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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 00:01

Jean-Paul continue de nous raconter ces terribles heures qui ont suivi la condamnation de 2007. Ainsi, il nous livre son ressenti sur ces jours passés dans la Maison d'arrêt de Privas et sur les relations qu'il a pu tisser.


Partie 1

 

Quand débute une incarcération, les premiers jours sont occupés par les examens médicaux avec prise de sang, radios, analyses diverses et premières rencontres avec un psychologue et un psychiatre. Un surveillant ouvre la porte, m’appelle par mon nom et m’emmène au rez de chaussée, ouvre les grilles, les referme et parfois m’enferme dans une pièce minuscule où je dois attendre seul, que l’on revienne me chercher. Chaque fois que je me retrouve ainsi, je ne peux pas m’empêcher de pleurer en pensant à l’endroit où je me trouve, à l’incroyable tournure que prend ma vie et aussi à ce que vivent mes proches.

 

Le personnel médical n’est pas du tout sympathique et semble faire son travail avec dégoût. Je n’ai pas envie de m’éterniser avec cette infirmière, avec ce médecin, avec cet opérateur radio qui n’ont pas un seul mot de réconfort, pas un seul sourire… Par contre je suis agréablement surpris par l’entrevue avec une psychologue. Je lui dis d’abord ce que je pense de ses collègues, soi-disant experts, qui se permettent de juger quelqu’un simplement pour faire plaisir à l’institution qui les paie. Ensuite, la conversation se passe bien et ça me fait du bien de parler avec une personne qui m’écoute et semble me comprendre.

 

Il y a aussi l’entretien administratif avec un responsable de la détention qui enregistre ce qu’il faut pour que je sois inscrit dans ce lieu de détention. Il me remet un livret dont le titre m’amène instantanément les larmes aux yeux : « je suis en prison ». Je suis reçu aussi, au début de la première semaine, par le directeur, un homme qui se montre très humain mais qui ne peut rien faire pour réparer l’injustice qui me frappe. Très vite, je suis demandé par René, un visiteur de prison qui est aussi aumônier sans être prêtre. Je vois aussi une dame qui est aussi visiteuse. Ces entretiens me font beaucoup de bien, surtout pendant les quinze premiers jours durant lesquels je ne peux avoir aucune visite puisque les permis ne sont pas délivrés. On n’entend jamais parler de ce problème mais c’est un scandale allant à l’encontre des droits de l’homme les plus élémentaires : au moment où un être humain est condamné, quand il est au plus bas, il lui est impossible de rencontrer une personne qu’il aime.

 

Cela peut durer quinze jours à trois semaines pour des raisons purement administratives. Je pense qu’à ce moment-là, la personne condamnée n’est plus considérée comme un être humain. Il serait pourtant simple de délivrer en urgence un permis de visite afin de permettre de renouer sans délai ce lien avec l’extérieur essentiel. C’est ce lien qui permet de tenir et il devrait vraiment être pris en compte. Pour quelqu’un qui a effectivement commis une bêtise, cela doit être dur, mais quand on est innocent, c’est absolument atroce de se voir arraché brutalement à ses proches et de devoir attendre si longtemps pour commencer à les revoir.

 

Dans cette petite maison d’arrêt de Privas aux épais murs de pierre, je m’appuie d’abord sur l’amitié de mes camarades de cellule qui facilitent au maximum la vie quotidienne malgré les conditions matérielles difficiles qui nous sont offertes. Ensuite, il y a ces deux visiteurs dont j’ai déjà parlé. Je tiens à dire toute mon admiration pour ces personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour venir soutenir le moral…

 

Jean-Paul

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 00:01

Alors que les Egyptiens ont vu leur président démissionner avant-hier, Jean-Paul revient sur la révolution tunisienne à travers deux éditoriaux issus du journal de la maison d'arrêt. Bonne lecture.

 

Transition délicate en Tunisie (Editorial du 28/01/2011)

 

Le 14 janvier 2011,  la Tunisie a vécu  l’évènement le plus important depuis la décolonisation, qui a surpris autant que la chute du Mur de Berlin : Ben Ali a quitté le pouvoir et la Tunisie.

Tout a commencé le 17 décembre, lorsque Mohamed Bouazizi, un diplômé chômeur, s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, avant de décéder le 5 janvier. Le 22 décembre, Houcine Neji s’est suicidé devant la foule à Menzel Bouzayane et la police a tiré, tuant un manifestant. Les 25 et 26 décembre, les manifestations se sont étendues dans tout le pays puis, le  28, Ben Ali s’est adressé au pays. Les 8 et 9 janvier, des émeutes à Kasserine, dans le centre du pays, ont dégénéré en émeutes sanglantes avec, au moins, 21 morts. Le 10, Ben Ali a dénoncé des actes terroristes et promis 300 000 emplois supplémentaires d’ici 2012. Le lendemain, les émeutes ont gagné la capitale et sa banlieue. Le 13 janvier, Ben Ali s’est engagé à quitter le pouvoir en 2014 et, le lendemain, une manifestation a tourné à l’émeute à Tunis. Le gouvernement a été limogé. L’état d’urgence a été décrété puis Ben Ali a fui en Arabie saoudite.

Pendant toute cette période, le silence de la France, comme celui des pays occidentaux, a été assourdissant. Michèle Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, a même déclaré à l’Assemblée nationale que la France pouvait aider le gouvernement tunisien dans le domaine de la sécurité…

Zine al-Abidine Ben Ali, militaire passé par Saint-Cyr, en France, a fait sa carrière dans le renseignement. Il a gardé le pouvoir pendant 23 ans sans battre le record de Bourguiba (31 ans) auquel  il avait succédé en 1987. Au début, il a promis pluralisme et démocratisation mais, rapidement, ses promesses n’ont pas été tenues. Devant la menace du mouvement islamiste, il a fait emprisonner plus de 20 000 membres d’Ennahda, le parti islamiste tunisien. La machine répressive étant lancée, il s’en est pris à toutes les autres forces politiques et associatives. Sur le plan économique, les investisseurs européens appréciaient ce pays calme où la main d’œuvre est bien formée et peu coûteuse. Le tourisme à bon marché s’est développé à outrance mais la population était surveillée, embrigadée. Le Ministère de l’Intérieur emploie 1 Tunisien sur 100, le parti au pouvoir, le RCD, compte 1 Tunisien sur 10 parmi ses membres et l’avidité de la famille de la seconde femme de Ben Ali, Leïla Trabelsi, ainsi que de ses gendres paraissait sans limites. D’ailleurs, ses proches ont quitté le pays avant lui…

Les Tunisiens sont devant une occasion historique pour contribuer à l’avènement d’une démocratie dans leur pays. L’ensemble du monde arabe retient son souffle comme la France et le reste de l’Europe.

 

 

Une démocratie se construit en Tunisie (Editorial du 04/02/2011)

 

L’impatience n’est pas bonne conseillère. Après plusieurs décennies de pouvoir confisqué par quelques individus, ce n’est pas en quelques jours qu’un pays comme la Tunisie qui compte 10,4 millions d’habitants, peut retrouver le calme et mettre en place l’organisation d’un pays démocratique.

Dans ce pays fort d’une jeunesse instruite et diplômée qui a su remarquablement utiliser internet et les réseaux sociaux, il est important de rassurer tout le monde afin d’assurer une transition vers une vraie démocratie. Le reproche le plus important fait par une bonne partie de la population concerne la composition du gouvernement qui réserve les postes les plus importants aux responsables déjà en place sous Ben Ali. Un remaniement, effectué à la fin du mois de janvier, pourrait ramener le calme.

            Auparavant, il y avait une opposition officiellement reconnue par le pouvoir comme le Parti démocrate progressiste (PDP, centre-gauche) de l’avocat Nejib Chebbi, le Forum démocratique pour le travail, le mouvement communiste Renaissance (Ettadjid)…Ces partis-là sont maintenant rejoints par ceux qui avaient dû s’exiler parce qu’interdits par le pouvoir : le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) de Hamma Hammami, le Conseil pour la République (CPR) de Moncef Marzouki et le parti islamiste Ennahda de Rached Ghannouchi qui n’a aucun lien de parenté avec le Premier ministre actuel.

Le syndicat UGTT, avec un demi-million d’adhérents, a soutenu tardivement des luttes régionales comme les grèves du bassin minier de Gafsa en 2008. Le 15 janvier, l’UGTT a encouragé la formation de comités de vigilance citoyens. L’armée, qui, contrairement à son homologue algérienne, n’est pas politisée, a eu un rôle déterminant en arrêtant des responsables des milices de la police politique. Il ne faudrait pas qu’elle succombe devant la menace concrète de chaos, à la tentation de confisquer le pouvoir. N’oublions pas les avocats et leurs actions courageuses. Enfin, il est important de mentionner ces comités de quartier qui ont été capables de mettre en échec les pillages et les violences des milices.

            Ainsi, dans ce pays trop longtemps considéré comme un lieu idéal de villégiature bon marché pour les Européens, toute une population emmenée par une jeunesse instruite et décidée est en train de construire une démocratie sous le regard intéressé de nombreux pays dont l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, le Yémen…

 

Jean-Paul

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 00:01

Depuis quelques mois, Jean-Paul a pu cantiner, c'est-à-dire commander, un poste radio-cd qui lui permet d'écouter ses émissions préférées ainsi que des disques compacts que nous lui apportons lors des parloirs.  D'ailleurs, si vous désirez lui en faire passer, n'hésitez pas à nous contacter.

 

Marianne Aya Omac, Be my witness, 2008

 

Quelle voix émouvante! N’hésitant pas à chanter dans trois langues différentes, le français, l’anglais et l’espagnol, Marianne Aya Omac excelle dans la langue de Cervantès. En tout cas, c’est en espagnol que je la préfère parce qu’elle déclenche de belles émotions transcendant celui qui l’écoute.

marianne-aya-omac-001 6sc

 

 

Sur les 12 titres de ce superbe CD enregistré à Pompignan (Gard) et Valfaunès (34) puis produit dans l’Hérault, deux chansons seulement sont écrites en français alors que cinq sont en anglais et quatre en espagnol. Il faut ajouter à ces onze titres, Kosovo, uniquement musical. Ola Beti a collaboré, écrivant les paroles de Duele. Mandoline Whittlesey en a fait de même pour Papillon, Remember et Psalm. Marianne Aya Omac a composé toutes les musiques plus les paroles des autres chansons. Mais surtout, elle chante et c’est un régal parce que l’ensemble est très soigné, accompagnement, chœurs et arrangements.

 

 

Parmi mes chansons préférées, Homme Femme fait le point sur la parité :

 

« Homme, femme, besoin d’égalité

mais c’est d’abord en nous

qu’il faut aller la chercher

Oser mourir à soi pour se

remettre en question

et se réconcilier avec son

autre moitié. »

 

 

On comprend ainsi que Marianne Aya Omac nous dit ce qu’elle pense, nous faisant partager ses combats et ses indignations.

 

Mes coups de cœur :

- Pura mentira (pur mensonge), une chanson contre la guerre, contre ces états qui vendent des armes, ne recherchant que le profit. Elle dit aussi sa colère contre le pouvoir de l’argent, contre l’absence de répartition des richesses, contre l’information orientée et déformée pour formater les mentalités, contre cette télévision qui fait croire aux gens que la guerre n’est  qu’une série télévisée de plus… Elle nous appelle enfin à avoir un vrai sens critique.

- Potosi1 est un véritable cri de douleur en hommage à tous ceux qui ont dû verser leur sang dans les mines d’Amérique du sud pour enrichir quelques européens cupides…

 

Jean-Paul

 

Merci à Eric et Cathy qui ont découvert cette artiste dans un cabaret d’Annonay et ont eu la bonne idée de lui faire dédicacer son CD. Ainsi, Marianne Aya Omac a écrit : « Para Jean-Paul ! Cuidate, fuerza, y amor ! »

 

: Potosi est une ville de Bolivie, dans la cordillère des Andes, située à près de 4 000 mètres d’altitude. Son économie repose essentiellement sur l’exploitation de gisements d’étain, de cuivre et de plomb.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 00:01

Voici aujourd'hui la deuxième partie du témoignage fait par Gilbert Risson, enseignant à la retraite, qui a travaillé de très nombreuses fois aux côtés de Jean-Paul. Il est notamment parti en classe de découverte en Tunisie en 1996. Il nous livre son analyse du voyage et son sentiment sur l'affaire. Nous le remercions.

 

Partie 1

 

En 1996, il me demanda de m'associer à lui pour la préparation de la classe de découverte en Tunisie. De mon côté à Félines, il me fallut beaucoup de diplomatie pour parvenir à convaincre les parents d’élèves du sérieux de l'organisation, de la qualité de l'accueil et de l'apport extraordinaire que cela procurerait à nos élèves. Pendant cette préparation, Jean-Paul m'apporta son expérience et vint, à ma demande, rencontrer les parents à Félines. Ainsi, nous pûmes organiser le séjour. Malheureusement pour moi, plusieurs familles restèrent inflexibles et je ne partis en Tunisie qu'avec 21 élèves sur 25.

 

Jean-Paul put lui partir avec l'intégralité de son effectif. J'étais à l'époque un peu jaloux d'un tel résultat et admiratif devant sa réussite pédagogique.

 

La préparation du séjour fut elle aussi très riche, nous avons pris contact avec deux classes similaires en Tunisie à Testour et engagé une correspondance suivie dès septembre 1995. Nous avons d'ailleurs été reçus d'une manière formidable par l'école, les familles, la municipalité l'avant dernier jour de notre séjour, avant de reprendre l'avion pour la France.

 

Il existe même un témoignage exceptionnel : le journal du séjour et le film vidéo réalisé pendant ce séjour.

 

Ce séjour de onze jours fut pour nos enfants une découverte extraordinaire.

Quand je rencontre - aujourd'hui, prés de 15 ans plus tard - un des élèves qui y a participé, un tas de souvenirs nous reviennent et il me remercie du fond du cœur de ces moments inoubliables.

Pensez-donc : découvrir Tunis, la ville, ses souks, son atmosphère… Puis Carthage et le musée du Bardo, Nabeul et ses potiers, Hammamet et les villes touristiques, puis le raid à dos de chameau à Douz, l'île de Djerba, le "Chott el Djérid", Tozeur et les oasis de montagne en 4x4……

 

Partager cela avec les enfants et nos accompagnateurs, en séjournant d'abord dans un centre scolaire de Tunis, puis ensuite d'hôtel en hôtel, dans des résidences magnifiques….

 

Bien sûr pendant ces jours, nous avions une attitude bien plus détendue avec nos élèves. Et je peux vous assurer que je n’ai JAMAIS vu Jean-Paul Degache avoir une attitude déplacée lors de ce séjour.

 

Notre seul ennui fut la « turista ». Malgré les précautions prises (achat d'eau en bouteille, hygiène maximum...) élèves et accompagnateurs furent sévèrement touchés.Nous fûmes tout près d'un rapatriement médical d'urgence et d’ailleurs le retour sur Tunis (300 kms en car) fut très difficile. Une ancienne élève ayant participé à ce voyage accuse Jean-Paul d’être entré dans sa chambre (qu'elle partageait avec d'autres filles) au moment de cet épisode. Or, dans cette situation d'extrême urgence, il fallait bien se rendre compte de l'état sanitaire des enfants et s'assurer que chacun tienne le coup !

 

Comme je l'ai fait à la barre du Tribunal, je jure que ma déposition "dit la vérité, toute la vérité" et je suis prêt à affronter tout contradicteur que ce soit….

 

Jean-Paul Degache a été au final condamné sans preuve à une peine de 8 années d'emprisonnement. Pour moi, un INNOCENT est en prison.

 

Gilbert Risson

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:01

Bonjour Jocelyne,

 

- Pouvez-vous nous dire en quelle année vous avez commencé à travailler aux côtés de Jean-Paul Degache ?

 

J’ai commencé à travailler avec Jean-Paul en septembre 1996. Je le connaissais avant cela, étant moi-même de Sarras.

 

- Ainsi, vous avez dû être entendue par les gendarmes dans le cadre de l’enquête…

 

 Oui… mais près de huit mois après la mise en garde à vue de mon collègue !!! J’ai dans un premier temps écrit au juge d’instruction afin d’apporter mon témoignage et il a donc fallu attendre le mois d’octobre 2002 pour être convoquée et entendue par les gendarmes.

 

- Avez-vous participé avec lui à des sorties scolaires, des après-midi sportifs… ?

 

Nos classes étant du cycle 3 toutes les deux, j’ai participé avec lui et ses élèves tant à des sorties scolaires qu’à des après-midi sportifs dans le cadre de l’USEP entre autres. Par ailleurs, j’ai été et suis encore une des dirigeants du club local de basket. Dans ce cadre-là, j’ai croisé souvent Jean-Paul qui assurait les entraînements du korfbal les mercredis après-midi. Le club de basket occupait le créneau suivant au complexe sportif et nous commencions les échauffements pendant qu’il rangeait le matériel tout de suite après son entraînement et que les enfants du korf étaient déjà partis.

 

- Pendant ces années, avez-vous remarqué un comportement douteux de la part de Jean-Paul Degache ?

 

À aucun moment, je n’ai remarqué le moindre comportement douteux de sa part. En outre, les deux dernières années, j’occupais la classe contiguë à la sienne et il m’est arrivé souvent d’ouvrir la porte de communication sans que je note quoi que ce soit.

 

- Avez-vous senti le moindre malaise de la part des enfants ?

 

Non aucun. Ils étaient ravis d’être dans sa classe pour participer aux activités qu’il mettait en place.

 

- Pensez-vous que les prétendus agissements qui lui sont reprochés soient possibles techniquement ? Et pourquoi ?

 

Cela me paraît impossible au vu de la configuration de l’école. Pour entrer dans la cour, on passe obligatoirement devant les fenêtres de la classe dans laquelle se trouvait Jean-Paul et les personnes situées à l’intérieur ne peuvent échapper aux regards des visiteurs. Au mois de décembre dernier, par exemple, le Père Noël qui se rendait à l’école maternelle n’est pas passé inaperçu aux yeux des élèves actuels.

De plus, les fenêtres donnant sur le couloir permettent également d’apercevoir ce qui se passe dans les classes si on jette un coup d’œil en passant.

Comment peut-on croire aussi que cela se soit passé sans qu’il n’y ait eu aucune réaction de la part des accusatrices et des enfants qui auraient assisté à ces prétendus agissements?

 

- Si vous aviez un message à lui transmettre, quel serait-il ?

 

Qu’il n’oublie pas de garder courage et que de nombreuses personnes croient en son innocence malgré le verdict qui lui a été signifié.

 

Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes ces questions.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:01

Aujourd'hui, nous effectuons un retour en arrière en se replongeant dans les heures qui ont suivi le verdict du premier procès de Privas et qui ont vu Jean-Paul être enfermé alors qu'il clamait son innocence !

 

Partie 1

 

Je ne le sais pas encore, puisque l’on vient de me condamner à 8 ans de prison, moi qui n’ai jamais rien fait de ce qu’on me reproche, qui ne cesse de clamer mon innocence depuis que ce cauchemar a commencé.

 

La porte s’ouvre sur une pièce noire dans laquelle dorment 7 hommes que je dérange en plein sommeil. Il faut allumer pour me permettre d’y voir clair mais je décide d’éteindre assez vite car les projecteurs qui brillent à l’extérieur donnent une clarté suffisante dès qu’on laisse ses yeux s’habituer. Gilbert, je crois, s’est levé pour enlever la table et la chaise qui étaient posées sur le seul lit libre des quatre lis doubles occupant la plus grande partie de l’espace de ce local vraiment exigu pour 8 personnes. Deux hommes me serrent la main. J’apprendrai le lendemain qu’ils se nomment Claude et Jean-Pierre. J’essaie de faire mon lit (celui du haut) comme je le peux afin de me coucher le plus vite possible pour ne pas déranger davantage mes compagnons d’infortune. Avant d’escalader le lit pour m’allonger, il faut passer au WC en étant le plus discret possible… parce qu’il est dans la pièce avec une cloison guère plus haute que la porte…

 

Une fois couché, je n’arrive pas à dormir, bien sûr. Beaucoup d’images s’agitent follement dans ma tête. Je n’arrive pas à croire que cette folie qui me poursuit depuis dix ans m'a amené ici… en prison. Les larmes coulent doucement. Je ne fais plus aucun effort pour les retenir parce que je pense à Ghislaine, à Vincent, à Simon, à ma mère, à mes frères et sœurs, à l’ensemble de ma famille et à ces amis innombrables venus me soutenir. Que vont-ils faire maintenant ? J’ai très mal, très très mal pour mon épouse et pour mes enfants à qui on inflige tant de souffrances imméritées. Pourquoi cette présidente a-t-elle été aussi agressive avec moi, me traitant comme si j’étais coupable dès le début du procès ? Pourquoi tous ces gens que j’ai bien connus et à qui je n’ai pas fait de mal s’acharnent-ils sur moi au point de vouloir me détruire ? Pourquoi ces neuf jurés se sont-ils laissé aussi facilement abuser par ces accusations complètement invraisemblables, n’écoutant qu’une seule version ? Pourquoi mes avocats n’ont pas réussi à faire triompher la vérité ? Pourquoi je me suis si mal défendu ? Une semaine de cour d’assises dans le box des accusés, c’est une épreuve inhumaine pour un innocent.

 

J’ai essayé de faire face du mieux possible et les images de cette semaine folle défilent dans ma tête avec ses moments d’espoir, ses moments d’abattement et cette fatigue qui s’accumule chaque jour un peu plus, faisant qu’à un moment, on en arrive à souhaiter que cela se termine le plus vite possible. Je ne sais plus ce que je dois penser. J’ignore de quoi demain sera fait… Puis je fais connaissance avec ma première ronde de nuit. J’entends l’œilleton s’ouvrir et la lampe centrale s’allume… pas terrible quand on est sur le lit du haut… Mes camarades m’expliquent qu’à chaque fois, le surveillant nous compte à l’intérieur pour vérifier si nous sommes tous là… et cela se reproduit deux ou trois fois chaque nuit. J’ai dû finir par dormir un peu mais c’est déjà l’heure de se lever et il va falloir que je fasse connaissance avec mes camarades de cellule.

 

Je suis très inquiet, mais, tout de suite, ça se passe bien et je dois rendre hommage à Claude, Jean-Pierre, Gilbert, Gérard et Louis qui ont tout fait pour m’aider à supporter cette épreuve insupportable. Les deux autres changeront à plusieurs reprises et, certains jours, nous ne serons plus que six ou sept ce qui nous permettra de vivre un peu plus facilement, sans être obligés continuellement de déranger quelqu’un pour se déplacer.

 

Partie 4

 

Jean-Paul

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 00:01

Avant de vous faire part de mon témoignage, je tiens à me présenter afin de bien faire comprendre la relation que j’ai entretenue avec Jean-Paul Degache.

 

Je m’appelle Gilbert Risson, je suis retraité de l’enseignement. J’ai témoigné par écrit lors du procès de Privas et de vive voix à Nîmes. Durant ma carrière professionnelle, j’ai été Instituteur à l'Ecole de Félines à partir de 1968 et je n'ai cessé d'être, jusqu'à ma retraite en 1999, un adepte du sport scolaire USEP. J'en ai même été président départemental de 1996 à 1999. Pendant cette période j'ai fréquenté les enseignants de Sarras (M. Valla d'abord puis M. Degache après 1976) lors des rencontres sportives d'athlétisme d'automne que nous organisions régulièrement sur le stade de Sarras fin octobre. J'ai participé aussi avec Jean-Paul à des sorties ski de fond à Presles (26) et surtout à une classe découverte de 11 jours en Tunisie fin mars - début avril 1996.

 

Pendant toute cette période, je n'ai eu avec Jean-Paul Degache d'autre relation amicale, je ne connaissais sa famille que par ce qu'il m'en disait et je n'ai jamais été reçu chez lui pour un repas, rencontre amicale… Nos relations étaient donc strictement professionnelles et je n'ai connu ses deux enfants que lors du procès de Privas.

 

Alors pourquoi Jean-Paul Degache était-il selon moi un enseignant exemplaire ?

Parce que l'on sentait en participant à ses côtés à ces rencontres scolaires son professionnalisme, sa rigueur, ses méthodes éducatives. Il savait utiliser à merveille la pédagogie coopérative, qui laisse aux enfants leur part de responsabilité, leur ouvre le sens critique, leur apprend l’autonomie. Par exemple, il était un des rares enseignants à laisser ses élèves gérer seuls, tout en étant attentif, l'organisation de l'atelier USEP. Il y avait également une assemblée générale en début d'année durant laquelle les élèves élisaient leurs responsables puis ils rédigeaient des comptes-rendus pour l'USEP 07…

 

J'ai témoigné lors du procès et le redis clairement : "un enseignant pour qui l'ouverture d'esprit, le sens de responsabilisation de ses élèves étaient exercés ainsi, ne peut avoir commis en classe, devant tous les autres élèves, les actes qui lui sont reprochés, sans qu'aucun autre élève présent ne s'aperçoive de rien et ne témoigne contre lui de cela "

 

Et preuve en est aucun élève n'est venu témoigner de ces prétendus agissements…

Employait-il des méthodes autoritaires ? Non.

Interdisait-il à ses élèves de parler ? Non.

 

Je peux témoigner aussi de cela, ayant participé avec ma classe à la formidable classe de découverte que nous avons organisée en Tunisie en 1996.

 

Jean-Paul utilisait énormément dans sa pédagogie l'ouverture vers d'autres cultures, d'autres personnes. Et tout cela  avec l'accord et le contrôle de l'Inspection Académique de l'Ardèche. Il fut l'instigateur de sorties scolaires hors du commun emmenant ses élèves en Allemagne et même en Tunisie. Pour certains, ces sorties extraordinaires et très riches n'étaient pas à faire avec des enfants de 10-12 ans… Mais avec la préparation faite, cela se révéla toujours très enrichissant pour eux.

 

Gilbert Risson

Partie 2

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 00:01

Le vendredi 28 janvier 2011, Jean-Paul est sorti "temporairement" de la Maison d'arrêt afin d'effectuer un examen médical. Il nous a fait parvenir le récit de ces quelques heures très particulières.

 

Depuis le 3 août 2010, je n’avais plus remis le nez dehors, je n’avais plus revu la vraie vie, celle où les gens sont libres. Dans le cadre de mon ALD (Affectation longue durée), après le cancer du rein opéré en janvier 2008, il y a tout juste trois ans, je devais passer un scanner à l’hôpital.

A jeun depuis 8 heures, j’ai été appelé vers 13h30 et je me suis rendu tout seul à ce que l’on appelle, ici, le vestiaire. Là, on m’a pris ma carte de circulation puis je me suis dirigé vers l’entrée, avec les trois surveillants prévus pour m’accompagner. J’avais vu les menottes mais aussi les entraves pour les chevilles et j’étais très inquiet lorsqu’on m’a attaché les poignets. J’ai demandé au surveillant si on allait aussi m’entraver les chevilles et il a rigolé en me répondant : « Pourquoi pas la tête, aussi ? ». J’étais soulagé d’échapper à cette humiliation supplémentaire et à cette gêne importante pour marcher.

 

Un fourgon attendait mais le gradé l’a renvoyé, demandant une voiture. Finalement, le fourgon est revenu et je suis monté dans une sorte de cage grillagée pour deux personnes. J’étais tout seul dans ce véhicule prévu pour six détenus. Et… je suis sorti ! Tout le long du trajet, j’ai essayé de regarder au maximum l’extérieur mais, avec cette grille, ce n’était pas terrible. Soudain, j’ai été surpris d’entendre la sirène du véhicule hurler. Puis, j’ai compris. Dès qu’il y avait un ralentissement, un feu rouge, un rond-point encombré, la sirène entrait en action. C’était pénible surtout lorsque le chauffeur est monté deux ou trois fois sur un trottoir et une bordure pour contourner d’autres véhicules. Qu’est-ce que nous étions secoués !

 

Arrivé à l’hôpital, le Centre Hospitalier Universitaire La Peyronnie, j’ai suivi mes trois accompagnateurs. Il y avait peu de monde et je n’ai jamais remarqué de mauvais regards. Seules, certaines personnes faisaient semblant de ne rien voir. Au scanner, on m’a allongé pour me préparer pour la perfusion. C’est un jeune étudiant en médecine de 2ème année, en fin de stage, qui a été chargé de poser cette perfusion… sous l’œil d’une infirmière qui le supervisait. Il a été parfait, se faisant simplement reprendre lorsqu’il m’a demandé si je craignais les piqûres… Le personnel hospitalier était très sympathique et très attentionné.

 

Quand le scanner a été terminé, j’ai retrouvé mes anges gardiens. On m’a remis les menottes et nous sommes repartis en ne croisant pratiquement personne

 

Le trajet du retour s’est fait par « le chemin des écoliers » et sans sirène. Nous avons traversé le charmant village de Lavérune puis roulé en pleine campagne pour revenir à Villeneuve-lès-Maguelone. Avec beaucoup d’émotion, j’ai vu l’entrée des familles pour le parloir. J’ai aussitôt pensé que, le lendemain, Ghislaine et Simon passeraient par là pour venir me voir après avoir effectué, une fois de plus, beaucoup de kilomètres...

 

Voir le monde extérieur ne m’a pas trop ému parce que je sais que ce n’est pas pour moi, pas pour tout de suite. J’ai regardé davantage par curiosité, me demandant pourtant ce que je faisais là, dans ce fourgon de l’Administration pénitentiaire… J’ai pensé à tous les frais que cette condamnation impliquait, à tout cet argent des contribuables dépensé pour rien, sur la foi de simples paroles, sans la moindre preuve à mon encontre, alors que je suis INNOCENT.

 

Enfin, une fois revenu à l’intérieur de la Maison d’arrêt, j’ai remercié les trois personnes qui m’avaient accompagné, pour m’avoir traité avec humanité.

 

Jean-¨Paul

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 00:01

Mon très cher petit Papa,

 

Nous sommes bien rentrés hier soir de Montpellier.

 

Aujourd’hui cela fait 370 jours que je peux te voir seulement une fois par semaine et uniquement dans un espace minuscule où chaque minute est comptée. Je n’arrive toujours pas à le croire !!!

 

Je voulais souligner à travers cette lettre qui constitue également un témoignage pour le blog, ton courage et ta force face à ce calvaire que tu subis depuis trop longtemps maintenant. Tant de jours où tu as été privé des simples moments du quotidien, de tes proches, de la liberté. Mais tu continues à tenir. Je suis tellement fier de toi. Je me rappelle qu’après ta sortie de la maison d’arrêt de Privas fin 2007, tu n’avais mis que quelques jours pour retourner, la tête haute, faire les courses à Sarras et Saint-Vallier. A aucun instant tu n’as baissé la tête et les bras. Et je suis persuadé que cela sera de même lorsque tu sortiras définitivement cette fois ! Tu clames haut et fort depuis 14 ans ton innocence et nous savons que ces accusations dont tu fais l’objet ne tiennent pas la route : aucun témoin et tellement d’incohérences…

 

Si nous avons ouvert ce blog avec Arnaud et Christian, c’est évidemment pour que l’on n'oublie pas à travers ton exemple, qu’un citoyen français, INNOCENT, peut être à n’importe quel instant de sa vie mis en prison. Je te le répète sans cesse mais être ton fils est une très grande fierté. J‘ai toujours été admiratif de tes engagements pris à l’école et dans les diverses associations auxquelles tu as adhéré. Une partie de ton temps, tu le consacrais aux autres sans oublier le bien-être de tes proches et évidemment de tes enfants. Avec Ghislaine, tu m’as fait découvrir tant de domaines qui sont devenus naturellement des passions et même mon métier… : ainsi j’ai su très vite vers quelle voie professionnelle j’allais me diriger. Je me rappellerai toujours de ce voyage à Berlin, quelques mois après la chute du mur, alors que je n’avais que 10 ans ! Les restes du mur, les villes de l’ex-RDA avec leurs « Trabants » et l’histoire de l’Europe qui était là en train de se faire devant moi…  

 

Mais depuis 1997, tout a basculé suite aux évènements que nous ne cessons de relever et d’analyser sur ce blog. Mais cela a conforté mon admiration envers toi. Convaincu que l’institution judiciaire ne condamnerait pas un innocent, tu t’es battu pour ton honneur mais aussi pour ta famille et tes proches. Il est évident que ton et notre regard sur la nature humaine a bien changé depuis. Toi le premier ; toi qui faisais confiance à l’être humain et à sa sincérité, tu as été berné par des personnes qui doivent être relativement mal à l’aise aujourd’hui. Mais encore une fois on va se battre avec toute la famille et tous les amis qui nous entourent ! On ne lâchera JAMAIS.

 

Je t’embrasse et te dis à très vite.

 

Simon

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 00:01

Voici aujourd'hui la publication du témoignage de Michèle, institutrice à la retraite, ancienne collègue de Jean-Paul.

 

Cher Jean Paul,

 

Ces quelques mots pour te renouveler tout mon soutien dans la dure épreuve que tu subis et que tu n'as pas méritée.

Sois fort et courageux, car moi, qui ai fait un long parcours en équipe avec toi au sein de notre école où enseignants et élèves étaient heureux de travailler, je sais que tu es innocent et victime d'une terrible injustice.

Certains t'ont privé de liberté mais sache bien que le combat continue pour que ton innocence soit prouvée et reconnue.

Michèle

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