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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:12

L'étourdissement   par   Joël Egloff

Buchet-Chastel (2004) - Folio (2006) 140 pages

 

Après avoir rencontré Joël Egloff au 34éme Festival International du 1er film à Annonay (Ardèche) qui présentait en compagnie de Gérard Pautonnier, le réalisateur, le film : "GRAND FROID" (le scénario de ce film est inspiré du livre de Joël Egloff "Edmond Ganglion et fils"), j'ai eu très envie de relire L'étourdissement de ce même auteur. J'avais déjà lu ce livre ( Prix du livre INTER 2005) lors de sa parution.

 

C'est un superbe bouquin à l'humour irrésistible et d'une réelle poésie.
L'auteur décrit le quotidien d'une micro-société coincée entre un abattoir et un aéroport. Malgré les horreurs de la société industrielle poussées à l'extrême, le narrateur reste debout et digne quoiqu'il advienne.

 


C'est un roman sombre qui se déroule dans un décor sinistre, glauque, lugubre, morose, déprimant. Pourtant, la lecture de " L'étourdissement " nous emballe, nous fait rire, nous séduit, nous bouleverse... Je l'ai lu d'une seule traite!

 


Humour et poésie décrivent à merveille ce roman. Un petit bijou !

Ghislaine

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:32

7   par   Tristan Garcia

nrf – Gallimard (2015), 569 pages.

Prix du livre Inter 2016

 

Récompensé, avant l’été, par le Prix du livre Inter 2016, 7 est « un livre hybride » comme le reconnaît Tristan Garcia, son auteur. Personnellement, je l’ai trouvé très long à lire avec des développements peut-être utiles mais rendant la lecture fastidieuse…

7 romans se succèdent, semblent indépendants mais ont en commun un sens de la fiction très développé. Évoquons-les le plus succinctement possible.

 

Hélicéenne nous emmène dans le monde de la drogue, une drogue miracle qui permet de retrouver ses années passées. Le style est vif, prenant, enjoué et l’auteur montre comment jeune on aspire à être adulte et comment adulte, on regrette la jeunesse. « Une nouvelle drogue attire toujours du monde » et son succès est foudroyant avec des conséquences de plus en plus inquiétantes.

 

Les rouleaux de bois m’a paru complètement artificiel et m’a bien peu intéressé, même si l’on comprend que les morceaux de musique ont sûrement tous préexistés et qu’aucun compositeur ne crée réellement quelque chose de nouveau.

 

Sanguine qui est le nom du top-modèle de cette histoire, traite de la beauté et de la laideur et nous emmène à Mornay, une commune que nous retrouverons dans La Septième« …les quelques hommes heureux qui l’avaient déshabillée revenaient sans cesse, comme de petits garçons perdus, vers son visage… Étrangement, son con et son cul les excitaient moins. » Quand elle rencontre Ossian, un homme défiguré, un drôle de jeu commence entre eux.

 

La Révolution permanente nous attache aux pas d’Hélène, la soixantaine, qui vient de quitter le PC, et son mari, militant convaincu, ne l’a pas retenue. Elle se souvient et compare le monde dont on rêve et ce qu’il devient. Ici encore, l’auteur fait place au rêve, à un ailleurs qui permet de vivre dans le passé ou le futur.

 

L’Existence des extraterrestres suit une drôle de famille avec Moon, un enfant qui tente de comprendre le jeu auquel se livre son grand frère, Marlon et sa copine, Anaïs. Ils font partie d’une sorte de secte et font disparaître ceux qui ne veulent plus les suivre dans leur délire sur les extraterrestres : les dieux, comme les extraterrestres n’existent que pour ceux qui y croient.

 

Hémisphères est la nouvelle la plus courte et sûrement la plus instructive car elle révèle ce que peut devenir un monde dans lequel chaque groupe politique, religieux intégriste, secte… s’isole. Ne restent plus que les universalistes qui ont bien du mal à gérer tout ça.

 

Enfin, nous voici à La Septième qui va dérouler 7 vies pour un narrateur livrant bien des enseignements sur les choix que nous aurions pu faire au cours de notre existence. Il y a Fran, cet ami mystérieux qui possède le fameux élixir permettant d’arrêter le saignement de nez révélateur de l’immortalité et surtout Hardy, le seul véritable amour du héros. D’abord à l’Office français des réfugiés politiques, il est ensuite savant de renommée mondiale titulaire du Prix Nobel de médecine à 35 ans. Une troisième vie le confronte à la guerre et cela fait penser à ce qui se passe en Syrie et en Irak. Dans la suivante, il est une sorte de « petit Christ de province », un gourou suscitant un véritable culte pour, lorsqu’il revit, tenter de passer une vie ordinaire avant que la septième ne le ramène enfin à l’état de mortel.

 

Ce dernier récit aurait pu constituer un seul roman mais Tristan Garcia a choisi de publier ces nouvelles ensemble car, tout en alliant un côté fantastique évident, elles apportent une réflexion salutaire sur le monde dans lequel nous vivons.

Jean-Paul

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 15:14

Tuez qui vous voulez    par   Olivier Barde-Cabuçon

Actes noirs – Actes Sud (2014), 378 pages.

 

Nous sommes à Paris, trente ans avant la Révolution de 1789, en pleine période de Noël. Il fait froid mais la foule se presse dans les rues principales de la ville et sur les quais de la Seine car le roi donne un grand feu d’artifice.

 

Un faux moine se faufile dans une ruelle mais il est agressé et égorgé. Sa langue a été tranchée et il avait sur lui une lettre en russe… Prévenu, le commissaire aux morts étranges, Volnay, est sur les lieux avec sa compagne, L’Écureuil. Son supérieur, Sartine, lieutenant-général de police, est présent aussi lorsque passe une bande de fêtards dont l’un d’eux n’est autre que le père de Volnay, déguisé lui aussi en moine, qui montre ses fesses à Sartine !…

 

Ce polar prérévolutionnaire commence donc très fort. Une affiche annonce « La fête des Fous », manifestation interdite car le pouvoir craint des émeutes. « Paris est une ruche géante et bourdonnante » qui compte 600 000 habitants lus les étrangers.

 

Ce meurtre est le troisième en quelques jours et les trois victimes ont entre 20 et 25 ans. Olivier Barde-Cabuçon nous emmène sur les traces de Volnay père et fils, à la recherche du ou des assassins. Le plus difficile est d’éviter les fausses pistes qui sont nombreuses mais cette recherche donne l’occasion à l’auteur de nous plonger dans la vie du peuple de Paris qui est dans la misère, ce qui contraste beaucoup avec le train de vie des privilégiés.

 

Ainsi, nous faisons connaissance avec les convulsionnaires, inspirés par le jansénisme dont l’origine est bien rappelée. Exaltés, hystériques, certains vont jusqu’à supplicier, surtout des femmes, volontaires pour endurer les mêmes souffrances que le Christ.

 

Au passage, il faut éviter un pot de chambre vidé par une fenêtre sans crier gare, découvrir le petit métier de décrotteur qui consiste à aider les gens à traverser la rue sans se salir, croiser de nombreuses prostituées et se méfier de tout le monde car les mouches pullulent. Ces mouchards sont bien utilisés par Volnay et son père qui tentent de travailler de la manière la plus objective possible, utilisant même les connaissances scientifiques de l’époque pour faire avancer leur enquête.

 

Au passage, un renseignement sanitaire mérite d’être noté : « Dans les cabarets et les tavernes, il est moins risqué de boire une saine piquette que l’eau noirâtre qu’ils servent. » L’auteur nous emmène aussi chez un apothicaire très performant, dans une librairie que fréquente le chevalier d’Éon, personnage important de l’histoire qui permet aussi de croiser Choiseul, le ministre des affaires étrangères.

 

Au final, Volnay fera toute la lumière sur ces meurtres mais ce livre aura été l’occasion d’une drôle d’aventure dans une vie parisienne très dense où bouillonnent déjà les idées qui permettront de renverser le pouvoir royal, un peu plus tard.

Jean-Paul

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:46

L’intérêt de l’enfant   par   Ian McEwan

Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon (titre original : The children act)

nrf Gallimard (2015), 231 pages.

 

Tout au long du livre, nous nous attachons aux pas de Fiona Maye, juge aux affaires familiales, et nous partageons sa vie professionnelle, comme sa vie intime. Nous sommes à Londres, en été, et il pleut.

 

Alors que Fiona est complètement absorbée par les affaires sensibles et très délicates sur lesquelles elle doit se prononcer, Jack, son mari, 60 ans, est tenté par une aventure avec une femme de 28 ans. Il quitte le domicile conjugal avec sa valise.

 

Même si elle est perturbée par ce qui lui arrive, elle doit trancher dans un conflit opposant un couple membre d’une communauté ultra-orthodoxe. Les parents se déchirent à propos de l’éducation à donner à Rachel et Nora, leurs filles. Faut-il les cantonner à la maison pour élever leurs futurs enfants ou les laisser faire leurs études comme le veut leur mère ?

 

Le drame des deux siamois qu’il faut opérer afin d’en sauver un alors qu’ils vont mourir si on les laisse en l’état, l’oblige à prendre une nouvelle décision très délicate. Pendant qu’elle relit les rapports préparés, sa situation personnelle perturbe sa réflexion mais une affaire urgente va constituer la trame du livre : un garçon de 17 ans luttant contre la leucémie, doit être transfusé mais il refuse, comme ses parents. Ils sont Témoins de Jéhovah. Comme dans toutes les affaires familiales où elle intervient : « Elle statuerait sur ce qui avait commencé dans l’amour et se terminait dans la haine. »

 

Dans la dure solitude du réveil, elle trouve le silence de Jack « cruel et choquant » mais l’audience à propos du jeune Adam l’absorbe vite. On rappelle que ce refus des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah est une décision prise par un Collège central basé à Brooklyn, en 1945… L’assistante sociale insiste : « Un enfant ne devrait pas se laisser mourir au nom d’une religion. »

 

Quand elle décide d’aller voir Adam à l’hôpital, l’histoire prend une autre envergure. Alors qu’il se condamne à mourir, il apprend à jouer du violon : « Apprendre le violon ou tout autre instrument était un acte d’espoir, de foi en l’avenir. » Aussi, Fiona se réfère au Children act de 1989 qui met d’abord en avant l’intérêt de l’enfant.

 

Ian McEwan (photo ci-contre), ensuite, nous promène un peu en Angleterre. Fiona retrouve ses souvenirs d’ado à Newcastle et l’auteur décrit les rapports entre les gens qui constituent l’institution judiciaire, leurs jalousies, leurs problèmes, leurs soirées, leurs goûts musicaux comme lors de ce concert de Noël à Great Hall.

 

Toujours sous la pluie, Fiona qui décide, qui tranche dans la vie des gens, comme ses collègues, en vient à constater une chose essentielle : « Elle croyait que ses responsabilités s’arrêtaient aux murs de la salle d’audience. »

Jean-Paul

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:33

Le Niçois   par   Joann Sfar

Michel Lafon (2016), 279 pages.

 

Quelques semaines avant que paraisse Comment tu parles de ton père, Joann Sfar a publié Le Niçois, un livre dont on a peu parlé et qui contient pourtant aussi quelques pages émouvantes mettant en scène André Sfar, son père.

 

Cette histoire un peu folle, souvent burlesque et truculente pourrait être traduite en bande dessinée, ce qui serait assez jouissif avec un tel auteur. En attendant, elle se lit bien et offre un bon moment de détente. Quand elle a été écrite, pour donner une autre image de Nice, elle ne pouvait tenir compte du drame qui a endeuillé la ville et la France le soir du 14 Juillet 2016.

 

Bien que le héros se nomme Jacques Merenda, on pense tout de suite à Jacques Médecin (1928 – 1998) qui fut maire de Nice de 1965 à 1990 et dut fuir en Uruguay pour tenter d’échapper à la justice qui le poursuivait pour corruption.

 

Dans l’avant-propos, Joann Sfar prévient que son livre n’est pas une enquête sur l’ancien maire de sa ville mais qu’il parle de l’univers de Jacques Merenda. Ainsi, son texte est émaillé de nombreuses phrases bien senties et tellement justes : « Le Niçois, depuis toujours, payait en liquide. Cette arme l’avait sauvé tant de fois. » Un peu plus loin, il avoue : « Je ne peux pas être raciste ! J’aime tous les individus inscrits sur les listes électorales. »

 

Loin de la France, Merenda n’a qu’une obsession : revenir à Nice car il ne supporte plus cet exil fiscal. Seulement, Christian Lestrival, le maire actuel, ancien champion motocycliste, qu’on appelle Le Pitchoun, ne veut pas de ce retour. «Il n’aura pas l’investiture du RPR. Enfin, de l’UMP, enfin, des Républicains. Qu’est-ce qu’ils peuvent être cons à changer de nom tout le temps ! Le PS et la Vache qui rit ont le même label depuis longtemps et c’est plus simple pour l’usager. »

 

Jacques Merenda va chercher le soutien du Docteur Bouchoucha, chef de la délégation communiste du conseil municipal, à qui il promet de faire bien plus que les 4 % obtenus à chaque élection… Zéphyrin Éloïse Nguesso, orphelin béninois, élevé à Nice, avocat brillant mais noir et donc sans travail, est recruté par Lestrival mais se retrouve aux côtés de Merenda.

 

Ensemble, ils vont chercher André Sfar, à l’hôpital SR Roch. Merenda veut son ancien adjoint au domaine communal qui lutte depuis quinze ans contre la maladie de Parkinson. André Sfar n’a pas oublié qu’il s’était allié à Merenda pour combattre le FN mais celui-ci a reçu JM Le Pen à la mairie…

 

Ils se rendent dans le quartier de l’Ariane où Merenda n’a jamais mis les pieds. André Sfar a vu se dégrader tout l’encadrement social : « En les entassant dans les mêmes quartiers, on avait appris aux Maghrébins à haïr les Maghrébins… des habitants victimes d’un racisme sanguinaire dès qu’ils mettaient un pied en centre-ville. »

 

C’est un débat organisé par le Front de Gauche entre Edwy Plenel et Tariq Ramadan qui motive la venue de Merenda, Bouchoucha, Zéphyrin et Sfar mais Ramadan n’est pas là et le débat va se focaliser entre l’ancien maire et le journaliste…

 

Pendant ce temps, Lestrival tente de pousser les néonazis à intervenir. Après un passage chez les parrains niçois et de précises descriptions de la ville, laissons au lecteur découvrir une chute surprenante pour cette histoire pas aussi rocambolesque que cela.

Jean-Paul

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 14:49

D’après une histoire vraie    par   Delphine de Vigan

JC Lattès (2015), 478 pages.

Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens 2015

 

Après le succès remporté par Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan réussit une nouvelle prouesse littéraire, traitant à la fois de sa vie et des tourments d’une auteure devant la page vide et de son rapport avec la réalité.

 

En trois grandes parties, Séduction – Dépression – Trahison, l’auteure raconte sa vie avec L., cette femme dont on ne saura jamais le nom et qui n’a pas son pareil pour effacer toute trace de son passage, nous poussant même à douter de son existence réelle.

 

Avec beaucoup de sincérité, Delphine de Vigan confie son refus des étiquettes « comme des poulets sous cellophane » puis culpabilise après avoir refusé une dédicace à une lectrice retardataire, au Salon du livre, alors qu’elle est épuisée et va rencontrer L. « Le succès d’un livre est un accident dont on ne sort pas indemne, mais il serait indécent de s’en plaindre. »

 

Elle nous parle aussi de François, « l’homme qu’elle aime » mais dont elle ne partage la vie que très épisodiquement. Elle veut écrire un nouveau roman mais n’arrive pas à se décider. Ses débats avec L., leurs brouilles, leurs réconciliations permettent au lecteur de mieux appréhender tous les tourments vécus par celui ou celle qui veut écrire. Faut-il s’inspirer de la réalité ? Faut-il suivre cette mode des faits réels ?

 

Cette fameuse amie mystérieuse est là : « L. exerçait sur moi une douce emprise, intime et troublante dont j’ignorais la cause et la portée. » De menaçantes lettres dactylographiées lui arrivent et finissent d’apporter le trouble. Ses deux enfants, Louise et Paul, bac en poche, quittent le domicile où elle vit seule avant que L. la rejoigne pour empiéter encore plus sur sa vie.

 

Malgré toute sa bonne volonté, elle s’enfonce : « Écrire devenait un combat. » L. lui devient indispensable et s’occupe de tout, la sauvant de l’étouffement mais lui reproche d’ « aimer un homme qui passait son temps à recevoir et louanger d’autres écrivains… », allant jusqu’à la « comparer à une institutrice qui aurait choisi de vivre avec un inspecteur d’académie. »

 

L. étant censée écrire des biographies de gens célèbres sans que son nom apparaisse, elle se fait chiper celle de Gérard Depardieu par Lionel Duroy puis elle remplace Delphine de Vigan (photo ci-contre) dans un lycée de Tours pour une rencontre avec des élèves, se chargeant aussi d’envoyer un courriel à tous ses amis pour leur demander de la laisser tranquille parce qu’elle écrit.

 

Une chute dans un escalier va précipiter les choses et faire enfin éclore cette trahison, laissant le lecteur en suspens entre réalité et imaginaire, ce qui est finalement le lot de tout roman : « Même si cela a eu lieu, même si quelque chose s’est passé qui ressemble à cela, même si les faits sont avérés, c’est toujours une histoire qu’on se raconte. On se la raconte. »

Jean-Paul

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 10:08

Pas exactement l’amour    par   Arnaud Cathrine

Éditions Verticales (2015), 245 pages.

 

Au travers de dix nouvelles, Arnaud Cathrine (photo ci-jointe) parle d’amour avec beaucoup de talent et de tendresse. Si le texte qui ouvre le livre, lui a donné son titre, chaque nouvelle apporte un complément intéressant, un éclairage nouveau et des émotions différentes mais il est vrai que Pas exactement l’amour, le premier récit, laisse une porte ouverte à d’autres perspectives beaucoup plus optimistes que ce qui est relaté car c’est « la fin d’une démence pour lui et la fin d’une attente pour elle. »

 

 

« Mylène n’avait pas eu cette indulgence aimante : elle l’avait jeté d’un coup d’un seul, comme l’on se débarrasse d’un jouet dont on s’est lassé. » Cette Mylène qui fait toujours rêver Hervé, nous en apprenons l’identité un peu plus tard. Suit Une erreur de jeunesse, la nouvelle la plus prenante, angoissante aussi avec ces retrouvailles entre deux amis dont l’un refuse même de se souvenir de cet « amour de jeunesse » ou, selon qui parle : « une erreur de jeunesse. »

 

 

J’attendrai présente deux points de vue différents d’une même situation. Ce genre de récit est toujours étonnant et particulièrement instructif sur la façon dont nous pouvons voir les choses. Chacun compatit devant les soucis supposés de l’autre et chacun fait fausse route… ou presque.

 

 

Laissant découvrir au lecteur les autres nouvelles, il faut quand même parler de Simona. Raphaëlle parle de sa rencontre, dans le métro, avec Simona, son grand amour qui l’a quittée il y a cinq ans. Toujours amoureuse d’elle, elle est fortement troublée alors que, le soir-même, avec Nicole, sa compagne, elles doivent annoncer leur prochain mariage à la mère de celle-ci. Raphaëlle se confie, avoue tout mais la chute est très dure.

 

 

Ainsi, d’une histoire à l’autre, Arnaud Cathrine parle de l’amour, des amours, des joies, des déceptions, des ruptures et, si ne n’est pas exactement l’amour, cela y ressemble beaucoup.

Jean-Paul

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 18:18

Aujourd'hui, notre ami Paul Jamet a été inhumé à Arras-sur-Rhône, son village natal où il a passé l'essentiel de sa vie en se donnant à fond pour aider les autres. Toujours à nos côtés, dans les moments les plus difficiles, il m'avait dédicacé son livre présenté sur le blog le 23 mai 2013, chronique que vous pouvez retrouver ci-dessous.

Avec notre amitié la plus sincère à Marcelle, son épouse, et à toute sa famille.

Jean-Paul

Arras-sur-Rhône et son histoire

(Réflexions sur le passé et le présent de notre village) par Paul Jamet

Édité par l’ASPECT (Association de Sauvegarde du Patrimoine et de l’Environnement Culturel et Touristique d’Arras-sur-Rhône)

 

Témoigner de l’histoire de son village est une tâche noble, un travail difficile auquel Paul Jamet a toujours consacré beaucoup d’énergie et de passion. Le résultat de ses recherches et de ses expériences est contenu dans ce recueil édité par l’Aspect, une association créée en 1984 par Roland Lévêque à laquelle on doit la restauration et la mise en valeur de la Tour qui surplombe le village et lui donne un caractère unique.

 

Au fil des pages, le lecteur découvre les transformations d’un village passant d’une structure héritée d’une France essentiellement rurale à une modernité que l’aménagement du barrage par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a définitivement marquée de son empreinte.

 

Lieu de passage le long du Rhône, le site d’Arras tirerait son nom du latin aerarium (trésor public), aeris signifiant monnaie. La découverte de pièces de monnaie à l’effigie de Vespasien et de Titus, la présence de bornes milliaires romaines prouvent que le lieu était assez sûr pour y entreposer l’argent destiné à payer les légionnaires romains. Son vieux moulin dont la roue à aubes est bien conservée, tout près du Vieux Pont permettant à la Voie Royale d’enjamber l’Ozon, sont, avec la Tour, de précieux témoignages du passé.

 

Paul Jamet nous raconte la Viguerie d’Arras, l’histoire des trois ponts, la légende du Cavalier noir, l’évolution de l’école, l’entretien de l’église et le « feuilleton » du presbytère, le développement du Foyer municipal, les transformations de la mairie, etc… Tout est parfaitement daté, bien présenté et parfaitement détaillé. L’auteur qui fut Secrétaire de mairie, de 1953 à 1987, n’oublie pas la création des places publiques, l’évolution de la voirie communale et le cadastre. Les transformations dans la vie agricole de la commune permettent de constater qu’en 50 ans, l’accélération de cette évolution a été plus rapide que pendant les dix siècles précédents. Le calendrier des travaux agricoles permet de voir passer toute la vie des habitants, loisirs compris. L’arrivée de la voie ferrée coupe la plaine en deux. Très demandée, la gare est inaugurée en 1897 alors qu’un demi-siècle auparavant, la construction de la RN 86 avait déjà facilité les déplacements. L'élevage a laissé la place aux arbres fruitiers puis la vigne, avec la zone d’appellation Saint-Joseph, retrouve toute sa place et donne leur chance à de jeunes agriculteurs.

 

Paul Jamet n’oublie pas le sport et cette première équipe de basket dont il fit partie. Sous l’impulsion de Paul Chancrin qui fut, plus tard, maire de 1959 à 1989, le tennis de table démarre en 1948 et prend un bel essor. Jeannette Chancrin, son épouse lancera, en 1977, un groupe de théâtre au sein de l’Amicale Laïque, groupe qui deviendra les Baladins de la Tour, une troupe de danses traditionnelles très appréciée partout où elle se produit. L’on constate ainsi le dynamisme de la vie culturelle locale dans un village qui a su réagir face au déclin démographique, n’oubliant pas de développer une bibliothèque municipale ouverte au public depuis le 12 avril 1988.

 

Il serait trop long de citer tous les détails qui ont attiré notre attention au cours de la lecture de cet ouvrage offert par le Comité de soutien et que Paul Jamet a dédicacé avec beaucoup de sensibilité et toute l’humanité qui le caractérise. Je tiens à remercier le C.S. et l’auteur pour leur délicate attention mais je n’oublie pas de souligner que le personnage principal de cet ouvrage est, peut-être, le Rhône… car de nombreuses pages lui sont justement consacrées.

 

Pour tout savoir, il faut absolument se lancer dans la lecture de « Arras-sur-Rhône et son histoire », de Paul Jamet.

Jean-Paul

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:12

Le Livre des Baltimore   par   Joël Dicker

Éditions de Fallois (2015), 475 pages.

 

Pratiquement jusqu’au bout de ce livre, Joël Dicker (photo ci-dessous)l’auteur cite ce Drame, avec un D majuscule, et tente d’amener son lecteur aux explications décisives en maintenant le suspense mais en délivrant quand même, petit à petit, des éléments d’information sur cette histoire de famille qui se déroule encore aux États-Unis, comme La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, son excellent second roman, après Les Derniers jours de nos pères (2010).

 

 

« Je suis l’écrivain, » affirme tout de suite Marcus Goldman, le narrateur, qui, en février 2012, quitte New York pour la Floride afin d’y écrire son nouveau roman. Là-bas, grâce à un chien fort utile, il retrouve son grand amour, Alexandra Neville, dont il est séparé depuis huit ans, après le Drame. Les souvenirs commencent à remonter. Son oncle Saul Goldman, avocat à Baltimore, qui vient de mourir, vivait seul, séparé d’Anita, sa femme, médecin. Doucement, nous faisons connaissance avec toute la famille, surtout ses cousins : Hillel et Woody, qui, avec lui, tournaient autour d’Alexandra.

 

 

La famille de Marcus habite Montclair et se trouve inférieure à, celle de son oncle Saul, les Goldman-de-Baltimore. Devant ses grands-parents, pas de doute : « Les compliments étaient pour les Baltimore, les blâmes pour les Montclair. » Nous sommes à fond dans la bonne société aisée des USA avec tous les ingrédients : la maison à la montagne, la résidence à la mer, les appartements en ville, le football américain et le train de vie qui va avec.

 

 

Joël Dicker adore jouer avec les dates et change souvent d’époque, ce qui perturbe la lecture. Bonds en avant, retours en arrière, épisode dans la période intermédiaire, etc… Woody est un enfant recueilli par la famille de Saul et considéré comme un frère d’Hillel. Avec Marcus, de 1990 à 1998, ils ont formé « une entité fraternelle triface, triade ou trinité… Le gang des Goldman. » Ils avaient entre 10 et 18 ans et Marcus était ravi de revenir chaque week-end à Baltimore dans « la tribu des riches »« tout était beau, luxueux, colossal. »

 

 

Hélas, tout va se gâter quand arrive le temps de l’université. Marcus retrouve Alexandra à New York : « Le gang des Goldman me passionna moins et elle devint mon unique obsession. » Tout se fissure peu à peu. Woody était appelé à devenir une star du football US mais ça tourne mal et, de révélation en révélation, nous arrivons enfin au Drame dont il ne faut rien révéler, bien sûr.

 

 

Un grand Merci à Simon pour nous avoir offert ce livre.

Jean-Paul

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 14:26

Victor Hugo vient de mourir   par   Judith Perrignon

L’Iconoclaste (2015), 246 pages.

 

Au 50, de l’avenue qui porte déjà son nom, Victor Hugo va mourir… L’émotion, la crainte, l’appréhension sont à son comble car le grand poète s’est enrhumé dans la cour de l’Académie, le jour de la réception de son ami, Ferdinand de Lesseps. Victor Hugo à 83 ans : « …on dirait qu’un astre va s’éteindre dans le ciel. »

 

Peu de temps après avoir lu Le Paris de Victor Hugo, de Nicole Savy puis Le banquet des affamés de Didier Daeninckx, ce petit bijou signé Judith Perrignon (photo ci-dessous) venait à point. Au fil des pages, elle nous fait vivre les dernières heures du grand homme, toutes les tensions, les luttes d’influence, la surveillance policière et nous permet de partager les sentiments des proches. L’auteure s’exprime avec une écriture simple, agréable, touchante, précise.

 

Le clergé attend que Victor Hugo réclame un confesseur mais il ne cèdera pas. Sa famille proche est réduite : «… tous ces morts chez cet ogre qui a enterré femme et enfants… » Ses vieux amis, Auguste Vacquerie et Paul Meurice sont là : « Ils ont tout connu, tout partagé… un mélange d’amitié et d’allégeance. » Georges et Jeanne, ses petits-enfants, l’appellent « Papapa ». Ce sont les enfants de Charles et Alice, leur mère, devenue Mme Lockroy, depuis huit ans. Nous suivrons Édouard, son mari, député à l’Assemblée Nationale.

 

La police surveille tout le monde, journalistes, anarchistes, ouvriers, avec ses infiltrés car la mort du poète représente un danger. Il ne faudrait pas que Les Misérables, le peuple de Paris se réveille. Cinq cents personnes restent en permanence devant sa maison mais, après une dernière rémission, à 1 h 20 de l’après-midi, Victor Hugo, meurt le 22 mai 1885 !

 

Dès que la nouvelle se répand, la foule devient de plus en plus considérable. Les officiels viennent saluer sa dépouille. « Hugo, ne le pleurons pas ! » affirme Maxime Lisbonne, l’ancien colonel de la Commune, condamné aux travaux forcés, homme de théâtre aussi, que Didier Daeninckx a su sortir de l’oubli. « Il écrivait si bien mais pas une ligne sur la semaine sanglante et ses 40 000 cadavres. Il nous a abandonnés. » Maxime Lisbonne « saigne encore, le bagne, ses fers, ses fouets, ses tortures lui font mal. »

 

Depuis, « la République s’est installée, elle est bourgeoise, elle combat Dieu et les tyrans, mais elle vénère l’argent. » Malgré les pressions, les décrets sont tombés : « Le Panthéon est rendu à sa destination première et légale. Le corps de Victor Hugo y sera déposé. » L’extrême-gauche réclame de pouvoir défiler avec le drapeau de son choix mais ce sera impossible, la police sera intraitable.

 

Son corps est embaumé. Les obsèques ont lieu le lundi 1er juin et non le dimanche comme les ouvriers auraient aimé pour pouvoir être présents car ce lundi ne sera pas férié : « La République avait fait fermer écoles, théâtres et magasins mais avait préféré les travailleurs à l’usine plutôt que sur les trottoirs. »

 

Sur le parcours, on loue fenêtres, balcons, escabeaux, gradins… L’Arc de Triomphe est voilé, le cercueil de plomb y est déposé pour un dernier hommage populaire mais c’est un modeste corbillard qui le transporte. « La République, ce jour-là, étouffait l’homme révolté. » Mais reste « la phrase », les mots du poète qu’il ne faut pas réduire et laisser vivre.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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