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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 00:01

Forcenés, de Philippe Bordas publié chez Fayard, janvier 2008, 312 pages.

 

Bordas Forcene 20080610140620Voilà un livre peu ordinaire sur le cyclisme. Philippe Bordas qui fut journaliste à l’équipe et travailla avec Pierre Chany, fait revivre l’épopée de ce sport mis à mal au cours de ces dernières années.

Quand, dès les premières pages, il écrit que le cyclisme n’est plus un sport mais un genre, je veux bien l’accepter tellement le vélo a longtemps touché les gens au plus près de leur vie quotidienne parce qu’eux-mêmes utilisaient cet instrument pour se déplacer. Son enracinement populaire s’est, certes estompé, mais il n’en demeure pas moins que le cyclisme est le seul sport de haut niveau qui va au devant de la population, les champions réalisant leurs exploits presque sur le pas de nos portes… Pourtant, je ne peux pas être complètement d’accord lorsqu’il écrit que le cyclisme est mort en tant que genre. L’épopée, la tragédie hélas, l’émotion sont toujours prêts à revivre sur les routes des plus grandes épreuves. Le récent abandon des oreillettes sur certaines courses et la lutte que l’on peut espérer toujours plus efficace contre le dopage, laissent augurer des temps encore meilleurs. Il est vrai qu’un genre de cyclisme n’existe plus et ce livre est un excellent moyen de revivre ces quelques décennies glorieuses et terribles à la fois.

Tous les plus grands champions défilent avec, entre autres et dans le désordre, les frères Pélissier, Fausto Coppi, Raphaël Geminiani, Jacques Anquetil, Roger De Vlaeminck, Rik Van Steenbergen, Rik Van Looy, André Darrigade, Freddy Martens, Guillaume Driessens, Eddy Merckx, Michel Pollentier, Cyrille Guimard, Marc Demeyer et Bernard Hinault.

Forcenés fourmille d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres. Dans un style très riche, jouant avec le vocabulaire et créant des phrases étonnantes, Philippe Bordas se met à l’unisson des plus grands champions. Il retrace des carrières, précise les choses et ne peut que passionner l’amoureux du cyclisme, un livre que beaucoup de pratiquants, coureurs professionnels ou non, cyclosportifs, cyclotouristes et vététistes devraient lire aussi.

 

Jean-Paul

Un immense merci à Pierre-Louis qui m’a permis de découvrir ce livre sachant entretenir une passion qui remonte à l’enfance et ne s’est jamais démentie.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:02

Lorsque l'on regarde le calendrier, on s'aperçoit qu'il y a un an, le 26 mars 2010, Jean-Paul Degache accusé d'actes qu'il n'a pas commis, était condamné sans preuve à 8 ans de prison, privé de liberté, enlevé à sa famille.. Les jours passant, nous avons essayé de retrouver de la force et de la lucidité pour continuer le combat que nous ne cesserons jamais de mener.

 

Personnellement, il y a des images qui ne cessent de me hanter et  m'empêchent de domir. Ce sont les scènes des verdicts... où je vois, à deux reprises, mon père s'en aller sans que je puisse le serrer dans mes bras. Je suis même obligé de hurler pour lui transmettre mon courage. Ces images agissent comme de véritables plaies qu'il ne sera jamais possible de cicatriser. Tant de douleur et de désespoir face à tant de haine et de jalousie.

 

Ce blog constitue pour moi une véritable thérapie qui ne se terminera que lorsque mon papa sera de retour à nos côtés .. Je vous remercie tous de nous lire chaque jour pour avoir des nouvelles de Jean-Paul et pour comprendre comment des accusations absurdes ont pu mener un innocent devant les assises puis en prison.

 

Simon

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:01

Ce samedi, nous vous proposons l'éditorial du journal de la maison d'arrêt consacré au gaz de schiste. Ce sujet a engendré d'importants débats et une forte mobilisation de la population qui s'oppose à toute forme d'exploitation de cette énergie. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal permet à Jean-Paul de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement.

 

Gaz de schiste : inquiétude et indignation (Éditorial du 18/03/2011)

 

Trop beau pour être vrai : avec l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste, nos ressources énergétiques seraient assurées pour plusieurs décennies…mais ce projet menace sérieusement l’environnement et les populations d’une région allant de l’Aveyron à la Drôme en passant par l’Hérault, la Lozère, le Gard et l’Ardèche. Il faut ajouter, plus au nord, le Loiret et l’Yonne pour des schistes bitumineux qui donneraient du pétrole, plus la Lorraine pour du gaz de houille.

C’est à Saint-Jean du Bruel (Aveyron) que plus de trois cents personnes ont déclenché le vent de la révolte, le 20 décembre dernier ; Jean-Louis Borloo ayant signé, en 2010, des arrêtés autorisant Total et GDF-Suez à rechercher des hydrocarbures dans le Sud-Est. Comme l’a rappelé le député européen José Bové, 40 ans après la décision d’extension du camp militaire du Larzac, sans concertation de la population, comme pour les OGM, voilà que le gouvernement procède encore de la même façon. Une fois de plus, une mobilisation citoyenne se met en place pour demander des explications.

Emprisonné dans la roche sédimentaire entre 1 500 et 3 000m de profondeur, ce gaz peut être exploité après un forage vertical suivi d’un autre horizontal permettant de percer les poches de matière organique. Pour qu’il puisse s’échapper, il faut envoyer à haute pression d’énormes quantités d’eau mélangée à du sable et à un cocktail de produits chimiques. Or, on ne connaît que la moitié des composants de ces produits qui sont dangereux pour les systèmes nerveux, immunitaire, rénal et cardiovasculaire, mais aussi cancérigènes et pouvant polluer les eaux souterraines. Aux Etats-Unis où ce type de forage existe déjà, on a même trouvé de la radioactivité (radium 226) dans les eaux usées.

Les dégâts risquent d’être considérables sur l’environnement avec une multiplication des puits de forage, des fuites de boues toxiques, un épuisement de nos ressources en eau, une forte teneur en sel dans les rivières et les nappes phréatiques sans compter les émanations de gaz toxique et les risques d’incendie ou d’explosion comme cela s’est déjà produit en Amérique du nord. Pour l’instant, devant l’indignation des populations bien soutenues par les élus locaux, le gouvernement a décidé de suspendre les autorisations d’exploration mais la vigilance la plus grande s’impose.

Le plus grave ne serait-il pas que ce projet si destructeur pour l’environnement cause un relâchement dans la recherche de solutions alternatives pour résoudre le problème de nos ressources en énergie ?

 

Jean-Paul

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 00:01

Nous continuons à vous proposer de nouveaux témoignages d'anciens élèves. Aujourd'hui, cette ancienne élève, que nous remercions du fond du coeur, était dans une classe où les prétendus agissements se seraient passés. Nous tenons à conserver son anonymat en prévision d'un 3ème procès.

 

Elle était dans la classe de 1996 à 1998, côtoyant donc 7 autres élèves considérées comme victimes d’agressions sexuelles au quotidien par l'institution judiciaire.

 

Elle évoque ce souvenir avec nous :

 

- Te souviens-tu de tes années de CM1, CM2 avec Jean-Paul Degache à Sarras ?

 

Oui, parfaitement, j’avais à peu près 10 ans et je m’entendais bien avec la plupart de mes camarades de classe, c’étaient pour moi deux très bonnes années scolaires. Je pensais, avant d’entendre parler de l’affaire, qu’il s’agissait de bonnes années pour tout le monde…

 

- Justement, sept anciens élèves accusent leur ancien instituteur d'attouchements dans la salle de classe devant tous les autres élèves, as-tu vu quelque chose ?

 

Evidemment non ! Sinon, j’en aurais parlé ! Je me rappelle très bien de la classe et je sais qu’il ne s’est rien passé. Ça serait sans doute plus facile pour moi de faire parler de moi en inventant des choses, mais je me rappelle très bien qu’il ne s’est absolument rien passé.

 

- As-tu témoigné lors des procès pour expliquer tout cela ?

 

Absolument pas ! Personne ne m’a contactée… forcément, je n’allais pas dans le sens des victimes. Je suis dégoûtée, j’aurais voulu témoigner, dire que rien ne s’était passé en ma présence et que Jean-Paul n’était pas un pervers, mais visiblement, alors que je suis un témoin clé puisque les faits se seraient commis devant mes yeux à plusieurs reprises, personne n’a pensé qu’il pouvait être intéressant que je parle.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 00:01

Aujourd'hui, nous vous proposons le dernier extrait de cette table ronde organisée le mois dernier autour du thème "L'innocent impliqué dans les affaires de moeurs : se taire ou parler ?". Patrick Guillot développe ici le thème de la misandrie, sujet sur lequel il travaille longuement depuis des années  et qui démontre comment notre société a pu évoluer au niveau de la représentation de l'homme en le faisant passer pour "bourreau" et corrélativement celle de la femme comme “victime”. Cela explique pourquoi des hommes clamant haut et fort leur innocence ont été reconnus coupables de faits qu’ils n’ont pas commis, simplement parce qu’ils étaient accusés par des femmes. 

 


Puisqu'il s'agit du dernier extrait vidéo de cette soirée, nous tenions une nouvelle fois à remercier les deux invités, ainsi que Mathieu pour l'enregistrement vidéo, Serge pour la réservation de la salle et tous les bénévoles du Comité de soutien pour la parfaite organisation. Nous remercions également toutes les personnes venues assister à cette table ronde qui fut à nos yeux extrêmement enrichissante pour mener à bien le combat afin de faire reconnaître l'innocence de Jean-Paul Degache.

 

Vous pouvez à présent consulter toutes les vidéos sur la chaîne youtube aux couleurs du blog que nous avons créée pour l'occasion.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 00:01

Nous vous proposons ce mercredi de lire un extrait d’une lettre adressée à Jean-Paul. Celle-ci fut écrite dans le cadre de l’opération 300 jours - 300 courriers. Sachez que ce courrier fut, dans un premier temps, retourné à son expéditeur puisqu’il contenait une revue. Nous vous rappelons que, pour faire passer des magazines, des livres et des CD à Jean-Paul, il est préférable de nous contacter. Nous publions ces lignes en accord avec son auteur que nous tenions à remercier sincèrement. N’oubliez pas que vous pouvez nous envoyer les extraits de courriers que Jean-Paul vous a écrits afin de les publier. Merci.


Extraits d’une lettre écrite le 25 novembre 2010

 

Cher Jean-Paul,

 

Que d’impuissance dans les mots que l’on peut écrire… Que de difficultés à tenter d’apporter un peu de soutien à celui qui vit ce qu’il n’aurait jamais dû connaître tant sa vie est faite d’altruisme et de dévouement… Que d’éloignement aussi entre celui coincé entre quatre murs et celui qui, comme moi, se plaint sans cesse de passer sa vie sur les routes pour son travail, pour sa famille… Comment dire l’émotion qui étreint chacun face au malheur de l’autre… C’est pour tout cela que jusqu’à aujourd’hui, je ne m’étais pas lancée dans un courrier tant l’abîme qui nous sépare me semblait impossible à franchir et presque indécent…

 

Mais le challenge des 300 courriers pour 300 jours de détention m’a motivée pour tenter de passer outre ma gêne, ma peur de tenir des propos décalés par rapport à votre situation.

 

Ainsi, déjà 300 jours se sont écoulés entre le tribunal de Nîmes et la prison de Maguelone. En réunion professionnelle à Nîmes l’avant-veille du verdict, j’étais passée au tribunal… l’ambiance y était pesante… j’en étais ressortie extrêmement émue. Je croyais connaître le dossier raconté par un proche lorsque j’allais lui rendre visite… mais j’ai vu aujourd’hui sur le blog de soutien, le reportage de M6 et l’émotion m’a atteinte. Je n’aime pas, par principe, ce type de reportage. Dans celui-ci un aspect de l’affaire m’a particulièrement interpellée. Les témoignages des plaignantes m’ont atterré: ne rien dire aux parents ? Comment est-ce possible qu'aucune n'ait rien dit ? ...c’est sans doute plus dans le huis clos familial que dans la lumière d’une salle de classe que la terreur devait régner pour qu’une fille ne soit pas capable de parler à une mère ! Une clé du problème est peut-être là : alors, c’est sans doute une délivrance que de trouver un bouc émissaire … A moins d’être dans l’affabulation complète, et c’est sans doute ce qui a pu se produire pour certaines, car la parole de l’enfant est loin d’être vérité et leur monde imaginaire, loin des images d’Epinal.

 

La subjectivité de la justice humaine est une chose évidente. De Giordano Bruno à l’affaire Dreyfus, jusqu’aux couloirs de la mort américains où errent de nombreux innocents, on sait à quel point la justice humaine a du mal à être impartiale.

 

L’aboutissement de tous ces dysfonctionnements inhérents à une société malade dans son collectif, c’est un homme seul assumant, en bouc émissaire, les incompétences de tous … on a vraiment du mal à sortir des comportements primaires !

 

Mais je vous replonge dans cette histoire de fou … je savais bien que j’aurais du mal à vous écrire ... Pour vous, l’heure ne doit plus être à tout ça. Il faut survivre dans l’univers carcéral. Avec le sport, visiblement moins fréquent à Maguelone qu’à Nîmes … mais quand même ! C’est en effet un bon moyen de se vider ! Et dans la cellule ? Des exercices sont-ils possibles ?

 

Ce temps de prison, ce peut être aussi un temps pour apprendre à être en paix avec soi-même. Soit par une forme d’introspection constructive : j’ai entendu l’autre jour sur France Culture une interview d’Ingrid Betancourt qui expliquait comment elle avait appris la capacité à se rassurer en se ressourçant en elle-même. Elle n’avait elle, aucun lien fixe auquel se rattacher pour se rassurer puisque son mode d’incarcération était le nomadisme permanent. Je n’ai pas lu son livre, qui, si j’ai bien compris, fait plus ou moins polémique, mais le témoignage que j’ai entendu dans ma voiture en allant au travail, m’a ce jour là, vraiment stupéfaite. Elle est parvenue par un travail sur elle-même à apprendre à se réassurer en positionnant sa vie au-delà de sa piètre situation matérielle. Elle a appris à ne plus avoir peur. Cela m’a rappelé un bouquin lu quand j’étais gamine, vers 14 ans, et que je relirais volontiers à nouveau tant il m’avait marquée à l’époque. Il s’agissait du journal de voyage d’Alexandra David Neel ou comment elle parvenait à dépasser ses difficultés matérielles et affectives par un travail sur elle et ce, sans tomber dans l’extatisme virtuel du bouddhisme qui l’entourait, en conservant les pieds sur terre et la capacité à surmonter ses difficultés.  

 

Ce temps de prison peut aussi être, à l’inverse, par une forme d’ouverture à un autre monde, l’occasion d’un apaisement avec sa condition du moment.

 

Bien amicalement,

Pascale

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 18:47

Merci de bien noter le changement dans l'adresse postale de Jean-Paul :

 

Jean-Paul Degache
33670 Bat A 326
Maison d'arrêt
avenue du Moulin de la Jasse
34753 Villeneuve les Maguelone Cedex

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 00:01

Aujourd'hui est un jour bien particulier puisqu'il y a un an débutait à Nîmes le procès en appel de Jean-Paul. Dans les jours à venir, nous avons décidé de diffuser pour la première fois des pièces majeures qui auraient dû faire basculer le résultat final.

 

Dans l'extrait vidéo ci-dessous, Daniel Berthet propose d'améliorer les conditions de la terrible épreuve que peut être une garde à vue. En plus de la présence de l'avocat dès le début, Daniel préconise que l'accusé puisse lire la déposition de la ou des personnes qui l'accusent. Actuellement, l'accusé ne sait pas exactement ce qui lui est reproché. Il faut imaginer la pression psychologique que cela amène. Prochainement, nous vous proposerons l'avis de Jean-Paul sur la question.

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:01

Lors de cette table ronde, nous avons voulu traiter de l'évolution à venir de l'institution judiciaire. Ainsi, il parait fondamental, pour le comité de soutien à Jean-Paul Degache, d'élargir le combat en essayant d'intervenir dans le débat  actuel autour de la réforme judiciaire. Dans cet extrait, vous pourrez entendre Arnaud faire le point sur le danger que peut amener la systématisation des jurys populaires. 

 

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Nous vous proposons à nouveau le courrier envoyé à Monsieur Mercier, garde des Sceaux au nom du Comité de soutien à Jean-Paul Degache. Voici sa réponse :
reponse-garde-des-sceaux.jpg
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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 00:01

Nous vous proposons, ce dimanche 20 mars, un article publié par Jean-Paul dans le journal hors-série de la prison (sorti fin février) ayant pour fil directeur l'environnement. Il revient ainsi sur l'utilisation raisonnée des ressources de notre planète et l'action citoyenne pour envisager le futur... 

 

Notre planète n’est pas inépuisable - Agissons au quotidien (Hors-série - février 2011)

 

Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du jour où la planète n’en pourra plus, saturée de pollution et vidée de la plupart de ses ressources naturelles. Aujourd’hui, l’on parle d’empreinte écologique, cet indice qui mesure la surface de Terre dont un habitant a besoin pour assurer son mode de vie.

Dans cette empreinte écologique, l’on tient compte des matières consommées et/ou transformées et des déchets produits. Si la surface moyenne s’élève environ à 2,2 hectares par habitant, ce nombre est trompeur puisqu’un citoyen des USA a besoin de 12 ha, que pour un français il faut 6 ha, qu’un indien ne pèse qu’un hectare et qu’un africain du Mozambique n’utilise que 0,4 ha…pour l’instant. En effet, tout cela change très vite, par exemple pour les Chinois. Le mode de vie occidental n’est donc possible que parce que d’autres consomment moins que nous.

Une étude de l’ONG californienne Global Footprint Network a fait un calcul révélateur. Pour l’année 2009, l’humanité avait consommé l’ensemble des ressources créées par la Terre dès le 25 septembre. Pour 2010, ce jour de dépassement  s’était avancé au 21 août ! Cela signifie qu’à cette date, nous avons consommé tout ce que la Terre pouvait nous donner et rejeté tous les déchets qu’elle pouvait assimiler.

Dans les pays dits riches dont nous faisons partie, nous empruntons aux pays pauvres qui ne consomment pas autant et aux générations futures qui n’ont, hélas, pas leur mot à dire.

Avec l’empreinte écologique, on parle aussi de bilan carbone qui correspond à une estimation de la quantité de gaz à effet de serre nécessaire à notre mode de vie, chaque année. Ainsi, chacun de nous peut reconsidérer tous ses gestes au quotidien, du plus anodin au plus important, et en estimer la portée. En effet, tous les gaspillages, toutes les petites négligences, toutes les mauvaises habitudes se cumulent et se démultiplient et ont de réelles conséquences pour notre avenir et celui de notre planète. Il existe même des sites internet permettant à tout un chacun de calculer sa propre empreinte écologique (www.wwf.r ou www.agir21.org) ou encore d’établir son bilan carbone (www.bilancarbonepersonnel.org ou www.actioncarbone.org/index.php).

 

Il faut agir au quotidien

Plus le temps passe et plus l’on se rend compte que trop d’intérêts financiers bloquent l’action que différents gouvernements dans le monde voudraient entreprendre en faveur de notre planète. II est devenu évident qu’il est indispensable de passer par une prise de conscience individuelle devant déboucher sur des actions concrètes qui se révèleront rapidement efficaces grâce à l’effet de démultiplication dont nous parlions plus haut.

Ainsi, il faut lutter contre le poids des habitudes acquises, habitudes qui nous ont souvent été imposées par la publicité et le conformisme. La remise en cause d’une partie de notre mode de vie nous effraie parce que cela risque de tout remettre en cause et que la nature humaine a horreur du changement. Le plus difficile est donc de commencer. Agir au quotidien ne mène pas vers une vie monacale mais peut, au contraire, permettre de trouver du temps pour élargir nos horizons et être davantage attentif aux autres.

 

Dans la salle de bains et les toilettes

Un litre d’eau potable coûte aujourd’hui plus cher qu’un litre de pétrole parce que l’eau n’est malheureusement plus un don du ciel gratuit. Les nappes phréatiques, comme les rivières, sont polluées par les nitrates et les autres pesticides rejetés par l’industrie, l’agriculture, l’élevage intensif et nos détergents.

Alors, s’il est possible à chacun de nous d’économiser environ 150 litres d’eau par jour, ne nous en privons pas. Si proscrire le bain est évident, il ne faut pas abuser de la douche à rallonge et fermer le robinet pendant que l’on se savonne ou que l’on fait son shampoing. Au moment du brossage des dents, utiliser un verre est aussi un geste efficace qui, mine de rien, économise de l’eau. Côté toilettes, il n’est pas utile de déverser à chaque fois une cascade d’eau pour évacuer un petit pipi. Privilégier le papier toilette recyclé n’est pas forcément trop douloureux pour nos fesses et il faut savoir que celui qui est blanc a nécessité des agents blanchissants comme le chlore, nocif pour la santé.

 

Dans la cuisine

C’est dans la cuisine que se concentre la majorité des problèmes avec l’utilisation de l’eau et de l’énergie, les choix alimentaires et la gestion des déchets.

Tout commence lors des achats où il faut privilégier les produits ayant pas ou peu d’emballage. Il faut aussi réserver, dans la maison, un coin pour les produits recyclables (cellier, dessous d’évier, placard, coffre ou caisses empilables). Tous les déchets organiques doivent aller dans un compost, au jardin, ou dans un lombricomposteur installé dans la cuisine. Ce compostage permet de réduire les déchets de 40%

Avant de jeter, il est toujours possible de donner, avec discernement, aux amis ou aux œuvres comme Emmaüs, la Croix-Rouge, le Secours Populaire, etc…L’échange ou le troc de magazines, de vêtements, de jouets d’enfants, de livres, permet de prolonger la vie de quantité de choses en évitant de remplir nos poubelles.

Solvants, peintures, huiles de vidange, vernis, piles…et tous les produits dangereux doivent être portés à la déchetterie ou déposés dans les lieux prévus pour un recyclage correct.

Mis à part pour quelques incontournables, il faut fuir le supermarché et privilégier les commerces de proximité, les marchés, les bourses d’échange et penser à s’inscrire pour un panier bio ou dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Ainsi, préférons acheter au producteur ou au marché du coin, des produits locaux, frais et de saison. Lisons aussi les étiquettes pour être vigilants sur la composition et dénicher la présence d’OGM, de colorants, de conservateurs et d’additifs en tous genres. Enfin remplaçons nos chers sacs plastiques par une caisse, un panier, un cabas, un filet ou encore un carton tout en sachant que les sacs prétendument biodégradables ne sont que bio fragmentables…

Il  nous reste à manger bio le plus possible et dans le calme, à devenir le plus possible végétariens, à retrouver les saveurs oubliées ou inconnues et à accommoder nos restes pour ne pas avoir à les jeter.

 

Dans les autres pièces de la maison

L’énergie naturelle est la moins chère et nous apporte en plus la vitamine D indispensable à notre santé. Pensons donc à ouvrir les volets et à tirer les rideaux dès qu’il fait jour. Si l’on remplace les ampoules classiques par des ampoules basse consommation, il faut se méfier des fluocompactes qui contiennent du mercure (recyclage spécialisé indispensable) et qui émettent de fortes ondes électro-magnétiques. Une télé, un magnétoscope ou une chaîne hi-fi en mode veille consomment inutilement de l’énergie. Il faut donc éteindre ces appareils.

Du côté des sources d’énergie, il vaut mieux opter pour un chauffage au gaz ou/et au bois, même si le chauffage électrique est plus avantageux à l’achat. Une étagère placée au-dessus du chauffage permet de réorienter la chaleur vers le centre de la pièce mais il est indispensable d’avoir au préalable bien isolé portes, fenêtres, toits, murs et sols avec des matériaux naturels comme le lin, le chanvre, la laine, etc… le solaire mérite d’être tenté  même si les aides sont en voie de diminution, hélas.

S’il est indispensable d’aérer la maison pendant au moins dix minutes par jour, il faut savoir que les plantes permettent de décomposer des polluants tels que le benzène.

Dans les chambres, il faut éliminer les sources de pollution électromagnétiques en éteignant les appareils électriques (ordinateurs, écrans, télé, wifi, téléphones…) avant de se coucher. Au  bureau, que ce soit chez soi ou chez un employeur, il ne faudrait jamais passer plus de 4 h 30 par jour devant un ordinateur, faire des pauses toutes les deux heures et regarder au loin tous les ¼ d’heure pour soulager les yeux. Pour surfer sur internet, pourquoi ne pas choisir des moteurs de recherche solidaires, éthiques ou écologiques (www.hooseek.com ou www.ecosia.org ou www.veosearch.com ou www.doona.fr ou www.ekoolos.fr ou encore www.greenzer.fr, etc…) ?

On l’aura compris, si l’on veut que notre planète continue à nous permettre de vivre correctement et en harmonie, les idées ne manquent pas et n’ont pas fini de fleurir. Gaspillage et destruction sont en définitive très récents par rapport à la présence de l’Homme sur la Terre et, avant qu’il ne soit trop tard, prise de conscience et réaction efficaces sont toujours possibles. Alors, à chacun de nous de jouer !

 

  Jean-Paul

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