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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 23:01

Nous clôturons cette semaine consacrée à des chroniques d'ouvrages mexicains par un  roman écrit par B. Traven. Cette présentation d'ouvrages présents dans le fonds bibliothécaire de la prison a demandé beaucoup de temps à Jean-Paul. Nous publierons prochaînement la suite de cette série.

 

La charrette de B. Traven, Editions La découverte, 2005, 289 pages

 

9782707165787.jpgAntérieur à La révolte des pendus, La charrette nous ramène au problème fondamental de la terre que se sont appropriés les conquérants espagnols et leurs descendants, métissés ou non. Comme d’habitude, B. Traven est tout de suite passionnant, n’ayant pas son pareil pour décrire la vie de ces hommes vivant sur des terres qui changent de propriétaire mais sont leurs terres, là où ils ont toujours vécu et où ils sont exploités. Leur situation n’est pas sans rappeler celle de nos serfs du Moyen-Âge.

Andrés et ses deux sœurs quittent leurs parents pour aller travailler chez un nouveau maître, un commerçant, don Leonardo. Le jeune homme se révélant intelligent et curieux, son maître lui permet d’apprendre à lire et à écrire… quand il a fini son travail, bien sûr ! La vie d’Andrés change lorsque son maître le perd… au jeu. Le voilà maintenant obligé d’apprendre le très dur et difficile métier de charretier. Ainsi, il transporte des tas de choses à travers les montagnes par des chemins fort malaisés et dangereux. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir toute la société mexicaine des villages, une véritable leçon de vie. Surviendra enfin l’amour très protecteur d’Andrés pour Estrellita puis celui de Manuel, un autre charretier, pour Rosario. Nous découvrons alors l’état de la condition féminine au Mexique et toutes les horreurs vécues au quotidien par ces jeunes filles et ces femmes d’origine indienne. Si le Mexique a aboli l’esclavage, tout est diaboliquement organisé pour attacher les Indiens à leurs maîtres grâce au système des dettes dont il est impossible de se sortir. La corruption est reine aussi, à tous les niveaux.

La charretteest une belle et magnifique histoire d’amour, mais elle est également tragique. B. Traven est vraiment un auteur qui sait attacher son lecteur, un véritable régal.

 

Jean-Paul

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 23:01

Le rêve mexicain ou la pensée interrompue par  J.M.G. Le Clézio

  Gallimard, 1988, 273 pages.

 

J.M.G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature en 2008, nous fait comprendre ici tout le drame de cette confrontation entre deux rêves : le rêve d’or des Espagnols et le rêve des Mexicains basé sur des croyances anciennes. La magie et les dieux ne résisteront pas longtemps au désir de puissance et d’or.

L’auteur s’appuie sur le récit de Bernal Diaz del Castillo, soldat-témoin qui se mit à écrire ses souvenirs à la fin de sa vie. Bernal Diaz accompagna Hernán Cortés, terrible conquistador assoiffé d’or. Ainsi, au fil des pages, nous comprenons mieux ce qui s’est passé grâce à l’analyse que fait l’auteur du témoignage direct de ce qui fut le début de l’anéantissement d’une civilisation prestigieuse dont nous ne savons pas tout encore aujourd’hui. Alors les questions se posent. Que serait devenue la civilisation européenne sans cette destruction accompagnée d’une exploitation vertigineuse ?

Les rivalités, la guerre, la maladie et la famine ont tout anéanti. C’est une civilisation entière qui s’écroule. J.M.G. Le Clézio écrit : « Au lendemain de la catastrophe qui anéantit Mexico-Tenochtiltlan, le silence recouvre la dernière civilisation magique, ses chants, ses rites, ses paroles. Ce silence, c’est celui de la mort ou de la barbarie, comparable au sort de Rome au IVème siècle, mais plus étonnant encore, puisque cette civilisation est détruite en plein essor, au terme d’une conquête qui ne dure que quelques mois. »

S’appuyant sur le témoignage de Bernardino de Sahagun, l’auteur détaille les rites magiques des Indiens : le soleil, le feu, l’eau, le sang, la mort, les dieux, les rois et le peuple. Il reprend ensuite les mythes qui sont la base de la pensée indienne : les quatre directions du monde, la création-destruction, les mythes de la catabase (descente aux enfers), les métamorphoses et les contes populaires. Le livre se termine par un hommage à Antonin Artaud qui, en 1936, délivra un message révolutionnaire au Mexique puis l’auteur revient sur la pensée interrompue de l’Amérique indienne.

Le rêve mexicain est passionnant jusqu’au bout et riche en informations, allant bien au-delà des idées reçues.

 

Jean-Paul

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:01

La rébellion zapatiste  de Jérôme Baschet,

Flammarion en 2005, 324 pages.

 

Se référant au passé mythique du fameux héros de la révolte des paysans indiens du Chiapas dont il prit la tête en 1911, une nouvelle rébellion se fit jour en 1994 dans le sud du pays. C’est de l’histoire récente et ce livre est précieux pour les mises au point et précisions qu’il apporte.

Jérôme Baschet, maître de conférence à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, enseigne aussi à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas. Il rappelle bien entendu ces révoltes qui ont secoué le sud du pays 70 ou 80 ans auparavant, révoltes que décrit si bien B. Traven dans La révolte des pendus.

 

Quelques années avant la fin du siècle dernier, nous retrouvons donc le sous-commandant Marcos et la création de l’Ezln (Ejército zapatisto de liberación nacional). Cet ejército, cette armée, est destinée en fait à la guérilla. Elle s’inspire des mouvements sud-américains qui l’ont précédé : le Front sandiniste au Nicaragua et le Front Sarabundo Martí de libération nationale du Salvador. Le lancement de la rébellion, en 1994, a été précédé d’une période d’incubation de quelques années. Elle est motivée par l’extrême pauvreté des indigènes privés des terres qui leur ont été arrachées et leur volonté d’être associés à l’organisation de leur État qui possède des ressources naturelles : du pétrole, du bois, des mines et des terres fertiles.

 

Une organisation politique, le Fzln (Front zapatiste de libération nationale) est venu compléter l’action des révolutionnaires qui ne font pas de la prise du pouvoir leur but ultime. L’auteur étudie ainsi en détails le cheminement de la pensée de ceux qui se réfèrent à l’histoire du mouvement initié par Émiliano Zapata.

Une postface, écrite en 2005, complète et actualise cet ouvrage qui permet de comprendre que rien n’est définitivement réglé, là-bas, au Chiapas.

 

Jean-Paul

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 23:01

Poètes de Chiapas de Claude Couffon, Édition bilingue chez Caractères, traduction Claude Couffon, 2009, 96 pages.

 

 

Originaires du plus beau mais du plus méconnu des États mexicains, le Chiapas, ces quinze poètes nous sont offerts dans une édition qui a l’immense avantage d’être bilingue. Ainsi, le lecteur a la possibilité de comparer la version originale, en espagnol, sur la page de gauche, avec la traduction française assurée par Claude Couffon, un poète spécialiste de nombreux écrivains espagnols et latino-américains comme Federico Garcia Lorca, Miguel Hernandez, Rafael Alberti, Miguel Angel Asturias, Pablo Neruda, etc…

Dans ce précieux recueil de poèmes, Claude Couffon nous fait découvrir successivement Armando Duvalier (1914 – 1989), Rosario Castellanos (1925 – 1999), Juan Bañuelos (né en 1932), Eraclio Zepeda  (né en 1937), Elva Macias (née en 1944), Elsa Cross (née en 1946), Joaquin Vásquez Aguilar (né en 1947), Efrain Bartolomé (né en 1950, Socorro Trejo Sirvent (né en 1954, Marisa Trejo Sirvent (née en 1956), Marrirós Bonifaz (né en 1957), Gabriela Balderas (née en 1963), Juan Carlos Bautista (né en 1964) et Manuel  Cañas Dominguez.

 

En guise de mise en bouche, nous ne résistons pas au plaisir de vous offrir un petit poème de Marisa Trejo Sirvent qui vécut trois ans en France puis est devenue professeur de français dans sa ville natale. Elle donne sa vision de l’Europe, sous le titre Europa, texte écrit à Paris en 1981 :

 

Ante el asombro 

que provoca mi rostro moreno 

símbolo de barbarie, 

no me queda más que sonreír           
ante el punk, con cadenas,

las plumas de los sombreros bávaros,          
las botas americanas de los almanes,

la cara congelada del guardia real sueco,      
las limpias calles suizas                                
donde el subsuelo aguarda

la penúltima guerra. 

 

 

Devant l’étonnement

que provoque mon visage au teint brun,

et symbole de barbarie,

il ne me reste plus qu’à sourire

devant le punk avec des chaînes,

les plumes des chapeaux bavarois

les bottes américaines des Allemands,

la face congelée du garde royal suédois,

les rues propres de Suisse

où le sous-sol attend

L’avant-dernière guerre.

 

Jean-Paul

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:01

Continuons de découvrir les ouvrages consacrés au Mexique présents dans le fonds bibliothécaire du centre de détention et dont Jean-Paul offre la présentation dans le journal.

 

Mexique, Photographies : Pascale Béroujon, Miquel Dewever Plana et José Manuel Navia. Textes : Sandrine Gayet. Ouvrage publié chez Chêne en 2008, 270 pages.

 

Des couleurs mexicaines à l’art de la fête, ce splendide album des éditions du Chêne permet un fabuleux voyage dans un pays qui mérite d’être bien davantage connu afin d’aller au-delà des clichés et des raccourcis faciles. C’est un régal pour les yeux mais aussi pour l’esprit avec quelques textes fort soignés et des commentaires toujours bien choisis pour accompagner chaque photo.

« Dans cette multitude, il y aura toujours l’image de mon visage, celle des Mexicains, de peau sombre et de traits harmonieux, et leur élégance sans faille. » Carlos Monsivóis, dans Frida Kalho, Una vida, una obra.

En 1519, le conquistador Hernán Cortés et les soldats qui l’accompagnaient ont amené massacres, guerres, épidémies mortelles pour accaparer l’or, l’argent et de nouveaux territoires. En deux années, une civilisation vieille de trois millénaires a été anéantie. Les sites aztèques ou mayas mis à jour témoignent bien imparfaitement  de ce qui a précédé la colonisation puis le métissage d’Indiens et d’Espagnols pour donner le peuple mexicain mais l’on sait que l’on est loin d’avoir tout découvert encore.

« Tous nous sommes faits d’une même argile mais ce n’est pas le même moule. » ce proverbe qu’il faudrait mettre partout en exergue, ne peut être que mexicain et, au fil des pages de ce superbe livre, il faut prendre le temps de savourer chaque photo que des textes assez courts permettent de compléter agréablement. Au fil du voyage permis par cet ouvrage, vous n’aurez qu’une envie : aller un jour sur place découvrir par vous-même ce fabuleux pays. Si ce rêve ne se réalise pas, l’émerveillement restera quoiqu’il en soit si vous prenez la peine de consulter Mexique.

 

Jean-Paul

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 23:01

Décidée longtemps avant les récents problèmes concernant Florence Cassez, l’année du Mexique en France est déjà lancée. Ainsi le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de l’Hérault vient de doter la bibliothèque de la Maison d’arrêt d’un joli lot de livres qui vont bientôt être mis à la disposition de tous les lecteurs. Romans, poèmes, albums documentaires, l’ensemble est très varié et permettra d’effectuer une découverte passionnante d’un pays qui mérite d’être davantage connu pour aller au-delà des clichés et des raccourcis simplistes servis quotidiennement par les médias. Après nous avoir présenté La Révolte des pendus de B. Traven, Jean-Paul nous propose un détour par les cuisines de ce pays nord-américain.

 

Cuisine du Mexique de Zilah de Jésus et Alondra Ramirez publié chez Edisud en 2010

 

Voici un livre de recettes, simples et sûrement efficaces, permettant de confectionner ces antojitos (petits caprices) parfumés, appétissants et colorés. Ces en-cas sont servis avec des tortillas, le pain des Mexicains. Il est possible aussi de réaliser des tamales, ces papillotes d’origine préhispanique. Quant aux huevos (les œufs), ils se mélangent avec quantité d’ingrédients, faisant partie intégrante du petit-déjeuner mexicain. Il y a aussi los salsas (les sauces), los frijoles (les haricots) classiques de la routine culinaire au Mexique et los pescados y frutas de mar (poissons et fruits de mer) que l’on laisse macérer dans du jus de citron et que l’on appelle alors ceviches, une spécialité des régions côtières de l’Amérique latine.

Ici, point de splendides photos en couleurs mais une recette sur chaque page avec une disposition très pratique complétée souvent par un petit commentaire instructif et quelques croquis.

 

Bon appétit !

 

Jean-Paul

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 23:01

Jean-Paul nous propose une nouvelle fois sa vision sur l'actualité internationale dont les sujets gravissimes ne cessent de s'accumuler.

 

Incertitudes (Éditorial du 15/04/2011)

Sur tous les terrains où l’actualité de notre planète est susceptible d’attirer notre attention, l’incertitude règne. Un rien peut faire basculer à tout moment les choses vers un apaisement ou vers l’horreur. Nous constatons, une fois de plus, que l’homme n’a pas son pareil pour se déchirer et s’accrocher coûte que coûte à la moindre parcelle de pouvoir. Certains n’hésitent pas à sacrifier nombre de leurs semblables pour arriver à leurs fins ou pour accroître toujours plus leurs profits.

En Côte d’Ivoire, on tue, on massacre des innocents parce qu’un homme a refusé d’abandonner le pouvoir après avoir été devancé aux élections. Les révolutions qui s’opèrent sous nos yeux dans plusieurs pays arabes donnent des leçons aux Européens englués dans leurs habitudes et vivant repus sur un passé, parfois glorieux, souvent piteux, doutant jusqu’au bout des capacités d’autres peuples de renverser l’ordre établi.

Un évènement chassant l’autre, nous ne devons pas oublier les Tunisiens qui doivent reconstruire sur le champ de ruines laissés par Ben Ali et sa famille. Ce qui se passe en Libye bouleverse l’équilibre du sud tunisien parce que beaucoup de monde fuit les zones de conflit sans pouvoir trouver une solution stable dans un pays qui aurait, au contraire, besoin de calme et de tranquillité. Le tourisme reprend doucement mais les augmentations de salaire, logiquement attribuées ces dernières semaines, commencent à donner des idées de délocalisation aux financiers en recherche constante de profits maximums.

En Egypte, les choses ne sont pas simples non plus mais semblent prendre un chemin encourageant avec des élections libres à brève échéance. En Libye, la résistance forcenée de Mouammar Kadhafi cause de terribles ravages dans une population qui paie comptant sa soif de pouvoir. Les forces de l’Otan bombardent et seuls les marchands d’armes se frottent les mains.

En Syrie, Bachar Al-Assad, promet des réformes mais il a déjà fait tirer sur la foule et la souffrance et la mort ont frappé aussi. En Jordanie, le roi Abdallah II s’est engagé à ne pas faire obstruction aux réformes nécessaires. En Algérie, nous entendons parler de manifestations mais ce n’est pas encore la crise politique comme au Yémen, dans le sultanat d’Oman ou dans le royaume de Bahreïn. Incertitudes toujours…

Enfin, comment ne pas évoquer la catastrophe nucléaire de Fukushima où rien ne peut nous rassurer, la situation étant encore loin d’être maîtrisée. Tepco qui gère cette centrale parle maintenant de vider 11 000 tonnes d’eau irradiée dans la mer alors que la radioactivité de cette eau est cent fois supérieure à la dose tolérable…le pire n’est peut-être pas là mais nous n’en sommes pas loin.

 

Les chiffres de la semaine

 

2 % des demandes d’adoption sont satisfaites en France.

 

61 départements sur  101 sont dirigés par la Gauche.

 

5 départements français seulement sont présidés par une femme.

 

828 mètres, c’est la hauteur de la tour escaladée à Dubaï par Alain Robert.

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 23:01

Au lendemain de la première condamnation de Jean-Paul Degache, en 2007, sa famille et ses proches accusent le coup. Ils ont tendance à refaire le procès et à se demander ce qu’ils ont raté.

 

C’est lors d’une conversation comme celle là que le frère de Jean-Paul, kinésithérapeute sur Sarras évoque une phrase d’une des accusatrices les plus virulentes qui, pour appuyer ses propos à la barre avait déclaré que le traumatisme était si grand qu’elle ne pouvait, depuis que son ancien instituteur était censé lui avoir fait subir les pires outrages lorsqu’elle avait 10 ans, aller voir un praticien homme et n’allait voir que des femmes.

 

Un tel argument est forcément déterminant pour un jury qui balance entre les prises de paroles des uns et des autres. La défense ne l’a pas noté, seul son frère en parle désormais : « mais cette fille, elle m’a consulté des dizaines de fois bien après son passage dans la classe de Jean-Paul ! » Il ajoute se souvenir que deux autres des plus virulentes accusatrices de Jean-Paul ont fait de même…

 

Quel désaveu pour l’accusation ! Une jeune femme qui accuse son ancien instituteur de viol et qui assure à la barre ne pas pouvoir être examinée par un homme est allée se faire manipuler plusieurs dizaines de fois par le propre frère de son bourreau présumé !

 

Deux autres accusatrices particulièrement agressives sont dans le même cas…

 

On répond à Jacques que peut-être n’avait-elle pas le choix… après tout, Sarras est un village ardéchois pas forcément très grand et les kinés n’y sont peut-être pas nombreux…

 

Et bien non… à l’époque une femme  faisait partie du cabinet de kinésithérapie… rien de plus simple, pour quelqu’un qui ne voulait pas se faire manipuler par un homme de trouver une praticienne au même endroit !

 

Il s’agit donc là d’une omission importante - on oserait parler de parjure si les accusatrices n’étaient pas si promptes à porter plainte à tout va - qui n’a malheureusement pas eu l'impact attendu lors du procès en appel.

 

Mettons-nous un instant à la place de ces femmes qui accusent leur ancien instituteur… Irions-nous des dizaines de fois chez le frère de cet instituteur se faire manipuler ? Et surtout, irions-nous répéter à la barre à quel point cette perspective est inenvisageable ?

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 07:22

Ceux qui ont suivi les procès de Jean-Paul se sont tous posés la question : comment 12, puis 15 jurés en appel ont-ils pu envoyer un homme en prison pour 8 années ? En se posant la question, on se souvient de ce qui nous avait paru être une obsession : l’attente, par les avocats, du nom de la personne qui présiderait les débats. Au fond de nous, nous nous demandions si vraiment c’était si important que cela…

 

Et puis Jean-Paul a été condamné deux fois, donc on se pose la question : les 3 juges professionnels, et celui qui assure la présidence en particulier influencent-ils les votes des jurés ?

 

Alors forcément, les avocats ne vont pas nous dire, à la fin du procès que Jean-Paul a été condamné à cause des juges professionnels du jury. Il faudrait, pour cela, que les jurés eux-mêmes puissent expliquer la teneur des débats. Et pourtant, ceci est illégal, et peut même être puni de prison. Les jurés doivent prêter serment et s’engager à ne rien divulguer.

 

C’est pour cela que l’on ne peut que louer le courage de Thierry Allègre, qui fut juré lors d’un procès en appel pour des faits supposés de viol sur mineur et qui brise le serment qu’il a passé en racontant sa version du secret de la délibération.

 

Dès la fin du procès, ils se réunissent à huis clos… et « La présidente a procédé à un premier tour, à mains levées. Et là : seulement huit personnes ont voté la culpabilité. Trois ont dit : « Je ne sais pas. » Et quatre ont voté l’innocence. La présidente a qualifié ça de « moment d’égarement » et elle s’est mise à nous parler, à bâtons rompus, de sa propre vie. Elle a évoqué d’autres dossiers. Elle essayait, à coup d’anecdotes, d’orienter notre vote. On se regardait, sans savoir trop quoi faire. »

Evidemment, à un moment, on imagine que les jurés ont réagi face à une telle attitude : « Un juré l’a interrompue. « Là, vous allez trop loin. Vous cherchez à nous orienter », a-t-il dit. Moi, je commençais à bouillir. Mon voisin, qui avait pourtant voté la culpabilité, m’a poussé du coude. « Vous êtes en train de nous dire qu’il est coupable! » ai-je lancé. Une heure plus tard, on a procédé au « vrai » vote. Et là, les trois indécis ont opté pour la culpabilité. J’étais abasourdi. « On peut faire condamner quelqu’un sur un dossier vide », me répétais-je »

 

Vient ensuite la décision sur la peine à infliger : « Les tours de vote ont commencé. Les trois juges insistaient pour qu’on inflige de la prison ferme. Ils voulaient que la peine en appel ne soit pas plus basse qu’en première instance. J’ai mouillé la chemise pour essayer de convaincre les jurés. Sur les douze, on était seulement trois à parler et les juges étaient mes principaux adversaires. Après des discussions infinies, on est tombé d’accord sur cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Une peine absurde. S’il est coupable, il doit prendre davantage. S’il est innocent, il doit être acquitté. »

 

A lire ce compte-rendu, on ne peut pas éviter de faire le parallèle avec l’affaire de Jean-Paul qui est condamné strictement à la même peine en appel pour une affaire de viol sur mineur. Et si les débats avaient été les mêmes ? et si les jurés n’avaient pas eu la possibilité de s’exprimer librement ?

 

A l’heure où le Conseil constitutionnel vient de déclarer qu’il n’était pas nécessaire aux jurys d’assises de justifier leurs verdicts, la lecture du témoignage de Thierry Allègre est forcément évocatrice.

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:01

Nous continuons aujourd'hui la série d'articles consacrée aux courriers envoyés par Jean-Paul et reçus au centre de détention de Villeneuve-lès-Maguelone. C'est l'occasion d'avoir de ses nouvelles sur son état d'esprit, sa santé mais également sur les différentes activités qu'il peut pratiquer.  Cette publication est rendue possible grâce aux nombreuses personnes qui nous envoient par mail leurs extraits et nous les remercions une nouvelle fois.

 

Extrait de la lettre de Jean-Paul à Anik et Daniel datée du 11 mars 2011

 

Mes très chers amis,

 

C’est un véritable régal de recevoir de vos nouvelles parce que, à chaque fois, le plaisir est double grâce à vos deux lettres. Merci ! Tu as été le premier, Daniel, parmi mes anciens élèves, à m’écrire pour ces 400 jours d’horreurs imposée si injustement. Quand Simon m’a parlé de cette opération, je lui ai dit que c’était une bonne idée. En fait, parmi les lettres reçues, une seule provenait d’un ancien élève qui m’écrivait pour la première fois. Et cela m’a profondément touché.

 

Comme A., je ressens un peu la même chose lorsque le panneau des otages paraît à la télévision. Malgré tout, je me dis que je n’aimerais pas connaître leurs conditions de vie qui doivent être très dures. En ce qui concerne le pourvoi en cassation, c’est la seule possibilité qui me restait pour montrer à l’institution judiciaire que je n’acceptais pas d’être condamné parce que je suis INNOCENT. Mon espoir, bien faible, c’est que la principale accusatrice reconnaisse enfin qu’elle a menti en expliquant pourquoi !

 

Ici, pour tenir le coup, j’essaie de profiter au maximum des activités proposées par le centre scolaire. Avec le journal et les cours de langue, j’ai pu ajouter un atelier d’écriture et un atelier théâtre. Ces activités sont d’autant plus intéressantes que ceux qui participent sont des gars bien. J’ai pu également m’inscrire à un cours de yoga qui dure une bonne heure. Je n’en ai jamais fait et j’ai eu un peu de mal à bien tenir les positions mais je sens que ça s’améliore. Enfin, comme vous avez dû lire, on m’a emmené au CHRU pour un scanner. Maintenant, j’attends les résultats pour être enfin rassuré et tranquille. Le problème, c’est que ce qui se ferait normalement dans le monde libre, prend ici des proportions désagréables.

 

Sinon, vendredi et samedi derniers, j’ai pu revoir Emma et Jeanne, mes petites-filles et le temps a filé à une vitesse prodigieuse. Demain, je revois Ghislaine et Vincent. Ces visites me font un bien fou.

 

Je vous embrasse bien fort.

 

Jean-Paul

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