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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 06:41

Il y a quelques semaines, nous vous avions sollicité afin de savoir si vous aviez des questions à poser à Jean-Paul. Voici celle qu’un internaute nous a envoyée et à laquelle Jean-Paul a répondu. N'hésitez pas à nous envoyer votre question, nous la transmettrons à Jean-Paul. Merci.


« Comment se déroulent les parloirs ? »

 

D’abord, il faut pouvoir y aller. Si je suis dans ma cellule, je suis dépendant du surveillant qui doit venir m’ouvrir. Il peut venir trop tôt, à l’heure ou… trop tard. Dans la cellule, il y a un bouton qui allume une petite lumière rouge, à côté de la porte, dans le couloir. Seulement, si personne ne passe, la lampe reste allumée en vain. Il m’est arrivé de me présenter au parloir avec 15 bonnes minutes de retard. C’est très stressant. Quand je suis appelé trop tôt, cela stresse aussi parce qu’il faut attendre avec les autres. Pour l’instant, je n’ai pratiquement pas été embêté à ce moment-là. Enfin, la porte s’ouvre et nous passons un par un devant le surveillant qui prend notre petit papier, la convocation, et nous appose un tampon invisible sur le dos de la main.  Quand on la passe sous une lumière violette, apparaît un chiffre. Cela permet d’éviter un échange…

 

Ensuite, il faut trouver dans quel box se trouve la famille, insérer sa carte de circulation sur cette porte et attendre qu’un autre surveillant vienne ouvrir. Derrière la vitre, je vois la ou les personnes qui ont fait un si long déplacement pour venir me voir et passer 1h15 avec moi. Bien sûr, mon cœur bat plus vite et les premières embrassades font un bien fou. On apprécie d’être dans un box préservant une certaine intimité, même si les deux portes d’accès sont vitrées. Ça résonne un peu, la propreté laisse à désirer mais ce temps si précieux passe à une vitesse folle. La demi-heure supplémentaire que nous avons ici, par rapport à Nîmes, change beaucoup ce temps de visite parce que nous pouvons parler sans affolement, sans la peur d’oublier quelque chose. Malgré tout, l’heure de fin arrive quand même bien trop vite et il faut s’arracher, se séparer à nouveau. C’est très dur à chaque fois parce que nous nous demandons toujours : « Pourquoi ? » Il faut alors sortir du box, voir la porte se refermer. Encore quelques signes de chaque côté de la vitre, quelques mots échangés puis il faut s’en aller et rejoindre les autres pour attendre la fouille règlementaire. Pour cela, nous passons un par un dans un box avec un surveillant devant lequel il faut se déshabiller. Ce n’est pas le moment le plus agréable du parloir ! Autant cela me révoltait les premières fois que, maintenant, j’en ai pris mon parti. J’essaie de vivre encore intérieurement et intensément le moment de bonheur que je viens de vivre avec mes proches. Avant de réintégrer la cellule, quand tout le groupe a été fouillé, nous récupérons les sacs que nous ont laissés nos visiteurs. Il peut y avoir des journaux, des revues, des livres ou bien du linge et cela permet de prolonger ces moments intenses de communication avec la vraie vie.

 

Jean-Paul

 

 

Partie 2

 

En complément, vous pouvez lire l'article sur les parloirs côté famille et le témoignage de Françoise, soeur de Jean-Paul.

 

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:15

 

La presse, comme en témoigne cet article du Monde du 25 novembre dernier, s’est fait écho ces derniers jours de la décision de la cour d’Assises de St-Omer d’appliquer la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) selon laquelle les décisions de justice devraient être motivées, ou, autrement dit, que tout verdict devrait être argumenté. En pratique, cela signifie que la Cour ne peut pas se contenter de se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence du prévenu, elle doit justifier sa décision en répondant à des questions précises. Ainsi est-il précisé dans un arrêté récent de la CEDH :


« Pour que les exigences d’un procès équitable soient respectées, des garanties suffisantes doivent être offertes, qui soient propres à permettre à l’accusé et au public de comprendre le verdict rendu. Ces garanties procédurales peuvent consister par exemple en la fourniture aux jurés par le président de la cour d’assises d’instructions ou d’éclaircissements quant aux problèmes juridiques posés ou aux éléments de preuve produits et en la présentation au jury par ce magistrat de questions précises, non équivoques, de nature à former une trame apte à servir de fondement au verdict ou à compenser adéquatement l’absence de motivation des réponses du jury. »

Cette exigence d’argumentation pourrait sembler aller de soi. Ne demande-t-on pas à tout enseignant, à tout jury d’examen, de justifier ses évaluations négatives ? Ne demande-t-on pas à tout arbitre de football ou à toute autre instance sportive de justifier ses décisions ? Et bien non, cela fait pourtant débat en matière de Justice. Pourquoi ? Le principal argument avancé est que cela pourrait nuire à l’esprit du jury populaire. En effet, il faut savoir qu’en France la Cour d’Assises est composée de 9 jurés (12 en appel), tirés au sort parmi la population et de 3 professionnels : le/la juge et deux assesseurs1. Pour certains, le fait de devoir motiver la décision risquerait alors de minorer le poids des jurés et de favoriser l’avis des professionnels, de leur donner le moyen d’orienter fortement la décision, voire de faire pression sur les jurés. Or, les témoignages de jurés montrent que, dans bien des cas, ils sont déjà fortement influencés par les 3 magistrats. La chose fait donc débat…

 

Cela aurait-il changé quelque chose dans l’affaire de Jean-Paul Degache ? C’est vrai qu’à Privas comme à Nîmes, l’énoncé du verdict non motivé a été dur à encaisser. Encore plus à Nîmes sans doute car le verdict s’est résumé à une phrase lapidaire : « la Cour a répondu oui (par 10 voix au moins) à toutes les questions posées » ! Mais ces questions n’étaient pas des « questions de nature à servir de fondement de verdict » au sens où l’entend la CEDH. Ces questions demandaient pour chacune des 13 personnes retenues dans l’acte d’accusation si Jean-Paul Degache était coupable, s’il était en position d’autorité et si ces personnes avaient moins de 15 ans au moment des faits présumés. A Privas comme à Nîmes, la Cour a répondu par l’affirmative à 39 questions (3 questions pour 13 personnes) sans aucune justification. La réponse à chaque question a été donnée uniquement sur la base de l’intime conviction.

 

Les avocats des parties civiles ont pourtant fait valoir un certain nombre d'arguments, mais ils n'ont pas été exposés en tant que tels si bien que la Défense n’a pas pu les contrer ouvertement comme nous le faisons ci-après :


  • Le nombre des personnes accusatrices : Ce n’est pas tenir compte de la chronologie « étirée » de cette affaire : 13 ans entre la 1ère garde à vue et le verdict en appel, des faits de viol présumés par pénétration digitale qui remonteraient à 1987, 13 personnes considérées comme victimes alors que certaines d’entre elles disent ne rien avoir à reprocher à leur instituteur ! 

 

  • Le fait que les accusatrices soient issues de différentes générations et n’habitent pas toutes le village : c'est oublier les réseaux de conscrits, réseaux sociaux (y compris sur internet), la proximité des lieux d’habitation… concernant les accusatrices, notamment celles qui se sont succédé à la gendarmerie en 2001-2002. 

 

  • Une certaine concordance des dépositions et des descriptions données : cette concordance des descriptions ne s’est affirmée qu’en 2001-2002, et encore, pas subitement. Il suffit d’entendre à ce sujet comment a évolué la 1ère accusatrice… 

 

  • L’absence de mobile objectif qui pourrait justifier une accusation calomnieuse : un personnage « public », très impliqué dans la vie du village, suscite forcément des rancœurs de la part de quelques envieux ou jaloux auxquels il fait de l'ombre. De plus, le choc traumatique collectif subi par un village en 1997 qui devient une épée de Damoclès et dont témoigne l’évolution au fil des ans des propos de certaines anciennes élèves.  

 

Enfin il faut rappeler le contexte médiatique : 2001 est considéré2 comme l’année où l’on a le plus parlé de pédophilie dans la presse sans jamais évoquer les dérives possibles de cette focalisation. 



 [1] Dix états membres du Conseil de l’Europe (sur 47) ont opté pour leur part pour un « jury traditionnel », « lequel se caractérise par le fait que les magistrats professionnels ne peuvent pas participer aux délibérations des jurys sur le verdict » (arrêt Taquet contre Belgique, CEDH, p.2).

 

 [2] Marie-Monique Robin, dans son livre-enquête « L’école du soupçon. Les dérives de la lutte contre la pédophilie » (La Découverte, 2006, p.96), identifie 153 articles dans Le Monde contenant le mot "pédophilie", soit le niveau maximal sur la période considérée, de 1995 à 2004, avec une autre année… 1997 précisément !

 
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 09:22

Atelier d’écriture Semaine 8

 

Voilà plusieurs semaines que Jean-Paul a pu intégrer la Classe Atelier du Journal de la prison. Rappelons que cette occupation lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Ce dimanche, nous vous proposons deux articles écrits par Jean-Paul consacrés à l’Italie. Bonne lecture.

 

Les bergers sardes victimes de la mondialisation (26/11/2010) 

 

La Sardaigne, deuxième plus grande île de la Méditerranée, située au sud de la Corse, voit son agriculture traditionnelle sérieusement menacée par la mondialisation. Les bergers sardes sont en colère et le montrent parfois de manière violente au cours de ces dernières semaines.

Depuis des siècles, l’économie locale était basée sur l’élevage des moutons qui fournissent lait, laine et viande d’excellente qualité. Avec ça, l’élevage des chèvres permet de produire un fromage, le pecorino, fort prisé aux Etats-Unis. L’île en produit chaque année 270 000 quintaux, sous la forme de meules salées de 25 kg, soit la presque totalité de la production italienne. Relégué maintenant au rayon des fromages râpés, ses exportations ont chuté de 50 000 quintaux et le prix payé aux producteurs s’est effondré.

Dans les villages les plus reculés de l’île, la vie devient impossible. Les éleveurs croulent sous les dettes. Alors qu’il faudrait leur payer 0,90 € le litre de lait, les industriels ne leur en donnent que 0,60. A titre de comparaison, en 1985, ce même litre était payé 1850 lires (0,96 €). Si les éleveurs n’acceptent pas les prix imposés, les fromagers importent du lait d’Espagne ou de Roumanie. Andrea Pinna, le patron de la plus grande fromagerie de Sardaigne, a investi en Roumanie et produit donc du fromage sarde à l’étranger. Pour se défendre, il prétend que cette production ne concerne qu’à peine 2% du fromage partant pour l’Amérique.

Une chose est sûre, dans les bergeries, la misère gagne. En quelques années, le fourrage est passé de 7,75 € à 35 € le quintal et il faut maintenant vacciner les bêtes contre certains virus… Au final, un agneau vaut moins cher que le foin  qu’il mange puisqu’il est vendu 3 ou 4 € le kg au boucher pendant les fêtes pour redescendre à 1,5 € le restant de l’année. L’étiquette fixée à l’oreille de chaque bête devrait attester son origine mais les oreilles sont coupées à peine le mouton arrivé chez le boucher ce qui permet de mélanger sa viande avec celle qui parvient de l’étranger. La laine qui se vendait 0,67 € le quintal ne trouve même plus preneur aujourd’hui.

Aujourd’hui, 1 000 moutons ne permettent plus aux jeunes de se marier et d’avoir un enfant alors que leurs grands-parents entretenaient six enfants avec 300 moutons et que leurs parents élevaient quatre enfants avec 700 bêtes. Un patrimoine économique est menacé de disparition mais cela fera de la place aux investisseurs qui veulent transformer l’île en destination touristique de luxe, en colonisant la Sardaigne depuis la côte.

 


Gianfranco Fini ne veut plus de Berlusconi (26/11/2010)

 

En Italie, la crise gouvernementale couve à cause des frasques de Silvio Berlusconi, le président du Conseil. Si la gauche italienne ne semble pas assez structurée pour constituer une menace sérieuse, c’est dans son propre camp que se lève la contestation la plus dangereuse pour Il Cavaliere.

Gianfranco Fini, Président de la Chambre des députés, a non seulement créé un nouveau parti de centre droit européen, Futur et Liberté pour l’Italie (FLI) mais il vient d’appeler Silvio Berlusconi à la démission. Au cas où il n’obtiendrait pas ce qu’il demande, les ministres FLI quitteraient le gouvernement et ce parti se contenterait d’un soutien au Parlement.

Pourtant, dans ce jeu politicien, Fini sait qu’il ne doit pas aller trop loin et se contente de parler de décadence morale. La mise en minorité du président du Conseil se traduirait par une dissolution du Parlement et par un retour aux urnes. Or, aucun des deux n’a intérêt à avancer les élections.

L’écroulement, ces derniers jours, par manque d’entretien, de la Maison des Gladiateurs, à Pompéi, serait-il un signe de plus du déclin de ce pays ?

 

Jean-Paul

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 08:36

Jean-Paul nous livre aujourd'hui la chronique de deux recueils de nouvelles.

 

A jamais et de tout temps, nouvelles de Charlotte Boyer, TheBookEdition, 2008.

 

Titres des nouvelles : A toi de voir – Soleil paradisiaque – Pour cette fois – Déjà vu (suite de A toi de voir) – A jamais et de tout temps (poème).

 


CouvertureDans un style soigné et très agréable à lire, Charlotte Boyer intrigue d’abord puis capte l’intérêt de son lecteur, mettant en place un climat où la douceur et le danger se côtoient sans cesse. Dans ce livre, A toi de voir est une nouvelle très originale puisqu’elle se déroule en cinq actes, comme une tragédie. Hésitations, espoirs, craintes et doutes agitent son esprit : « La seule chose qui me réchauffait, c’était les larmes qui commençaient à monter… C’est peut-être notre cœur qui nous fait voir les choses sous une certaine forme… Non ça ne peut pas être, je n’ai plus de cœur ! » Ou encore, après avoir observé des couples semblant heureux, dans la rue : « La Terre s’était arrêtée de tourner pour moi et chacun semblait heureux de la position dans laquelle elle se trouvait. » Le couple se retrouve mais la fin est tragique. Charlotte Boyer termine par une réflexion sur la vie, sur le destin de chacun sur cette terre. L’auteur manie habilement la poésie et la réalité, mettant en scène des sentiments qui lui sont propres ou qui, tôt ou tard, ont traversé ou traverseront notre esprit. A la fin du livre, le lecteur découvre une suite. On sent que la tentation du roman démange l’auteur. Beaucoup d’ingrédients sont déjà là. Il ne lui reste qu’à sauter le pas…

 

 

 

Trois cents secondes, nouvelles de Charlotte Boyer, TheBookEdition, 2009.

 

Titre des nouvelles : Trois cents secondes – C’est pour moi – L’Ange et la Chanceuse – Le passage – La révolte du plastique – La libération – Petite mort – Celui qui – Mémoire vive.

 

429156couverture 300 secondesLa nouvelle est un genre beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Charlotte Boyer le maîtrise bien puisqu’elle sait nous mettre l’eau à la bouche en quelques lignes. Certaines intrigues sont tellement bien amorcées et l’on est parfois déçu que l’histoire s’arrête. La rencontre entre Hugo et Céleste se passe d’une façon extraordinaire dans Trois cents secondes : « Les serveurs semblaient surpris qu’après un tel silence, il y ait autant de paroles, de sourires, de regards. Cette rencontre était si pleine de promesses qu’ils n’osaient plus les interrompre. »

Dans C’est pour moi, l’appât du gain est décrit dans toute sa noirceur. L’ange et la chanceuse se lit comme une fable mettant en scène Lucie qui vivait au XVIIIème siècle et qui revient de nos jours. En quelques mots simples et quelques exemples bien choisis, le décor est planté…

Le passage est une savoureuse description sur le passage à l’âge adulte… heure par heure, ou presque, et même après.

La révolte du plastique fait vivre des jouets qui réagissent : « Un soir, le couple de plastique, à force d’imaginer des jours meilleurs, décida de s’enfuir, sans se retourner… »

La libération est une délicieuse nouvelle décrivant avec beaucoup de finesse et d’humour une aventure bien ordinaire que chacun de nous a pu vivre… « Et la libération eut lieu. C’était comme si on lui enlevait un poids énorme. Une libération. Le mot n’est pas trop fort ! »

 

Un immense merci à Charlotte Boyer qui m’a permis de découvrir ses textes, m’apportant ainsi un réconfort immense et de précieuses minutes de bonheur.

Jean-Paul

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 07:44

Aujourd’hui nous publions un nouveau témoignage qu’une maman d’élèves nous a envoyé. Cette dernière nous rappelle qu’elle avait envoyé un courrier en 2002 au juge d’instruction afin d’apporter son témoignage… qui ne fut jamais entendu. Des dizaines de personnes avaient fait de même en demandant à être entendues spontanément par le juge... sans suite !

 

 

Bonjour,

 

Mes deux enfants, qui sont maintenant majeurs, ont été scolarisés à l'école élémentaire publique de Sarras. Le second a été l'élève de M. Degache durant deux années scolaires, classe dans laquelle on retrouve 7 personnes considérées comme victimes par l’institution judiciaire. Il a d’ailleurs participé à la classe de découverte en Tunisie en 1996.

 

L'un et l'autre n'ont jamais remarqué une attitude anormale chez cet instituteur.

 

Pour ma part, j'ai accompagné de très nombreuses fois les enfants de l'école à des sorties scolaires auxquelles la classe de M. Degache participait : USEP, voyages scolaires de fin d’année, ski de fond, vélo... Que ce soit dans le car ou pendant les épreuves sportives, je n'ai JAMAIS constaté,  chez M. Degache, un comportement immoral ou des faits et gestes équivoques envers les enfants. 

 

Au cours de ces sorties, la principale préoccupation et le seul but de Jean-Paul Degache étaient que tous les enfants arrivent  à skier, à parcourir les kilomètres prévus en vélo, progressent et rentrent, fatigués mais contents de leur journée en plein air. Dans le car, si ce moyen de locomotion était utilisé, il n'était jamais assis car il commentait le voyage, ou faisait chanter les élèves. Jamais je n'ai remarqué ou surpris un geste indécent, malsain, choquant ... pervers !  

 

 

Encore une fois nous tenions à remercier cette personne ainsi que toutes celles qui participent à l’enrichissement quotidien de ce blog.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 06:18

Suite et fin de l'interview de deux personnes ayant assuré les entraînements avec Jean-Paul. Si vous aussi, vous avez participé à l'école de korfbal, n'hésitez pas à venir apporter votre témoignage. Bonne lecture.

 

Partie 1

 

- On lui a reproché d’être rentré à plusieurs occasions dans le vestiaire des filles. Pouvez-vous nous dire si les vestiaires étaient utilisés par les jeunes ?  

 

A : Pour ce qui est des vestiaires, les jeunes n'y passaient pas, sauf pour changer de chaussures pour la simple raison qu'ils arrivaient la plupart du temps déjà en tenue de sport. Jamais je n'ai vu un seul enfant prendre une douche après l'entraînement ; il me semble qu'à cet âge là, c'est le cas dans beaucoup de sports où l'on ne termine pas la séance couvert de boue !

Si je suis persuadé que Jean-Paul ne rentrait pas dans les vestiaires, c’est parce que :

            - d’une part, l'installation et la préparation de la salle nous prenaient du temps (remonter les panneaux de basket à la main, installer les poteaux de korfbal, regonfler les 20 ou 25 ballons nécessaires...), et au fur et à mesure de l'arrivée des enfants, ils venaient nous rejoindre dans la salle pour nous aider.

            - d’autre part, à la fin de l'entraînement, l'école de basket nous succédait, et pendant que nous rangions le matériel, les enfants disparaissaient très vite, si bien que lorsque nous avions terminé, les seuls enfants encore présents dans le gymnase étaient ceux qui participaient à l'entraînement de basket.

C’est pourquoi je ne vois vraiment pas comment Jean Paul aurait pu entrer dans le vestiaire des filles.

 

B : Le créneau horaire étant assez court (2 heures), les enfants arrivaient en tenue de sport ; ils utilisaient les vestiaires uniquement pour changer de chaussures car c’était exigé afin de ne pas abîmer le revêtement de la salle. 

 

- Aviez l’habitude d’y entrer ? Et si oui, pourquoi ?

 

A : Je ne rentrais jamais dans le vestiaire des filles, pas plus que les autres animateurs masculins.

 

B : En qualité de maman et de personne encadrant les jeunes, j’allais exceptionnellement dans les vestiaires presser les retardataires qui bavardaient.

 

- Enfin, lors du procès en appel à Nîmes, l’Avocat général a comparé ce sport avec du sport en chambre dans son réquisitoire. Quel est votre avis ?

 

A : Comparer le korfbal à du sport en chambre est une stupidité qui ne démontre que l'ignorance de celui qui tient ces propos. Ignorance que nous avons eue l'habitude de croiser autour de nous, et fantasme sur le fait que ce sport soit mixte. Mais ce sport, s'il est bien peu développé en France est le 2ème en nombre de licenciés aux Pays-Bas (100 000 licenciés, juste derrière le foot, et devant le basket), où il y a même un championnat professionnel. Il se joue sur les 5 continents (surtout dans les anciennes colonies hollandaises) et il y a des championnats d'Europe et du Monde.

Ainsi c'est un vrai sport, très collectif, sans contact et mixte, idéal pour des enfants en école primaire et collège. Voilà pourquoi en France, il s'est développé surtout auprès des instituteurs.

Et donc dire que le korfbal est un sport en chambre me révolte, et de la part d'un avocat général, c'est soit de l'ignorance, soit une volonté de frapper l'esprit des jurés en faisant fi de la réalité. 

 

B : Je suis outrée par de tels propos diffamatoires, cela dénote une totale méconnaissance de ce sport et de ses valeurs éducatives. Ce magistrat se serait-il permis de faire une comparaison aussi infondée avec un autre sport ? En tout cas, cela montre que l’avocat général était convaincu de la culpabilité de Jean-Paul alors qu’il n’a pas pris la peine de prendre réellement connaissance de l’affaire. Je n’imagine même pas les jurés…

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 11:02

Bonjour à tous,

Suite aux fortes chutes de neige qui ont rendu les routes impraticables, Jean-Paul n'aura pas de parloir ce matin. En espérant que cela s'arrange d'ici samedi...


Aujourd'hui, nous vous proposons la première partie de l'interview réalisée avec deux personnes ayant travaillé avec Jean-Paul dans le cadre de l'école de korfbal. Jean-Paul s’est vu accusé durant les deux procès d’avoir un comportement pervers lorsqu’il entraînait les enfants de l’école de Korfbal. La principale accusation portait sur le fait que des jeunes filles l’avaient vu rentrer dans les vestiaires filles. Ce sport, originaire de Hollande, a la particularité d’être mixte. Il se pratique par équipes de 8 joueurs composées obligatoirement de 4 garçons et de 4 filles. Cela se joue sur un terrain de handball avec des paniers à 3,5 mètres de hauteur sans planche. Afin que vous compreniez bien de quoi il s’agit, voici un extrait vidéo d'un match international :

 

 


 

Jean-Paul fut l’un des premiers instituteurs français à essayer de développer ce sport. Il réussit son pari, puisqu’à Sarras il réussit à monter en 1987 un club qui compta au maximum 3 équipes adultes et plus de 50 jeunes. Dès les débuts du club, certaines personnes lui reprochent de faire de la concurrence au basket. Étonnamment, nous avons retrouvé ces personnes dans les accusateurs lors des deux procès !

 

Afin de bien comprendre comment pouvaient fonctionner les entraînements avec les jeunes, nous avons décidé d’interviewer deux personnes qui les encadraient aux côtés de Jean-Paul.

 

Bonjour à tous les deux.


- Tout d’abord quand avaient lieu ces entraînements de korfbal avec les jeunes ?

A et B : Les entraînements de l'école de korfbal avaient lieu à la salle des sports de Sarras le mercredi après midi de 14 à 16 heures de septembre à juin hors vacances scolaires. Après le korfbal avaient lieu les entraînements de basket.

- Pendant combien de temps environ les avez-vous encadrés ?

 

A : J'ai commencé en 1989 jusqu’à la fin de l'école de korfbal du mercredi.

 

B : J'ai participé à ces entraînements durant 2 saisons : 1996 et 1997.

- Vous avez donc travaillé suffisamment de temps pour vous faire une opinion de Jean-Paul. Avez-vous remarqué des gestes déplacés de sa part ou un comportement douteux ?

 

A : J'ai donc été aux côtés de Jean-Paul pendant plusieurs années, et lorsque j'étais là, je prenais en charge l'entraînement des plus grands et des plus expérimentés, soit des enfants scolarisés au CM1-CM2 et au collège, axant mon travail sur une partie plus technique du sport.

Au cours de ces années, jamais je n'ai remarqué le moindre geste ou comportement suspect de la part de Jean Paul ! Au contraire, je sentais bien que les jeunes l'adoraient, venaient nombreux et avec grand plaisir pratiquer le korfbal. Pendant plusieurs années, Sarras a été le plus grand club de jeunes en France avec, si je ne me trompe pas, une cinquantaine de jeunes licenciés.

 

B : Je n'ai jamais rien remarqué. S'il y avait eu quoi que ce soit d'anormal, je l'aurais immédiatement vu. On était tous ensemble dans la même salle !

 

Partie 2

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 06:31

« Et vous, j'ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l'a dit ? J'en ai l'intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier ? »

C’est en ces termes que Nicolas Sarkozy, pensant être à l’abri des caméras et micros s’est adressé à plusieurs journalistes en marge du sommet de l’OTAN à Lisbonne.

 

Lu comme ça, à brûle pourpoint, cela peut paraître étrange, un Président de la République, qui s’adresse ainsi à un journaliste. Pourtant, l’intégralité de la conversation montre que cet exemple est choisi à dessein. Nicolas Sarkozy évoque ici l’affaire de corruption présumée dans un dossier de vente d’armement qui serait à l’origine d’un attentat au Pakistan et qui fait grand bruit actuellement. Dans cette conversation, des journalistes veulent qu’il évoque le sujet car des « bruits » et des « rumeurs » indiquent qu’il serait impliqué.

 

Nul besoin d’examiner le fond de l’affaire, dont personne ne sait grand chose, mais Sarkozy cherche à indiquer aux journalistes qu’il n’y a pas l’ombre d’une preuve, qu’il n’y a aucun élément le reliant au dossier et que ce qui ressort dans la presse ne repose que sur des rumeurs…

 

Quel exemple cet ancien avocat, fils d’avocat va-t-il sortir sans aucune préparation ? Qu’est-ce qui, pour le Président de la République, représente le moyen le plus facile, le plus rapide, celui qui nécessite le moins de preuve, pour salir un être humain ? L’accusation de pédophilie !

 

Le pire, c’est que Nicolas Sarkozy a parfaitement raison : accuser quelqu’un de pédophilie en se basant sur des bruits, de rumeurs, des sources orales, est la meilleure solution pour le détruire et l’envoyer en prison. Les amis et proches de Jean-Paul Degache en savent quelque chose : les enquêtes, les poursuites, les interrogatoires et garde à vue ont commencé suite à des bruits, des rumeurs de village, qui visaient un homme très en vue. La machine à broyer a ensuite conduit Jean-Paul Degache en prison pour les 8 années à venir.

 

Mais le Président de la République tient ici un double langage : il admet volontiers que la fausse accusation de pédophilie sans preuves est le meilleur moyen de briser un homme mais, en parallèle, annonce à grands renforts médiatiques son intention de mettre des jurys populaires partout, sans réfléchir, justement, aux crimes sans preuves, sans témoins et où seule l’intime conviction compte.

 

Cette ambivalence, que l’on retrouve souvent chez les politiques qui sont les premiers à fustiger les accusations sans preuves et à défendre la présomption d’innocence mais qui, parallèlement cherchent à être le plus dur possible et à associer au maximum les citoyens aux décisions de justice, est réellement contre productive. C’est en ce sens que nous comptons demander à être auditionnés par les différentes commissions qui seront en charge de réfléchir à l’introduction de jurés populaires lors des audiences de libération conditionnelle et dans les tribunaux correctionnels.

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 00:18

Cette semaine, l'équipe du blog a décidé d'axer sa ligne éditorialiste sur les témoignages d'anciens élèves, de parents d'élèves, de personnes ayant travaillé avec Jean-Paul ainsi que des amis... comme celui d'aujourd'hui. Il s'agit d'un ami d’enfance de Jean-Paul qui nous a transmis son message et nous l’en remercions. Si vous aussi, vous avez connu Jean-Paul Degache, nous ne pouvons que vous encourager à nous envoyer votre témoignage. Merci.

  

Bonsoir Jean-Paul,


J'ai vécu 4 ans de scolarité avec toi, de la classe de 3ème à la terminale.

Des années dont je me souviens encore ; de 1965 à 1968 ; des années vécues ensemble, des années saines, propres, des années où, adolescents nous ne nous posions que des questions essentielles : qu'est-ce que réussir sa vie, comment allons-nous réussir notre vie, que voulons-nous mettre en œuvre pour que cette réussite que nous voulons puisse s'accomplir ...


Et nous avions des éléments de réponse dont voici les plus criants : réussir sa vie, ce n'est pas nécessairement réussir dans la vie, c'est vouloir le bonheur des autres et même se battre pour y parvenir ; autrement dit, réussir sa vie c'est donner ce que l'on a de meilleur en soi pour essayer d'améliorer et soi-même et autrui.

 

Tu dois te souvenir de tout ça, Jean-Paul ; et je me rappelle que nous nous posions aussi une autre question : à savoir, jusqu'où ce courage que nous manifestons a priori naïvement (mais le recul du temps m'assure qu'adolescents nous nous posions les vraies questions), jusqu'où ce courage peut-il nous conduire et que nous réserve-t-il en " surprises " par rapport à notre ignorance des choses de la vie ?

 

Je vais te parler franchement, Jean Paul ; si quelqu'un m'avait introduit un doigt dans l'anus lorsque j'avais 9 ou 10 ans, je n'aurais pas supporté ; j'aurais eu un mouvement de recul et de rejet immédiats ; n'ayant pas de vagin, je ne peux savoir qu'elle aurait été ma réaction, mais mon entourage féminin m'assure de la même réaction ; le commentaire de V. est plein de bon sens.


Toi, Jean Paul, tu souffres actuellement (et depuis longtemps) et je ne puis que te dire : peux-tu continuer d'y croire ? Je souhaite tellement que tu restes celui que j'ai connu, avec ses espoirs, ses illusions, ses rêves et ses projets. Je te pose cette question  parce que je suis encore abasourdi du jugement rendu et que je n'ai pas eu le courage de t'écrire ; j'utilise ce blog pour te transmettre mon sentiment d'incompréhension à l'égard de ce jugement.


Tu vois, Jean Paul, mes considérations sont bien égoïstes.

Sache que je pense à toi quotidiennement, ainsi qu'à Ghislaine et à ta famille.

Je t'embrasse amicalement et affectueusement.

Gilbert V.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 09:05

En ce 300ème jour de détention, nous vous proposons deux articles rédigés par Jean-Paul pour le journal de la prison.

 

Made in China… pardon, in Italy (19/11/2010) 

 

Incroyable retournement de situation, alors que la Chine est devenue l’usine de la planète, ces mêmes chinois sont capables d’inverser complètement leur stratégie comme cela se passe en Italie, à Prato, une ville de 180 000 habitants, située en Toscane. Prato était la cité du textile italien avec 10 000 ateliers très actifs jusqu’au début de ce siècle. La concurrence extrême-orientale a causé la fermeture de nombreuses entreprises libérant des locaux qui ont commencé à être repris par des Chinois. En 20 ans, le nombre de manufactures de textile est passé de 8 141 à 3 300. Par contre, si on dénombrait 2 000 entreprises de vêtements en 1991, elles sont 4 500 aujourd’hui.

Venue de Wenzhou, au sud de Shanghai, une centaine de Chinois est arrivée en 1989. Ils sont aujourd’hui plus de 40 000 dont une bonne partie de clandestins, et travaillent tous dans l’habillement. Avec eux, ces Chinois ont apporté leur modèle économique. Pour produire si bon marché, il faut travailler « à la chinoise », soit pendant 15 à 16 heures par jour, 7 jours sur 7, avec le sommeil et repas pris sur place, dans les ateliers surchauffés ou dans des hangars pleins de courants d’air. Il est très difficile de lutter contre cet esclavage moderne dans un pays où, à Naples, par exemple, des Italiens connaissent pratiquement les mêmes conditions de travail pour alimenter les couturiers de Milan.

Chaque jour, un million de vêtements sont produits par les 4 500 entreprises chinoises de Prato à partir de tissus (laine acrylique, acétate ou polyester) venus de Chine. Alors qu’un mètre de tissu italien revient à 4,50 euros, le tissu chinois ne coûte que 58 centimes d’euro. Alors qu’il faut deux mois à un grossiste européen pour recevoir sa commande partie de Shanghai, les vêtements élaborés à Prato sont livrés dans les pays voisins, en 48 heures. Chaque fin de semaine, camionnettes, breaks ou 4x4 immatriculés en Pologne, en Allemagne ou en France vont livrer la production portant l’étiquette « made in Italy »qui fait référence auprès des consommateurs. Si ce sont les Chinois eux-mêmes qui assurent le transport, son coût peut même diminuer de moitié.

Le chiffre d’affaires de cette industrie atteint les 2 milliards d’euros par an dont la moitié part dans les banques de Wengzhou, une bonne partie de l’argent circulant au noir. Des contrôles sont effectués mais il faudrait dix ans pour visiter tous les ateliers. Les autorités voudraient une vraie coopération italo-chinoise et comptent sur la seconde génération, mieux intégrée, scolarisée, parlant italien mais ce sera long…

 

 

 

Georges Salomon, la bonne trace (19/11/2010) 

 

Georges Salomon vient de décéder à Annecy, à l’âge de 84 ans. Il laisse une trace importante dans le monde du ski pour avoir créé une marque de ski qui s’est imposée dans le monde entier sur le marché des sports d’hiver.

Son père, artisan en scies à bois, l’embauche comme ouvrier mais celui-ci, devant le développement naissant des sports de neige, décide d’investir dans ce domaine et se révèle un grand innovateur. En 1952, il invente les fixations à câble qui remplacent les lanières de cuir pour solidariser le ski avec la chaussure. En 1965, son entreprise met au point les fixations à déclenchement automatique. Salomon devient leader mondial du marché des fixations de ski. L’entreprise s’attaque alors à la chaussure et ringardise les fermetures à crochets en imposant le blocage du pied dans le chausson avec ouverture arrière. En 1988, Salomon fabrique ses skis puis fait un essai dans le tennis mais abandonne pour racheter une société californienne spécialisée dans le golf. En 1991, Georges Salomon laisse la direction de son entreprise, reprise en 1997 par Adidas. Hélas, la marque allemande revend Salomon à un groupe finlandais tout en conservant le golf, et l’usine de ski de Rumilly ferme en 2008. Comme cela se voit trop souvent, les fleurons de notre industrie disparaissent ainsi dès lors qu’ils sont livrés au pouvoir des financiers.

 

Jean-Paul

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