Un quotidien qui se dégrade

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache
  • La vie en prison

Ce vendredi, lors de l'Assemblée Générale du comité de soutien, le premier point abordé concerna les nouvelles de Jean-Paul. Malgré le fait qu'il soit toujours aussi fort mentalement, il est indéniable que ses conditions de détention se sont dégradées depuis quelques semaines pour plusieurs raisons. Il nous décrit ce changement au sein de la Maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone lors du parloir hebdomadaire mais aussi dans ces lettres.

 

Aujourd'hui, nous vous proposons ainsi un extrait de la lettre du 26 novembre destinée à Ghislaine, dans laquellle il nous raconte l'une de ses difficultés : l'accès au téléphone. Pour rappel, celui-ci n'est possible que lors des promenades en journée puisque les "cabines" sont à l'extérieur. Jean-Paul travaillant toute la semaine, il ne peut y accéder que le week-end... Mais depuis peu des travaux ont débuté et les horaires des promenades décalées. Les téléphones étant réglés sur l'horaire habituel, la modification technique n'a pas été faite par l'administration pénitentiaire. La suite nous est racontée par Jean-Paul :

 

Extrait :

« Comme je te l’avais laissé entendre, il m’a été impossible de te rappeler ensuite, ce matin. C’est quand même dingue que le temps pour téléphoner ne soit pas adapté au temps de promenade ! Je l’avais signalé par courrier il y a quinze jours, lors du premier changement d’horaire mais ma lettre a dû passer au panier. Ce matin, non seulement notre temps de promenade est amputé de près d’une demi-heure mais le téléphone n’a fonctionné qu’un quart d’heure au début et un quart d’heure à la fin. Quand je t’ai laissée, j’ai continué à surveiller les deux postes tout en marchant au soleil. Tout à coup, je les ai vus disponibles tous les deux. Il y avait bien trois gars en discussion devant mais j’y suis allé quand même, plein d’espoir… Hélas, c’était trop beau pour être vrai. Il y avait « sleep » d’affiché sur le cadran. Quand ça a remarché, ceux qui n’avaient pas pu téléphoner dans le premier quart d’heure, ont squatté les appareils et je n’ai pas pu t’appeler à nouveau, hélas. Le plus râlant, c’est qu’en quittant la cour, lorsque je suis passé devant les téléphones, ils étaient actifs… Enfin, je regrettais encore moins d’avoir assuré tout de suite, sans attendre, en arrivant dans la cour. J’avais pu te rassurer et te dire combien je t’aime et que, demain, je penserai très fort à vous, réunis autour de notre grande Jeanne adorée, le jour de ses 3 ans. Cela me renvoie immédiatement à sa naissance, lorsque nous étions à la maternité, aux côtés de ce petit bout de chou et de Pauline et Simon. J’avais été scandaleusement privé de la naissance d’Emma en 2007 mais, cette fois, j’espérais bien voir grandir notre seconde petite-fille sans interruption. Hélas…je n’ose même pas espérer être avec vous l’an prochain.»

Jean-Paul

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Charlotte 06/12/2011 09:37


Un extrait déchirant. Il y a un manque de respect pour ces hommes et femmes, c'est scandaleux !


Je pense toujours fort à vous tous.


 


Amicalement.

Les amis et proches de Jean-Paul Degache 07/12/2011 16:56



Merci beaucoup Charlotte.


Tes commentaires chaleureux nous encouragent beaucoup.


Simon



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