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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 00:01

Il y a des jours, des semaines voire des mois où le monde judiciaire est complètement absent de la vitrine médiatique. Mais actuellement, entre l’affaire Laetitia, celle de Florence Cassezau Mexique, les 30 ans de prison de Jean-Michel Bissonnet, les interventions du Président de la République qui ont conduit les magistrats à différentes actions de protestation… il est difficile de passer à côté. Alors quel avis porter sur les revendications actuelles des magistrats, lorsque l’on a vu son père, son frère, son ami… se faire condamner pour des faits non commis ?

 

Des postes supplémentaires et des moyens financiers… OUI, il en faut certainement, surtout lorsque l’on voit que notre pays arrive 37ème sur 43 au niveau du budget alloué au secteur judiciaire.

 

Cependant, comment ne pas être perplexe lorsque l’on a assisté aux deux procès successifs de Jean-Paul Degache. Est-ce véritablement des moyens financiers qu’il aurait fallu pour s’apercevoir des incohérences terribles qu’il existait dans cette affaire. A aucun instant, nous n’avons ressenti chez les deux Présidentes de cour d’assises qu’elles pouvaient émettre des doutes quant à la qualité de l’enquête qui avait conduit Jean-Paul devant elles. Pourtant, certains éléments sont tellement évocateurs ! Citons-en seulement deux :

 

            - les interrogatoires des enfants qui, pour certains, se sont faits sans la présence des parents alors qu’ils n’avaient que 10 ans !!! Certains sont venus le dire à la barre en ajoutant que la déposition écrite ne correspondait pas à ce qui avait été dit.

 

            - la pertinence des experts-psychologues ou psychiatres travaillant pour l’institution judiciaire. Une consultation de 3 heures a permis à l’un d’entre eux d’affirmer haut et fort à la barre que Jean-Paul Degache avait sans doute commis les faits. Ceci est complètement hallucinant car n’importe quel spécialiste vous dirait qu’il est impossible d’émettre des avis tranchés à partir d’analyses aussi peu fiables.

 

Et que dire du fait qu’aucun adulte et aucun enfant n’ait vu quoi que ce soit… Et pourtant, depuis 385 jours, les citoyens français paient pour l’incarcération d’un homme qui clame son innocence depuis le début. En comptant 50 euros en moyenne par jour de détention (nourriture, personnel, bâtiments…), c’est près de 19 250 euros d’argent public jeté par les fenêtres sans oublier toutes les procédures qui ont mobilisé du personnel policier, administratif et judicaire ! Cela ne peut pas nous laisser indifférent tant la vérité était évidente.

 

Jean-Paul, on ne lâchera pas, ton combat est le nôtre.

L'Equipe du Blog

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 00:01

Voilà deux nouveaux articles publiés par Jean-Paul dans le journal de la Maison d’arrêt. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal  lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Le premier article porte sur la qualité actuelle de nos aliments et le second sur la fantastique équipe de France de Handball.

 

Résidus chimiques et pesticides dans l’assiette : encore de gros efforts (28/01/2011)

 

Une récente enquête vient de montrer qu’un enfant de 10 ans pouvait être exposé, par son alimentation, à 128 résidus chimiques provenant de 81 substances chimiques. Quarante-deux d’entre elles sont classées cancérigènes possibles ou probables et 5 cancérigènes certaines. En plus, 37 substances sont aussi des perturbateurs des glandes endocrines (hypophyse, thyroïde, testicules ou ovaires, pancréas, surrénales, etc…).

L’enquête, réalisée de juillet à septembre 2010, a porté sur des produits achetés dans des supermarchés de l’Oise et de Paris afin de fournir à un enfant de 10 ans qui mange à la maison, ses trois repas et un en-cas. Les menus étaient non bio mais respectaient l’équilibre nutritionnel. Ces produits ont été analysés par des laboratoires indépendants. Si les limites légales, pour chaque substance détectée, ne sont pas dépassées, le problème se pose sur l’effet cumulé de ces substances chimiques. C’est un véritable cocktail dont on ignore les conséquences finales sur la santé non seulement des enfants mais pour toute la population qui se nourrit majoritairement avec les mêmes produits. Cette répétition de faibles doses peut expliquer la progression du nombre de cancers comme le confirme la Ligue contre le cancer.

Si l’on veut réduire efficacement la présence de ces substances chimiques, la solution se trouve dans la généralisation de l’agriculture biologique ou raisonnée. La création d’un réseau de fermes de démonstration doit permettre de populariser les méthodes alternatives aux produits chimiques. L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) affirme qu’il est possible de faire baisser d’un tiers l’usage des produits chimiques sans bouleverser les techniques culturales. Il y a urgence parce que l’objectif de diminution fixé à 50% pour 2018 ne sera pas facile à atteindre. Pourtant, il est évident que ce qui est nocif pour un enfant, l’est pour toute la population.

 

Petite balle, grande équipe (Editorial du 11 février 2011)

 

Du jamais vu en France dans un sport collectif : l’équipe nationale a remporté, le dimanche 30 janvier, en Suède, son quatrième titre de championne du monde, en battant en finale le Danemark. Mieux encore, c’est avec le handball que la France a été titrée au niveau mondial pour la première fois dans un sport d’équipe, en 1995, en Islande. Au total, depuis 1992 et une troisième place aux Jeux Olympiques de Barcelone, la France en est à six titres puisqu’aux quatre mondiaux remportés (1995, 2001, 2009 et 2011), s’ajoutent deux championnats européens (2006 et 2010) et une médaille d’or olympique en 2009, à Pékin.

 Au-delà du palmarès aussi époustouflant soit-il, il est intéressant de se pencher sur l’évolution de ce sport né en Allemagne à la fin du XIXème siècle. Le handball, comme son nom l’indique, est un sport de ballon qui se joue à la main (hand). Son origine, de l’autre côté du Rhin, explique que ce mot ne se prononce pas à l’anglaise mais comme il s’écrit. S’il a pu être pratiqué à 11 sur un terrain de football, c’est la forme à 7 qui s’est imposée. En France, ce sont surtout des enseignants, instituteurs ou professeurs d’éducation physique, qui se sont efforcés de développer ce jeu sur des terrains goudronnés, à l’extérieur, les gymnases étant encore rares. Ainsi, le handball est resté assez confidentiel pendant des années, peinant à se faire une place dans les médias, même s’il plaisait beaucoup aux jeunes.

Sous la houlette de Daniel Constantini, l’équipe de France a commencé à émerger au plus haut niveau, au début des années 90. Ces équipes baptisées alternativement les Bronzés, les Barjots, les Costauds puis les Experts ont attiré de plus en plus de pratiquants, garçons ou filles, l’équipe de France féminine se distinguant aussi au plus haut niveau. Marseille, Ivry-sur-Seine, Gagny, Metz, Nîmes, Chambéry et surtout Montpellier ont été ou sont des places fortes.

Dirigés depuis 2001 par Claude Onesta, assisté du technicien Sylvain Nouet, les Experts forcent l’admiration parce qu’ils sont des champions accessibles, simples, chahuteurs, décomplexés, liés par une véritable amitié, affichant une mentalité exceptionnelle et une solidarité exemplaire. Ainsi, il n’est pas étonnant que le Montpelliérain Nikola Karabatic, meilleur joueur du monde, soit à l’origine de beaucoup de vocations, le nombre de licenciés ayant grimpé de 109%, de 1993 à 2010.

 

Jean-Paul

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:01

Cali

La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur

(2010)

 

Chaque nouveau disque de Cali, Bruno Caliciuri, est un régal qui se déguste petit à petit. Plus on l’écoute et plus on l’aime.

Dans son studio aménagé au cœur de sa maison de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Cali et son équipe ont réussi un superbe travail pour enregistrer douze chansons écrites par l’artiste lui-même, un grand auteur-compositeur bien nécessaire à la chanson française.

Cali sait chanter l’amour : « Personne, personne ne vit sans l’amour fou… » ou encore « Je te veux, je te veux maintenant, mon amour, je te veux maintenant… » mais il est capable d’écrire aussi sur le sport, un rêve de sportif bourré de regrets, comme dans ce texte intitulé Cantona : Quand j’étais vivant, je voulais pas ça, moi je voulais être Eric Cantona et marquer ce but contre Sunderland et lever les bras...».

Il est capable toujours de hurler sa colère contre les horreurs de notre société dite civilise dans Lettre au ministre des familles et des jeunes existences tôt dévastées. Donnant la parole à un policier intimement choqué et bouleversé parce qu’on l’oblige à faire, un texte hélas bien trop d’actualité.

Toutes ses chansons méritent d’être écoutées attentivement pour ce qu’elles disent et traduisent bien grâce à la voix toujours chargée d’émotion de Cali. Au niveau musical, ce disque est aussi très réussi, l’artiste étant superbement accompagné par de très bons musiciens. Il s’est même offert l’Orchestre Philarmonique de Prague pour Nous serons tous les deux.

Je croyais connaître Cali que Ghislaine avait su me faire aimer, mais je remercie Éric et Cathy de me permettre de me régaler avec La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur…

Jean-Paul

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 07:42

Dans une semaine, jour pour jour, le vendredi 25 février aura lieu la table ronde portant sur « L’innocent impliqué dans une affaire de mœurs : se taire au parler ? ». Le Comité de soutien à Jean-Paul Degache a réussi à réunir deux personnes  extrêmement compétentes sur le sujet :

   

 affiche- Daniel Berthet, auteur du blog des innocents injustement accusés :  http://blogdesinnocents.canalblog.com    qui, comme son nom l’indique, dénonce les dysfonctionnements de l’administration judiciaire à travers de multiples affaires dont celle de Jean-Paul Degache. Il est également coauteur, avec son fils, de deux ouvrages dont l’un, Il faut sauver le Saint-Esprit, retrace l’histoire d’un jeune homme qui va voir sa vie se briser du jour au lendemain suite à de fausses accusations portées par un enfant.

 

 - Patrick Guillot, auteur du site « la cause des hommes » : www.la-cause-des-hommes.com qui a choisi de s’attaquer notamment au difficile problème des fausses accusations d’abus sexuels contre les hommes. Il a également écrit des ouvrages sur les stéréotypes de genre et les sexismes.

 

Vous retrouverez également l’équipe du blog de soutien à Jean-Paul. Nous serons là pour présenter cet outil unique où l’on publie quotidiennement depuis le 1er septembre 2010 des témoignages, des éléments à décharge, des nouvelles et des textes de Jean-Paul Degache.

 

Cette soirée permettra d'offrir une vision élargie du rôle que les médias peuvent avoir dans les affaires de mœurs. Ainsi, à partir de différents cas dont celui de Jean-Paul, les invités démontreront l’intérêt et le danger d’une médiatisation de ce type d’affaire. Les temps d’échange entre le public et les invités ponctueront chaque partie de la soirée.

 

Ce sera évidemment l’occasion de donner les dernières informations concernant le moral, la santé et la situation judiciaire de Jean-Paul.

 

Nous vous rappelons que cette soirée se déroulera à Annonay, au 34 avenue de l’Europe, dans la salle du Gola qui se trouve juste au-dessus du cinéma « Les Nacelles »  (escalier sur le côté).

 

VENEZ NOMBREUX !

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 00:01

Voici une nouvelle interview, réalisée en janvier 2011, d'un ancien collègue de Jean-Paul. Nous continuons ainsi à compléter la liste des adultes étant intervenus dans l'école de Sarras.


Bonjour Monsieur,

Tout d’abord, nous vous remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.

 

- Pouvez-vous nous dire quelle était votre fonction au sein de l’école élémentaire publique de Sarras et combien de temps vous y avez travaillé ?

 

En fonction à l’école de Sarras sur un poste d’aide-éducateur, je suis intervenu à l’école élémentaire et maternelle de Sarras 3 jours par semaine pendant 5 ans de 1999 à 2004. Je tiens également à dire que je  ne suis pas originaire de Sarras.

 

- Interveniez-vous souvent dans la classe de Jean-Paul Degache et quelle était la nature de vos interventions ?

 

Dans le cadre de ma mission, je prenais en charge des petits groupes d’élèves de sa classe soit pour un atelier informatique soit pour faire du travail plus individuel et spécifique avec ceux qui avaient des difficultés scolaires. Je passais dans la classe de Jean-Paul Degache plusieurs fois par jour, aléatoirement, pour discuter ou régler des détails sur le fonctionnement de l’école.

 

- Quelles ont été vos premières impressions sur cet instituteur quand vous avez débuté à Sarras ?

 

C’est une personne qui sut m’accueillir et m’intégrer à la vie de l’école avec un grand professionnalisme. Et il était toujours plaisant de pouvoir discuter avec lui malgré toutes ses fonctions et son implication dans la vie de l’école.

 

- Comment jugiez-vous les rapports entre l’instituteur et les élèves ?

 

Jean-Paul était quelqu’un de très impliqué dans la vie de l’école mais il était toutefois très attentif et sensible à ce qui pouvait se passer au sein de sa classe. Il y avait un respect réciproque entre lui et ses élèves. De plus, ces relations ne dépassaient jamais le cadre professeur-élève.

 

- Est-il vrai que lorsque l’on rentrait dans cette école, on passait en premier devant la classe de Jean-Paul Degache ?

 

Quand on rentrait dans l’école, on passait obligatoirement en premier devant sa classe.

L’entrée de l’école élémentaire est constituée d’un sas qui vous permet d’aller soit à l’école élémentaire soit à l’école maternelle. Il donne accès, en premier lieu, au bureau du directeur et ensuite dans le prolongement aux salles de classe dont la première était la sienne.

 

- Tous les témoignages récoltés nous indiquent que la salle de classe était vitrée et donc visible de la part des adultes et des enfants. Confirmez-vous ?

 

Toutes les classes de l’élémentaire ont les fenêtres qui donnent sur la grande cour de récré. N’importe qui, adulte comme enfant, pouvait voir la vie de la classe.

 

- Comment expliquez-vous les accusations portées contre lui ?

 

Je n’explique pas !

Tout ce que je peux dire c’est que j’ai passé ces 5 années à travailler avec des enseignants qui étaient attachés à la vie de l’école, très actifs sur la prise en charge des élèves et très impliqués dans leur travail avec une vraie envie de bien faire les choses. Jean-Paul en était le parfait exemple.

 

- Quelle a été votre réaction à l’annonce de la condamnation de Jean-Paul Degache ?

 

A l’annonce de sa condamnation, je suis resté sans voix avec un sentiment de grande tristesse et sans comprendre comment un tel verdict avait pu tomber. Il est pour moi inconcevable d’imaginer Jean-Paul commettre de tels actes,  et à plus forte raison face à une classe entière sans que personne ne s’en aperçoive !

 

- Quel message aimeriez-vous faire passer à Jean-Paul ?

 

Malgré toutes ces épreuves, il se doit de tenir, pour lui et sa famille. Et que même si le temps passe, j’ai toujours une pensée pour lui et je n’oublie pas les bons moments que l’on a passés ensemble lors de cette expérience professionnelle à Sarras.

P.Y.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 00:01

Les lettres des anciens élèves demeurent toujours des instants particuliers puisqu'il a consacré une importante partie de son temps professionnel. Rappellons également qu'une dizaine d'élèves l'accuse alors que les 360 autres n'ont absolument jamais rien vu d'anormal dans le comportement de leur instituteur !!!

 

 

Je prends enfin mon stylo pour prendre de tes nouvelles et pour t’apporter tout mon soutien dans cette tragédie que tu es en train de vivre. La vérité éclatera au grand jour tôt ou tard et ton innocence sera prouvée, j’en suis persuadée.

Je veux croire encore un peu à la justice de ce pays sinon ça ne sert à rien de vivre dans une nation où personnes peuvent ruiner la vie d’un homme et de sa famille en racontant de manière réelle leur monde imaginaire !!!

Ce ne sera peut-être pas pour demain mais la vérité éclatera, la vérité ressort toujours de toutes façons et tu dois garder la tête haute pour pouvoir les affronter en face le moment venu. Beaucoup de personnes sont là, derrière toi, il ne faut rien lâcher !!!

Je vais souvent sur Internet pour prendre de tes nouvelles. Je lis que tu reçois beaucoup de messages, c’est formidable. Beaucoup de personnes sont sensibles à ta cause. Le reportage a révélé la vérité à beaucoup de personnes. En même temps, leur gestuelle, leurs larmes, leurs souffrances sont tellement théâtrales, rien n’est authentique !...

En attendant de tes nouvelles, je t’embrasse.

Delphine

 


C'est également l'occasion de rappeler à tous les anciens élèves que l'opération lconcernant les anciens élèves de Jean-Paul approche. Ainsi, il faudra poster son courrier le vendredi 4 mars afin qu'il la reçoive le mardi 8, 400ème jour d'injuste enfermement. Nous sommes persuadés que cette opération  fera  énormément de bien à Jean-Paul et nous ne pouvons que vous remercier pour tout ce soutien apporté.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 00:01

Comme nous l’avons souligné, il est souvent question d’une rumeur ou de rumeurs dans l’affaire Degache.  Bien des auteurs se sont penchés sur cet objet courant mais difficile à cerner. Aujourd’hui, à l’heure où on mesure chaque jour davantage l’impact social d’internet, il est encore plus nécessaire qu’avant de savoir raison garder face au buzz et de savoir discerner entre info et intox. C’est pourquoi  le lecteur du blog trouvera ici quelques éléments et des références qui seront utilisés par la suite dans nos réflexions sur le rôle de la rumeur dans cette affaire.

 

Qu’est-ce qu’une « rumeur » ?

Le terme peut avoir deux sens (Wikipédia). Sous le deuxième sens, celui qui nous intéresse ici, la rumeur est un phénomène de transmission d’une histoire à prétention de vérité et de révélation, par tous moyens formels et informels, « une nouvelle sans certitude qui se répand de bouche à oreille, un bruit inquiétant qui court » (Trésor de la langue française) et qui « peut tuer » (Froissart, 2002 : 64).

 

L’origine d’une rumeur

Pour le psychanalyste Jean-Pierre Winter, invité sur France Inter à parler de la rumeur (France Inter, samedi 10 avril 2010, émission « 7-9 du week-end »), « le point de départ d’une rumeur c’est un mensonge, dans la très grande majorité des cas, ce mensonge c’est quelque chose qui nous dit la vérité de ce qui nous ferait plaisir d'entendre ». Et il ajoute que « la rumeur au départ c’est une médisance la plupart du temps, et c’est une médisance que l’on a eu du plaisir à faire circuler ».

 

Mais la source de la rumeur peut tout aussi bien partir de faits qui ne sont pas contestés mais dont la diffusion, sous l’effet de plusieurs mécanismes,  va en changer complètement la nature. Froissart (2002 : 63, chap3, partie I) rapporte les travaux de chercheurs qui depuis le début du 20è siècle (Stern, Kirkpatrick, Allport et Postman…) se sont intéressés au phénomène au moyen d’un protocole qui fait inévitablement penser à ce que nous connaissons sous l’expression « le téléphone arabe ». Ils mettent ainsi en évidence des mécanismes généraux de transmission de l’information (Wikipédia, d’après Allport et Postman, cf. Froissart, 2002 : 75) :

  • mécanismes de réduction : transmis de sujet en sujet le message initial est simplifié. « Sur un message comprenant 100 détails, seulement 70 sont conservés à la première retransmission, 54 à la deuxième, etc. jusqu'à 36 à la cinquième version » ;
  • mécanismes d’accentuation : les détails qui sont retenus ne le sont pas de façon aléatoire car les personnes mémorisent de préférence certains détails ou même ajoutent des explications au récit afin d'en renforcer la cohérence ou l'impact ;
  • mécanismes d’assimilation : les personnes s'approprient le message en fonction de leurs valeurs, croyances ou émotions.

Ces 3 types de mécanismes conduisent immanquablement à la déformation de l’information initiale  et à la diffusion de ce qu’on peut appeler une rumeur si aucun processus de rectification ne parvient à rétablir le fait initial.

 

Une rumeur concernant des affaires de mœurs possède-t-elle des propriétés particulières ?

La réponse est clairement non, mis à part que les mécanismes d’accentuation et d’assimilation décrits ci-dessus vont être encore plus actifs. On se souvient de certaines affaires récentes comme celle qui impliqua en 2003 Dominique Baudis, l’ancien maire de Toulouse, alors président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), et première personnalité politique à prendre en France la décision d’annoncer elle-même qu’elle est mêlée à une affaire de mœurs (Blog Le fil rouge), ce qui a donné lieu à beaucoup de discussions et d’études sur l’impact d’un démenti télévisé public (cf. Kapferer et Piotet, 2009), dit « effet boomerang ». On y apprend au passage que « le registre des moeurs, du sexe […] est un des thèmes favoris de toutes les rumeurs ». On s’en doutait ! Et surtout que les plus jeunes, les moins de 35 ans, semblent croire deux fois plus que leurs ainés que la rumeur puisse être fondée. Etonnant ! On s’en doutait moins !

 

En matière de pédophilie plus précisément, l’histoire récente a été marquée par la circulation de rumeurs retentissantes (voir à ce sujet Dufays, 2004) qui associent rapidement des notables ou des personnalités locales ou nationales à des supposés réseaux de pédophilie. C’était notamment le cas à Outreau. Dufays explique que ce type de rumeur possède 5 propriétés caractéristiques :

  • l’amalgame entre différents éléments : pédophilie implique réseau, protection policière et incurie de la justice ;
  • un degré de diffusion élevé : par la presse et le bouche à oreille, beaucoup de personnes la connaissent ;
  • une origine le plus souvent inconnue ;
  • la persistance : ce type de rumeurs durent plusieurs années sans faiblir ;
  • une prétendue évidence : elle est rapportée sans nuance, comme une certitude.

 

Dans tous les cas, le vieil adage « il n’y a pas de fumée sans feu », est récurrent dans ce type d’affaire. Pourtant, tous les auteurs s’étant penchés sur la question en dénoncent le caractère erroné et non-fondé. Froissart (2002 :29) écrit à son sujet que « comme pour tout proverbe, sous l’apparente logique se cachent une simplification de la réalité et une erreur de jugement » (cf. Kapferer, 1994 à ce sujet), car les cas de fumées sans feu sont multiples à commencer par un exemple qui mettra à mal « le bon sens paysan » fréquemment invoqué pour lui donner crédit : « un bon tas de fumier chaud », de la fumée, pas de flamme !

 

On verra que dans l’affaire Degache on retrouve un grand nombre de ces propriétés.

 

Références

Dufays, J.-L.. [2002] : Rumeur et stéréotypie : l’étrange séduction de l’inoriginé. Protée, Vol.32, N°2, 25-31. http://pascalfroissart.online.fr/3-cache/2004-dufays.pdf

FROISSART, P. [2002] : La Rumeur. Histoireet fantasmes, Paris, Belin, coll. « Débats »

KAPFERER, J.-N. [1987] : Rumeurs. Le plus vieux média du monde, Paris, Seuil.

KAPFERER, J.-N. et al. [1994] : Fumées sans feu (Actes du colloque de Liège sur la rumeur, 14-15 octobre 1993), Bruxelles, Les amis de l’ISIS – Labor.

KAPFERER, J.-N. & Piotet, J.-P. [2009] : L’impact d’un démenti télévisé. Observatoire de la Réputation  http://www.obs-reputation.org/?p=138

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 00:01

Jean-Paul continue de nous raconter ces terribles heures qui ont suivi la condamnation de 2007. Ainsi, il nous livre son ressenti sur ces jours passés dans la Maison d'arrêt de Privas et sur les relations qu'il a pu tisser.


Partie 1

 

Quand débute une incarcération, les premiers jours sont occupés par les examens médicaux avec prise de sang, radios, analyses diverses et premières rencontres avec un psychologue et un psychiatre. Un surveillant ouvre la porte, m’appelle par mon nom et m’emmène au rez de chaussée, ouvre les grilles, les referme et parfois m’enferme dans une pièce minuscule où je dois attendre seul, que l’on revienne me chercher. Chaque fois que je me retrouve ainsi, je ne peux pas m’empêcher de pleurer en pensant à l’endroit où je me trouve, à l’incroyable tournure que prend ma vie et aussi à ce que vivent mes proches.

 

Le personnel médical n’est pas du tout sympathique et semble faire son travail avec dégoût. Je n’ai pas envie de m’éterniser avec cette infirmière, avec ce médecin, avec cet opérateur radio qui n’ont pas un seul mot de réconfort, pas un seul sourire… Par contre je suis agréablement surpris par l’entrevue avec une psychologue. Je lui dis d’abord ce que je pense de ses collègues, soi-disant experts, qui se permettent de juger quelqu’un simplement pour faire plaisir à l’institution qui les paie. Ensuite, la conversation se passe bien et ça me fait du bien de parler avec une personne qui m’écoute et semble me comprendre.

 

Il y a aussi l’entretien administratif avec un responsable de la détention qui enregistre ce qu’il faut pour que je sois inscrit dans ce lieu de détention. Il me remet un livret dont le titre m’amène instantanément les larmes aux yeux : « je suis en prison ». Je suis reçu aussi, au début de la première semaine, par le directeur, un homme qui se montre très humain mais qui ne peut rien faire pour réparer l’injustice qui me frappe. Très vite, je suis demandé par René, un visiteur de prison qui est aussi aumônier sans être prêtre. Je vois aussi une dame qui est aussi visiteuse. Ces entretiens me font beaucoup de bien, surtout pendant les quinze premiers jours durant lesquels je ne peux avoir aucune visite puisque les permis ne sont pas délivrés. On n’entend jamais parler de ce problème mais c’est un scandale allant à l’encontre des droits de l’homme les plus élémentaires : au moment où un être humain est condamné, quand il est au plus bas, il lui est impossible de rencontrer une personne qu’il aime.

 

Cela peut durer quinze jours à trois semaines pour des raisons purement administratives. Je pense qu’à ce moment-là, la personne condamnée n’est plus considérée comme un être humain. Il serait pourtant simple de délivrer en urgence un permis de visite afin de permettre de renouer sans délai ce lien avec l’extérieur essentiel. C’est ce lien qui permet de tenir et il devrait vraiment être pris en compte. Pour quelqu’un qui a effectivement commis une bêtise, cela doit être dur, mais quand on est innocent, c’est absolument atroce de se voir arraché brutalement à ses proches et de devoir attendre si longtemps pour commencer à les revoir.

 

Dans cette petite maison d’arrêt de Privas aux épais murs de pierre, je m’appuie d’abord sur l’amitié de mes camarades de cellule qui facilitent au maximum la vie quotidienne malgré les conditions matérielles difficiles qui nous sont offertes. Ensuite, il y a ces deux visiteurs dont j’ai déjà parlé. Je tiens à dire toute mon admiration pour ces personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour venir soutenir le moral…

 

Jean-Paul

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 00:01

Alors que les Egyptiens ont vu leur président démissionner avant-hier, Jean-Paul revient sur la révolution tunisienne à travers deux éditoriaux issus du journal de la maison d'arrêt. Bonne lecture.

 

Transition délicate en Tunisie (Editorial du 28/01/2011)

 

Le 14 janvier 2011,  la Tunisie a vécu  l’évènement le plus important depuis la décolonisation, qui a surpris autant que la chute du Mur de Berlin : Ben Ali a quitté le pouvoir et la Tunisie.

Tout a commencé le 17 décembre, lorsque Mohamed Bouazizi, un diplômé chômeur, s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, avant de décéder le 5 janvier. Le 22 décembre, Houcine Neji s’est suicidé devant la foule à Menzel Bouzayane et la police a tiré, tuant un manifestant. Les 25 et 26 décembre, les manifestations se sont étendues dans tout le pays puis, le  28, Ben Ali s’est adressé au pays. Les 8 et 9 janvier, des émeutes à Kasserine, dans le centre du pays, ont dégénéré en émeutes sanglantes avec, au moins, 21 morts. Le 10, Ben Ali a dénoncé des actes terroristes et promis 300 000 emplois supplémentaires d’ici 2012. Le lendemain, les émeutes ont gagné la capitale et sa banlieue. Le 13 janvier, Ben Ali s’est engagé à quitter le pouvoir en 2014 et, le lendemain, une manifestation a tourné à l’émeute à Tunis. Le gouvernement a été limogé. L’état d’urgence a été décrété puis Ben Ali a fui en Arabie saoudite.

Pendant toute cette période, le silence de la France, comme celui des pays occidentaux, a été assourdissant. Michèle Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, a même déclaré à l’Assemblée nationale que la France pouvait aider le gouvernement tunisien dans le domaine de la sécurité…

Zine al-Abidine Ben Ali, militaire passé par Saint-Cyr, en France, a fait sa carrière dans le renseignement. Il a gardé le pouvoir pendant 23 ans sans battre le record de Bourguiba (31 ans) auquel  il avait succédé en 1987. Au début, il a promis pluralisme et démocratisation mais, rapidement, ses promesses n’ont pas été tenues. Devant la menace du mouvement islamiste, il a fait emprisonner plus de 20 000 membres d’Ennahda, le parti islamiste tunisien. La machine répressive étant lancée, il s’en est pris à toutes les autres forces politiques et associatives. Sur le plan économique, les investisseurs européens appréciaient ce pays calme où la main d’œuvre est bien formée et peu coûteuse. Le tourisme à bon marché s’est développé à outrance mais la population était surveillée, embrigadée. Le Ministère de l’Intérieur emploie 1 Tunisien sur 100, le parti au pouvoir, le RCD, compte 1 Tunisien sur 10 parmi ses membres et l’avidité de la famille de la seconde femme de Ben Ali, Leïla Trabelsi, ainsi que de ses gendres paraissait sans limites. D’ailleurs, ses proches ont quitté le pays avant lui…

Les Tunisiens sont devant une occasion historique pour contribuer à l’avènement d’une démocratie dans leur pays. L’ensemble du monde arabe retient son souffle comme la France et le reste de l’Europe.

 

 

Une démocratie se construit en Tunisie (Editorial du 04/02/2011)

 

L’impatience n’est pas bonne conseillère. Après plusieurs décennies de pouvoir confisqué par quelques individus, ce n’est pas en quelques jours qu’un pays comme la Tunisie qui compte 10,4 millions d’habitants, peut retrouver le calme et mettre en place l’organisation d’un pays démocratique.

Dans ce pays fort d’une jeunesse instruite et diplômée qui a su remarquablement utiliser internet et les réseaux sociaux, il est important de rassurer tout le monde afin d’assurer une transition vers une vraie démocratie. Le reproche le plus important fait par une bonne partie de la population concerne la composition du gouvernement qui réserve les postes les plus importants aux responsables déjà en place sous Ben Ali. Un remaniement, effectué à la fin du mois de janvier, pourrait ramener le calme.

            Auparavant, il y avait une opposition officiellement reconnue par le pouvoir comme le Parti démocrate progressiste (PDP, centre-gauche) de l’avocat Nejib Chebbi, le Forum démocratique pour le travail, le mouvement communiste Renaissance (Ettadjid)…Ces partis-là sont maintenant rejoints par ceux qui avaient dû s’exiler parce qu’interdits par le pouvoir : le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) de Hamma Hammami, le Conseil pour la République (CPR) de Moncef Marzouki et le parti islamiste Ennahda de Rached Ghannouchi qui n’a aucun lien de parenté avec le Premier ministre actuel.

Le syndicat UGTT, avec un demi-million d’adhérents, a soutenu tardivement des luttes régionales comme les grèves du bassin minier de Gafsa en 2008. Le 15 janvier, l’UGTT a encouragé la formation de comités de vigilance citoyens. L’armée, qui, contrairement à son homologue algérienne, n’est pas politisée, a eu un rôle déterminant en arrêtant des responsables des milices de la police politique. Il ne faudrait pas qu’elle succombe devant la menace concrète de chaos, à la tentation de confisquer le pouvoir. N’oublions pas les avocats et leurs actions courageuses. Enfin, il est important de mentionner ces comités de quartier qui ont été capables de mettre en échec les pillages et les violences des milices.

            Ainsi, dans ce pays trop longtemps considéré comme un lieu idéal de villégiature bon marché pour les Européens, toute une population emmenée par une jeunesse instruite et décidée est en train de construire une démocratie sous le regard intéressé de nombreux pays dont l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, le Yémen…

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 00:01

Depuis quelques mois, Jean-Paul a pu cantiner, c'est-à-dire commander, un poste radio-cd qui lui permet d'écouter ses émissions préférées ainsi que des disques compacts que nous lui apportons lors des parloirs.  D'ailleurs, si vous désirez lui en faire passer, n'hésitez pas à nous contacter.

 

Marianne Aya Omac, Be my witness, 2008

 

Quelle voix émouvante! N’hésitant pas à chanter dans trois langues différentes, le français, l’anglais et l’espagnol, Marianne Aya Omac excelle dans la langue de Cervantès. En tout cas, c’est en espagnol que je la préfère parce qu’elle déclenche de belles émotions transcendant celui qui l’écoute.

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Sur les 12 titres de ce superbe CD enregistré à Pompignan (Gard) et Valfaunès (34) puis produit dans l’Hérault, deux chansons seulement sont écrites en français alors que cinq sont en anglais et quatre en espagnol. Il faut ajouter à ces onze titres, Kosovo, uniquement musical. Ola Beti a collaboré, écrivant les paroles de Duele. Mandoline Whittlesey en a fait de même pour Papillon, Remember et Psalm. Marianne Aya Omac a composé toutes les musiques plus les paroles des autres chansons. Mais surtout, elle chante et c’est un régal parce que l’ensemble est très soigné, accompagnement, chœurs et arrangements.

 

 

Parmi mes chansons préférées, Homme Femme fait le point sur la parité :

 

« Homme, femme, besoin d’égalité

mais c’est d’abord en nous

qu’il faut aller la chercher

Oser mourir à soi pour se

remettre en question

et se réconcilier avec son

autre moitié. »

 

 

On comprend ainsi que Marianne Aya Omac nous dit ce qu’elle pense, nous faisant partager ses combats et ses indignations.

 

Mes coups de cœur :

- Pura mentira (pur mensonge), une chanson contre la guerre, contre ces états qui vendent des armes, ne recherchant que le profit. Elle dit aussi sa colère contre le pouvoir de l’argent, contre l’absence de répartition des richesses, contre l’information orientée et déformée pour formater les mentalités, contre cette télévision qui fait croire aux gens que la guerre n’est  qu’une série télévisée de plus… Elle nous appelle enfin à avoir un vrai sens critique.

- Potosi1 est un véritable cri de douleur en hommage à tous ceux qui ont dû verser leur sang dans les mines d’Amérique du sud pour enrichir quelques européens cupides…

 

Jean-Paul

 

Merci à Eric et Cathy qui ont découvert cette artiste dans un cabaret d’Annonay et ont eu la bonne idée de lui faire dédicacer son CD. Ainsi, Marianne Aya Omac a écrit : « Para Jean-Paul ! Cuidate, fuerza, y amor ! »

 

: Potosi est une ville de Bolivie, dans la cordillère des Andes, située à près de 4 000 mètres d’altitude. Son économie repose essentiellement sur l’exploitation de gisements d’étain, de cuivre et de plomb.

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