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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 01:41

Voici la 2ème partie concernant la classe de découverte de mars-avril 1996. Jean-Paul revient sur cette nuit terrible.

 

Partie 1

 

            Je ne sais plus qui a commencé mais cette nuit a été un véritable enfer. Sans arrêt, un garçon ou une fille venait frapper à notre porte : impossible de fermer l’œil ! Il fallait se précipiter d’une chambre à l'autre, changer les draps, nettoyer les excréments de ces pauvres gosses qui vomissaient aussi et se vidaient sans pouvoir rien faire. L’hôtel était immense, il n’était pas possible d’obtenir une aide quelconque. Mon collègue et moi, plus nos parents accompagnateurs, nous vivions un véritable cauchemar avec nos élèves. Il fallait les consoler, rassurer et surtout parer au plus pressé pour remettre chacun au propre. Pour cela, toutes les salles de bains fonctionnaient et plusieurs enfants sont passés devant mes yeux en toute petite tenue ou totalement nus afin de pouvoir se nettoyer efficacement. Pour qu’ils puissent avoir à nouveau des sous-vêtements propres, j’ai dû laver en catastrophe plusieurs slips, me demandant si le matin allait enfin arriver pour que tout cela cesse.

            Certains enfants étaient plus malades que d’autres et ne purent se lever. Un médecin est venu et je suis allé acheter les médicaments nécessaires dans une pharmacie de Tozeur. Petit à petit, tout le monde se remettait mais nous ignorions ce qui avait pu provoquer un tel désastre : une viande, de l’eau, le vin de palme… ? Nous étions prêts à demander un rapatriement sanitaire mais nous y avons renoncé en voyant nos élèves reprendre rapidement le dessus. Après une seconde nuit dans cet hôtel que nous voulions oublier au plus vite, nous sommes repartis en direction de Kairouan. Mon collègue, à son tour était victime de cette tourista. J’espérais y échapper mais, à la mi-journée, j’y avais droit à mon tour dans le restaurant où nous déjeunions avant d’aller visiter la célèbre mosquée de cette ville sainte de l’Islam…

            Il va sans dire que la fin de notre voyage a été bien gâchée par cette dysenterie. La journée chez nos correspondants, à Testour, n’a pas été aussi enthousiasmante qu’espéré parce que nous étions tous fatigués. Depuis deux années scolaires (CM1 et CM2), j’avais mis en place une correspondance scolaire avec une classe d’une école de Testour, une ville bien à  l’écart des circuits touristiques. Cela avait pu se faire parce que, lors de ma première classe de découverte en Tunisie, j’avais fait la connaissance d’un instituteur très sympa qui était volontaire pour mener à bien ce genre d’expérience. Nos élèves s’étaient écrit à plusieurs reprises et se connaissaient donc un peu. Malgré la dysenterie et la fatigue du voyage, cette rencontre a été formidable et a montré que les gosses, par delà les préjugés des adultes, étaient capables de s’entendre et de fraterniser sans problème. Heureusement, l’accueil très chaleureux de nos amis tunisiens nous a permis d’oublier un peu nos malheurs et de quitter ce pays avec un magnifique souvenir. 

 

Jean-Paul

 

Comment ne pas être révolté lorsque l’on lit ces lignes. Certains de ces enfants reprochent à Jean-Paul, 14 ans après, d’être rentré dans leurs chambres ce soir-là et d’avoir brisé leur intimité. On se rend ainsi compte que la mémoire peut, au fil des années, complètement déformer la réalité. Et lorsqu’à la barre, un autre adulte présent en Tunisie vient décrire cet évènement, le mal est déjà fait puisque les jurés ont entendu des accusatrices comparer leur instituteur à un véritable pervers !

 

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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