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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:00

Ma vie n’a pas commencé par Leny Escudero,

Le Cherche midi, 2013, 424 p.

 

9782749115696.jpgTout au long de cette autobiographie qui sera complétée par un second volume, Leny Escudero, par petites touches, nous fait entrer dans ce qui fut son aventure, une vie riche en douleurs et en joies.

 

D’ouvrier du bâtiment à auteur-compositeur-interprète, cet homme a bouleversé tous ceux qui ont entendu ses chansons. Lui qui ne cherchait pas le succès et n’aimait pas sa voix, a connu la célébrité avec des titres comme Pour une amourette, Parce que tu lui ressembles, L’arbre de vie, À Malypense, Ballade à Sylvie, La grande farce, Le Bohémien, Fils d’assassin… mais il faudrait les citer tous et surtout l’écouter, le réécouter.

 

Avec sincérité, toujours beaucoup d’émotion et des remarques très justes sur les rapports humains, il raconte son arrivée à Paris alors qu’il n’a pas 20 ans. On l’embauche comme manœuvre terrassier. Ce fils de républicains espagnols réfugiés en France va de boulot en boulot et attend sa naturalisation, surpris d’apprendre qu’il faut donner une enveloppe bien garnie pour que son dossier soit enfin examiné… C’est finalement un député chez qui il travaille, qui règle son problème alors que Leny ne nous cache rien de ses amours et de sa vie familiale.

 

Il commence à chanter dans une arrière salle de café : « Ce sont mes premiers contacts de faiseur de chansons avec des gens que je ne connais pas. Ils ont l’air d’apprécier… » Plus loin, il avoue : « Je ne connais rien à la musique. »

 

Tout en continuant à travailler sur des chantiers, il avance peu à peu dans le monde de la chanson, rencontre Maurice Fanon. Christian Sarral, son guitariste, ne veut pas qu’il envoie ses textes à d’autres chanteurs pour qu’il ne soit pas classé comme auteur.

 

Les chapitres, moments de vie intenses et souvent très émouvants, se succèdent. Jacques Canetti, chez Philips, croit en lui. Félix Leclerc le conseille. Il part en tournée avec Raymond Devos et Juliette Gréco, se heurte à l’hostilité de Jacques Brel : « Jacques Brel m’a haï tout de suite. Longtemps. Je n’ai jamais su pourquoi. » Peut-être était-il jaloux de son passé qu’il trouvait « Trop beau pour être vrai ! » Philips vire Canetti, Boris Vian aussi, et veut faire de Leny un chanteur de rock !

 

Leny reprend alors les petits boulots aux Halles de La Villette mais il tente sa chance à L’Échelle de Jacob. À Vichy, où ça se passe mal sur scène, c’est Fernand Raynaud qui vient à son secours et restera l’un de ses meilleurs amis. Léo Messir, directeur artistique chez Barclay, lui permet d’enregistrer à nouveau. Le succès est là mais Leny s’en va faire le tour du monde. Il aide même à construire une école en Afrique.

 

Après avoir tourné dans « Une femme flic » d’Yves Boisset, il refuse de signer avec Artmédia, voulant garder toute son indépendance et cette agence bloque toutes les propositions qui lui sont faites ensuite pour le cinéma.

 

Après avoir refusé la médaille des Arts et Lettres que Jack Lang voulait lui décerner, il n’accepte pas d’aller au « Grand Échiquier » de Jacques Chancel parce qu’on veut qu’il remplace « La Grande Farce » par deux autres chansons moins dérangeantes…

 

Personnage entier, Leny Escudero est un formidable artiste, inspiré par Gaston Couté, le fameux poète libertaire. Ma vie n’a pas commencé permet de le découvrir et de mieux le connaître en attendant impatiemment la seconde partie… et le polar qu’il a promis d’écrire…

Jean-Paul

 

Un immense merci à Bernard D. Il nous a offert ce livre magnifique dédicacé par l’auteur  qui a noté son expression préférée : « VIVE  LA  VIE ,  VIVE  L’AMOUR ».

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 17:59

Lampedusa, porte d’entrée (Éditorial du 18/10/2013)

 

Le drame de Lampedusa braque les projecteurs de l’actualité sur des gens qui fuient leur pays d’origine au péril de leur vie dans l’espoir d’une vie meilleure. Ils quittent tout pour tenter d’entrer dans cette Europe qui les fait rêver et que des passeurs sans scrupule réussissent à leur vendre.

 

Dans ce récent naufrage, plus de 300 personnes ont péri, tout près de l’île de Lampedusa, une île italienne en pleine mer méditerranée, située plus près de la côte tunisienne que de la Sicile et à 220 km de Malte. Ses 6 000 habitants vivent grâce à la pêche et au tourisme. Le seul lieu habité de ce territoire de 20 km2, c’est la ville portuaire de Lampedusa, le reste de l’île étant aride et assez désertique.

 

Ainsi, tout migrant ayant mis le pied sur cette île se trouve de fait en Europe et à la charge du gouvernement italien qui dénombre 30 000 arrivées depuis début 2013. Le problème est donc permanent et il a fallu une catastrophe, une fois de plus, pour que l’on en parle…

 

1000 personnes s’entassent dans un centre d’accueil de 250 places. Après les Tunisiens en 2012, ce sont donc maintenant, avec des Syriens, des Somaliens et des Érythréens qui tentent de venir vivre en Europe. Depuis ce qu’on appelle la Corne de l’Afrique, quel voyage ont donc effectué ces gens ? Quelles souffrances ont-ils endurées ?

 

Depuis les accords de Schengen mis en place en 1995, les conditions d’entrée et les visas sont harmonisés dans vingt-deux pays de l’Union européenne (UE) plus quatre autres : Islande, Norvège, Suisse et Lichtenstein. Il n’y a normalement plus de contrôles aux frontières, sauf cas particuliers. Pour les trois pays du sud de l’Europe (Grèce, Italie et Espagne), cet afflux permanent de migrants est devenu trop lourd à gérer.

 

Il serait temps, là aussi, que la solidarité devienne effective entre tous les pays de l’UE afin que tous ces gens qui fuient guerres et persécutions soient enfin accueillis comme des être humains.

 

Jean-Paul

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 23:00

Les Roms, un problème européen (Éditorial du 11/102013)

 

Intolérance, suspicion, amalgame, peur de l’autre, tout y est dès que l’on entend parler des Roms, un terme adopté en 1971, à Londres, puis confirmé en 2002 par l’Union romani internationale (IRU), lors de son congrès à Paris. Ce mot employé sans discernement désigne officiellement : « des hommes et des femmes mariés et parents faisant partie d’un groupe de voyageurs, gitans ou tziganes. » C’est bien sûr un terme générique car les Roms sont constitués de nombreux groupes et sous-groupes.

 

Lorsque cela se passe mal à proximité d’un camp de Roms, il ne faut pas oublier que ces gens sont contraints à une tragique errance et il faudrait essayer de comprendre pourquoi la délinquance explose au sein de ces populations venues de l’Europe de l’est, principalement de Roumanie et de Bulgarie.

 

Ces deux pays ont adhéré à l’Union européenne (UE), en 2007, avant que le sort des Roms soit réglé, alors que plusieurs millions d’entre eux étaient déjà maltraités, discriminés, la plupart du temps considérés comme des sous-hommes. Alors que l’UE privilégie les droits, les valeurs communes, les principes européens, chaque État se confronte à du concret et tente de gérer la situation à sa manière.

 

Entre 2007 et 2013, Bruxelles a mis 20 milliards d’euros à la disposition de la Roumanie pour « l’insertion des groupes vulnérables » sans se préoccuper de ce qu’on faisait de cet argent. Alors, les Roms s’en vont et cherchent une terre d’accueil la plus convenable possible. C’est ainsi qu’on les retrouve dans des campements dits illégaux et que c’est à chaque fois un drame humain lorsqu’il faut démanteler tout ça et, parfois, expulser ces gens.

 

Depuis 2007, Roumains et Bulgares peuvent circuler librement dans toute l’Union européenne. Ils peuvent rester trois mois en France sans avoir à justifier leur activité. Pour pouvoir rester plus longtemps, il faut soit être étudiant, soit être employé dans un secteur en demande. Le 1er janvier 2014, ces restrictions tomberont, Bulgarie et Roumanie  devenant membres à part entière de l’UE.

 

Une fois de plus, la solution européenne est la seule pour sortir de l’impasse car il faut dire et répéter que les Roms sont des gens nés en France, en Espagne, en Bulgarie, en Roumanie et dans tant d’autres pays. D’ailleurs, les membres d’une même famille peuvent avoir vu le jour dans plusieurs pays différents.  Ainsi, pays d’origine, pour les Roms, n’a guère de sens et il serait temps que « l’Europe sociale » que promettait Jacques Delors*, soit réellement mise en place.

Jean-Paul

 

* Jacques Delors : homme politique français qui fut président de la Commission européenne, de 1985 à 1994.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:32

La liste de mes envies par Grégoire Delacourt, JC Lattès, 2012, 185 p.

 

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Pour son  deuxième roman, Grégoire Delacourt, publicitaire qui a créé sa propre agence, a obtenu un beau succès puisque, avant sa sortie en livre de poche, son livre a dépassé les 470 000 exemplaires. De plus, La liste de mes envies est sorti dans 27 pays dont l’Angleterre et les USA avant d’être adapté au théâtre puis, bientôt, au cinéma.

 

Ici, l’auteur se met dans la peau de Jocelyne Guerbette (47 ans) qui se trouve un peu ronde et tient une mercerie, à Arras (Pas-de-Calais). Elle parle, se confie avec humour et réalisme. Il y a Jocelyn, son mari, qui travaille dans la crème glacée, et les enfants, Romain et Nadine, déjà grands, partis faire leur vie. Jocelyne a deux amies, Danièle et Françoise, jumelles, coiffeuses et esthéticiennes.

 

Son blog, Dixdoigtsdor, est un succès car elle y écrit « à propos du bonheur du tricot, de la broderie, de la couture… » mais voilà que, poussée par les jumelles, elle se laisse aller à jouer 2 € à l’Euromillion… Le plus fort, c’est qu’elle gagne et… fait un malaise ! Elle n’en parle à personne, même pas à Jo, son mari, encore moins à ses copines. Nous la suivons à la FDJ, à Boulogne-Billancourt où elle va recevoir un chèque de 18 547 301,28 € après avoir vu une psychologue qui la met en garde contre toutes les catastrophes qui l’attendent.

 

Comme elle est à Paris, elle en profite pour faire les plus grandes boutiques. Chez Chanel, elle note la solitude sur le visage d’une actrice avant de s’en aller alors qu’elle aurait pu « dévaliser la boutique »… Les plus grands restaurants l’attendent mais, finalement, elle se contente du sandwich préparé par Jo : « aucun sandwich ne serait aussi bon que le sien ».

 

Gardant son secret pour elle, elle veut que rien ne change mais fait la liste de ses envies, savoureuse, étonnante parfois, amusante et surtout émouvante : « Être enviée… Qu’on me dise que je suis belle… » Ainsi, notre héroïne bien ordinaire se rend compte que les besoins permettent de penser que demain on sera encore vivant… mais voilà que survient la catastrophe : « L’argent ne peut acheter le bonheur mais peut le détruire. »

 

La vie de Jocelyne est bouleversée et elle constate : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Qu’importe. L’expérience aura été passionnante et révélatrice sans oublier de faire passer de délicieux moments au lecteur, ce qui est le principal.

 

Jean-Paul

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 09:00

Et puis y’a les impôts… (Editorial du 4/10/2013)

 

C’est bien connu, les impôts ne viennent jamais quand il faut… et, cette année, la mauvaise surprise tombe sur des gens qui ne s’y attendaient pas ou qui espéraient encore échapper à cette mutualisation indispensable au fonctionnement de l’État mais que chacun estime très mal répartie.

 

Les chiffres varient beaucoup mais on estime qu’il y aura entre 1 et 1,6 million de nouveaux imposables cette année, ce que dément le ministre du budget, Bernard Cazeneuve. Il ajoute que 3 millions de ménages non imposables le sont devenus l’an dernier mais qu’en contrepartie, beaucoup d’autres sont sortis de l’impôt, ce qui donnait une augmentation de 940 000 ménages de plus payant l’impôt direct, en 2012.

 

Plusieurs décisions gouvernementales expliquent cette évolution très difficile à admettre pour une personne non imposable qui le devient. Il y a d’abord le gel de l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu décidé par François Fillon et maintenu par Jean-Marc Ayrault avec promesse de suppression en 2014. Cette indexation du barème permet de ne pas payer plus d’impôt avec des revenus n’augmentant pas plus que l’inflation. Malgré les promesses de la campagne électorale, ce gel a été maintenu pour 2013 car le gouvernement est toujours à la recherche de recettes fiscales.

 

D’autres éléments sont venus s’ajouter à ce gel pour faire augmenter le nombre de foyers imposables. La refiscalisation des heures supplémentaires, le gel de la prime pour l’emploi, la réduction de l’avantage du quotient familial, la suppression de la demi-part pour les veuves sauf conditions particulières… le calcul de l’impôt sur le revenu ressemble à une jungle vite rendue inextricable par les décisions et les contre-décisions gouvernementales.

 

Il faut tout de même savoir que tous les pays n’appliquent pas le même système. Dans l’Union Européenne (UE), les trois principales sources de revenus pour les États membres sont : la fiscalité directe, la fiscalité indirecte (TVA principalement) et les cotisations sociales payées par les salariés et les employeurs.

 

Chaque pays membre de l’UE est entièrement souverain en matière de fiscalité directe mais la France, la Suède, la Belgique et le Danemark ont les taux de prélèvement les plus élevés. Une tentative d’harmonisation est en cours mais se limite à éviter la double imposition des sociétés, à permettre à tout citoyen européen d’épargner où il veut tout en luttant contre l’évasion fiscale et contre les fraudes diverses.

Jean-Paul
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:41

Inconnu à cette adresse par Kressmann Taylor,  Editions Autrement, 64 p.


couv10703321.gif.jpgComment est-il possible, en à peine soixante pages et quelques lettres échangées entre San Francisco et Munich, comment est-il possible de faire ressentir tout un drame, sûrement le plus terrible qu’ait eu à subir l’Humanité ?

 

Kressmann Taylor, déjà mère de trois enfants à l’époque, a publié ce texte, pour la première fois, dans Story Magazine, en 1938.

 

Avec une simplicité et une efficacité désarmantes, l’auteure fait correspondre deux hommes, Martin Schulse, un Allemand vivant à Munich, et son ami très cher, Max Eisenstein, un Juif américain, qui habite à San Francisco, en Californie. Tous les deux, ils sont marchands de tableaux. Martin s’inquiète beaucoup pour sa sœur, Griselle, qui vit à Vienne et demande à son ami, Max, de bien vouloir prendre de ses nouvelles car elle est artiste et doit aller se produire sur scène, à Berlin…

 

Par touches successives, le lecteur prend conscience de la situation économique, sociale et politique de l’Allemagne qui se relève péniblement de la défaite de 1918. Une question de Max à Martin interpelle : « Qui est cet Hitler ? » et la réponse encore plus : « Hitler est bon pour l’Allemagne… tant pis pour les bavures… »

 

Consterné, Max lit, dans une lettre de Martin, datée du 9 juillet 1933 : « La race juive est une plaie ouverte pour toute nation qui lui a donné refuge », et, un peu plus loin : « Vous n’êtes pas courageux pour vous battre ». Pour Martin, le choc est terrible mais, malgré tout, il tente d’entretenir l’amitié alors que la descente aux enfers est infernale.

 

Martin, le 12 février 1934, écrit depuis Munich : « Tu es en train de me détruire », parle de folie, de camps de concentration, du risque d’être fusillé alors qu’il a tout fait pour plaire à la dictature nazie…

 

Inconnu à cette adresse, petit livre d’une force extraordinaire, m’avait été prêté par la Médiathèque de Villeneuve-lès-Maguelone que je remercie.

Jean-Paul

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 08:28

Diesel or not diesel ? (Éditorial du 27 septembre 2013)

 

En marge d’une actualité internationale toujours aussi dense et incertaine, un débat bien franco-français agite les médias : faut-il couper les ailes au diesel ?

 

D’après ce que nous lisons et entendons, notre pays serait champion du paradoxe en privilégiant depuis plus de trente ans un carburant très dangereux pour la santé à cause des particules  fines (PM10) qu’il dépose en suspension, dans l’air que nous respirons. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est catégorique : « Les gaz d’échappement des moteurs diesel provoquent le cancer du poumon chez l’homme. » Les voitures ne sont pas seules en cause car il faut ajouter le chauffage domestique et l’utilisation industrielle de ce même carburant. Cela paraît énorme mais, en 2005, la Commission européenne estimait à 42 000 morts prématurés, par an, en France, à cause de ces particules.

 

Les conséquences de cette dépendance au diesel ne sont pas seulement sanitaires mais aussi financières puisque, depuis le 19 mai 2001, la France est assignée devant la Cour de justice de l’Union Européenne (UE) pour « non respect des valeurs limites de qualité de l’air applicables aux particules en suspension, connues sous le nom de PM10. » L’État français risque donc d’être obligé de payer des amendes et de fortes pénalités.

 

Ce phénomène semblant vraiment une spécificité nationale, il est bon de faire un petit retour en arrière pour comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est au cours des années 1980 que le gouvernement de l’époque, afin de soutenir Citroën, Peugeot et Renault, a commencé à accorder des avantages fiscaux au diesel. Peu à peu, les gens se sont mis à acquérir des véhicules diesel malgré un surcoût à l’achat vite récupéré, surtout pour ceux qui roulent beaucoup. Résultat : en 1980, 8,3 % des voitures roulent au gazole, un pourcentage qui est passé à 63,3 en 2011 ! Actuellement, la différence de taxe perçue par l’État sur un litre de carburant est de 18 centimes en faveur du diesel et revient sans cesse le problème de la disparition progressive de cet avantage.

 

Rien n’est encore fait car il y a un vrai risque politique à augmenter la taxe sur le diesel pour rapprocher son prix de celui de l’essence. Pourtant, le débat mériterait d’être vraiment lancé : faut-il privilégier l’emploi et le pouvoir d’achat ou la santé des Français ?

 

L’autre question sûrement la plus fondamentale concerne la crise énergétique qui nous guette chaque jour un peu plus. Nous faisons comme si les réserves pétrolières étaient inépuisables mais nous savons que ce n’est pas le cas. Le bon sens voudrait que l’on gomme doucement l’avantage accordé au diesel pour que ce soit le moins indolore possible mais aussi que tout soit fait pour valoriser les ressources en énergie renouvelable et non polluante. C’est une question de volonté politique mais aussi de prise de conscience collective, ce qui ne semble pas encore pour tout de suite.

Jean-Paul

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 22:29

La guerre tente toujours… (Editorial du 20/09/2013)

 

L’actualité réserve souvent de curieux télescopages qui doivent nous faire réfléchir.

 

Pendant que l’on débat, au moment où nous écrivons ces lignes, sur la nécessité d’une intervention militaire en Syrie pour « punir » les exactions du régime de Bachar Al-Assad contre sa population, notamment l’utilisation d’armes chimiques, les Présidents allemand et français commémorent le massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), 69 ans après.

 

Quatre jours après le débarquement en Normandie, le 10 juin 1944, la division SS Das Reich, troupe d’élite dont faisaient partie treize Alsaciens appelés plus tard les « Malgré nous », ces SS s’arrêtent à Oradour-sur-Glane, près de Limoges, un village paisible où l’on n’avait pas vu un soldat allemand de toute la guerre. La population est rassemblée, les hommes mis de côté et aussitôt exécutés pendant que les femmes et les enfants sont enfermés dans l’église où ils seront brûlés vifs. Pourquoi une telle cruauté ? Les soldats ont dit qu’ils exécutaient les ordres de leurs supérieurs mais cette violence méthodiquement appliquée et maîtrisée afin de supplicier des centaines de victimes innocentes et désarmées, cela ne se voit qu’en temps de guerre.

 

Nous le savons depuis longtemps : une guerre propre n’existe pas. Pourtant, c’est souvent ce que les gouvernants promettent toujours avant. Le pays va s’engager dans une guerre rapide, éclair, visant des objectifs ciblés… mais, presque à chaque fois, c’est l’enlisement avec des conséquences dramatiques pour les populations qui n’ont pas de chance et se trouvent sous les bombes. Après chaque conflit armé, les mêmes choses sont dites, répétées mais ces leçons du passé ne servent pas puisque, régulièrement, reviennent les mêmes tentations belliqueuses afin de régler des problèmes qui n’ont pu être solutionnés par la négociation.

 

Commencée en 2011, la guerre civile s’éternise en Syrie. Depuis des mois, la chute du régime autoritaire de Bachar Al-Assad est annoncée mais celui-ci résiste avec le soutien de certains pays, comme la Russie ou la Chine. Ces derniers d’ailleurs, mettent leur veto à toute décision du Conseil de Sécurité des Nations Unies visant à intervenir directement en Syrie. Les présidents Obama et Hollande sont bien seuls à vouloir intervenir militairement dans un conflit d’une complexité inouïe où l’horreur n’est l’exclusivité d’aucun camp.

 

La tentation guerrière est donc toujours ancrée dans notre société humaine alors que nous avons sous les yeux les conséquences dramatiques causées à chaque fois. Oradour est un exemple que nous ne devons pas oublier et nous savons que bien d’autres villages ou villes martyrs ont hélas jalonné l’Histoire. 

Jean-Paul

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 10:53

Comme nous vous l'avions annoncé au début de l'été, Jean-Paul continue de participer à la rédaction de l'éditorial  de l'hebdomadaire de la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone. Bonne lecture.

Bien démarrer (Editorial du 13/09/2013) 

 

Les deux mois d’été sont derrière nous et, l’actualité nous le rappelle sans cesse : c’est la rentrée !

Pendant neuf longues semaines, Hector  a sacrifié à la pause estivale mais son équipe de rédaction s’est remise au travail avec enthousiasme pour que vous retrouviez  avec soulagement votre journal toujours aussi riche d’informations et de commentaires.

 

Même si la chaleur est encore présente, il faut se dire qu’une nouvelle rentrée est une belle occasion pour bien démarrer afin de bonifier tout ce temps passé privé de liberté. La zone socio-pédagogique est là pour offrir un maximum de chances à tous ceux qui veulent bien se mettre au travail afin de pouvoir retrouver le monde extérieur plus forts, nantis d’un bagage intellectuel et culturel plus riche et plus diversifié.

 

Les activités, coordonnées par le surveillant, sont suffisamment nombreuses pour que chacun trouve le cours ou l’atelier qui le fera progresser. Il faut d’abord souhaiter la bienvenue à Amaury Champetier, nouveau responsable local d’éducation (RLE), qui remplace François Kempf parti vers d’autres horizons, après deux années passées à VLM. Autour du RLE, une équipe d’enseignants de l’Éducation Nationale assure 28 modules ou classes de 12 élèves, proposant des cours en français, anglais, espagnol, philosophie, histoire, géographie, niveau collège ou lycée. Ces cours sont complétés par la remise à niveau en Français langue étrangère (FLE), apprentissage de la lecture et de l’écriture, l’atelier du journal Hector sans oublier les cours d’informatique. Chaque année, de nombreuses personnes détenues réussissent et obtiennent des diplômes comme le DILF (Diplôme d’initiation à la langue française) réservé aux étrangers, le CFG (Certificat de formation générale), le DNB (Brevet), le DAEU (équivalent du Bac) mais aussi des licences ou des BTS (Brevet de technicien supérieur).

 

Les étudiants du GENEPI (Groupe étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées) viendront compléter l’équipe éducative avec du soutien scolaire en langues et, à partir du mois de janvier, des ateliers consacrés à la musique et aux jeux de société. Enfin, il est possible aussi pour chacun de s’inscrire à des cours par correspondance au CNED (Centre national d’éducation à distance) et à Auxilia, avec possibilité d’aide financière.

 

Le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) offre, tout au long de l’année, la possibilité de participer à des actions culturelles (échecs, écriture, dessin, modelage, slam, théâtre, sorties au Musée Fabre, à l’Opéra). Plusieurs autres animations sont en projet comme des ateliers sur la citoyenneté et une exposition préparée par les élèves du centre scolaire afin de sensibiliser un maximum de personnes au vote pour les élections européennes et au droit de vote des personnes incarcérées. Gérard Rousset, ancien directeur de la Maison de l’Europe (voir Hector n° 793 du 15 février 2013), devrait diriger ces animations qui permettront aussi d’acquérir une meilleure connaissance de l’Union Européenne et des 28 pays qui la composent.

 

Toujours dans la zone socio-pédagogique, l’entreprise Sodexo continuera à assurer les entretiens pour le travail, les séances d’emploi-formation, des cours d’informatique et de rédaction de CV et l’Unité Sanitaire (US) de VLM assurera des groupes de parole à propos de l’alcool, de la drogue… et de l’expression corporelle. Il ne faut pas oublier le Relais Parents-Enfants qui ne cesse de renforcer les liens familiaux mais aussi Pôle-emploi et ses rendez-vous pris par l’intermédiaire du Spip, la permanence de la CAF (Caisse d’allocations familiales) le 3e jeudi de chaque mois, d’autres groupes de parole du CIDF (Centre d’information sur les droits des femmes et de la famille) et les cultes catholique, protestant, gitan et musulman qui accueillent les croyants.

 

Tout au long de l’année, Hector vous tiendra au courant de l’évolution de toutes ces activités pour lesquelles il est nécessaire de s’inscrire en utilisant les coupons de l’avant-dernière page du journal. Le planning de la bibliothèque, partie importante de la zone socio-pédagogique, où plus de 6 000 livres et documents vous attendent, sera aussi présent dans Hector, chaque semaine, pour permettre à chacun de pouvoir lire et s’informer personnellement.

 

Jean-Paul

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 15:02

Le Grand Cœur par Jean-Christophe Rufin, Gallimard, 2012, 512 p.

  

Rufin_le_grand_coeur.jpgLire Jean-Christophe Rufin est toujours un pur régal. Qu’importe la longueur du livre : son style, clair et précis, de même que son récit, toujours très documenté, sont des compagnons précieux qui rendent le temps, passé en compagnie de cet auteur, infiniment agréable.

 

Le Grand Cœur pourrait être une biographie mais Jean-Christophe Rufin s’est octroyé quelques infidélités à ce que nous savons de l’histoire de Jacques Cœur, un homme célèbre qui a marqué son enfance passée dans la bonne ville de Bourges.

 

Comme il l’explique très bien dans la postface, l’auteur a  voulu « dresser un tombeau romanesque » à cet homme qui n’en a pas et sur lequel on a raconté tant de choses inexactes. Ainsi, c’est Jacques Cœur qui raconte, à la première personne, cette vie qui fut tellement extraordinaire. Capable d’aller jusqu’en Orient mais aussi en Flandres, en Italie, en Languedoc, en Grèce, à une époque où voyager n’est pas facile, Jacques Cœur nous fait partager ses expériences, ses émotions, ses déceptions, ses amours.

 

Le récit commence alors que notre homme a 56 ans, qu’il est en pleine santé mais qu’il est exilé sur l’île grecque de Chio, redoutant d’être assassiné. Ex-argentier du roi de France, Charles VII, il décide d’écrire ses mémoires.

 

Né à Bourges, au moment où Charles VI devenait fou, il a un frère et une sœur et le pays est en guerre depuis un siècle. Son père est pelletier. Un jour, un gitan veut lui vendre un léopard d’Arabie pour la peau et Jacques Cœur, enfant, assiste à la scène. Depuis, l’Arabie l’attire de plus en plus alors qu’il constate, en jouant avec ses camarades, que le pouvoir de l’esprit est supérieur à la force pure.

 

Il épousera Macé, son premier amour. Elle a 18 ans et lui 20. Sa belle-famille lui fait découvrir le commerce de l’argent mais il découvre aussi la misère du pays pendant que sa femme lui donne quatre enfants. Ravaud, un nouvel ami venu du Nord, est monnayeur et lui propose de s’associer. Pour bien se rémunérer, ils trichent et sont arrêtés. Ainsi, Jacques Cœur connaît, pour la première fois, la prison, une épreuve violente et la honte qui l’accompagne…

 

Au cours d’un voyage à cheval, il découvre le Rhône, de nouvelles plantes, la langue d’oc, Montpellier et la mer ! Il n’a plus qu’un seul désir : naviguer jusqu’en Orient. C’est ainsi qu’il embarque à bord d’une galée, voilier dont on peut voir une reproduction sur un vitrail du Palais Jacques Cœur, à Bourges.

 

« J’avais enfin le sentiment de vivre. » On ne peut être plus clair. Jacques Cœur découvre Agrigente, la Crète, Alexandrie, Beyrouth et  va jusqu’à Damas où il reste ébahi par une caravane de 2 000 chameaux partant commercer avec la Chine… Pour lui, Damas est le centre du monde avec ses jardins, les bains de vapeur, les parfums, les tapis, les tissus soyeux, etc… Ainsi, ce voyage marque le restant de sa vie de façon indélébile, même si le retour est pénible avec quelques semaines de prison en Corse.

 

Dès son retour à Bourges, il recrute d’anciens camarades pour créer sa maison de négoce avec l’Orient. Son nom devient une marque, un mythe car le succès est immédiat. Pourtant, il n’est pas satisfait tant qu’il n’a pas rencontré le roi, Charles VII. Ce sera fait à deux reprises, à Bourges puis à Compiègne. Le roi lui confie la ferme des monnaies pendant que ses propres affaires prospèrent.

 

Ainsi va la vie d’un homme qui consent des prêts, lie finance et commerce et vit au plus près du roi depuis qu’il est devenu Argentier, c’est-à-dire qu’il assure l’intendance de la Cour. Ses affaires étant imbriquées avec celles du roi, il se prépare des problèmes qui ne manqueront pas d’arriver. Le temps passe et le livre fourmille d’aventures, d’événements permettant de mieux comprendre cette période cruciale de l’Histoire de notre pays basculant peu à peu vers la Renaissance.

 

Nous n’oublions pas, bien sûr, Agnès Sorel, devenue la maîtresse du roi mais que Jacques Cœur aime passionnément. Pour connaître tout cela en détails, il ne faut pas hésiter à se lancer dans la lecture du Grand Cœur, un livre émouvant et passionnant qui m’a été offert par Marie-Noëlle, Marie-Thérèse, Myriam, Adrien, Benoît et Denis que je remercie très sincèrement.


Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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