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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 00:01

Les rayons du Soleil d’hiver répandent une chaleur douce dans le salon. Assise devant l’ordinateur, je me retrouve face à une page blanche. Que dire en cet injuste anniversaire ? Que faire ? Ecrire ? Oui, écrire pour l’innocent qui subit injustement l’enfermement. Les mots sont si peu de chose. Pourtant, ce sont des mots qui ont précipité Jean Paul DEGACHE en prison.

 

Sur l’ensemble des élèves qui ont été en classe avec Jean Paul DEGACHE certains de leurs témoignages ont été préférés à d’autres. Pourquoi ? J’ai écrit un témoignage au juge d’instruction il y a quelques années. Il me semblait légitime d’être prise en compte puisque j’avais été l’élève de Jean Paul DEGACHE durant deux ans (CM1 et CM2). Et durant deux années, alors que nous faisions beaucoup de sports, que nous sommes partis en séjour découverte d’une semaine loin de nos familles, alors qu’en classe chaque jour, nous allions au bureau de l’instituteur pour rendre un devoir, un exercice ou pour réciter une poésie, notre instituteur n’a jamais intenté à notre intimité. Jamais.

 

On pourrait sans fin revenir sur l’instruction à charge, sur  les procès. Mais le cœur n’y est pas et ce serait omettre le facteur le plus important : le facteur humain. L’institution judiciaire telle une machine infernale a broyé un homme, un innocent. Et voilà 365 jours qui ne lui seront jamais rendus, 365 jours de trop, 365 jours de cauchemars éveillés où je ne cesse de penser à mon ancien instituteur, sa famille, ses amis.

 

Depuis mars dernier, depuis que le couperet est tombé, dramatique, incompréhensible, il me semble si complexe de vivre normalement. Comment étouffer ce sentiment d’injustice ? Comment ne pas penser à la douleur de son épouse, de ses fils, de sa maman, de ses frères et sœurs, de toutes celles et ceux qui l’aiment. Cette absence, cet éloignement forcé, ces longs silences qu’implique la vie carcérale, ces moments qui ne se représenteront plus, la souffrance qu’un innocent doit ressentir au quotidien derrière les barreaux…en pensant à tout cela, on ne peut qu’être démuni. Il serait tellement plus aisé de tourner la page, de passer à autre chose. Mais l’amnésie n’est pas possible quand cela nous touche en plein cœur, au plus profond de notre conscience, de nos préceptes.

 

Il ne me reste comme à toutes celles et ceux qui soutiennent Jean Paul que le lien ténu des mots, des lettres. Nous ne t’oublions pas Jean Paul, nous sommes avec toi comme nous l’avons été durant tous ces trop longs jours d’incarcération. Je demeure l’ancienne élève reconnaissante pour l’enseignement qu’elle a reçu de son instituteur, pour les valeurs qu’il a brillamment et respectueusement su inculquer.

La nuit prend à présent le pas sur le jour, la page n’est plus blanche. La douceur du foyer n’est qu’apparence. La quiétude n’a plus sa place et à la fin de la page on peut lire un cri sourd, le VOX CLAMANS IN DESERTO de Jean Paul : INNOCENT !

 

Aurélie

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 00:01

Témoigner sur Jean Paul ? Témoigner sur mon frère ? Pour dire quels souvenirs ? Pour dire qui il est, ce qu’il m’a apporté comme frangin ? Pourquoi pas ?

 

Chercher dans ses souvenirs, dans son enfance…quand les souvenirs peuvent être mensonges, on le sait bien puisque c’est à cause de cela, en partie, que je me retrouve à écrire. Alors, avec honnêteté et fidélité, j’essaye de les retranscrire, sans les modifier, les tronquer, les adapter… avec  le temps qui passe, le temps qui les a engloutis plus ou moins.

Quel est le premier souvenir avec Jean Paul ? Comment ne pas confondre un vrai souvenir avec ce que dit une vieille photo ? On a des photos de nos visites à Vourles, où il était en pension de la 6ème à la 3ème et je me souviens très vaguement que nous y sommes allés…mais, rien de précis, de marquant…

Et puis, plus tard… Jean Paul et sa guitare, Jean Paul et ses chansons : Georges Brassens, Hugues Aufray, « Johnny prends ton harmonica »…mais ça date de quelle époque ? Quand il venait en vacances, au cours de ces 3 ans de pension à Villefranche-de-Rouergue, ou plus tard, quand il a occupé cette nouvelle chambre aménagée pour lui ? Je ne sais pas… alors, des souvenirs en vrac, dans le désordre, mais qu’importe ?

 

Je suis malade, je dois avoir 11-12 ans, et Jean Paul me fait découvrir mes premiers romans : « Le mas Théotime » d’Henri Bosco : une grande découverte et la lecture, pour de belles émotions !

Et puis, son voyage en Espagne avec des amis et toutes les diapositives qu’il nous a projetées à son retour… des années plus tard, j’ai voulu aller à Grenade, visiter l’Alhambra…

Jean Paul, du haut de mes 10-12 ans, c’est l’ouverture au monde, vers un autre monde…par la musique, les livres, sa guitare, ses voyages…et son vélo !!

Parler de Jean Paul, sans parler de vélo : impossible ! Et nous avons arpenté les routes Ardéchoises et Drômoises, et nous avons attendu ses arrivées pour tous ensemble l’encourager…et nous faisions de nouvelles connaissances, hors du cadre familial, et nous découvrions de nouveaux paysages… et il nous a fait avoir de belles frayeurs… Je crois, que je n’oublierais jamais son retour d’un entraînement hivernal, où les sourcils givrés, bleu de froid, il est revenu hagard à la maison… Jean-Paul et ses défis : le vélo lui a permis d’en réaliser et  peut être que, pour tous ses frères et sœurs, il a transmis le goût d’une activité sportive pour un équilibre mental nécessaire : « une tête bien faite, dans un corps en forme », c’est comme ça, qu’on dit ?

Grâce à Jean Paul, je découvre et … j’aime ce qu’il me fait découvrir donc j’ai un grand frère qui me « montre le chemin ». Avec nos 9 ans d’écart, Jean Paul me permet de belles découvertes en musique, livres, spectacles, ski de fond… certaines soirées sont mémorables : Lavilliers en concert dans une petite salle… et plein d’autres souvenirs, souvent très drôles mais aussi très émouvants ! Je dois à Jean Paul, beaucoup de premières : premier meeting politique, premier concert, première pièce de théâtre, première expérience sur des skis, …  j’ai 16-17 ans et 2 nouveaux amis : Ghislaine et Eric.

 

Et  puis son boulot ? « Etre instituteur ou faire l’instituteur » ?, il nous en parle avec passion, il a plein de projets pour des activités avec ses élèves… Maman nous a souvent dit qu’elle aurait voulu « être maîtresse » : maîtresse, institutrice, professeur des écoles : 3 mots pour le même métier, le vocabulaire évolue et Jean Paul, passionné par son travail, est toujours à la recherche d’un nouveau projet. Pour travailler dans la confiance, il s’appuie sur une proximité affective qui permette à l’élève d’avoir envie de toujours faire mieux …ce qui marchera avec la plupart des élèves…sauf quelques unes… qui lui en voudront au point de transformer son « bonheur à travailler » en cauchemar ? Pour Jean Paul, faire réussir ses élèves, c’est réussir aussi lui-même et il n’imagine pas cette réussite dans le conflit, dans la souffrance, il en serait trop malheureux…et la douleur l’a submergé quand il a été injustement accusé !!

 

Ah, j’oubliais, j’ai aussi voulu être institutrice et le hasard des concours m’a permis d’être prof !!! Pas de hasard, quand même et je comprends parfaitement ce qu’a voulu faire Jean Paul dans son travail…et ce qu’il n’a pas pu faire !!!

 

Françoise

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 00:01

Pour moi, ça fait plus, beaucoup plus. On se connaît depuis presque 20 ans et j’ai l’impression que je t’ai toujours connu avec tes emmerdes.

 

J’ai aussi l’impression, naïve, qu’on va te libérer du jour au lendemain, comme ça, en te disant « désolé, on s’est plantés, ça ne peut pas être vous ! »

 

Je n’arrive pas à m’y faire, en fait. Je me souviens de plusieurs moments avec toi. D’abord, quand ton fils me parle de tes problèmes, c’était au siècle dernier, ensuite quand tu me demandes mon avis dessus quelques jours après, quand on s’enferme dans ton sous-sol pour rédiger un historique et un argumentaire…

 

Pour moi, ça suffit, c’est fini. Je n’imagine pas qu’il en soit autrement, en fait. Je sais bien que tu n’as rien fait, j’étais au lycée avec certaines plaignantes, je t’ai surpris en classe un nombre incalculable de fois quand, avec Vincent le vendredi après-midi, on avait besoin des clés de la 4L pour aller faire la fête. Pour moi, tu étais un instituteur normal, un peu chiant, un peu raide, ce que je n’aime pas trop chez les pédagos, mais normal.

 

Alors forcément, quand tu me demandes de t’aider, je t’aide, et je m’en vais. Pour moi, c’est réglé.

 

On s’est ensuite beaucoup plus vus, quasiment tous les jours, quand ça allait mal pour moi, j’habitais quasiment chez vous et rien ne transparaissait vraiment. Je pense que personne n’y croyait, moi pas plus que les autres.

 

Puis un jour en 2007, en été, tu m’as appelé. Ça y est le procès allait avoir lieu, ça n’allait pas traîner, mais tu aurais aimé que je vienne à Privas. Je m’en souviens bien parce que je n’ai pris des congés que jusqu’au jeudi, tellement on était sûrs que ça allait se régler vite fait, cette histoire.

 

Puis vendredi soir, on t’a emmené.

 

Puis un mois et demi de bataille après ce jour, on t’a sorti de là.

 

Puis l’an dernier, tu y es retourné.

 

Entre temps, il s’est passé plein de choses, je n’ai toujours pas compris comment ni pourquoi tu étais enfermé, pourquoi tu étais accusé. Ce n’est juste pas possible.

 

En septembre 2007, ma vie a changé, il manque quelqu’un et je ne comprends pas pourquoi.

 

C’est énervant ça, de ne pas comprendre les choses. Je sais que ce n’est pas possible, que tu n’as pas fait tout ça, j’ai vécu chez toi, je t’ai aidé autant que j’ai pu, je t’ai vu avant, après, pendant… Tu es innocent, c’est un fait, mais pourquoi tout le monde ne le voit pas ?

 

Parfois, souvent en fait, j’ai l’impression que les gens vont le voir, vont se rendre compte qu’ils ont été enfumés. J’ai foi en ça, certains croient en Dieu, moi c’est au fait qu’un jour, l’hallucination collective va se dissiper, que tout le monde va redevenir lucide, que quelqu’un va ouvrir ta cellule et dire « désolé M Degache, on s’est plantés… »

En général, après avoir pensé à ça, je me réveille et me dis que ce n’est pas possible, en fait, que tu y es pour de bon et que la justice est implacable.

 

Alors je réfléchis davantage, et je me dis que la justice n’est décidément pas infaillible et que si elle s’est trompée avec toi, les innocents doivent remplir les prisons.

 

Mon esprit s’embrouille Jean-Paul.

 

Alors je revois certains moments. Le 12 juillet 1998, sur ta mezzanine, devant la télé à chanter la Marseillaise. Les moments où j’imite les chiens sur la terrasse pour faire aboyer ceux de ton quartier. Les cafés que tu remplis à raz bord sans qu’ils ne débordent. Je te vois avec tes petits enfants, je te vois avec Ghislaine, je te vois avec tes frères et sœurs.

 

Je me dis qu’ils ne furent pas assez nombreux, ces moments, et qu’on en vivra de nouveaux, bientôt.

 

A très vite, Jean-Paul,


Je t’aime fort.

 

Arnaud

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 00:01

Voilà 365 jours que Jean-Paul est séparé de nous et qu'il est privé de liberté !  Liberté, c'est le titre du poème réalisé par Charlotte, une personne soutenant Jean-Paul sans jamais ne l'avoir rencontré. 

 

Liberté

 

Liberté, te souviens-tu de moi ?

Nous étions amis, je croyais en toi.

Liberté, où es-tu ? Je te sens loin.

Les barreaux sont larges mais mon esprit croît.

Aucune excuse n'est envisageable si tu ne veux plus d'une proie.

Liberté, de toi autant que de ma famille, j'ai besoin.

Je te retrouverai où que tu sois

Mais c'est plus simple si tu viens à moi.

Ce n'est pas toi mais mon âme que l'on retient.

En revenant, frôle-les une fois

Que leurs esprits comprennent l'innocent en moi.

Liberté, je t'en prie, reviens.

Pour Jean-Paul

 

Charlotte B.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 00:01

Demain, mardi 1er février, Jean-Paul aura affectué 365 jours de prison. En cette triste occasion, nous avons décidé de consacrer la semaine à des témoignages provenant de sa famille, de ses amis, d'anciens élèves, d'anciens collègues de travail et de personnes ne l'ayant jamais vu.

Aujourd'hui, c'est son ami Jean-Pierre qui nous a fait part de son texte et nous l'en remercions. 

 

Mon cher Jean-Paul,

 

D'ordinaire, pour un anniversaire on est heureux !  Je peux t'affirmer que pour celui qui concerne les 365 jours passés loin des tiens, je suis triste. Je pense souvent à toi et à ta famille meurtrie à tout jamais par cette affaire, je suis toujours sous le choc, outré, abasourdi par le verdict qui en a découlé ! Comme pour beaucoup de monde c'est toujours l'incompréhension.

 

Certains soirs, j'ai du mal à m'endormir, ton affaire défile en boucle dans ma tête, passe, repasse comme un vieux disque rayé, j'essaie de comprendre, en vain... ce soir, je prends ma plume et viens avec ces quelques lignes passer un moment avec toi.

 

Je ne peux m'empêcher de me demander d’où "cette terrible rumeur dévastatrice" est partie ? Rumeur qui, telle une tornade, a tout entraîné sur son passage et a sinistré une famille entière.

 

Je m'interroge toujours sur le pourquoi tant de haine ?  Pourquoi tant de méchanceté ?  Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?  Mille fois pourquoi ?   

           

Jean-Paul, je suis tellement fier d'avoir un AMI comme toi, je veux te l'écrire pour te dire à toi et à tes proches qui souffrez tous les jours de cette injuste et insoutenable situation que plus les jours défilent et plus je suis content de n'avoir jamais douté un seul instant de ton INNOCENCE !

 

Chaque jour, je découvre sur le blog les témoignages de tes anciens élèves qui affirment qu'ils n'ont jamais rien vu et que tout cela n'est qu'affabulation.  Je peux t'avouer que, lorsque je lis tous ces courriers, je me dis que j'aurais voulu avoir un Maître d'école comme toi dans ma jeunesse... Période que j'ai eu tant de mal à traverser et où j'aurais eu tant besoin que l'on me recadre un peu, que l'on fasse attention à moi tout simplement. Toutes ces lettres éloquentes de nombreux parents d'élèves qui te soutiennent et qui s'élèvent contre ces mensonges, ces lettres de tes collègues, celles de tes nombreux amis font que peu à peu, la vérité se fait jour MON JEAN-PAUL !

 

Nous partageons beaucoup de valeurs Jean-Paul. Avec ma femme, nous les avons transmises à nos enfants et continuons à les distiller autour de nous car nous les pensons justes, humaines tout simplement. Ces valeurs, Jean-Paul, personne ne pourra t'en priver, c'est plus fort que tout. 

 

De plus, nous avons une passion commune : le sport, le dépassement de soi, que nous vivions intensément avec la pratique du vélo ! Jean-Paul je pense très fort à l'instant où nous pourrons enfin savourer le simple plaisir d'une balade et peut-être même "nous tirer la bourre" sur les routes de notre belle région, mais je sais très bien qu'il nous sera difficile d'oublier tout le mal que l'on t'a fait et tous ces précieux jours que l'on t'a injustement volés.

 

Jean-Paul  MON AMI, je t'embrasse bien affectueusement. Tiens-bon !

 

Jean-Pierre

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 00:01

La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre publié chez P.O.L, août 2010

 

Etre résolument moderne sur un sujet presque aussi vieux que le monde n’est pas la tâche la plus facile. Le jury du Prix Femina a récompensé un auteur sachant parler d’amour, décrire certains sentiments amoureux mais qui laisse son lecteur terriblement sur sa faim.

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Dans La vie est brève et le désir sans fin, Patrick Lapeyre nous emmène dans l’enchevêtrement d’une histoire d’amour mêlant Nora et deux hommes, Blériot et Murphy Blomdale. Le nom complet du premier, le plus important des deux protagonistes, est Louis Blériot-Ringuet et il serait un arrière-petit-cousin de l’aviateur… L’histoire commence entre Rodez et Millau puis se poursuit à Paris, Londres et même en Italie. Blériot se débat avec une infinité de problèmes : ses parents, son couple, son travail, ses soucis d’argent… Nora est une femme libre qui n’hésite pas à partir pour avoir le plaisir de revenir, vivant chaque passion comme elle l’entend. Tout cela donne une impression assez confuse que ne réussit pas à faire oublier l’excellent style de l’auteur.

Patrick Lapeyre en est déjà à son sixième roman chez le même éditeur. L’homme-sœur avait obtenu le prix des Librairies Initiales et le Livre Inter en 2004. Avec une grande maîtrise de la langue et un style très fluide, il n’hésite pas à mêler quelques phrases en anglais lorsque Nora veut exprimer sa différence. D’autres personnages traversent parfois furtivement cette histoire qui déçoit au final laissant à l’imaginaire de chacun le soin d’expliquer l’inexplicable : le difficile cheminement des sentiments. 

 

Jean-Paul 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 00:01

Voilà deux nouveaux articles publiés par Jean-Paul dans le journal de la Maison d’arrêt. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal  lui permet de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement. Aujourd’hui, nous vous proposons l'éditorial rédigé par Jean-Paul pour le numéro  paru le 21 janvier 2011 ainsi qu'un article sur l'état des lieux de la couverture sociale dans le monde. Bonne lecture.

 

Trop beau le sport ? (Editorial du 21/01/2011) 

 

Nadal, Alonso, Contador, les équipes nationales de football et de basket, l’athlétisme…depuis une bonne décennie, l’Espagne domine le monde du sport.

Une telle domination mérite que l’on y regarde de plus près parce qu’elle s’exerce essentiellement dans les sports les plus médiatisés comme le football, le tennis, la formule 1 et le cyclisme. Dans le classement mondial publié depuis 2005 par le groupe Havas, classement qui traite tous les sports à égalité, l’Espagne n’arrive qu’en douzième position. Les membres du G8 sont dans les dix premiers de ce classement prouvant les liens étroits existant entre économie et sport.

En Espagne, le vrai déclic est intervenu en 1992, pour les Jeux olympiques de Barcelone. Jusque là, les sportifs espagnols n’avaient glané que 27 médailles. Depuis ils en ont ajouté 106. Pour obtenir un tel résultat, le secrétariat d’Etat aux sports, le Comité olympique espagnol et la télé espagnole ont créé l’ADO (Asociacion Deportes Olimpicos) 4 ans avant les JO de Barcelone. L’ADO a prévu de dépenser 300 millions d’euros pour ses champions jusqu’à Londres en 2012.

Les sponsors privés n’ont pas hésité à investir pour soutenir des sportifs et des disciplines comme le handball, le hockey sur gazon ou la natation. Les banques ont aussi beaucoup misé sur le cyclisme. Ainsi, le poids économique du sport est important  en Espagne, représentant 0,9% du Produit intérieur brut (PIB). Le public est passionné avec les fameux socios (supporters-sociétaires) dont 170 000 pour le FC Barcelone. Côté presse écrite, quatre quotidiens sont entièrement consacrés au sport : Marca, AS, Sport et Mundo Deportivo mais... « L’Espagne a un problème avec le dopage », comme l’a déclaré Pat Mc Quaid, le Président de l’Union cycliste internationale.

En 2006, l’opération   Puerto avait révélé un vaste réseau de dopage sanguin organisé depuis Madrid. Récemment, l’opération Galgo a révélé un vaste réseau de dopage en athlétisme. Si la volonté politique de lutter contre ce fléau semble réelle, le budget 2011 de l’Agence espagnole anti-dopage baisse de 2,7%.

Bien sûr, les succès sportifs sont exploités comme ailleurs par les hommes politiques mais Vincente Del Bosque, responsable de l’équipe nationale de foot (La Roja) n’avait pas tenu de discours patriotique à ses joueurs avant la finale contre les Pays-Bas, leur disant qu’ils allaient participer à « une fête, rien de plus, jouer le plus beau match », montrant là un bel esprit sportif. 

 

Un actif sur cinq a une protection complète (21/01/2011)

 

Même si l’on s’en doute un peu, la récente cartographie mondiale établie par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) le confirme : une personne en âge de travailler sur cinq bénéficie d’une protection sociale complète.

Sur la base de données fournies par les Etats, il est possible de comparer la part du Produit Intérieur Brut (PIB) consacrée par chaque pays, en financement public de la protection sociale. Quelques exemples : Suède (22,6%), France (21,4%), Japon (12,3%), Egypte (11,5%), Brésil (9,2%), Etats-Unis (8,9%), Afrique du Sud (8,4%), chine (4,1%), Inde (3,1%).

En Afrique, la plupart des pays en sont autour de 1%.

Cette protection sociale revêt deux dimensions : la sécurité des revenus et l’accès aux soins médicaux, mais il faut étendre cela aux indemnités de maladie, aux prestations chômage et vieillesse, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles plus les allocations d’invalidité, familiales et de maternité. Le fossé est donc creusé entre les pays à hauts revenus et ceux en voie de développement. Un fait concrétise cet écart énorme : la pension de retraite, sous quelque forme qu’elle soit. Dans les pays riches, 75% des plus de 65 ans la perçoivent alors que cette proportion tombe à 20% dans les pays pauvres.

Ainsi, la sécurité sociale joue un rôle irremplaçable… quand elle existe. C’est dans la majorité des pays de l’hémisphère sud et en Asie que le retard est le plus important et que l’on trouve donc le moins de personnes couvertes pour leur retraite, le chômage et les accidents du travail.

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 00:01

Où en est l’affaire Degache ? C’est la question que nous recevons de plus en plus souvent. Que se passe-t-il ? Jean-Paul Degache a-t-il encore une chance de voir son innocence reconnue par l'institution judiciaire ?

 

Revenons ensemble sur le volet judiciaire de l’affaire.

 

Depuis 2001, Jean-Paul Degache est accusé de viol par une ancienne élève ; en droit pénal, cela signifie qu’il est accusé de crime (le viol, comme le meurtre, est considéré comme un crime en France), donc passible de la Cour d'assises.

 

Dans le système judiciaire français, la Cour d’assises est l’incarnation de la Justice « populaire » puisque ce sont des jurés, assistés de magistrats professionnels, qui sont chargés de se prononcer sur la culpabilité ou non de l’accusé ainsi que sur la durée de sa peine.

 

Depuis le 1er janvier 2001, il est possible de faire appel d’une décision de Cour d’assises. Jusqu'alors on considérait qu’une décision des représentants du peuple français tirés au sort n’était pas susceptible d’appel, mais plusieurs affaires, dont l'affaire Roland Agret, ont convaincu le législateur de permettre un appel.

 

En septembre 2007 à Privas la Cour d'assises de l'Ardèche a condamné Jean-Paul Degache à 8 ans de prison.

 

Jean-Paul a immédiatement fait appel de cette condamnation.

 

Dans ce cas, on peut demander une remise en liberté dans l’attente du procès en appel. C’est évidemment ce qu’il a fait. La demande de remise en liberté est examinée par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel dont dépend la Cour d’assises, pour l'Ardèche c'est Nîmes.

Fait rarissime, la Chambre de l’instruction a  répondu favorablement dès la première demande de Jean-Paul et l'a remis en liberté le 5 novembre 2007.

 

Dès lors Jean-Paul Degache a vécu sous le régime du contrôle judiciaire, c'est à dire en semi liberté puisqu’il devait signer régulièrement à la gendarmerie la plus proche de son domicile.

 

Le procès en appel a lieu au siège de la Cour d’appel dont dépend la juridiction. Après de longs mois d’attente, le procès en appel s'est tenu à Nîmes en mars 2010.

 

Jean-Paul Degache a de nouveau été condamné à 8 ans de prison.

 

La seule solution, le dernier recours, reste pour lui la cassation.

 

La Cour de Cassation siège à Paris, c’est l’organe judiciaire suprême en France en ce qui concerne le droit pénal (c’est l’équivalent du Conseil d’Etat pour le droit administratif, ou du Conseil Constitutionnel pour le droit constitutionnel). La Cour de Cassation peut décider de casser le jugement prononcé au prétexte que des règles de fond, des droits fondamentaux de la défense auraient été bafoués ou encore que l’administration de la Justice aurait été inégale et que le droit français n’aurait pas été appliqué de la même façon à un endroit ou à un autre.

 

Jean-Paul Degache s’est donc pourvu en cassation afin que justice puisse être enfin rendue.

 

Nous attendons la décision de la Cour de cassation dans les jours qui viennent.

 

Si le procès de Nîmes est cassé, Jean-Paul peut choisir de revenir à la peine prononcée à Privas ou alors exiger un procès supplémentaire. Le Parquet (qui représente la société française) peut également lui imposer un procès supplémentaire.

 

Autrement dit, Jean-Paul Degache saura dans les semaines qui viennent si sa condamnation est définitive ou si le marathon judiciaire reprend, avec tous les risques que cela comporte (n’oublions pas qu’il risque jusqu'à 20 années de prison).

 

Quoi qu’il en soit, nous respecterons le choix qui sera le sien et nous ne cesserons jamais de le soutenir.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 00:01

Depuis la réouverture du blog en septembre 2010, nous vous avons régulièrement proposé des messages de soutien adressés à Jean-Paul. Aujourd'hui, nous publions deux extraits de courrier reçus par Ghislaine, son épouse, qui tenait à remercier toutes les personnes lui apportant un soutien inestimable.

 

 

Lettre reçue le 7 janvier 2011

 

Chère Ghislaine,

J’ai souvent une pensée pour toi et Jean-Paul, ce qu’est devenue votre vie, ce que vous subissez tous les deux et depuis si longtemps. [...]

Quelle énergie tu dois fournir pour maintenir ce si fragile équilibre, au prix de milliers de kilomètres de voiture.

Je continuerai à lui écrire avec plaisir, comme beaucoup d’autres, en espérant que le courrier qu’il reçoit lui procure quelques moments où il se surprend à rêver d’une autre vie, même si la réalité doit souvent vite rattraper ces quelques moments d’évasion…s’il y en a ?

Gardez espoir au cours de cette nouvelle année. Je pense aussi à tes fils, qui paraissent très affectés, à toute ta famille et à celle de Jean-Paul.

Vous avez tous la conscience tranquille et cela personne ne pourra vous l’enlever.

Je consulte souvent le site de Jean-Paul et c’est très bien qu’il puisse continuer à vivre à l’extérieur par le biais d’internet pour qu’il ne sombre pas, comme il me l’a dit dans l’oubli.

Ma femme est aussi très touchée par ce que vous vivez et t’envoie toute son amitié également, et ma dernière pensée sera pour Jean-Paul qui a la chance d'être entouré comme il l'est.

Je t’embrasse.

 

 

 Lettre reçue le 10 janvier 2011

 

Chère Ghislaine,

Quand je pense à vous, qui souffrez tellement à cause de la malveillance des autres et d’une justice Fast-food qui refuse d’aller au fond des choses, je trouve que je n’ai pas le droit de me plaindre !

Je vous souhaite de trouver tout le soutien familial et social dont vous avez besoin !

Que Jean-Paul garde le moral et la santé pour faire face, il a toujours été quelqu’un de fort, on le voit à ses occupations même maintenant !

Moi aussi, je voudrais être plus près de vous ; de loin on se sent tellement inutile !

Les enfants…

Je vous embrasse tous très fort.

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 10:11

Après nous avoir parlé de ses relations avec les surveillants de la Maison d'arrêt, Jean-Paul nous décrit ses relations avec les autres intervenants.

 

Partie 1


Quelles sont les autres personnes avec qui vous êtes en contact ?

 

Hors personnel pénitentiaire, les enseignants qui travaillent au Centre scolaire sont très cordiaux et s’efforcent d’avoir des rapports presque normaux avec nous. Le Directeur salue chaque personne détenue en lui serrant la main et l’appelant Monsieur… Cela n’est pas grand-chose mais c’est énorme. Les autres enseignants qui nous connaissent bien nous appellent par notre prénom. C’est tout de même agréable et cela permet d’oublier pendant quelques instants la situation terrible où je me trouve.

Je rencontre aussi l’aumônier catholique qui passe me voir de temps en temps dans ma cellule. Il est très sympathique et cela fait du bien de discuter un moment avec lui. Comme son confrère protestant que j’ai rencontré aussi plusieurs fois, il ne cherche pas à faire du prosélytisme.

Côté médical, il est possible de demander à voir un médecin, une infirmière, un dentiste, un psychologue ou un psychiatre mais il y a souvent un délai qui peut aller jusqu’à un mois d’attente pour le dentiste, par exemple.

Chaque personne détenue est suivie par un représentant du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Je ne sais pas si ce sont des assistantes sociales mais leur rôle est très important afin de préparer la sortie… Je suis suivi par une dame très à l’écoute de ce qui m’arrive et qui fait le maximum pour m’aider. Je l’ai rencontrée à plusieurs reprises et cela m’a fait beaucoup de bien à chaque fois. En cas de problème, c’est elle qui peut entrer en contact direct avec ma famille.

 

Jean-Paul


Nous remercions sincèrement toutes les personnes qui nous envoient leurs questions et nous ne pouvons que vous conseiller à nous en transmettre par l'intermédiaire de notre adresse mail :

soutien.jean-paul.degache@over-blog.com 


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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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