmis par mail. La semaine prochaine, nous vous proposerons un bilan de cette opération.

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 06:27

Parmi les lettres reçues par Jean-Paul en prison, celles de ces anciens élèves demeurent une source d’énergie particulière. C’est pour cela que nous tenons particulièrement à publier certains extraits avec l’accord de leurs auteurs. Bonne lecture.

 

« Je tiens à t’écrire pour que tu saches que, depuis toujours, j’e crois en ton innocence malgré toutes les histoires qui courent les rues depuis treize ans déjà. Moi aussi, comme toutes les autres personnes de mon opinion, j’ai été outrée par le verdict et malheureuse. Je n’ai pourtant pas ressenti ce que tu as pu ressentir toi, ainsi que tes proches mais j’ai toutefois reçu un énorme coup de poignard dans le cœur.

 

Un homme innocent ne mérite pas de vivre une telle horreur, sûrement pas ! Je me pose souvent des tonnes de questions qui ne riment à rien puisque ces jurés n’ont pas creusé et voulu connaître la vérité !

 

Tu as été mon instituteur même pas une seule année scolaire entière puisqu’en février 2002, tu as été interpellé par les gendarmes en allant sur ton lieu de travail pour nous rejoindre. Nous ne savions pas le pourquoi de cette absence, ce matin-là… mais j’ai vite fini par le savoir. Je ne m’attendais en aucun cas à de telles horreurs, je t’assure !

 

Avec toi, j’ai les meilleurs souvenirs de toute ma scolarité. Oui, je me souviens vraiment de cette fameuse Vél’Usep de mai 2001. J’en ai un superbe souvenir et je ne pense pas être la seule. Ce que tu as organisé et ce sur plusieurs jours devait représenter un gros travail et il a porté ses fruits. On a pu parcourir plus de 300 kilomètres en Ardèche et découvrir de magnifiques paysages non loin de chez nous. C’était une très belle escapade que je garderai en mémoire pour toujours !

 

Je me rappelle aussi de la classe de neige à Albiez-le-Vieux, les balades et le ski dont on a pu profiter.

Merci en tout cas, pour TOUT…

[…]

Je tiens sincèrement à te dire de garder force et courage. T’écrire est notre seule possibilité pour échanger. J’espère que ce mot et tous ceux que tu as déjà reçus, te montrent que tout le monde est derrière toi… »

 

Merci à son auteur d'avoir accepté que l'on publie ces extraits.

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 00:03

Voici un extrait de document exceptionnel : la famille de Jean-Paul a retrouvé  un tableau qui indique les principaux « événements » à l’école que Jean-Paul a estimé nécessaire de porter à l’attention de ses avocats et de la Cour.

 

Lorsqu’on y réfléchit, ces notes sont édifiantes. Jean-Paul y dresse l’intégralité des événements qui ont eu lieu et les fois où des activités ont été organisées dans la classe, nous en dévoilons une partie dans cet article en commentant les événements.

 

« 1996 : Président des Comités départementaux UFOLEP et USEP.

Médaille de bronze de l'Éducation Nationale attribuée par l'Inspecteur d'Académie, M. S. 

Classe de découverte en Tunisie (mars - avril). »

 

Jean-Paul Degache est un homme comblé : il n’a pas encore 50 ans et se retrouve à la Présidence d’associations départementales. Il est élu au Conseil municipal de son village, correspondant de presse et directeur de l’école élémentaire publique. Son engagement est récompensé par l’obtention d’une médaille académique.

 

« 1997 : Élèves de CM1 interrogés à la gendarmerie d'Andance.

Dimanche 23 mars : je me présente volontairement à la gendarmerie d'Andance

Première garde à vue et perquisition au domicile par les gendarmes

Lundi 24 mars : j'informe l'Inspectrice, qui me garde sa confiance

1 seule plainte, retirée quelques jours après

Mardi 25 mars : réunion des parents d'élèves de la classe… que des compliments !

Aucun élève n'est retiré, même pour le CM2 qui suivra.

18 mai : décès de mon père. »

 

C’est là que tout bascule : les élèves sont interrogés, Jean-Paul subit une première garde à vue, son domicile est perquisitionné, une plainte - retirée quasiment immédiatement, est déposée contre lui.

 

Afin de faire le point sur l’affaire et de clarifier la situation, Jean-Paul Degache réunit tous les parents d’élèves à l’école. Nous avons interrogé plusieurs participants à cette réunion : tous nous disent qu’il n’y avait rien à lui reprocher mais que Jean-Paul a clairement dit de quoi il était accusé. Ces parents ont pourtant emmené leurs enfants à la gendarmerie pour qu’ils y soient interrogés quelques jours auparavant : aucun d’eux ne reproche quoi que ce soit à Jean-Paul. Au contraire, les enfants restent dans la classe pendant une année et demi.

 

C’est parmi cette classe que l’on retrouvera, en 2007 puis en 2010, le plus d'enfants reconnus comme victimes par l'institution judiciaire.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 09:15

Ce dimanche, nous vous proposons un nouvel article publié dans la rubrique « Nouvelles d’Europe ».

  

L’Allemagne manque de main d’œuvre (12/11/2010)

 

Difficile à croire dans notre pays où la jeunesse peine tellement à trouver un emploi, notre voisin, l’Allemagne dont la population vieillit, a grand besoin de main d’œuvre.

En 2011, le nombre de chômeurs va passer sous la barre des 3 millions pour la première fois depuis vingt ans. Alors que le taux de chômage dans l’Union Européenne est de 9 ,6%, l’Allemagne, avec 6,8% se situe au cinquième rang des pays comptant le moins de demandeurs d’emploi. C’est l’Autriche qui en dénombre le moins avec 4,3% alors que la France est au-dessus de la moyenne avec 10,1%, l’Espagne (20,5%) fermant la marche (carte du taux de chômage dans l'U.E. en 2009).  A titre de comparaison, le taux des USA se situe juste à la moyenne européenne.

L’Allemagne manque d’ingénieurs, d’informaticiens, d’employés du BTP, d’infirmières et d’aide-soignantes pour personnes âgées et cherche aussi des employés pour l’hôtellerie et la restauration. En Pologne, le pays voisin, on s’inquiète parce que 445 000 Polonais sont allés travailler en Allemagne en 2009 et que cette hémorragie doit se poursuivre. Déjà, en 2004, 2 millions de Polonais étaient partis vivre et travailler en Allemagne. Or, la patrie de Lech Walesa a aussi besoin de ses informaticiens, de ces ingénieurs et techniciens du BTP et elle n’est pas d’accord pour se laisser dépouiller continuellement de ses forces vives.

Si l’Allemagne est prête à accueillir des jeunes venant de Pologne mais aussi de République Tchèque, se pose alors le problème de l’origine de cette immigration. Les récentes prises de position d’Angela Merkel mettent en cause le multiculturalisme qui semblait si bien réussir à notre voisin. Sous la pression des conservateurs, la chancelière veut abandonner ce projet de société permettant de faire cohabiter pacifiquement des cultures différentes. Cela vise particulièrement les travailleurs venant des pays arabes et musulmans. On parle maintenant, outre-Rhin, de pousser au maximum à l’intégration. La ministre de l’Emploi demande à ce que les nouveaux venus maîtrisent l’allemand, qu’ils aient une profession, un niveau de qualification et qu’ils soient prêts à s’engager pour l’Allemagne. Le Président de la République fédérale, Christian Wulff, a récemment déclaré, en Turquie, que l’islam faisait partie de l’Allemagne, déclenchant aussitôt les protestations des conservateurs bavarois. De son côté, le Premier Ministre turc, Erdogan, a appelé ses compatriotes installés en Allemagne à apprendre l’allemand et à tout faire pour s’intégrer.

Vieillissement de la population, important besoin de main d’œuvre, difficultés d’intégration, notre grand voisin se trouve confronté à des problèmes remettant en cause des années de pratique sous la menace des forces les plus conservatrices du pays.

 

Jean-Paul

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 00:55

Ce blog n’a pas l’intention de faire de la politique, pas plus que le Comité de soutien à Jean-Paul Degache. Le problème de l’affaire Degache n’est pas politique mais clairement judiciaire.

 

Dans son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a précisé qu’il était favorable à l’ouverture d’une réflexion sur deux sujets : l’introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, et, surtout, dans le cadre de l’application des peines.

 

L’un des arguments employés a pu surprendre, c’est lorsqu’il a affirmé, sans doute un peu vite, qu’aucun verdict populaire n’était jamais contesté !

 

Cela fait partie des phrases assez étranges qui sont un parfait contre argumentaire au reste de la thèse présidentielle : les verdicts des assises sont quasiment toujours contestés, c’est d’ailleurs pour ça qu’un appel a été créé il y a quelques années. Pour reprendre les arguments de Florence Rault, l’avocate de Jean-Paul Degache, la justice est relativement bien rendue concernant les crimes de sang mais est totalement subjective dans les affaires de mœurs, surtout quand il n’y a aucune preuve.

 

Un juré est un citoyen comme un autre, tiré au sort , qui doit, suite à une procédure orale, prendre une décision sur la culpabilité ou non d’un criminel présumé, ainsi que sur la peine qu’il doit purger. Lorsqu’il y a des preuves, des éléments à charge probants, des analyses scientifiques, des témoins à charge, ou à décharge, il est souvent assez simple de se faire une opinion, mais quand il n’y a rien de tout cela ? Quand on se retrouve avec deux êtres qui s’accusent sans aucun autre élément pour juger ?

 

On est victime de la dictature de l’émotion, d’un jeu théâtral. Combien de coupables ont été acquittés parce qu’ils savaient mieux mentir que leurs victimes ? Et surtout, combien d’innocents ont été condamnés parce que les personnes qui les accusaient ont su convaincre mieux qu’eux… Parfois on en arrive même au délit de sale gueule… Si l’accusé a une tête de coupable, il a toutes les chances d’être victime d’un jury populaire qui, comme tout un chacun, n’aura aucun recul.

 

Au tribunal correctionnel, on juge les délits. Souvent, les preuves sont très minces, et dans les affaires de mœurs, il y en a encore moins que pour les viols. Comment faire la preuve d’un attouchement, d’une agression sexuelle, sans témoins ? Qui mieux qu’un juge professionnel, qui a vu des dizaines de cas similaires dans sa vie, peut évaluer au mieux pareille situation ?

 

Pour reprendre Florence Rault, une fois encore, dans une affaire de mœurs, s’il y a un doute, le jury condamne, dans une autre affaire, il appliquera le bénéfice du doute et prononcera un acquittement.

 

Pire encore, un détenu, lorsqu’il a purgé la moitié de sa peine, a le droit de demander une libération conditionnelle au juge d’application des peines qui prend cette décision en se posant plusieurs questions : Y-a-t-il un risque de récidive ? Y-a-t-il un risque de troubles à l’ordre public en cas de libération ?

 

C’est clairement le type de question qu’un juré devra se poser. Mais individuellement, sera-t-il prêt à prendre le risque ?

 

Le monde médiatique a tendance à caricaturer les cas de récidive suite à des libérations conditionnelles : si on interrogeait la population, il est certain qu’on obtiendrait une majorité des personnes qui penseraient que la récidive, dans les affaires de mœurs est une chose très courante.

 

Or ce n’est absolument pas le cas. Les quelques cas, atroces, où un détenu fraîchement remis en liberté a commis des atrocités sont très minoritaires. Mais qui prendrait le risque de libérer quelqu’un qui a été déclaré coupable de viols ?

 

Clairement, le recours à des jurys populaires dans le cas des demandes de libération serait terrible pour les détenus qui, majoritairement, font des efforts de réinsertion… Pour Jean-Paul Degache, condamné sans preuves ni témoins, qui clame son innocence depuis le début, cela signifierait clairement qu’il serait contraint d’effectuer la totalité de sa peine. Si deux jurys populaires l’ont condamné à 8 ans de détention sans preuves ni témoins, nul doute qu’aucun jury ne le fera jamais sortir.

 

C’est en ce sens que nous souhaitons attirer l’attention de Nicolas Sarkozy, Président de la République et Michel Mercier, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, lors des consultations qui, au vu des annonces faites cette semaine, devraient démarrer début 2011.

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 17:33

L’enjeu des retraites de Bernard Friot, Editions La Dispute, collection «Travail et Salariat», 2010.

 

Un après-midi, j’ai entendu Bernard Friot dans « Là-bas si j’y suis », l’émission de Daniel Mermet, sur France Inter. J’en ai parlé à Simon dès que je l’ai vu au parloir et, quelques jours après, mon fils m’apportait son livre, « L’enjeu des retraites ».

 

Cet économiste développe une perspective très novatrice concernant les retraites. Au cours des débats sans fin opposant les partisans de la réforme et leurs adversaires, il aurait été intéressant de donner un peu plus la parole à ce chercheur en sciences sociales, animateur de l’Institut Européen du Salariat (IES).

 

2256437-3152309.jpgL’auteur développe l’idée de la pension de retraite comme une continuation du salaire et non d’un revenu différé. Alors que l’on essaie de faire passer les retraités pour des gens qui ne font plus rien et consacrent tout leur temps à des loisirs, Bernard Friot rappelle à juste titre que la grande majorité de ceux qui prennent leur retraite continue à travailler bénévolement dans des associations, font un jardin, réalisent des tas de travaux pour venir en aide à leurs petits-enfants, à leurs voisins ou encore à leurs amis… bref qu’ils restent actifs et utiles pour l’ensemble de la société, à l’écart du marché du travail.

 

La principale revendication concerne la qualification personnelle pour tous avec un niveau de salaire correspondant au niveau des capacités communes. Cette qualification personnelle et le salaire correspondant seraient acquis dès la sortie du lycée jusqu’à la mort. La retraite serait donc un salaire continué. Tout cela suppose que notre quotidien collectif soit débarrassé de la Bourse et des banquiers…

 

On l’aura compris, cette alternative ouvre des perspectives tellement novatrices tout en s’appuyant sur la réalité vécue par la plupart des gens, que cela dérange beaucoup. Voilà pourquoi il faut faire connaître ces idées sortant des sentiers battus.

 

Jean-Paul

Merci à Simon de m’avoir permis de lire et de réfléchir grâce à ce livre.

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 07:18

Vendredi soir aura lieu l’Assemblée Générale du Comité de Soutien à Jean-Paul Degache. Le comité est né en janvier 2006 et a toujours eu pour objectifs de rassembler toutes les personnes, qui pour une raison ou pour une autre, sont convaincues de l’innocence de Jean-Paul mais également de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille pour la recherche de la vérité.

 

Depuis sa création, plusieurs équipes ont ainsi composé le Bureau et le Conseil d’administration de cette entité associative. Chacun a ainsi pu apporter son énergie, ses idées et son aide envers Jean-Paul. L’association compte actuellement plus de 1300 adhérents ! Parmi eux, nous retrouvons des amis, des collègues de travail, des membres de la famille et beaucoup d’anciens élèves. On trouve également un nombre important de personnes qui ne connaissent pas Jean-Paul et qui ont été sensibilisées suite aux manifestations organisées par le Comité.

 

Comment ne pas citer la conférence-débat menée par Dominique Wiel, un des nombreux acquittés d’Outreau,  incarcéré à tort pendant près de 30 mois ! Ce fut à cette occasion, devant plus de 300 personnes à Tournon, que l’abbé Wiel adhéra au comité et devint le 1000ème adhérent. Lors de cette soirée, nous avons ainsi pu nous rendre compte du traumatisme procuré par les semaines de prison et aussi des éléments qui amènent l’institution judiciaire à parfois se tromper. Voici un extrait de l’un de ses interviews réalisé lors de la sortie de son livre, Que dieu ait pitié de nous en 2006 chez Oh éditions :

 

 

 

 

9782707146755FS

 

 

La deuxième conférence-débat fut l’occasion d’accueillir la journaliste Marie-Monique Robin, couronnée par une dizaine de prix internationaux, connue du grand public notamment grâce à son reportage sur l’entreprise de biotechnologies Monsanto. Elle répondit favorablement à l’invitation dans le cadre de son travail sur les souvenirs induits et les fausses allégations dans ce type d’affaires. Lors de cette soirée qui se déroula à Saint-Vallier, le public put visionner le documentaire L’école du soupçon (France 5, 52 minutes, 2007) tiré du livre L’école du soupçon : les dérives de la lutte contre la pédophilie(La Découverte, 2005). Nous ne pouvons que vous conseiller de lire cet ouvrage ou de voir la rediffusion à la télé qui démontre comment des centaines d’innocents ont vu leur vie brisée à partir d’importantes investigations.

 

 


D’autres manifestations comme des concerts, une randonnée, des journées et des soirées familiales sont venues également ponctuer ces années. Ainsi, ce vendredi, nous invitons tous les adhérents à venir afin de continuer à apporter  leur soutien à Jean-Paul et sa famille et d’être informé des prochaines manifestations.

 

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