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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 23:01

Nous continuons à publier ce mémoire, une des pièces majeures apportée lors du procès en appel, réalisé par le Docteur Bensussan lors de différentes séances avec Jean-Paul Degache.

 

1ère partie

 

"En ce qui concerne l’examen de sa personnalité et l’interrogatoire psycho-sexuel, nous estimons avoir été confronté à un sujet anxieux, discrètement inhibé, psycho-rigide, méticuleux, perfectionniste. On sent un fort investissement des valeurs morales, parfois proche d’un idéalisme, comme lorsqu’il évoque la foi qu’il avait dans son métier d’enseignant, qui explique les répercussions majeures de la procédure en cours : au-delà de la menace sur son avenir et du déshonneur, c’est d’un véritable effondrement psychique qu’il a été frappé.

Les relations familiales sont de bonne qualité, qu’elles soient conjugales ou paternelles et aucune difficulté d’ordre psycho-sexuel n’a été retrouvée. C’est pourquoi, en dépit des nombreux points de convergence avec nos collègues, nous n’estimons pas avoir mis en évidence la moindre structuration perverse, qu’il s’agisse d’une perversité de caractère ou, moins encore, d’une perversion sexuelle que l’interrogatoire ne permet pas de retrouver. C’est pourquoi nous ne pouvons que nous étonner de la formulation de nos collègues, les Docteurs B, qui en page 7 de leur rapport d’expertise, écrivaient que :

Ces caractéristiques entrent tout à fait dans la définition de la conduite perverse, ce que Monsieur Jean-Paul DEGACHE confirme [nous soulignons].

Il est évident que cette phrase, dont la formulation est probablement maladroite, prête à confusion : ce que Monsieur DEGACHE dit avoir confirmé aux experts est l’existence de gestes de tendresse envers les enfants, reconnaissant une proximité quasi-paternelle d’ailleurs bien décrite dans l’expertise inaugurale du Docteur A, du 17 février 1998. Il est évident que Monsieur DEGACHE n’a pu reconnaître devant l’expert « la définition de la conduite perverse » ce qu’aucun pervers ne ferait, fût-il seulement moyennement intelligent. De telles formulations sont regrettables en pratique psycho-juridique, semblant donner corps à l’hypothèse de la perversion qui peut pourtant difficilement être argumentée sur un plan technique, comme en témoigne l’absence de tout critère en faveur d’un tel diagnostic dans l’expertise du Docteur A et l’absence de véritable argumentation dans celle, pourtant accablante sous cet angle, des Docteurs B. La discussion de nos collègues à ce sujet n’excède d’ailleurs pas quelques lignes, en page 8 de leur rapport et force est de reconnaître, en dépit de leur impression défavorable, le peu d’arguments objectifs en faveur d’une structure perverse. Au point que la supputation semble prendre le pas sur l’analyse :

 

 

Ce serait alors le passage vers des actes plus caractérisés, c’est-à-dire d’une approche affectueuse glisser vers une émotion érotisée, et déraper vers des gestes sexuels… L’intéressé le nie, nous ne pouvons aller au-delà dans un processus explicatif de conduite perverse en rapport avec le sujet. Il n’existe pas d’indices de structure perverse. »

 

4ème partie

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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