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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:13

La démocratie, toujours à conquérir  (Éditorial du vendredi 7/02/2014)

 

Les moments de liesse de ce qui a été appelé le Printemps arabe paraissent bien lointains. Ce que nous avons mis plusieurs décennies à obtenir, nous voudrions le voir réalisé immédiatement ailleurs. Plus que jamais, nous constatons que la démocratie est difficile à conquérir et qu’il faut sans cesse la peaufiner.

 

Mot hérité de l’antiquité grecque, démocratie signifie souveraineté du peuple mais Abraham Lincoln (1809 – 1865) avait précisé ce mot, tant de fois galvaudé, de façon plus complète, en affirmant que la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». L’esprit de cette définition a d’ailleurs été repris dans la Constitution adoptée en 1958, dans notre pays.

 

Bien que son origine remonte à l’antiquité, la démocratie n’a commencé à gagner de plus en plus de pays qu’au cours du XXe siècle. La disparition de Nelson Mandela a été l’occasion de rappeler que ce n’est qu’en 1994 que l’Afrique du sud a permis à tous ses citoyens de voter.

 

Toujours en Afrique mais au nord, cette fois, la conquête démocratique avance malgré tout. Dans un contexte économique très délicat, avec un chômage important, l’Assemblée nationale constituante, le 26 janvier, a adopté une nouvelle constitution pour la Tunisie, trois ans après la fameuse révolution qui a lancé le Printemps arabe. Le pays sera dirigé par un exécutif bicéphale, un Président et un Chef de gouvernement, la place de l’islam est réduite et l’objectif de la parité hommes-femmes dans les assemblées élues est un objectif à atteindre. De plus, cette nouvelle constitution garantit la liberté de conscience, une première dans les pays arabes.

 

Chaque jour, l’actualité nous rappelle que cette conquête de la démocratie est une lutte, même dans les pays où on la croit bien installée. Depuis longtemps, la démocratie directe n’est plus d’actualité car les nombreux essais qui ont jalonné l’Histoire, ont échoué. Reste la démocratie indirecte, celle qui voit les citoyens élire leurs représentants que le régime soit parlementaire, présidentiel comme aux Etats-Unis ou semi-présidentiel comme en France depuis le début de la Ve République.

 

Enfin, ce type de fonctionnement, censé demander l’avis de toutes les personnes concernées, se retrouve aussi dans les organismes sociaux, les associations et certaines entreprises où l’égalité entre tous les membres doit être respectée et se concrétiser par des votes et des élections.

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 00:00

Les souvenirs par David Foenkinos, nrf Gallimard, 2011, 265 pages

 

FOENKINOS--Les-souvenirs.jpg

 

Juste après La Délicatesse, roman adapté avec bonheur au cinéma, David Foenkinos a livré un autre texte tout en nuances et plein de sensibilité, basé sur une cascade de souvenirs.

 

Tout commence avec ce narrateur qui parle de ses grands-parents, de ce grand-père à qui il n’a jamais pu dire qu’il l’aimait : « Toute mon enfance, j’ai été émerveillé par ce personnage joyeux et facétieux. » Expliquant les problèmes de son père avec toujours beaucoup de délicatesse et de justesse, l’auteur est très agréable à lire.

 

Il aborde très justement tout ce qui touche à la vieillesse, cette maison de retraite où ses fils veulent emmener sa grand-mère. Bien sûr, elle refuse puis finit par dire : « D’accord. » Ensuite, il y cet appartement vendu par les enfants… Tout est vendu ou donné : « Ils n’avaient pas saisi la mémoire des objets… »

 

Le ton employé est toujours juste : « Il y a un âge où les seules sorties que l’on accepte sont les enterrements. » C’est justement là que le narrateur croise le regard d’une jolie fille et  le voilà qui revient dans ce cimetière en espérant la revoir. Régulièrement, une pause-souvenir vient interrompre le rythme de l’histoire et ce rendez-vous régulier est attendu par le lecteur car ces souvenirs, distillés comme de délicieux bonbons, sont parfois très émouvants. Ainsi, l’histoire de Sonia Semerson, cette danseuse classique russe qui quitte Paris pour tenter de retrouver son mari revenu dans son pays pour combattre durant la seconde guerre mondiale et dont elle n’a jamais eu de nouvelles.

 

La recherche de sa grand-mère qui a fugué de la maison de retraite, nous emmène à Étretat où notre homme, gardien de nuit dans un hôtel parisien et qui veut devenir écrivain, rencontre Louise. Ainsi, nous glissons dans la seconde partie du livre, cette histoire d’amour toujours imbriquée dans les soucis familiaux car les parents du narrateur causent quelques soucis.

 

Amour, disputes, réconciliations, la fin est moins riche en émotion mais Les souvenirs est un roman très touchant qui mérite vraiment une lecture se révélant à la fois distrayante et émouvante, poussant à la réflexion sur cette vie qui passe et fuit.

Jean-Paul

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:00

Fusions et confusion  (Éditorial du 31/01/2014)

 

Après avoir été enterré plusieurs fois, le débat ressurgit. Ce que nous appelons le millefeuille administratif de la France est bien une réalité. Les dernières évolutions ne font qu’ajouter à la confusion, confusion qui coûte cher au pays.

 

Avec 37 000 communes, la France en a 4 fois plus que l’Allemagne ou l’Italie mais les 35 000 communautés de communes qui ont été créées, n’ont rien supprimé alors que les premières intercommunalités mises en place commencent à se regrouper. S’ajoutent 16 000 syndicats mixtes pouvant gérer l’eau, les ordures ménagères, etc… mais aussi 371 « pays », 101 départements et 26 régions dont les limites ont été fixées en 1960.

 

Depuis la dernière conférence de presse du Président de la République, les spéculations reprennent. Certains proposent de supprimer les départements mais François Hollande n’y est pas favorable, surtout pour les territoires ruraux. Alors, ce sont les régions qui sont dans le collimateur. Les projets de réduire leur nombre à une quinzaine existent mais les réactions sont vives de la part d’élus qui craignent de perdre tout ou partie de leur pouvoir et de se voir dépossédés de leur fief.

 

Devant ce genre de réforme pourtant indispensable tellement les doublons coûtent cher, le problème essentiel vient de ceux qui ont le pouvoir de décider mais ne veulent rien céder.  En France, nous sommes arrivés à un point tel que plus personne ne sait qui fait quoi. Logement, développement économique, aménagement du territoire et tant d’autres compétences se retrouvent à plusieurs niveaux alors qu’il faudrait qu’elles soient strictement et clairement identifiées.

 

Enfin, dans toute cette confusion, il ne faut pas oublier de mentionner cette loi votée en décembre dernier, créant 13 métropoles autour d’une grande ville. Celle de Lyon est la plus avancée puisqu’avec ses 1 300 000 habitants, elle reprend les compétences du Conseil général (aide sociale, voirie, collèges, petite enfance, transports), ne laissant plus que 436 000 habitants au département du Rhône. Si le nombre de fonctionnaires ne change pas, 4 000 d’entre eux sont transférée du département à la métropole et 1 milliards d’euros de recettes changent de caisse.

 

Ainsi, comme Barcelone ou Milan, Lyon détiendra une puissance économique beaucoup plus attrayante. Lille, Paris, Strasbourg, Rennes, Brest, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille et Nice vont suivre cet exemple.

Jean-Paul

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Le Testament français par Andreï Makine

(Mercure de France) 309 pages

Prix Médicis, Prix Goncourt et Prix Goncourt des Lycéens en 1995

 

index-copie-1.jpgAvec de telles récompenses, un fait rarissime, il faut bien reconnaître que ce fut le livre de l’année 1995. Malgré le temps passé, nous étions curieux de réparer une négligence bien regrettable, à l’époque.

 

Dire qu’on avait refusé la nationalité française à un tel homme ! Fou amoureux de notre langue et de notre culture, Andreï Makine est né à Krasnoïarsk, en Sibérie, le 10 septembre 1957 mais a été élevé en français par sa grand-mère, Charlotte, fille de Norbert et Albertine Lemonnier : « Quant au français, nous le considérions comme un dialecte familial. » Égarée dans l’immensité neigeuse de la Russie, elle avait même appris aux femmes russes à dire « petite pomme »…lorsqu’on les prenait en photo…

 

Avec son style plein de sensibilité et de poésie, dans un français parfait, l’auteur fait revivre ses souvenirs d’enfance, retrouvant les photos de sa grand-mère lorsqu’elle était enfant et les traces d’un lointain amoureux français, avant grand-père Fiodor. Il y a aussi les articles de presse que Charlotte aimait à découper.

 

Andreï Makine fait revivre cette ville de Saranza, au bord des steppes, des souvenirs d’un charme indéfinissable, sa grand-mère qui n’allait pas s’asseoir avec les babouchkas qui l’appelaient « Choura » et les transformations apportées par la Révolution. L’église avait été amputée de sa coupole  et transformée en cinéma…

 

Alternant sa découverte progressive de notre pays et de Paris en particulier, avec la vie mouvementée de sa grand-mère, l’auteur détaille le retour de Charlotte en Russie, en 1921, comme infirmière de la Croix-Rouge parce qu’elle parle russe. La description de son voyage depuis Moscou jusqu’en Sibérie, dans un continent repu de sang, nous fait côtoyer l’horreur car elle découvre l’enfer. Toujours avec beaucoup de sensibilité, Andreï Makine nous fait partager le quotidien de ces femmes qui doivent surmonter les rigueurs d’un hiver qui tombe d’un seul coup, protégées seulement par leur isba.

 

Foisonnant de références historiques, le livre fait revivre la visite du tsar Nicolas II à Paris et la mort, quelques années après, de Félix Faure, le Président de la République qui l’avait reçu. Mort, à 58 ans, dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil…Pour le jeune Andreï, ébahi, c’est la preuve du romanesque de cette France qui l’attire tant : « Les amants de l’Elysée m’aidèrent à comprendre Madame Bovary. » Les Français, toujours en train de revendiquer, l’étonnent beaucoup car ils ne sont jamais contents du statu quo, ce sont des mutins-nés, des contestataires par conviction, des râleurs professionnels. Les idées et les images s’entrechoquent, se poursuivent, se contredisent dans un amour-haine de la France où il n’arrive à faire éditer ses premiers livres qu’en faisant croire qu’ils sont traduits du russe…

 

Il serait bien vain de vouloir détailler tout ce qui foisonne dans ce roman autobiographique tellement émouvant et révélateur de ce que fut la vie d’une famille au fil de l’Histoire. Le Testament français  est accompagné d’un autre texte du même auteur : Confession d’un porte-drapeau déchu, une autre description de la vie de gens du peuple, en Russie. Bonne lecture !

Jean-Paul

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 18:15

Faucon ou colombe ?  (Éditorial du 24/01/2014)

 

Après huit années passées dans un coma artificiel, Ariel Sharon qui fut général dans l’armée et homme politique de premier plan en Israël, vient de décéder. À lui seul, cet homme représente toute la complexité d’une situation dont souffrent les peuples palestinien et israélien.

 

Ariel Sharon est né Scheinermann, en 1926, de parents qui avaient immigré en Palestine sous mandat britannique, depuis l’Europe centrale, dès 1920. Très jeune, il s’est engagé dans la lutte armée au sein de la Haganah. Dans cette armée secrète qui deviendra Tsahal en 1948, il se bat, mène des actions violentes contre la Légion arabe. En 1948, il est gravement blessé.

 

La guerre des Six jours, en 1967, voit notre homme se distinguer dans le Sinaï et son prestige commence à grandir. C’est après une nouvelle victoire de l’armée israélienne dans la guerre du Kippour, en 1973, qu’il abandonne l’uniforme pour se lancer en politique, son prestige ayant encore augmenté.

 

Ministre de l’Agriculture dès 1974, Ariel Sharon pousse aux implantations agraires juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Jusqu’en 1981, ce sont plus de 25 000 Juifs qui s’installent dans les territoires occupés.

 

Arrive 1982 et l’invasion du Liban que Sharon dirige en tant que Ministre de la Défense. Tsahal couvre les phalangistes chrétiens libanais lors des massacres de Sabra et Chatila. La Commission d’enquête officielle évoque sa responsabilité personnelle et le contraint à démissionner.

 

Quelques années plus tard, Ariel Sharon revient au gouvernement puis est député à la Knesset, le Parlement israélien. C’est en 1998, alors qu’il est Ministre des Affaires étrangères, qu’il fait avancer le processus de paix. Premier ministre en 2001, réélu en 2003, il stoppe les négociations avec Yasser Arafat et réprime très durement les activistes palestiniens. C’est sous son gouvernement que la barrière de séparation à l’intérieur de la Cisjordanie et autour de Jérusalem commence à être édifiée malgré une condamnation de l’Onu.

 

Plus le temps passe et plus Sharon devient réaliste. Il retire les troupes de Gaza et entame un désengagement des territoires occupés malgré l’hostilité de la droite israélienne. Alors qu’il était donné grand favori des élections de 2006, il est victime d’une attaque cérébrale.

 

Ariel Sharon a toujours été plus faucon que colombe. Ce n’est que dans les dernières années qu’il a accepté quelques concessions pour tenter de ramener la paix dans cette région où rien n’est encore réglé, le cycle infernal attaque – représailles ne semblant pas encore avoir de fin.

 

Jean-Paul

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:25

Lulu femme nue, BD en deux volumes d’Étienne Davodeau,

Futuropolis, Volume 1 (2008) 77 p. et volume 2 (2010) 77 p.

 

LuluFemmeNue1 28102008 232856-copie-1Ce n’est pas toujours aisé d’adapter une BD au cinéma et la sortie du film de Solveig Anspach, ce 22 janvier 2014, était très attendue. Avant ou après l’avoir vu, il faut se précipiter sur les deux magnifiques BD d’Étienne Davodeau, un pur plaisir, tant par le dessin que par le texte.

 

Tout tourne autour d’un groupe de personnes discutant sur la terrasse d’une modeste villa. Si Xavier, un ami de la famille propriétaire des lieux, raconte dans le premier volume, c’est Morgane, la fille aînée de la maison, qui prend le relais dans le second.

 

C’est bien sûr Lulu qui est au centre du récit. Cette femme bien ordinaire, mère de famille consciencieuse, ne parvient pas à trouver du travail mais une rencontre avec Solange, VRP pour une entreprise pharmaceutique, va tout déclencher. Elle fugue…

 

Très attirée par l’eau, Lulu se retrouve au bord de l’océan où Charles, un marginal bien secondé par deux frangins peu ordinaires, lui apporte des moments de bonheur qu’elle n’espérait plus vivre.

 

Lulu se révèle à elle-même, perd les pédales mais sa rencontre très mouvementée avec Marthe sera déterminante. Elle remet en cause toute sa vie, réalisant des choses dont elle se croyait incapable.

 

Étienne Davodeau mène parfaitement son récit tout en sachant régaler régulièrement son lecteur de planches superbes au bord de la Méditerranée cette fois.

 

Tanguy, le mari, fait des siennes, et les surprises ne manquent pas jusqu’à ce que la boucle soit bouclée. Auparavant, Lulu a tenté de sortir de la médiocrité, Virginie, une serveuse de bar maltraitée par sa patronne.

 

Lulu femme nue, c’est l’aventure simple mais extraordinaire d’une femme qui a réussi à se mettre à nu, à se dépouiller de tout ce qui l’encombrait, de tout ce qui l’empêchait de vivre sa vie, afin de l’apprécier pleinement en la reprenant par le bon bout.

Jean-Paul

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 00:00

Mangez-le si vous voulez  par Jean Teulé, Julliard, 2009, 129 p.

 

jean-teulc3a9-mangez-le-si-vous-voulez.jpgCela commence tout gentiment. Nous sommes en plein été, au nord de la Dordogne, dans le domaine de Bretanges, sur la commune de Beaussac. Alain de Monéys, jeune homme de 28 ans se lève et converse un moment avec Amédée, son père, et Madeleine-Louise, sa mère. Nous sommes le mardi 16 août 1870, une sécheresse terrible sévit sur le pays et notre homme ne sait pas ce qui l’attend.

 

Exempté par le conseil de révision, il ne combat pas les Prussiens en guerre contre la France mais a demandé qu’on lève son exemption pour partir enfin sur le front de Lorraine malgré un léger handicap qui l’empêche de marcher normalement.

 

Comme il est le gérant du domaine familial et en même temps premier adjoint de Beaussac, il décide de se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. Après avoir fait le trajet à cheval, il commence à rencontrer des gens, tous courtois, comme Madame Lachaud, la femme de l’instituteur. Il ne se montre pas insensible au charme d’Anna Mondout, 23 ans, qui ne sait ni lire ni écrire, un cas fréquent à l’époque : « un enfant à l’école, c’est deux bras en moins à la maison et dans les champs. »

 

La foire de Hautefaye est un événement dans le pays et attire près de 700 personnes dans ce bourg qui compte tout juste 45 âmes. La chaleur, la soif et la sécheresse échauffent les esprits car les nouvelles du front sont contradictoires. Un cousin d’Alain fait savoir que L’écho de la Dordogne annonce des défaites à Froeschwiller, Reischoffen, Woerth et Forbach mais on ne veut pas le croire. Alors que la colère commence à gronder contre ce défaitiste, celui-ci réussit à s’enfuir.

 

Entendant ce remue-ménage, Alain de Monéys veut savoir ce qui se passe, défend son cousin et se fait traiter de Prussien et la folie s’empare d’une foule qui a trouvé un bouc-émissaire idéal pour servir d’exutoire. Nous laisserons au lecteur le soin de découvrir la suite racontée avec minutie et truculence comme sait si bien le faire Jean Teulé.

 

Mangez-le si vous voulez raconte une histoire vraie qui a défrayé la chronique et dont le dernier témoin est mort en 1953.

Jean-Paul

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 18:43

Inquiétante Centrafrique  (Éditorial du 17/01/2014)

 

Le 11 janvier 2013, la France intervenait au Mali. C’était l’opération Serval, opération réussie dans l’ensemble, avec 2 500 soldats. Depuis le 5 décembre dernier, suivant une résolution de l’Organisation des nations unies (ONU), notre pays a engagé 1 600 hommes en République Centrafricaine (RCA) pour l’opération Sangaris, aux côtés des 6 000 soldats africains promis par la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA).

 

Burundi, Tchad, Guinée équatoriale, Cameroun, Congo, Gabon et Rwanda font donc aussi l’effort d’envoyer des militaires pour tenter de ramener le calme dans un pays où affrontements, attaques, lynchages, exactions et représailles ont fait 1 000 morts, des quantités de blessés et des centaines de milliers de déplacés, en quelques semaines. En même temps, la plupart des pays africains rapatrient leurs ressortissants car ils ne sont plus en sécurité.

 

Ce pays de 4 700 000 habitants est une ex-colonie française, l’Oubangui-Chari1, qui faisait partie de l’Afrique équatoriale française (AEF), de 1910 à 1960. Avec ses 623 000 km2, la RCA est presque aussi grande que la France mais est enclavée par le Cameroun à l’ouest, le Tchad au nord, le Soudan et le Sud-Soudan à l’est, la République démocratique du Congo et le Congo au sud.

 

Savanes et forêt équatoriale occupent une bonne partie de ce pays au climat tropical où les ressources naturelles sont l’uranium, l’or, les diamants et les bois tropicaux. On y cultive le manioc, les bananes, le maïs, le café, le coton, la canne à sucre et le tabac. Bangui en est la capitale, la plus grande ville du pays, où vivent environ 1 200 000 habitants.

 

Sur le plan politique, la RCA a connu ses premières élections libres en 1993, portant au pouvoir Ange-Félix Patassé qui a été renversé par François Bozizé en 2003, renversé à son tour, en 2013, par la Seleka, une alliance de milices principalement musulmanes déclenchant une nouvelle guerre civile. La Seleka a mis au pouvoir Michel Djotodia2 mais des milices chrétiennes d’auto-défense se sont constituées. Ce sont les anti-balaka, une expression signifiant « anti-machettes » en sango, l’autre langue officielle du pays, avec le français.

 

Il ne faut pas oublier le coup d’État de Bokassa en 1965, personnage qui se proclama empereur en 1976 et dont la dictature fut renversée trois ans plus tard. Dans ce pays, la situation économique est fragile, la gestion de l’État difficile, les routes sont dégradées et l’insécurité règne.

 

Malgré d’importantes ressources, la République Centrafricaine est un des pays les plus pauvres du monde où les gens doivent  apprendre à vivre ensemble. C’est la seule solution mais la situation est très inquiétante.

Jean-Paul

 

1 : Oubangui et Chari sont deux fleuves. L’Oubangui (2 272 km) qui arrose Bangui, est un affluent du Congo alors que le Chari (1 200 km) coule vers le Tchad dont il baigne Ndjamena, la capitale, avant de terminer sa course dans le lac Tchad.

2 : Michel Djotodia a démissionné, avec son Premier ministre, le vendredi 10 janvier.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 11:56

Au revoir là-haut par Pierre Lemaitre, Albin Michel, 2013, 566 p.

Prix Goncourt 2013

 

au-revoir-la-haut-360508Plongé instantanément dans les derniers jours de cette Première guerre mondiale qui a débuté il y a cent ans, le lecteur ressent tout de suite la fracture entre les soldats et les officiers. Les premiers entendent parler d’armistice et, on le comprend facilement, sont impatients de voir ce cauchemar se terminer, alors que ceux qui commandent veulent toujours en découdre afin de gagner encore du galon.

 

Albert Maillard, sur le front, ne veut pas faire partie des derniers morts : « Il savait que la guerre n’était rien d’autre qu’une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre 4 ans tenait fondamentalement du miracle. » Alors qu’il se retrouve en très fâcheuse posture, au fond d’un trou d’obus, il pense à Cécile et lui envoie un « Au revoir là-haut » pathétique.

 

 L’autre personnage que nous suivons jusqu’au bout de cette passionnante histoire, c’est Henri d’Aulnay-Pradelle. Arriviste sans scrupules et débordant d’ambition, il n’hésite pas à déclencher l’attaque de la côte 113, le 2 novembre 1918.

 

Le troisième protagoniste se nomme Édouard Péricourt, grand jeune homme, fils d’un riche bourgeois. Jusque-là, il a eu de la chance mais « il confirme l’adage selon lequel le véritable danger pour le militaire, ce n’est pas l’ennemi, mais la hiérarchie. »

 

Après nous avoir plongés au cœur des derniers jours de guerre, Pierre Lemaitre passe assez vite aux années qui vont suivre grâce aux aventures de ces trois héros permettant enfin d’en savoir plus sur cette période trop longtemps négligée. Qui peut imaginer qu’après l’Armistice signée en novembre 1918, nos soldats attendraient toujours leur démobilisation quatre mois plus tard ? « Voilà comment ça finit une guerre, mon pauvre Eugène, un immense dortoir de types épuisés qu’on n’est pas foutu de renvoyer chez eux proprement », écrit Albert.

 

Pourtant, le pire reste à venir car « Tout le nord et tout l’est du pays étaient constellés de tombes de fortune creusées rapidement parce que les morts ne pouvaient pas attendre, pourrissaient vite, sans compter les rats. » L’État veut regrouper les tombes dans de grands cimetières mais il faut des cercueils et l’on embauche des Chinois, des Sénégalais  pour déterrer les corps car ils travaillent pour une bouchée de pain. C’est le début d’une scandaleuse affaire que l’auteur nous fait vivre de l’intérieur : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

 

L’autre affaire concerne les monuments aux morts dont toutes les communes de France veulent se doter pour y inscrire les noms des victimes de cette guerre. Il y a aussi cette incompréhension envers ceux qui en sont revenus : « L’État refourguait aux anciens poilus de vieilles vareuses militaires reteintes à la hâte. »  Entre les démobilisés et ceux qui sont restés à l’arrière, l’incompréhension est totale : « Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des survivants. »

 

1919. 1920. Pour faire plus de bénéfice, on fait fabriquer des cercueils trop petits, les corps sont mélangés, des soldats allemands sont inhumés sous une plaque française…

 

Pierre Lemaitre braque les projecteurs sur ces scandales d’après-guerre et, en plus, c’est passionnant à lire. Jusqu’à la dernière ligne, de rebondissement en rebondissement, le lecteur est tenu en haleine, l’épilogue et les précisions finales de l’auteur complètent parfaitement un Prix Goncourt amplement mérité et à lire d’urgence.

Jean-Paul

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 18:14

2014  (Éditorial du 10/01/2014)

 

Après ce que nous appelons les fêtes de fin d’année, des moments pas forcément agréables pour tout le monde, une nouvelle année débute et, sans vouloir jouer les devins, il est intéressant de se tourner vers les principaux événements qui nous attendent au cours des douze mois à venir… ceux qui sont prévus, en tout cas.

 

Incontestablement, la Coupe du monde de football, au Brésil, du 12 juin au 13 juillet, monopolisera l’attention des médias. La France ayant eu la bonne idée d’y participer, nous nous sentirons un peu plus concernés dès le France – Honduras, prévu le dimanche 15 juin, à Porto Alegre. Trois jours avant, le pays hôte aura ouvert le bal contre la Croatie, dans l’Arena Corinthians, à São Paulo. Quels pays seront en finale, dans le stade de Maracanã, à Rio de Janeiro ? Les paris sont ouverts mais un tel événement doit donner l’occasion de découvrir un pays immense qui fascine et inquiète tout autant.

 

Cette année nouvelle sera l’Année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire  et  il serait bon de prendre de bonnes habitudes afin que tant de saine et bonne nourriture ne finisse plus dans nos poubelles.

 

Toujours au chapitre européen, Marseille et Košice (Slovaquie) doivent céder leur place de capitales européennes de la culture à Riga (Lettonie) et Umeå (Suède) pour 2014. Pour la présidence de l’Union européenne (UE), la Grèce succèdera à la Lituanie, de janvier à juin, puis laissera finir l’année à l’Italie. Enfin, il ne faut pas oublier les élections européennes, huitièmes du nom. 751 députés européens seront élus au suffrage universel direct et l’on votera en France le dimanche 25 mai.

Plusieurs semaines avant, les débats auront été beaucoup plus agités dans l’hexagone à l’occasion des élections municipales dont les deux tours sont prévus les dimanches 23 et 30 mars. Côté historique, le 60e anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin, précèdera le Centenaire du début de la Première guerre mondiale, le 4 août.

 

Cette liste n’étant pas exhaustive, nous reviendrons au sport pour ne pas manquer les 22e Jeux Olympiques d’hiver, à Sotchi, en Russie, du 7 au 23 février, sans oublier le 101e Tour de France qui partira de Leeds, en Grande-Bretagne, sur les routes du Yorkshire, pour 21 étapes et 3 656 km.

 

Une nouvelle année est en route et c’est l’occasion d’adresser à tous de bons vœux en espérant qu’aux événements annoncés ne viennent pas s’ajouter trop de drames, forcément imprévisibles.

Jean-Paul

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