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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 22:42

Certes, nous n’avons pas atteint le chiffre escompté mais Jean-Paul a reçu 153 lettres entre le 26 et le 28 novembre ! Il tient absolument à remercier toutes les personnes qui lui ont témoigné leur soutien pour l’aider à franchir ce cap des 300 jours de détention alors qu’il est innocent.

 

« Vendredi, c’était extraordinaire. Le surveillant était persuadé que mon courrier avait été bloqué par un juge. J’ai eu toutes les peines du monde à leur faire comprendre qu’il n’en était rien, en leur montrant les dates sur les enveloppes, toutes postées du 24 ou du 25. »  

 

Il faut ajouter que de nombreuses personnes, pour cette occasion, ont écrit leur première lettre à Jean-Paul. Au total on comptabilise près de 46 nouveaux correspondants, originaires du Portugal, d’Ardèche, de la Drôme, de Haute-Loire, de Haute-Savoie, des Hauts-de-Seine, de l'Isère, de Saône-et-Loire, du Rhône, du Var et du Vaucluse. Depuis le 26 mars 2010, le total des lettres reçues par Jean-Paul est de 1053 !

 

Afin de continuer à soutenir psychologiquement Jean-Paul, nous ne pouvons que vous inciter à multiplier vos lettres.

 

Encore merci à tous d'avoir répondu présent. On ne lâchera jamais !

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 06:39

Voici le courrier qui a été envoyé, au nom du Comité de Soutien à Jean-Paul Degache, au Garde des Sceaux ainsi qu’au Président de la République dans le cadre de la réforme de la Justice française prévue en 2011.
             

Permettez-nous de solliciter votre haute bienveillance à propos d’un élément de la réforme de la Justice que vous comptez mettre en chantier dès 2011.

 

Nous avons pris note avec une attention toute particulière de vos propositions de rendre la Justice plus proche des citoyens, notamment en ajoutant des jurys citoyens auprès des Juges d’application des peines chargés de prononcer une éventuelle libération anticipée d’un détenu ainsi qu’auprès des tribunaux correctionnels.

 

Notre association, basée à Sarras, en Ardèche, vise à défendre un homme que nous estimons injustement accusé du pire des crimes et qui a été condamné aux assises à 8 années de réclusion pour viols sur mineurs et agressions sexuelles sur mineurs. Le procès a eu lieu plus de 10 ans après les faits allégués sans aucune preuve, sans aucun témoin autre que les accusateurs et plusieurs victimes, majeures et bien intégrées dans la société ont nettement affirmé qu’elles n’avaient rien à reprocher à l’accusé sans que cela ne change rien à la peine prononcée, ni à leur qualité de victimes.

 

Outre cette affaire, qui est très importante pour nous mais dont nous prenons acte de la sentence prononcée en appel, nous estimons que les accusations sans preuves matérielles ni témoins portant principalement sur des affaires de mœurs sont trop dépendantes de l’émotion » pour pouvoir être appréciées sereinement par des jurés populaires.

 

Ainsi, combien d’habiles menteurs ont-ils été acquittés parce qu’ils avaient su convaincre des jurés et que leurs victimes n’avaient pas su s’exprimer convenablement ? A l’inverse, combien d’innocents se sont mal défendus et ont été condamnés car leurs « victimes » ont su se montrer plus manipulatrices devant des citoyens peu habitués à évaluer ce type de comportements et ne disposant d’aucune preuve matérielle pour étayer leurs propos. Il est inutile de citer des exemples tant ces cas sont nombreux. Les assises se retrouvent ainsi de plus en plus décrédibilisées à cause de ce type d’affaires.

 

C’est pourquoi il est selon nous très dangereux d’adjoindre des jurés populaires pour le jugement des crimes, délits et demandes de libération conditionnelle lorsqu’il n’y a que la parole des deux parties pour emporter la décision de la justice. En l’absence de preuves, seuls des magistrats professionnels, aguerris et ayant une réelle expérience, peuvent se forger une opinion. Ils sont selon nous beaucoup plus à même de s’abstenir de toute considération émotionnelle pour rendre un verdict juste.

 

Soucieux de pouvoir exposer notre point de vue et participer au débat public sur cette réforme très importante, nous souhaiterions pouvoir être auditionnés à l’occasion des consultations que vous ne manquerez pas de mener sur le sujet. Il est également important, selon nous, que les associations de défense des condamnés sans preuves ni témoins puissent également être entendues.

 

Persuadés que vous examinerez notre requête avec une attention toute particulière, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de notre haute considération.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 05:34

Je suis une ancienne élève de Jean Paul, que j'ai eu comme instituteur en CM1 et CM2 de 1983 à 1985.

 

A mon tour, j'ai envie de faire part de mon témoignage sur ces 2 années scolaires passées dans sa classe. Jean-Paul était un enseignant très proche de ses élèves, il était très attentif à l'épanouissement de chacun, il savait trouver les mots pour nous rassurer. Je me rappelle de l'année de CM1 où l’on effectuait des sorties à ski à Presles. J'avais une trouille d'enfer de la première sortie et je me souviendrai toujours de Jean-Paul se penchant sur mon bureau pour me dire: "comment, tu ne veux pas venir faire du ski ?" Je ne sais plus quels arguments il avait utilisé mais j'étais partie confiante et ça s'était très bien passé. Je garde un très bon souvenir de ces sorties. Pourtant depuis j'ai refait du ski et réellement je n'aime pas ça !

 

Je pourrais également parler de la classe découverte à Beauchastel, où grâce à Jean-Paul qui prenait du temps sur sa vie de famille, nous avions passé un excellent séjour. C'est un souvenir inoubliable à 10 ans de partir 15 jours loin de sa famille, de profiter des nombreuses activités, de passer plein de temps avec les copains et copines, d'un séjour à Annonay aussi, en CM1  où nous avions pratiqué la photo et l'informatique. Jamais durant ces séjours, il n'a eu envers nous des gestes déplacés, il se tenait à l'écart des sanitaires quand nous prenions les douches, il passait le soir dans les chambres nous dire bonne nuit à la cantonade. Si un coup de blues se faisait sentir, hop, Jean Paul avec son énergie habituelle, savait consoler et redonner le moral.

 

En classe, on ne s'ennuyait jamais, les journées se terminaient souvent en chansons. Je me souviens d'une fois où Jean-Paul chantait avec beaucoup d'entrain lorsqu’une dame de service qui passait par là s'était arrêtée et s'était mise à danser et à imiter Jean Paul derrière la vitre. Ces fameuses vitres qui permettaient de voir toute la classe et ce qui s'y passait. Jean Paul ne la voyait pas et continuait pendant que nous rigolions.

 

Certes, il arrivait à Jean Paul de nous poser la main sur l'épaule lorsque nous venions montrer un cahier, mais il n'y avait pas de mal à cela. A l'époque les relations adulte-enfant n'étaient pas encore sous le sceau de la méfiance et de la suspicion.

 

Des souvenirs de Jean Paul à l'école, j'en ai plein, deux années à 9 et 10 ans, ça ne s'oublie pas, il serait inutile de tous les raconter. Mais le meilleur souvenir, et la plus grande reconnaissance que j'ai vis à vis de Jean Paul, c'est pour le 15 juillet 2000, date à laquelle Jean Paul a accepté de célébrer mon mariage. Il a été grandiose dans son rôle, gentil, drôle, émouvant...je sais qu'il avait été heureux de tenir ce rôle pour nous et je l'en remercie encore aujourd'hui.

 

Ci-joint une photo en souvenir. Et puis je tiens à dire qu'on ne demande pas à quelqu'un de faire office de maire quand il y a un doute sur son intégrité et pourtant en 2000, le début de ce cauchemar avait déjà commencé. Pour moi, l'innocence de Jean Paul ne faisait aucun doute à l'époque et aujourd'hui encore.

 

Sans titre-copie-1

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 06:31

Lettre de Jean-Paul à des amis

Datée du 15 novembre 2010, à Villeneuve.

 

            Mes très chers amis,

 

Dans une heure, je serai je l’espère, avec mon Simon qui doit venir me voir avec Eric, le frère de Ghislaine. Malgré la distance encore plus grande, mon fils tient à venir chaque semaine de Grenoble. Pour moi, c’est bien parce que cette heure et quart que nous passons ensemble est vraiment précieuse pour mon moral. Par contre, je me fais toujours du souci pour la route et cette fatigue qui s’accumule… Si seulement un petit coup de téléphone pouvait me rassurer quand il est rentré ! Maintenant que les gros bouchons du mois d’août sont passés, surtout pour Ghislaine qui venait le samedi, il y a les rigueurs de l’hiver. Bref, que des soucis !

 

J’ai bien reçu la belle carte que J. m’a écrite puis la longue lettre avec les deux derniers numéros de votre revue, les 20 timbres, les chemises de couleur et les feuilles. Vraiment, merci à tous les deux ! Tout y était dans la grande enveloppe même si ça a posé quelques problèmes. Il était écrit « retour à l’expéditeur » et « refusé », puis noté « interdit » au stylo rouge avec une flèche dirigée vers les revues et les chemises. Finalement, on m’a tout remis. Je ne comprends pas ; ce qui passait sans problème à Nîmes, crée des difficultés ici. Une dame de 81 ans qui m’écrit pratiquement chaque semaine depuis la fin mars, me découpe parfois des articles dans le Dauphiné libéré. A Nîmes, j’avais tout mais ici, ça a été retiré une fois et laissé une autre…

 

Quand tu me parles de Sète et du Mont Saint-Clair, ça me rappelle ce week-end de février dernier que nos enfants nous avaient offert. Avant de passer la nuit dans un hôtel, à Marseillan, nous avions fait une halte à Sète. Nous avions visité l’Espace Georges Brassens, un régal. Puis, nous avions cherché sa tombe dans le cimetière voisin. Encouragés par notre succès, pas difficile, c’est très bien fléché, nous avions tenté de trouver celle de Paul Valéry dans le fameux cimetière marin. Devant son immensité et le nombre incalculable de tombes, nous avons abandonné non sans avoir profité du panorama. Comme vous, nous avons terminé la visite par les deux points de vue du Mont Saint-Clair. Le premier qui donne vers Agde, nous a un peu déçus. Par contre, celui qui surplombe la ville, est magnifique. Comme tu l’as pensé aussi, ça fait envie d’escalader ça à vélo. Je me souviens avoir suivi en direct une arrivée du Midi Libre au sommet : c’était impressionnant… la descente aussi ! On me dit que ce n’est pas très loin d’ici mais j’ai du mal à le croire. […]

 

C’est incroyable mais mon premier vélo était aussi un « Winster ». Je crois que c’est un grossiste de Valence qui assemblait ces vélos. Moi, j’ai laissé les garde-boue et le porte-bagage parce que mon père me l’avait acheté pour que je puisse partir en camp cycliste en Italie et en Suisse avec le collège de Vourles ! C’était en juin 1964… A Sarras, tous mes copains avaient un vélo et moi, j’étais toujours à pied… Pour les idoles, je crois bien que j’avais les mêmes mais moi, j’étais pour Anquetil alors que mon père était pour Poupou. L’année du fameux duel du Puy-de-Dôme suivi à la radio, bien sûr, il jubilait mais je patientais et le dimanche, à l’arrivée à Paris, je prenais ma revanche. Je me souviens que, ce jour-là, nous pique-niquions en famille, dans un bois près de Lalouvesc mais bon, j’aimais bien Poupou aussi. En 1966, l’année où le grand Jacques abandonne son dernier Tour de France dans la côte de Serrières, j’étais allé voir l’arrivée à St Etienne, sur mon Winster. Ferdinand Brake avait gagné l’étape. Comme je dormais chez un copain, j’avais pu, le soir, faire le tour des hôtels des coureurs. Celui de l’équipe Mercier était en plein centre-ville et je vois encore les cuissards qui séchaient aux fenêtres. Avec un peu de patience, j’avais pu voir notre Poupou national sortir de l’hôtel et… il m’avait serré la main ! J’avais été impressionné par cette main musculeuse.

 

J’ai eu encore des sueurs froides avec mon parloir parce que le surveillant est venu me chercher à 10h20 alors que ça commençait à 10h10… Quand c’est comme ça, tu tournes comme un fauve en cage à attendre qu’on veuille bien ouvrir la porte. […]

 

Depuis quelques semaines, j’ai été intégré à l’équipe qui réalise le journal. C’est un hebdomadaire dans lequel nous pouvons écrire sur ce qui se passe à l’extérieur et ça paraît une fois passé à la censure. C’est diffusé à tout le monde ici mais aussi aux institutionnels qui subventionnent cela. Chacun dispose d’un ordinateur fonctionnant en réseau mais non connecté à Internet, bien sûr. […]

 

Je vous embrasse bien fort tous les deux.

 

Jean-Paul

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 08:22

Il y a quelques semaines, une internaute nous avait sollicités afin de demander à Jean-Paul comment étaient ses rapports avec les autres détenus de la Maison d'arrêt. Voici sa réponse, en sachant que Jean-Paul est, depuis près de 10 jours, avec une autre personne dans sa cellule.

 

Partie 1


Pour moi, il n’y a aucun problème avec les autres détenus qui se comportent normalement et sans agressivité. Je me suis fait rapidement quelques bons camarades que j’ai plaisir à retrouver. Hélas, une Maison d’arrêt rassemble toutes sortes de gens dont une bonne partie se révèle très agressive. Certains sont là parce qu’ils viennent d’être arrêtés et sont par conséquent très inquiets devant ce qui les attend. Leurs démêlés avec l’institution judiciaire commencent et cette privation de liberté violente qui leur est imposée subitement leur cause de sérieux troubles psychologiques. Comme ils découvrent ce monde parallèle où rien ne fonctionne comme ce qu’ils ont connu auparavant, ils parlent sans arrêt de leurs problèmes et les sujets de conversation ne sont guère variés.

 

Il y a aussi beaucoup d’hommes en train de subir une courte peine, souvent de quelques mois. Eux aussi ne parlent que prison, juges, avocats, etc… et ont tendance à demander sans arrêt aux autres pourquoi ils sont là.

Heureusement, parmi ceux que l’on appelle les prévenus, en attente de jugement, ceux qui sont condamnés à de courtes peines et ceux qui sont condamnés à de longues peines, il y a des gars très bien, respectueux des autres. Ils essaient de vivre au mieux ce temps de détention en participant aux activités qui leur sont ouvertes.

Certains détenus sont ce que l’on appelle des « indigents » parce qu’ils n’ont aucun revenu. Certaines aides leur sont accordées mais ils n’ont pas d’argent à leur disposition pour « cantiner », c’est-à-dire acheter ce qui est proposé par la Maison d’arrêt : nourriture, produits d’entretien, d’hygiène, journaux, revues, etc… Il est parfois possible de se dépanner. Les produits les plus recherchés sont le tabac et le café, pour ne parler que de ce qui est licite. Depuis que je subis l’épreuve qui m’est imposée si injustement, j’ai vu plusieurs camarades souffrir du manque de tabac et en rechercher sans cesse. Leur seul espoir est de travailler pour pouvoir toucher un peu d’argent chaque mois.

Il y a enfin cet ostracisme dont sont victimes les personnes détenues pour mœurs. C’est un véritable problème parce qu’il est impossible d’expliquer ce qui nous a conduit là, surtout si l’on est innocent. L’administration pénitentiaire regroupant ces personnes-là sur un  étage donné, cela a pour avantage d’assurer une certaine protection mais cela stigmatise et les insultes peuvent pleuvoir. Ce sont alors des forts moments de stress.

A Villeneuve-lès-Maguelone, il y a un quartier réservé aux mineurs. Leur cour de promenade étant contigüe à celle des adultes de leur bâtiment, ils sont fréquemment en train d’insulter leurs vis-à-vis mais aussi de lancer des cailloux, ce qui est non seulement très désagréable mais très dangereux

Enfin, il est possible de se faire de vrais amis en prison mais ils peuvent être déplacés à tout moment ou, c’est la meilleure chose qui puisse leur arriver, retrouver la liberté. A ce moment-là, il faut tisser des liens avec d’autres mais c’est toujours un moment difficile à passer lorsque disparaît une tête sympathique et que l’on reste sur place…

 

Jean-Paul

Partie 3

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:43

Voilà plusieurs semaines que Jean-Paul a pu intégrer la Classe Atelier du Journal de la prison. Rappelons que cette occupation lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Ce dimanche, nous vous proposons deux articles écrits par Jean-Paul consacrés à des questions européennes. Bonne lecture.

 

Déchets nucléaires : non, merci (26/11/2010)

 

Le train des déchets nucléaires parti de La Hague, en Normandie, est finalement arrivé à Gorleben (photo ci-contre) en Allemagne (Basse-Saxe), après avoir été beaucoup ralenti par les manifestations des opposants au nucléaire. Personne n’avait oublié le drame de 2004 : un militant antinucléaire enchaîné aux rails avait été tué par un train effectuant le même genre de transport.

Dans son usine de La Hague, Areva retraite les combustibles brûlés dans les centrales atomiques pour le compte d’EDF et des électriciens étrangers. Ces déchets ultimes sont coulés dans des matrices de verre placées dans des conteneurs. Pour effectuer le trajet, un emballage cylindrique, nommé « château » englobe 28 conteneurs. Ce sont onze wagons portant chacun un « château » de 110 tonnes qui ont fait le trajet jusqu’en Allemagne.

Les écologistes et Greenpeace ne veulent pas de ce nomadisme des déchets nucléaires qui font courir un risque à la population. En l’absence de toute autre solution, Greenpeace demande à ce que les déchets traités soient retournés aux centrales nucléaires qui les ont produits.

En Allemagne, Angela Merkel a annulé la décision prise par la gauche de fermer au plus tard, en 2022, les 17 centrales nucléaires du pays. En conséquence, leur durée de vie sera prolongée de douze ans en moyenne. De plus, le site de Gorleben est très contesté. Voilà pourquoi la mobilisation citoyenne est très active de l’autre côté du Rhin où les Verts sont plus populaires que jamais puisqu’ils sont crédités de 25% des voix dans les sondages.

Actuellement, 143 réacteurs nucléaires sont en activité dans l’Union Européenne dont 58 pour notre pays. Il faut savoir que l’ensemble génère annuellement 7 000 tonnes de déchets ultimes. Faut-il les enfouir à 300 mètres de profondeur comme la Commission européenne veut le préconiser ? Existe-t-il une autre alternative ? La réponse idéale n’existe pas sauf à abandonner cette filière nucléaire puisque personne ne sait ce que l’on peut faire de ces déchets dangereux.

 

 

Paris-Londres, un accord militaire pour 50 ans (26/11/2010)

 

Au début de ce mois de novembre, un accord militaire franco-britannique, engageant ces deux pays pour les cinquante années à venir, a été signé à Londres par David Cameron et Nicolas Sarkozy.

Motivé par la crise, cet accord qui compte plusieurs facettes, peut être qualifié d’historique. Bien sûr, les esprits chagrins rappelleront Trafalgar ou bien Waterloo mais il ne faut pas oublier le lourd tribut payé par le Royaume-Uni pour défendre notre sol lors des deux derniers conflits mondiaux. Même si les Anglais nous reprochent de ne pas les avoir assez soutenus lors de la guerre des Malouines en 1982, il faut se souvenir que, dans les années 60, le Jaguar, un avion de combat, avait été le fruit d’une coopération britannique. Le retour de la France dans l’OTAN a sûrement favorisé ce rapprochement sur le plan militaire, un rapprochement avec la bienveillance des USA.

Le premier traité porte sur une coopération pour le partage du matériel, des équipements et des troupes. Une force militaire de plusieurs milliers d’hommes sera créée pour des opérations pouvant être menées dans le cadre de l’OTAN, de l’Union Européenne ou des Nations Unies. Le second traité porte sur la gestion des arsenaux nucléaires. Dès 2014, un laboratoire commun sera mis en place près de Dijon pour permettre la simulation d’essais nucléaires. Dans le sud de l’Angleterre, sera installé un centre de développement technologique ouvert aux techniciens des deux pays.

Dans tous les domaines, chaque pays garde son pouvoir de décision. Enfin, il faut préciser qu’un autre gouvernement, français ou britannique, pourrait remettre en cause ce qui a été signé.

 

Jean-Paul

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 08:19

Aujourd’hui nous retrouvons une chronique cinématographique puisque Jean-Paul nous propose quelques lignes sur le film allemand réalisé en 2006, par Florian Henckel Von Donnersmarck, La Vie des autres (2h17) avec comme principaux acteurs Ulrich Mühe, Sebastien Koch, Martina Gedeck, Ulrich Tukur…

 

Je n’ai pas regretté d’avoir revu ce film qui m’avait bouleversé lorsque j’étais allé le voir au cinéma. Au cours du mois du novembre, Arte a programmé La Vie des autres, Oscar 2007 du meilleur film en langue étrangère et César 2008 du meilleur film étranger, un film qui a fait un triomphe dans le monde entier. L’acteur principal, Ulrich Mühe, a obtenu plusieurs récompenses pour son interprétation magistrale. Un cancer de l’estomac l’a emporté en 2007 à l’âge de 54 ans.        

 

Bien que l’histoire soit une fiction puisque jamais aucun agent de la tristement célèbre Stasi (la Sécurité d’Etat), dans l’ex-Allemagne de l’Est, n’a changé de camp, l’œuvre de Von Donnersmarck est extraordinnaire. La technique d’interrogatoire démontrée en ouverture du film dresse tout de suite l’ambiance pesante d’un état totalitaire qui ne respecte plus l’intégrité physique et surtout mentale des individus.

 

L’homme le plus obstiné et le plus motivé pour espionner la vie des autres se laisse finalement toucher par ceux qu’il est chargé d’épier et révèle une humanité qui paraissait inimaginable. Le film se termine après la chute du mur de Berlin. Le retournement de situation final laisse un espoir quant à l’évolution de notre espèce humaine capable du pire comme du meilleur.

 

 

 

Jean-Paul

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 06:36

 

Voilà la dernière partie concernant l’historique de l’affaire. Nous vous rappelons que cet article existe grâce aux notes prises par Jean-Paul. Ces informations sont indispensables pour comprendre l’énormité de cette affaire !

 

« 2000 : Classe de neige à Albiez-le-Vieux (Savoie) en janvier. »

 

Une nouvelle fois, Jean-Paul Degache encadre une classe de neige, seul ou presque avec les enfants… Personne ne s’en émeut.

 

« 2001 : Du 28 mai au 1er juin : Vél'Usep Ardèche : classe cycliste itinérante pendant une semaine. »

 

Une nouvelle fois, 4 ans après les premières plaintes et la garde à vue, on confie des enfants  à Jean-Paul Degache, loin de chez eux, pendant une semaine.

 

« 2002 : Classe de neige à Albiez-le-Vieux (Savoie) en janvier.

7 février : arrestation et mise en garde à vue.

8 février : présentation à un juge d'instruction à Privas et mise sous contrôle judiciaire

Je suis suspendu par l'Éducation Nationale et mis à demi-traitement au bout de 3 mois.

Le Dauphiné Libéré me demande de cesser ma correspondance de presse.

Le Réveil me garde toute sa confiance.

Expertise chez Mme G, psychologue clinicienne, à Annonay.

19 février, Me Vesson (avocat de Jean-Paul Degache) demande une contre-expertise de la personne qui l’accuse de viols et qui se portera partie civile.

11 mars : visite de M. B (ADAJ) pour l'enquête de personnalité.

28 mai : convocation du juge d'instruction à Privas.

2 juillet : convocation du Dr G, psychiatre, qui a vu la personne qui l’accuse de viols et qui se portera partie civile.

Me Vesson refuse cette contre-expertise.

12 juillet : relance du Dr G

6 août : convocation du juge d'instruction à Privas.

17 octobre : convocation du juge d'instruction à Privas.

24 décembre : le juge d'instruction visite l'école en ma présence et les gendarmes prennent des photos »

 

C’est en 2002 que l’affaire est relancée, 6 ans après les premières plaintes.

 

Les mots de Jean-Paul, dans son travail personnel de datation, sont extrêmement importants et dénotent un professionnalisme sans failles. Ainsi, plutôt que de parler de ses accusatrices, plutôt que de chercher leurs motivations, ce qui aurait peut-être pu orienter l'institution judiciaire vers d’autres voies, il parle de son école, de son travail, des classes de découverte, des travaux de l’école et des sorties avec les élèves.

 

Jean-Paul Degache est un pédagogue, qui agit dans l’intérêt de l’enfant. Lorsqu’il a rédigé ce document, début 2008, il venait de passer 52 jours en prison... Et pourtant, ce qui l’animece sont les faits, les événements. A aucun moment il ne relève les incohérences suivantes :

 

 - Comment des élèves qui accusent leur instituteur en mars 1997 peuvent-ils accepter de retourner dans sa classe jusqu'à la fin de l'année scolaire, et pendant toute l'année scolaire suivante, jusqu'en juin 1998 ?

 

- Comment des parents, qui ont emmené leurs enfants à la gendarmerie et ont signé des dépositions qui, quelques années plus tard feront condamner l’instituteur à 8 ans de prison, peuvent-ils autoriser leurs enfants à retourner dans cette classe, avec ce même enseignant ?

 

- Comment les mêmes élèvespeuvent-ils accepter de se retrouver en mai 1998 pendant une semaine en classe de mer avec le même enseignant ? Et surtout, comment expliquer qu'aucun parent ne soit volontaire pour les accompagner ?

 

- Comment, en 1999 (soit deux ans après la première accusation), l’inspection académique, parfaitement informée de la situation pénale, peut-elle remettre une médaille à cet enseignant ?

 

- Comment d’autres parents, souvent eux-mêmes anciens élèves de Jean-Paul, peuvent-ils laisser partir leurs enfants en classe de neige puis en classe itinérante dans toute l’Ardèche au cours des trois années suivantes ?

 

Pourtant, dans cette période, ce type d’affaire fait la une de l’actualité !

L’affaire Dutroux éclate en 1996, et en 1997 la Ministre déléguée à l'éducation nationale, Ségolène Royal, signe une circulaire obligeant toute personne à signaler aux autorités judiciaires tout crime ou délit dont elle aurait eu connaissance.

 

Les amis et proches de Jean-Paul Degache, dont beaucoup ont vécu à Sarras ou aux alentours à cette période savent bien que si personne n’a réagi, c’est tout simplement parce qu’il ne s’est rien passé de répréhensible dans les classes. Jean-Paul Degache a toujours clamé son innocence. Nous essayons, sur ce blog, de rappeler les faits et de souligner les incohérences.

 

On peut se poser la question :

Le village de Sarras serait-il peuplé de parents d’élèves inconscients et d’élèves insensibles ou alors serait-ce une rumeur de village mal contrôlée qui a fini par envoyer un honnête homme, enseignant émérite, en prison pour 8 années ?

 

Partie 1

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 06:23

Voici l'extrait d'une lettre que Jean-Paul a envoyée fin novembre à une élève de l'école de Sarras qui, comme elle nous l'a dit, aurait bien aimé être dans sa classe.

 

Chère ...

 

Tu ne peux pas savoir le plaisir que tu m'as fait en m'écrivant cette longue lettre que j'ai reçue hier ! Je t'en remercie du fond du cœur.

 

C'est vrai que j'ai entendu parler de José Bové, ici. Cela m'a d'ailleurs fait sourire car le camarade qui m'en parlait affirmait que c'était grâce à lui que, depuis, on avait, de temps en temps, des légumes ou des yaourts bio au repas...C'est peut-être vrai, finalement ? Je te remercie de me parler du Dr Bandazhevski mais moi, à côté, je me sens infiniment petit. Je survis à ma façon mais avant tout parce que je suis parfaitement clair avec ma conscience.

 

Avec la pression que je subis depuis plus de 13 ans, avec les souffrances accumulées dont certaines d'une violence psychologique inouïe, il y a longtemps que j'aurais tout reconnu s'il y avait quelque chose de vrai dans les accusations incroyables que l'on porte contre moi. Cela m'aurait soulagé et je serais comme certains camarades, ici, qui me disent avoir commis une bêtise et savoir qu'ils paient pour ça. Je t'avoue bien franchement, même si c'est triste à dire, que, parfois, je les envie. Eux, au moins, ils sont en prison pour quelque chose ! Avec ce point fondamental, il y a l'amour et le soutien extraordinaire de Ghislaine, de mes garçons et de toute la famille. Sans eux, je ne sais si j'aurais eu la force de me battre, de résister pour espérer vivre enfin des jours meilleurs. Si j'avais été seul, je ne serais peut-être pas en train de t'écrire. Enfin, et ce courrier en fait partie, il y a tous les amis connus et inconnus qui m'ont manifesté leur soutien, leur conviction de mon INNOCENCE. Quand on est accusé d'actes aussi odieux sans la moindre preuve et qu'on n'a que sa parole à opposer à tant de paroles malveillantes, l'aide et la présence d'amis innombrables permet de garder le regard clair.

 

Dans toutes les lettres que je reçois, je comprends que je pourrai sortir de là, la tête haute et que je regarderai les gens en face, je pourrai trouver amour et compréhension au lieu de la haine et de la réprobation. Pour ça, le Comité de soutien a été essentiel pour me permettre de résister pendant toutes ces années. Les soirées festives qui ont été organisées, m'ont aussi fait beaucoup de bien.

 

Tout ce que tu m'écris à propos de la musique est formidable et je retrouve aussi ce que je vis quand tu dis qu'il faut choisir entre le « Moi » de la volonté et le « Moi » qui se laisse aller.

 

Je te souhaite beaucoup de courage pour tout ce que tu dois faire.

Je te fais de grosses bises.

Jean-Paul

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 00:02

Aujourd’hui nous publions l’interview d’une ancienne élève de Jean-Paul qui n’a jamais été entendue par les gendarmes mais qui a désiré nous livrer son point de vue en répondant à quelques questions. Nous l’en remercions vivement. 

 

Bonjour,

 

- Vous êtes une ancienne élève de Jean-Paul Degache. Quelles années avez-vous été en classe avec lui ?

 

De septembre 2001 à février 2002. Je fais partie de la dernière classe que Jean-Paul a eue.

 

- Pouvez-vous nous raconter vos souvenirs sur cette journée du 7 février 2002, celle où Jean-Paul n’est pas venu vous faire classe ?

 

Je me souviens assez bien de ce 7 février 2002 au matin, lorsque la personne qui s’occupait de l’informatique nous a annoncé que Jean-Paul ne viendrait pas nous faire classe. Nous lui avons demandé la raison de son absence, et il nous a répondu que Jean-Paul était malade. Lorsqu’il nous a dit cela, je me rappelle qu’il me semblait peu sincère, je sentais qu’il y avait autre chose... Cette personne s’est donc occupée de nous cette journée puis un remplaçant est arrivé pour terminer l’année scolaire.

 

En rentrant chez moi le soir, j'ai tout de suite dit à ma mère: « Jean-Paul ne nous a pas fait classe aujourd’hui car il était malade ». Elle m’a répondu : « Tu sais, malheureusement, je ne crois pas qu'il était absent parce qu’il était malade mais parce qu’il s’est fait arrêter par les gendarmes en allant à l’école ». Je ne m’attendais pas à une telle réponse de sa part !

 

- Vous savez que l’on a reproché à Jean-Paul d’être trop affectueux avec ses élèves. L’était-il avec les élèves de votre classe ?

 

Oui, je sais qu’il y a eu ces reproches. Néanmoins, dans ma classe par exemple, je me souviens que lorsque l’on avait terminé de réciter une poésie, Jean-Paul posait la main sur notre épaule en guise de “félicitations”, ce qui est pour moi tout à fait normal ! On peut dire qu’il était affectueux, certes. Pour moi être trop affectueux correspondrait à faire un « câlin » à un élève mais cela je ne l’ai jamais vu faire !

 

- Comment ressentiez-vous ces gestes de « félicitations » ?

 

Pour moi, j’appréciais le fait que notre instituteur nous encourage ; c’était un instituteur très sérieux dans son travail.

 

- Avez-vous remarqué un comportement ou des gestes douteux de sa part ?

 

Aucun, son comportement m’était tout à fait normal. Je n’ai jamais vu aucun geste douteux de sa part. De plus, je suis partie en classe de neige, en janvier 2002, et je n’ai jamais douté de lui à un seul moment. Les sorties proposées par Jean-Paul demeurent encore de superbes souvenirs.

 

- Quelle est votre opinion générale sur cette affaire ?

 

Ce que je peux dire, premièrement, c'est l'absurdité de beaucoup de choses. Je ne comprends déjà pas pourquoi les accusatrices l'ont accusé si tardivement, 20 années après avoir été en classe avec Jean-Paul, si ce n'est plus.

Je le redis, je n'ai jamais eu un seul soupçon sur Jean-Paul et son travail.

Aujourd'hui, étant devenue une femme, je pense qu'il y a eu beaucoup trop d'exagération vis-à-vis de l'interprétation de certaines choses, notamment de faits et gestes.

Par ailleurs, pourquoi ces filles disant avoir subi des attouchements voire des viols ont continué de s'approcher volontairement de Jean-Paul en allant par exemple à l'école ou en faisant du sport ?

Il y a trop de confusions dans cette affaire...

 

- En parlez-vous avec d’autres personnes qui ont été dans la classe de Jean-Paul et si oui, quels sont leurs avis ?

 

Oui, j'en parle souvent avec une ancienne élève de Jean-Paul et qui a été dans sa classe  en même temps que certaines accusatrices. Elle a été en classe 2 ans avec lui et n'a jamais vu d'attouchements ou quoi que ce soit de la part de Jean-Paul. Pourtant elle était dans une classe avec certaines accusatrices. Après son C.M.2, elle a même passé des moments avec certaines de ces personnes, qui ne lui ont jamais dit quoi que ce soit. On se pose souvent la question : pourquoi nous les autres élèves n'avons rien vu ? Même pas une seule fois ? Comment se fait-il si cela se passait en pleine classe ?  

Lorsque l'on était en classe par exemple, un élève venait réciter une poésie, les autres camarades regardaient cet élève réciter. Alors les autres élèves auraient vu s'il se passait quelque chose d'étrange et au moins un en aurait parlé à un adulte. De plus, comment un élève peut-il réciter tout en se faisant tripoter ??? C’est IMPOSSIBLE.

 

- Si vous aviez aujourd’hui un message à faire passer à Jean-Paul, qu’est-ce que vous lui diriez ?

 

La seule chose que je tiens à lui dire est de garder le moral et d’être le plus courageux possible. Je sais qu’il reçoit un grand nombre de courriers, dont les miens, qui lui montrent tout le soutien et toutes ces personnes qui sont avec lui.

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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