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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 00:01

Depuis hier mardi, les députés examinent la réforme de la garde à vue afin de se conformer à une décision du Conseil constitutionnel. Cette restructuration permettra de renforcer le rôle de l'avocat qui pourra être présent aux côtés de son client. Ce débat, qui va durer deux semaines, est également centré autour de deux questions :  à qui confier le contrôle de la garde à vue et  faut-il instaurer une audition libre ?

 

Le principal danger pour les députés sera de ne pas "froisser" magistrats et policiers. Les syndicats de ces derniers, étant contre l'introduction des avocats, prétextent que cela nuirait aux enquêtes.

 

Afin de montrer que cette garde à vue est une véritable épreuve, tant physique que psychologique, nous vous proposons de lire à nouveau le témoignage de celle qu'a vécue Jean-Paul en 2002.

 

Jeudi 7 février 2002, Sarras (Ardèche), Ghislaine vient de partir. Je la suis après avoir fermé le garage. Mon cartable et mes affaires de classe sont dans le  coffre de la Clio. Tout  va bien. Il ne reste que deux journées de classe à assurer puis ce seront enfin les vacances de février, bienvenues après cinq semaines chargées : classe de neige et pas un seul mercredi matin pour récupérer... 

            Soudain, ma vie bascule vers l’inimaginable, l’insoutenable. Ils sont là à m’attendre au bout du jardin de ma belle-mère : trois voitures plus quelques gendarmes... mais je n’ai pas compté. L’un d’eux est au milieu de la route et me fait signe de me ranger à gauche. Je lui souris car je le connais. Il est de la brigade d’Andance. Je pense qu’ils veulent vérifier mes papiers même si ça m’étonne beaucoup. Je ne me suis pas assez bien garé et il me demande de me ranger mieux que cela... Je comprends de moins en moins. Maintenant, il faut que je descende de la voiture, que j’arrête le moteur, que je ferme à clé et j’entends : « Vous êtes arrêté pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Montez. »  Tout cela se passe comme dans un rêve ou plutôt un cauchemar. Je sais que j’ai répondu : « Allons bon, ça recommence... » Je jette un coup d’œil sur la maison d’Éric, mon beau-frère, mais tous les volets sont fermés. 

            Il est 8h 05 et une voiture de gendarmerie m’emmène à Tournon. Deux autres véhicules nous accompagnent : l’un devant et l’autre derrière! Ce que je ne sais pas, c’est que Ghislaine, ne me voyant pas dans son rétroviseur, s’est garée à Silon pour m’attendre. Elle est un peu inquiète car les gendarmes l’ont arrêtée mais quand elle a baissé sa vitre, on lui a fait signe de circuler. Elle fait finalement demi-tour et croise les trois véhicules. Ça la rassure plutôt car ils ne vont pas vers Andance. Quand elle arrive à la route de la Cance, stupeur! La Clio est garée, là! " Ils ont emmené mon Jean Paul !" s’écrie-t-elle. Croyant me retrouver à l’école, elle s’y rend mais ne trouve que deux collègues de l’école élémentaire, qui essaient de la rassurer. Ce n’est qu’après une série de coups de téléphone qu’elle apprend que je suis en garde à vue à Tournon.
            Pendant que mon épouse est complètement affolée par ce qui se passe, je prends connaissance de mes droits : un papier remis, un autre à signer. La gendarme qui conduit et celui qui est à côté de moi essaient d’engager la conversation en m’indiquant que c’est très grave et que je ne vais pas m’en tirer... J’évite de leur répondre parce que je pense que je vais avoir à faire à d’autres personnes à Tournon. Je me trompe car je suis avec les deux principaux officiers de police judiciaire (OPJ) qui conduiront la majorité des interrogatoires. 

            À Tournon, je suis amené dans les locaux de la compagnie jusqu’au bureau de la brigade de recherches et là, ça commence. D’emblée, on me fait bien comprendre que ce dont je suis accusé est très grave et que je ne vais pas "m’en tirer" comme en 1997, que je ne rentrerai pas chez moi le soir et que ça se poursuivra le lendemain.  Je ne comprends pas vraiment ce qu'ils veulent dire: je n'ai rien fait et je ne me suis "tiré" de rien en 1997: l'affaire a été logiquement classée parce que les enquêteurs avaient estimé à raison que j'étais innocent et qu'il n'y avait pas lieu de me poursuivre car le dossier était vide! Ils sont trois puis quatre à intervenir. Pour l’instant, ce ne sont que des généralités sur ce que me reprochent d’anciennes élèves. Je réexplique alors que j’étais très affectueux avec les élèves comme cela avait été dit en 97. J’affirme que depuis, j’ai radicalement changé d’attitude puisque tout est interprété de façon négative faisant passer une attitude paternelle que la plupart des enseignants de ma génération adoptaient et que l'on nous préconisait lors de notre formation pour perverse. Après une petite pause, les questions recommencent et deviennent plus précises. On me cite des noms et on me reproche des gestes violant l’intimité des filles, accusations que je ne cesserai de démentir, elles n'ont en effet pas l'ombre d'un fondement, je nie en bloc, je suis innocent, je ne suis pas le pervers qu'ils décrivent. Je me demande comment j’ai pu susciter autant de haine, de jalousie, de méchanceté pour que d’anciennes élèves aujourd’hui adultes puissent inventer des actes aussi graves de la part d’un maître qui a toujours donné beaucoup de son temps et de son énergie pour favoriser leur réussite. J’essaie de répondre à toutes les questions même si, parfois, elles sont vicieuses, m’emmenant sur un sujet pour mieux tenter de me piéger ensuite, mais en fait, ils peuvent toujours essayer de me piéger, je ne dis que la vérité, je ne vais pas inventer des faits pour leur faire plaisir! Un peu avant midi, on s’arrête et je dois relire avant de signer.

 

Les gendarmes parlent d’aller manger et l’on m’indique que je vais être conduit en cellule sans faire allusion à une nourriture éventuelle pour moi. Je dois quitter ma montre et poser mes lunettes dans une petite boîte en carton marquée GAV. Je proteste un peu car, sans lunettes, je ne vois plus rien... Mais, c’est le règlement! Après un passage aux toilettes, toujours surveillé, je dois abandonner mes chaussures dans le couloir avant d’entrer en chaussettes dans une cellule équipée d’un w.c. à la turque dans un coin. Je me réfugie sur la plaque en béton qui sert de lit. Elle est recouverte d’un matelas assez mince et il y a quelques couvertures. Aussitôt, j’éclate en sanglots en réalisant ce qui m’arrive et en pensant à Ghislaine, à la maison, avec sa maman... Je me ressaisis un moment plus tard puis, je m’enroule dans une couverture car cette cellule est une vraie glacière. Bien entendu, on a refermé les verrous mais j’entends tous les bruits de la gendarmerie. Je grelotte. À 13 h 30 (j’ai demandé l’heure), la porte s’ouvre et un gendarme dont je devine à peine les contours, me demande si je veux manger parce que ma femme a amené de la nourriture pour moi. Je réponds « Oui, bien sûr! » et il me conduit dans un bureau où un sachet est posé sur une table. Après de longues heures de souffrance, c’est le premier réconfort que je reçois. Savoir que Ghislaine est venue ici m’apporter à manger me fait un bien énorme. C’est peut-être elle que j’ai entendu sonner tout à l’heure... J’apprendrai plus tard qu’elle est venue à chaque fois accompagnée par son frère, Éric... 

            Je commence à m’engourdir quand la porte s’ouvre et que l’on me ramène dans le bureau de la BR pour un deuxième interrogatoire de plus en plus précis, de plus en plus serré. Mon avocat, Maître Vesson n’a pas encore donné de ses nouvelles et l’on me demande si j’en veux un commis d’office. Je réponds « Non, je veux Maitre Vesson. » Questions, accusations, pressions morales, intimidations se succèdent. Les accusations de viols arrivent et je n’en crois pas mes oreilles : j’aurais introduit le doigt à plusieurs reprises dans le sexe des filles qui m’accusent, dans la classe, à mon bureau, devant tous les élèves! Jamais la fille n'aurait sursauté! Elle se serait laissé faire et n’en aurait jamais parlé à personne, même à sa meilleure copine! C’est ahurissant! En fait, ce qui me surprend le plus, c'est que de pareilles accusations dénuées de tout fondement aient pu être prises au sérieux par des enquêteurs... Les gendarmes semblent au contraire persuadés de ma culpabilité: comment quelqu'un a-t-il pu leur faire croire des choses pareilles? Plusieurs fois, je répète : « Vous m’avez déjà jugé! » D'après eux, ces personnes ne pourraient que dire la vérité. Leurs propos auraient été confirmés par des psychiatres et des psychologues... Toutes ces calomnies et fausses accusations  assénées me font prendre conscience du fait que je suis tombé dans un piège et que même les forces de l'ordre se sont laissées avoir...  je répète encore : « Je n’ai jamais commis de telles atrocités ! » 

            Enfin, je rencontre une autre personne que des gendarmes : mon avocat ! Hélas, il n’est guère bavard car il n’a pas eu accès au dossier. Il me conseille de dire la vérité mais rien que la vérité, ce que je fais depuis le début car il est quasiment impossible de revenir sur ce qui est dit au cours de la garde à vue. Une demi-heure, c’est vite passé et je dois revenir avec les gendarmes qui me demandent aussitôt ce que m’a dit mon avocat. Comme je réponds qu’il m’a dit de dire la vérité, un gendarme  explose d'une façon qui me parait complètement surréaliste : « Et bien, dites-la ! » Je recommence alors à répéter que je n’ai pas commis les atrocités dont on m’accuse. Un véritable dialogue de sourds… C’est à ce moment-là que démarre l’interrogatoire le plus « hard ». Ils sont cinq dans le petit bureau. Ils ne me laissent pas respirer. Les questions fusent, les perfidies aussi mais je ne dis rien d'autre que la vérité. Un gendarme se met même à hurler, à 50 cm de moi pour me faire dire ce qu'il veut que je dise, c'est à ce moment là que je comprends qu'on peut avouer n'importe quoi en garde à vue, cela m'inspirera une vraie réflexion sur la "culture de l'aveu" qui a conduit tant d'innocents en prison, qui n'ont fait que dire ce que les enquêteurs voulaient entendre et qu'ils n'avaient jamais fait… Je dois me maîtriser, toujours garder mon calme même si je suis outré de la manière avec laquelle je suis traité. Un autre essaie de me faire peur en me disant que mes enfants et mon épouse seront aussi interrogés. J’en ai le cœur serré. On me menace aussi de confrontations avec les soi-disant victimes… Je réponds au contraire que je ne souhaite que ça! Que cela pourra prouver mon innocence! Enfin, ils se calment et la  séance se termine. Ghislaine a refait le trajet de Tournon pour m’apporter un deuxième repas. On lui a même  permis de glisser un petit mot dans le sachet : « Je t’aime. Courage ! On est avec toi ! » Je reprends des forces et ça me fait un bien énorme avant que l’on me reconduise en cellule non sans me promettre de revenir me chercher un peu plus tard… 

            Je ne me souviens plus quand ça s’est passé mais un spécialiste de la gendarmerie est venu faire un prélèvement buccal pour ficher mon ADN comme cela se fait paraît-il maintenant pour toutes les accusations d’ordre sexuel. Je me laisse faire en pensant que rien ne me sera épargné. Le lendemain, j’aurai droit aux empreintes digitales complètes puis aux photos de face et de profil…  

            Je m’assoupis un peu dans ma cellule toujours aussi froide. Suite à la remarque notée par Maitre Vesson, on m’a accordé royalement une couverture supplémentaire ! Je le saurai le lendemain en lisant les feuilles me concernant, on revient me chercher à 23h pour une nouvelle séance, en pleine nuit ! Ils ne sont plus que deux. Cet interrogatoire est plutôt intimiste par rapport aux précédents mais je suis bien conscient que ce changement d'atmosphère n'a pour but que de me pousser à avouer des choses que je n'ai pas commises... je réaffirme donc logiquement mon innocence. On me ramène en cellule vers 1 h du matin… 

             Vers je ne sais quelle heure, un grand bruit me fait sursauter. La porte s’ouvre avec fracas. Je devine deux gendarmes d’assez grande taille. Ils me demandent si je dors… puis referment après m’avoir souhaité bonne nuit !!!

 

Vendredi 8 février. À 7 h, on vient me chercher pour me ramener dans le bureau. Comme 24 heures se sont écoulées, on repart pour une nouvelle garde à vue et on me redemande si je veux voir un médecin. La veille, j’avais répondu négativement à cette question, me sentant en bonne forme. Ce matin, j’ai mal au dos et je demande donc à en voir un. Un gros problème se pose à mes gardiens : les médecins font grève et aucun ne répond à Tournon. Ils doivent donc appeler l’hôpital où personne n’est disponible. C’est enfin à la clinique Ambroise Paré que le Docteur accepte de me voir mais il faut s’y rendre…

            Comme petit-déjeuner, j’ai droit à une tasse de thé. Un peu avant 8 h, nous partons en Laguna Nevada. Quel bien ça me fait de revoir enfin la vraie vie : des gens qui circulent, qui vont à leur travail, la lumière aux fenêtres des appartements… À la clinique, il faut attendre car le docteur n’est pas encore arrivé. Cela ne me fait rien, au contraire. Les gendarmes s’impatientent et tournent en rond. Après un bon quart d’heure d’attente, le médecin m’examine, enfin, prend ma tension et me dit que tout va bien. Je parle de mon mal au dos. Il touche mes reins et décrète : « C’est chronique. »…

            De retour à la gendarmerie, commence le dernier interrogatoire mais l’intensité a nettement baissé même si les questions restent semblables. Je n’ai pas de raison de changer mes réponses puisqu’il n’est pas question que j’avoue ce que je n’ai pas fait.

            On me laisse manger puis, je dois retourner encore dans cette cellule en attendant maintenant le transfert pour Privas afin d’être présenté au Juge d’Instruction à 14h 30. Malgré l’inquiétude qui me gagne, je suis soulagé d’être arrivé au bout de cette garde à vue très éprouvante. Après tout ce qu’on m’a dit, je ne me fais guère d’illusions : ce soir, je dormirai en prison !

            Les gendarmes ne sont pas partis à l’heure et veulent rattraper le retard en roulant à 160 km/h sur l’autoroute ! Était-ce bien nécessaire ?

            À proximité du Palais de Justice où je sais que Ghislaine m’attend, j’aperçois Françoise, ma sœur, suivie de ma maman ! J’ai aussitôt le cœur serré. Je ne pensais pas les voir ici ! Mon émotion est grande mais il faut que je me reprenne car un nouvel interrogatoire m’attend.

            Le bureau est assez vaste. Le Juge d’Instruction paraît assez jeune et plutôt sympathique. Alors que, machinalement, en m’asseyant, j’avance ma chaise de quelques centimètres, il me demande de la remettre à sa place. Moi aussi, je me sens remis à ma place… Ses questions sont posées calmement. Il les dicte à la greffière qui tape sur le clavier d’un ordinateur. Après ma réponse, il redit ce que je viens de déclarer pour que ce soit enregistré. Même si ça concerne les mêmes accusations, cela n’a rien à voir avec les interrogatoires des gendarmes. Au cours de cet interrogatoire, j’apprends deux choses fondamentales venant corroborer ce que j’affirme depuis le début :

 

1)     La première personne qui va porter plainte à la Gendarmerie d’Andance en 1997, y retourne 4 jours après pour retirer sa plainte parce qu’elle se sent manipulée. Ceci est noté dans le procès-verbal de la gendarmerie et on ne me l’avait jamais dit !

 

2)     L’enquête qui a abouti à ce drame que je vis a été relancée suite à la lettre d’une certaine personne, adressée au Procureur de la République en février 2001. Cette lettre de deux pages m’est lue par le juge. Elle transpire à chaque ligne une haine féroce envers moi, me traitant à plusieurs reprises de « pédophile vicieux »… Il faut rappeler que cette même personne faisait partie des quatre anciens élèves qui s’étaient rendus « d’eux-mêmes » à la gendarmerie d’Andance, fin 1997, afin de relancer l’affaire qui avait éclaté en mars de la même année et qui s’était dégonflée aussitôt.

 

            Après une telle lecture, j’indique au juge que ce que j’affirme depuis le début : la machination pour m’éliminer complètement est maintenant prouvée.

            Cela n’ébranle pas la conviction de M Bernard alors je lui cite les noms de personnes qui m’en veulent particulièrement et que je sais acharnées à ma perte. Je sais qu’il y en a d’autres mais je n’ai encore aucun élément concret à apporter pour l’instant.

            Alors que je m’attends au pire, le juge m’indique qu’il me met en examen, qu’il me place sous contrôle judiciaire… soulagement… Je vais rentrer chez moi ce soir… Mais, il retient le viol sur une personne en 1986, 87, 88 et des attouchements sexuels sur huit de mes élèves de 1997 !!! De plus, il m’interdit d’enseigner comme de participer à des activités bénévoles impliquant des enfants ! Je suis effondré mais le fait de rester libre est tellement important… J’essaie bien de lui signaler que, depuis cinq ans, on n’a pu trouver aucun enfant se plaignant de moi et que, depuis 1997,  j’ai organisé quatre classes de découverte sans le moindre problème, rien n’y fait. Quelques problèmes d’imprimante retardent le tirage du compte-rendu. Le juge et le Bâtonnier Vesson en profitent pour échanger quelques propos sur le manque de moyens du Ministère de la Justice. Il faut que je me résigne. Les deux gendarmes qui avaient assisté à toute la séance, semblent déçus mais je sors du bureau avec Me Vesson à mes côtés.

            L’émotion est énorme lorsque j’aperçois Ghislaine dans la salle des pas perdus du tribunal. Je m’attendais à voir ma maman et Françoise, ma sœur, mais je ne savais pas que ma belle-mère, mais aussi Josette et Joseph avaient fait le déplacement jusqu’à Privas ! J’ai envie de tous les serrer en même temps dans mes bras pour les remercier de leur présence et de leur soutien chaleureux.

 

Jean-Paul

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 00:01

Aujourd'hui nous vous proposons un nouveau témoignage qui s'ajoute à tous ceux déjà publiés. Il s'agit d'un parent d'élève qui venait fréquemment à l'école et qui nous donne son avis. Merci.

 

Je suis souvent venu à l'école de Sarras

 

Pendant dix ans, de 1986 à 1996, je suis souvent venu à l'école de Sarras pour remettre à Jean-Paul des informations à faire paraître dans les journaux locaux dont il était correspondant. C'était pratique pour moi de les lui remettre à l'école.

 

Afin de ne pas déranger son cours, je venais le plus souvent lui apporter ces informations après la classe, sachant qu'il s'attardait toujours un peu.

La classe se terminait théoriquement à 16h30 mais quand j'arrivais à 16h45 il restait toujours des élèves.

 

Le plus souvent, je trouvais Jean-Paul occupé à compléter des explications pour des élèves en difficulté. J'attendais patiemment que le dernier élève soit parti ; depuis le couloir, à travers la grande baie vitrée, j'avais donc tout loisir d'observer ce qui se passait dans la classe.

Je me souviens de Jean-Paul en train de donner des indications aux élèves qui ne pouvaient être aidés chez eux et qui auraient eu du mal à faire leurs devoirs.

Il y avait dans son attitude et dans le temps qu'il leur consacrait au-delà de l'horaire, beaucoup de générosité et pas la moindre ambiguïté. Pour moi Jean-Paul est innocent.

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 00:01

Il y a quelques jours, Jean-Paul a eu l'heureuse surprise de recevoir un courrier d'une ancienne élève qui a été scolarisée à l'école publique de Sarras et qui a également pratiqué le korfbal. Celle-ci lui écrivait pour la première fois. Cette jeune fille est devenue aujourd'hui  maman et nous la remercions sincèrement d'avoir accepté de publier ces extraits.

 

Bonjour,

 

Je prends contact avec vous ce jour en espérant que vous allez bien et que vous gardez le moral malgré les circonstances. J’espère également que votre femme et vos enfants vont bien. J’ai vu dernièrement le reportage vous concernant, ce qui m’a beaucoup touchée et qui me confirme que la justice française est parfois injuste. J’avoue réellement ne pas comprendre un tel jugement pour des faits qui n’ont pas eu lieu et sachez que je suis de tout cœur avec vous. Je crois plus que tout en votre innocence... Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas été appelée à témoigner !

 

Vous avez toujours été un professeur exemplaire...

 

Je me souviens même que c’était vous parfois qui m’ameniez en voiture à l’école et au korfbal. A plusieurs reprises, je me suis retrouvée seule avec vous et il n’y a jamais eu aucun geste déplacé. Au contraire, je venais en toute confiance, sans aucun souci. Vous étiez comme un père avec sa fille, en quelque sorte le père que j’aurais aimé avoir.

 

Je ne comprends pas ces filles qui sont capables d’accuser un innocent. Les faits qui vous sont reprochés sont énormes et je ne comprends pas qu’un juge ait pu croire à de tels faits qui ne sont pas crédibles !

 

Je tiens à vous apporter mon soutien et il faut que vous soyez très courageux pour votre épouse qui croit en vous et qui espère à chaque instant que vous soyez à ses côtés, qui pense à vous avant de s’endormir le soir et qui pense à vous également en ouvrant les yeux le matin.

 

Je vous demande de vraiment tenir le coup pour votre famille, votre femme, vos enfants ainsi que pour les personnes qui vous aiment. Soyez courageux ! ... Si je peux vous apporter une aide avec mon témoignage, sachez que je suis là. N’hésitez pas.

 

Bon courage à vous et à votre entourage.

 

Cordialement

 

Sa lettre a évidemment beaucoup touché Jean-Paul qui nous l'a répété lors du parloir de samedi. De nombreux anciens élèves ne savent pas encore ce qui est arrivé à leur ancien instituteur. Ainsi, il faut essayer de les contacter notamment en diffusant l'adresse du blog afin qu'ils écrivent à Jean-Paul pour l'opération des 400 jours. Merci de votre aide.

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 00:01

Voilà la suite des premiers articles publiés en 2011 par Jean-Paul dans le journal de la Maison d’arrêt. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal  lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, nous vous proposons deux nouveaux articles parus dans le premier numéro de janvier. Bonne lecture.

 

 

Immigration : un bilan instructif (07/01/2011)
 

Afin de lutter contre les idées reçues sur l’immigration, il est toujours utile de se référer aux bilans chiffrés. Pour cela, la dernière étude de l’Institut national d’études démographiques (INED) mérite d’être détaillée.

Tout d’abord, il est remarquable de constater que si les flux migratoires du Sud vers le Nord (62 millions) restent importants, il ne faut pas négliger la migration entre pays du Sud  (61 millions) et entre pays du Nord (53 millions).

Lorsque l’on regarde pays par pays, ce sont toujours les USA qui demeurent le premier pays d’immigration au monde (43 millions) devant la Russie (12,3 millions d’immigrés).

Aux Etats-Unis, 13% de la population est née hors des frontières nord-américaines. Plus près de chez nous, la France avec 11% d’immigrés, l’Allemagne (13%), les Pays-Bas (10%), le Royaume-Uni (10%) et la Belgique (9%) sont dépassés par l’Espagne (14%) où le flux d’entrées des étrangers a battu des records de 2000 à 2007.

Dans les pays du Golfe (Qatar, Emirats, Koweit), les émigrés sont majoritaires. En Australie, (21%) et au Canada (21% aussi), les frontières restent ouvertes. A Monaco, (72%), Singapour (41%), en Suisse (23%) et au Luxembourg (35%), pays où la fiscalité est avantageuse, la proportion d’étrangers est impressionnante.

Du côté des départs, c’est le Mexique (10 millions d’émigrés) qui arrive en tête devant l’Inde (9 millions) et le Bangladesh (6,6 millions). Si l’on compte en pourcentage, le Cap Vert a un habitant sur deux à l’étranger. La Bosnie-Herzégovine a vu partir 33% de sa population et l’Albanie 27%. Si le Royaume-Uni a presque autant d’immigrés (4,9 millions) que d’émigrés (4,2 millions), la France est le pays dont on s’expatrie le moins. Enfin, il reste le problème de la Chine qui n’a qu’une émigration de 0,1% alors que, dans cet immense pays, l’on migre beaucoup d’une province à l’autre. 

 

Des jeunes plus politisés et plus radicaux (07/01/2011)

 

Une étude récente, de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), portant sur la politisation des jeunes adultes, confirme l’impression laissée par la série de manifestations du mois de novembre.

A travers des études menées tous les neuf ans, l’Injep montre que les jeunes sont dans l’ensemble plus politisés et plus intéressés par la politique que leurs homologues des années 1980. Par contre, leur engagement se traduit plus dans la protestation que par le vote. Voilà qui est paradoxal et mérite que l’on s’y attarde. Les jeunes préfèrent les actions individuelles, les manifestations ou les pétitions et négligent le bulletin de vote.

Alors qu’en 1981, ils revendiquaient majoritairement la liberté, en 2008, c’est la demande d’égalité qui l’emporte. Leur inquiétude devant les différences sociales, l’exclusion et l’augmentation des inégalités se traduit par un positionnement politique plus affirmé. En 1999, ils étaient 7% à se revendiquer d’extrême- gauche, 13% en 2008. A l’opposé, cela passe de 3 à 4% pour l’extrême-droite. Le niveau d’instruction n’a que peu d’influence sur les choix politiques des jeunes qui sont à peine 19% à faire confiance aux partis politiques. La différence se situe au niveau du type d’action. Les moins diplômés préfèrent les actions révolutionnaires parce qu’ils se sentent en voie d’exclusion par la société. Quant  aux plus diplômés, ils sont plus actifs dans les actions de protestation.

 

Jean-Paul

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:01

Voilà les premiers articles publiés en 2011 par Jean-Paul dans le journal de la Maison d’arrêt. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal  lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, nous vous proposons deux articles, l’un tiré de la rubrique Nouvelles d’Europe et un second qui présente le dernier livre d’Ingrid Betancourt, ouvrage présent à la bibliothèque de la prison. Bonne lecture.

 

Une nouvelle force politique : Le Parti de la gauche européenne  (07/01/2011)

 

Quand 26 formations politiques situées à la gauche des partis sociaux-démocrates s’unissent pour former le Parti de la gauche européenne (PGE) au parlement européen, les médias ignorent l’évènement. Pourtant cette nouvelle force va rivaliser avec le Parti populaire européen, le Parti socialiste européen, le Part européen des libéraux-démocrates et réformateurs et le Parti vert européen. Est-ce parce que le PGE n’entend pas limiter son action aux seules institutions européennes mais veut être aussi aux côtés des mouvements sociaux ?

Lancé modestement en 2003 avec seulement 11 partis presque tous communistes, le PGE faisait déjà partie de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique mais il manquait une formation à la gauche de la gauche pour construire un espace de travail d’action commune et de solidarité entre tous ces partis afin de résister aux politiques néolibérales et proposer des alternatives en Europe.

Parmi les 26 partis membres auxquels il faut ajouter une dizaine de partis observateurs, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, la Gauche unitaire de Christian Piquet ont rejoint le Parti communiste français (PCF) et ont favorisé l’élection de son premier secrétaire, Pierre Laurent, à la présidence du PGE  parce que le Front de gauche développé en France suscite un grand intérêt dans les autres pays d’Europe. Les quatre vice-présidents élus sont Maïté Mola (PCE-Izquierda unida, Espagne),Marisa Matias (Bloco de Esquerda, Portugal), Alexis Tsipras (Synaspismos, Grèce) et Grigore Petrenco (PC de la République de Moldavie). Diether Dhem (Die Linke, Allemagne) en sera le trésorier.

Le PGE veut que chaque parlement conserve le contrôle de son budget national alors que l’UE est décidée à imposer un contrôle à priori sur ces budgets. La création d’un « Fonds européen de développement social pour financer les investissements publics qui créent des emplois, développent la formation, la recherche, les infrastructures utiles et qui protègent l’environnement » sera proposée en 2011. Afin d’alimenter ce fonds, il faudra taxer les mouvements de capitaux et réorienter les missions de la Banque centrale européenne (BCE). Les idées ne manquent pas au PGE mais le plus difficile sera de les populariser.

 

Même le silence a une fin  par  Ingrid Betancourt

nrf, Gallimard (2010), Folio (2012)

 

1451_g.jpgAprès six années et demie de captivité, Ingrid Betancourt a eu la force et le courage de consacrer dix-huit mois de sa nouvelle vie pour raconter, dans les moindres détails, son calvaire interminable, dans la jungle colombienne. Son aventure humaine est palpitante et atroce mais sa force spirituelle mérite le respect. Ceux qui ont lu le récit de son ex-amie, Clara Rojas, ne manqueront pas de faire la comparaison.

Ingrid Betancourt ne laisse rien de côté dans cette vie quotidienne en pleine jungle avec l’attente, l’angoisse, les évasions ratées, les humiliations permanentes causées par la promiscuité et la cruauté de certains de ses geôliers. Dans des conditions de vie épouvantables, les insectes monstrueux, les maladies, chaque jour apporte son lot de terreurs mais aussi ses espoirs et cette conviction énorme de connaître enfin un jour la fin de ce voyage infernal. Précisons enfin qu’Ingrid Betancourt a rédigé directement ses souvenirs en français, un livre-témoignage d’une puissance incroyable. Bonne lecture !

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 08:17

Après le succès des 300 jours – 300 courriers, nous avons décidé de lancer une nouvelle opération correspondance ciblée sur les anciens élèves qui ont eu pour instituteur Jean-Paul Degache. Parmi eux, de nombreux correspondent déjà avec lui. D’ailleurs, nous vous avons précédemment proposé plusieurs publications d’extraits souvent très poignants et enrichissants sur la manière d’enseigner de Jean-Paul mais également sur l’impossibilité technique des actes qu’on lui reproche.

 

En 26 années de fonction à l’école élémentaire de Sarras, Jean-Paul a eu près de 370 élèves. A cela, il faut rajouter ceux à qui il a enseigné entre 1969 et 1976. Parmi eux, certains ne sont probablement pas encore avertis de la condamnation de leur ancien instituteur car ils ont quitté précocement la région ; d’autres n’ont toujours pas franchi le cap et n’osent pas encore lui écrire.

 

Ainsi, notre but est de sensibiliser un maximum de ces anciens élèves afin qu’ils écrivent, ne serait-ce que quelques mots. Le but est de donner encore plus de force à Jean-Paul pour l'aider à traverser cet enfer dans lequel il est plongé depuis près de quinze ans. Nous pensons que sa réhabilitation morale passe par cela et nous comptons sur vous pour que cette opération devienne un évènement clé dans cette période d’enfermement que vit Jean-Paul.

 

A vous tous, anciens élèves, nous proposons de poster votre lettre le vendredi 4 mars pour qu’elle arrive le mardi 8 mars, 400ème jour de privation de liberté pour Jean-Paul.

 

Merci à vous tous.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:01

Aujourd’hui, nous sommes très heureux de pouvoir vous faire lire le témoignage d’une mère d’anciens élèves de Jean-Paul qui n’a encore jamais été entendue. Partie en Alsace, elle a pu suivre l’affaire de Jean-Paul Degache à travers le reportage de M6 et le blog. Ainsi, nous continuons notre travail qui consiste à glaner un maximum de témoignages d’élèves, de parents d’élèves et de personnes ayant travaillé et côtoyé Jean-Paul afin de faire jaillir la vérité historique. Nous remercions vivement et sincèrement cette personne qui nous a contactés et qui nous livre son témoignage.

                                   

Bonjour,

 

Je suis une ancienne Ardéchoise et je le reste de cœur même si j’ai quitté cette région puisque je vis maintenant en Alsace. Mais cela ne m’empêche pas de suivre, notamment à travers le blog, l’affaire de Jean-Paul que j’ai connu toute petite.

 

Deux de mes fils ont été dans la classe de Jean-Paul dont un durant les années 1994-1995 et 1996. Autrement dit, il était présent dans la classe au moment où Jean-Paul est censé avoir commis des atteintes sur mineures devant toute la classe. Evidemment, mon fils n’a absolument jamais rien remarqué et ne m’a jamais rapporté quoi que ce soit.

 

Mes fils adoraient Jean-Paul, qui a bien préparés pour la classe de 6ème. Mes trois enfants ont également fait du korfbal avec lui.

 

Travaillant en équipe durant ces années, j’avais du temps libre. Je les ai souvent accompagnés lors des manifestations sportives et culturelles. Jean-Paul, connaissant ma disponibilité, faisait souvent appel à moi. Ainsi pendant ces nombreuses sorties, je n’ai absolument rien remarqué d’anormal dans son attitude envers les enfants. Quant aux accusations portées sur sa présence dans les vestiaires du korfbal, elles sont totalement infondées, je n'ai jamais vu Jean-Paul entrer dans les vestiaires.


Il est évident que Jean-Paul était proche des enfants, il savait les aider, les consoler lorsque l’un d’entre eux se sentait moins bien.

 

Je trouve cette condamnation injuste. Jean-Paul n'aurait pu commettre les nombreux actes qui lui sont reprochés sans être vu ! J’insiste notamment sur la taille du bureau de Jean-Paul qui n’aurait pas empêché enfants, dont mes fils, et adultes, de voir et de dénoncer cela.

 

Si j’affirme cela, c’est parce que je suis passée à maintes reprises devant sa classe, j'y suis rentrée plusieurs fois et je sais bien comment elle était organisée.


Il y a suffisamment d’horreurs dans notre pays pour que l'institution judiciaire laisse les innocents tranquilles.

Enfin, j’ai vu le reportage et je peux vous dire que j’ai eu beaucoup de peine pour Jean-Paul ainsi que pour toute sa famille. J’en ai pleuré. J’en profite pour transmettre mes pensées à sa maman que j’ai bien connue ainsi qu’à  Ghislaine.
 

Jean-Paul, je pense beaucoup à toi, tiens le coup.


Je vais essayer de t’écrire mais pour l’instant je n’en ai pas eu la force...

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:01

Voici la deuxième partie de cette question cruciale, posée par un internaute, concernant le résultat final des deux procès.

 

Partie 1

 

Qu’est-ce qui a joué en votre défaveur lors des deux procès ?


Autres éléments : Le rôle des experts, les témoins et les preuves matérielles de mon innocence

 

Ensuite, il y a le rôle que jouent les experts qu’ils soient psychiatres ou psychologues. Toutes les anomalies très graves mises au grand jour lors du second procès d’Outreau, ne semblent avoir été suivies d’aucune modification, d’aucune remise en cause du rôle des experts. Tout reste encore à faire dans ce domaine pour que l’institution judiciaire puisse agir en toute objectivité et ne pas être ce qu'on a pu décrire comme une machine à broyer.

 

Au cours des deux procès, j’ai dû subir une avalanche de témoins m’accusant en se basant sur de simples ragots alimentés par une rumeur dévastatrice. En ce qui concerne les élèves accusateurs il est curieux que d’autres anciens élèves, il était curieux que d’autres anciens élèves présents dans les mêmes classes n’aient JAMAIS rien vu d’anormal, n’aient JAMAIS rien constaté de bizarre. Hélas, ces témoignages favorables n’ont pas pesé lourd devant les accusations.

 

Enfin, les preuves matérielles apportées afin de prouver l’impossibilité de tels agissements dans une classe pleine d’élèves âgés de 9 à 11 ans, ont été ignorées et même traitées avec un certain mépris. Lors du premier procès, à Privas, nous avions fait réaliser une maquette de l’école et de la classe. Elle a été regardée le premier jour puis délaissée tout le restant de la semaine. En appel, à Nîmes, nous avons proposé la projection d’un DVD réalisé à partir de plans et de photos de l’école puis certifié conforme par un expert en bâtiments agréé auprès des tribunaux. Malheureusement, la salle n’était pas équipée pour une projection. Nous n’avons pas pu présenter le film pendant les débats et il n’y a eu aucune discussion à propos de ce document fondamental pour la manifestation de la Vérité. Il en a été de même pour la présentation de mon bureau au sujet duquel les descriptions les plus fantaisistes avaient été entendues. Nous n’avons pas pu le présenter à la Cour. ¨Pourtant, ce bureau a été évoqué à plusieurs reprises puisque les faits allégués se seraient passés derrière lui alors qu’il est de taille modeste. C’est au cours de sa plaidoirie finale que l’un de mes avocats a pu montrer ces deux pièces après avoir dû louer le matériel de projection. Hélas, c’était bien trop tard… Je ne parlerai même pas de l’attitude assez désinvolte de certains membres de la Cour durant la projection du film…

 

Jean-Paul

 

Partie 6

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 00:01

Les photographies que nous vous présentons sont capitales pour ceux qui ne connaissent pas l'école primaire de Sarras dans sa configuration d’avant 2002.

 

Pour entrer dans les classes, il fallait forcément passer par le portail et traverser la cour en longeant les baies vitrées. La première de ces baies vitrées, celle située immédiatement après le portail était celle de la classe de Jean-Paul Degache.

 

On comprend donc mieux les propos des adultes qui se rendaient régulièrement à l'école : inspecteurs, conseillers pédagogiques, parents d'élèves, personnel de service et de ménage affirment ne jamais rien avoir remarqué alors qu’ils en auraient eu la possibilité.

 

Pour montrer que tous les faits et gestes de Jean-Paul dans sa classe étaient parfaitement visibles de l'extérieur, ses proches vont réaliser une maquette qui sera présentée au procès de Privas en septembre 2007.

Il est évident, pour Jean-Paul Degache comme pour ses défenseurs, qu’un jury ne peut pas le condamner en ayant connaissance de la disposition des lieux, et donc de l’impossibilité matérielle de commettre les crimes dont on l’accuse, sans se faire surprendre par un témoin extérieur.

 

En effet, il n’y a aucun témoin à charge. Personne n'a jamais rien remarqué d'anormal dans cette classe exposée aux regards de tous.

 

Avec de tels éléments, Jean-Paul Degache et ses défenseurs étaient persuadés que son innocence allait être reconnue… En 2007 les magistrats et les jurés de Privas en ont décidé autrement, ignorant la maquette qui leur était  présentée.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 00:01

Voici une question cruciale concernant le résultat final des deux procès. Un internaute a demandé à Jean-Paul d’analyser les verdicts passés et de donner quelques éléments qui les expliqueraient. C’est évidemment très délicat et nous remercions Jean-Paul de nous avoir fait part de son analyse. 

 

Partie 1


Qu’est-ce qui a joué en votre défaveur lors des deux procès ?

 

- 1er élément : l’enquête

 

Pour moi, tout repose sur la manière de mener l’instruction et donc l’enquête. Si la présomption d’innocence semble respectée dans la forme, c'est loin d'être le cas sur le fond, en tout cas c'est ainsi que je l'ai ressenti.Lorsque le type d’accusation dont je suis victime m’a frappé, il m'a semblé que d’emblée, j'ai été considéré comme coupable. Tout a été fait pour alimenter l’accusation. Les enquêteurs ne recherchaient que des paroles me mettant en cause. D’ailleurs, l’un d’entre eux a déclaré lors du 2ème procès que sa hiérarchie lui avait clairement demandé de trouver un viol pour relancer l’enquête !!! Il n’y a jamais eu la moindre preuve d’une quelconque culpabilité de ma part. Toutes les personnes voulant témoigner de l’impossibilité de tels agissements alors qu’elles étaient présentes dans la classe au moment où les faits allégués se seraient passés, toutes ces personnes n'ont pas eu l'air d'intéresser le juge d’instruction.Il a fallu que ce dernier rouvre son dossier pour faire entendre enfin ces témoins dont nous demandions l’audition. Hélas, alors que ceux qui accusaient avaient été entendus sur le mode du questionnement, les personnes qui m’étaient favorables ont eu droit à une simple déclaration enregistrée par la gendarmerie. La différence est très importante.

Or, je me suis rendu compte que tout cela conditionne tout le déroulement du procès. La pente est tellement raide qu’elle est impossible à remonter car l’acte d’accusation ne laisse planer aucun doute. Malgré l’absence totale de preuves et de témoins affirmant avoir observé les agissements dont on m'a accusé,j’ai été présenté chaque fois comme l’auteur d’actes que je n’ai jamais commis et que je suis incapable de commettre.

 

Jean-Paul

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