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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 23:01

Cette semaine, Jean-Paul a décidé de privilégier l'actualité politique française en prenant le scrutin des cantonales, dernière échéance électorale avant les présidentielles. Il revient également sur la vie d'Andrée Chedid, romancière et poète décédée au mois de février 2011. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal permet à Jean-Paul de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement.

 

En attendant 2012 (Éditorial du 08/04/2011)

 

Alors que pendant des semaines, les différents médias n’ont cessé de se moquer de ces élections cantonales en les dévalorisant sans cesse, il était vraiment indécent de voir les mêmes se lamenter ensuite à propos d’une abstention record, appelant même de leurs vœux un sursaut démocratique…qui n’a pas eu lieu. Dans notre pays, il est toujours triste de voir que 35 millions d’électeurs n’ont pas exercé leur droit de vote à l’occasion de la dernière consultation électorale avant les présidentielles de 2012.


Impossible d’oublier ces Africains du sud faisant la queue pendant des heures pour participer aux premières élections de l’après-apartheid. Chaque fois qu’un pays accède enfin à la démocratie et conquiert le droit de vote, ce sont toujours les mêmes scènes qui se renouvellent, scènes démontrant l’immense satisfaction ressentie par ces gens qui, souvent pour la première fois, peuvent exprimer leur point de vue par l’intermédiaire d’un bulletin de vote.


Souvent, des électeurs blasés abandonnent ce droit démocratique conquis de haute lutte par ceux qui nous ont précédés, estimant que cela ne sert à rien ou qu’ils ne trouvent pas idées à leur convenance. Il est vrai que le petit bulletin de vote de chacun est souvent décevant, surtout si l’on se trouve dans une minorité, mais a-t-on trouvé mieux pour permettre aux citoyens de choisir leurs représentants ? D’ailleurs, l’un de ces arguments ne tient pas lorsque l’on parle du premier tour où les candidats et donc les options politiques foisonnent. Reste ensuite le second tour, beaucoup plus délicat dans notre système électoral puisque le choix se restreint et qu’il faut souvent se prononcer pour le moins mauvais des deux restant en course ou encore voter blanc, un vote qui mériterait d’être davantage reconnu. Enfin, il est remarquable de constater qu’entre deux tours, si l’abstention a été forte au premier, aucun changement notable ne se produit au second.


Maintenant que ces cantonales sont passées marquant la progression de la Gauche socialiste, le recul de l’UMP, la banalisation du FN et les avancées des Écologistes et du Front de gauche, nous allons entendre davantage parler, si c’est possible encore, des prochaines présidentielles. Voilà une élection qui marginalise toutes les autres puisqu’elle monopolise analyses, commentaires et pronostics deux années à l’avance. Cette présidentialisation, accentuée par le passage au mandat de cinq ans, est dommageable car elle nuit au débat démocratique, la personnalisation étant outrancière.


Maintenant, qu’on le veuille ou non, il faudra patienter jusqu’en 2012.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

17 travailleurs intervenant sur la centrale de Fukushima ont été contaminés ou irradiés.

 

20 000 personnes ont suivi les funérailles des 9 manifestants, parmi les 37 tués par l’armée, à Deraa, le 23 mars, en Syrie.

 

11 700 emplois ont été supprimés par la Poste en 2010 et 10 000 suppressions sont prévues en 2011.

 

 

Andrée Chedid : une auteure multiple (08/04/2011)

 

Elle est née en 1920, au Caire, de parents libanais séparés puis a appris l’anglais et le français mais c’est en arabe qu’elle sait le mieux exprimer sa tendresse. Si Andrée Chedid s’en est allée il y a quelques semaines, son œuvre poétique, romanesque et théâtrale reste.

À l’âge de 10 ans, elle se retrouve en pension puis, à 14 ans, elle part pour l’Europe, revient au Caire avant d’aller étudier dans une université américaine. Elle qui rêve d’être danseuse, écrit depuis l’âge de 18 ans. Elle se marie à un médecin alors qu’elle a 22 ans et met au monde deux enfants : Michèle et Louis.

Comme elle l’a déclaré dans une interview, son œuvre est « une éternelle quête d’humanité » et elle l’a bien mis en valeur dans « Fraternité de la parole », un recueil de poèmes publié en 1975. Ses racines sont au Liban et en Egypte mais comme elle est installée en France depuis 1946, elle connaît aussi bien le Moyen-Orient que la France et les pays occidentaux. Son œuvre porte la marque de ce multiculturalisme. Romancière, nouvelliste, dramaturge et surtout poète, elle a reçu de nombreux prix littéraires comme le Goncourt de la nouvelle, le Grand prix de la Société des gens de lettres, le Prix Mallarmé, etc…

« J’écris pour essayer de dire des choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun ; j’espère ainsi communiquer. Les sujets que je choisis sont en général marqués par la tragédie et par l’espérance. Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l’avenir. » En quelques lignes, Andrée Chedid définit parfaitement le but qu’elle a recherché au travers de son œuvre imposante.

Comme on a pu le dire parfois, Andrée Chedid n’a jamais cru avoir une écriture spécifiquement féminine. Elle n’est pas non plus féministe au sens militant du terme. Son style est avant tout universel et ses héroïnes sont d’abord des femmes prise dans le mouvement solidaire du monde contemporain.

Son fils, Louis, est devenu un auteur-compositeur renommé et il est le père de Matthieu, « M » qui a rendu célèbre le fameux : « je dis aime ». Mis en musique par son petit-fils, ce texte est un poème signé…Andrée Chedid, sa grand-mère ! C’est un véritable message émouvant et nécessaire dans le monde où nous vivons, prouvant s’il en était besoin toute la modernité de la poésie de cette auteure multiple et formidablement talentueuse.

 

Jean-Paul

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:01

Le grand livre pour sauver la planète de Brigitte Bègue et Anne-Marie Thomazeau (avec la participation de Yann Arthus-Bertrand, Allain Bougrain-Dubourg, Jean Louis Etienne, Jean-Marie Pelt et Aminata Traoré. Images de PEF), publié chez Rue du monde en août 2009.

 

Les éditions Rue du Monde donnent l’exemple puisque Le grand livre pour sauver la planète est imprimé sur du papier Condat mat Périgord, issu de forêts gérées durablement.

Très bien illustré par de superbes photos que viennent compléter les dessins de PEF, l’ouvrage passe en revue tout ce qui touche à l’avenir de cette planète dont nous avons hérité mais qu’il est urgent de préserver si nous ne voulons pas que nos enfants, petits-enfants…nous accusent de l’avoir sabotée, rendant leur vie future très difficile, voire impossible.

Les ressources en eau, la forêt, la qualité de l’air, le réchauffement climatique, le problème des déchets, la fin des hydrocarbures, les choix à faire pour le futur, le partage des richesses et l’éco-solidarité, tout est passé en revue. Beaucoup d’informations peuvent intéresser tous les lecteurs. On y apprend par exemple que des coopératives brésiliennes (marque Veja entre autres) fabriquent des chaussures de sport avec du caoutchouc sauvage d’Amazonie payé aux producteurs 30% plus cher que le cours du marché et du coton bio du Nordeste.

Si chacun de nous pouvait réaliser qu’au cours de ces trente dernières années, 30% des ressources naturelles de la planète ont disparu, la prise de conscience serait immédiate et efficace. La participation de grands témoins apporte un éclairage très intéressant. Jean-Marie Pelt, biologiste réputé, nous prouve que la biodiversité n’est pas un vain mot, citant l’exemple de l’if, un conifère, qui a failli disparaître de la surface de la terre et qui, sauvé à temps, permet aujourd’hui de faire un médicament contre le cancer.

Il ne faut pas se priver de découvrir et redécouvrir Le grand livre pour sauver la planète, non pour nous alarmer mais pour nous informer, changer nos mauvaises habitudes et… sourire aussi grâce à l’humour de PEF.

 

Jean-Paul

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:01

Rendez-vous ce soir à la salle des fêtes Ozon ! Le concert débute à 20h30.

 

affiche concert cantar

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 23:01

Extrait d’une lettre envoyée le 30 mars 2011 de Villeneuve-lès-Maguelone

 

Mon cher Jean-Pierre,

 

Je t’ai bien trop fait attendre pour te répondre mais j’espère que tu ne m’en voudras pas parce que tu comprends que je dois faire face à beaucoup de courrier. Je m’efforce de répondre à mes très nombreux correspondants[1] petit à petit, en tenant compte de la date de réception de leur lettre. En principe, je ne peux faire qu’une lettre chaque soir parce que, maintenant je suis très occupé la journée. Déjà, j’avais pu m’inscrire à un maximum d’activités du centre socio-pédagogique mais depuis le 22 mars, je travaille ! Je suis habillé tout en bleu par la maison qui fournit pantalon, 2 tee-shirts et veste. […]

 

Je ne suis resté qu’une journée au CHU. Par contre, il va falloir que j’y retourne pour un nouveau scanner. J’espère ne pas être emmené par la même équipe que l’autre fois parce que ces brutes m’ont non seulement menotté mais aussi entravé les chevilles. J’étais complètement anéanti lorsque je me suis fait trimballer, dans l’hôpital, assis sur une chaise roulante toujours enchaîné… Enfin, on m’a fait la fleur de ne pas m’attacher au lit ! Le soir, c’est la police nationale qui m’a ramené et cela s’est passé nettement mieux. C’est le plus gros problème, dans l’endroit où je me trouve. Je peux me trouver avec des gens charmants, civilisés, ayant des rapports humains normaux avec moi mais, n’importe quand, peut se produire une mauvaise surprise déclenchant des instants très difficiles à vivre.

 

Je t’embrasse bien fort

Jean-Paul

 

Ces quelques mots risquent d'être décalés avec ce que Jean-Paul a écrit et peut être même maladroits, car malgré ses soucis de santé, il dégage une telle force qu'il m'est bien difficile de  m'exprimer après la lecture de sa lettre.  Il "prend à cœur" ce travail, qui l'occupe huit heures par jour ce qui n'est pas rien ; il participe à différentes activités; il trouve le temps de lire, de répondre à ceux qui le soutiennent... Il a décidé dans sa tête de se battre et il a raison. J'ai connu Jean-Paul quand il avait vingt ans, passionné de vélo, passionné par son travail et déjà l'envie d'apporter un plus à ses élèves. Je me suis toutefois posé la question de sa culpabilité mais les présumés faits qui lui sont reprochés sont absolument impossibles.

 

Jean-Pierre



[1] 489 correspondants différents pour un total de 1356 lettres reçues et 756 envoyées

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 23:01

Lors de la table ronde du 25 février, Daniel Berthet avait proposé, afin d'améliorer les conditions lors d'une garde à vue en France, que chaque personne interrogée puisse avoir accès au dossier (hormis pour les affaires de  terrorisme et de drogue). Il avait également demandé que l'on pose la question à Jean-Paul. Nous vous proposons aujourd'hui son avis sur la question.

 

 

 

Le 7 février 2002, lorsque j’ai été amené par les gendarmes dans leurs locaux de Tournon, je ne savais qu’une chose : j’étais accusé de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs… Je n’ai d’ailleurs pu que dire : « Ca recommence… » en pensant tout de suite aux souffrances endurées en 1997, lors des deux premières gardes à vue à Andance. Je me demandais bien de quoi il pouvait s’agir, ne voyant pas du tout qui m’accusait et pour quoi on pouvait m’accuser. Je pense que pour quelqu’un qui a commis réellement un délit, les choses doivent être différentes mais, dans mon cas, c’était terrible. A chaque seconde, je me demandais bien ce qui allait me tomber sur la tête. D’ailleurs, la personne qui a conduit la plus longue partie des interrogatoires de cette horrible journée, en jouait avec un plaisir sadique. Pour me déstabiliser, elle lâchait petit à petit des éléments, me parlant de fille anorexique, en extrême souffrance. Ce n’est que longtemps après le début de cet interrogatoire que j’ai enfin pris connaissance du nom de cette personne qui avait été dans ma classe durant deux ans mais cela remontait à une dizaine d’années. Il fallait que j’en parle, comme ça, livrant des souvenirs aussitôt consignés par écrit. J’avais bien conscience que chaque mot prononcé pouvait être retenu contre moi mais, comme je l’ai toujours affirmé, je n’ai pu dire que la vérité. Comment reconnaître des faits que l’on n’a jamais commis ? Pourtant, pendant près de 48 heures, comme je l’ai déjà raconté, on m’a pressé d’avouer pour espérer bénéficier de la clémence du juge…

 

Je pense que, si j’avais eu connaissance des dépositions de ces personnes, dès la première heure, en présence de mon avocat, nous aurions pu déminer le terrain. J’aurais été moins stressé, moins inquiet, moins affolé par tous ces sous-entendus. Maître Vesson, venu de Privas en début de soirée, me conseillait de dire la vérité parce qu’il ne connaissait pas le dossier. Moi non plus. Je ne pouvais que lui répéter les quelques informations lâchées au compte-gouttes et selon une stratégie bien établie par mes interrogateurs. Tout cela est bâti pour obtenir des aveux. C’est la religion de l’aveu qui préside encore dans toutes les gardes à vue. Pourtant, nombreux sont les innocents à avoir avoué, simplement pour avoir la paix, ne plus avoir à subir ces questions-pièges, ces alternances de séquences dures et de temps plus faibles.

 

Si nous avions simplement pu lire le détail de ces dépositions, j’aurais pu rassembler plus facilement mes souvenirs et construire ma défense de citoyen présumé innocent et accusé sans la moindre preuve d’actes que je n’ai jamais commis.

 

Jean-Paul

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 23:01

  Dernièrement, quelques amis de Jean-Paul nous ont envoyé des extraits de leurs courriers. Nous les remercions et nous avons tenu cette semaine à les diffuser.  Aujourd'hui, nous vous proposons un extrait d'une lettre écrite par Jean-Paul  à la fin du mois de mars. Le destinataire a tenu à accompagner ses lignes d'un message...

 

26 mars 2011, un an déjà qu’un innocent est privé de sa liberté pour une faute qu’il n’a pas commise, un an déjà  à se réveiller chaque matin dans ce cauchemar, avec cette gueule de bois de  l’inexplicable, un an déjà, volé à la vie d’un honnête homme. Un coupable finit par admettre de payer sa faute mais comment un innocent fait-il face à un sort aussi révoltant qu’injuste ? Comment fait-il pour aller à demain, voire à l’heure d’après ?  Comme moi, vous êtes sûrement nombreux à vous poser ces questions ? C’est la raison du partage de quelques extraits de la dernière lettre que je viens de recevoir de Jean Paul

 

Mon cher B.

 

…. Je boucle une année entière de ma pauvre vie, coupé des miens, privé de liberté, contraint de faire tout ce temps en essayant de rester digne et tout de même confiant en un après… mais quand ?

Lorsque je repense à ces quatre mois vécus à Nîmes, je n’en reviens pas du changement qui s’est opéré depuis que je suis ici…

 

Depuis la Toussaint, j’espérais le poste de bibliothécaire, d’autres sont passés avant moi. Alors je me suis investi au maximum dans les activités du centre scolaire ce qui parvenait à bien m’occuper  durant toute la semaine. Le seul problème, c’était l’arrivée des vacances scolaires et leur durée puisque la plupart des activités dites scolaires s’arrêtaient. Autant il est facile de bouger de plus en plus, autant, il est très très pénible de se retrouver subitement bloqué entre quatre murs. Alors, mercredi dernier, on m’a annoncé que j’étais « classé  Auxi », je n’ai pas regretté d’avoir été patient. Me voilà devenu un « travailleur » que l’on habille tout en bleu. Je suis occupé du lundi au vendredi de 7h30 à 11h15 et de 13h15 à 17h15.

 

… Ce changement de rythme de vie s’est accompagné d’un déménagement. Avant, je ne voyais rien ou juste un terrain vague et un bâtiment qui me barrait l’horizon. Maintenant, je vois au-delà des murs et tu ne peux pas savoir comme cela fait du bien. Je vois quelques maisons, surtout des hangars et de la verdure. Tu  constates que, dans ce monde à part où je me trouve, il ne faut pas grand chose pour faire plaisir.


… Je continuerai à aller au sport. A la quatrième séance de Yoga, j’ai commencé à sentir des améliorations côté souplesse mais il y a du boulot.


… Je te remercie pour les photos de tes tableaux. Je vais bientôt avoir une galerie à ton nom et cela illumine mon quotidien. J’aime beaucoup celui intitulé « Quand on n’a que l’amour ». J’ai la chance d’avoir Ghislaine, toute ma famille et tous ces amis dont tu fais partie. C’est infiniment précieux et essentiel pour moi….

                                                                       Jean-Paul

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 23:01

Partie 1

 

Poursuivons notre raisonnement juridique. Par son adhésion au Conseil de l’Europe, la France se doit de respecter la Convention européenne des Droits de l’Homme et les arrêts de la Cour européenne des Droits de l’Homme y compris lorsque ces derniers contredisent le droit constitutionnel français.

 

Or dans un arrêt Taxquet c/ Belgique du 13 janvier 2009, la Cour européenne avait condamné la Belgique pour violation du droit à un procès équitable en raison d'un arrêt d'assises non-motivé. Car à l'instar de la France, le système juridique belge n'impose pas d'obligation de motivation pour les jugements d'assises. La Cour avait notamment estimé que «les décisions judiciaires doivent indiquer de manière suffisante les motifs sur lesquels elles se fondent».


Dans un arrêt du 16 novembre 2010, la Cour européenne avait modéré ses propos en déclarant ne pas vouloir « uniformiser » les systèmes juridiques existants. De plus, la Cour a considéré que la motivation des verdicts d'assises ne constituait pas une exigence conventionnelle. A une condition : en l'absence de motivation, un ensemble de garanties procédurales doivent être prévues pour que le condamné comprenne la décision. Visiblement, ceux qui ont suivi les procès « Degache » sont bien placés pour savoir que si de telles garanties existent, elles ne sont absolument pas appliquées et ne permettent à personne de comprendre pourquoi une condamnation est prononcée.

 

Malgré ces jurisprudences de la Cour européenne des Droits de l’Homme, la Cour de cassation française a toujours considéré que l’absence de motivation était parfaitement conforme aux droits et libertés fondamentales. Dans un arrêt du 14 octobre 2009, la haute juridiction avait d’ailleurs considéré que l'absence de motivation des arrêts d'assises était conforme aux exigences légales et conventionnelles. Cet arrêt a donc été confirmé par le Conseil constitutionnel il y a quelques jours.


N’oublions pas que la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne peut être saisie que lorsque toutes les voies de recours nationales ont été épuisées. Il pourrait être extrêmement instructif que, suite à cet arrêt du Conseil constitutionnel, les deux plaignants choisissent d’aller devant la Cour de Strasbourg pour qu’une fois pour toutes, la Cour européenne des Droits de l’ Homme dise si la procédure française respecte ou non les droits et libertés fondamentales.

 

Pour Jean-Paul Degache, une telle décision pourrait être essentielle puisque, rappelons-le, la Cour de cassation étudie la façon dont le jugement en appel a été rendu et doit se prononcer dans les semaines qui viennent.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 23:01

Le nouvel article que Jean-Paul a rédigé pour le journal a été écrit avant le nouveau séisme de ce jeudi 7 avril qui a endommagé la centrale nucléaire de Onagawa. En conclusion de cet éditorial, vous trouverez également quelques chiffres sur la situation nucléaire française. Bonne lecture.

 

Un cauchemar nucléaire (Éditorial du 01/04/2011)

 

La terrible catastrophe subie par le Japon nous montre, une fois de plus, que l’homme est incapable de maîtriser tous les éléments naturels. Tremblement de terre et tsunami ont non seulement détruit toute une région, causant la mort de plus de 20 000 personnes, mais ont déclenché une seconde catastrophe, nucléaire celle-là, à la centrale de Fukushima.

Ce qui se passe au Japon est l’occasion d’une prise de conscience indispensable dans tous les pays ayant fait le choix de l’énergie nucléaire, faisant confiance aux normes de sécurité en vigueur. Les 58 réacteurs en activité dans notre pays ont été construits pour résister à une certaine intensité de tremblement de terre mais qu’en est-il des installations annexes où circule l’eau de refroidissement ? Nous savons aussi que ces centrales ne sont pas prévues pour résister à l’impact d’un avion commercial gros porteur ni à un acte de malveillance à l’intérieur, sachant que de nombreux sous-traitants interviennent dans ces installations.

En France, plusieurs centrales nucléaires sont construites sur des zones menacées par des failles de l’écorce terrestre comme à Fessenheim (Alsace) et dans la vallée du Rhône. Il faut savoir que les normes ayant prévalu à la construction de la centrale de Fessenheim ont été basées sur le séisme de …1356, un tremblement de terre estimé à 6,2. On a donc ajouté 0,5 à cette estimation pour que l’installation résiste à une intensité de 6,7 sur l’échelle de Richter.

La catastrophe japonaise va déclencher toute une série de contrôles sévères sur les 143 réacteurs européens, contrôles prévus pour 2014 et avancés à 2012. Jamais résolu définitivement, le problème des déchets est toujours là et nous allons laisser cela aux générations futures… Pourtant, nous savons que les effets des radiations peuvent être immédiats (brûlures sur la peau, destruction de la moelle osseuse et du sang, dégâts dans l’estomac ou les intestins) ou retardés (cancers de la thyroïde, du poumon, du sein, de la peau ou encore leucémie et stérilité).

Ne serait-il pas temps de remettre en cause cette prédominance du nucléaire sachant que l’homme ne maîtrisera jamais complètement les catastrophes naturelles ? L’éolien et le solaire n’en sont encore qu’à un stade de développement ridicule dans notre pays puisque l’énergie produite ne représente que 1% contre 78% pour le nucléaire, le reste étant produit à partir du gaz et du charbon. Sortir du nucléaire doit être un objectif à long terme en cessant d’abord de le favoriser, en privilégiant les économies d’énergie et en multipliant d’autres sources d’énergie créant des emplois durables et non délocalisables.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

78% c’est la part de l’énergie électrique d’origine nucléaire en France.

 

1% c’est la part de l’énergie électrique fournie par l’éolien et le photovoltaïque, sources d’énergie renouvelables.

 

58 réacteurs nucléaires sont en activité en France, générant 1050 tonnes de déchets chaque année.

 

Jean-Paul

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 23:01

Le Machu Picchu, La montagne perdue des Incas

de F. Silvestri,

Editions Eyrolles en octobre 2010

 

Qui n’a pas rêvé d’aller un jour au Machu Picchu ? L’ancienne capitale des Incas, située au Pérou, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Cuzco, surplombe la vallée encaissée de l’Urubamba, à 2 700 mètres d’altitude. Ce n’est qu’en 1911 que l’archéologue américain, Hiram Bingham, a découvert cette cité oubliée que la mission archéologique du Français Wiener avait effleurée. Pour être plus précis, il faudrait dire que c’est Bingham qui a fait connaître ce site extraordinaire au monde entier parce que d’autres étaient passés par là avant lui…Il reste encore beaucoup à découvrir pour expliquer enfin les mystères du Machu Picchu.

En attendant, cet ouvrage des éditions Eyrolles nous propose une superbe visite du site où 500 vases en céramique, 200 objets du quotidien en bronze, cuivre ou argent et 50 tombes ont été découverts. Ici, au cœur de la cordillère des Andes, il y a eu une vie riche et intense et nous ne pouvons qu’admirer ce qu’il en reste : des ruines impressionnantes dégagées de la végétation qui avait tout envahi. D’ailleurs, les discussions se poursuivent au sujet des techniques employées pour le transport et l’assemblage de ces grandes pierres utilisées pour la construction des murs des cités incas.

Ensuite, l’ouvrage élargit son panorama à l’histoire du continent en nous présentant les différentes civilisations qui se sont succédées et souvent chevauchées. Nous faisons aussi connaissance avec Pachacutec, l’un des plus importants souverains incas à qui l’on attribue la construction du Machu Picchu. C’est Atahualpa qui régnait quand Pizzaro, le conquistador espagnol, est arrivé. La fin tragique du dernier souverain inca indépendant, en 1533, est racontée, puis l’on apprend que d’autres lui ont succédé mais qu’ils étaient asservis.

Les routes, les ponts, l’organisation sociopolitique, l’éducation, la justice, l’agriculture, la vie quotidienne, l’élevage, la chasse, la vie conjugale, l’alimentation, la médecine, l’artisanat, l’art, tout est passé en revue…Au final, on apprend que le Machu Picchu inquiète car on aurait détecté un début de glissement de terrain qui pourrait faire craindre un effondrement de l’ensemble. L’Unesco veille mais, en attendant d’aller découvrir ce site unique au monde par vous-mêmes, ne vous privez pas de lire, le Machu Picchu (la montagne perdue des Incas).

 

Jean-Paul

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 23:01

S’il est une mesure de la réforme constitutionnelle annoncée le 12 juillet 2007 à Epinal par le Président de la République qui a eu les répercussions les plus importantes, c’est bien la « question prioritaire de constitutionnalité ».

 

Depuis le 1er mars 2010, l’article 61-1 de la Constitution permet à tout citoyen de contester la constitutionnalité d’une loi. Ainsi les lois peuvent être censurées a posteriori par n’importe quel citoyen. Auparavant, seuls les Présidents de la République, des deux assemblées, le Premier Ministre et 60 députés ou sénateurs pouvaient contester la constitutionnalité d’une loi avant son entrée en vigueur.

 

Les cas les plus médiatisés ont été notamment celui sur le mariage homosexuel et sur l’adoption par des couples homosexuels reconnus conformes à la constitution, en revanche, tout le dispositif concernant la garde à vue « à la française » a dû être réformé. Aujourd’hui, toute loi est donc susceptible d’être jugée par le Conseil constitutionnel à l’initiative de n’importe quel citoyen.

 

Deux personnes condamnées aux assises avaient contesté le fait que les jurys d’assises n’avaient pas à motiver leurs verdicts. Autrement dit, quelqu’un de condamné pour un crime par les assises ne sait pas quels éléments ont permis aux jurés de se forger leur intime conviction. C’est effectivement ce qui est arrivé, par deux fois à Jean-Paul Degache : à Privas en 2007, puis à Nîmes en 2010, on ne sait pas ce qui a pu convaincre les jurés.

 

C’est un principe légal : le secret de la délibération des jurés est absolu. Ces derniers doivent se baser uniquement sur le débat oral qui se déroule devant leurs yeux et ne peuvent que poser des questions durant l’audience pour éclairer leur jugement.

 

Estimant que le « principe d’égalité » et « les droits de la défense », principes constitutionnels étaient bafoués par une telle procédure, ces deux personnes sont donc allées jusque devant les « sages ».

 

Ces derniers ont répondu clairement, à la fin du mois de mars, que la procédure française était parfaitement constitutionnelle. Selon le Conseil constitutionnel, l'intime conviction en cour d'assises se forge «sur les seuls éléments de preuve et les arguments contradictoirement débattus». Ces garanties, précise-t-il, portent également «sur la formulation des questions, les modalités de délibération de la cour d'assises et les majorités d'adoption des décisions». Autant d'éléments, selon la Haute juridiction, qui ne permettent pas de dire qu'une cour d'assises aurait un «pouvoir arbitraire pour décider de la culpabilité d'un accusé».

 

Tout comme le mariage homosexuel, il pourrait être possible de motiver les arrêts de cours d’assises, mais seulement en changeant le code de procédure pénale et donc la loi.

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