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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 00:01

Jean-Paul nous a fait parvenir des extraits d’une lettre poignante rédigée par une de ses anciennes élèves. Celle-ci nous a donné son accord pour les publier et nous l’en remercions sincèrement. Elle débute sa lettre par une citation d’Alexandre Soljenitsyne :

« On ne peut murer l’innocence…

un beau jour elle aveugle de sa probité ceux-là mêmes qui ont cru l’étouffer. »

 

 

Cher Jean-Paul,

 

C’est l’émotion qui guide mes doigts sur le clavier… l’émotion qui se mue en colère, colère qui, malgré tout, s’avère souvent mauvaise conseillère. Comment réagir autrement quand on te sait entre quatre murs, innocent ? Alors, on serre les poings et la raison prend le dessus. Comme l’a si bien déclamé Me Rault, il existe la vérité judicaire, celle qui t’a coupé des tiens violemment et il existe la vérité historique, celle, plus précieuse que toute autre : ton innocence à tous les chefs d’accusation !

Je tenais à t’écrire au nom de tous les miens… Nous serons toujours là, avec toi, et aucune cellule de prison, aucune décision de justice ne nous éloignera du soutien et de l’amitié que l’on te porte. On compte te revoir, t’offrir un bon morceau de gâteau au chocolat et discourir librement… Nous souhaitons sincèrement, avec toute la pugnacité de l’amitié, que tu tiennes le coup !

Toute ma vie, j’ai agi conformément à l’éducation qui m’a été inculquée par mes parents et d’autres personnes-clés. Tu es une personne-clé dans la construction de mon enfance et de l’adulte que je suis. Tu m’as légué certainement sans le savoir une part de l’altruisme et de l’investissement pour le bien d’autrui. Mes parents ont tracé la voie et sur cette voie tu as été un guide bienveillant, pédagogue et juste. De mes années de CM, je n’ai qu’un mauvais souvenir et il m’est imputable : un zéro mérité puisque je n’avais pas appris ma récitation !

Encore aujourd’hui, je me souviens de ces chansons que nous apprenions avec toi… des chansons tristes mais aussi enthousiastes. C’est toi qui nous as fait chanter « Santiano » d’Hugues Aufray…  Alors Hisse et haut, hisse et haut l’innocence ! […]

Je suis ton ancienne élève Jean-Paul. J’ai pu t’observer, te côtoyer pendant deux ans et je n’ai que de bons souvenirs : des moments d’apprentissage, des voyages scolaires, des séances de sport…. Un instit’ extra et un homme bon, honnête et droit. Jean-Paul, nous ne sommes pas toutes mauvaises… Alors bien sûr, tu dois être miné, tu dois te poser des questions parfois mais n’oublie jamais, Jean-Paul, que ce n’est pas toi qui as fait du mal, que tu n’es qu’un bouc-émissaire d’une minorité qui ne vit que par le prisme du mensonge et de la vanité. […]

Durant 10 ans, j’ai été entraîneur de sport… J’ai pu goûter au plaisir de faire évoluer jeunes filles et jeunes garçons. Samedi dernier, quatre de mes anciennes élèves m’ont invitée au restaurant. Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais été marquante dans leur vie, de par mon attitude, ma rigueur et mon humour. Cela m’a fait penser à toi, Jean-Paul. Cette reconnaissance que j’ai eu le plaisir de ressentir samedi, je te la renvoie. Merci Jean-Paul !

 

Avec toute mon amitié. 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 00:01

Voilà plusieurs semaines que Jean-Paul a pu intégrer la Classe Atelier du Journal de la prison. Rappelons que cette occupation lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, nous vous proposons deux articles de la rubrique « Nouvelles d’Europe » concernant l’Angleterre et la Grèce ainsi qu’un article sur l’escrime. Bonne lecture.

 

Les Britanniques réagissent (17/12/2010)

 

Alors que tout le monde pensait que le sévère plan d’austérité annoncé par le Premier Ministre du Royaume-Uni, David Cameron, allait être accepté sans broncher, plusieurs manifestations ont déjà eu lieu dans le pays. Les étudiants ont vigoureusement protesté contre le triplement des frais d’inscription dans les universités, prenant de court la police qui n’était pas prête pour juguler ce déferlement de manifestants.

Le projet qui fait réagir aussi les Britanniques prévoit, qu’en 2013, les aides existantes (chômage, logement…) soient regroupées en une seule allocation universelle. L’idée, en elle-même, est louable puisqu’elle vise à permettre aux chômeurs qui retrouvent un emploi de ne pas perdre tout le bénéfice de leurs allocations afin de toucher une somme supérieure à ce qu’ils recevaient quand ils étaient au chômage. Par contre, ces mesures sont assorties d’un ensemble de sanctions prévues en cas de refus de proposition d’emploi. Pour un premier refus, le chômeur sera privé de trois mois d’allocations. Après trois refus, ce sont trois années qui sauteront. Les agences d’emploi auront même le droit de demander aux chômeurs qu’elles jugeraient peu ou pas actifs dans la recherche d’emploi, d’accomplir pendant quatre semaines un travail manuel non rémunéré. En cas de refus, les allocations seront supprimées.

Ainsi, la cure d’austérité annoncée par le gouvernement à la fin du mois d’octobre déclenche maintenant de plus en plus de réactions. Après la manifestation du 10 novembre, à Londres, les étudiants ont remis ça le 24 novembre, non seulement dans la capitale mais aussi à Manchester, Liverpool, Brighton, Sheffield, oxford et Cambridge.

 

 

Athènes et ses fruits (17/12/2010)

La capitale de la Grèce compte environ 2 200 km de trottoirs plantés d’environ 80 000 arbres auxquels il faut ajouter ceux des parcs et jardins de la ville. Oliviers, bigaradiers (une espèce d’oranger), mûriers, citronniers et mandariniers donnent des fruits qui sont très prisés par de nombreux habitants. Si l’on y ajoute les arbres d’ornement que sont les sophoras et les jacarandas, plus les oliviers et les pins cela donne une ville très arborée.

C’est au début du XXème siècle et surtout entre les deux guerres que l’on a beaucoup planté, en choisissant des variétés au faible besoin en eau.

Les arbres fruitiers, surtout les bigaradiers, étant pillés, on a planté surtout des pins et des arbres d’ornement, après la Seconde Guerre mondiale. La crise aidant, à la tombée de la nuit et à l’abri des regards, ils sont nombreux à arpenter les rues d’Athènes avec des charrettes, équipées de bâtons et de sacs en plastique pour effectuer la cueillette d’olives, de citrons, d’oranges, de mandarines, etc… Hélas, la pollution atmosphérique importante dans la capitale grecque nuit beaucoup au bon goût de tous ces fruits…

 

 

 

Entre fines lames (17/12/2010)

 

Il y a quelques semaines, les Championnats du monde d’Escrime se sont déroulés à Paris, dans le cadre prestigieux du Grand Palais. Comment une activité destinée à tuer son adversaire est devenue un sport, voire un art ? Les escrimeurs d’aujourd’hui sont-ils les descendants de Du Guesclin, de Cyrano de Bergerac ou encore de D’Artagnan ? En garde ! Dès que l’homme comprend qu’il peut couper en deux son voisin, il ne s’en prive pas comme les récits mythiques de l’Antiquité le confirment. Romains, Germains, Gaulois et autres décident, par les armes, du sort de leurs litiges. En 501, Gondebaud le Bourguignon ordonne que toutes les contestations se règlent à l’épée. La féodalité codifie cela et les preux chevaliers sont adoubés par une tape de l’épée sur la tête. Le duel est même appelé un temps « le jugement de Dieu ». Excalibur et Durandal, deux fameuses épées, sont entrées dans l’histoire. Entre 1588 et 1608, dix mille nobles sont morts en duel ! Même après l’extinction de la chevalerie, le duel se perpétue et des lois essaient de l’interdire, en vain. Il faut attendre la fin du XIXème siècle pour voir les combats s’arrêter au premier sang. Lamartine, Léon Blum, Sainte-Beuve, Alfred de Musset et même Gaston Deferre ont ferraillé. Ce dernier, ex député-maire de Marseille qui fut ministre de l’Intérieur de François Mitterrand, a disputé le dernier duel public contre René Ribière, en 1967…

C’est en Espagne, au XVème siècle, que l’escrime moderne est apparue. Vers 1780, La Boëssière invente le masque. En 1896, l’escrime est admise aux Jeux Olympiques et sa langue officielle est le français. On peut toucher l’adversaire d’estoc (avec la pointe de la lame), de taille (avec le tranchant) ou de contre-taille (avec le dos de la lame). Les trois armes sont le fleuret (arme d’estoc qui ne peut toucher que le tronc de l’adversaire), l’épée (arme d’estoc qui peut toucher tout le corps, masque et chaussures compris) et le sabre (arme d’estoc, de taille et de contre-taille qui peut toucher tout le haut du corps, masque et bras-compris).

La pratique de l’escrime développe le sens de l’analyse immédiate d’une situation, la prise de décision en quelques millisecondes et l’exécution de mouvements demandant coordination, réflexes et précision.

 

Jean-Paul

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 00:01

Pour débuter l'année 2011, nous vous proposons un article réalisé par Jean-Paul dans le cadre du numéro hors-série du journal de la prison consacré au thème du voyage. Il a ainsi choisi un sujet qui constitue l'une de ses passions dont il a été privé de pratique depuis le 26 mars 2010 : le vélo.

Bonne lecture !

 

Le vélo, instrument utilitaire, de loisir ou de compétition (Hors-série - décembre 2010)

 

Après avoir été négligée, voire ringardisée pendant plusieurs décennies, la pratique du vélo redevient tendance sous la double pression de la préservation indispensable de la nature et de l’économie de nos ressources naturelles. Quand l’être humain se sédentarise au maximum et a donc besoin de trouver toujours plus d’occasions pour se dépenser physiquement, pédaler permet de joindre l’utile à l’agréable.

Il suffit de regarder un film montrant la vie en France jusqu’à la fin des années 50 pour constater que le vélo était, depuis des décennies, un moyen de locomotion privilégié. L’automobile était loin de son développement actuel et beaucoup de familles n’en possédaient pas. Dans un pays à majorité rurale, le vélo utilitaire était même indispensable autant pour aller chercher le pain que pour aller rendre visite à un membre de sa famille. Ceci explique la popularité toujours croissante du Tour de France, créé en 1903, parce que tout un chacun était capable d’étalonner sa propre performance avec celles des champions de ce qu’on appelait « la petite reine ».

 

Petit historique

Si l’on revient encore un petit peu en arrière pour rappeler les principales étapes de l’histoire de la bicyclette, il faut saluer le génie du baron allemand Karl-Wilhelm Drais. En 1813, cet aristocrate met au point la première machine avec deux roues en ligne propulsée par les jambes avec un appui alternatif : la draisienne (image ci-contre à gauche).

 

En 1861, le Français Pierre Michaux invente la pédale qu’il adapte à la roue avant. Ainsi naît le vélocipède dont vélo est l’abréviation (photo ci-contre). Alors, les choses s’accélèrent. En 1868, les premiers clubs cyclistes sont créés à Rouen, Paris, Toulouse et la première course de vélocipèdes, sur 12 km, est organisée dans le parc de Saint-Cloud, à Paris. En 1880, l’Anglais James Moore en est le vainqueur. L’année suivante, on court Paris-Rouen toujours en appuyant sur les pédales fixées sur le moyeu de la roue avant. En 1880, l’Anglais Stanley lance une bicyclette à roue arrière motrice grâce à une chaîne, une évolution déterminante. Un an plus tard, l’Union Vélocipédique de France (UVF) voit le jour et organise le premier championnat de France. En 1887, John Boyd Dunlop, vétérinaire à Belfast, invente le pneumatique à valve et, trois ans plus tard, Robertson en Angleterre et Michelin en France, rendent ce pneu démontable. En 1905, Paul de Vivié invente le dérailleur que vulgarise Lucien Juy sous la marque Simplex : le vélo moderne est pratiquement au point. Il faut attendre 1983 pour voir Look s’inspirer du ski et mettre au point la pédale automatique, 1990 pour les premières obligations du port du casque et 2003, enfin, pour que cette protection essentielle devienne obligatoire dans toutes les courses cyclistes. De plus, l’utilisation du carbone se généralise dans la conception des cadres pour la compétition et même le loisir. Ce matériau composite remplace peu à peu l’acier, l’aluminium et même le titane, beaucoup trop cher.

 

A nous la ville !

Depuis une dizaine d’années, à cause de l’engorgement des villes par la voiture, le vélo est redevenu un instrument de locomotion très utile. En France, après un essai à La Rochelle, en 1974, c’est Lyon qui a lancé son Vélo’v en 2005, ces bicyclettes urbaines en location, disséminées en divers points de la ville. Paris Vélib’, puis d’autres villes - Bordeaux Vcub, Marseille le Vélo, Toulouse Vélôtoulouse, Montpellier Vélomagg, Aix en Provence V’hello, Nantes Bicloo, Rennes Vélo STAR, Strasbourg Vél’hop, etc… - n’ont pas tardé à imiter cette initiative couronnée de succès malgré quelques  soucis d’entretien. Indispensables pour la sécurité des cyclistes urbains, des aménagements cyclables sont réalisés petit à petit mais notre pays avait un tel retard que la tâche à réaliser reste énorme. En  8 ans, à Lyon et Villeurbanne, le trafic cycliste a été multiplié par 4. A Bordeaux 8% des déplacements en centre ville se font à vélo, contre 3 % il y a 10 ans. A Strasbourg, on en est à 15% pour l’ensemble de la ville.

Paradoxalement, en Chine, où le déplacement à vélo était la règle, donnant lieu à des images assez extraordinaires d’une marée cycliste dans les avenues pékinoises, la voiture prend la place des deux roues… jusqu’au jour où , embouteillages et pollution aidant, il faudra pédaler à nouveau !

En France, 23 à 25 millions de personnes (40% de la population) disent pédaler régulièrement. A ceux-là, il faut ajouter 10 millions d’utilisateurs occasionnels, soit encore 17% de la population.

Pour tous les utilisateurs, se pose le problème de la circulation, sur la route, avec les autres usagers. L’augmentation continue du trafic autour des villes et les accidents graves causés par des automobilistes imprudents dissuadent beaucoup de cyclistes désirant pédaler uniquement pour leur plaisir. Pourtant, comme la marche à pied, la pratique du vélo est excellente pour rester en bonne santé C’est pourquoi a été lancé, en 2001, le projet des Véloroutes et des Voies vertes. Il s’agit de créer ou de mettre en état des itinéraires cyclables jalonnés et sécurisés, de moyenne ou longue distance sans interruption. Par exemple, dans le Sud-Est, un projet est en train de se concrétiser pour relier le lac Léman à la mer Méditerranée, en suivant le cours du Rhône. L’objectif est d’arriver, en France, à 20 000 km aménagés avec l’aide des collectivités territoriales. Si cette solution est bonne pour une pratique tranquille du vélo, il ne faut pas oublier ceux, de plus en plus nombreux, qui utilisent cet instrument pour faire du sport.

 

Sur la route

Le réseau routier en France, est tellement dense et diversifié qu’il a, depuis longtemps, favorisé l’expression de ceux que l’on nomme cyclotouristes, cyclosportifs ou coureurs cyclistes. Si le cyclotouriste ne vise pas expressément la performance sportive, il ne peut se contenter d’itinéraires finalement assez limités où il sera amené à côtoyer des familles mais aussi des rollers, par exemple. Partant du principe que la route est à tout le monde, les cyclistes, qui sont aussi des contribuables finançant leur entretien, demandent à ce que l’on les respecte pendant qu’ils avalent des kilomètres. Ce droit, bien sûr, leur impose des devoirs. Contrairement à ce que l’on croit à tort, le code de la route n’impose pas aux cyclistes de rouler l’un derrière l’autre. Ils doivent simplement se mettre en file pour laisser le passage lorsqu’un véhicule se présente. Nous sommes là devant un problème de partage de la route et d’une volonté de vivre ensemble, en harmonie. Respecter un cycliste sur la route, c’est respecter un être humain, respecter la vie. Cela ne devrait pas être si difficile.

Enfin, il reste le problème de la compétition. Comme nous l’avons dit plus haut, la pratique cycliste a toujours été liée, dès l’origine, à la course, et ces épreuves se déroulent sur la voie publique. Pour parer à cela, il y a bien la piste mais la France est fort déficitaire en ce domaine. Pour quelques grandes épreuves qui bénéficient d’une privatisation de la voie publique1, il ne faut pas oublier toutes ces petites courses qui permettent aux jeunes de révéler, de progresser, de s’aguerrir. A cause des problèmes de sécurité, leur nombre a considérablement diminué. Les aménagements urbains et routiers dont on abuse depuis ces dernières années, apportent des dangers supplémentaires pendant les compétitions. Les organisateurs, tous bénévoles, se lassent et ne veulent plus prendre de risques. Ceci a pour conséquence de tarir peu à peu le vivier qui permettait de voir émerger ces champions qui enthousiasment les foules sur la route du Tour. De plus, il ne faut pas l’oublier, le coureur cycliste, comme le cyclosportif, a besoin de couvrir de nombreux kilomètres pour acquérir et maintenir la forme. D’où la cohabitation nécessaire dont nous parlions auparavant.

Instrument de locomotion né d’une géniale invention et perfectionné au fil des ans grâce, principalement, à la compétition, le vélo est un véhicule d’avenir, contrairement à ce que certains ont pu croire à une époque. Depuis l’enfant qui réussit à se passer des roulettes qui le stabilisent, jusqu’au champion cycliste, l’éventail est immense. Que ce soit pour un déplacement simplement utilitaire, pour prendre l’air ou pour mesurer ses forces avec d’autres, le vélo offre tellement de possibilités qu’il mérite d’avoir toute sa place dans notre société sans oublier que le jour où il n’y aura plus de pétrole…

 

Jean-Paul

 

: L’Etape du Tour (8 000 participants) et l’Ardéchoise (14 000 participants), deux épreuves cyclosportives de masse, bénéficient, totalement pour la première et partiellement pour la seconde, de la privatisation de leur parcours. Cela signifie la suppression totale du trafic habituel sur les routes empruntées et une protection efficace de la gendarmerie. En contrepartie, cela est facturé à l’organisateur.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:01

Pour beaucoup de personnes, dont de nombreux jurés des deux procès, Jean-Paul était un instituteur ayant exercé exclusivement dans le village ardéchois de Sarras. Il est donc important pour nous de revenir en arrière, entre 1969 et l’année 1976, date qui marqua sa prise de fonction à Sarras. Si Jean-Paul fut un terrible « prédateur » comme certains avocats ont pu le dire, on pourrait imaginer que les plaintes proviennent des élèves de ces nombreuses écoles…

 

            Jean-Paul a su très tôt qu’il voulait devenir instituteur. Ses expériences en tant que moniteur de colonie lui avaient donné cette envie d’encadrer les jeunes. Ainsi, après avoir eu son baccalauréat en 1969, il saisit sa chance en tant qu’instituteur suppléant. Il dut attendre la fin du mois de septembre pour être appelé, à une quinzaine de kilomètres de Sarras, à l’école d’Etables. N’étant pas sorti de l’Ecole Normale d’Instituteur, Jean-Paul attaque sans avoir reçu de formation spécifique. Il reçoit quand même l’aide d’un titulaire âgé d’une vingtaine d’années qui travaille dans cette école : 

                « C’est donc cet après-midi là, que j’ai eu ma première formation pédagogique…bénévole,  assurée par M. Ce jeune enseignant qui avait peut-être deux ou trois ans de plus que moi, m’a beaucoup marqué. Il était très enthousiaste, très attentif à développer les capacités de chaque élève et adepte convaincu de la méthode Freinet. Je n’en avais bien sûr jamais entendu parler et j’étais séduit par ce que cela apportait à la vie de la classe, donnant à chaque enfant la possibilité d’exprimer et de développer sa propre personnalité. L’idée du texte libre m’a séduit d’emblée et je l’ai appliquée durant toute ma carrière. Chaque enfant pouvait quand il l’entendait, écrire ce qu’il voulait sur le sujet qu’il avait envie de traiter. Ces textes étaient ensuite valorisés en classe et corrigés pour stimuler ceux qui ne se décidaient pas à écrire. Une simple phrase était acceptée comme texte libre… Enfin M. m’a conforté dans mon envie d’enseigner en me présentant ce métier d’une manière fort différente de mes souvenirs d’enfance. Il faut dire que mai 1968 était passé par là et que les relations entre maîtres et élèves avaient bien été remises en question. Nous devions être plus proches de nos élèves, moins autoritaires afin qu’ils soient d’abord et avant tout contents de venir à l’école et heureux en classe. Ainsi leurs résultats scolaires s’en trouvaient bonifiés. »

 

            Cette première année d’enseignement fut agrémentée par un autre remplacement dans une des écoles de Tournon : après une classe rurale, une école de centre-ville ! La deuxième partie de l’année scolaire est marquée par des remplacements dans les écoles d’Annonay, Albon d’Ardèche, Saint-Julien Labrousse l’Albouret, Saint-Péray, Saint-Agrève. Lors de ce dernier remplacement sur le plateau ardéchois, Jean-Paul passa l’intégralité du trimestre. Il revient avec nous sur cette expérience :

            « La classe ne me pose pas trop de problèmes grâce aux précédentes expériences déjà vécues au cours de cette première année d'enseignement. Si j'ai un souci ou besoin de quelque renseignement que ce soit, je m'adresse aussitôt à l'un de mes collègues qui se fait un plaisir de m'aider. Dans la classe, il y a un élève assez difficile mais ça se passe bien parce que je n'hésite pas à emmener mes élèves faire du sport. Les élèves turbulents acceptent de travailler assis à leur bureau s'ils savent que, dans la journée, ils pourront évacuer leur trop-plein d'énergie physique. »


Cette façon d’enseigner, Jean-Paul l’a évidemment pratiquée durant toute sa carrière. Chaque ancien élève pourrait nous l’affirmer. En aucun cas, il ne laissait un élève de côté parce qu’il était turbulent ou en échec scolaire !

 

L’année scolaire suivante (1970-1971), Jean-Paul attaqua par un remplacement annuel dans le Collège d’Enseignement Secondaire du Cheylard. Le principal lui confie les classes où les élèves demeurent en échec scolaire : 6ème et 5ème de transition et 4ème et 3ème pratiques. Comme le dit Jean-Paul, normalement ces postes étaient réservés à un personnel spécialisé et qualifié mais dans certains cas, l’Inspection appelait des remplaçants. Il rajoute : « J'apprends que je vais enseigner dans les deux niveaux et que je dois assurer le Français, la musique et...3 heures d'atelier par semaine. En fait, je me rends compte que certains, filles ou garçons, sont plus grands que moi. Il est même arrivé que certains élèves arrêtent leur scolarité en cours d'année, le jour de leurs 16 ans. Je me souviens de deux filles ayant quitté le collège parce qu'elles étaient enceintes et devaient fonder une famille... »

 

            Par la suite Jean-Paul fit encore moniteur en colonie de vacances à côté d’Agde. Il effectua un remplacement, de septembre à décembre 1971, à l’école de Ripaille à Annonay avant de rejoindre l’armée française afin d’effectuer son service militaire. Vers la fin de l’année 1972, il donna même des cours de français au personnel militaire ! Son retour au sein de l’enseignement le conduisit, toujours en tant que remplaçant, à l’école ardéchoise de Saint-Jeure d’Ay. Les remplacements se succédèrent durant l’année scolaire 1973-1974  puisqu’il dut aller enseigner à Boucieu-le-Roi, à Saint-Gineys en Coiron, au Lycée Marcel Gimond à Aubenas à deux reprises, à Tournon, au collège du Pouzin, à Annonay, l’I.M.E. de Soubeyrand Saint-Barthélémy le Pin, à Saint-Sernin, à Etables, à Viviers, à Tournon, au collège de La Voulte, à Sarras, à Labastide de Juvinas et à Saint-Andéol de Vals.

                                                                                                                                                                                                                   

                Après un stage de formation d’un an à l’Ecole Normale de Privas, Jean-Paul devint en 1975 Titulaire de l’Education Nationale. Cela ne l’empêcha pas de continuer à effectuer des remplacements du côté de Guilherand-Granges, de Saint-Laurent du Pape et à Annonay. Ce n’est que courant 1976, qu’il est nommé à l’école publique mixte de Sarras sur le poste de M. Valla qui fut son instituteur.

          

           Au final, entre 1969 et 1976, Jean-Paul enseigna dans près de 28 établissements situés dans un rayon de moins de 80 km autour du village de Sarras et fut à plusieurs reprises moniteur de colonies de vacances. A ce jour,  AUCUN ENFANT de cette période n’a émis la moindre critique sur son attitude.

 

          Cela signifie que Jean-Paul Degache aurait agi uniquement dans l’école de Sarras, lors d’années bien précises et devant tous les élèves.

 

          Il est toujours curieux de constater le fonctionnement de l'institution judiciaire et des enquêteurs lors d’affaires de ce type. La théorie voudrait que l’enquête s’oriente à la fois vers la recherche de témoins et de victimes visant à favoriser l’accusation, mais également vers la recherche d’éléments qui pourraient montrer qu’il n’y a pas de fondements aux accusations.

 

          C’est ce qu’on appelle une enquête à charge et à décharge.

On se demande donc pourquoi aucun des anciens élèves ni aucun des anciens instituteurs que Jean-Paul a côtoyés avant d’enseigner à Sarras n’a été interrogé et qu’il a fallu que certains d’entre eux, apprenant ce qui était arrivé à leur ancien instituteur, prennent contact avec nous pour nous donner ces éléments.

 

            A aucun moment au cours des deux procès aux assises, la première partie de la carrière de Jean-Paul Degache, qui a duré 8 années, ne fut évoquée. Le fait qu’il ne se soit rien passé alors que Jean-Paul Degache était loin de chez lui, souvent pour de courtes périodes face à des enfants aurait sans doute permis aux jurés de se faire une idée plus précise sur la nature des accusations portées contre cet homme. Cela aurait sans doute donné du crédit aux cris d’innocence de Jean-Paul Degache et ça, visiblement, tout a été fait pour l’éviter.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:01

On a assez peu parlé de l’école primaire de Sarras jusqu’à présent et les lecteurs du blog sont en droit de s’interroger sur la façon dont se déroulaient les enseignements.

 

On a tendance, tout naturellement, à imaginer que les classes en milieu rural sont uniques, que les élèves sont particulièrement peu nombreux, ce qui rendrait les témoignages plus crédibles.

 

En fait, à Sarras, il n’en est rien. Située dans la vallée du Rhône, cette commune ne correspond pas au cliché du village perdu que l’on pourrait imaginer. Sa population a d’ailleurs fortement augmenté ces dernières années, pour dépasser aujourd’hui les 2000 habitants. Son école publique a, sauf durant quelques années, toujours disposé de 5 classes toujours bien remplies.

 

Jean-Paul Degache a commencé à enseigner à l’école primaire de Sarras en 1976 et a été obligé de mettre un terme à sa carrière en 2002. Plus de 370 élèves ont fréquenté sa classe en 26 années.

 

Il est à noter que, dans un souci de pédagogie et afin de faciliter le passage en 6ème, les instituteurs de CM1 « suivaient » leurs élèves en CM2, ce qui fait que la plupart du temps, Jean-Paul Degache avait ses élèves deux années de suite, en CM1 puis en CM2.

 

Il n’y a que trois classes de Jean-Paul Degache dont certains anciens élèves sont considérés comme des victimes par la justice. Rappelons que les faits censés avoir été commis l’auraient été devant tous les autres élèves. Ils ont presque tous été interrogés, aucun d’entre eux n’a affirmé avoir assisté aux crimes pour lesquels on a condamné Jean-Paul Degache.

 

Parmi les autres anciens élèves considérés comme victimes, une partie affirme à la barre ne pas se souvenir des faits, une autre partie affirme ne pas se considérer comme victime. Plusieurs des anciens élèves considérés comme victimes ne sont d’ailleurs pas venus témoigner lors du procès de Nîmes.

 

Nous avons donc, pour récapituler, sur les 3 classes où l’on trouve des anciens élèves considérés comme victimes :

 

1988-90 – 21 élèves dont une seule victime : aucun des 20 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis devant toute la classe.

 

1996-98 – 22 élèves dont 7 victimes : aucun des 15 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public devant toute la classe, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

1994-96 – 20 élèves dont 6 victimes : aucun des 14 autres élèves n’a assisté aux faits reprochés, pourtant censés avoir été commis en public, plusieurs victimes ne se sont pas déplacées au procès et d’autres affirment ne pas être des victimes.

 

Rappelons qu’en 1998, sur la base des témoignages des élèves des années 96-98 et 94-96, l'institution judiciaire a estimé qu’aucun des faits n’était caractérisé et a donc logiquement classé l’affaire.

 

Force est de constater que l'institution judiciaire de 2010 considère que des faits non caractérisés en 1998 peuvent conduire un homme en prison pour 8 ans.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:01

Nous vous proposons l'entretien réalisé le 30 septembre 2007, entretien réalisé avec une ancienne élève considérée comme victime par l'institution judiciaire alors qu'elle même atteste que son ancien instituteur ne lui a rien fait !

 

Bonjour […], et merci d’accepter de me recevoir. Tout d’abord, je suis un peu surpris, dans le verdict, tu es considérée comme une victime de Jean-Paul Degache…
   
R: Mais jamais de la vie ! Je ne comprends pas ce verdict et je ne suis pas la seule ! Je ne suis absolument pas une victime de Jean-Paul, il ne m’a jamais fait subir des attouchements sexuels et je l’ai dit à la barre ! Quelque part, il est en prison pour partie à cause de moi et je trouve ça profondément injuste.
 
Concrètement, tu étais en classe avec lui de 1996 à 1998, lors du procès, quelques témoins ont réellement parlé d’attouchements et d’agressions sexuelles, tu as assisté à de pareilles scènes ?
 
R: Franchement non, absolument jamais, Jean-Paul aimait bien ses élèves, effectivement il lui arrivait de nous toucher, je me souviens de tapes d’encouragement sur l’épaule, mais enfin ce n’est quand même pas ça qui l’a envoyé en prison ! Ce genre de geste d’affection, c’est même important pour mettre un élève en confiance, surtout ceux qui, comme moi à l’époque, étaient en difficulté dans certaines matières.
 
Tu n’as vraiment pas de souvenirs ? On a dit lors du procès qu’il mettait certains élèves sur ses genoux ?
 
R: Je n’en ai aucun souvenir très précis : qui Jean-Paul aurait pris sur les genoux ? Si c’était souvent ? En tout cas moi il ne m’a jamais mise sur ses genoux, je ne me souviens que de la seule fois où il m’a réellement touchée, c’était après que je sois tombée sur le goudron, et j’étais bien contente qu’il me porte, parce que j’avais vraiment mal. Honnêtement, et je l’ai répété plusieurs fois au procès : si j’avais subi ou assisté à des gestes déplacés ou pervers, je m’en serais rappelée ! Tu sais, à cet âge là, on sait bien ce qu’un adulte peut ou ne peut pas faire… En plus, franchement, j’étais très bien placée dans la classe, s’il s’était passé quelque chose au bureau je l’aurais vu. A vrai dire, c’est impossible qu’en ma présence, il se soit passé quelque chose.
 
Enfin tu es bien au courant que certaines de tes anciennes camarades se sont plaintes, une d’entre elles est même partie civile au procès…
 
R: Ecoute, tu sais, les filles, en primaire, elles cherchent à retenir l’attention de l’instituteur, si une d’entre elles bénéficie de plus d’attention, on la repère tout de suite et on est limite jalouses… Or je ne me souviens vraiment pas avoir été jalouse de qui que ce soit à l’époque où Jean-Paul Degache était mon instituteur.
 
Les filles dans ta classe avaient elles un comportement particulier, il y avait des petits groupes ?
 
R: ça oui, il y en avait quelques unes qui se battaient pour être les préférées [elle me cite le nom de plusieurs témoins et de la plaignante] et qui ricanaient souvent entre elles. En en parlant un peu, je trouve étrange que [la plaignante] ait pu dire qu’elle souffrait avec Jean-Paul, au contraire, elle paraissait très heureuse.
 
Cela a duré comme ça jusqu’au mois de mars 1997, là vous avez été convoquées et interrogées… tu t’en souviens ?
 
R: Oui, on a eu un appel le samedi matin, les gendarmes ont dit à mon père que nous devions aller témoigner car quelque chose de grave se passait à l’école… Dès mon arrivée à la gendarmerie, on s’est retrouvés séparés pour nos témoignages. C’est là que je m’interroge un peu…
 
C'est-à-dire ?
 
R: Sur les conditions du témoignage, sincèrement, je ne me souviens que de questions auxquelles j’ai répondu par oui ou par non, rien de plus, alors après quand on m’a relu au procès les phrases que j’aurais prononcées, franchement, c’était beaucoup trop construit pour que j’aie réellement dit des choses pareilles. Je pense qu’ils ont peut être reconstitué des phrases à partir de mes réponses…
 
Au procès pourtant, tu as bien dit que tu avais sans doute vraiment dit ça, non ?
 
R: Oui, mais attends : mets toi à ma place, tu rentres dans une salle bondée, tu n’as rien préparé, tu as l’avocat général qui commence à te menacer si tu fais un faux témoignage et la Présidente qui relit ce que j’étais sensée avoir dit. Souviens toi, j’ai juste dit : « si c’est écrit, c’est que j’ai bien dû le dire », mais bon, franchement ça m’a surprise, je sais bien que j’étais super intimidée chez les gendarmes… tu sais deux gendarmes qui t’interrogent toute seule, sans tes parents, ce n’est pas super pour se sentir en confiance, et puis franchement, je ne me voyais pas contredire des hommes en uniforme, donc j’ai presque dit « oui » à tout, ce qui peut expliquer que, dans le compte rendu, je dis que c’est un super instituteur et en même temps qu’il m’a touchée…
 
En fait, vu que tu as confirmé la retranscription de ton interrogatoire, c’est ça qui t’a fait devenir une « victime » de Jean-Paul…
 
R: Mais je te le répète, je ne suis pas une victime ! Je n’accepte pas qu’on dise des choses alors que ce n’est pas vrai !
 
Alors comment expliques-tu que quelques filles de ta classe disent des choses à la barre que tu n’as ni vues, ni subies ?
 
R: Mais je n’en sais rien moi ! Je peux juste te dire que le week-end avant le procès, l’une des témoins à charge est rentrée en contact avec moi, une amie m’a confirmé qu’elle l’avait appelée aussi, comme nous n’avons pas donné suite, elle ne nous a pas rappelées.
 
Et après le CM2, vous vous êtes un peu revues non ? Vous n’en avez jamais parlé entre vous, personne ne s’est jamais plaint de Jean-Paul ?
 
R: Non, jamais ! Je n’avais même pas eu vent de rumeurs en fait, rien du tout.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 00:01

Ce mardi, nous vous proposons un extrait du courrier que Jean-Paul avait écrit suite à son transfert de maison d'arrêt. Nous vous rappelons que Jean-Paul a été dans un premier temps incarcéré dans la Maison d’arrêt de Nîmes où il a passé 140 jours avant de rejoindre, dans des conditions que lui-même nous décrit ci-dessous, celle de Villeneuve-lès-Maguelone à côté de Montpellier. Cet évènement s’est déroulé entre le lundi 2 août et le mercredi 4 août 2010 et il le raconte à sa femme Ghislaine et ses enfants. L'extrait de la lettre est datée du mardi 3 août.

 

            Hier en fin d’après-midi de ce lundi 2 août, le surveillant est arrivé avec deux grands cartons à la main et m’a annoncé : « Demain, vous nous quittez ! » J’étais incrédule et j’ai enfin pu demander : « Pour aller où ?» Il m’a répondu qu’il n’en savait rien, qu’on ne le disait pas, qu’à 7h30 on viendrait chercher mes cartons… avant le départ. Vous imaginez dans quel état je me trouvais, prêt à pleurer, complètement désespéré, comme si le ciel m’était tombé sur la tête ! Alors, tout doucement, j’ai commencé à mettre mes affaires dans des sacs et à vider mon placard. Il a fallu que je décolle une nouvelle fois toutes les photos pour ne rien laisser. Cela ajoute du stress, de la douleur à l’épreuve terrible d’être enfermé. Vous imaginez forcément la nuit que j’ai passée. J’étais vraiment très mal, sans cesse réveillé, me demandant bien où j’allais atterrir. Je pensais qu’on allait m’emmener dans un centre de détention plus près de Sarras, me disant « tiens, une place a dû se libérer… »

           

            Ce mercredi matin, à 7 h, un surveillant est venu pour m’emmener à la douche puis j’ai réussi à déjeuner et, vers 8h, on a embarqué mes cartons et mon ventilateur. Vers 8h30, on est venu me chercher et j’ai quitté ma cellule. Il a fallu signer quelques papiers, passer à la fouille puis menottes et attente car j’avais remarqué qu’il y avait d’autres cartons que les miens. En fait nous étions 5 ! Vers 9h, je suis sorti pour la première fois de la Maison d’arrêt depuis plus de 4 mois mais j’étais dans un fourgon grillagé de l’Administration Pénitentiaire mains et… pieds attachés, entravés ! J’essayais bien de regarder quelle direction nous prenions mais ce n’était pas facile à voir et j’étais tellement persuadé que nous allions en direction d’Arles-Avignon que je ne m’inquiétais pas trop. Mais, au bout d’un moment, j’ai eu un choc en voyant qu’on suivait la direction Montpellier-Barcelone ! Je n’y croyais pas ! J’étais effondré en pensant à vous et à la longueur des déplacements qui allait augmenter. On est arrivé à Villeneuve-lès-Maguelone et j’ai pu découvrir l’ensemble du bâtiment où j’allais être enfermé maintenant…

           

            Quand on est transféré, il faut tout recommencer à zéro et repasser par le quartier des arrivants. On m’a mis dans une cellule propre, tout seul et j’ai pu récupérer mes cartons vers 17h. A midi, j’étais incapable de manger. Je pleurais à cause de tous ces changements auxquels il faut s’habituer, de cet inconnu auquel il faut se faire… A 14h, il a fallu aller à l’unité de soins pour la visite médicale. On m’a fait poireauter pendant une heure dans une salle d’attente fermée à clé avec 3 des 4 qui avaient fait le transfert avec moi. Ils ne me parlaient pas sauf pour me demander l’heure. Je ne disais donc rien, essayant juste de somnoler pour faire passer le temps. J’ai enfin pu voir une infirmière très sympa et un psychologue qui m’a bien écouté. J’ai essayé de lui raconter toute cette folle histoire, ce cauchemar qui nous pourrit la vie depuis plus de 13 ans… Ce n’est pas facile mais il essayait de comprendre et ça me plaisait que quelqu’un m’écoute. Il voulait savoir pourquoi cet engrenage infernal m’avait conduit ici. Je lui ai dit que, si on le savait, je ne serais pas là ! Enfin, juste avant le repas, j’ai vu le Chef de bâtiment avec le Directeur-adjoint. Ils n’ont pas pu ou pas voulu me donner la raison à ce transfert… sûrement pour désengorger Nîmes. […]

           

            Maintenant il va falloir réorganiser les parloirs, prévenir tout le monde… Quel bazar ! Il va falloir prendre de nouvelles habitudes, pour vous faire plus de route et ça va pas être évident les premiers temps. […]

 

            Ca m’a fait du bien de vous écrire longuement. Pour l’instant, je n’ai pas la force d’écrire d’autres lettres. Je vous embrasse très, très fort. Je vous aime, je vous aime de tout mon cœur.

 

Jean-Paul

 

Le mercredi 4 août 2010, Ghislaine et Eric sont descendus à Nîmes afin de voir Jean-Paul en milieu de matinée. C’est en sonnant à la Maison d’Arrêt qu’ils ont appris la nouvelle du transfert ! 400 kilomètres de voiture et … un choc incommensurable. Il aura fallu attendre le coup de fil de l’Assistante sociale du jeudi pour avoir enfin des nouvelles rassurantes de Jean-Paul et le samedi suivant pour pouvoir le serrer très fort dans nos bras. 

 

Il faut savoir qu'à chaque instant Jean-Paul peut être transféré de Villeneuve-lès-Maguelone.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:01

Cette semaine, nous avons décidé de publier à nouveau quelques articles qui nous paraissent fondamentaux dans l’affaire et l’enfer de Jean-Paul. Ces derniers étaient parus début septembre lorsque la moyenne quotidienne de lecteurs était inférieure à 50 (actuellement, celle-ci a plus que doublé). Ce lundi, il s’agit d’une interview d’une personne considérée comme « victime » par l’Institution judiciaire alors qu’elle-même n’a rien à reprocher à Jean-Paul Degache, son ancien instituteur !!!

 

Après le premier procès de Jean-Paul Degache, où il avait été, déjà, condamné à 8 ans de prison en septembre 2007, plusieurs jeunes femmes avaient été reconnues victimes d'agression sexuelle. Pourtant, plusieurs d'entre elles, à la barre avaient nié tous les faits que Jean-Paul était censé avoir commis sur elles.

 

Voici l'une d'entre elles. Elle refuse d'être considérée comme victime, et pourtant, la vérité judiciaire issue des deux procès de Privas puis de Nîmes fait d'elle une personne ayant subi des agressions sexuelles de la part de son ancien instituteur.

 

Ce témoignage, ainsi que les nombreux autres qui paraitront sur ce blog, nous font nous interroger sur le fonctionnement de la justice.

 

Bonjour [...], et merci d’accepter de répondre à mes questions, toi, je vois qui tu es parce que tu étais en classe en 1997 – 1998 avec Jean-Paul Degache et que le tribunal t’a reconnue victime d’agressions sexuelles, tu en penses quoi ?

 

R: Mais je ne suis pas victime, Jean-Paul ne m’a jamais rien fait, c’est d’ailleurs la première chose que j’ai dite à la barre ! Il ne faut pas dire n’importe quoi, non seulement je n’ai jamais rien vu sur les autres, mais en plus Jean-Paul Degache ne m’a jamais rien fait ! Je suis très surprise en fait d’avoir été reconnue victime alors que ce n’est pas vrai, ma mère a appris le verdict dans le journal et est tombée des nues ! Tu sais qu’on ne m’a même pas prévenue officiellement que j’étais une victime ? C’est une dame qui a croisé ma mère à Sarras pour le lui dire, sinon je ne l’aurais jamais su ! 

Et moi aussi d’ailleurs, franchement, j’ai témoigné le jeudi, mais c’était pour défendre Jean-Paul, je ne suis même pas revenue le vendredi, pour moi l’affaire était terminée et on allait recroiser Jean-Paul à Sarras pour qu’il nous explique… je suis dégoutée de savoir qu’il est en prison, et en plus, pour des choses qu’il ne m’a jamais faites !

 

Le tribunal s’est appuyé sur ce que tu avais dit aux gendarmes en 1997, tu te rappelles de ton interrogatoire ?

 

R: Oui je m’en souviens, mais tu sais, les gendarmes, j’ai bien l’impression qu’ils ont fait les questions et les réponses, j’ai signé, bien sûr, ma mère aussi, mais franchement, pour moi c’était fini, je ne pensais pas que ça aurait de telles conséquences. Tu sais, des enfants de 9-10 ans, on leur fait bien dire ce qu’on veut j’ai l’impression…

D’ailleurs franchement, je ne fréquente pas grand monde à Sarras, donc pour moi après 1997, l’affaire était terminée. Ma mère avait d’ailleurs reçu une lettre pour savoir si on voulait porter plainte car j’étais victime de Jean-Paul. Le pire c’est qu’on a répondu en disant qu’on n’avait rien à lui reprocher ! Et malgré ça, ils disent que je suis victime ??? C’est n’importe quoi…

 

Beaucoup d’anciennes élèves disent qu’il était affectueux avec ses élèves, qu’il les mettait sur ses genoux, il faisait ça avec toi ? Tu l’as peut être vu faire sur d’autres ? 

 

R: Ah non, jamais ! Enfin il était affectueux, oui, mais c’était des tapes sur l’épaule, il en faisait à d’autres élèves, mais on m’a parlé de main autour de la taille, je ne m’en souviens même pas, et puis s’il avait eu des gestes déplacés, j’en aurais immédiatement parlé à ma mère, on est très proches toutes les deux. Quant à prendre sur les genoux, je ne m’en souviens pas, ça ne m’a vraiment pas marqué…

 

Mais parmi les élèves, il y en avait bien qui critiquaient Jean-Paul, qui lui reprochaient des choses non ?

 

R: Oui, enfin ce n’était pas sur les gestes, certains disaient que ce n’était pas normal qu’on l’appelle Jean-Paul, qu’on aurait dû l’appeler « Maitre », des choses comme ça, mais je n’ai jamais entendu qu’on lui reproche des gestes déplacés ! Et comme je n’en ai jamais subi, ni jamais observé dans la classe, je comprends qu’on n’en ait jamais parlé… J’avoue que je ne reviens toujours pas d’être considérée commeune victime alors que je ne lui ai jamais rien reproché, on s’entendait bien à l’école, c’était vraiment un bon instituteur, je suis dégoutée…

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 00:01

Ce dimanche 26 décembre 2010, nous vous proposons une chronique parue dans le Réveil du Vivarais du 16 décembre écrite dans notre chère langue occitane accompagnée de sa traduction. Nous remercions vivement l’auteur de cet article pour nous avoir autorisés à le publier et pour son inconditionnel soutien.

 

 

Vilanòva de Magalona

 

Qu’es una petita vila dau Lengadòc, pròche dès Montpelhièr e pròche de la mar. Magalona tant genti nom e que sona ben en lenga nòstra es una illa e poirio vos contar la legenda de la bèla Magalona que viviá au Moiens atge...mas qu’es pas lo moment. Dins aquela vilòta de quasi 10 000 abitants, quant n’i a, sus los detz milas, que son de la granda preson de la vila, una maison d’arrèst coma dison ? Quand veio una presons totjorn penso d’assurat a tots los maleiros qu’an marchat de travers, gauchat la reiá, per arrivar aquí dedins onte paian lhurs fautas, mas me diso mai que i a totjorn, dins totas las presons, d’einocents, condamnats a tòrt e aquò es tarrible. E a Vilanòva n’i a un, que coneisso, completament einocent per mi...

Qu’es pas encara çò que volio vos racontar, mas n’ai talament gròs sus lo còr !

Dins aquela vila los elegits de la comuna an deicidat d’afichar la lenga dau païs e per aquò botar de panèus qu’indican en occitan lo nom de la vila e, coma aquò se fait, n’an botat a l’intraa e a la sortiá de la vila. Se tròva qu’aquò plai pas a un grop que s’apèla : « Movament Republican de Salut Public «  (non, ai ren inventat !). An escrit doncas au maira per li demandar de levar aqueles panèus. Coma i aviá pas de rason de le faire seguèt pas fait. Portèran doncas las veiaas au tribunau administratiu de Montpelhièr. Aquò se passava au mes d’òst de 2009 e la responsa a pas tarjat, per un còp la justiça faguèt vite, qu’es lo 12 d’octòbre de 2010 que tombèt per la comuna l’obligacion de levar los panèus dins los dos mes. Dos mes an passat e diumenja passaa qu’èra lo 12 de decembre, per marcar la fin dau dos mes an manifestat dins la vila de Vilanòva, quasi mila personas que son venguas sostenir los elegits de la vila que d’assurat en fait appel de la decision. La pròva es faita un còp de mai qu’avèm veraiment besonh d’un quadre legau per nòstras lengas regionalas. De deputats se’n ocupan, mas si capitaran ?

                                                                                                          Lo Revessin

 

Villeneuve-lès-Maguelone

 

C’est une petite ville languedocienne, proche de Montpellier et de la mer. Maguelone est une île, un nom qui, prononcé à l’occitane, sonne bien, et je pourrais vous conter la légende de la belle Maguelone qui vivait au moyen-âge... mais ce n’est pas le moment. Cette petite ville compte presque 10 000 habitants mais combien y en a-t-il sur ces dix mille qui appartiennent à la grande prison de la ville, une maison d’arrêt comme on dit ? Quand je vois une prison je pense toujours à ces malheureux qui ont fait un pas de travers, gauché la raie, pour aboutir là, où ils payent leurs fautes. Mais je me dis aussi qu’il y a toujours, dans toutes les prisons, des innocents condamnés à tort et ça c’est terrible. Et à Villeneuve il y en a un, je le connais, il est, pour moi, complètement innocent... Ce n’est pas encore ce que je voulais vous raconter, mais j’en ai tellement gros sur le cœur !

Dans cette ville les élus communaux ont décidé d’afficher la langue du pays et pour ce faire ont, comme ailleurs, placé des panneaux en occitan à l’entrée et à la sortie de la ville. Il se trouve que cela déplait à un « Mouvement Républicain de Salut Public » (je n’invente rien !). Ils ont donc écrit au maire pour lui demander d’enlever ces panneaux et comme il n’avait aucune raison de le faire, la réponse fut négative. L’affaire fut portée devant le tribunal administratif de Montpellier. Ceci se passait au mois d’août 2009, la réponse ne tarda pas car pour une fois la justice fut rapide, c’est le 12 octobre 2010 que tomba pour la commune l’obligation d’enlever les panneaux dans un délai de deux mois. Les deux mois ont passé et dimanche dernier le 12 décembre, près de mille personnes ont manifesté pour soutenir les élus de la ville qui bien sûr ont fait appel de cette décision. La preuve est faite, une fois de plus, que nous avons vraiment besoin d’un cadre légal pour nos langues régionales. Quelques députés s’en occupent, mais réussiront-ils ?

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:01

Voilà plusieurs semaines que Jean-Paul a pu intégrer la Classe Atelier du Journal de la prison. Rappelons que cette occupation lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, jour de Noël, nous vous proposons un article de la rubrique « Nouvelles d’Europe » concernant le Portugal ainsi qu’un article sur la pratique sportive en terre palestinienne. Bonne lecture.

 

 

Le Portugal vers la pauvreté (10/12/2010)

 

Après la Grèce et l’Irlande, le signal d’alarme du surendettement vient d’être tiré pour un autre pays de l’Union  Européenne, le Portugal, en attendant, dit-on, l’Espagne et… la France.

Par rapport à l’Irlande, le Portugal n’a pas à se reprocher certains délires bancaires ou encore la folie immobilière espagnole ou même les colères de la rue comme a connues la Grèce du côté de Lisbonne, le plus inquiétant est l’absence de perspectives d’amélioration Le tissu industriel a été sérieusement mis à mal par la construction européenne parce que beaucoup d’entreprises sont parties comme ces firmes textiles du nord du pays ayant dû fermer à cause de la concurrence asiatique. Pour l’agriculture, ce n’est pas brillant non plus parce que c’est le tertiaire qui a été privilégié au cours de ces dernières années.

Le Portugal a toujours eu beaucoup de mal à développer son économie grâce à sa propre croissance. Ses finances étaient alimentées principalement par les sommes rapatriées par les émigrés et les subventions de l’UE. Enfin, les ménages ont pu s’endetter grâce aux facilités de crédit apportées par l’euro.

Le taux de chômage bat des records avec 11,5% et la récession est déjà là. Pour faire reculer le déficit public de 7,3% du Produit Intérieur Brut à 4,6% à la fin 2011, le budget s’annonce d’une rigueur jamais vue. Amputation des salaires des fonctionnaires, augmentation des impôts et de la TVA, diminution des aides sociales et des allocations familiales, réduction des investissements, le gouvernement socialiste prend des mesures qui vont appauvrir les classes moyennes alors que, dans ce pays, le salaire minimum est fixé à 475 €. Les petits boulots annexes ne vont pas cesser de se multiplier au détriment des emplois stables.

DU côté politique, aucun parti ne recueille l’adhésion de la population. Le PS et le PSD (droite) se succèdent aux commandes sans proposer de véritable solution pour sortir de la crise de façon démocratique. La valse des fonctionnaires après chaque élection, le gaspillage de l’argent public, l’inefficacité de la justice, l’application arbitraire de la loi et la corruption tolérée par la société font craindre le retour d’un régime autoritaire que l’UE devrait pouvoir éviter… A quel prix ?

 

Aider le sport en Palestine (10/12/2010)

 

Personne ne peut imaginer, en France, combien il est difficile, pour un Palestinien, de pratiquer son sport favori. Actuellement, la Cisjordanie (2,4 millions d’habitants) compte huit stades plus ou moins praticables, quatre piscines et aucune piste d’athlétisme. Malgré ce manque d’infrastructures sportives, deux coureurs palestiniens se sont qualifiés pour participer aux JO de Pékin, en 2008.

Le football, sport planétaire s’il en est, est un bon exemple des problèmes rencontrés au jour le jour dans un pays qu’une « clôture de sécurité », un mur construit par Israël, isole de plus en plus. L’équipe nationale olympique de Palestine a récemment joué contre son homologue jordanienne (victoire 2 buts à 0), sous les yeux de Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO). Il a pu constater en visitant les villes de Ramallah et Bethléem, toutes les entraves causées par l’occupation israélienne.

Douze clubs participent actuellement à un championnat de première ligue avec des joueurs professionnels qui gagnent de 1000 à 3000 dollars par mois (le salaire moyen est de 400 dollars) mais continuent à travailler comme pompier, instituteur…

Tous les sportifs palestiniens ont beaucoup de problèmes pour se déplacer dans leur pays ou à l’étranger. Mohamed Shbair, gardien de but de l’équipe nationale doit partir de chez lui cinq à six heures avant le début d’un match pour pouvoir passer tous les contrôles ou subir d’éventuels interrogatoires. Si le sportif est originaire de Gaza, territoire sous blocus israélien, il doit demander un permis de sortie aux autorités israéliennes.

Le matériel envoyé dans les conteneurs par le CIO ou l’UEFA (Union Européenne de Football) est parfois retenu dans les ports israéliens. Près de Naplouse, un projet de construction de pelouse synthétique, financé par la FIFA (Fédération Internationale de Football) est bloqué par l’armée israélienne. Pourtant, de grands clubs existent comme celui d’Al-Amari, à Ramallah avec 1500 membres. 

De leur côté, les Arabes israéliens possèdent la double nationalité mais courent le risque d’être déchus de la nationalité israélienne s’ils viennent jouer pour la Palestine. Pour Moussa Bezaz, le sélectionneur français de l’équipe nationale palestinienne, rien n’est simple. Pourtant il affirme qu’une fois à l’étranger, jamais aucun de ses joueurs n’a demandé l’asile pour ne plus revenir en Palestine.

La France est très présente dans le sport palestinien avec des éducateurs, et divers financements de stades. En 2011, une équipe palestinienne pourrait venir disputer un match en France.

 

Jean-Paul

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