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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 00:01

Témoigner sur Jean Paul ? Témoigner sur mon frère ? Pour dire quels souvenirs ? Pour dire qui il est, ce qu’il m’a apporté comme frangin ? Pourquoi pas ?

 

Chercher dans ses souvenirs, dans son enfance…quand les souvenirs peuvent être mensonges, on le sait bien puisque c’est à cause de cela, en partie, que je me retrouve à écrire. Alors, avec honnêteté et fidélité, j’essaye de les retranscrire, sans les modifier, les tronquer, les adapter… avec  le temps qui passe, le temps qui les a engloutis plus ou moins.

Quel est le premier souvenir avec Jean Paul ? Comment ne pas confondre un vrai souvenir avec ce que dit une vieille photo ? On a des photos de nos visites à Vourles, où il était en pension de la 6ème à la 3ème et je me souviens très vaguement que nous y sommes allés…mais, rien de précis, de marquant…

Et puis, plus tard… Jean Paul et sa guitare, Jean Paul et ses chansons : Georges Brassens, Hugues Aufray, « Johnny prends ton harmonica »…mais ça date de quelle époque ? Quand il venait en vacances, au cours de ces 3 ans de pension à Villefranche-de-Rouergue, ou plus tard, quand il a occupé cette nouvelle chambre aménagée pour lui ? Je ne sais pas… alors, des souvenirs en vrac, dans le désordre, mais qu’importe ?

 

Je suis malade, je dois avoir 11-12 ans, et Jean Paul me fait découvrir mes premiers romans : « Le mas Théotime » d’Henri Bosco : une grande découverte et la lecture, pour de belles émotions !

Et puis, son voyage en Espagne avec des amis et toutes les diapositives qu’il nous a projetées à son retour… des années plus tard, j’ai voulu aller à Grenade, visiter l’Alhambra…

Jean Paul, du haut de mes 10-12 ans, c’est l’ouverture au monde, vers un autre monde…par la musique, les livres, sa guitare, ses voyages…et son vélo !!

Parler de Jean Paul, sans parler de vélo : impossible ! Et nous avons arpenté les routes Ardéchoises et Drômoises, et nous avons attendu ses arrivées pour tous ensemble l’encourager…et nous faisions de nouvelles connaissances, hors du cadre familial, et nous découvrions de nouveaux paysages… et il nous a fait avoir de belles frayeurs… Je crois, que je n’oublierais jamais son retour d’un entraînement hivernal, où les sourcils givrés, bleu de froid, il est revenu hagard à la maison… Jean-Paul et ses défis : le vélo lui a permis d’en réaliser et  peut être que, pour tous ses frères et sœurs, il a transmis le goût d’une activité sportive pour un équilibre mental nécessaire : « une tête bien faite, dans un corps en forme », c’est comme ça, qu’on dit ?

Grâce à Jean Paul, je découvre et … j’aime ce qu’il me fait découvrir donc j’ai un grand frère qui me « montre le chemin ». Avec nos 9 ans d’écart, Jean Paul me permet de belles découvertes en musique, livres, spectacles, ski de fond… certaines soirées sont mémorables : Lavilliers en concert dans une petite salle… et plein d’autres souvenirs, souvent très drôles mais aussi très émouvants ! Je dois à Jean Paul, beaucoup de premières : premier meeting politique, premier concert, première pièce de théâtre, première expérience sur des skis, …  j’ai 16-17 ans et 2 nouveaux amis : Ghislaine et Eric.

 

Et  puis son boulot ? « Etre instituteur ou faire l’instituteur » ?, il nous en parle avec passion, il a plein de projets pour des activités avec ses élèves… Maman nous a souvent dit qu’elle aurait voulu « être maîtresse » : maîtresse, institutrice, professeur des écoles : 3 mots pour le même métier, le vocabulaire évolue et Jean Paul, passionné par son travail, est toujours à la recherche d’un nouveau projet. Pour travailler dans la confiance, il s’appuie sur une proximité affective qui permette à l’élève d’avoir envie de toujours faire mieux …ce qui marchera avec la plupart des élèves…sauf quelques unes… qui lui en voudront au point de transformer son « bonheur à travailler » en cauchemar ? Pour Jean Paul, faire réussir ses élèves, c’est réussir aussi lui-même et il n’imagine pas cette réussite dans le conflit, dans la souffrance, il en serait trop malheureux…et la douleur l’a submergé quand il a été injustement accusé !!

 

Ah, j’oubliais, j’ai aussi voulu être institutrice et le hasard des concours m’a permis d’être prof !!! Pas de hasard, quand même et je comprends parfaitement ce qu’a voulu faire Jean Paul dans son travail…et ce qu’il n’a pas pu faire !!!

 

Françoise

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Messages d'humeur
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