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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:46

Un centenaire se prépare (Éditorial du 15/11/2013)

 

Même le prestigieux prix Goncourt est dans le ton. En couronnant « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre, ce prix littéraire attire l’attention sur l’après 1914 – 1918 et permet de comprendre un peu mieux ce qu’a été ce terrible affrontement et surtout ses conséquences pour le quotidien des Français.

 

2014 sera donc l’année du centenaire du déclenchement de ce que l’on appelle communément la Première guerre mondiale et qui devait être « la der des ders »… Pendant ces quatre années, 60 millions de soldats ont été concernés et l’on a dénombré environ 9 millions de morts, plus 20 millions de blessés. Une course aux armements avait précédé le conflit et, dans les principaux pays d’Europe, un impérialisme conforté par de nombreuses colonies, surtout en Afrique et en Asie, renforçait des nationalismes de plus en plus exacerbés.

 

D’énormes changements géopolitiques ont découlé de cette guerre. La Société des Nations (SDN), précurseur de l’Organisation des nations unies (ONU), a été créée afin de maintenir une paix bien fragile. Hélas, nous savons ce qui s’est passé ensuite et que les conflits armés sont toujours d’actualité.

 

Afin de préparer au mieux cet anniversaire, une grande collecte de souvenirs familiaux est organisée du 9 au 16 novembre. Tous les documents (lettres entre soldats ou avec des proches, carnets de croquis, souvenirs écrits, photos ou objets) seront numérisés puis rendus à leurs propriétaires car ils racontent une histoire qui ne doit pas s’évanouir et disparaître.

 

Intéressante à plus d’un titre, cette collecte, il faut le souligner, est européenne. En effet, menée par Europeana 1914 – 1918, elle a déjà été réalisée en Allemagne, en 2013. C’est au tour de la France, cette année, et elle est organisée par les Archives nationales, la Bibliothèque nationale et la Mission du centenaire. Espérons que la date limite ne soit pas trop stricte car ce n’est pas toujours facile de se plonger dans les archives familiales et de rechercher des documents précis. Pour faciliter cette grande collecte, il faut noter aussi que l’Éducation nationale a été mobilisée et que tous les établissements, de l’école primaire au lycée, devraient servir de relais avec les Archives de chaque  département.

 

Enfin, il faut signaler que le 101e Tour de France marquera aussi ce centenaire, le 10 juillet 2014, puisque l’étape Arras – Reims passera par le département de l’Aisne, empruntant le tristement fameux Chemin des Dames où de sanglantes batailles ont opposé les armées allemande et française. Pour l’occasion, des bandes de bleuets seront plantées le long de cette route chargée d’histoire. Cette fleur a été choisie comme le symbole de la mémoire et de la solidarité envers les Anciens combattants et les autres victimes de la guerre.

Jean-Paul

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 12:15

Mauvais genre, BD de Chloé Cruchaudet, Éditions Delcourt, 159 pages

d’après « La garçonne et l’assassin » de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (Éditions Payot)

  

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C’est d’abord un beau livre, très agréable à prendre en mains, un superbe roman graphique.

 

Dans Mauvais genre, Chloé Cruchaudet nous conte, à partir de faits réels et d’après le livre de deux historiens, Fabrice Virgili et Danièle Voldman (La garçonne et l’assassin), l’histoire de Paul Grappe et de Louise Landy.

 

Les premières pages placent le lecteur en pleine cour d’assises, un procès qui ne manque pas d’intriguer. « Reprenons au commencement » demande le président et l’histoire défile au rythme des dessins au tracé toujours fin et subtil. Au travers de toutes les nuances du noir au blanc, seul le rouge intervient de temps à autre, surtout pour du sang ou quelques vêtements féminins.

 


L’histoire est prenante, émouvante, dramatique aussi car Paul, pour échapper à l’enfer des tranchées, a déserté et il est devenu… Suzanne Landgard. Se transformer en femme n’est pas chose facile mais Paul - Suzanne va aimer ça et les rencontres, plutôt cocasses au début, frôlent rapidement le drame car l’on touche à l’homosexualité, au changement de genre : « Elle était plusieurs partenaires à la fois, un être complet et magnifique », déclare un témoin, à la barre.

 

La jalousie aussi déchire ce couple avant que Suzanne ne puisse retrouver sa véritable identité suite à l’amnistie des déserteurs, en 1925. Hélas, cela ne règle rien, bien au contraire. En effet, les traumatismes du front ne sont jamais effacés, ce que l’auteure a su si bien illustrer dans une série de doubles-pages d’une force incroyable.

 

Le texte est présent, seulement si nécessaire, prouvant tout le talent de Chloé Cruchaudet. Au moment où débute la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale, Mauvais genre est encore plus d’actualité.

 

Merci à Vincent de m’avoir permis de découvrir ce magnifique ouvrage.

Jean-Paul

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 15:57

Hier jeudi, le Goncourt des Lycéens 2013 a été attribué à Sorj Chalandon pour Le quatrième mur, livre dont vous aviez pu lire la chronique très récemment. Nous vous la proposons à nouveau.

 

Le quatrième mur par Sorj Chalandon, Grasset, 2013, 325 pages

 

sorj-chalandon-le-quatrieme-mur.jpgUne fois de plus, Sorj Chalandon sort de l’ordinaire. Après avoir traité de la mort dans un petit village de Mayenne (Une promesse) puis nous avoir éclairé sur  la terrible histoire des indépendantistes de l’Irlande du nord (Mon traitre  et Retour à Killybegs), il nous emmène cette fois au Liban. L’auteur qui fut journaliste à Libération puis au Canard enchaîné, était présent à Beyrouth en 1982 et a vécu ce qu’il décrit.

 

Si l’on commence par une scène dramatique avec un tank syrien qui tire sur un taxi, à Tripoli, le jeudi 27 octobre 1983, le retour en arrière permet de faire connaissance avec Samuel Akounis, Sam, un résistant grec d’origine juive qui se lie d’amitié avec Georges, le narrateur, un double de l’auteur puisque Georges est son second prénom.

 

« Lui la gaieté, moi le chagrin. Lui, le cœur au printemps, moi, la gueule en automne. » C’est ainsi que Georges les définit tous les deux, Sam ajoutant : « J’ai trop souffert pour être malheureux. » À 34 ans, Sam a décidé de faire jouer Antigone, de Jean Anouilh, par des acteurs libanais dont les camps se font la guerre et nous apprenons que « le quatrième mur, c’est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public ». Cette paroi invisible sépare la scène de la salle mais certains rôles permettent de la franchir. Dans Antigone, c’est le Chœur qui brise ce quatrième mur.

 

Ils sont palestinienne, sunnite, druze du Chouf, maronite du Yemmayzé, chiites, chaldéenne et catholique arménienne. Sam a mis deux ans pour réussir le casting mais la maladie le cloue au lit et il demande à Georges de partir là-bas pour réaliser la mise en scène.

 

La violence est présente d’abord avec les batailles d’étudiants militants d’extrême-gauche de la fac de Jussieu dont faisait partie Georges, et les membres d’Ordre nouveau, groupuscule d’extrême-droite. Parallèlement à ça, ce que va vivre le narrateur, au Liban, est d’une horreur incroyable. : « Juste le choc terrible, répété, le fracas immense, la violence brute, pure, l’acier en tous sens, le feu, la fumée, les sirènes réveillées, les unes après les autres, les klaxons des voitures folles, les hurlements de la rue, les explosions, encore, encore, encore. » Terrible description du bombardement de Chatila que complètera Georges par sa visite de ce quartier après le massacre… Le comble de l’horreur.

 

Il y croit jusqu’au bout par amitié pour Sam, par fidélité pour ces jeunes Libanais pleins d’espoir mais embourbés dans leurs contradictions et dans les obligations de leur camp. Enfin, la conclusion est d’une froideur terrible lorsque Georges répond : « Personne ne quitte ce monde vivant. »

 

Le quatrième mur est poignant, terriblement émouvant. Sorj Chalandon a ramené un sac de pierres du Liban et il en remet une à chacun de ses lecteurs, comme il nous l’a confié à la Fête du livre de Saint-Étienne. Ce roman faisait partie de l’avant-dernière sélection pour le Prix Goncourt 2013.

Jean-Paul

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 00:00

Après une interruption liée aux vacances scolaires, nous retrouvons l'éditorial de la Feuille d'Hector que Jean-Paul continue de rédiger. Bonne lecture.

 

Gaz de schiste : c’est non (Éditorial du 8/11/2013)

 

Depuis que 64 permis d’exploitation du gaz de schiste ont été délivrés en 2010 par le gouvernement français, la bataille fait rage entre opposants et partisans de cette source d’énergie.

 

Après des débats houleux et de nombreuses manifestations montrant la ferme opposition des populations concernées, principalement dans le sud de la France, la loi du 13 juillet 2011 a interdit la fracturation hydraulique des sols, seule technique permettant d’extraire le gaz et le pétrole de schiste. Situé entre 2 000 et 3 000 mètres de profondeur, ce gaz est piégé dans la roche. Pour l’extraire et le faire remonter à la surface, il faut injecter à haute pression de 7 à 15 milliards de litres d’eau mélangée à du sable et à des produits chimiques. Partout où cette technique a été utilisée, des dégâts sérieux sur l’environnement ont été constatés. Cette loi répond donc à un principe de précaution et  surtout de prévention bien réel.

 

Or, la société texane Schuepbach contestait l’annulation de ses permis d’exploitation à Nant (Aveyron) et à Villeneuve-de-Berg (Ardèche). Espérant obtenir gain de cause, elle avait déposé une question prioritaire de constitutionalité (QPC) contre la loi de 2011 mais le Conseil constitutionnel a validé récemment la loi. Maintenant, cette société étatsunienne réclamerait un milliard d’euros d’indemnisation à la France…

 

En Europe, la France est le pays le plus radical sur ce sujet car la multiplication de petits forages serait un véritable désastre. L’Allemagne en est encore au stade de la réflexion alors qu’en Pologne, la ressource est exploitée et se révèle d’ailleurs inférieure aux prévisions.

 

La loi de 2011 n’interdisant pas l’expérimentation, il est évident que les pétroliers ne lâcheront pas leur proie et tenteront de s’engouffrer dans cette brèche en faisant du lobbying à tous les niveaux.

 

Il est donc important que tous les citoyens fassent preuve d’une vigilance extrême et s’intéressent au débat qui n’est pas terminé, loin de là. D’autres sources d’énergie existent et beaucoup d’autres ne sont encore qu’à peine explorées. C’est le moment de faire preuve d’imagination.

Jean-Paul

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:00

Ma vie n’a pas commencé par Leny Escudero,

Le Cherche midi, 2013, 424 p.

 

9782749115696.jpgTout au long de cette autobiographie qui sera complétée par un second volume, Leny Escudero, par petites touches, nous fait entrer dans ce qui fut son aventure, une vie riche en douleurs et en joies.

 

D’ouvrier du bâtiment à auteur-compositeur-interprète, cet homme a bouleversé tous ceux qui ont entendu ses chansons. Lui qui ne cherchait pas le succès et n’aimait pas sa voix, a connu la célébrité avec des titres comme Pour une amourette, Parce que tu lui ressembles, L’arbre de vie, À Malypense, Ballade à Sylvie, La grande farce, Le Bohémien, Fils d’assassin… mais il faudrait les citer tous et surtout l’écouter, le réécouter.

 

Avec sincérité, toujours beaucoup d’émotion et des remarques très justes sur les rapports humains, il raconte son arrivée à Paris alors qu’il n’a pas 20 ans. On l’embauche comme manœuvre terrassier. Ce fils de républicains espagnols réfugiés en France va de boulot en boulot et attend sa naturalisation, surpris d’apprendre qu’il faut donner une enveloppe bien garnie pour que son dossier soit enfin examiné… C’est finalement un député chez qui il travaille, qui règle son problème alors que Leny ne nous cache rien de ses amours et de sa vie familiale.

 

Il commence à chanter dans une arrière salle de café : « Ce sont mes premiers contacts de faiseur de chansons avec des gens que je ne connais pas. Ils ont l’air d’apprécier… » Plus loin, il avoue : « Je ne connais rien à la musique. »

 

Tout en continuant à travailler sur des chantiers, il avance peu à peu dans le monde de la chanson, rencontre Maurice Fanon. Christian Sarral, son guitariste, ne veut pas qu’il envoie ses textes à d’autres chanteurs pour qu’il ne soit pas classé comme auteur.

 

Les chapitres, moments de vie intenses et souvent très émouvants, se succèdent. Jacques Canetti, chez Philips, croit en lui. Félix Leclerc le conseille. Il part en tournée avec Raymond Devos et Juliette Gréco, se heurte à l’hostilité de Jacques Brel : « Jacques Brel m’a haï tout de suite. Longtemps. Je n’ai jamais su pourquoi. » Peut-être était-il jaloux de son passé qu’il trouvait « Trop beau pour être vrai ! » Philips vire Canetti, Boris Vian aussi, et veut faire de Leny un chanteur de rock !

 

Leny reprend alors les petits boulots aux Halles de La Villette mais il tente sa chance à L’Échelle de Jacob. À Vichy, où ça se passe mal sur scène, c’est Fernand Raynaud qui vient à son secours et restera l’un de ses meilleurs amis. Léo Messir, directeur artistique chez Barclay, lui permet d’enregistrer à nouveau. Le succès est là mais Leny s’en va faire le tour du monde. Il aide même à construire une école en Afrique.

 

Après avoir tourné dans « Une femme flic » d’Yves Boisset, il refuse de signer avec Artmédia, voulant garder toute son indépendance et cette agence bloque toutes les propositions qui lui sont faites ensuite pour le cinéma.

 

Après avoir refusé la médaille des Arts et Lettres que Jack Lang voulait lui décerner, il n’accepte pas d’aller au « Grand Échiquier » de Jacques Chancel parce qu’on veut qu’il remplace « La Grande Farce » par deux autres chansons moins dérangeantes…

 

Personnage entier, Leny Escudero est un formidable artiste, inspiré par Gaston Couté, le fameux poète libertaire. Ma vie n’a pas commencé permet de le découvrir et de mieux le connaître en attendant impatiemment la seconde partie… et le polar qu’il a promis d’écrire…

Jean-Paul

 

Un immense merci à Bernard D. Il nous a offert ce livre magnifique dédicacé par l’auteur  qui a noté son expression préférée : « VIVE  LA  VIE ,  VIVE  L’AMOUR ».

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 17:59

Lampedusa, porte d’entrée (Éditorial du 18/10/2013)

 

Le drame de Lampedusa braque les projecteurs de l’actualité sur des gens qui fuient leur pays d’origine au péril de leur vie dans l’espoir d’une vie meilleure. Ils quittent tout pour tenter d’entrer dans cette Europe qui les fait rêver et que des passeurs sans scrupule réussissent à leur vendre.

 

Dans ce récent naufrage, plus de 300 personnes ont péri, tout près de l’île de Lampedusa, une île italienne en pleine mer méditerranée, située plus près de la côte tunisienne que de la Sicile et à 220 km de Malte. Ses 6 000 habitants vivent grâce à la pêche et au tourisme. Le seul lieu habité de ce territoire de 20 km2, c’est la ville portuaire de Lampedusa, le reste de l’île étant aride et assez désertique.

 

Ainsi, tout migrant ayant mis le pied sur cette île se trouve de fait en Europe et à la charge du gouvernement italien qui dénombre 30 000 arrivées depuis début 2013. Le problème est donc permanent et il a fallu une catastrophe, une fois de plus, pour que l’on en parle…

 

1000 personnes s’entassent dans un centre d’accueil de 250 places. Après les Tunisiens en 2012, ce sont donc maintenant, avec des Syriens, des Somaliens et des Érythréens qui tentent de venir vivre en Europe. Depuis ce qu’on appelle la Corne de l’Afrique, quel voyage ont donc effectué ces gens ? Quelles souffrances ont-ils endurées ?

 

Depuis les accords de Schengen mis en place en 1995, les conditions d’entrée et les visas sont harmonisés dans vingt-deux pays de l’Union européenne (UE) plus quatre autres : Islande, Norvège, Suisse et Lichtenstein. Il n’y a normalement plus de contrôles aux frontières, sauf cas particuliers. Pour les trois pays du sud de l’Europe (Grèce, Italie et Espagne), cet afflux permanent de migrants est devenu trop lourd à gérer.

 

Il serait temps, là aussi, que la solidarité devienne effective entre tous les pays de l’UE afin que tous ces gens qui fuient guerres et persécutions soient enfin accueillis comme des être humains.

 

Jean-Paul

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 23:00

Les Roms, un problème européen (Éditorial du 11/102013)

 

Intolérance, suspicion, amalgame, peur de l’autre, tout y est dès que l’on entend parler des Roms, un terme adopté en 1971, à Londres, puis confirmé en 2002 par l’Union romani internationale (IRU), lors de son congrès à Paris. Ce mot employé sans discernement désigne officiellement : « des hommes et des femmes mariés et parents faisant partie d’un groupe de voyageurs, gitans ou tziganes. » C’est bien sûr un terme générique car les Roms sont constitués de nombreux groupes et sous-groupes.

 

Lorsque cela se passe mal à proximité d’un camp de Roms, il ne faut pas oublier que ces gens sont contraints à une tragique errance et il faudrait essayer de comprendre pourquoi la délinquance explose au sein de ces populations venues de l’Europe de l’est, principalement de Roumanie et de Bulgarie.

 

Ces deux pays ont adhéré à l’Union européenne (UE), en 2007, avant que le sort des Roms soit réglé, alors que plusieurs millions d’entre eux étaient déjà maltraités, discriminés, la plupart du temps considérés comme des sous-hommes. Alors que l’UE privilégie les droits, les valeurs communes, les principes européens, chaque État se confronte à du concret et tente de gérer la situation à sa manière.

 

Entre 2007 et 2013, Bruxelles a mis 20 milliards d’euros à la disposition de la Roumanie pour « l’insertion des groupes vulnérables » sans se préoccuper de ce qu’on faisait de cet argent. Alors, les Roms s’en vont et cherchent une terre d’accueil la plus convenable possible. C’est ainsi qu’on les retrouve dans des campements dits illégaux et que c’est à chaque fois un drame humain lorsqu’il faut démanteler tout ça et, parfois, expulser ces gens.

 

Depuis 2007, Roumains et Bulgares peuvent circuler librement dans toute l’Union européenne. Ils peuvent rester trois mois en France sans avoir à justifier leur activité. Pour pouvoir rester plus longtemps, il faut soit être étudiant, soit être employé dans un secteur en demande. Le 1er janvier 2014, ces restrictions tomberont, Bulgarie et Roumanie  devenant membres à part entière de l’UE.

 

Une fois de plus, la solution européenne est la seule pour sortir de l’impasse car il faut dire et répéter que les Roms sont des gens nés en France, en Espagne, en Bulgarie, en Roumanie et dans tant d’autres pays. D’ailleurs, les membres d’une même famille peuvent avoir vu le jour dans plusieurs pays différents.  Ainsi, pays d’origine, pour les Roms, n’a guère de sens et il serait temps que « l’Europe sociale » que promettait Jacques Delors*, soit réellement mise en place.

Jean-Paul

 

* Jacques Delors : homme politique français qui fut président de la Commission européenne, de 1985 à 1994.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:32

La liste de mes envies par Grégoire Delacourt, JC Lattès, 2012, 185 p.

 

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Pour son  deuxième roman, Grégoire Delacourt, publicitaire qui a créé sa propre agence, a obtenu un beau succès puisque, avant sa sortie en livre de poche, son livre a dépassé les 470 000 exemplaires. De plus, La liste de mes envies est sorti dans 27 pays dont l’Angleterre et les USA avant d’être adapté au théâtre puis, bientôt, au cinéma.

 

Ici, l’auteur se met dans la peau de Jocelyne Guerbette (47 ans) qui se trouve un peu ronde et tient une mercerie, à Arras (Pas-de-Calais). Elle parle, se confie avec humour et réalisme. Il y a Jocelyn, son mari, qui travaille dans la crème glacée, et les enfants, Romain et Nadine, déjà grands, partis faire leur vie. Jocelyne a deux amies, Danièle et Françoise, jumelles, coiffeuses et esthéticiennes.

 

Son blog, Dixdoigtsdor, est un succès car elle y écrit « à propos du bonheur du tricot, de la broderie, de la couture… » mais voilà que, poussée par les jumelles, elle se laisse aller à jouer 2 € à l’Euromillion… Le plus fort, c’est qu’elle gagne et… fait un malaise ! Elle n’en parle à personne, même pas à Jo, son mari, encore moins à ses copines. Nous la suivons à la FDJ, à Boulogne-Billancourt où elle va recevoir un chèque de 18 547 301,28 € après avoir vu une psychologue qui la met en garde contre toutes les catastrophes qui l’attendent.

 

Comme elle est à Paris, elle en profite pour faire les plus grandes boutiques. Chez Chanel, elle note la solitude sur le visage d’une actrice avant de s’en aller alors qu’elle aurait pu « dévaliser la boutique »… Les plus grands restaurants l’attendent mais, finalement, elle se contente du sandwich préparé par Jo : « aucun sandwich ne serait aussi bon que le sien ».

 

Gardant son secret pour elle, elle veut que rien ne change mais fait la liste de ses envies, savoureuse, étonnante parfois, amusante et surtout émouvante : « Être enviée… Qu’on me dise que je suis belle… » Ainsi, notre héroïne bien ordinaire se rend compte que les besoins permettent de penser que demain on sera encore vivant… mais voilà que survient la catastrophe : « L’argent ne peut acheter le bonheur mais peut le détruire. »

 

La vie de Jocelyne est bouleversée et elle constate : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Qu’importe. L’expérience aura été passionnante et révélatrice sans oublier de faire passer de délicieux moments au lecteur, ce qui est le principal.

 

Jean-Paul

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 09:00

Et puis y’a les impôts… (Editorial du 4/10/2013)

 

C’est bien connu, les impôts ne viennent jamais quand il faut… et, cette année, la mauvaise surprise tombe sur des gens qui ne s’y attendaient pas ou qui espéraient encore échapper à cette mutualisation indispensable au fonctionnement de l’État mais que chacun estime très mal répartie.

 

Les chiffres varient beaucoup mais on estime qu’il y aura entre 1 et 1,6 million de nouveaux imposables cette année, ce que dément le ministre du budget, Bernard Cazeneuve. Il ajoute que 3 millions de ménages non imposables le sont devenus l’an dernier mais qu’en contrepartie, beaucoup d’autres sont sortis de l’impôt, ce qui donnait une augmentation de 940 000 ménages de plus payant l’impôt direct, en 2012.

 

Plusieurs décisions gouvernementales expliquent cette évolution très difficile à admettre pour une personne non imposable qui le devient. Il y a d’abord le gel de l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu décidé par François Fillon et maintenu par Jean-Marc Ayrault avec promesse de suppression en 2014. Cette indexation du barème permet de ne pas payer plus d’impôt avec des revenus n’augmentant pas plus que l’inflation. Malgré les promesses de la campagne électorale, ce gel a été maintenu pour 2013 car le gouvernement est toujours à la recherche de recettes fiscales.

 

D’autres éléments sont venus s’ajouter à ce gel pour faire augmenter le nombre de foyers imposables. La refiscalisation des heures supplémentaires, le gel de la prime pour l’emploi, la réduction de l’avantage du quotient familial, la suppression de la demi-part pour les veuves sauf conditions particulières… le calcul de l’impôt sur le revenu ressemble à une jungle vite rendue inextricable par les décisions et les contre-décisions gouvernementales.

 

Il faut tout de même savoir que tous les pays n’appliquent pas le même système. Dans l’Union Européenne (UE), les trois principales sources de revenus pour les États membres sont : la fiscalité directe, la fiscalité indirecte (TVA principalement) et les cotisations sociales payées par les salariés et les employeurs.

 

Chaque pays membre de l’UE est entièrement souverain en matière de fiscalité directe mais la France, la Suède, la Belgique et le Danemark ont les taux de prélèvement les plus élevés. Une tentative d’harmonisation est en cours mais se limite à éviter la double imposition des sociétés, à permettre à tout citoyen européen d’épargner où il veut tout en luttant contre l’évasion fiscale et contre les fraudes diverses.

Jean-Paul
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:41

Inconnu à cette adresse par Kressmann Taylor,  Editions Autrement, 64 p.


couv10703321.gif.jpgComment est-il possible, en à peine soixante pages et quelques lettres échangées entre San Francisco et Munich, comment est-il possible de faire ressentir tout un drame, sûrement le plus terrible qu’ait eu à subir l’Humanité ?

 

Kressmann Taylor, déjà mère de trois enfants à l’époque, a publié ce texte, pour la première fois, dans Story Magazine, en 1938.

 

Avec une simplicité et une efficacité désarmantes, l’auteure fait correspondre deux hommes, Martin Schulse, un Allemand vivant à Munich, et son ami très cher, Max Eisenstein, un Juif américain, qui habite à San Francisco, en Californie. Tous les deux, ils sont marchands de tableaux. Martin s’inquiète beaucoup pour sa sœur, Griselle, qui vit à Vienne et demande à son ami, Max, de bien vouloir prendre de ses nouvelles car elle est artiste et doit aller se produire sur scène, à Berlin…

 

Par touches successives, le lecteur prend conscience de la situation économique, sociale et politique de l’Allemagne qui se relève péniblement de la défaite de 1918. Une question de Max à Martin interpelle : « Qui est cet Hitler ? » et la réponse encore plus : « Hitler est bon pour l’Allemagne… tant pis pour les bavures… »

 

Consterné, Max lit, dans une lettre de Martin, datée du 9 juillet 1933 : « La race juive est une plaie ouverte pour toute nation qui lui a donné refuge », et, un peu plus loin : « Vous n’êtes pas courageux pour vous battre ». Pour Martin, le choc est terrible mais, malgré tout, il tente d’entretenir l’amitié alors que la descente aux enfers est infernale.

 

Martin, le 12 février 1934, écrit depuis Munich : « Tu es en train de me détruire », parle de folie, de camps de concentration, du risque d’être fusillé alors qu’il a tout fait pour plaire à la dictature nazie…

 

Inconnu à cette adresse, petit livre d’une force extraordinaire, m’avait été prêté par la Médiathèque de Villeneuve-lès-Maguelone que je remercie.

Jean-Paul

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