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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 23:01

Continuons grâce à Jean-Paul de découvrir la littérature mexicaine. Ce samedi, voici la présentation d'un livre traitant de l'une des villes les plus dangereuses du Mexique : il s'agit de Ciudad Juarez, ville faisant face à celle américaine d'El Paso.

 

Des os dans le désert de Sergio González Rodriguez chez Passage du Nord-Ouest, 2007, 377 pages

 

9782914834278Ciudad Juarez, ville frontière de l’état du Chihuahua, au nord du Mexique, a connu un nombre incroyable de femmes assassinées, au cours de ces trente dernières années. Un rapport de l’ONU fait état de 328 personnes tuées dans cette ville, entre 1993 et 2003.

Sergio González Rodriguez, un journaliste très courageux, a enquêté pendant des années sur ces meurtres mais aussi sur une centaine de disparitions. Au péril de sa vie, malgré les menaces et les agressions, il a mené à bien son travail concrétisé par ce livre très bien écrit, entièrement basé sur des faits réels.

En évitant de tomber dans le spectaculaire et le sentimentalisme mais sans être froid ni abstrait, Sergio González Rodriguez sait toutefois montrer toute l’horreur de ce qui s’est passé à Ciudad Juárez où les liens incestueux entre la politique, la police, la justice et la criminalité organisées sont réels. Il sait bien démêler les fils de ces vies brisées sans donner d’explication simpliste parce que la réalité est complexe. Ce livre redonne vie aux victimes sans oublier celle des innocents accusés à tort, sans preuve, dont certains sont morts après avoir été torturés.

Après une description très intéressante de la ville, véritable passerelle vers les USA, l’auteur détaille son évolution exponentielle très mal maîtrisée. Le trafic et la consommation de drogue deviennent, en une vingtaine d’années, les éléments essentiels de la vie locale pendant que l’image de la femme se transforme radicalement, passant de l’épouse ou de la mère respectée à un objet sexuel, « un être que l’on peut frapper et violer à loisir ». Puis, nous faisons connaissance avec Elizabeth Castro Garcia. Nous sommes le lundi 14 août 1995…

 

Jean-Paul

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 23:01

Suite au lancement de l'opération 500 jours pour laquelle nous vous proposons d'envoyer une carte postale à Jean-Paul, voici l'état des lieux de celles déjà envoyées depuis le 1er janvier 2011. Nous vous proposons ainsi deux cartes : celle avec les cartes postales françaises, celle avec les cartes postales en provenance d'Europe et du monde. Si vous cliquez sur l'une des formes arrondies de couleur bleue, vous aurez le lieu exact d'où la carte postale a été postée.

 


 

 

Quant au nombre de courriers reçus, Jean-Paul en a comptabilisé 1440. Le nombre de correspondants étant de 492 !

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 23:01

Nous vous avions proposé pendant les dernières vacances scolaires des chroniques de livres portant sur le Mexique. Rappelons que ces ouvrages viennent d'être récemment acquis par la bibliothèque de la Maison d'arrêt. C'est ainsi que Jean-Paul s'est porté volontaire pour donner envie aux autres détenus de les lire mais également à nous tous.

 

Mexique ancien de Maria Longhena

White Star (mars 2009), 290 pages.

Dès les premières pages de ce magnifique album, le charme opère. Sur une double page, s’étalent successivement le centre maya de Palenque dans le Chiapas, la pyramide de Tikal puis celle d’Uxmal et nos yeux s’agrandissent encore lorsque le splendide temple des guerriers de Chichén Itzá apparaît…

Sculptures et masques funéraires permettent de se faire une idée du talent de ces peuples longtemps méprisés ou tout simplement ignorés. Au début de l’ouvrage, six pages se déplient pour laisser admirer Teotihuacáan  «  la cité des dieux », un ensemble impressionnant. L’étude scientifique de cette immense civilisation commence en 1500, la période postclassique en passant par celle dite classique. Les peuples se nomment Olmèques, Zapotèques, Mayas, Mixtèques, Toltèques et enfin Aztèques. Au début de chaque étude, une carte simplifiée permet de localiser ces peuples. L’on comprendra alors aisément que les frontières créées plus tard n’aient aucune valeur. C’est pourquoi cet album, intitulé Mexique ancien, déborde sur le Guatemala, le Honduras, le Bélize et le San Salvador.

La vie quotidienne, l’habitat, les vêtements, les divinités, les cultes, la musique et la danse mais aussi la guerre, la mort et la sépulture, rien n’est laissé au hasard avec une profusion de documents tous bien légendés. Après cette étude détaillée, les itinéraires archéologiques en Amérique centrale ne pourront que faire rêver et déclencher des envies de voyages à la découverte de ces mondes perdus. Souvent difficile à imaginer, ces ouvrages étaient tous très colorés comme l’attestent des traces encore visibles ainsi que dans l’Égypte et la Grèce antiques. La vue d’ensemble de Copán, au Honduras, s’étalant sur quatre pages, donne une idée de l’avancement de cette civilisation maya avec ses temples, certes, mais aussi ses cultures et ses habitations permettant de croire à une certaine harmonie avant les destructions qui suivront l’arrivée des conquistadors. L’ouvrage se termine avec une vue superbe de Tulum (photo ci-dessous), une citadelle construite sur des falaises et faisant fièrement face à la mer des Caraïbes.

Bon voyage !

Jean-Paul

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 23:01

On a beaucoup entendu dire que les avocats de Jean-Paul n’avaient pas été suffisamment offensifs et n’avaient pas assez creusé dans le passé des accusatrices qui aurait pu expliquer d’éventuelles failles dans leurs dépositions.

 

C’est l’un des mérites d'une affaire récente qui a permis de clarifier un point essentiel : dans la justice américaine, l’enquête du procureur est uniquement à charge et tous les coups sont permis du côté de la défense qui dispose de pouvoirs très larges pour prouver l’innocence de l’accusé. C’est ce que l’on peut appeler le « syndrome des séries américaines ». On connaît souvent mieux la justice d’Outre-Atlantique que celle de notre pays.

 

En France, le juge d'instruction instruit, en théorie, à charge et à décharge et décide ensuite de renvoyer l’affaire devant un tribunal ou non. Les avocats de la défense doivent, en fonction des éléments du dossier essayer de convaincre un jury (en assises) sans pour autant apporter d’éléments « déterminants », sortir des éléments « surprises » que le procureur ne connaîtrait pas et, encore moins, donner l’impression de chercher à « salir » les accusateurs.

 

Pourtant, c’est souvent dans cette direction que l’on est tenté d’aller, surtout dans le cas où c’est « parole contre parole ».

 

Dans l’affaire de Jean-Paul Degache, nous sommes en présence d’une instruction qui a, cela a été confirmé aux procès lors des dépositions des enquêteurs, beaucoup trop privilégié les éléments à charge au détriment de ceux à décharge. L’exemple le plus frappant est celui des experts psychiatres qui ont examiné Jean-Paul Degache : les deux premiers étant trop favorables à l’accusé, le parquet a fini par trouver un expert qui avait déjà pris fait et cause pour l’accusation, il avait déjà vu la principale accusatrice et était persuadé, dans son rapport, qu’elle avait été victime d’abus de la part de son ancien instituteur.

 

Les avocats de la défense ne peuvent hélas pas grand chose dans de telles situations, il est quasiment impossible d’obtenir de nouvelles expertises des accusatrices, seules celles diligentées par le parquet sont donc considérées comme telles. Ainsi, lorsque le Docteur Paul Bensussan présente les conclusions de son analyse de Jean-Paul Degache, il est considéré comme un témoin de la défense et non comme un expert indépendant, on imaginera aisément que l’effet sur un jury n’est pas le même.

 

Toute attaque contre les accusatrices est vouée au même sort : venant de la défense, elle serait forcément ressentie comme du harcèlement d’une victime tandis que l’avocat général, qui représente la société française, peut se permettre tout ce qu’il veut : il n’est pas censé favoriser un côté ou un autre.

Dans une affaire telle que celle de Jean-Paul Degache, tout s’est joué bien avant les procès en assises, critiquer le comportement des avocats ou celui de Jean-Paul est tout à fait inutile : ce procès n’était tout simplement pas gagnable en suivant les standards du procès français de la procédure pénale.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 23:01

500 jours de prison effectués pour un innocent – Envoyez votre carte postale

 

Jeudi 16 juin prochain, Jean-Paul aura effectué son 500ème jour de détention. Pour de nouveau afficher notre soutien inconditionnel après le refus de la Cour de cassation, nous vous proposons de poster votre courrier le mardi 14 juin. Nous avons pensé qu’à cette occasion, chacun pourrait envoyer une carte postale de son lieu ou de sa région d’habitation.


Recevoir de vos nouvelles est primordial pour Jean-Paul qui est coupé de la vie de tous les jours. Recevoir plus d’une centaine de courriers le même jour, cela peut également montrer au personnel pénitentiaire qu’un innocent a été injustement condamné mais qu’il est toujours soutenu par toute sa famille et ses amis.

 

Alors nous comptons sur vous tous pour envoyer votre carte postale et pour diffuser l’information.

 

On ne lâchera jamais !

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 23:01

Après avoir lu hier l'éditorial de la Feuille d'Hector, nous vous proposons la fin de l'interview d'Annie Duclary, enseignante encadrant l'équipe du journal au sein de la Maison d'arrêt.

 

- Comment se fait le choix des sujets à traiter ? Quelles sont les sources d'information des détenus pour rédiger les articles ?

 

Le choix des sujets se fait en réunion chaque lundi matin selon des rubriques fixes. Il est exclu de parler de la prison, nous avons fait le choix de sortir des murs. J’ai tendance à bannir les faits divers, assez autoritairement j’avoue. Les sources d’information sont la presse quotidienne, les hebdomadaires, les mensuels que j’apporte, des livres (bibliothèque ou achat par mes soins), encyclopédie sur ordinateur, Internet par mon intermédiaire.

 

- Que représente cette participation au journal pour vos élèves détenus ?

 

Elle représente un espace de liberté, d’échanges, un lieu d’autonomie et de responsabilité.

 

- Nous savons qu’il s’agit de votre dernière année avant votre départ à la retraite. Votre relève est-elle d’ores et déjà assurée pour la rentrée de septembre ?

 

Non pas encore. J’espère pouvoir faire le lien avec ceux qui seront nommés en mai, en assurant des heures supplémentaires l’année prochaine.

 

- Pour clore cette interview, avez-vous une remarque à faire sur Jean-Paul, vous qui le voyez quasiment chaque semaine ?

 

Je ne peux pas vraiment répondre à cette question, à cause de ma position. Je peux juste dire que Jean-Paul est un élève sérieux, assidu, très engagé dans le journal et force de proposition.

 

- Merci infiniment pour le temps que vous nous avez consacré, et pour votre engagement auprès des détenus.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 23:01

Géronimo, ce héros (Éditorial du 27/05/2011) 

 

L’élimination d’Oussama Ben Laden, rondement menée par les forces armées des USA, portait, comme nom de code, celui du chef apache Géronimo. En dehors de ce que chacun peut penser de ce qui s’est passé, ce choix est très choquant parce qu’il brouille l’image d’un des plus grands héros amérindiens en la superposant avec ce qui est arrivé à un homme considéré comme le plus grand ennemi des Etats-Unis.

Remonte alors le souvenir d’une fameuse chanson, du groupe Imago qui, entre 1974 et 1981, faisait le plein partout où il se produisait, mêlant la musique rock, free et country, défendant aussi, bien avant l’heure, l’écologie. Vincent Absil, qui poursuivit ensuite une carrière solo, était associé à Claude Six et Bernard Benguigui, tous les trois guitaristes, flûtistes, chanteurs et compositeurs. Dans cette chanson, « Géronimo », Imago expliquait que tout était fait pour que nos héros, les bons, soient Bill Cody ou Carson ou autres cow-boys célèbres alors que Géronimo était « le maudit ! »

 

Bien longtemps après, il est navrant de constater qu’en Amérique du Nord, rien n’a vraiment changé dans l’esprit des Yankees. Pourtant, celui qui s’est appelé à sa naissance, en 1829, Go Khla Yeh (celui qui bâille), était un enfant Apache Bedonkohe qui a grandi à Nodoyohn Canyon, au Mexique à l’époque, s’appelant maintenant Clifton au Nouveau-Mexique, près de la rivière Gila. Avant de devenir Géronimo, il a été homme-médecine (chaman) puis, en tant que guerrier reconnu et respecté, il influença les Apaches Chiricahuas à partir de 1846. Sa mère, sa femme et ses trois enfants ayant été massacrés par l’armée mexicaine, il se lança dans des raids de représailles en territoire mexicain. C’est le 30 septembre 1859, jour de la Saint-Jérôme, qu’il prit son fameux patronyme lorsqu’il vengea sa famille face aux mexicains qui imploraient…Saint-Jérôme !

 

Poursuivant la lutte sans merci de son peuple sans cesse persécuté, poursuivi, spolié de ses terres par les Etats-Unis, Géronimo fut arrêté, libéré, s’enfuit de la réserve où on l’obligeait à résider. Puis, de concession en concession, il se convertit au christianisme pour finir sa vie à Fort Sill, en Oklahoma, en 1909. Auparavant, il participa quand même à la parade d’inauguration de Théodore Roosevelt, en 1905. Depuis, son arrière-petit-fils, mène le combat pour la réhabilitation complète de Géronimo mais, après ce qui vient de se passer, nous sommes convaincus qu’il lui reste encore beaucoup à faire.

 

Les chiffres de la semaine

 

70%, c’est le taux moyen de remplissage des TGV.

 

26 prix différents peuvent être pratiqués par Air France pour un même vol (20 en classe éco et 6 en classe affaires).

 

66,8 millions d’entrées au cinéma ont été enregistrées en France entre le 1er janvier et le 30 avril 2011.

 

904 salles de cinéma, en France, sont équipées d’un écran numérique.

 

Jean-Paul

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 23:01

Nous vous avions proposé pendant les dernières vacances scolaires des chroniques de livres portant sur le Mexique. Rappelons que ces ouvrages viennent d'être récemment acquis par la bibliothèque de la Maison d'arrêt. C'est ainsi que Jean-Paul s'est porté volontaire pour donner envie aux autres détenus de les lire mais également à nous tous.

 

1492, Les Aventures de Juan Cabezón de Castille

par Homero Aridjis

Seuil, 1990, 367pages.

 

Quel livre extraordinaire ! C’est un écrivain mexicain, Homero Aridjis, né dans le Michoacan, en 1940, qui a écrit cette fresque mêlant au plus près vie quotidienne et actualité politique dans l’Espagne des Rois catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille. En pleine Reconquista, ce sont les Juifs qui sont la cible de toutes les persécutions, les Maures n’étant pas ménagés non plus.

Cette plongée dans ce XVème siècle de toutes les horreurs mais aussi des grandes découvertes ne peut pas laisser insensible. Immanquablement, le parallèle sera fait avec la Shoah. Le lecteur ne pourra que faire un terrible constat : les nazis n’ont rien inventé. Bien avant eux, les Juifs ont été persécutés, obligés de porter un signe distinctif (décision du Conseil municipal de Madrid, le 22 janvier 1491), réduits dans des quartiers réservés puis exterminés. Au passage, leurs biens, cible de toutes les convoitises, étaient récupérés.

Juan Cabezón, est né à Madrid. Ses parents, Juifs convertis, avaient fui Séville et de terribles inondations. Le récit est à la fois romanesque et constellé de références, de repères historiques. La mort rôde partout. La violence, le plus souvent menée par les responsables religieux et politiques, règne. Le sang coule à flot.

Luxure et truculence jalonnent aussi le récit comme les descriptions flamboyantes avec profusion de détails. Notre héros parcourt l’Espagne et rencontre même un certain Cristobal Colón, dans une taverne, à Tolède où le fameux Gênois tentait de rencontrer les Rois catholiques pour leur parler de son projet…

Le 31 mars 1492, ces mêmes rois décident d’expulser tous les Juifs d’Espagne alors que, depuis des années, l’Inquisition assure son œuvre de torture et de mort. Partout, des centaines d’honnêtes gens sont dénoncés, arrêtés, torturés et, la plupart du temps brûlés vifs (autodafés) pour la plus grande joie de la populace qui ne veut pas manquer une occasion de se distraire…

Jusqu’au bout, Homero Aridjis s’attache aux pas de Juan Cabezón qui recherche partout sa femme, Isábel de la Vega, et son fils. En appendice, l’auteur nous livre même le texte intégral du procès d’Isábel de la Vega et de son frère, Gonzalo, procès tenu par la Sainte Inquisition, à Ciudad Real, en l’absence des deux accusés.

C’est dans cette Espagne violente et intolérante que se trouvent les racines de la colonisation des terres que va découvrir Cristobal Colón. Ceux qui suivront n’hésiteront pas à asservir et massacrer les indigènes pour s’approprier leurs richesses…un éternel recommencement…

 

Jean-Paul

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 23:01

Le rejet de mon pourvoi en cassation ne m’étonne pas vraiment.

 

Quand j’ai pris connaissance du dossier déposé par le cabinet d’avocats spécialisé et agréé par la Cour de cassation, j’ai compris qu’il faudrait un miracle pour que le procès de Nîmes soit cassé. Ce miracle n’a pas eu lieu parce que cette instance n’a pas examiné le fond du dossier mais juste le fait que la Présidente de la cour d’assises n’avait pas expliqué pourquoi j’étais condamné, se contentant d’annoncer juste ce verdict prononcé sans la moindre preuve et, bien sûr, comme c’est le cas en France, sans que personne ne justifie le pourquoi de cette décision de culpabilité.

 

Pour être complet, il faut dire que, dès l’ouverture du procès en appel, lorsque cette même Présidente a relu toutes les conclusions du premier verdict, cette liste interminable de questions auxquelles la réponse était « oui », j’avais craqué parce que j’estimais que c’était une insupportable torture morale. Je pense que, si elle ne l’a pas renouvelé, le 26 mars 2010, c’était peut-être pour abréger ces moments très pénibles pour tout le monde mais surtout pour moi et ma famille. Je m’abstiendrai d’évoquer de moins nobles motivations.

 

Si j’ai signé ce pourvoi en cassation dans le délai très bref de cinq jours, c’est parce que c’était la dernière possibilité qui me restait pour hurler mon INNOCENCE, pour affirmer encore et encore que je n’avais pas eu droit à une instruction ni à un procès équitables. La preuve la plus évidente est le refus obstiné de la Présidente de visionner la vidéo de l’école et de ce que fut ma classe, un document agréé par un expert auprès des tribunaux, pendant les débats, pendant qu’il était encore possible de poser des questions, de rechercher la vérité.

 

Le même refus a concerné mon bureau que nous demandions à produire dès le premier jour parce que nous entendions n’importe quoi à son sujet, certains témoins à charge le décrivant comme un « véritable monument » !

 

En dernier recours, Maître Vesson, un de mes deux avocats, a produit ces preuves irréfutables de l’impossibilité de commettre ce qui m’est reproché au cours de sa plaidoirie finale mais tout était bouclé. Il était trop tard car le débat était clos et mon sort était déjà plié. Il suffit de se souvenir de la brièveté relative de la délibération.

 

Enfin, pour ma santé morale et mentale, physique aussi sûrement, il est heureux que je ne me sois pas bercé d’illusions durant ces quatorze mois qui viennent de s’écouler. J’avais dit et écrit que je n’attendais rien de la cassation et que l’éventualité d’un troisième procès ne me laissait espérer rien de bon tant que la principale accusatrice ne reconnaîtrait pas, enfin, qu’elle a menti…

 

Jean-Paul

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 23:01

Nous retrouvons la suite de l'interview d'Annie Duclary qui revient sur les différentes publications de la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès Maguelone et sur son rôle d'intervenant.

 

- A combien d’exemplaires l'hebdomadaire et les hors-série sont-ils tirés et comment sont-ils financés ?

 

L’hebdomadaire est tiré à 700 exemplaires. Le magasine est tiré à 100-150exemplaires. Les financements sont multiples : subventions de la région Languedoc-Roussillon, de la ville de Montpellier, du département Hérault, de l’association la Muscade, du S.P.I.P. et de l’administration pénitentiaire.

 

- Comment La feuille d'Hector est-elle perçue à l’intérieur de la prison ?

 

Elle est perçue plutôt positivement par l’ensemble des institutionnels. Quant aux personnes détenues, elles sont essentiellement intéressées par la page info prison, le programme télé mais le reste du journal est lu par tous les bons lecteurs… qui ne sont pas majoritaires en prison.

 

- Le journal compte-t-il des lecteurs, réguliers ou occasionnels, à l’extérieur de la prison ? Qui sont ces lecteurs, et que pensent-ils de la feuille d'Hector ?

 

Pas mal de lecteurs à l’extérieur, environ une cinquantaine : d’anciens rédacteurs du journal pour qui il est essentiel de recevoir le journal, des associations qui le mettent à disposition de leur public, des institutionnels qui, en général, ne réagissent (assez rarement heureusement) que lorsque c’est négatif.

 

- Comment constituez-vous votre équipe rédactionnelle ? Combien de personnes en moyenne participent au journal ?

 

10 à 12 personnes constituent l’équipe rédactionnelle. Je reçois tous ceux qui se portent candidats. Il suffit d’avoir un petit niveau en français mais ce qui constitue l’essentiel des critères de choix est la capacité à être autonome.

 

- Pouvez-vous travailler sur la durée ?

 

Oui, je peux travailler sur la durée. Je suis en quelque sorte la mémoire du journal et je fais ainsi le lien avec les nouveaux arrivants. Mon ancrage dans l’institution me permet de trouver des solutions face aux problèmes qui surgissent.

 

A suivre...

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