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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 20:44

Attention, gigantisme (Éditorial du vendredi 22 juin 2012)

 

La catastrophe du Costa Concordia, échoué le 13 janvier 2012 sur l’île italienne du Giglio, n’a rien changé. 32 personnes y ont laissé la vie et tous les autres passagers n’oublieront jamais le traumatisme d’une évacuation catastrophique.

 

Pourtant, le gigantisme des bateaux de croisière n’est pas près de s’arrêter. La dernière réunion de l’Organisation maritime internationale (OMI) n’a pas donné grand-chose. Seule l’Allemagne a proposé de limiter la taille des bateaux mais cette proposition a été rejetée. Dernièrement, MSC Cruises a lancé, à Marseille, son plus gros paquebot de croisière, le Divina, un impressionnant immeuble flottant de 333 mètres de long, avec 18 ponts et pouvant accueillir 4 400 passagers. Actuellement, seize navires de croisière sont en construction dans le monde et treize d’entre eux sont prévus pour 2 500 passagers.

 

L’engouement pour ce type de vacances ne se dément pas, bien au contraire, puisqu’en 2012, les réservations ont déjà augmenté de 25 % par rapport à l’année précédente. Le transport devient même accessoire. C’est le bateau la destination avec une quantité incroyable d’équipements de loisir et de distraction. Ce type de vacances étant accessible aux revenus moyens, la tendance n’est pas près de s’inverser. C’est aux Etats-Unis que cela fonctionne le mieux puisque ce pays possède presque la moitié de la flotte mondiale qui croise principalement dans les Caraïbes.

 

Loin de nous l’idée de nier les moments de bonheur que peut procurer ce type de vacances mais cela ne doit pas empêcher d’ouvrir les yeux sur les dommages causés à l’environnement par ce qui est devenu une véritable industrie. Quand on a vu les images de ces navires géants frôlant la place Saint-Marc, à Venise, l’on frémit en pensant aux dégâts inévitables que cela peut causer à un site aussi fragile. Lorsque 3 000 personnes naviguent pendant une semaine sur les eaux bleues de la Méditerranée, elles rejettent 5 millions de litres d’eaux usées, 100 000 litres d’eaux de cale chargées d’hydrocarbures et 40 tonnes de déchets solides… Comment contrôler les vidanges de certains liquides ? Quelle est la quantité de l’air souillé par les rejets dans l’atmosphère des incinérateurs embarqués ? Enfin, n’oublions pas que les moteurs brûlent un fuel à haute teneur en soufre…

 

Sans vouloir gâcher d’éventuelles vacances, il est peut-être temps que chacun prenne conscience de ce que cela implique sur un environnement superbe que l’homme salit avec une inconscience folle.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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