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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 14:30

Le Nazi et le Barbier  par Edgar Hilsenrath,

Traduit de l’allemand par Jörg Sticken et Sacha Zilberfarb, Attila (2010), 510 p.

 

51Tg1M0H3QL.jpgCe livre sort vraiment de l’ordinaire car traiter d’un sujet aussi grave et sérieux avec autant d’humour noir et de dérision est la chose la plus malaisée qui soit. Parce qu’il a été lui-même victime de la barbarie nazie, Edgar Hilsenrath sait de quoi il parle mais il le fait à sa façon, très personnelle, unique.

 

Il conte ici l’histoire de Max Schulz, fils illégitime mais aryen pure souche de Minna Schulz. Il grandit avec son voisin, Itzig Finkelstein, qui a le même âge, à Wieshalle où il y a 99 Juifs pour 33 099 habitants. L’épisode de la circoncision, au début du livre premier, est désopilant, donnant bien le ton. Max apprend le yiddish chez les Finkelstein et va à la synagogue : « Avec Itzig, on était cul et chemise. » Itzig est blond aux yeux bleus, nez droit… alors que Max à les cheveux noirs, des yeux de grenouille, un nez crochu, des lèvres charnues et des dents pourries…

 

Pourtant, après la visite d’Hitler à Wieshalle, Max va devenir un SS, l’auteur démontrant bien la montée du nazisme dans le peuple. Tout y est : les pogroms, la Nuit de cristal, les synagogues brûlées, les magasins pillés, l’invasion de la Pologne et la Shoah par balles décrite d’une tout autre façon que dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell avec le ton sarcastique inimitable d’Edgar Hilsenrath.

 

Ainsi, nous suivons le parcours très compliqué de Max qui tuait avec le sourire, un mégot au coin des lèvres : « J’étais de la SS, c’est-à-dire un de ceux qui faisaient le sale boulot pour les bricoleurs du Nouvel Ordre ». Toujours teinté d’humour noir, le récit nous emmène de la forêt polonaise au Berlin en ruines où Max prend sans vergogne l’identité d’Itzig Finkelstein !

 

Il réussit à gagner la Palestine sur un rafiot qui déjoue la surveillance britannique. Il se porte même volontaire pour soigner les enfants : « Moi, le meurtrier de masse, Max Schultz, je me suis rendu immédiatement à l’infirmerie… je me sentais comme un saint, un exterminateur rédimé, métamorphosé. »

 

Il n’oublie jamais tout ce qu’il a fait mais se retrouve, les armes à la main, à combattre aux côtés des sionistes, découvre les kibboutz, reprend son métier de coiffeur que lui avait appris le père d’Itzig dont il porte bien sûr toujours le nom, et se marie. Lucide jusqu’au bout, l’auteur lui fait dire : « Aucun châtiment n’apaisera mes victimes. » Puis, un peu plus loin : « Les génocidaires : la plupart courent toujours… La plupart sont retournés au pays »

 

Lire Le Nazi et le Barbier est une expérience marquante et il est heureux que cette oeuvre ait été rééditée en France après avoir eu tant de peine à paraître en Allemagne.

Merci à Vincent pour ce livre.

Jean-Paul

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 22:15

Années décisives pour la presse  (Éditorial du 21/03/2014)

 

Tenir dans ses mains un journal ou un magazine est un plaisir en voie de régression avec le développement exponentiel d’internet. Certains se demandent même si ce type de lecture n’est pas menacé de disparition, tellement la lecture sur écran gagne du terrain.

 

Depuis que la presse existe, des journaux sont nés, d’autres ont disparu mais ce que nous vivons semble irréversible. Malgré tout, la résistance s’organise car la lecture d’un texte sur écran ne remplacera jamais le plaisir apporté par ce papier que l’on tient dans ses mains… même si cette vision des choses paraît passéiste…

 

Aujourd’hui, les conséquences d’une telle évolution se font de plus en plus lourdes pour des publications qui tentent de se maintenir à flot grâce aux aides de l’État (tarif postal préférentiel, TVA réduite…) afin de favoriser le pluralisme et d’encourager la libre communication des pensées et des opinions.

 

Il faut d’ailleurs déplorer que ces aides soient plus substantielles pour des magazines comme Point de Vue, Closer, Le Journal de Mickey ou Auto-Moto que pour Le Monde diplomatique qui, par exemple, a touché 38 fois moins d’argent que Télé 7 jours, en 2012.

 

Les graves difficultés rencontrées actuellement par le quotidien Libération mais aussi le déclin de la presque totalité de la presse écrite finissent par toucher les agences d’information comme l’Agence France Presse (AFP), la troisième agence mondiale qui fonctionne 24h/24. La concurrence des réseaux sociaux et des vidéos tournées par les particuliers met en grande difficulté une agence au sérieux incontestable.

 

Fondée en 1945, l’AFP compte 2 260 collaborateurs de 80 nationalités différentes travaillant dans 200 bureaux, répartis dans 150 pays. L’AFP travaille dans six langues différentes : français, anglais, allemand, portugais, arabe et espagnol. Chaque jour, elle publie 5 000 dépêches, 2 000 photos et des centaines de sujets télévisés. Ainsi, pas une journée ne passe  sans que nous ne soyons touchés par une info émanant de l’AFP, la plupart du temps sans le savoir.

 

Si l’AFP est dans le trio de tête mondial des agences d’information, il ne faut pas oublier de citer ses deux grandes rivales : Associated Press (USA) et Reuters (GB – Canada). Enfin, beaucoup de pays ont tenté de créer leur propre agence, les plus connues étant Chine Nouvelle, ITAR – TASS (Russie), EFE (Espagne) ou ANSA (Italie).

 

Enfin, de disparitions de titres en concentration dans les mains d’un même propriétaire, l’uniformisation de l’information devient un sérieux problème alors que, sur la toile, la plus grande diversité existe même si un tri est nécessaire. Sans aucun doute, pour la presse, les années à venir s’annoncent décisives.

lJean-Paul

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 13:43

Le Comité de soutien a l'honneur et le plaisir d'accueillir une nouvelle fois, après 2008, Alain Hiver. Cette fois-ci, il interprètera le répertoire de Georges Moustaki.

Alain Hiver chante Moustaki

 

Pour vous donner envie, voici un extrait de concert :

 


 
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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 15:15

Investir, employer  (Éditorial du 28/02/2014)

 

Rendre la France plus attractive afin que les investisseurs étrangers viennent y créer tous ces emplois qui manquent, ce n’est pas chose facile. Les idées existent mais ne résistent guère à une mondialisation galopante.

 

Globalement, la France est plutôt un exportateur de capitaux comme l’a vérifié Élie Cohen, économiste et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Les flux de capitaux depuis 1999, début de l’euro, donnent un solde positif net de 641 milliards d’euros en faveur de l’étranger.

 

De plus, il faut se méfier des annonces affirmant que notre pays est la seconde destination la plus attractive pour les capitaux, après le Royaume-Uni. Ce classement est trompeur puisqu’il mélange tout : les flux de trésorerie, les vrais investissements et divers autres comme les rachats de réseaux de distribution en France.

 

Si nous comparons avec notre voisin allemand, il y avait deux fois plus d’implantations chez nous, dix ans en arrière. Maintenant, l’Allemagne en attire 50 % de plus. Pourtant, les bonnes nouvelles se succèdent pour les investisseurs potentiels comme une fiscalité globalement plus avantageuse, le crédit impôt recherche (CIR), les accords avec les partenaires syndicaux…

 

La France est en train de se convertir à économie de l’offre. C’est pour cela que François Hollande, après avoir rencontré des patrons en Californie, en a reçu d’autres à l’Élysée pour vanter l’attractivité de la France. L’enjeu est de taille car, aujourd’hui, 1 emploi sur 7 dépend des investissements étrangers.

 

Une nouvelle agence de promotion de la France prendra la place de deux déjà existantes avec 1 500 personnes animant un réseau dans 65 pays. Un « passeport talent » pour créateurs et jeunes diplômés, valable 4 ans, s’ajoutera à des visas express pour investisseurs, visas délivrés en 48 h au lieu de plusieurs semaines et pour 5 ans. Les étudiants et les chercheurs pourront obtenir une carte de séjour pour la durée nécessaire à leurs travaux. Les start-up auront droit à un accueil VIP avec une aide de 25 000 € plus un accompagnement à l’installation et des aides de la Banque publique d’investissement. Enfin, les procédures d’import et d’export seront dématérialisées et la TVA simplifiée.

 

Espérons que toutes ces mesures se révèleront efficaces car l’objectif numéro un est, plus que jamais, de fournir de l’emploi et des possibilités de travail à tous afin de laisser le moins de monde possible au bord du chemin.

Jean-Paul
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 15:20

Anima par Wajdi Mouawad, Léméac/Actes Sud, 2012, 394 p.

 

poster_188745.jpgAuteur de pièces de théâtre, metteur en scène et comédien libano-canadien qui a vécu aussi en France, Wajdi Mouawad, avec Anima, a livré un second roman extra - ordinaire, mêlant la vie animale à l’activité humaine, faisant vivre au plus juste les instants les plus dramatiques comme les plus anodins de la vie courante.

 

C’est le chat de la maison qui ouvre le récit, à Montréal, en nous présentant Wahhch Debch découvrant sa femme assassinée de la manière la plus horrible qui soit, lorsqu’il rentre à son domicile. Léonie était enceinte et nous allons suivre une quête infernale permettant d’aller au bout de l’horreur et de révéler des secrets profondément enfouis.

 

Chaque en-tête de chapitre annonce, en latin, le nom de l’animal qui va être témoin ou parfois acteur de ce qui se passe. Si le chien qui peut être parfois sécurisant ou très menaçant, revient très souvent, l’auteur donne la parole à des oiseaux, un poisson dans son aquarium, un écureuil, un rat, une fourmi très curieuse, une mouffette terrible, une araignée dans un bar : « Il était sa propre proie, son propre piège. » Beaucoup d’autres animaux entrent en scène et se révèlent de très fins observateurs de l’espèce humaine. Souvent, le lecteur se demande comment Wajdi Mouawad peut décrire aussi bien ce que réalise un animal, un insecte. C’est à chaque fois savoureux et bouleversant.

 

Toujours à la poursuite de l’assassin de sa femme, Wahhch arrive dans une réserve indienne et tout se complique : « Moi, je voudrais tellement être quelqu’un d’autre qui aurait vécu autre chose et qui serait en ce moment ailleurs. » Il se confie ainsi à un âne : «  Il s’adresse à moi sans s’inquiéter de l’abîme qui nous sépare. »

 

Maintenant aux États-Unis, Wahhch vit des moments très difficiles mais l’auteur est capable de faire raconter par un corbeau sa façon de dévorer un raton-laveur percuté par une voiture… Ressort aussi cette loi de l’intégration nord-américaine où il faut « apprendre à l’Indien à avoir honte de sa tribu et de sa terre. »

 

Les équidés ont un rôle important dans l’histoire de Wahhch et une scène psychédélique décrit tous ces chevaux libérés d’une bétaillère et semant la panique sur une autoroute. Une exposition, à Carthage (Missouri) fait remonter à la surface le massacre de Chatila, au Liban, le 17 septembre 1982 : « La mort de Léonie, dans sa monstruosité, a ouvert une brèche d’où ont surgi des visages et je ne parviens pas à savoir si ces visages relèvent du souvenir ou du délire. »

 

Tout se termine avec Homo sapiens sapiens. Aubert Chagnon, médecin coroner à Montréal chargé de l’enquête sur l’assassinat de Léonie conclut un ouvrage que l’auteur a mis dix ans à écrire avec un résultat à nul autre pareil.

 

Merci à Élodie de m’avoir fortement encouragé à lire Anima.

Jean-Paul

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 11:23

Laissées-pour-compte  par Robert Bober,

 POL (2005), Folio (2007), 223 p.

 

9782846820882FS.gifConnu pour ses réalisations au cinéma (assistant de François Truffaut) et surtout à la télévision, Robert Bober dont la famille allemande avait fuit le nazisme, en 1931, pour s’installer en France, a aussi exercé le métier de tailleur comme il l’a prouvé dans Quoi de neuf sur la guerre ?, Prix du livre Inter 1994.

 

Dans Laissées-pour-compte, il réussit à faire vivre et parler des… vestes que Madame Léa, dans l’atelier où elles sont confectionnées, baptise d’un titre de chanson ! Ainsi, nous faisons connaissance avec « Y a pas de printemps », « Un monsieur attendait » et « Sans vous », chansons à la mode en 1949.

 

Ces vestes observent la vie d’un atelier de confection pour dames, situé au deuxième étage de la rue de Turenne, dans le IIIe arrondissement de Paris. Hélas, dans le monde du prêt-à-porter, la concurrence est rude et chaque saison voit son lot de laissées-pour-compte. Même si cela arrive, tout n’est pas perdu, comme nous le découvrons ensuite.

   


Robert Bober, avec humour et tendresse, nous apprend que ces vestes parlent et chantent mais sont seules à pouvoir s’entendre : « Il fallait, pour que s’engage la conversation, être un vêtement fait. » Présentes à chaque instant de la vie, « elles furent témoins de passions, de haines, d’illusions, de déceptions. »

 

Au rythme de la vie de ces vestes, nous évoluons dans le Paris de l’après-guerre. Après Julia et sa thèse sur les termes et expressions utilisant les parties du corps, « Un monsieur attendait » se retrouve au théâtre, sous les projecteurs, portée par Danielle Darrieux : « Oui, elle avait été dédaignée, rejetée, humiliée, abandonnée, laissée dans l’ignorance d’une vie normale, laissées pour compte. Quelle revanche ! »

 

Porté par ce thème original, Robert Bober écrit tout simplement la vie : « Exposer le passé, c’est dire qu’il a été. Mais qui reviendra en arrière pour dire la distance parcourue, ce que fut leur existence et les projets accomplis, les espoirs déçus ? »

 

Enfin, il faut signaler que  toutes les chansons citées figurent en appendice avec leurs auteurs et compositeurs, une très bonne idée.

 

Un grand merci à Maëlle qui a eu la bonne idée de m’offrir ce livre et de le faire dédicacer si gentiment par l’auteur, lors du Printemps du Livre, à Grenoble.

Jean-Paul

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 21:51

À votre santé !  (Éditorial du 21/02/2014)

 

Tous les signaux sont au rouge. Régulièrement, nous sommes alertés sur les dangers que font courir, pour notre santé, tous les produits chimiques déversés allègrement dans la nature… sans danger, paraît-il…

 

Quand, en 2012, le professeur Gilles-Éric Séralini a sorti une étude montrant les terribles conséquences de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et du pesticide Roundup sur des rats de laboratoire, il a été descendu en flammes sous la pression des grands groupes industriels et du fabricant lui-même, le géant étatsunien Monsanto. Pourtant, tout le monde se souvient de ces rats complètement déformés par des tumeurs impressionnantes.

 

Ce chercheur qui travaille à l’université de Caen n’en a pas baissé les bras pour autant. Il a poursuivi ses travaux en les faisant porter sur d’autres pesticides vendus aussi bien aux jardiniers qu’aux agriculteurs.

 

Contrairement aux études préalables, elles ont porté sur la totalité du produit et les résultats obtenus  prouvent que ces pesticides sont 2 à 1000 fois plus toxiques que ce qui est annoncé officiellement.

En effet, avant commercialisation, on ne teste que la substance active du produit laissant de côté les adjuvants. « Il y a méprise sur la réelle toxicité des pesticides », précise Gilles-Éric Séralini qui ajoute qu'il y a toxicité « quand les cellules commencent à se suicider » au contact du produit et « qu'elles meurent en quantités beaucoup plus significatives que les cellules contrôles ».

 

Publiés dans la revue Biomed ResearchInternational, les travaux de M. Séralini ont été cosignés par le Comité de recherche et d’information indépendant sur le génie génétique (Criigen). Ces travaux ont porté sur les 9 pesticides les plus vendus dans le monde : trois herbicides (Roundup, Matin E1, Starane 200), trois insecticides (Pirimor G, Confidor, Polysect Ultra) et trois fongicides (Maronee, Opus, Eyetak). Chaque produit a été testé in vitro sur des cellules humaines. Alors que les fabricants gardent le secret sur les adjuvants utilisés ou les déclarent inertes, leur toxicité est prouvée, le Roundup  étant encore, de loin, le plus toxique de tous.

 

Qu’attend-on pour réagir efficacement ? Il est maintenant impossible de balayer d’un revers de main les conclusions du professeur Séralini d’autant plus que l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est venu légitimer les graves dangers que font peser ces pesticides sur notre santé, causant de plus en plus de maladies.

lJean-Paul

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 18:39

L’honneur perdu du commandant K,  par Roger Martin,

Oslo éditions, 2013, 71 p.

 

957993613

 

Parti d’un souvenir d’enfance, Roger Martin a enquêté pour reconstituer la trame de ce qui s’est passé à Blida, en 1961.

 

Quand son voisin est assassiné et que des cris transpercent le silence d’un dimanche matin ensoleillé, cela vous marque forcément. Nous sommes le 24 juin 1962, à Aix-en-Provence. L’auteur n’oubliera jamais ces moments ni la réflexion d’un camarade plus âgé : « Ils l’ont poignardé et achevé au pistolet, ces bâtards, ces fascistes… »

 

« Le commandant est mort »,lui a dit simplement son père et lui revient alors toute l’ambiance de cette époque. Il n’a que 12 ans, adore lire, mais cet événement lui fait connaître la peur. Des manifestations pour la paix en Algérie sont organisées mais l’on parle aussi « d’arracher le chiendent. »

 

Comme Émile Zola et Paul Cézanne, Roger Martin est élève au Lycée Mignet, ex-collège Bourbon. Il se souvient de ces tracts « Algérie française » distribués à la sortie de ce lycée où beaucoup d’élèves étaient politisés.

 


51 ans après, Roger Martin a 63 ans et revient sur l’assassinat du commandant K. Il sait que le chef du commando est devenu le Monsieur Sécurité de la ville de Nice et que son bras droit a même été décoré de la Légion d’honneur… mais il veut savoir ce qui s’est passé à Blida et nous voilà, à 50 km d’Alger, le 20 avril 1961 où les appelés du contingent se sont mobilisés, comme partout en Algérie, pour ne pas suivre les généraux putschistes.

 

Le colonel commandant la base ayant disparu, c’est le commandant Joseph Kubasiak qui a pris ses responsabilités, résistant avec un immense courage à la pression de ses supérieurs et à la présence très intimidante des paras. Pour récompense, le commandant K. sera mis un mois aux arrêts de rigueur « pour prise illégale de commandement ». 

 

L’honneur perdu du commandant K. est un récit bref, précis, tellement important dans une période où tout se mélange, où les mécontentements les plus basiques laissent craindre des votes en faveur de l’extrême-droite alors que nous savons tous que « le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire », comme le chante Jean Ferrat.

Jean-Paul

 

Jean-Paul avait réalisé précédemment d'autres chroniques de romans signés Roger Martin. En voici les liens :

 - Les fantômes du passé

 - Les mémoires de Butch Cassidy

- L'affaire Peiper

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 22:33

Chers J.O.  (Éditorial du vendredi 14/02/2014)

 

Normalement, ils devraient revenir tous les quatre ans mais le Comité International Olympique (CIO) a, depuis 1994, décidé de ne plus organiser Jeux Olympiques d’été et d’hiver la même année. C’est pourquoi, seulement deux ans après Albertville (1992), les sportifs adeptes de la neige et de la glace se sont retrouvés en Norvège, à Lillehammer.

 

Ce petit rappel permet de rappeler que c’est en France que ces JO d’hiver ont vu le jour, à Chamonix, en 1924. Ainsi, notre pays a organisé trois fois l’événement puisque Grenoble, en 1968, et Albertville ont vu briller la fameuse flamme.

 

Ainsi, du 7 au 23 février, Sotchi, une station balnéaire de la Mer Noire, concentre toute l’attention des médias internationaux pour 98 épreuves réparties dans 15 disciplines. En mars, suivront les Jeux Paralympiques. 90 nations sont présentes : 5 pays d’Afrique, 15 d’Amérique, 18 d’Asie, 49 d’Europe et 3 d’Océanie. Les athlètes sont prêts à réaliser des exploits et à lutter pour les fameuses médailles avec toujours cette détestable habitude de les compter.

 

Les JO de Sotchi se déroulent sur onze sites différents répartis sur deux zones, au bord de la Mer Noire, à Adler, et en montagne, à Krasnaïa Poliana, soit à 60 km de Sotchi et à 40 d’Adler. Là-bas, tout est sorti de terre pour accueillir spectateurs et visiteurs.

 

C’est bien là que se situe le problème car ces JO sont les plus chers jamais organisés avec un coût total de 37 milliards d’euros, soit cinq fois le budget prévisionnel. Pour comparer, il faut savoir que les JO de Pékin (2008) ont coûté 26 milliards d’euros et que les JO d’hiver précédents, à Vancouver (2010), sont revenus à 1,4 milliard d’euros…

 

Cela a été dit et redit, ces Jeux sont ceux de Vladimir Poutine, le Président russe. Malgré les protestations des défenseurs de l’environnement, des constructions ont été réalisées dans des espaces protégés. Malgré certaines compensations, il faut savoir que Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont quitté le Comité d’organisation dès 2010 parce que leurs remarques n’étaient pas écoutées.

 

Ces dernières semaines, le pouvoir russe a lâché du lest en libérant plusieurs personnalités médiatiques mais cela n’a pas effacé tout ce qui lui est reproché. Les appels au boycott n’ont guère été suivis mais plusieurs chefs d’État ou de gouvernement comme Barack Obama, François Hollande, David Cameron ou Joachim Gauck (Allemagne) ont dédaigné l’événement contrairement à d’autres hauts responsables politiques.

lJean-Paul

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:13

La démocratie, toujours à conquérir  (Éditorial du vendredi 7/02/2014)

 

Les moments de liesse de ce qui a été appelé le Printemps arabe paraissent bien lointains. Ce que nous avons mis plusieurs décennies à obtenir, nous voudrions le voir réalisé immédiatement ailleurs. Plus que jamais, nous constatons que la démocratie est difficile à conquérir et qu’il faut sans cesse la peaufiner.

 

Mot hérité de l’antiquité grecque, démocratie signifie souveraineté du peuple mais Abraham Lincoln (1809 – 1865) avait précisé ce mot, tant de fois galvaudé, de façon plus complète, en affirmant que la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». L’esprit de cette définition a d’ailleurs été repris dans la Constitution adoptée en 1958, dans notre pays.

 

Bien que son origine remonte à l’antiquité, la démocratie n’a commencé à gagner de plus en plus de pays qu’au cours du XXe siècle. La disparition de Nelson Mandela a été l’occasion de rappeler que ce n’est qu’en 1994 que l’Afrique du sud a permis à tous ses citoyens de voter.

 

Toujours en Afrique mais au nord, cette fois, la conquête démocratique avance malgré tout. Dans un contexte économique très délicat, avec un chômage important, l’Assemblée nationale constituante, le 26 janvier, a adopté une nouvelle constitution pour la Tunisie, trois ans après la fameuse révolution qui a lancé le Printemps arabe. Le pays sera dirigé par un exécutif bicéphale, un Président et un Chef de gouvernement, la place de l’islam est réduite et l’objectif de la parité hommes-femmes dans les assemblées élues est un objectif à atteindre. De plus, cette nouvelle constitution garantit la liberté de conscience, une première dans les pays arabes.

 

Chaque jour, l’actualité nous rappelle que cette conquête de la démocratie est une lutte, même dans les pays où on la croit bien installée. Depuis longtemps, la démocratie directe n’est plus d’actualité car les nombreux essais qui ont jalonné l’Histoire, ont échoué. Reste la démocratie indirecte, celle qui voit les citoyens élire leurs représentants que le régime soit parlementaire, présidentiel comme aux Etats-Unis ou semi-présidentiel comme en France depuis le début de la Ve République.

 

Enfin, ce type de fonctionnement, censé demander l’avis de toutes les personnes concernées, se retrouve aussi dans les organismes sociaux, les associations et certaines entreprises où l’égalité entre tous les membres doit être respectée et se concrétiser par des votes et des élections.

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