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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 05:46

Suite à l'interview de son ancienne collègue, Jean-Paul a voulu lui rendre hommage en écrivant ces quelques lignes.

 

 

Quand son mari m’a appris la terrible maladie qui frappait Marie-Hélène, je n’arrivai pas à le croire. Elle était venue témoigner au procès de Privas, apportant, avec beaucoup de sensibilité et d’émotion, des éléments concrets, que vous avez pu lire dans l’interview, montrant que ce que l’on me reproche était complètement impossible à réaliser. Marie-Hélène m’a ainsi non seulement côtoyé dans ma classe mais aussi lors des mercredis après-midi de l’école de korfbal.


Marie-Hélène, je n’ai pas pu, hélas, la revoir. Elle a fait partie des nombreuses personnes qui m’ayant  écrit pendant les cinquante-deux premiers jours d’incarcération que j’ai dû subir en 2007, m’envoyant de superbes cartes postales du Vercors « pour me sortir de la grisaille dans laquelle je me trouvais et égayer mon quotidien », savait trouver les mots pour soutenir mon moral et me donner l’espoir de sortir de ce cauchemar. Son soutien m’était essentiel mais la vie a été cruelle avec elle qui accomplissait son métier d’enseignante avec passion.


Marie-Hélène est arrivée à l’école pour assurer à mi-temps, avec une collègue, la classe de C.E.2. Comme vous avez pu le lire, cette classe était contiguë à la mienne avec une porte de communication directe ne pouvant être fermée à clé. Marie-Hélène était amenée souvent à ouvrir cette porte pour me demander conseil ou, tout simplement, un renseignement. Son autre mi-temps était prévu dans une autre école. Après avoir habité dans le village de Sarras, elle a occupé un appartement de fonction de l’école. Sa vie était donc centrée sur l’école publique de Sarras. C’est pourquoi elle s’est impliquée naturellement dans les activités péri et extra-scolaires que nous organisions, que ce soit dans le cadre de l’USEP (sport scolaire) et de l’UFOLEP, à destination des jeunes et des adultes. Ainsi, elle a pris sa licence pour jouer au korfbal, participant aux entraînements et aux matchs. Elle a aussi été à mes côtés à l’école de korfbal du mercredi après-midi où, pendant deux heures, nous accueillions des enfants âgés de 8 à 14 ans pour leur permettre de pratiquer le seul sport d’équipe mixte.


Quand Marie-Hélène s’est mariée, cela a été l’occasion d’une petite fête très sympathique au cours du vin d’honneur qu’ils ont offert à tous leurs amis. Son mari travaillant sur des chantiers le plus souvent dans la région grenobloise, ils ont décidé de changer de département et, dès que Marie-Hélène a obtenu un poste en Isère, d’aller habiter près de Grenoble, laissant un vide important.


Lorsque son mari m’a annoncé son décès, je ne voulais pas le croire. Alors que je cherchais mes mots pour le consoler, c’est lui qui m’a redonné du courage pour me battre afin de faire reconnaître mon INNOCENCE, innocence dont Marie-Hélène n’a jamais douté.

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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