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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 23:00

Le textile qui tue (Editorial du vendredi 21/06/2013)

 

Depuis la terrible catastrophe du 24 avril dernier, à Savar, près de Dacca, au Bangladesh, les choses ont-elles vraiment évolué ?

 

1 1247 travailleurs ont été tués dans l’effondrement de l’immeuble abritant leurs ateliers, le Rana Plaza. L’horreur d’une telle catastrophe ne doit pas faire oublier que, depuis 30 ans, des ouvriers du textile meurent chaque jour, en Asie. Les responsables d’une telle tragédie sont principalement le gouvernement bangladais qui ne fait pas appliquer les lois, l’Association bangladaise des fabricants et exportateurs de textile (BGMEA) qui ferme les yeux sur la dangerosité des bâtiments, mais aussi les marques qui recherchent constamment le produit le moins cher possible pour toujours plus de profit. S’ajoute aussi la corruption mais ce n’est pas une exclusivité asiatique…

 

Dans ces ateliers bondés, les journées sont longues. Les employés sous-payés, mal nourris, envoient le peu qu’ils gagnent à leur famille restée à la campagne. Passant des heures à travailler dans la même position, la main d’œuvre, essentiellement féminine, développe des maladies et les femmes font des fausses couches.

 

Vu d’Europe occidentale où le chômage s’accentue chaque jour, il est tentant de réclamer le rapatriement de ces fabrications. Pourtant, il faut savoir que les Bangladais ont besoin de ce travail pour vivre. Là-bas, en cinq ans, le textile a triplé ses exportations avec 5 400 usines employant quatre millions d’ouvriers rapportant 20 millions de dollars par an. Seule la Chine fait mieux. Il faudrait que les travailleurs puissent se syndiquer afin de défendre leurs droits mais, au Bangladesh, la liberté d’association est très limitée.

 

Les consommateurs que nous sommes seraient-ils responsables ? Oui, parce que nous possédons le pouvoir de décider ou non d’acheter tel produit. Non, parce que le manque d’argent disponible pousse les gens à rechercher toujours le produit le moins cher, à qualité égale. Par contre, ces mêmes consommateurs qui savent s’unir s’ils le veulent, ont la possibilité de faire pression sur les marques pour les pousser à changer leur façon de produire.

 

Enfin, il est édifiant de détailler comment se répartissent les 20 € que coûte une chemise confectionnée au Bangladesh. La marque étrangère se réserve 64 % du prix, ce qui laissera 25 % de bénéfice net après déduction de toutes les dépenses. La marque est obligée de passer par un acheteur, étranger lui aussi, et celui-ci prend 8,3 % du prix de la chemise. Ainsi, 72 % du tarif de cette pièce textile partent à l’étranger. Localement, les fournisseurs de matières premières prennent 16,3 %. L’acheteur et l’industriel locaux gardent 6,9 % et, pour la main d’œuvre, il ne reste plus que 4,5 %. Au final, nous savons que ce sont ceux qui laissent leur santé mais aussi leur vie qui paient vraiment la note…

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La Feuille d'Hector après le 9 juin 2013
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 23:00

Mille six cents ventres par Luc Lang (Éditions Fayard), 1998, 333 p.

 

93876_2653562.jpgQuelle histoire ! Henry Blain est chef-cuisinier et habite près de Strangeways, une immense prison britannique où s’entassent 1 600 personnes détenues et où il travaille… À cause des conditions de vie et de la surpopulation, une révolte a obligé les forces de l’ordre à évacuer les lieux mais un groupe d’irréductibles résiste.

 

Encore une histoire de prison ! Cela commence à faire beaucoup mais Luc Lang sait être original et captive très vite son lecteur, ce qui lui a valu le Prix Goncourt des lycéens, en 1998.

 

Comme, de sa maison, Henry a un point de vue idéal sur la prison assiégée, il en profite pour louer la place aux journalistes et aux curieux. Il a fait connaissance avec Louise Baker qui travaille pour l’Anglican Tribune, le journal de l’église anglicane du Yorkshire. Souvent grivois et truculent, l’auteur se lance dans le récit de la vie de ce cuisinier qui n’avait pas son pareil pour mener les ventres à sa guise… Comme la valeur de ses compétences est remise en cause par les derniers résistants, à l’intérieur de la prison, il raconte comment il savait faire la pluie et le beau temps sur les bateaux où il a travaillé auparavant.

Diarrhée galopante ou constipation générale, il sait s’y prendre pour obtenir la punition qu’il désire. Il est capable aussi de rendre l’air irrespirable dans la prison en faisant péter 1 600 personnes…

 

Pendant que l’assaut final se prépare, le lecteur va de surprise en surprise grâce aux révélations croustillantes sur le passé de ce cuisinier. C’est l’occasion aussi de mettre en exergue tout ce qui ne va pas dans les conditions de vie imposées en prison, principalement la surpopulation. Le rôle de la télévision et des médias en général n’est pas négligé jusqu’au coup de théâtre final.

 

Bonne lecture avec Mille six cent ventres et bon appétit !

Jean-Paul

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 11:14

Trois fois par semaine puis plus qu'une seule fois, les parloirs ont inexorablement marqué les 1223 jours d’incarcération que Jean-Paul a vécus. Ces moments chargés d’intensité et d'émotion ont été un moyen pour Jean-Paul, sa famille et ses amis de tenir. Dans ces lieux très impersonnels et exigus, Jean-Paul a vu quasiment chaque semaine son épouse, Ghislaine. Il a également vu grandir ses petites filles qui n’ont pas manqué de lui rendre visite lors de chaque période de vacances scolaires. C’est aussi dans ce cadre-là qu’il a fait connaissance de son premier petit-fils, début 2013.

 

Les principaux liens physiques avec le monde extérieur ont eu lieu entre quatre murs et deux portes (avec une petite vitre pour chacune d’elle) fermées à clé. A propos de l’importance des parloirs pour les détenus, on peut se rappeler de l’intervention de Dominique Wiel à Tournon en 2007 dans laquelle il avait longuement souligné le fait que sa famille n’avait jamais raté une seule semaine de parloir malgré la distance entre domicile et prison !

 

Entre mars 2010 et le dimanche 9 juin 2013, chaque semaine, famille et amis de Jean-Paul se sont rendus aux parloirs. Jusqu’au refus du pourvoi en cassation en mai 2011, Jean-Paul avait droit à trois parloirs hebdomadaires ; après cette date, ce nombre fut réduit à un.

 

Au total, nous comptabilisons 205 parloirs d’assurés que ce soit à Nîmes et à Villeneuve lès Maguelone :

            - 30 à Nîmes en 2010

            - 101 en 2011 dont 80 à Nîmes et 21 à Villeneuve

            - 52 en 2012

            - 22 en 2013 et un dernier trajet pour aller chercher et ramener Jean-Paul

 

A ce chiffre, il faudrait rajouter les parloirs ayant eu lieu à Privas, soit une quinzaine.

 

Si nous calculons le nombre de kilomètres parcourus entre Sarras et Nîmes (280km aller-retour) puis Montpellier (500km aller-retour), nous arrivons à près de 78 300 kilomètres !

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 23:00

Le sumo qui ne pouvait pas grossir par Éric-Emmanuel Schmitt, Éditions Albin Michel, 2009, 112 p.

 

9782226190901-j-copie-1Après le régal offert par  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et  Oscar et la dame rose, toujours dans le cycle de l’Invisible, ce régal s’est prolongé, voire amplifié avec Le sumo qui ne pouvait pas grossir.

 

Jun a 15 ans et vit à Tokyo, vendant quelques bricoles à la sauvette sur un trottoir. Shomintsu, un homme d’âge mûr, maître sumo, passe par là et lui répète tous les jours : « Je vois un gros en toi. » Rachitique et mal dans sa peau, Jun ne veut pas du ticket pour assister à une compétition de sumo que lui donne Shomintsu : « Je n’irai jamais voir un match de sumo, le sommet de ce que je haïssais au Japon, le pic du ringard, le Fuji-Yama de l’horreur… Des tas de lard de deux cents kilos, en chignon, quasi nus, un string de soie dans le cul… »

 

Ainsi l’auteur prête sa plume à Jun qui raconte à la première personne, avec un humour caustique omniprésent, le cheminement qui va suivre. Shomintsu n’abandonne pas et, après plusieurs rebondissements, Jun décide de cesser sa vie errante et d’aller au sumo. Écoeuré d’abord par « ce chapelet de saucisses multicolores » dont le plus léger pèse 95 kg et le plus lourd 280 kg, il est conquis et éjecte ses préjugés.

 

Le voilà maintenant élève de l’école de Shomintsu. Jun a beau se gaver, il se remplume juste et ne devient pas gros. Il se sent « un perroquet prisonnier dans une cage à préjugés ». Remontent alors les souvenirs de son enfance, la souffrance de ses parents et cette mère, un ange qui console tout le monde sauf son fils. Shomintsu lui apprend la méditation, le zen, comme au yoga et Jun se révèle à lui-même.

 

Le sumo qui ne pouvait pas grossir est une formidable leçon de vie et d’amour. La grosse surprise finale réservée par l’auteur est un grand moment de bonheur qui fait venir les larmes aux yeux.

 

Merci à Sylvie de la Médiathèque de Villeneuve-Lès-Maguelone qui nous a permis de lire Le sumo qui ne pouvait pas grossir.

Jean-Paul

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:00

Aujourd'hui, nous vous proposons des extraits de la lettre de Marc, écrite le 5 juin 2013, reçue le 7 juin et lue le 9 juin, dans la voiture ramenant Jean-Paul chez lui… Nous le remercions d'avoir accepté la publication de son courrier et lui souhaitons évidemment beaucoup de courage car Marc continue d'être incarcéré.

 

Mon très cher Jean-Paul,

 

Avant de regarder Uruguay – France, il est 18 h 30, je suis dans ma cellule. Je me suis dit : « Je vais écrire à mon petit Jean-Paul. » Je voudrais tellement que cette lettre t’arrive ce samedi 8 et que tu la lises à ton arrivée.

 

Cet après-midi, j’ai marché avec toi. Je me disais : « C’est la dernière fois que je suis avec lui sur ce stade sans gazon… » À un moment, je t’ai dit : « Regarde bien cette montagne en face de toi, les grilles, le béton et les barbelés. Tu ne reverras plus tout cela… » Mais je te rassure, on fera un jour des randonnées sur l’Aubrac ou ailleurs. Je vais continuer à m’entraîner tous les lundis et mercredis après-midi pour que je sois en forme. Toi et ta petite femme, vous allez reprendre le vélo et je sais que vous allez garder la condition.

 

Dimanche, ton jour venu, vive la liberté pour toi ! Ta famille, tes amis t’attendent. Fini grilles, portes, serrures verrouillées, l’attente d’un surveillant pour ouvrir sa cellule et prendre une bonne douche et toute cette patience qu’il faut avoir. J’ai mon imagination et mon esprit tout remplis de toi. Je ne puis t’oublier. Partout où j’irai, dans cette maison d’arrêt, ton ombre me suivra mais je te l’avais dit déjà de vive voix. Tu es devenu un grand ami. Comme tu as pu le voir, sur les 750 détenus présents, il en a eu un qui est sorti du lot : mon Jean-Paul !... Tu es quelqu’un avec de grandes valeurs, honnête et un grand cœur. Je ne sais pas comment te dire un grand merci pour les services que tu m’as rendus. Quand j’avais besoin de faire une lettre, tu as été toujours présent. Je n’oublierai jamais les bons week-ends passés ensemble. On parlait beaucoup de sport. On partageait quand même de bons moments.

 

Maintenant, je serai loin de toi. Tu seras loin de mes yeux qui sont bien malheureux mais la chose que je peux te dire, malgré la distance, c’est qu’il n’y a qu’à toi que je portais une grande estime.

 

Pour toi, une nouvelle vie va commencer : un peu de jardinage, bientôt le Tour de France. Fais attention aux premiers verres de vin ! Bois avec modération !

 

Je vais m’arrêter là pour ce soir car je vais manger et puis regarder le match de foot : « Allez la France ! » Surtout, profite de la vie. Fais le plein d’un maximum de forces, profite bien de ta famille et de tes proches. Sache que tu vas beaucoup me manquer mais je suis super content pour toi que tu retrouves la liberté et, on peut le dire, tout ça pour rien.

Je t’embrasse bien fort.

Marc

 

PS : et dire qu’on a regardé un derby Lyon/ASSE ensemble, c’est beau !

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 23:00

Le Montespan par Jean Teulé, Éditions Julliard, 2008, 352 pages

 

le-montespan-2.jpgCharly 9 nous ayant procuré de très bons moments, il était tentant de lire le roman précédent de Jean Teulé, un livre consacré à un personnage trop négligé de l’Histoire de France, le mari de Madame de Montespan.

 

Un peu confuse au début, l’histoire débute le samedi 20 janvier 1663 par un duel entre plusieurs nobles et l’on s’y perd avec tous ces noms mais la verve de l’auteur est déjà en action. Il plonge le lecteur dans l’ambiance de la rue, à l’époque, avec ses odeurs et ses outrances. Il nous fait remarquer aussi ces privilégiés qui se déplacent avec un bouquet de violettes sous le nez…

 

Arrive enfin le mariage entre Françoise de Rochechouart  de Mortemart, dite Mademoiselle de Tonnay-Charente, et Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan… ouf !  Voilà notre couple en place, suite à cette rencontre due aux hasards d’une issue malheureuse des précédents duels. Louis-Henri est subjugué par la beauté de Françoise : « L’orgueil de ses beaux seins cambrés diffuse le seul vrai parfum : son corps. » Elle porte trois jupes : la modeste, la friponne et la secrète, pas de sous-vêtements, comme toutes les femmes de son temps. Ces deux coquins, très polissons, font l’amour sans cesse.

 

Pendant ce temps, la cour est à Saint-Germain-en-Laye où le roi Louis XIV honore sa maîtresse, Louise de la Vallière. Françoise qui se fait appeler maintenant Athénaïs, est étonnée de cela mais voilà que son mari accumule les dettes et se lance dans d’improbables conquêtes militaires qui permettent de voir le Roi-Soleil dans toute sa splendeur. Après la naissance de leur première fille, Marie-Christine, Louis-Henri s’en va guerroyer en Méditerranée. De passage chez lui, il est déçu car la marquise a ses règles et le lui fait savoir fort joliment : « Le Cardinal loge à la motte… »

 

Contre les Barbaresques, lors d’une autre expédition, c’est le désastre mais quel récit ! Il rentre, ruiné. Athénaïs met au monde un garçon : Louis-Antoine. Elle attire tous les regards du cercle de jeu où son homme se sent mal à l’aise. Sur proposition de la duchesse de Montausier, elle devient la dame d’honneur de la reine avec une pension à la clé. Lorsqu’elle est de passage chez le perruquier, son voisin, les apprentis sont tout excités par ses appâts généreux et Jean Teulé se régale en les décrivant.

 

Finalement, Athénaïs est enceinte alors que son mari revient après onze mois d’absence. Elle lui avoue que c’est le roi, le père : « Aux désirs du roi, nul ne se dérobe. » S’ensuit la descente aux enfers d’un homme qui refuse de se laisser corrompre mais reste follement amoureux de sa femme. En équipant son carrosse de gigantesques cornes de cerf, les ajoutant même à son blason, il provoque la colère du roi.

 

« Versailles ignore la misère du pays » et Athénaïs enchaîne neuf grossesses. La vérole fait des ravages chez les courtisans qui pullulent à Versailles, un chantier permanent où travaillent 36 000 hommes. L’Histoire nous l’a appris, la Montespan sera évincée par la Maintenon mais Jean Teulé a bien fait de nous faire vivre avec réalisme et humour une époque bien trop idéalisée dans sa version officielle.

Jean-Paul

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 23:00

Bonsoir à Jean-Paul et à sa famille,

Nous sommes ravis du fond du coeur de savoir que Jean-Paul revient au bercail, quel soulagement pour lui et pour ceux qui l’aiment.

Bravo à vous tous, à votre Amour, votre courage, votre persévérance, votre fidélité.

Nos Amitiés.

Mireille et Jean-Pierre.

 

 

Bonsoir,

Infiniment heureuse de cette bonne nouvelle !

Jean-Paul va pouvoir retrouver les siens.

Je ne trouve pas les mots mais je voulais lui exprimer tout mon bonheur de le savoir enfin dehors.

Je vous souhaite beaucoup de joie et d'amour pour ces retrouvailles à l'air libre, en plus que ça y est le printemps est enfin parmi nous aussi !

 Cordialement et encore bravo pour vos actions, pour votre Comité de soutien.

Pour Jean-Paul qui, même s'il doit porter le bracelet avec certainement des contraintes, il est libre et peu enfin profiter de tout l'Amour que vous avez su lui témoigner.

Rose

 

 

Merci pour cette excellente nouvelle ; trop de choses à dire ou plutôt à écrire ; je vais envoyer une lettre à Jean-Paul. En attendant je vous embrasse bien fort.

Nicole

 

 

Bonsoir Simon,

On ne se connait pas, mais j’ai suivi votre démarche en faveur de Jean Paul, bravo pour cette ténacité et cette belle victoire.

Jean Paul va pouvoir enfin vivre, bon courage à lui.

Très cordialement

Christian

 

 

Bonjour,

C’est une merveilleuse nouvelle !!!! Que de bonheur, enfin !!!

Un courrier va bien entendu suivre mon mail.

Très bonne soirée à vous tous.

Nathalie

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 23:00

Lorsque Jean-Paul annonça à l'enseignant responsable de la Feuille d'Hector, Damien, du départ de la maison d'arrêt et donc de l'équipe du journal, celui-ci lui proposa de continuer de rédiger l'édito de la Feuille d'Hector depuis son domicile jusqu'à ce qu'un remplaçant prenne la suite. Jean-Paul fut ainsi très surpris par cette demande mais aussi ému et inquiet. Il avait besoin d'un temps de réflexion afin d'en parler à Ghislaine. Trouvant tous les deux que cela pourrait être un moyen pour faciliter un retour "à une vie normale", Jean-Paul  donna son accord et c'est ainsi qu'aujourd'hui nous vous proposons à nouveau l'édito d'Hector. Bonne lecture.

 

Le leurre du gaz de schiste (Éditorial du vendredi 14/06/2013)

 

En Europe aujourd’hui, seuls deux pays ont interdit l’utilisation de la fracturation hydraulique afin d’extraire le gaz de schiste : la Bulgarie et la France.

 

Depuis la loi interdisant ce mode d’extraction très dangereux pour l’environnement, loi votée en juillet 2011, les industriels font pression sur le gouvernement français. Le Président de la République, François Hollande, n’a pas complètement fermé la porte , laissant la possibilité d’utiliser d’autres techniques  au cas où elles se révèleraient fiables. Partout, en Europe, l’évolution de la politique énergétique est palpable. Voilà maintenant que l’on parle de « sources indigènes non conventionnelles » pour désigner tout simplement les gaz de schiste. Le besoin en énergie pourrait faire négliger le développement des filières renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, etc…). Les huit grandes entreprises européennes de l’énergie, comme EON, Iberdrola, GDF Suez, poussent les politiques à reconsidérer leur position concernant l’exploitation des gaz de schiste. Pour l’instant, chaque pays de l’Union Européenne (UE) reste libre de choisir son « bouquet énergétique ». ceci ouvre une brèche dans laquelle risquent de s’engouffrer certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne. La Pologne l’a déjà fait. Avec la France, ce pays possèderait les plus grosses réserves estimées à plus de 5 milliards de m 3 . Avant de laisser commettre des dégâts irréversibles, il faut savoir qu’en Pologne, le potentiel exploitable estimé a été divisé par dix. Trois compagnies nord-américaines ont déjà plié bagage mais ce pays ne renonce pas car cette ressource lui permettrait de s’affranchir de la dépendance à son voisin, le géant russe.

 

Ainsi, de reculade en promesse mirobolante, certains pays hésitent. D’autres sont même attaqués sur le plan juridique pour entrave à la liberté d’exploitation… chaque jour qui passe confirme une impression de plus en plus prégnante, la menace des forages n’a jamais été aussi réelle. L’UE ne joue pas unie devant cette exploitation dont la population ne veut pas chez elle…à la rigueur chez les autres. Beaucoup trop de pays hésitent et les firmes d’envergure mondiale mais d’origine nord-américaine (Chevron), anglo-néerlandaise (Shell) mais aussi française (Total), attendent les permis d’exploitation.

 

Si le profit immédiat paraît très tentant, il faut sans cesse réaffirmer que l’extraction des gaz de schiste est un leurre et une énorme perte de temps. L’exploitation dévastatrice pour l’environnement de cette source d’énergie ravage les paysages, pollue les nappes d’eau souterraines et cause bien d’autres préjudices directs ou indirects pour un bénéfice éphémère.

 

Le choix de cette source d’énergie retarderait encore la recherche dans le domaine du renouvelable…si l’espèce humaine est encore désireuse de préserver la planète où elle vit.

Jean-Paul

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 23:00

super ! génial ! un grand réconfort pour vous tous et pour toute sa famille. Je partage votre joie

Valérie

 


Quelle merveilleuse nouvelle !!!!!!!!!!!!

Quelle émotion et quel soulagement ce doit être pour vous, sa famille !!! J'en ai les larmes aux yeux, alors vous, ça doit être qqch !!! Et pour ta mère, quelle ivresse elle doit ressentir !!!

C'est une première, grande et décisive étape !

Bravo à vous tous pour avoir tenu bon malgré la peine et l'injustice, et à toi en particulier pour avoir su rassembler et continuer de faire vivre ce formidable Comité de Soutien !!

Je m'empresse d'écrire à ton père à SON adresse et penserai bien à vous dans une semaine !!

Agnès

 


Je suis très contente pour Jean-paul et toute sa famille d'apprendre cette très bonne nouvelle. Je n'ai jamais été active au sein du comité de soutien mais je me tenais informée. Bravo à tous ceux qui l'ont si bien soutenu pendant ces années. Vous avez été formidables.
Bon retour à Jean-Paul.
Myriam

 


Je n'ose y croire ! quel bonheur !

Jean-Paul, je ne te connais pas, je connais certaines personnes de ta famille rencontrées lors de la fête de Christian, cet hiver

je suis si heureuse ! et je vous serre tous dans mes bras,

continuons à nous battre contre cette justice injuste

Marielle

 


Enfin une bonne nouvelle. Jean-Paul va enfin profiter a nouveau de la vie de famille qui lui a tant manqué durant ces longs mois de captivité. Je répondrai a sa lettre d'ici qq jours.
Amitiés.  Roger

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 21:34

Pourquoi j’ai mangé mon père par Roy Lewis (Pocket), 2006, 182 pages

Roman traduit de l’anglais par Vercors (auteur de la préface) et Rita Barisse ; postface de Annie Collognat

 

 

Dans cette fiction complètement folle et tellement juste, Roy Lewis nous plonge au cœur de l’Afrique, au pied du Kilimandjaro et du Ruwenzi, deux volcans en pleine activité.

 

C’est Ernest, jeune pithécanthrope, qui raconte, nous présentant petit à petit, toute sa famille. Il y a l’oncle Vania qui veut continuer à vivre dans les arbres et Edouard, son père, qui ne cesse de chercher à évoluer, à perfectionner tout ce qu’il trouve. À force de courage, il réussit à rapporter le feu depuis le volcan. Avec beaucoup de talent et un humour omniprésent, Roy Lewis fait comprendre tout ce que le feu a apporté, fascinant les premières tribus tentant de le domestiquer. Le feu permet de se chauffer, sa fumée chasse les mouches et les moustiques mais il brûle aussi : « Le feu l’a mordu ! » Très réaliste, le père reconnaît : « Enfant brûlé craint la flamme. »

 

Au fil des pages, nous partageons la vie quotidienne de ces hommes qui ont du mal à passer du stade de végétariens, avec des dents d’herbivores, au régime omnivore. Se pose aussi la question du logement, problème toujours très actuel : « Toute femme-singe désire une caverne »…

 

 

Chacun des frères d’Ernest révèle des qualités différentes comme Alexandre qui passe son temps à observer les animaux. Il y a aussi ses sœurs dont Elsa, sa meilleure copine, alors que Anne, Alice et Dorine sont promises à ses frères…

 

Grâce au feu, ils sont plus efficaces à la chasse, le père ayant découvert par hasard qu’une pointe de pieu passée dans la flamme devient très dure. Ils mangent maintenant à leur faim. Alexandre dessine et il est fort adroit pour « capter les ombres d’animaux de toutes sortes, pour les fixer sur les roches. » William, de son côté, tente d’apprivoiser un chien. Le retour de l’oncle Ian, un grand voyageur, permet de faire le point sur tout ce qui se passe à la même période, ailleurs, jusqu’en Chine !

 

Mais voilà que le père décide d’emmener ses quatre aînés à la recherche d’une épouse, dans une autre horde… pour mélanger les gènes. Après une longue observation et un débat sur la méthode à employer, Ernest porte son choix sur une certaine Griselda qu’il va poursuivre pendant onze jours : « Mais je ne perdais pas de vue cet arrière-train tout frétillant. » Pourtant, c’est elle qui décide du moment de la rencontre, ce qui vexe notre soupirant. Il reconnaît chez Griselda : « Ce mélange de ruse, de coquinerie, de cynisme, de cruauté !... Et puis ces larmes féminines pour obtenir par la pitié ce que son stratagème de lionne en chaleur n’avait pu s’arroger. » Évidemment, « une des plus grandes découvertes de ce temps, ce fut l’amour. » Roy Lewis gratifie le lecteur de descriptions fabuleuses avec un style éblouissant. Nos amoureux ne touchent plus terre : « Amour, amour, quand tu nous tiens ! »

 

Au retour, la mère, grâce au feu, a inventé la cuisine et nous voilà partis pour une chasse gigantesque. S’ensuit un barbecue géant mais voilà que les sœurs sont enlevées à leur tour par les frères de Griselda. Soudain, la catastrophe arrive alors que le père et Tobie, un de ses frères, viennent de réussir à faire du feu… sans réussir à le maîtriser. Il faut déménager, trouver des lieux plus accueillants, négocier avec les premiers occupants déjà installés. Alors que le père vient d’inventer l’arc, un accident bien préparé met fin à l’histoire qui se termine donc en parricide et en patriphagie, comme le titre le laisse présager.

 

Écrit en 1960 mais seulement traduit en français en 1990, ce roman est un véritable régal ne se contentant pas d’être drôle mais aussi très bien documenté.

 

Merci beaucoup à Yvette de m’avoir offert ce livre ramenant en des temps bien lointains mais avec un narrateur s’exprimant de façon actuelle et désopilante.

Jean-Paul

 

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